Au Yémen, « on vient juste de bombarder un bus scolaire » : nouveau crime US reconnu !

Sénateur Chris Murphy:

 

« On vient juste de bombarder un bus scolaire » 

 

Nouveau crime US reconnu !

 

https://www.msnbc.com/all-in/watch/-we-just-bombed-a-school-bus-1296020547855

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« U.S. bombs. U.S. targeting. U.S. midair support.

« And we just bombed a SCHOOL BUS.

« The Saudi/UAE/U.S. bombing campaign is getting more reckless, killing more civilians and strengthening terrorists inside Yemen. We need to end this NOW. »

 

https://www.afp.com/sites/default/files/nfs/diff-intra/francais/journal/une/4e656425f06077b62bd363ca1c6a0adb240599c3.jpg

Des enfants yéménites assistent dans la ville septentrionale de Saada, fief des rebelles Houthis, aux funérailles le 13 août 2018 des jeunes victimes d’un raid aérien, attribué à la coalition menée par l’Arabie saoudite et qui a fait le 9 août 51 morts dont 40 enfants selon le CICR

Plus de 50 personnes dont quarante enfants ont péri la semaine dernière au Yémen dans une frappe attribuée à une coalition sous commandement saoudien, a indiqué mardi la Croix-Rouge, un bilan qui rappelle le lourd tribut payé par les civils dans le conflit.

Cette coalition militaire est intervenue en mars 2015 au Yémen pour aider le pouvoir face aux rebelles Houthis qui s’étaient emparés de vastes pans du territoire dont la capitale Sanaa.

La guerre qui dure depuis, sans perspective de solution en vue, a fait quelque 10.000 morts et provoqué « la pire crise humanitaire » au monde selon l’ONU.

Le 9 août, un raid aérien a frappé un bus qui transportait des enfants sur un marché très fréquenté de Dahyan, dans la province septentrionale de Saada, fief des rebelles. Ce carnage a suscité une vague de réprobation internationale et des appels à l’ouverture d’une enquête.

Mardi, le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) a donné un nouveau bilan de la tragédie, dans un communiqué publié à Sanaa: 51 morts, dont 40 enfants, et 79 blessés, dont 56 enfants.

La plupart des morts ont été enterrés lundi après des funérailles organisées et encadrées par les rebelles à Saada. A cette occasion, des milliers de partisans des insurgés ont manifesté pour dénoncer tour à tour l’Arabie saoudite, les autres membres de la coalition et les Etats-Unis accusés de fournir une aide logistique et des informations aux Saoudiens.

– « Le massacre des écoliers » –

Au début de la cérémonie, les cercueils, recouverts d’un tissu vert, couleur symbole du martyre, et des portraits des jeunes victimes, ont été alignés au sol pour la prière des morts. Ils sont arrivés sur une grande place à bord d’une cinquantaine de véhicules.

 

La foule a brandi les portraits des jeunes enfants sur des pancartes accompagnées de leur nom et de la mention « martyr ». « Le massacre des écoliers de Dahyan », pouvait-on lire également.

Elle a aussi crié des slogans anti-américains et anti-israéliens et dénoncé un « crime des Saoudiens contre l’enfance yéménite ».

Un haut responsable rebelle, Mohammed Ali al-Houthi, présent aux funérailles, a dénoncé un « crime de l’Amérique et de ses alliés contre les enfants du Yémen ».

Selon les médias des rebelles, la coalition a poursuivi ses raids lundi sur différentes cibles de la province de Saada, d’où sont tirés habituellement des missiles balistiques contre l’Arabie saoudite voisine.

Le nouveau bilan du CICR recoupe celui donné par les rebelles qui ont accusé l’aviation saoudienne d’avoir commis ce « massacre ». Le précédent bilan du CICR faisait état d’au moins 29 enfants âgés de moins de 15 ans tués.

Au lendemain de l’attaque, la coalition a annoncé l’ouverture d’une enquête, en évoquant des « dommages collatéraux subis par un bus de passagers » à l’occasion d’une opération menée par ses forces contre les rebelles.

– « Sale guerre » –

Le Conseil de sécurité de l’ONU a appelé à une enquête « crédible », sans toutefois exiger une enquête indépendante comme l’avaient demandé le secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres et les Pays-Bas.

La coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Yémen, Lise Grande, avait dénoncé un acte « horrible et totalement inacceptable », appelant à ouvrir les yeux sur ce qui se passe au Yémen ».

La coalition a été accusée d’avoir commis de nombreuses bavures contre des civils dans le conflit au Yémen, où les Houthis sont soutenus par l’Iran, principal rival régional de l’Arabie saoudite.

AFP / STRINGER Un bus détruit à Dahyan, dans le nord du Yémen, par une frappe attribuée à la coalition militaire dirigée par les Saoudiens. Photo prise le 10 août 2018 au lendemain du raid qui a fait 51 morts dont 40 enfants selon le CICR

Elle en a reconnu certaines, mais accuse régulièrement les Houthis de se mêler aux civils ou de les utiliser comme boucliers humains.

En septembre 2015, une salle de mariage a été touchée. Il y a eu 131 morts et la coalition a démenti toute implication.

En octobre 2016, le bombardement d’une cérémonie funéraire à Sanaa a causé la mort de 140 personnes.

Lundi, le ministre d’Etat émirati aux Affaires étrangères, dont le pays est un pilier de la coalition, a admis que des bavures pouvaient se produire. « Cette guerre a été et reste une sale guerre », a déclaré Anwar Gargash.

https://www.afp.com/fr/infos/334/yemen-le-bilan-dun-raid-contre-un-bus-denfants-salourdit-51-morts-doc-18c93y2

https://www.tdg.ch/monde/Bombardements-meurtriers-sur-un-hopital/story/12316239

Civilians say ‘time to say no for war’ after dozens of Yemeni children die in school bus attack

By Stephen Snyder • Aug 11, 2018

At least 30 children were among the people killed Thursday when their bus was struck by a missile fired from a warplane in northern Yemen. While authorities vow to investigate, Yemenis are drawing their own conclusions.

The bus, parked at a busy market in Saada in northern Yemen, was filled with boys returning to school following a picnic outing. Yemeni social media lit up with reports of civilian deaths.

On Thursday, Saudi state media was announcing a successful strike in Saada on the Yemeni rebels known as the Houthis. Col. Turki al-Maliki, a spokesperson for the coalition of neighboring Arab countries trying to defeat the Houthis, said that the day’s attacks were retaliation for a Houthi missile fired Wednesday into Saudi Arabia.

Today’s attack in Saada was a legitimate military operation, » Maliki said Thursday, « and was carried out in accordance with international humanitarian law.”

An Emirati site quoted Maliki also saying that the coalition « targeted the Houthi militia members who were inside the bus and said that they were the planners and operators of the missiles launch pads. »

« [A spokesman for the armed forces] in Saudi Arabia and the coalition said that that bus used to hold lots of terrorists, » says Sanaa resident Ismael Mohammed. « And it was a target [for] missiles of the coalition. But sadly, » he says, « all the terrorists were just kids. »

This video, said to be taken just after the airstrike, was shared by Yemenis via WhatsApp on Thursday afternoon. In it, a Yemeni man is wailing and screaming as he looks into the back of a pickup truck. He reaches under a blue tarp, and from a tangle of human bodies he pulls up the limp arm of a child.

PRI could not authenticate the video, but footage showing the wreckage of the bus and the same people, wearing the same clothes, indicate that it was photographed on Thursday.

« I’m really still in shock, » said Faizah Al-Sulimani, a Yemeni activist who saw the video told us via WhatsApp. « I couldn’t sleep the whole night. »

She says watching the video shook her up badly.

« I cannot explain my feeling when I saw all these dead bodies of children on the truck, » Al-Sulimani says, « and some parents just saw their children, dead. »

Connecticut Sen. Chris Murphy, a member of the Senate Foreign Relations Committee and a harsh critic of Saudi conduct in Yemen, saw the attack as an opportunity to highlight the American role in the Yemen war.

Murphy is one of a growing number of US legislators concerned that the United States may be culpable for war crimes committed by its customers and allies in the coalition.

The Saudi Embassy in Washington said Friday that the coalition is launching its own investigation. A Saudi official wrote, « the coalition has referred this immediately to the Joint Incident Assessment Team (JIAT) for investigation, and to conduct their assessment of the procedures and conditions of said operation, announce the results expeditiously. »

This will not be the first such internal investigation by the coalition. Last year it examined 15 separate reports of civilian casualties, clearing itself of wrongdoing in all but three. In July, Saudi King Salman indemnified Saudi pilots from punishment for possible war crimes in the Yemen war.

The UN Security Council, also on Friday, called for a « credible and transparent » investigation after receiving a closed-door briefing on the strike by a senior UN official. It did not, however, authorize its own independent investigation. The UK, the US and France — all UNSC members — are among the weapons makers who supply the Saudi-led coalition with the bombs that have been used in the Yemen operation since its beginning in 2015.

Even before the Saudi investigation begins, Yemenis have begun to post pictures of evidence they say comes from the scene of the attack.

This tweet, from respected Yemeni journalist Nasser Arrabyee, shows part of a 500-pound MK-82 bomb. It is manufactured in the United States and sold in large numbers to both Saudi Arabia and the United Arab Emirates.

https://pbs.twimg.com/media/DkThcgnXcAE5wXI.jpg

https://pbs.twimg.com/media/DkThcgUW0AAbwG1.jpg

For nearly four years, Yemenis have been subject to harsh rule by the Houthi rebels and to unrelenting air strikes by the Saudi-led coalition.

A new effort by the United Nations aims to bring all parties in the Yemen war into dialogue.

That cannot come soon enough for Mohammed.

« It is really a stream of blood happening every day, » he says. « Time to say no for war. »

http://www.keranews.org/post/civilians-say-time-say-no-war-after-dozens-yemeni-children-die-school-bus-attack

A Hodeida, d’autres frappes criminelles,

mais la Résistance tient bon,

deux mois après l’assaut !

Le Comité international de la Croix-Rouge a indiqué vendredi 3 Août qu’une série d’attaques perpétrées à Hodeida, ville yéménite située sur la mer Rouge, ont tué 55 civils et fait 170 blessés.

Des attaques survenues jeudi 2 août sur la ville yéménite de Hodeida, sur la mer Rouge, ont tué au moins 55 civils et fait 170 blessés, a indiqué vendredi 3 août le Comité international de la Croix-Rouge (CICR).

Dans un communiqué du chef de sa délégation au Yémen, Johannes Bruwer, l’organisation a condamné cette attaque, évoquant « des explosions au sol dont les circonstances demeurent inconnues », et déplorant « le manque de respect pour la vie des civils ».

Selon ce communiqué, « 55 civils ont été tués et 170 autres blessés lorsqu’une série d’explosions ont frappé des secteurs densément peuplés de la ville côtière, dont un marché aux poissons et des zones entourant l’hôpital Al-Thawra », un établissement soutenu par le CICR. La ville stratégique de Hodeida est contrôlée par les rebelles Houthis.

« Choquée »

Des médecins et des témoins avaient affirmé qu’au moins 20 personnes avaient été tuées et des dizaines blessées jeudi par un raid aérien sur l’entrée de l’hôpital al-Thawra et un bombardement du marché aux poissons à Hodeida.

La télévision des rebelles Houthis, Al-Massirah, avait donné auparavant un bilan de 55 morts et 124 blessés, faisant état de « deux raids aériens » contre l’hôpital Al-Thawra et le marché aux poissons.

Les médias des Houthis ont accusé la coalition dirigée par Riyad, qui intervient au Yémen depuis 2015 en soutien aux forces gouvernementales, d’être derrière ces attaques. Mais cette dernière a nié catégoriquement.

La coordinatrice humanitaire de l’ONU pour le Yémen, Lise Grande, s’est dit vendredi « choquée » par ces attaques ayant visé « le plus grand hôpital du Yémen ».

Avec AFP

Première publication : 04/08/2018

http://www.france24.com/fr/20180804-yemen-bombardements-meurtriers-port-hodeida-morts-attaque-cicr-houthis

Yémen, crime US reconnu…

Yémen, crime français « caché »… !

https://img.lemde.fr/2018/04/11/0/0/3500/2334/534/0/60/0/8ce4538_9097-b6zmi3.1xik.jpg

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/25/yemen-resistance-a-hodeida-le-crime-francais-ne-paiera-pas/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/24/resistance-populaire-au-yemen-hodeida-tient-bon/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/15/yemen-guerre-a-hodeida-nouvelle-crise-humanitaire-la-france-a-nouveau-complice/

https://solydairinfo.wordpress.com/2018/05/22/yemen-la-resistance-anti-imperialiste-continue/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/23/guerre-du-yemen-chut-on-dont-la-france-tue/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/26/limperialisme-francais-assassine-des-enfants-au-yemen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/17/la-france-fournisseuse-officielle-du-carnage-yemenite/

https://solydairinfo.wordpress.com/2015/11/01/solidarite-avec-le-yemen-aussi/

Guerre au Yémen = Crime impérialiste !

Solidarité avec la Résistance Yéménite !

Hodeida tiens bon !

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Gaza, la question : du crime sioniste permanent au génocide ?

Des Palestiniens inspectent les restes d’un centre de distribution d’eau détruit par des frappes israéliennes, le 9 août 2018, à Mughraqa, dans la bande de Gaza.

Il ne reste plus qu’un immense tas de gravats. Des gamins grimpent, pieds nus, sur les énormes cylindres de béton couchés au sol. L’un d’entre eux s’aventure vers un bloc plus haut perché pour y planter un drapeau palestinien, comme un signe d’ultime résistance. Des artistes viennent aussi se recueillir sur les ruines.

Jeudi 9 août, l’aviation israélienne a bombardé le centre culturel Said Al-Meshal, dans le centre de Gaza-Ville. Le bâtiment de cinq étages abritait notamment un théâtre, une bibliothèque ainsi que le bureau de la communauté égyptienne de Gaza.

La question…


L’ambulancier Palestinien Abdallah Katti a été atteint d’une balle au coeur. Il portait pourtant son gilet signalétique.
Il est l’une des trois victimes tombées lors de la vingtième « Marche du retour » de ce vendredi 10 août 2018.
Il y a eu 307 blessés dont 5 dans un état critique et 28 enfants.
Depuis le début de la colonisation à la fin du XIXème siècle, le mouvement sioniste, avec au départ le Foyer national juif, puis l’État juif jusqu’à récemment l’État-nation juif, il a été confronté à une question: « Que faire des Arabes de Palestine? »
Le massacre perpétré aujourd’hui contre eux à Gaza dans l’indifférence de la communauté internationale avec la complicité des pays les plus puissants de ce monde démontre que le mouvement sioniste n’a pas renoncé à élaborer une réponse à cette question quitte à recourir à ce qui avait été convenu d’appeler « La solution finale ».

C’était à propos de la « Question juive ».

Al Faraby
Samedi, 11 août 2018

https://assawra.blogspot.com/2018/08/la-question.html

 

 

REPORTAGE :

Tsahal assassine « par erreur »,

y compris femmes et enfants…

 

 

L’aviation israélienne a frappé plus de 150 objectifs dans la bande de Gaza mercredi soir et aux premières heures de jeudi, tandis que le Hamas tirait des dizaines de roquettes, dont une profondément en territoire israélien.

[NDLR :En représailles aux crimes sionistes commis « par erreur ».]

Envoyé spécial FIGARO à Gaza

Est-ce la chaleur, écrasante ou l’absurdité d’une mécanique qu’ils connaissent trop bien? Les habitants de Wadi Salqa, venus jeudi matin constater les dégâts après les bombardements de la nuit, affichent des mines défaites et ne sont pas d’humeur à chercher les mots. Ce bourg agricole, situé dans l’est de la bande de Gaza, offre un point de vue idéal pour suivre l’énième poussée de fièvre entre Israël et le mouvement islamiste Hamas. Malgré l’accalmie observée depuis le lever du jour, on voit de temps à autre une salve de roquettes s’élever dans les airs, suivie par un sifflement aigu, en direction des localités situées de l’autre côté de la clôture. Selon le porte-parole de Tsahal, plus de 150 projectiles ont été tirés par les factions palestiniennes dans la nuit de mercredi à jeudi, blessant une dizaine d’Israéliens. Les bombardements conduits en représailles par l’aviation israélienne sont unanimement décrits comme les plus violents depuis la guerre de l’été 2014.

La maison de la famille Khammash, simple cube de parpaings coiffé d’une plaque de tôle et entouré d’une courette de terre battue, porte les stigmates de cet accès de fièvre. Un projectile, dont les villageois exhibent les éclats métalliques tordus par l’impact, a percé vers une heure du matin un orifice long d’environ un mètre à travers le toit. Des tiges de ferrailles pendent dans le vide, un épais tapis de gravats recouvre le sol de la chambre à coucher et les murs sont maculés de sang. Le père, Mohammed, a été sérieusement blessé et transporté à l’hôpital al-Aqsa. Son épouse Inas, âgée de 23 ans et enceinte de neuf mois, ainsi que leur fillette d’un an et demi, Bayan, ont été tuées dans l’explosion. Un second projectile, qui a d’abord traversé le mur de la mosquée voisine, est tombé au seuil de la maison. Khaled Abou Singer, un voisin, jure la main sur le cœur qu’aucune roquette n’avait été tirée depuis Wadi Salqa.

«Nous avons exclusivement visé des camps d’entraînement, ainsi que des sites de lancement de roquettes, des entrepôts de stockage d’armes»

Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne

Le lieutenant-colonel Jonathan Conricus, porte-parole de l’armée israélienne, indique ne pas avoir d’information sur l’événement. «Nous avons exclusivement visé des camps d’entraînement, précise-t-il, ainsi que des sites de lancement de roquettes, des entrepôts de stockage d’armes et des ateliers de matériaux utilisés pour la construction de tunnels

«Drôle de guerre»

Ces bombardements, qui ont visé plus de 140 cibles tout au long de la nuit, réveillent de bien mauvais souvenirs de part et d’autre de la frontière entre les deux territoires. «J’ai eu peur comme au plus fort de l’été 2014», raconte Oussama Moussa, un Palestinien moustachu à la silhouette élégante et aux traits anguleux, qui dit vouloir la paix mais redoute qu’un nouveau conflit ne soit inéluctable. Après la longue période de calme qui a suivi la dernière guerre, le rythme des passes d’armes s’emballe depuis le printemps. Le 29 mai comme le 20 juin et le 13 juillet, des dizaines de roquettes tirées par les groupes armés palestiniens vers les localités voisines de Gaza ont été accueillies par des bombardements massifs, quoique relativement peu meurtriers. L’armée israélienne a jusqu’à présent pris soin de viser des sites militaires préalablement évacués par la branche armée du Hamas. C’est tout le paradoxe de cette «drôle de guerre»: si chacun veut sortir de ces escarmouches la tête haute afin, selon la formule consacrée, de rétablir la dissuasion, ni les Palestiniens ni les Israéliens ne souhaitent infliger à l’autre des dommages qui rendraient un nouveau conflit inéluctable.

Mercredi soir, le nouvel accrochage a d’ailleurs débuté alors qu’une rumeur insistante annonçait depuis plusieurs jours la signature imminente d’une trêve de longue durée en contrepartie d’un assouplissement du blocus imposé à l’enclave. Plusieurs dirigeants du Hamas en exil dont Salah el-Arouri, réputé proche de la branche armée du mouvement, avaient été exceptionnellement autorisés par l’Égypte à se rendre dans la bande de Gaza pour discuter de cette perspective. Ils assistaient à un entraînement des brigades Ezzeddine al-Qassam dans un camp militaire lorsqu’un poste d’observation y a été pris pour cible mardi matin par un tir de char israélien. Deux combattants palestiniens ont été tués sur le coup. «Les Israéliens ont par la suite affirmé avoir ouvert le feu par erreur mais on ne peut pas laisser un tel crime impuni», dénonce Abou Ahmed, rencontré à Beit Lahiya lors des obsèques d’Ali al-Ghandour, autre membre des brigades Ezzeddine al-Qassam tué par l’État hébreu.

«Nos efforts collectifs ont empêché la situation d’exploser jusqu’à présent mais la situation menace de dégénérer à tout moment, au risque de conséquences qui seront dévastatrices pour tous»

Nikolaï Mladenov, représentant du secrétaire général de l’ONU

Les premiers tirs de roquettes, présentés comme une riposte du Hamas, ont provoqué mercredi soir des scènes de panique dans les rues de Sderot. Sur une vidéo tournée par un résident, on voit le sillage blanc d’un projectile fendre la nuit tandis qu’un autre explose non loin d’un parc pour enfants, soulevant une épaisse fumée blanche. Les 20.000 habitants de cette ville qui s’étend à la limite nord de l’enclave palestinienne ont été invités jeudi à rester près de leurs abris, tandis que les sorties en plein air et les rassemblements ont été suspendus. L’armée, qui affirme ne pas rechercher l’escalade mais se prépare pour tous types de scénarios, a acheminé jeudi de nombreux engins de transports de troupe vers la bande de Gaza.

Au terme d’une rude nuit d’affrontements, Israël et le Hamas semblaient jeudi midi envisager un retour au calme. Mais toute escalade de ce type génère une dynamique difficile à contenir. Deux heures à peine après l’annonce d’un retour au cessez-le-feu par le Hamas, les Palestiniens ont ainsi tiré une roquette de moyenne portée vers la grande ville de Beersheba – ce qui, dans la grammaire singulière de ce conflit à distance, a été interprété comme une escalade significative. Le gouvernement israélien, sommé par l’aile droite de sa majorité d’employer la manière forte, a ordonné à l’armée de conduire de nouvelles frappes à Gaza. Un immeuble de cinq étages hébergeant des institutions culturelles a été anéanti par plusieurs frappes aériennes qui ont fait 18 blessés en fin d’après-midi. Nikolaï Mladenov, le représentant du secrétaire général de l’ONU, qui se démène depuis plusieurs semaines pour promouvoir une trêve de longue durée, avait mis en garde peu auparavant: «Nos efforts collectifs ont empêché la situation d’exploser jusqu’à présent mais la situation menace de dégénérer à tout moment, au risque de conséquences qui seront dévastatrices pour tous.»

Jeudi soir, Israël et l’organisation radicale palestinienne du Hamas, qui contrôle la bande de Gaza, se sont entendus jeudi sur la mise en place d’une trêve destinée à mettre fin aux affrontements, ont déclaré dans la soirée deux responsables palestiniens. Un responsable israélien a démenti à Reuters qu’un cessez-le-feu ait été conclu. Israël reconnaît rarement conclure de telles arrangements avec le Hamas, organisation qu’il considère comme terroriste.

http://www.lefigaro.fr/international/2018/08/09/01003-20180809ARTFIG00249-gaza-roquettes-palestiniennes-contre-frappes-israeliennes.php

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Mais la Résistance continue !

 

 

 

Un cerf-volant incendiaire géant lancé depuis la bande de Gaza a atterri ce week-end sur des lignes électriques près du kibboutz de Sufa dans le sud d’Israël. Des employés de la Société israélienne d’électricité ont été dépêchés rapidement sur les lieux pour retirer l’engin avant qu’il ne s’enflamme.

Le cerf-volant de 4 mètres de hauteur, a provoqué une panne de courant dans le kibboutz et dans les environs et a dû être enlevé au moyen d’une grue.

L’armée israélienne a ciblé samedi un groupe terroriste ayant lancé des ballons incendiaires depuis l’enclave palestinienne, dont l’un a atterri près d’une salle à manger dans une communauté de la région d’Eshkol, a annoncé Tsahal.

Près de 9000 Palestiniens se sont encore rassemblés vendredi, selon l’armée israélienne, en cinq points le long de la clôture, après un calme précaire dans et autour de l’enclave qui a suivi un accord de cessez-le-feu en vigueur depuis jeudi soir entre les deux parties.

Côté israélien, une dizaine d’incendies ont été déclarés dans les localités proches de la bande de Gaza, déclenchés par des ballons incendiaires lancés depuis le territoire palestinien.

Après des mois de tensions grandissantes, l’enclave palestinienne et ses pourtours israéliens ont connu entre mercredi et jeudi soir l’une de leurs plus graves confrontations depuis la guerre de 2014.

Plus de 180 roquettes et obus de mortier ont été tirés de Gaza vers Israël, faisant plusieurs blessés et précipitant les Israéliens vers les abris.

Ces cerfs-volants munis de matière inflammable sont rapidement devenus l’arme de prédilection des Palestiniens, et sont devenus depuis le début des manifestations à la frontière fin mars, le symbole de la mobilisation palestinienne.

https://www.i24news.tv/fr/actu/israel/181546-180812-israel-un-enorme-cerf-volant-lance-depuis-gaza-atterri-dans-un-kibboutz

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Inédit de Trotsky : une page d’ Histoire particulièrement révélatrice ! ( Synthèse )

 

 

 

 

Synthèse des polémiques récemment développées

 

                                           Sur

TML :

 

 

Un nouveau débat historique sur l’URSS et la question de sa nature de classe nous a récemment amené à la redécouverte d’un texte de Trotsky, écrit en 1932, et republié en France, en 1933, sous le titre : « L’Économie soviétique en danger, signal d’alarme, le danger menace de plus près ! », supputant manifestement que l’URSS était sur le point de s’effondrer…

 

Étrangement, ce texte n’a jamais été réédité en français, depuis, et reste quasi introuvable, sauf en bibliothèques, avec seulement six exemplaires connus de cette édition française, dont deux seulement en France (Nanterre et BNF).

http://www.worldcat.org/title/economie-sovietique-en-danger-signal-dalarme-le-danger-menace-de-plus-pres-par-l-trotsky/oclc/458398127

Inaccessible, même sur le net, au commun des mortels autodidacte, donc…

L’intérêt historique en était néanmoins apparent par diverses citations, dont l’une, courte mais significative, par Michel « Pablo »-Raptis, dans son étude sur la pensée économique de Trotsky… ( 1 )

La question est venue en débat à la suite de :

De la réalité historique (ou non ? …selon Trotsky ) du socialisme en URSS

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/22/de-la-realite-historique-ou-non-selon-trotsky-du-socialisme-en-urss/

C’est à partir du fragment cité par « Pablo »-Raptis que nous avons pu remonter jusqu’à une version anglaise du texte, accessible sur le net, et de là, à l’original russe de Trotsky…

On doit évidemment s’interroger sur les raisons de cette carence des trotskystes français, qui auraient en quelque sorte ainsi « censuré » cette partie essentielle de l’œuvre de leur maître à penser… !! Ce que ce débat a montré, comme d’autres avant, c’est que les « inédits » et autres textes « oubliés », que ce soient ceux de Trotsky ou de Mao, comme on l’a également déjà vu, ne sont pas restés « inédits » par hasard !

Ce que la suite du débat a montré, également, c’est précisément la nécessité d’en revenir au texte russe de Trotsky lui-même, et non à sa « traduction » anglaise, délibérément édulcorée, semble-t-il, si l’on veut réellement comprendre la vraie nature de la pensée économique de Trotsky !     A présent, ce travail de traduction, concernant le passage débattu, directement à partir du texte russe, est terminé, et quelques nouvelles précisions s’en sont dégagées, en guise de conclusion. Les voici, et, à la suite, ce passage essentiel, dans cette nouvelle traduction, donc, et encore à la suite, l’original russe et la version anglaise.

En effet on peut mesurer à quel point, et surtout sur les derniers paragraphes, le « traducteur » anglais s’est éloigné du texte russe pour en édulcorer la portée méprisante manifeste du texte de Trotsky, spécifiquement dirigée contre le système des Kolkhozes, et non des « fermes collectives » en général…

Il leur fait délibérément le procès d’intention de mener un commerce « individualiste », et non pas même simplement de se comporter en « paysans indépendants », ou même d’être avec eux sur les marchés (« bazars »), alors qu’évidemment une telle catégorie de « paysans individuels » n’existe plus, à cette époque, ce qui dénote l’inculture politique de ce « traducteur » outre sa mauvaise foi, sauf pour faire « avaler » ce texte au lecteur anglophone, spéculant, pour le coup, sur son ignorance. Procédé typiquement trotskyste, et c’est même en cela, seulement, qu’il est « fidèle » à son maître ! Le terme единоличниками utilisé par Trotsky signifie littéralement « individualistes ». Dans le contexte, il ne peut donc plus faire allusion aux anciennes exploitations familiales, mais bien aux productions des lopins « individuels » des Kolkhoziens, qui pouvaient tout à fait légitimement vendre leurs excédents sur le marché. Par la suite, les critiques récurrentes (bourgeoises et trotskystes) porteront sur la différence de « rendement » entre lopins et cultures collectives, passant tout à fait à la trappe cette évidence qu’il ne s’agit pas du tout du même type de culture, principalement maraichère et petit élevage, sur les lopins, et de type extensif et céréalière, en collectif. Il est évident que le Kolkhozien ne faisait pas son pain familial à partir de quelques épis de blé semés dans un coin de son jardin, entre les poireaux et les salades, mais ce genre d’évidence « échappe » mystérieusement à ces « experts en soviétologie » !!

Finalement, après avoir travaillé directement sur le texte russe de Trotsky, il apparait précisément nécessaire de souligner l’emploi du mot базар [« bazar »] qu’il utilise pour caractériser les marchés Kolkhoziens, qu’il oppose expressément ( « bazar asiatique ») à la notion économique globale de « marché » ( рынок ), comprise comme loi de l’offre et de la demande, autrement dit, la loi du marché. Il est en effet clair que c’est là, pour lui, ici, un moyen de souligner concrètement le rôle « régulateur » qu’il entend faire essentiellement jouer à cette loi, tant dans la définition du plan que dans son application. Et cela tout à fait en conformité et cohérence avec ce qui s’avère être systématiquement le fond de sa pensée économique, et notamment en matière de transition.

Considérer que la loi du marché est l’élément régulateur essentiel de l’économie, en lieu et place de la loi de la valeur, c’est, rappelons le, carrément une inversion de la dialectique marxiste qui définit l’interaction de ces deux lois ( 2 ). Comme on l’a déjà vu lors du premier débat de fond sur la question ( 3 ), cette « inversion »-révision des fondamentaux du marxisme n’est pas limitée, chez lui, à la problématique de la transition, mais correspond bien à sa prétendue « lecture », « relecture » en réalité, de Marx. Elle n’en constitue, finalement et formellement, qu’une sorte de paraphrase « marxisante », seulement propre à séduire les « intellectuels » petits bourgeois et les ignorants. Elle n’est jamais, malgré ce vernis « rouge », qu’une vulgaire réinterprétation du mythe libéral de la « main du marché » ! Et, de plus, comme le souligne Michel « Pablo »-Raptis, un de ses disciples de la toute première heure de la pseudo « IVe Internationale », cela constitue pratiquement une anticipation de ce qu’est aujourd’hui le « socialisme de marché », qui n’est en rien une forme de « socialisme » …sauf pour les trotskystes/ »pablistes », évidemment !! ( 1 )

Bien évidemment, outre ce vice fondamental, la rhétorique de Trotsky se raccroche désespérément à toutes les faiblesses et défauts inévitables de la jeune URSS, pour tenter d’en prédire l’échec prochain, qui eut « justifié » son argumentation et ses vaines tentatives de reprendre pied dans la politique soviétique. Or déjà en 1932 son argumentation contient elle-même sa propre contradiction en reconnaissant, notamment, et de façon très appuyée, dès l’introduction de cet ouvrage, les succès de l’économie soviétique, sur le point de décoller, …et donc sur la « pente », en réalité très ascendante, qui en fera la seconde puissance mondiale en seulement une douzaine d’années ! Et cela, de plus, incluant la seconde guerre mondiale, dont elle sortira encore grandie, même si profondément blessée. Le pronostic expressément « alarmiste » contenu dans le titre, surtout en français (l’original, plus sobre, s’arrêtait à « …en danger ! ») s’est donc avéré totalement faux, contrairement à la supposée lucidité prêtée à Trotsky par ses adeptes…

Bien entendu, il ne s’agit pas, pour autant, de considérer comme insignifiants les défauts qui, combinés avec les séquelles de la guerre dans les superstructures de l’URSS, finiront par ouvrir la porte aux révisionnistes dont Trotsky n’était, finalement, qu’un précurseur formellement « gauchisant » pour mieux dissimuler le fond de sa pensée.( 4 )

En effet, la politique qu’il propose pour les Kolkhozes, (« Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. » ) , c’est évidemment et très précisément une « anticipation » de la future politique liquidationniste de Khrouchtchev à l’égard des Kolkhozes ( 5 ), et de ses « réformes », avec leurs conséquences désastreuses sur le plan économique et social, induisant une dépendance irréversible à l’égard des livraisons de blé occidental, et principalement, US, et un recul, également irréversible, des conditions de vie en URSS, seulement provisoirement « soulagé » pendant quelques années « brejneviennes » par la rente pétrolière. ( 6 ). C’est ce que révèle la véritable cassure démographique en URSS, causée principalement non pas par l’effondrement de l’URSS elle-même, qui n’a fait qu’accentuer le phénomène, mais bien par la contre-révolution khrouchtchevienne :

 

 

 

Naturellement, et selon l’habitude de Trotsky, ce texte se veut une critique cinglante de la politique économique de l’URSS.

En 1932, la situation de l’URSS est celle d’une grande mutation, avec l’abandon de la NEP et l’amorce décisive de l’industrialisation. La collectivisation agricole s’était incontestablement enclenchée dans des conditions particulièrement dramatiques, suite à la « crise des grains » et à la pénurie engendrée par l’action spéculative des Koulaks, exacerbée par les mauvaises conditions climatiques. On sait aujourd’hui, par les historiens et économistes russes contemporains, que la collectivisation était devenue incontournable, dans ces conditions, même si elle intervenait trop tard pour enrayer la catastrophe alimentaire en cours. Du moins en a-t-elle éradiqué les causes qui étaient, selon eux, chroniques depuis la fin du XIXe siècle. ( 7 )

Naturellement, Trotsky, comme ses adeptes après lui, adopte le point de vue occidental, anticommuniste et anti-soviétique, en réalité, qui inverse les effets et les causes, et charge au maximum la politique de l’URSS.

Mais au delà de cet aspect historique polémique, ce qui est particulièrement en cause, dans ce passage, ce sont bien les principes fondamentaux de l’économie de transition.

Veut-on, par la révolution prolétarienne, construire le socialisme ? Veut-on une économie de transition socialiste qui soit donc réellement une rupture avec le capitalisme ?

Ou bien veut-on simplement une politique de « nationalisations » des grandes entreprises, assortie formellement d’une « planification », mais qui reste dans le cadre d’une économie de marché, à la base ?

Une telle alternative n’a évidemment de socialisme que le nom, et c’est ce qui s’appelle, aujourd’hui, « socialisme de marché »… « Pablo »-Raptis n’a donc fait que réactualiser le langage de son maître à penser, sans en altérer aucunement le sens réel, ce que refusent de voir, et même, cherchent à dissimuler, les responsables actuels des différents groupuscules trotskystes qui se disputent l’héritage de l’ « orthodoxie » de ce « maître » ! (A rappeler que « Pablo »-Raptis était tout à fait personnellement et directement proche de Trotsky lui-même lors de la très confidentielle fondation de la IVe internationale, à Périgny, en 1938.)

Mais c’est bien d’une question de choix de société qu’il s’agit ici, et non pas seulement d’une querelle byzantine sur les différents sens du mot « marché ». Dans une économie de transition, en rupture avec le capitalisme, ce qui guide la planification, selon Marx, c’est la définition collective des besoins sociaux, qui, précisément, cesse d’être livrée aux aléas du marché, mais exprime la volonté politique collective du prolétariat et le choix des priorités qu’il se donne, en fonction, évidemment, des moyens et ressources disponibles, qui, à ce stade, sont nécessairement limités.

Il est clair, par contre, que dans la logique du marché, « trotskyste » ou non, ce sont les besoins individuels solvables qui s’expriment et donnent la mesure, entrant évidemment en contradiction avec les nécessités collectives « non rentables » en termes de marché, et que les phénomènes d’inégalités, d’injustice sociales et finalement, de crise économique, ne peuvent que renaître inévitablement, même après une période d’équilibre précaire provisoirement retrouvée. C’est ce que montre l’expérience de la NEP, faisant inévitablement ressurgir le capitalisme et ses tares mortelles.

Il est tout aussi évident que l’économie de transition ne saurait, de manière tout à fait utopique, se débarrasser du jour au lendemain des stigmates de l’économie marchande, mais ce que Marx nous explique, essentiellement dans la Critique du Programme de Gotha, c’est la possibilité de combiner plan collectif et échanges entre producteurs régulés en valeur-travail, en fonction du plan décidé, et non en fonction des aléas du marché. C’est, selon Marx, ce principe d’échange, encore formellement « marchand », au sens de la valeur travail considérée comme mesure de l’échange, qui permet la correspondance entre forces productives et besoins sociaux, individuels et collectifs, et non la loi du marché, ici définie par Trotsky comme principe régulateur, tout à fait à la manière des ultra-libéraux bourgeois et de leur prétendue « main du marché » !! De plus, ici, il associe expressément « démocratie » et « économie de marché »… !

Comme on l’a déjà vu ( 2 ), il finira, en 1939, par « théoriser » cette dérive dans un opuscule destiné à résumer, à sa façon (!), les principes du marxisme :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Rappelons encore, pour mémoire, mais c’est une évidence, que la planification, en économie de marché, ne produit au mieux que des effets marginaux et n’interrompt en rien les cycles de crises du capitalisme, comme le montre, à grande échelle, l’économie chinoise actuelle.

A noter encore, l’habituelle duplicité de Trotsky, dans cet ouvrage, où il commence, dès les premières lignes, contraint par l’évidence et la nécessité de se trouver quelques lecteurs, par faire les louanges des réussites de la construction du socialisme en URSS, pour, aussitôt après, s’emparer des difficultés évidentes et incontournables et en venir à dénigrer la nature socialiste de la même URSS, reprenant sa logique absurde de l’impossibilité d’une telle construction…

Rappelons encore cette évidence, effectivement « oubliée », tant par Trotsky que par ses adeptes modernes, qu’une économie de transition, c’est précisément une économie de transition vers le communisme, et une première phase du communisme, donc, où subsistent donc encore les traces de l’économie marchande, à travers les échanges en valeur-travail, et que c’est en fonction de cette problématique qu’on l’a communément baptisé socialisme, mais que vouloir inventer, comme le fait Trotsky, déjà, ici, et plus tard, avec son « programme de transition », une « transition vers la transition », et en plus, basée sur l’économie de marché, c’est carrément se moquer du monde et en pratique, mettre précisément un obstacle de plus sur la route du socialisme et du communisme, mais il apparaît d’autant plus évident, à la « lumière » de ce texte, que c’est là, de toutes façons, sa fonction politique essentielle.

Ce concept absurde d’une « transition vers la transition » est expressément formulé, du reste, quelques lignes plus loin, dans ce texte de 1932 :

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

A noter, de plus, que cette prétendue « transition vers la transition socialiste » se présente d’emblée comme un renoncement à l’équilibre économique…

On comprend aisément pourquoi… !  

Il est à remarquer que Trotsky utilise ici le terme закономерность, assez peu courant, et qui n’a qu’un sens possible, dans le contexte, celui de loi en tant que « principe de fonctionnement économique », comme on pourrait parler des lois de la physique, de la biologie, etc… Alors que закон, plus courant, peu s’entendre aussi bien pour « les lois de la physique » que pour « les lois de la République », par exemple… ! Il n’est donc pas douteux qu’il nous parle ici d’un stade de transition qu’il entend distinguer du socialisme lui-même, qui se comprend pourtant, dans la pensée marxiste, au sens de la « phase de transition » considérée comme la première phase du communisme, selon le principe économique posé par Marx lui-même, notamment dans la Critique du Programme de Gotha :

     https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

  A souligner encore que ce « développement créatif », de la part de Trotsky, dès 1932, donc, est cohérent avec la stratégie qu’il prétendait construire autour de son célèbre « Programme de Transition » (IVe Internationale, 1938), toujours considéré comme une base du trotskysme actuel, et qui ne peut donc toujours pas être considéré comme un réel programme de transition, au sens marxiste du terme, c’est à dire comme base de la transition socialiste, première phase du communisme.

Il nous est couramment reproché, sur TML, d’être un blog « stalinien »…

En réalité, ce qui nous intéresse, entre autres sujets importants, sur TML, c’est de comprendre les leçons historiques que l’on peut tirer de l’expérience de l’URSS, aussi bien dans les qualités qui lui ont en réalité permis un décollage économique exponentiel, malgré les circonstances dramatiques de sa naissance, ce que Trotsky est bien obligé de reconnaître, et qui permettra, moins de dix ans après, d’arrêter les nazis aux portes de Moscou, que dans les défauts intrinsèques qui ont amené la contre-révolution khrouchtchevienne et l’effondrement final de l’URSS.

Les leçons du processus de transition en URSS sont à chercher aussi bien dans ses qualités et succès que dans ses échecs et défauts, et cela fait de TML un blog qui justifie sa revendication au marxisme-léninisme, et non singulièrement un blog « stalinien »… !

Finalement, le seul effet notable du trotskysme, en se prétendant le « meilleur ami critique » de l’URSS, c’est clairement d’avoir ouvert une porte « de gauche » à l’anti-soviétisme et à l’anticommunisme et encore aujourd’hui, en la maintenant ouverte en collusion avec les autres idéologues du système, de les aider à empêcher la reconstruction d’une avant garde prolétarienne marxiste-léniniste.

Avec des « amis » de cet acabit la cause prolétarienne n’aurait guère besoin d’autres ennemis… Malheureusement, ils sont déjà légions, rien que dans le genre faussaires et manipulateurs…

Le trotskysme, à lui seul, reste une maladie chronique de la « gauche » française et un mouvement réellement marxiste ne pourra renaitre, en France, sans se libérer complètement d’avec ce mensonge !

Luniterre 

 

( __1 http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53 )

 

( __2 https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/07/marx-capital-livre-iii-chapitres-9-et-10.pdf )

 

( __3 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/ )

 

( __4 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/  )

 

( __5 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/ )

 

( __6 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

 

( __7 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/15/encore-une-legende-noire-demythifiee-lholodomor/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/06/28/holodomor-hoax-joseph-stalins-crime-that-never-took-place/ )

 

 

Ici, en Ukraine, un de ces marchés kolkhoziens, « bazars », selon Trotsky… :

 

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LE PASSAGE ESSENTIEL DE 1932

OU TROTSKY FAIT LE POINT

SUR SES PRINCIPES ÉCONOMIQUES

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« Conditions et méthodes de l’économie planifiée

Quels sont les organes de construction et d’application du plan ? Quelles sont les méthodes de contrôle et de régulation ? Quelles sont les conditions de son succès ?

A cet égard, trois systèmes doivent faire l’objet d’une brève analyse : (1) les départements spéciaux de l’Etat, c’est-à-dire le système hiérarchique des commissions de plan, au centre et localement ; (2) le commerce, en tant que système de régulation du marché ; (3) la démocratie soviétique, en tant que système de régulation vivante par les masses de la structure de l’économie.

S’il existait un esprit universel, du type de celui qui se projette dans la fantaisie scientifique de Laplace – un esprit qui pourrait enregistrer simultanément tous les processus de la nature et de la société, qui pourrait mesurer la dynamique de leur mouvement, qui pourrait prévoir les résultats de leurs interactions – un tel esprit, bien sûr, pourrait a priori établir un plan économique sans faille et exhaustif, en commençant par le nombre d’acres de blé jusqu’au dernier bouton pour un gilet. La bureaucratie imagine souvent qu’un tel esprit est à sa disposition ; c’est pourquoi elle se libère si facilement du contrôle du marché et de la démocratie soviétique. Mais, en réalité, la bureaucratie se trompe terriblement dans son estimation de ses ressources spirituelles.

Dans son œuvre, elle est obligée de s’appuyer, en réalité, sur les proportions (et on est même endroit de dire, les disproportions) héritées de la Russie capitaliste, des données de la structure économique des nations capitalistes contemporaines, et finalement de l’expérience des succès et des erreurs de l’économie soviétique elle-même. Mais même la combinaison la plus correcte de tous ces éléments permettra de construire seulement le cadre extrêmement imparfait d’un plan, pas plus.

Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos.

Les processus de construction économique ne se déroulent pas encore au sein d’une société sans classes. Les questions de la répartition du revenu national constituent l’axe central du plan. Il se déplace sous l’action directe de la lutte de classe et celle des groupes sociaux, y compris les différentes couches du prolétariat lui-même. Ce sont les questions sociales et économiques les plus importantes : le lien entre la ville et le village, c’est-à-dire l’équilibre entre ce que l’industrie obtient de l’agriculture et ce qu’elle lui fournit ; l’interrelation entre l’accumulation et la consommation, entre le fond d’équipement et le fonds pour les salaires ; la régulation des salaires pour différentes catégories de travail ( ouvriers qualifiés et non qualifiés, employés , spécialistes, bureaucratie dirigeante ) ; finalement, la répartition de cette part du revenu national qui revient au village, entre les différentes strates de la paysannerie. Toutes ces questions, de par leur nature même, ne permettent pas les décisions à priori de la bureaucratie, qui s’est mise à l’abri de l’intervention de millions de personnes concernées.

La lutte des intérêts vitaux, en tant que facteur fondamental de la planification, nous introduit dans le royaume de la politique, qui est l’économie concentrée. Les instruments des groupes sociaux de la société soviétique sont – devraient être : les Soviets, les syndicats, les coopératives, et avant tout le parti au pouvoir. Ce n’est seulement que par l’interaction de ces trois éléments, la planification étatique, le marché et la démocratie soviétique, que peut s’effectuer la direction correcte de l’économie de l’époque de transition et que peut être garanti, non pas le dépassement complet des contradictions et des disproportions en quelques années (c’est utopique !), mais leur adoucissement, et par cela même le renforcement de la base matérielle de la dictature du prolétariat jusqu’à ce moment où une nouvelle révolution victorieuse élargira l’arène de la planification socialiste et reconstruira son système. 

ÉTOUFFEMENT DE LA NEP, INFLATION MONÉTAIRE ET LIQUIDATION DE LA DÉMOCRATIE SOVIÉTIQUE

La nécessité d’introduire la NEP, c’est à dire la restauration des rapports de marché, a été déterminée, en son temps, avant tout,par l’existence de 25 millions d’exploitations agricoles indépendantes. Cela ne veut pas dire, pour autant, que la collectivisation, déjà à son premier stade, mène à la liquidation du marché. La collectivisation ne peut être viable que dans la mesure où elle laisse en vigueur l’intérêt personnel des kolkhoziens, en construisant leurs rapports mutuels, comme les rapports des kolkhozes avec le monde extérieur, sur les fondements du calcul commercial. Cela signifie qu’une collectivisation correcte et économiquement justifiée, au stade actuel, ne doit pas mener à l’abrogation de la NEP, mais à une réforme progressive de ses méthodes.

La bureaucratie, néanmoins, est allé directement de l’avant : dans les premiers temps, il pouvait lui sembler, vu ainsi, qu’elle suivait la ligne de moindre résistance. Les succès véridiques et incontestables des forces centralisées du prolétariat, elle les a identifiés aux succès de sa planification à priori. Autrement dit, la révolution socialiste, elle l’a identifiée à elle même. Le problème interdit du lien avec le village, elle l’a masqué par la collectivisation administrative. Étant confrontée aux disproportions à travers la NEP, elle a liquidé la NEP. Les méthodes de marché, elle les a remplacées par l’élargissement des méthodes de contraintes.

Une unité monétaire ferme, sous la forme du Chervonetz, constituait un instrument important de la NEP. En état de vertige, la bureaucratie décida qu’elle se tenait déjà sur ses deux jambes sur le sol de l’harmonie économique ; que les succès d’aujourd’hui garantissaient la progression des futurs succès et que le Chervonetz ne constituait pas un frein à l’envergure du plan, mais au contraire, une source indépendante d’investissements. A la place de la régulation des éléments matériels du processus économique, la bureaucratie a commencé à boucher les accrocs à l’aide de la planche à billets. En d’autres mots, elle a pris le chemin de l’inflation « optimiste ».

Après l’étranglement de la NEP, les fameuses « six conditions de Staline », le calcul économique, le travail aux pièces, etc, se sont changé en un ensemble de paroles vides. Le calcul économique est impensable sans le lien avec le marché. Le Chervonetz est la mesure du cette jonction. Quelle signification peuvent avoir pour l’ouvrier quelques roubles supplémentaires par mois si il est obligé d’acheter les produits vitaux manquants au bazar [marché des producteurs] à un prix décuplé ?

La restauration des bazars est apparue comme l’aveu de l’inopportunité de la liquidation de la NEP, mais un aveu empirique, partiel, improvisé et contradictoire. Appeler les bazars une forme « soviétique » (socialiste ?) de commerce, en contrepoids au commerce privé et à la spéculation, cela signifie de l’aveuglement. Le commerce de bazar, même de la part du Kolkhoze, dans son ensemble, constitue une spéculation sur le besoin en produits de ravitaillement de la ville la plus proche, et, par ses conséquences, mène à une différentiation sociale, c’est à dire à l’enrichissement de la minorité des Kolkhozes les plus heureusement situés. Mais en premier lieu ce ne sont pas les Kolkhozes qui font le commerce, mais des Kolkhoziens en particulier, en parallèle des individualistes. Le commerce des Kolkhoziens, en vendant leurs excédents à des prix spéculatifs, mène à une différentiation entre Kolkhozes. Ainsi le bazar développe des forces centrifuges dans le village « socialiste ».

En abolissant le marché et en restaurant les bazars asiatiques, la bureaucratie a créé, comme parachèvement de tout, les conditions de la danse la plus barbare des prix, et, en conséquence, elle a placé une mine et sous le plan et sous le calcul commercial. Il en est résulté une aggravation du chaos économique.

En parallèle s’étendait l’ossification, qui ne date pas d’hier, des syndicats, des soviets et du parti. Se heurtant aux frictions entre la ville et la campagne, aux revendications du côté de différentes parties de la paysannerie et du prolétariat, la bureaucratie interdisait de la façon la plus résolue quelques revendications, protestations et critique que ce soit. Le seul droit qu’elle a finalement laissé aux ouvriers, c’est le droit de dépasser les consignes de production. Chaque tentative d’action de la base sur la conduite de l’économie est immédiatement ramenée à une déviation droitiste ou gauchiste, c’est à dire pratiquement à un délit de droit commun. Finalement le sommet de la bureaucratie s’est déclaré infaillible dans la sphère de la planification socialiste (bien que ses collaborateurs et leaders se soient souvent révélés les pires saboteurs). Ainsi s’est trouvée liquidée la mécanique basique de la construction socialiste – le système adaptable et souple de la démocratie soviétique. Devant la réalité économique et ses difficultés la bureaucratie s’est trouvée seulement armée d’une ébauche de plan déformée et faussée, et de sa volonté administrative, également considérablement meurtrie. »

 

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LE TEXTE RUSSE D’ORIGINE :

 

УСЛОВИЯ И МЕТОДЫ ПЛАНОВОГО ХОЗЯЙСТВА

Каковы органы построения и проведения плана ? Каковы методы его проверки и регулирования ? Каковы условия его успешности ?

Три системы приходится подвергнуть в этой связи краткому рассмотрению : 1) специальные государственные органы, т. е. иерархическую систему плановых комиссий, в центре и на местах ; 2) торговлю, как систему рыночного регулирования ; 3) советскую демократию, как систему живого воздействия масс на структуру хозяйства.

Если б существовал универсальный ум, рисовавшийся научной фантазии Лапласа : ум, регистрирующий одновременно все процессы природы и общества, измеряющий динамику их движения, предугадывающий результаты их взаимодействия, – такой ум мог бы, конечно, априорно построить безошибочный и законченный хозяйственный план, начиная с числа гектаров пшеницы и кончая пуговицей на жилете. Правда, бюрократии нередко кажется, что она-то именно и обладает подобным умом : поэтому она так легко освобождает себя от контроля рынка и советской демократии. На самом деле бюрократия жестоко ошибается в оценке своих духовных ресурсов. В своем творчестве она вынуждена, на самом деле, опираться на пропорции (с таким же правом можно сказать : диспропорции), унаследованные от капиталистической России ; на данные об экономической структуре современных капиталистических наций ; наконец, на опыт успехов и ошибок самого советского хозяйства. Но даже самое правильное комбинирование всех этих элементов может позволить построить лишь крайне несовершенный проволочный каркас плана, не более того.

Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию. Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.

Процессы хозяйственного строительства происходят пока еще не в бесклассовом обществе. Вопросы распределения национального дохода составляют центральную ось плана. Она перемещается под непосредственным действием борьбы классов и социальных групп, в том числе и разных слоев самого пролетариата. Важнейшие социальные и экономические вопросы : смычка города и деревни, т. е. баланс того, что промышленность получает от сельского хозяйства, и того, что она дает ему ; взаимоотношение между накоплением и потреблением, между фондом капитального строительства и фондом заработной платы ; регулирование оплаты разных категорий труда (квалифицированные и неквалифицированные рабочие, служащие, специалисты, правящая бюрократия) ; наконец, распределение той доли национального дохода, которая приходится на деревню, между разными слоями крестьянства, – все эти вопросы, по самому существу своему, не допускают априорных решений бюрократии, оградившей себя от вмешательства заинтересованных миллионов.

Борьба жизненных интересов, в качестве основного фактора планирования, вводит нас в царство политики, которая есть концентрированная экономика. Орудиями социальных групп советского общества являются (должны являться) : советы, профессиональные союзы, кооперативы и, прежде всего, правящая партия. Только взаимодействием трех элементов : государственного планирования, рынка и советской демократии, может осуществляться правильное руководство хозяйством переходной эпохи и обеспечиваться – не полное преодоление противоречий и диспропорций в несколько лет (это утопия !), а их смягчение и тем самым упрочение материального базиса диктатуры пролетариата до того момента, как новая победоносная революция расширит арену социалистического планирования и перестроит его систему.

УДУШЕНИЕ НЭПА, ДЕНЕЖНАЯ ИНФЛЯЦИЯ И ЛИКВИДАЦИЯ СОВЕТСКОЙ ДЕМОКРАТИИ

Необходимость введения НЭПа, т. е. восстановления рыночных отношений, определялась в свое время прежде всего наличием 25 миллионов самостоятельных крестьянских хозяйств. Это не значит, однако, что коллективизация уже на первой стадии своей ведет к ликвидации рынка. Коллективизация может быть жизненна лишь в той мере, в какой оставляет в силе личную заинтересованность колхозников, строя их взаимные отношения, как и отношения колхоза с внешним миром, на основах коммерческого расчета. Это значит, что правильная, экономически обоснованная коллективизация на данной стадии должна была вести не к упразднению НЭПа, а лишь к постепенному преобразованию его методов.

Бюрократия пошла, однако, напролом : на первых порах ей могло при этом казаться, что она идет по линии наименьшего сопротивления. Подлинные и неоспоримые успехи централизованных усилий пролетариата она отождествила с успехами своего априорного планирования. Иначе сказать : социалистическую революцию она отождествила с собою. Неразрешенную проблему смычки с деревней она замаскировала административным коллективизированием. Наталкиваясь на диспропорции через НЭП, она ликвидировала НЭП. Рыночные методы она заменила расширением методов принуждения.

Устойчивая денежная единица, в виде червонца, составляла важнейшее орудие НЭПа. В состоянии головокружения бюрократия решила, что она уже стоит обеими ногами на почве экономической гармонии ; что сегодняшние успехи автоматически обеспечивают прогрессию дальнейших успехов и что червонец является не уздой для планового размаха, а, наоборот, самостоятельным источником капиталовложений. Вместо регулирования материальных элементов хозяйственного процесса бюрократия стала затыкать прорехи при помощи печатного станка. Другими словами, она стала на путь « оптимистической » инфляции.

После административного удушения НЭПа пресловутые « шесть условий Сталина » – хозяйственный расчет, сдельная заработная плата и пр. – превращались в пустой набор слов. Хозяйственный расчет немыслим без рыночных отношений. Метром смычки является червонец. Какое значение имеют для рабочего несколько лишних рублей в месяц, если нехватающие жизненные продукты он вынужден покупать на базаре по удесятеренной цене ?

Восстановление базаров явилось признанием несвоевременности ликвидации НЭПа, но признанием эмпирическим, частичным, непродуманным и противоречивым. Называть базары формой « советской » (социалистической ?) торговли, в противовес частной торговле и спекуляции, значит заниматься самообольщением. Базарная торговля даже со стороны колхоза, как целого, является спекуляцией на нужде ближайшего города в предметах продовольствия и, по последствиям своим, ведет к социальной дифференциации, т. е. к обогащению меньшинства более счастливо расположенных колхозов. Но главное место в торговле занимают не колхозы, а отдельные колхозники, наряду с единоличниками. Торговля колхозников, продающих свои избытки по спекулятивным ценам, ведет к дифференциации внутри колхозов. Так базар развивает в « социалистической » деревне центробежные силы.

Упразднив рынок и восстановив азиатские базары, бюрократия создала, в довершение всего, условия самой варварской пляски цен, следовательно, подвела мину и под план, и под коммерческий расчет. Результатом явилось усугубление экономического хаоса.

Параллельно шло начавшееся не вчера окостенение профессиональных союзов, советов и партии. Наталкиваясь на трения между городом и деревней, на требования со стороны разных частей крестьянства и пролетариата, бюрократия все решительнее запрещала какие бы то ни было требования, протесты и критику. Единственное право, которое она в конце концов оставила рабочим, это право превышать производственные задания. Всякая попытка воздействия снизу на хозяйственное руководство немедленно подводится под правый или левый уклон, т. е. практически под уголовное преступление. Бюрократическая верхушка в конце концов объявила себя непогрешимой в сфере социалистического планирования (несмотря на то, что ее сотрудниками и вдохновителями оказывались зачастую злостные вредители). Так оказалась ликвидирована основная механика социалистического строительства – гибкая и эластичная система советской демократии. Пред лицом хозяйственной действительности и ее затруднений бюрократия оказалась вооружена лишь погнутым и измятым проволочным каркасом плана и своей административной волей, тоже изрядно помятой.

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

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LE TEXTE ANGLAIS

Conditions and Methods of Planned Economy

What are the organs of constructing and applying the plan like ? What are the methods of checking and regulating it ? What are the conditions for its success ?

In this connection three systems must be subjected to a brief analysis : (1) special state departments, that is, the hierarchical system of plan commissions, in the centre and locally ; (2) trade, as a system of market regulation ; (3) Soviet democracy, as a system for the living regulation by the masses of the structure of the economy.

If a universal mind existed, of the kind that projected itself into the scientific fancy of Laplace – a mind that could register simultaneously all the processes of nature and society, that could measure the dynamics of their motion, that could forecast the results of their inter-reactions – such a mind, of course, could a priori draw up a faultless and exhaustive economic plan, beginning with the number of acres of wheat down to the last button for a vest. The bureaucracy often imagines that just such a mind is at its disposal ; that is why it so easily frees itself from the control of the market and of Soviet democracy. But, in reality, the bureaucracy errs frightfully in its estimate of its spiritual resources. In its projections it is necessarily obliged, in actual performance, to depend upon the proportions (and with equal justice one may say the disproportions) it has inherited from capitalist Russia, upon the data of the economic structure of contemporary capitalist nations, and finally upon the experience of successes and mistakes of the Soviet economy itself. But even the most correct combination of all these elements will allow only a most imperfect framework of a plan, not more.

The innumerable living participants in the economy, state and private, collective and individual, must serve notice of their needs and of their relative strength not only through the statistical determinations of plan commissions but by the direct pressure of supply and demand. The plan is checked and, to a considerable degree, realized through the market. The regulation of the market itself must depend upon the tendencies that are brought out through its mechanism. The blueprints produced by the departments must demonstrate their economic efficacy through commercial calculation. The system of the transitional economy is unthinkable without the control of the ruble. This presupposes, in its turn, that the ruble is at par. Without a firm monetary unit, commercial accounting can only increase the chaos.

The processes of economic construction are not yet taking place within a classless society. The questions relating to the allotment of the national income compose the central focus of the plan. It shifts with the direct development of the class struggle and that of social groups, and among them, the various strata of the proletariat itself. These are the most important social and economic questions : the link between the city and the village, that is, the balance between that which industry obtains from agriculture and that which it supplies to it ; the interrelation between accumulation and consumption, between the fund for capital construction and the fund for wages ; the regulation of wages for various categories of labour (skilled and unskilled workers, government employees, specialists, the managing bureaucracy) ; and finally the allotment of that share of national income which falls to the village, between the various strata of the peasantry. All these questions by their very nature do not allow for a priori decisions by the bureaucracy, which has fenced itself off from intervention by concerned millions.

The struggle between living interests, as the fundamental factor of planning, leads us into the domain of politics, which is concentrated economics. The instruments of the social groups of Soviet society are – should be : the Soviets, the trade unions, the co-operatives, and in first place the ruling party. Only through the inter-reaction of these three elements, state planning, the market and Soviet democracy, can the correct direction of the economy of the transitional epoch be attained. Only thus can be assured, not the complete surmounting of contradictions and disproportions within a few years (this is utopian !), but their mitigation, and through that the strengthening of the material bases of the dictatorship of the proletariat until the moment when a new and victorious revolution will widen the arena of socialist planning and will reconstruct the system.

Suppression of the NEP, Monetary Inflation, and Liquidation of Soviet Democracy

The need to introduce the NEP, to restore market relationships, was determined first of all by the existence of 25 million independent peasant proprietors. This does not mean, however, that collectivization even in its first stage leads to the liquidation of the market. Collectivization becomes a viable factor only to the extent to which it involves the personal interest of the members of the collective farms, by shaping their mutual relations, and the relations between the collective farms and the outside world, on the basis of commercial calculation. This means that correct and economically sound collectivization at this stage should lead not to the elimination of the NEP but to a gradual reorganization of its methods.

The bureaucracy, however, went the whole way. At first it might have thought that it was taking the road of least resistance. The genuine and unquestionable successes of the centralized efforts of the proletariat were identified by the bureaucracy with the successes of its a priori planning. Or to put it differently : it identified the socialist revolution with itself. By administrative collectivization it masked the unsolved problem of establishing a link with the village. Confronting the disproportions of the NEP, it liquidated the NEP. In place of market methods, it enlarged the methods of compulsion.

The stable currency unit, in the form of the chervonets, constituted the most important weapon of the NEP. While in its state of dizziness, the bureaucracy decided that it was already standing firmly with both feet on the soil of economic harmony, that the successes of today automatically guaranteed the progression of subsequent successes, that the chervonets was not a bridle that checked the scope of the plan but on the contrary provided an independent source of capital funds. Instead of regulating the material elements of the economic process the bureaucracy began to plug up the holes by means of printing presses. In other words, it took to the road of “optimistic” inflation.

After the administrative suppression of the NEP, the celebrated “six conditions of Stalin” – economic accounting, piecework wages, etc. – became transformed into an empty collection of words. Economic accounting is unthinkable without market relations. The chervonets is the yardstick of the link. Of what possible use for the worker can a few extra rubles a month be if he is compelled to purchase the necessities of life in the open market at ten times their former price ?

The restoration of open markets came as an admission of the inopportune liquidation of the NEP, but an admission that was empirical, partial, thoughtless, and contradictory. To label the open markets as a form of “Soviet” (socialist ?) trade, in contrast to private trade and speculation, is to practice self-deception. Open-market trading even on the part of the collective farm as a whole ends up as speculation on the necessities required in the nearest city, and as a result leads to social differentiation, that is, to the enrichment of the minority of the more fortunately situated collective farms. But the chief place in the open market is occupied not by the collectives but by individual members of the collectives and by the independent peasants. The trading of the members of the collective farms, who sell their surplus at speculative prices, leads to differentiation within the collectives. Thus the open market develops centrifugal forces within the “socialist” village.

By eliminating the market and by installing Asiatic bazaars in its place the bureaucracy has created, to consummate everything, the conditions for the wildest gyration of prices, and consequently has placed a mine both under the plan and under commercial calculation. As a result, economic chaos has been redoubled.

Parallel to this the ossification of the trade unions, the Soviets, and the party, which didn’t start yesterday, continues. Coming up against the friction between the city and the village, against the demands from various sections within the peasantry, from the peasantry as a whole, and from the proletariat, the bureaucracy more and more resolutely ruled out any demands, protests, and criticism whatsoever. The only prerogative which it ultimately left to the workers was the right to exceed production limits. Any attempt to influence economic management from below is immediately described as a right or a left deviation, that is, practically made a capital offence. The bureaucratic upper crust in the last analysis, has pronounced itself infallible in the sphere of socialist planning (disregarding the fact that its collaborators and inspirers have turned out often to be criminal plotters and saboteurs). Thus the basic mechanism of socialist construction – the adaptable and elastic system of Soviet democracy – was liquidated. Face to face with the economic reality and its difficulties, the bureaucracy turned out to be armed only with the twisted and collapsed carcass of the plan, with its own administrative will also considerably deflated.

The Soviet Economy in Danger (L. Trotsky, October 1932)

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1932/10/sovecon.htm

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En mer comme sur terre le crime sioniste est permanent !!

 

Les forces israéliennes approchent un des bateaux de la flottille en route vers Gaza, le 31 mai 2010.

Ici, une précédente agression sioniste contre un bateau humanitaire pour Gaza, le 31 Mai 2010

 

 

En mer comme sur terre

 

le crime sioniste

 

est permanent !!

 

 

 

Gaza:

le capitaine d’un bateau norvégien

accuse Israël

02/08/2018 19:16:34 Mis à jour le 02/08/2018 19:17:25

Le capitaine norvégien d’un bateau d’activistes pro-Gaza, intercepté dimanche par Israël, a accusé l’État hébreu d’avoir violé le droit en arraisonnant le navire dans les eaux internationales et en molestant l’équipage, des accusations rejetées par les Israéliens.

Le gouvernement norvégien dit pour sa part avoir demandé des explications à Israël sur les circonstances de cet arraisonnement et « les allégations de recours à une force excessive ».

« Nous avons été arraisonnés dans les eaux internationales et nous étions plus près de l’Égypte que d’Israël », a affirmé le capitaine du bateau Herman Reksten dans la nuit de mercredi à jeudi à son retour en Norvège, après avoir été détenu trois jours dans une prison israélienne.

« Israël a violé toutes les règles. C’est terrifiant qu’ils arraisonnent un navire norvégien dans les eaux internationales et lui imposent de s’amarrer en Israël », a-t-il dit, cité par la radiotélévision norvégienne NRK.

L’armée israélienne avait annoncé dimanche l’arraisonnement d’un bateau au large de la bande de Gaza avec à son bord des activistes dénonçant le blocus installé par l’État hébreu comme une mesure sécuritaire à cette enclave palestinienne depuis plus d’une décennie.

Bateau battant pavillon norvégien, le Kårstein comptait 22 personnes à bord. Toutes ont été relâchées depuis et ont été expulsées d’Israël ou sont en voie de l’être, selon l’organisation Ship to Gaza Norway. Seul le sort d’un Canadien souffrant de problèmes de santé n’était pas totalement éclairci jeudi.

Herman Reksten a aussi accusé les soldats israéliens d’avoir fait usage d’armes à impulsion électrique contre les activistes. 

L’ambassade d’Israël à Oslo a rejeté les accusations.

« C’est en fait tout l’inverse: ceux qui ont agi à l’encontre du droit international, c’étaient ces activistes qui essayaient de violer un blocus naval légal et internationalement reconnu contre la bande de Gaza qui est régie par une organisation terroriste islamique, le Hamas », a réagi un diplomate de l’ambassade, Dan Poraz.

« Il n’y a absolument pas eu d’usage excessif de violence. Il y a eu un recours minimal et raisonnable à la force parce que l’équipage (…) a renâclé à coopérer et à suivre les ordres de la marine » israélienne, a-t-il ajouté.

a Norvège, de son côté, a contacté Israël pour faire la lumière sur cet épisode, mais n’a pas reçu de réponse à ce stade.

« Nous avons demandé aux autorités israéliennes de clarifier le cours des événements et sur quel fondement elles se pensent habilitées à s’en prendre au bateau », a indiqué le porte-parole de la diplomatie norvégienne, Frode Andersen, dans un courriel.

« Nous évoquerons aussi les allégations de recours à une force excessive », a-t-il ajouté.

Ce n’est pas la première fois qu’une flottille tente de briser le blocus mis en place par Israël dans la bande de Gaza. Entre 2008 et 2016, les militants internationaux ont envoyé 31 navires vers l’enclave palestinienne pour défier les sanctions mises en place par l’Etat hébreu à l’encontre des responsables gazaouïs.

À terre, Israël a de nouveau bloqué jeudi l’approvisionnement en carburant de la bande de Gaza en réponse aux cerfs-volants incendiaires lancés depuis le territoire.

 

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/180835-180802-gaza-le-capitaine-d-un-bateau-d-activistes-accuse-israel

 

 

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Flottille/Gaza:

 

la Norvège

 

exhorte Israël à s’expliquer

01/08/2018 08:58:04 Mis à jour le 01/08/2018 09:34:08

 

La Norvège a exhorté mardi Israël à lui procurer des raisons juridiques après l’interception dimanche d’un bateau de la « Flottille de la liberté » à destination de Gaza, a annoncé le ministère norvégien des Affaires étrangères.

Le ministère norvégien a indiqué dans un communiqué que ses diplomates en Israël avaient fourni une assistance consulaire à cinq Norvégiens qui faisaient partie des 22 passagers et membres d’équipage à bord du navire « Awda » (« Retour », en arabe) qui battait pavillon norvégien, arraisonné par la marine israélienne.

« Nous avons demandé aux autorités israéliennes de clarifier les circonstances concernant l’interception du navire et de fournir les bases juridiques de l’intervention », a déclaré le porte-parole du ministère norvégien.

 

« Il s’agit du premier navire norvégien envoyé à destination de Gaza pour aider les Palestiniens. C’est un bateau pacifique, en aucun cas il ne menace la sécurité d’Israël », a estimé le chef  de ‘Ship to Gaza Norway’ qui a organisé l’expédition, Torstein Dahle.

La marine israélienne a arraisonné dimanche un bateau en provenance de Suède et de Norvège au large de la bande de Gaza avec à son bord des militants anti-blocus. Selon l’équipage, le bateau transportait des médicaments et du matériel médical pour la population de Gaza.

L’armée israélienne a cependant affirmé dans un communiqué, que ce navire venait « violer le blocus légal imposé à la bande de Gaza ». En accord avec la loi internationale, la flottille a été stoppée pour être acheminée vers le port d’Ashdod dans le sud d’Israël.

Environ 40 militants originaires de 15 pays, dont deux Français, participaient à cette opération, selon l’un des organisateurs, Pierre Stambul, co-président de l’Union juive pour la paix.

Israël, ainsi que l’Egypte, ont mis en place un blocus à l’encontre de la bande de Gaza depuis que le mouvement terroriste du Hamas y a pris le pouvoir en 2007.

Ce n’est pas la première fois qu’une flottille tente de briser le blocus mis en place par Israël dans la bande de Gaza. Entre 2008 et 2016, les militants internationaux ont envoyé 31 navires vers l’enclave palestinienne pour défier les sanctions mises en place par l’Etat hébreu à l’encontre des responsables gazaouïs.

 

 

https://www.i24news.tv/fr/actu/international/moyen-orient/180717-180801-bateau-intercepte-a-gaza-la-norvege-demande-des-explications-a-israel

 

https://oumma.com/wp-content/uploads/2017/02/capture_decran_2016-09-15_a_16.43.53-758x654.png

 

 

 

https://i2.wp.com/www.20min.ch/diashow/227900/big/227900-346dc7339f9cc4398a1e07a6f58a5e89.jpg

 

 

 

AHED LIBÉRÉE !! LIBÉRONS TOUTE LA PALESTINE !!

 

 

 

 

 

 

 

 

« Ma vie a énormément changé mais je n’ai rien fait de mal que je puisse regretter », a affirmé lundi dans un entretien à l’AFP Ahed Tamimi, l’adolescente palestinienne devenue icône de la résistance à l’occupation israélienne après avoir passé huit mois en prison pour avoir giflé deux soldats.

La jeune femme de 17 ans et sa mère Nariman ont été libérées dimanche. Elles sont retournées, suivies par des caméras du monde entier, dans leur petit village de Nabi Saleh en Cisjordanie occupée, où elles ont été accueillies en héroïnes.

C’est dans la petite cour de la maison familiale que l’adolescente, alors âgée de 16 ans, avait frappé deux soldats en décembre, leur demandant de quitter les lieux. La scène, filmée, avait été largement partagée sur internet.

Aujourd’hui, la jeune femme aux boucles blondes a conscience d’être devenue un « symbole » de la cause palestinienne.

« Bien sûr que ma vie a énormément changé, j’ai beaucoup changé en prison. Je suis devenue plus attentive, plus consciente. La prison vous fait mûrir. En un jour, vous prenez 100 ans », explique-t-elle, assise dans le jardin de sa maison.

Aurait-elle fait la même chose si elle avait su que ces gifles allaient lui valoir huit mois de prison? « Oui », proclame-t-elle.

« Je n’ai rien fait de mal que je puisse regretter », assure Ahed Tamimi, qui rappelle que l’incident s’est produit le jour où des soldats israéliens ont grièvement blessé à la tête avec une balle caoutchoutée son cousin, Mohammed Tamimi, 15 ans, le laissant défiguré.

« C’était une réaction normale face à un soldat se trouvant dans ma maison, tirant sur des gens de mon village », explique-t-elle. « Je l’ai frappé, peut-être que d’autres personnes l’auraient tué ».

L’armée israélienne a affirmé que les soldats se trouvaient à Nabi Saleh pour empêcher des Palestiniens de lancer des pierres vers des automobilistes israéliens. Plusieurs colonies israéliennes sont proches de Nabi Saleh.

L’altercation a eu lieu alors que le village était le théâtre de manifestations contre la reconnaissance par les Etats-Unis de Jérusalem comme la capitale d’Israël.

Sur la vidéo, les soldats sont restés impassibles face à Ahed Tamimi et sa cousine, qui les ont giflés et leur ont donné des coups de poing et de pied.

Ahed Tamimi dit qu’elle projette maintenant d’étudier le droit afin d’exposer aux yeux du monde l’occupation israélienne.

– « Jamais instrumentalisée » –

Israël, qui occupe la Cisjordanie et Jérusalem-Est depuis plus de 50 ans, accuse la famille de l’adolescente, connue pour son militantisme, de manipuler la jeune femme.

A 14 ans, Ahed Tamimi s’était déjà fait connaître en mordant un soldat israélien pour l’empêcher d’arrêter son petit frère, plaqué au sol et qui avait le bras dans le plâtre.

« Ma famille ne m’a jamais instrumentalisée », rétorque l’adolescente. « Je suis assez mûre et je suis consciente de la cause (palestinienne). Je sais quelles sont les conséquences lorsqu’on choisit ce chemin. Je ne suis pas une enfant ».

Nombre d’Israéliens ont également ressenti une vive amertume devant ce qui a été perçu comme une humiliation infligée à des soldats qui n’ont pas répliqué à une agression.

Les Palestiniens, de leur côté, louent Ahed Tamimi comme un exemple de courage face à la répression israélienne dans les Territoires palestiniens occupés.

Un portrait géant d’elle a d’ailleurs été peint sur le mur de séparation israélien en Cisjordanie occupée, dans le secteur de Bethléem.

Pendant l’entretien, Ahed Tamimi a semblé à certains moments incarner l’image d’une future politicienne palestinienne. A d’autres moments, elle était simplement une adolescente.

Comme lorsqu’elle a expliqué pourquoi une des premières choses qu’elle a faite en sortant de prison dimanche a été été de se précipiter chez un marchand de glaces à Ramallah, en Cisjordanie.

« Il n’y a pas de glaces en prison, bien sûr. Mais j’adore ça. En été, j’ai tendance à éviter la nourriture. Je préfère manger des glaces au petit déjeuner, au déjeuner et au dîner ».

A la question de savoir si elle avait un message à adresser aux Israéliens qui la considèrent comme une « terroriste », Ahed Tamimi a répondu qu’elle leur demanderait simplement « de se mettre à (s)a place ». « Juste ça, pas plus ».

« Qu’ils (ces Israéliens, ndlr) reviennent un peu à leur humanité afin de pouvoir comprendre la réalité », a-t-elle glissé.

https://www.afp.com/fr/infos/335/apres-8-mois-dans-une-prison-israelienne-ahed-tamimi-ne-regrette-rien-doc-18114v1

 

 

 

 

Gaza, une flottille humanitaire

pour secouer les consciences

par Salem Sahli

lundi 30 juillet 2018

Depuis juin 2007, dans une indifférence quasi-totale, un blocus israélien étrangle la bande de Gaza. Israël a en effet unilatéralement décidé de faire de cette bande de terre – de 40 km de long sur 9.5 km de large et habitée par près de un million et demi de personnes – une « entité hostile ». Les Etats-Unis et l’Europe n’avaient guère paru s’émouvoir lorsque l’armée israélienne lança trois guerres sur Gaza en moins de six ans : l’opération Plomb durci 2008, l’opération Pilier de défense en 2012 et l’opération Bordure protectrice en 2014. Ces agressions ont provoqué la mort de milliers de civils, dont plus de 20% sont des enfants, et anéanti une grande partie des infrastructures de l’étroit territoire.

La flottille de la liberté

Pourtant, en 2010, il nous avait semblé que les lignes commençaient à bouger un peu, et qu’à la faveur de l’arraisonnement sanglant de la flottille humanitaire le 31 mai 2010, le monde redécouvrait le malheur des palestiniens et semblait s’intéresser à nouveau au sort d’une population sans défense enfermée à ciel ouvert. Ce jour-là, l’armée israélienne avait tué neuf militants pacifistes Turcs qui tentaient avec d’autres de porter vivres, assistance médicale et soutien aux populations palestiniennes. D’autres flottilles ont tenté de briser le blocus imposé à Gaza. Elles ont toutes été attaquées et arraisonnées en eaux internationales par la marine israélienne. Les bateaux sont volés, les équipages et participants kidnappés, amenés de force en Israël avant d’en être expulsés.

Une énième flottille, la Flottille de la Liberté a quitté voici deux mois l’Europe du Nord en faisant plusieurs escales dans de nombreux pays, dont quatre en France, pour se regrouper en Méditerranée avant de voguer vers les eaux palestiniennes. Elle sera aux portes de Gaza lundi 30 juillet 2018. Arrivera-t-elle à bon port, ou sera-t-elle victime d’un nouvel acte de piraterie de la part des autorités israéliennes ?

Les participants et équipages de la flottille apportent des médicaments aux Palestiniens de la bande de Gaza mais surtout sont porteurs d’un message de solidarité humaine, contre le blocus et la violence militaire infligés à Gaza depuis 11 ans.

Qu’en est-il du blocus de Gaza ?

A Gaza, la stratégie israélienne est implacable. A peine maintenue à flot, 80% des Gazaouis vivent de l’aide humanitaire. Ils reçoivent juste de quoi ne pas mourir de faim. « Ni prospérité, ni développement, ni crise humanitaire ». Telles sont les consignes. On navigue entre le cynisme et le grotesque. Chaque semaine, l’autorité militaire israélienne ayant en charge les territoires occupés se réunit pour déterminer quelles denrées alimentaires sont autorisées à entrer à Gaza. D’accord pour la pomme ou la banane, niet pour les produits « de luxe » tels que l’abricot, le raisin et l’avocat. Il y a un an, la citrouille et la carotte faisaient leur apparition sur les étals des marchands de fruits et légumes, mais la cerise, le kiwi, l’amande verte, la grenade demeurent interdits. Ces derniers jours, Israël et ses habituels inconditionnels se targuent de l’assouplissement du blocus de Gaza. En effet, depuis peu, l’Etat hébreu autorise les sodas, les jus de fruits, la confiture, les épices, la mousse à raser, les biscuits, les frites et surtout le chocolat. Stratégique n’est-ce pas ? Il faudrait peut-être les en remercier.

Nous savons que les chemins de la prise de conscience sont longs et sinueux. Mais les drames de Gaza ont tellement secoué les consciences que de larges secteurs de l’opinion publique internationale expriment désormais leur rejet de la sempiternelle et hypocrite réaction face aux crimes d’Israël. On ne pourra plus cette fois-ci leur rejouer la comédie de l’indignation, de la protestation et de la demande d’enquête. Ca ne prend plus.

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/gaza-une-flottille-humanitaire-206521

RUSSIE : contre la « réforme » des retraites, le combat continue !!

Des dizaines de milliers de Russes manifestent contre la réforme des retraites

NOUVEAU VENT D’EST . . .

Le combat continue !!

A Moscou, à Saint-Pétersbourg ou à Novossibirsk, de nombreux manifestants ont pris part à un rassemblement autorisé pour protester contre l’allongement de l’âge du départ à la retraite.

L’opposition à une mesure soutenue par le président russe, Vladimir Poutine, reste encore inhabituelle dans le pays. Pourtant, des dizaines de milliers de Russes ont participé samedi 28 juillet à des manifestations organisées à travers le pays par les mouvements politiques se réclamant communistes, dont le KPRF, principal parti d’opposition en Russie, contre un projet de hausse de l’âge du départ à la retraite.

A Moscou, 100 000 personnes, selon les organisateurs, environ 10 000 selon des journalistes, ont pris part à un rassemblement autorisé contre la réforme actuellement en lecture au Parlement.

Dans les rues de Moscou, la foule entonnait des slogans tels que « Poutine, ne touche pas à nos retraites ! » et brandissait des pancartes portant les mots : « Nous voulons vivre de nos retraites et ne pas mourir au travail. »

Dizaines de villes

Des manifestations ont eu lieu dans des dizaines d’autres villes, allant de l’Extrême-Orient à la Sibérie et à l’ouest de la Russie. A Saint-Pétersbourg, la deuxième ville du pays, environ 1 000 personnes se sont rassemblées sous des drapeaux rouges, certaines portant des portraits de Staline.

Rappelons à ce sujet, que le régime actuel des retraites, et pour la défense duquel manifestent les russes aujourd’hui, a été institué sous l’autorité de Staline, en 1932, à l’époque de l’édification du socialisme et dans une période où l’URSS connaissait un développement économique exponentiel, non exempt de difficultés, mais qui allait lui permettre de résister à l’Allemagne nazie, et de la vaincre totalement, douze ans plus tard.

A Novossibirsk, en Sibérie occidentale, l’agence de presse étatique TASS a mentionné 1 200 manifestants, citant la mairie.

UNE PÉTITION MASSIVE

Cette opposition, soutenue par un KPRF d’habitude plutôt complaisant envers le Kremlin, s’est aussi exprimée à travers une pétition en ligne demandant l’annulation de la réforme, et qui a recueilli 2,9 millions de signatures.

La réforme, annoncée par le premier ministre, Dmitri Medvedev, prévoit d’allonger progressivement, à partir de 2019, le seuil de départ à la retraite à 65 ans pour les hommes d’ici à 2028, et à 63 ans pour les femmes en 2034 ; huit années de plus pour les femmes, cinq pour les hommes. Cela passe mal, même si la faiblesse des pensions (183 euros en moyenne par mois) contraint des millions de retraités russes à trouver un travail d’appoint.

Les opposants à la réforme affirment que beaucoup de Russes, notamment les hommes –dont l’espérance de vie plafonne à 66 ans– ne pourront plus profiter de leur retraite. A peine plus d’un an après l’âge de départ à la retraite envisagé.

Les femmes sont particulièrement vulnérables. Elles doivent souvent se contenter, après 50 ans, de petits boulots pour joindre les deux bouts, alors même que leur espérance de vie a augmenté à 77 ans.

M.Poutine, qui n’avait pas mentionné la question des retraites lors de la campagne qui a abouti à sa réélection en mars, a ainsi vu sa cote de popularité chuter à 64 % en juillet, contre 80 % en mai, selon le centre russe d’études de l’opinion (VTsIOM). Le président russe a dit la semaine dernière qu’il n’appréciait pas l’idée d’augmenter l’âge de départ à la retraite, mais qu’il était nécessaire de « prendre des décisions cruciales ».

«Beaucoup ont cru Poutine quand il disait qu’il n’y aurait pas de réforme des retraites.

Mais c’était de la démagogie. Je suis très déçue de lui», a affirmé Irina Ivanova, une manifestante de 49 ans à Saint-Pétersbourg.

Comme Galina Nikiforova, 59 ans, également venue manifester à Saint-Pétersbourg, certains opposants à la mesure soulignent le faible intérêt des employeurs pour les personnes plus âgées :

« Comment allons-nous vivre ? Je ne le sais pas. Ils n’embauchent personne au-dessus de 50 ans. »

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TML /AFP

https://www.lemonde.fr/europe/article/2018/07/28/des-dizaines-de-milliers-de-russes-manifestent-contre-une-reforme-des-retraites_5337103_3214.html

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/07/28/russie-des-milliers-de-manifestants-contre-une-reforme-des-retraites,2394463.php

https://www.tdg.ch/monde/Poutine-ne-touche-pas-a-nos-retraites-/story/30389487

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A Kaliningrad, Poutine botte en touche !

KALININGRAD, Russie, 20 juillet (Reuters) –

Le projet russe de réforme des retraites sera revu, a promis vendredi le président Vladimir Poutine.

Une fois mise en œuvre, la réforme prévoit un départ à la retraite de 60 à 65 ans pour les hommes et de 55 à 63 ans pour les femmes. Mais cette annonce a eu des conséquences directes sur le taux de popularité du président russe, qui a nettement régressé depuis, et les manifestations se sont multipliées dans le pays.

En l’état, cette réforme a été prévue afin d’assainir les finances publiques.

Néanmoins, Poutine a annoncé vendredi que ce projet serait amélioré et qu’aucune décision définitive n’avait encore été prise.

En visite à Kaliningrad vendredi 20 juillet, le président russe Vladimir Poutine s’est exprimé sur le projet de réforme des retraites. Alors que cette réforme atteint sa cote de popularité, il a affirmé y être opposé sous sa forme actuelle.« J’aurai besoin d’écouter toutes les opinions et tous les points de vue sur cette question », a-t-il dit.

« Je n’apprécie aucune des options pour cette réforme, la décision finale d’une réforme des retraites n’a pas encore été prise ». C’est ce qu’a déclaré Vladimir Poutine, vendredi, alors qu’il rencontrait des bénévoles engagés lors de la Coupe du monde à Kaliningrad.

C’est d’ailleurs pendant la Coupe du monde que son Premier ministre Dmitri Medvedev avait annoncé cette réforme, espérant bénéficier de l’effet de ferveur.

En Russie, le Premier ministre fait souvent office de paratonnerre lorsqu’il s’agit d’aborder des sujets sensibles. Ainsi, dès le mois dernier, Vladimir Poutine avait déclaré qu’il n’était pas à l’origine de ce projet de loi.

Une distance qu’il a donc réitérée ce vendredi, en déclarant ne pas apprécier la forme actuelle de la réforme. 

Adoptée en première lecture jeudi dernier, elle doit être réétudiée par le Parlement le 24 septembre prochain. D’ici là, le Kremlin gardera sans aucun doute un œil vigilant sur l’humeur de la population.

TML/Reuters

http://afrique-news.info/russie-vladimir-poutine-contre-la-reforme-des-retraites/

https://www.zonebourse.com/actualite-bourse/Poutine-promet-de-revoir-le-plan-de-reforme-des-retraites–26965783/

(Gabrielle Tétrault-Farber, Nicolas Delame pour le service français)

Russian Communist party supporters along with activists of the country’s left-wing movements rally against the government’s proposed reform hiking the pension age in Moscow on July 28, 2018. / AFP / Vasily MAXIMOV

Pour aller plus loin,

cette intéressante analyse qui recoupe diverse considérations déjà anciennes, sur TML, à propos des factions divergentes au sein de la bourgeoisie nationale russe, dont certaines, influencées par l’attraction du capitalisme financier « mondialisé » sont, en fait, de moins en moins « nationales »…

Par Karine Bechet-Golovko

Le parti majoritaire, Russie unie (Edinaya Rossya), connaît sa première grave crise systémique à l’occasion du passage en force par le clan néolibéral de la réforme de l’âge de la retraite, qui doit permettre de substantiellement alléger les charges de l’Etat, une partie des personnes concernées, vue l’espérance de vie, ne pouvant espérer l’atteindre. Jelezniak démissionne de ses fonctions de direction, Poklonskaya est dans la ligne de mire. La question qui se pose est finalement toujours la même, dans tous les systèmes: jusqu’à quel point va la liberté d’un député par rapport au parti dont il est membre?

La réforme des retraites en Russie a provoqué une vague de mécontentement – politique et social, contenue en raison de l’euphorie provoquée par le Mondial. Mais le ballon passe et la réforme reste, indigeste. Celle-ci est attribuée à un émule cloné de l’irremplaçable Koudrine, issu du très néolibéral Institut Gaïdar, le dénommé Vladimir Nazarov. Auprès du ministère des Finances, il fait office de cellule grise, profondément anti-étatiste, tout à fait dans l’air du temps.  Ce temps post-moderne, post-état, post-libéral. Et la réforme des retraites qu’il propose en est l’image. Sans mener une réflexion collective sur le rapport au travail, l’impact sur l’emploi ou la consommation, il entend réduire au maximum les dépenses publiques (qui seront beaucoup mieux employées, paraît-il, dans la mythique « économie numérique du futur » – qu’il faut financer, elle, maintenant), en augmentant tellement l’âge de la retraite, qu’une partie de la population n’aura même pas à se casser la tête pour constituer son dossier de demande de prise en charge (voir notre texte ici). 

Cette réforme directement importée des organismes internationaux (à se demander si le texte a au moins été traduit de l’anglais …) est soutenu du bout des lèvres par un Président particulièrement mal à l’aise sur la question. Après un long silence, il a déclaré que, en effet, il serait possible de ne rien faire les 10-20 prochaines années et tout se passerait bien, mais – ensuite – il y aurait des difficultés. Déclaration assez surprenante vue l’impossibilité de faire des prévisions économiques fiables sur une telle période, sans même parler du contexte géopolitique qui les impacte autrement que l’âge de la retraite. Mais il est vrai que c’est son dernier mandat, donc pas de responsabilité politique. Si l’option avait été prise de la lui faire endosser, avec sa cote de popularité stable en bouclier, l’on ne s’y serait pas mieux pris … Tout cela pour une augmentation de 1000 roubles par an pour les retraités. 1000 roubles équivalent environ à 13,50 euros. Une réforme qui va coûter cher … politiquement. Et ça commence.

Le parti au pouvoir, Russie Unie, fonctionne comme un monolithe politique. Depuis trop longtemps il ne connaît pas de véritable opposition, le système politique russe est plus que pacifié. L’on frise la cacification. Il semblerait que la réforme des retraites, véritable sujet de société, d’autant plus qu’une véritable réforme est nécessaire pour que les retraités puissent toucher une retraite décente, ait réveillé le mammouth. Il s’ébroue. Il n’est pas à l’aise.

Avant le vote en première lecture à la Douma (elle concerne la conception générale du texte et est suivie de deux autres – sur les dispositions distinctes, puis sur l’harmonisation), plusieurs voix se sont élevées contre la réforme. Le parti communiste et Russie Juste ont annoncé qu’ils voteraient contre. Mais à l’intérieur même des membres de la majorité, des grondements se sont fait entendre. Il s’est agi de députés de la Douma (comme Lyssakov, Vetloujskikh ou Pklonskaya), dans les régions aussi (Sinyaeva dans le bureau Russie Unie de Tioumen, le speaker de la Douma régionale de Iaroslav M. Borovitsky, etc.). 

Le vote fut en effet tendu, certains, comme le député Jelezniak, se sont fait porter pâle ce jour-là, 19 juillet:

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/07/e8e0b-25d025a125d025bd25d025b825d025bc25d025be25d025ba2b25d1258d25d025ba25d1258025d025b025d025bd25d025b02b25288192529.png?w=677&h=425

327 voix pour, 102 voix contre, 1 abstention. Le texte est passé uniquement grâce aux voix des députés de la majorité, pour lesquels la consigne de vote était ferme. Sergueï Neverov, à la tête de la fraction Russie Unie à la Douma l’a rappelé: on vote pour, on ne discute pas. Or, Jelezniak « est tombé malade » et Poklonskaya a voté contre.

Et la mécanique grince, grippe, s’indigne. Neverov s’énerve contre les deux députés, beaucoup trop autonomes, conseillant à Poklonskaya de « faire son choix » et accusant Jelezniak d’une absence injustifiée. En mesure de rétorsion, les députés de la majorité ne sont pas venus à la réunion de la commission sur le contrôle des ressources des députés présidée par Poklonskaya (réaction d’un infantilisme difficilement qualifiable), mais l’affaire ne doit pas s’arrêter là, elle doit être « punie » à l’automne et perdra certainement la direction d’une commission. 

Quant à Jelezniak, il a rappelé à Neverov que son certificat médical a été déposé à la Douma dès son retour le 24, les accusations sont donc sans fondement. Cela ne fait que montrer l’irritation, la tension à l’intérieur du parti. D’ailleurs, l’on apprend qu’avant de « tomber malade », le député Jelezniak a démissionné de ses fonctions de direction dans le parti majoritaire, même s’il conserve son mandat de député. Lui, a fait son choix.

Quelques remarques sur ces évènements peu habituels en Russie en guise de conclusion. 

La discipline de parti est compréhensible, mais encore faut-il que ce parti ait une ligne politique cohérente, unifiée et stable – ce qui n’est pas forcément le cas de Russie Unie, parti de pouvoir. Il rassemble principalement les gens, de divers horizons, qui sont et veulent être au pouvoir, sans tomber dans le communisme, sans trop de socialisme, sans la radicalité des libéraux de rue ou de ceux des années 90. Son contenu est plutôt en « négatif » – ce qu’il n’est pas. Mais ces dernières années, deux clans se sont dessinés à l’intérieur de ce magma politique: l’un plus national et libéral, l’autre plus global et néolibéral, qui en se scindant pourrait donner vie à deux véritables partis politiques cohérents. Le clan néolibéral se renforce sérieusement dans les milieux de pouvoir ces derniers temps, comme nous l’avons écrit dans notre ouvrage sur la tentation néolibérale en Russie, sans pour autant renforcer sa base électorale – comme en Europe. Dans ce contexte de rupture idéologique interne, les députés doivent être soumis à quel courant? Il faut rappeler que Jelezniak a été invité par Russie Unie en 2007, beaucoup de choses ont changé depuis, le positionnement idéologique aussi.

Jusqu’où peut aller l’indépendance d’un député qui appartient à un parti? Question insoluble. Rappelons que Poklonskaya est l’une des rares députées à faire passer ses principes avant son allégeance politique, ce que l’on a vu récemment dans son refus d’applaudir et de se lever pour « accueillir » les sénateurs américains (voir ici), dans son combat contre le réalisateur du film Mathilda qui porte atteinte, selon elle, aux valeurs du pays, mais aussi a été l’objet de certaines irrégularités (voir ici), etc. Le problème de Poklonskaya est qu’elle s’oppose non pas sur la formulation de certains amendements, mais sur des positions de principe, sur des questions idéologiques. Mais comme elle incarne la réunification de la Crimée à la Russie, elle est protégée. Pour l’instant. Ce qui ne saurait durer éternellement, surtout avec la rupture idéologique qui s’accélère au sein du pouvoir en Russie et de la radicalité, du fanatisme, avec lequel celui-ci intègre les mots d’ordre globaux. Non seulement au niveau des discours, la course aux nouvelles technologies s’implante dans le vie, modifie l’environnement, le déshumanise, pour pouvoir modifier l’homme. L’école est déjà touchée, la politique de la ville est infestée, la politique intérieure est érodée. C’est pourquoi Neverov invite Poklonskaya « à réfléchir ». Elle a répondu très clairement: en tant que député, elle tient son mandat de l’élection, elle le conserve. C’est toute l’ambiguité du trio électorat / parti / candidat.

Enfin, la question se pose de l’importance de cette réforme des retraites, en cette forme. Car s’il existe un accord sur la nécessité théorique d’une réforme, cela n’implique pas qu’il n’y ait qu’une manière de la réaliser. Le choix existe et il est politique. Or, la manière avec laquelle elle est imposée, envers et contre tout, laisse songeur. Il semblerait que le fait même de la réforme soit plus important que les résultats positifs attendus pour la population.

Mais comme l’a exprimé le président du groupe Russie Unie à la Douma, à chacun de faire son choix. Est-ce là le nouveau visage du parti majoritaire?

http://russiepolitics.blogspot.com/2018/07/la-reforme-des-retraites-en-russie.html

https://www.leftfront.org/wp-content/uploads/2018/06/%D1%81%D0%B2%D0%B5%D1%80%D0%B4%D0%BB%D0%BE%D0%B2%D1%81%D0%BA-1.jpg

Ce n’est pas pour gâcher vos vacances, mais toutes les 12 minutes, quelque part dans le monde…

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Ce n’est pas

pour gâcher vos vacances,

mais toutes les 12 minutes,

quelque part dans le monde…

« Every 12 minutes, the U.S. is dropping a bomb somewhere in the world.

Every … 12 … minutes. » – Ron Paul

Toutes les 12 minutes

les États-Unis larguent une bombe

quelque part dans le monde.

 

Toutes les 12 minutes !

Des hommes, des femmes et des enfants vivent leur vie dans la crainte qu’un de ces drones américains leur ôtent la vie.

Seulement 2% des gens qui meurent d’un drone américain sont des cibles réelles. 98% des personnes tuées ne sont que des « dommages collatéraux » aux yeux du gouvernement américain.

Pouvez-vous imaginer votre vie quotidienne sans jamais savoir si un de ces drones américains ne tombera pas sur vous ?

Savez-vous combien d’enfants sont séparés, de façon permanente, de leur famille ? Les parents ne sont pas arrêtés et emmenés… ils explosent devant leurs enfants !

Toutes les 12 minutes les États-Unis larguent une autre bombe.

Comprenez-vous comment votre attention est détournée de cela ? Vous êtes censés vous « scandaliser », mais pas pour ces enfants-là.

Pourtant, toutes les 12 minutes, 24 heures sur 24, le bilan s’alourdit. Ce n’est pas normal.

Une politique de paix et de non-ingérence dans les affaires des autres nations est désespérément nécessaire. Pourtant l’idée ne traverse jamais l’esprit du gouvernement américain.

Et les médias s’assurent que cela ne vous traverse jamais l’esprit non plus.

Ron Paul

Every 12 minutes, the U.S. is dropping a bomb somewhere in the world.

Every … 12 … minutes.

Men, women, and children live their lives in fear that one of those American drones will take their life. Only 2% of the people that die from an American drone are the actual targets.

98% of the people that are killed are just « collateral damage » in the eyes of the U.S. government.

Can you even imagine daily life, never knowing if one of those American drones will get you?

Do you know how many children are separated (permanently) from their families? The parents aren’t arrested and taken away…They’re exploded in front of their children.

Every 12 minutes the U.S. drops another bomb.

Can you see how your attention is steered away from this?

You’re supposed to be « outraged, » but not about this.

You’re supposed to care about the children, but not these children.

Yet … Every 12 minutes, around the clock, they continue to add up.

This is not normal.

A policy of Peace and Non-Intervention in the affairs of other nations is desperately needed.

Yet it never crosses the U.S. government’s mind.

And the media makes sure it never crosses your mind either.

Ron Paul

https://es-la.facebook.com/ronpaul/posts/every-12-minutes-the-u/10156730582086686/

SOURCE: Ronald Ernest Paul dit Ron Paul, né le 20 août 1935, est un homme politique américain, membre du Parti républicain, représentant du Texas à la Chambre des représentants de 1976 à 1977, de 1979 à 1985, puis enfin de 1997 à 2013. Il a été candidat à l’élection présidentielle de 1988 pour le Parti libertarien, à l’investiture du Parti républicain pour l’élection présidentielle de 2008 et pour l’élection présidentielle de 20121.

Partisan du libertarianisme, il préconise un État fédéral au rôle limité, de faibles impôts, des marchés libres, une politique étrangère non interventionniste ainsi qu’un retour à des politiques monétaires basées sur des métaux (or, argent) pour étalon.

Il est parfois surnommé « Doctor No »2 au Congrès parce qu’il est diplômé en médecine mais aussi parce qu’il vote contre toutes les lois qui selon lui violent la constitution américaine, augmentent les revenus des membres de la Chambre des Représentants, ou augmentent les impôts. ( https://fr.wikipedia.org/wiki/Ron_Paul )

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