6 Juin 1944, « Acte I » de la Société du Spectacle: Une boucherie stratégiquement utile ???

 

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6 Juin 1944 : Grand Show à l’Américaine

 

« Acte I » de la Société du Spectacle :

 

Les acteurs, par milliers,

meurent pour de vrai !

 

Une boucherie stratégiquement utile ???

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Comme l’a révélé le film historique éponyme sorti en 2017, Churchill était loin de soutenir avec enthousiasme le projet de débarquement en Normandie. Son opposition n’était pas nouvelle, mais elle a ressurgi au dernier moment, alors qu’il semblait s’être aligné sur les positions US depuis quelques temps déjà…

 

En réalité, c’est même essentiellement lui qui est à l’origine des premières opérations de débarquement en Afrique, puis en Sicile et en Italie.

 

Le choix de l’Italie résultait déjà pour lui d’un compromis, alors qu’il préconisait plutôt un débarquement dans les Balkans. Ce choix stratégique se comprend très bien, à tous points de vues en fonction de la situation politique et militaire de l’époque, et surtout de son point de vue de Premier Ministre de la Grande-Bretagne, dont il défendait d’abord les intérêts impériaux, c’est-à-dire impérialistes, en fait. Ceci-dit, il est à considérer, en fonction de son expérience tragique aux Dardanelles en 1915 (200 000 morts), que la préoccupation de ne pas sacrifier inutilement des vies humaines faisait réellement partie de ses considérations importantes. C’est notamment ce qu’évoque le film de 2017, centré sur ses scrupules et ses hésitations les tout derniers jours avant le 6 Juin.

 

Bien évidemment, les deux types de préoccupations, dans ce cas, ne sont pas incompatibles. La disproportion des forces britanniques et US suffit à le comprendre : les généraux US s’affirment clairement prêts à sacrifier une partie importante de leurs troupes pour réussir cette percée sur le continent, alors que Churchill, qui a déjà du avaler la couleuvre de voir cette opération se préparer à partir de son territoire, se voit sur le point de sacrifier le meilleur de ses troupes pour le profit de l’impérialisme US en train de supplanter la Grande-Bretagne, et largement, comme leader du monde occidental.

 

En réalité, la première grande puissance à être réduite par l’opération Overlord, ce n’est pas l’Allemagne, mais bien la Grande-Bretagne, qui avait joué jusque là le rôle de citadelle invincible et d’avant poste de l’Occident « libre ».

 

A considérer la carte d’ensemble des opérations militaires de l’époque, on ne peut que constater que cela semble même avoir été une des préoccupations essentielles du choix « stratégique » US.

 

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En effet, aucun autre argument de cet ordre ne tient sérieusement la route, ni ne résiste à l’analyse.

En réalité, non seulement les difficultés rencontrées sur le front italien sont relatives, mais elle le sont d’autant plus que ce front se trouve en partie dégarni de ses troupes en raison de l’option US sur la Normandie. A l’origine, et déjà suite au compromis initialement accepté par Churchill, c’était, selon lui, sur ce front qu’aurait du porter une accentuation massive de l’intervention US.

 

Et malgré cela, Rome est déjà libérée le 4 Juin 1944, alors que l’Opération Overlord se trouve finalement retardée à plusieurs reprises. De quoi faire certainement regretter Churchill de ne pas avoir été suivi, et de quoi renforcer ses réticences clairement exprimées des derniers jours avant le D Day.

 

Que l’intervention US ait également eu pour but de pouvoir contenir au plus vite l’avancée soviétique sur le front Est, c’est maintenant une évidence suffisamment établie, à cette très grosse nuance près, là aussi, que le choix stratégique churchillien était évidemment et très largement la meilleure option dans ce sens. Son plan initial visant les Balkans eut même été un encore plus court chemin, dans ce but, qui n’était donc pas absent, non plus, des préoccupations de l’anticommuniste Churchill.

Là encore, donc, l’une des « raisons historiques », généralement invoquée, du choix normand, n’est donc évidemment pas la bonne, en tous cas, sur le plan stratégique, et surtout, considéré dans l’optique d’une stratégie supposée essentiellement anti-nazie.

Force est donc de constater, en prenant simplement un peu de recul sur l’analyse de ces événements, que d’autres motivations, d’autres objectifs stratégiques se dissimulent donc derrière ce choix historique, derrière un tel déploiement de moyens, derrière une telle désinvolture à sacrifier des milliers de vies humaines supplémentaires, y compris et surtout, dans ce qui était le propre camp de ces décideurs, se voulant pourtant le fer de lance d’un occident « humaniste » !

 

Sur le plan géostratégique l’offensive US en Europe n’avait donc pas pour seul but de réduire la puissance nazie, mais bien aussi et surtout, d’affirmer la puissance US face aux puissances européennes déjà déchues par leur capitulation face au nazisme et devenue « alliées » surtout faute d’autres choix possibles.

 

Dans cette optique, baser l’armée US principalement en Grande-Bretagne visait donc déjà à réduire relativement la puissance de ce pays, le seul qui n’avait donc pas capitulé. La démonstration était faite aussi directement que possible et grandeur nature, que la Grande-Bretagne n’avait pas réellement les moyens de la victoire qu’elle promettait dans ses proclamations, et notamment, par la voix de Churchill!

Ensuite, débarquer en France et marcher au plus vite sur Paris, c’est bien ce que les USA escomptaient faire dans un laps de temps réduit, et qui eut été tout à fait comparable au « Blitzkrieg » nazi de Juin 40, et à sa rapidité à s’instituer en force occupante, dont ils visaient ni plus ni moins à prendre la place, faisant de la France leur arrière cour européenne en tant que quasi-colonie. Il est désormais bien connu que tous les plans et dispositions concrètes avaient été prévus dans ce sens, sauf la difficulté de marginaliser le Général de Gaulle, auquel on doit au moins reconnaître le mérite de nous avoir relativement soulagés d’une telle humiliation, à défaut d’avoir réellement libéré la France.

 

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Toutefois, dans ce relatif « compromis » restituant à De Gaulle une place qu’il aurait eu du mal à imposer réellement sur le terrain, ressort l’autre véritable motivation stratégique US, à savoir contenir et réduire l’avancée du communisme en Europe. En effet son aura était des plus utiles pour imposer le désarmement des maquis, essentiellement contrôlés par les communistes et les forces politiques progressistes françaises.

 

A défaut d’un régime quasi-colonial, ce fut donc un relatif « protectorat » animé de quelques velléités gaullo-indépendantistes!

 

Et c’est bien en vue de signifier aux peuples européens la « dette de sang » qu’ils allaient avoir envers les USA que la boucherie spectaculaire et inévitable sur les plages de Normandie prenait dès l’origine son sens stratégique réel.

 

En effet, il apparaissait clairement, jusqu’en Juin 44, et malgré la belle percée sur le front italien, que le gros de l’effort de guerre avait été assumé, pour l’essentiel, en Europe, par l’URSS. Et en plus de l’avancée désormais irrésistible de l’Armée Rouge, c’est bien la validité et la légitimité du projet communiste qui était en train de s’établir parmi les populations européennes ayant subi quatre années d’exactions nazies. Idées communistes relayées, sur le terrain, par les diverses avant-gardes locales de la Résistance.

 

Créer une « dette de sang » spectaculaire et qui puisse passer pour comparable à celle, incommensurable, de l’URSS, et prétendue « stratégiquement » encore plus décisive, telle est la véritable motivation du « choix normand », quant au fond.

 

Une « dette de sang » qui pouvait devenir un investissement stratégique à longue portée, à condition de le doubler d’une intense campagne de propagande et de manipulation idéologique et historique pour la faire valider comme un tournant décisif de l’histoire et sans alternative qui eut possiblement permis d’éviter le bain de sang planifié du 6 Juin 1944.

 

Une « dette » validée chaque année par les serviteurs européens de l’empire US, avec renouvellement des « grand messes du sacrifice des innocents », chaque 6 Juin qui passe, et avec particulièrement d’emphase à chaque millésime qui le permet, et aujourd’hui, donc, celui des 75 ans.

 

Une « dette » qui conserve, paradoxalement et plus que jamais, sa « validité » et son importance géostratégique, pour l’empire US, dans les circonstances politiques présentes et si ce n’est plus essentiellement pour faire pièce à l’idéologie communiste, ce n’en est pas moins pour contenir et, éventuellement, mater concrètement, les nouvelles velléités d’indépendance des peuples, et notamment à nouveau, du peuple russe et de ses alliés à travers le monde.

 

Pierre Grindsable

 

A la suite, quelques extraits d’articles d’historiens tout ce qu’il y a d’  « occidentaux », mais dont le recoupement permet de comprendre la réalité dissimulée derrière les discours et proclamations officiels, et jusque dans les « livres d’histoires » formatés pour la jeunesse occidentale, pourtant supposée ne pas devoir avaler de « fake news » « fake history » et autres « couleuvres complotistes » !!!

 

Churchill, notice wikipédia :

« Alors que le général Eisenhower recherche un juste équilibre des forces alliées entre les armées engagées dans la conquête de l’Italie et celles devant participer à l’operation Overlord, Churchill préconise vainement de prélever des troupes pour une intervention à Rhodes. Il est en effet persuadé, à tort, [NDTML :Chacune des options proposées par Churchill, lorsqu’elles sont évoquées, lui sont systématiquement imputées à son tort, voire à son âge…], qu’une telle intervention pourrait faire basculer la Turquie alors neutre, dans le camp des alliés. Concernant l’approche directe centrée sur l’operation Overlord, l’échec du raid de Dieppe en août 1942 en a montré les dangers. Néanmoins il s’y rallie et à partir de 1944, la stratégie américaine prévaut. Néanmoins lorsque les Alliés organisent un débarquement en Provence, Churchill eût préféré que l’armée alliée stationnée en Italie marchât sur Vienne et Berlin, y devançant les Soviétiques. »

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill#cite_ref-Bédarida368_310-0

 

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Churchill, autre notice biographique :

 

« En 1941, l’URSS rejoignit le camp allié ainsi que Winston [Churchill] l’avait depuis longtemps pronostiqué. Lors de la mondialisation du conflit, Churchill se rendit en URSS et aux USA pour discuter de vives voix avec ses homologues. Il échangea des notes nombreuses avec Roosevelt après la signature de la charte de l’Atlantique entre les 9 et 12 août 1941, texte dont la teneur était autant éthique que stratégique. Dès 1943, il préféra à l’idée d’un débarquement allié en Normandie, un débarquement d’Afrique en Sicile puis en Italie, décision effectivement prise en janvier 1943 lors de la conférence de Casablanca (opération Husky). La Royal Air Force entreprit également des raids aériens sur l’Allemagne.

 

http://histgeo.free.fr/troisieme/guerremondiale/Churchill.html

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Campagne d’Italie, notice wikipédia, extraits :

 

« La campagne d’Italie est née d’un compromis entre les Alliés à la conférence de Casablanca en janvier 1943 :

  • les Américains étaient en faveur d’une attaque de front, c’est-à-dire par la voie la plus courte, la Manche, pour atteindre le cœur de l’Allemagne ;
  • Churchill, de son côté pensait que les Balkans, en tant que « ventre mou de l’Axe » constituaient un objectif idéal. »

(…)

«  Pendant ce temps, fin août 1943, lors de la conférence de Québec, les Américains donnèrent leur accord à un débarquement en Italie à la condition que leurs Alliés reconnaissent la priorité à l’opération Overlord en Normandie. La suite de la campagne d’Italie se ferait avec des effectifs diminués. »

(…)

« À la conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943), les Alliés décidèrent que seules des actions d’importance modeste seraient entreprises en Italie. L’essentiel de l’effort devait se porter sur le débarquement en Normandie au printemps 1944.

Hitler remplaça Rommel par Kesselring en tant que commandant en chef des forces du sud-ouest de l’Europe. Il allait résister de longs mois le long de la Ligne Gustave, dont la clé de voûte était le mont Cassin.

Churchill plaida auprès d’Eisenhower pour le bien-fondé d’un nouveau débarquement allié au nord de la Ligne Gustave. Ce dernier finit par accepter un débarquement à Anzio le 22 janvier 1944. Le débarquement s’effectue si facilement que le général américain Lucas, commandant les troupes débarquées, craignant un piège, ne poursuit pas son attaque et préfère renforcer ses positions ce qui donne le temps à Kesselring, d’abord surpris, de réagir. Il installe de l’artillerie lourde sur les montagnes dominant la plaine où ont débarqué les Alliés et les écrase sous son tir. « Tête de pont, tête de mort » déclare Kesselring.

Alexander ramena l’essentiel des forces dont il disposait au printemps sur l’ouest de la ligne Gustave, et après avoir persuadé Kesselring qu’il préparait un nouveau débarquement à Civitavecchia, il adopta le plan présenté par le général français Alphonse Juin qui consistait à déborder par la gauche la position du Mont Cassin sur laquelle les Alliés butaient depuis 5 mois ; cette offensive fut menée avec 13 divisions le 11 mai.

Le 17 mai, le mont Cassin, débordé sur sa droite par les Polonais du 2e Corps et pris à revers2, était évacué et la prise des villes de Pontecorvo et Pico sur la ligne Hitler ouvrait la route de Rome. Le 23 mai, la tête de pont sur Anzio obtenait la rupture. Les armées allemandes étaient en cours d’encerclement, mais le général américain Clark préféra libérer Rome le 4 juin.

Les armées allemandes avaient eu le temps de se replier jusque sur la Ligne gothique, une autre ligne de défense sur les Apennins. Kesselring put se réorganiser d’autant plus qu’un certain nombre de divisions alliées furent prélevées du front italien pour participer à l’opération Anvil, le débarquement en Provence. Il recevait lui-même huit nouvelles divisions. »

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d%27Italie_(Seconde_Guerre_mondiale)

 

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A propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

Dans la revue « Historia » :

« Dardanelles et Dieppe

« Le film montre un chef d’État peu enclin à soutenir « Overlord », un homme hanté par les souvenirs de la Grande Guerre, traumatisé par l’échec de la bataille des Dardanelles (avril 1915-janvier 1916), qui se solda par une déroute et fit 180 000 morts côté allié, mais aussi par le fiasco du débarquement à Dieppe, le 19 août 1942.

Pour l’historien Olivier Wieviorka, plusieurs facteurs expliquent la résistance de Winston Churchill : « Le vétéran de la Grande Guerre craignait une réédition de la grande boucherie à laquelle il avait assisté aux premières loges. De même, l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915, redoutait la répétition de cet échec cinglant. Mais d’autres motifs pesèrent. Malgré sa pugnacité, le Royaume-Uni était une puissance modeste, dont l’armée ne rassemblait en 1945 « que » 4,5 millions d’hommes. Ce facteur incitait le Premier ministre à plaider pour une stratégie visant l’ennemi sur ses marges afin d’économiser ses troupes ; forte de ses 11 millions d’hommes, la puissante Amérique souhaitait en revanche en finir au plus vite, en frappant le Reich sur son point fort. Ajoutons enfin que Churchill tenait à contrôler la Méditerranée, qui, via le canal de Suez, commandait la route des Indes. À cette aune, le théâtre italien devait rester prioritaire. Le rapport des forces dictait cependant sa loi : au vu de leur puissance, les États-Unis pouvaient imposer leurs vues. »

 

https://www.historia.fr/%C3%A0-l%C3%A9cran/quand-le-seigneur-de-la-guerre-doutait-d%C2%AB-overlord-%C2%BB

 

 

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Autre revue à propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

« Churchill »: pourquoi le vieux lion s’opposa au Débarquement (VIDÉO)

« Symbole de la résistance britannique contre les Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill était pourtant opposé au Débarquement du 6 juin 1944. C’est ce moment historique peu connu que raconte le film « Churchill », qui sort ce mercredi.

C’est l’un des dirigeants britanniques les plus respectés de l’Histoire, mais il s’opposa au Débarquement allié du 6 juin 1944. Le film Churchill, qui sort ce mercredi 31 sur les écrans français, raconte comment le vieux lion tint tête aux Américains avant de céder finalement.

Winston Churchill (1874-1965) impressionna ses compatriotes et le monde entier par sa détermination et son aptitude à galvaniser la population lors de la bataille d’Angleterre (le « Blitz ») en 1940-1941, alors qu’il était Premier ministre. Mais le film n’est pas un biopic: il raconte les 6 jours qui, en juin 1944, ont précédé le Débarquement allié sur les plages de Normandie.

« Ce plan finira en massacre », dit Churchill à Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, au général Montgomery, chef des troupes terrestres, et au roi George-VI, lors de leurs dernières réunions avant le Jour-J.

Vétéran de la Première guerre mondiale, le Premier ministre est alors rongé par la culpabilité: il fut l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915 contre l’Empire ottoman, qui se solda par un échec cinglant et la mort de 250.000 hommes côté allié. Plus jamais ça, se dit-il. Il craint que le Débarquement prévu par les Américains n’envoie à nouveau des milliers de jeunes soldats à la mort.

Il finira par céder, après ces six jours. Aigri de ne pas avoir été entendu, mais conscient qu’il faut aller de l’avant, il ne ménagera pas sa peine en s’engageant aux côtés des Alliés: »

http://www.francesoir.fr/culture-cinema/churchill-film-winston-pourquoi-le-vieux-lion-sopposa-au-debarquement-video-critique-avis-note-bande-annonce-vf-vostfr-normandie-seconde-guerre-mondiale

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Dans « La Croix », égalementsur le film :

« Churchill », à quelques jours de l’opération Overlord

Alors que les Alliés s’apprêtent à débarquer en Normandie, le premier ministre britannique, hanté par l’échec d’un débarquement pendant la Première Guerre mondiale, s’y oppose fermement.

  • Corinne Renou-Nativel,
  • le 30/05/2017 à 17:44

« L’image glorieuse d’Alliés indéfectiblement unis pour le Débarquement en Normandie de juin 1944 a balayé comme fétu de paille un fait pourtant important : Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni que l’histoire retient comme l’homme ayant mené son pays à la victoire, s’y est opposé avec virulence.

Le film de Jonathan Teplitzky retrace les six jours qui ont précédé cette opération décisive dans la défaite allemande et la fin de la guerre. Il montre un homme affaibli par son âge – à 70 ans, Churchill est le plus vieux des dirigeants alliés – auquel s’ajoutent alcoolisme mondain et dépression.

L’entrée dans le conflit des Américains a réduit son poids dans le front antinazi : l’armée britannique ne rassemble que 4,5 millions de soldats contre 11 millions pour celle des États-Unis. Les divergences de vues découlent de ces forces déséquilibrées : Winston Churchill entend économiser ses troupes en attaquant l’armée allemande sur ses marges par des débarquements plus modestes à Bordeaux, ainsi qu’en Italie afin de contrôler la Méditerranée, étape sur la route des Indes ; le général américain Eisenhower, auquel se rallie pleinement le Britannique ­Montgomery, veut mettre au plus vite un point final à la guerre en attaquant le Reich sur sa ligne de défense la plus forte.

Dans l’intimité d’un homme vieillissant

Le long métrage de Jonathan ­Teplitzky entre dans l’intimité d’un homme vieillissant, paralysé par sa responsabilité dans le catastrophique débarquement de Gallipoli le 25 avril 1915, à l’entrée du détroit des Dardanelles en Turquie, qui fit des milliers de morts britanniques.

À Churchill qui refuse le sacrifice de jeunes gens innocents, Eisenhower et Montgomery lui rappellent qu’il s’agit pourtant là d’un des fondements de la guerre et du prix à payer pour la victoire.

(…)« Le premier ministre émeut lorsqu’il réclame, si débarquement il doit y avoir, de se trouver sur un navire britannique parmi ses soldats – il faudra l’intervention du roi George VI pour le faire renoncer. »

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Churchill-quelques-jours-loperation-Overlord-2017-05-30-1200851318

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Notice wikipédia du film :

« Juin 1944. 48 heures avant le débarquement de Normandie, Winston Churchill s’oppose à l’opération Overlord soutenue par le général américain Dwight Eisenhower.

En effet, Churchill est brusquement pris d’un doute sérieux sur le succès de cette opération en se remémorant l’échec cuisant subi à Gallipoli en 1915, qui consistait également en un débarquement surprise d’un corps expéditionnaire sur la presqu’ile du même nom, au cours de laquelle des dizaines de milliers de jeunes soldats australiens et britanniques avaient été tués.

Churchill affronte alors l’état-major de l’armée britannique, Montgomery en tête, et le commandant suprême allié, Eisenhower, qui écarte très fermement ses objections. Churchill se rend alors compte qu’il ne contrôle plus l’effort de guerre comme en 1940, qu’il ne peut plus imposer ses vues aux chefs qu’il a nommés et qu’Eisenhower lui-même écarte toutes ses tentatives de reprise en main très fermement, même s’il y met les formes : le pouvoir du monde est désormais entre les mains des États-Unis et la Grande-Bretagne doit s’y plier aussi.

Dépité, Churchill décide alors de débarquer à la tête de ses troupes à Utah Beach ; il faut alors l’intervention très ferme de George VI pour l’en dissuader. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Churchill_(film)

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Quelques supposés « ratés » analysés sommairement par « Le Point » :

« Mésentente. Au départ, Churchill n’était pas favorable à un débarquement sur les côtes nord de la France : le Premier ministre britannique veut affaiblir les puissances de l’Axe par l’aviation, la marine et des offensives en Méditerranée, notamment sur le sol italien. Mais les Allemands résistent, les Soviétiques réclament depuis longtemps un second front, et les Alliés s’entendent finalement sur une percée à l’ouest, lors des grandes conférences de l’année 1943. Churchill cède d’autant plus rapidement que les Russes progressent désormais vite à l’est… Il faut contrer leur expansionnisme !

 

Essai sanglant. Fin avril 1944, les Américains répètent en grandeur nature le débarquement sur les plages britanniques de Slapton Sands, dont on juge qu’elles ressemblent à celles d’Omaha et d’Utah, en France. L’opération Tiger, qui mobilise 30 000 hommes et 200 bateaux, tourne vite au drame : les Allemands, alertés, torpillent facilement les navires bourrés d’hommes et de munitions, faisant 750 tués et 300 blessés. Les GI sont enterrés en secret pour ne pas démoraliser les troupes : ils seront officiellement morts au combat, deux mois plus tard.

 

Codes égarés. À quelques semaines du jour J, les services secrets sont sur les dents. Militaires et politiques sont tenus à la plus grande discrétion, ce qui n’empêche pas les bavures. La plus rocambolesque concerne un officier britannique qui égare un porte-documents avec le plan de communication radio du débarquement et ses codes secrets. Fin de l’angoisse quand un chauffeur de taxi scrupuleux rapporte la sacoche à Scotland Yard…

Retard. Au départ, le D Day est fixé au 1er mai 1944 pour profiter des bonnes conditions climatiques. Mais le général Eisenhower, responsable des opérations, se rend compte qu’il n’a pas assez de barges pour assurer le transport des troupes : il faut accélérer la production au maximum et retarder le débarquement d’un mois. On choisit le 5 juin, puis le 6, en fonction d’une météo plus clémente et d’une nuit de pleine lune, favorable à l’aviation.

Guerre de bocage. Si le débarquement permet de mettre en place une tête de pont efficace en seulement quelques jours, la suite est nettement plus compliquée. Le commandement allié avait prévu de mener une offensive éclair, avec chars et aviation, mais la bataille de Normandie s’enlise dans la boue et le bocage, avec les fantassins en première ligne et les Allemands en embuscade dans les chemins et derrière les haies. Sans compter les civils, mal prévenus des attaques et des bombardements, qui payent un lourd tribut sur le terrain (14 000 morts pour la seule Basse-Normandie).

Exactions. On a longtemps caché ce genre d’informations, mais des historiens évoquent désormais le comportement abusif de certains GI sur les populations. À titre d’exemple, on a recensé environ deux cents cas de viols et une trentaine de meurtres dans le seul département de la Manche pendant les opérations. Des chiffres à relativiser lorsqu’on les compare à la masse de soldats débarquée sur la période (plus de 1,5 million). Les coupables ont parfois été arrêtés et condamnés.

Omaha Beach. Le débarquement des Américains sur la plage normande tourne à la catastrophe. Gênés par le brouillard, les bombardiers alliés ont manqué leurs cibles, les défenses allemandes sont intactes. Les barges sont larguées trop loin des côtes, la houle est forte, les tanks et le matériel coulent à pic, la plupart des embarcations sont prises pour cibles. Et quand elles accostent, le courant les a fait dériver par rapport aux objectifs. Les premiers arrivants courent au massacre, sans compter la marée qui se met à recouvrir trop vite la plage. « Tout ce qui était susceptible de rater a raté », a reconnu plus tard le général Eisenhower. En un jour, trois mille GI vont rester sur le sable, morts ou blessés.

De Gaulle contre Eisenhower. Le 6 juin, le général américain et le chef de la France Libre doivent diffuser leur appel l’un à la suite de l’autre. Mais Eisenhower demande aux Français d’obéir « aux ordres que je serai appelé à donner… » De Gaulle est furieux, il refuse d’apparaître comme le vassal des Américains : il tonne, proteste, Eisenhower l’envoie « au diable », Churchill menace de « l’enchaîner » et de le renvoyer à Alger ! Il obtient finalement que son propre message ne soit diffusé que l’après-midi du 6 juin, dans lequel il demande aux Français de suivre « les consignes » données par son gouvernement : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France ! » L’honneur est sauf.

Déception à Falaise. Ce devait être la dernière bataille, celle qui permettrait, à l’arrière de Caen, en août 1944, de prendre au piège les divisions blindées allemandes de Normandie en opérant la jonction des troupes américaines et anglo-canadiennes, par un large mouvement d’encerclement. Mais les Alliés ne sont pas assez rapides, la poche se révèle poreuse, et plus de 50 000 soldats allemands parviennent à s’enfuir, même si le gros de la Wehrmacht est mis hors de combat. Les Anglais et les Américains se renverront longtemps la responsabilité de cette demi-victoire.

Reportage gâché. Robert Capa, l’envoyé spécial du magazine américain Life, fait partie du contingent débarqué sur Omaha Beach la sanglante. Le célèbre photographe mitraille les soldats qui tentent d’échapper au feu ou à la noyade, au plus près de l’action. Mais sur la centaine de clichés du D Day, seuls onze seront publiables, les autres ayant été détruits au cours de leur développement, à la suite d’une erreur d’un laborantin. Ce sont à ce jour les documents les plus saisissants du D Day, mondialement connus.

 

https://www.lepoint.fr/histoire/les-10-rates-du-debarquement-05-06-2014-1832570_1615.php#site

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Plus percutant, encore, sur « Valeurs Actuelles », qu’on ne saurait soupçonner de « gauchisme » !

« Normandie – 6 juin 1944. Évoqué dès 1942, le choix des plages du Cotentin et du Calvados n’a été finalement arrêté que six mois avant le jour J. Après un détour par les Balkans… Et l’incroyable opération Fortitude, qui leurra les Allemands avec un immense succès.

Si les Britanniques ont joué un rôle décisif dans le succès du 6 juin 1944 — ne serait-ce que pour avoir tenu quatre ans face à Hitler et ainsi pu offrir à l’armada alliée la base arrière sans laquelle rien n’eût été possible —, c’est peu dire que le choix de la Normandie pour déclencher la « bataille suprême » (Charles de Gaulle) n’était pas le leur…

On l’ignore généralement : ce n’est pas en France, mais en Yougoslavie que Churchill aurait préféré voir Américains, Britanniques et Canadiens faire porter le gros de leurs efforts pour la libération de l’Europe. Et ce n’est qu’à l’extrême fin de l’année 1943 — à la conférence de Téhéran, entre le 28 novembre et le 1er décembre — que le principe et le lieu de l’opération Overlord, arrêtés par Roosevelt, en août précédent, ont été entérinés par Churchill.

 

Pourquoi le premier ministre britannique tenait-il tant aux Balkans ? Pour une raison qui, rétrospectivement, apparaît largement recevable : barrer la route de l’Europe centrale et orientale aux Soviétiques, qui, depuis la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), avancent à grandes enjambées vers l’ouest. À ses proches, il ne cesse de le répéter : la priorité consistant à débarrasser l’Europe de Hitler n’implique pas nécessairement d’en livrer une partie à Staline. Il se dit que prendre pied en Slovénie ou en Istrie puis remonter vers Vienne par la trouée de Ljubljana (entre les Alpes et les Balkans) frappera les Allemands de stupeur et permettra d’aller rapidement à la rencontre des Soviétiques dans plusieurs directions à la fois : Prague, Budapest, et surtout les champs pétrolifères de Roumanie, essentiels à la machine de guerre allemande… Ce qui, dans l’esprit de Churchill, n’exclut nullement un second débarquement en Provence (comme celui qui aura effectivement lieu, le 15 août 1944) visant à la fois la libération du territoire français et, via la vallée du Rhône et la trouée de Belfort, l’invasion de l’Allemagne.

Quand Staline a invité Churchill, à Moscou, en août 1942, celui-ci lui a dessiné un crocodile. Et il lui a dit, à propos du prochain débarquement allié en Afrique du Nord dont il a personnellement convaincu Roosevelt : « Vous vous occupez de la gueule, et une fois les Allemands chassés d’Afrique, nous nous occupons du ventre mou [« soft underbelly »] : l’Italie puis les Balkans. »

Satisfait de la perspective d’un nouveau front en Italie, Staline n’a pas cillé. Mais, malgré les toasts échangés, Churchill a bien compris que la perspective de voir les Anglo-Saxons pousser jusqu’aux Balkans, et même au-delà, ne le remplissait pas de joie… Garder les mains libres en Europe orientale : voilà sa seule priorité, quitte à porter seul l’effort de guerre à l’est. Ce qu’il veut, c’est que les Alliés s’engagent à fond à l’ouest. Et qu’au sud, ils bornent leur progression à la plaine du Pô. Une vision qui convient parfaitement à Roosevelt, dont les troupes, débarquées en Sicile en juillet 1943, remontent avec les pires difficultés vers Rome, en raison de l’étroitesse et du relief de la péninsule, qui limitent les possibilités de percée. Le « vrai » second front, c’est par un choc frontal avec la Wehrmacht, dans les grandes plaines de l’Europe du Nord-Ouest, que l’Américain souhaite l’ouvrir. Parce que la manoeuvre y sera plus facile, mais aussi et surtout parce que le chemin à parcourir pour envahir le poumon industriel de l’Allemagne, la Ruhr, est bien plus court.

Churchill ayant finalement cédé au nom du principe « qui paye commande » (que ferait le Royaume-Uni sans les crédits accordés par Washington ? ), les Alliés tombent donc rapidement d’accord sur la Normandie. Stratégiquement idéale, la traversée du pas de Calais a été écartée d’emblée, justement parce qu’elle va de soi et que les Allemands ne peuvent pas ne pas s’y préparer. Plus à l’ouest, la Bretagne risquerait de se transformer en souricière pour les Alliés si la Wehrmacht parvenait à les bloquer sur une ligne Saint-Malo Saint-Nazaire. Quant au golfe de Gascogne, il se situe à la limite du rayon d’action des chasseurs, qui auront besoin de tenir le ciel de longues heures le jour J. Sans parler des batteries géantes du mur de l’Atlantique installées depuis plusieurs mois déjà sur le littoral aquitain… »

https://www.valeursactuelles.com/histoire/le-debarquement-secrets-et-stratagemes-46009

 

 

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Caen « libéré »

 

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Image associée

 

 

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De l’Anarchie Policière et de La Vie Intime des Commissariats…

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De l’Anarchie Policière

et de La Vie Intime

des Commissariats…

 

Question titre, on a rien inventé, « l’Anarchie Policière » et la « Vie Intime des Commissariats » sont deux titres déjà assez anciens, l’un fin XIXème, et l’autre début XXème siècle… Ce qu’ils ont en commun, c’est de relater, entre autres choses, l’explosion d’une bombe à l’Assemblée Nationale, le 9 Décembre 1893… Une bombe dont la « conception » ressemble fort à celle du cycliste lyonnais de la Rue Victor Hugo, la semaine dernière, à deux jours des élections européennes…

Le cours de l’Histoire eut-il été différent sans ce drame de dernière minute ? Difficile de conjecturer… Depuis six mois, le pouvoir Macronien s’est ingénié à faire dériver la protestation par toutes sortes de provocations émaillant les « Actes » hebdomadaires des « Gilets Jaunes ». Mouvement qui, par sa structure anarchique elle-même se prête idéalement à toutes les manipulations… Mais comme si cela ne suffisait pas, les « hasards » du calendrier ont parsemé la veille des « Actes » importants d’attentats et d’incendie diverses, posant le pouvoir en « sauveur de la Nation », le clou du Spectacle étant évidemment l’incendie de Notre-Dame, qui le pose carrément à la fois en « sauveur de la mémoire » et en « bâtisseur de l’Avenir », avec son plan de « Reconstruction en cinq ans » !

Dans ce contexte le cycliste lyonnais fait un peu « petit bras » et l’on s’interroge encore, y compris faute de toute revendication, sur le sens de ce « bouquet final » pré-électoral…

Toujours est-il que sa bombe était donc suffisamment « calibrée » pour faire à la fois beaucoup de bruit et tout de même, hélas, suffisamment de blessés légers pour ne pas être tout à fait ridicule…

C’était le principe même de la bombe du 9 Décembre 1893, à l’Assemblée Nationale, qui, elle, par contre, a bien permis un « changement » en son temps, à savoir la toute première des lois dites « scélérates », visant à restreindre les libertés publiques au prétexte du « maintien de l’ordre », et dont la « loi anti-casseur » de Macron est la dernière héritière, incontestablement…

Tout changement est relatif…

Dans le domaine des manipulations policières, le mouvement des Gilets Jaunes nous montre encore, s’il en était besoin, que l’on a pas inventé grand chose de neuf… L’équipement et l’armement de la police s’est « modernisé », les méthodes, elles restent les mêmes…

Sauf peut-être, question intox…

A l’époque, au gré des circonstances politiques, il paraissait nécessaire que les fauteurs de « désordre » soient idéologiquement identifiés, tous « extrêmes », de droite, de gauche, anars, nationalistes, etc…

Aujourd’hui c’est l’ « anonymat » qui semble être la force de persuasion de la nécessité d’une « remise en ordre » : ce cycliste printanier en bermuda, avec son petit sac en papier kraft à la main, prêt à être posé incidemment à peu près n’importe où où se promène le français moyen, ce pourrait donc être votre voisin de palier…

Du reste, ne le reconnaissez vous pas derrière ses lunettes de soleil et sous son casque de promeneur à vélo ?

C’est la question stupide qui nous est posée par la diffusion de ces « photos », extraites de vidéos qui nous suggèrent donc, en réalité, l’inefficacité totale du prétendu système de surveillance, et donc, la « permanence » de la « menace » qui pèse sur nous tous..

A moins qu’elle ne soient purement et simplement un encouragement manipulatoire à d’autres interventions de criminels en liberté plus ou moins surveillée, du genre « fichés S » ! C’était déjà, en 1893, ce genre de scénario bien huilé qui a permis le psycho-drame du 9 Décembre à l’Assemblée, qui nous est donc relaté par ses protagonistes, sous les titres assez humoristiques de cette époque, assez lointaine, mais pas pour tout…

En republication, voici donc l’intégrale de « L’Anarchie policière », mais tout d’abord, pour planter le décor, l’extrait correspondant, pour l’affaire du 9 Décembre 1893, de « LA VIE INTIME DES COMMISSARIATS »…

Pierre GRINDSABLE

 

 

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EXTRAIT:

IV. LE PÉRIL ANARCHISTE

Ce qui inquiétait surtout Dupuy, [NDLR: Président du Conseil, puis Président de l’Assemblée Nationale, en cette même année 1893] c’était la propagande libertaire qui s’étalait au grand jour et tenait les esprits dans un état de rébellion latent.

—Les socialistes et les fauteurs de coups d’état, dit-il un jour à Puibaraud [ Président du comité des inspecteurs généraux, puis nommé Directeur général des recherches – http://www.sfhp.fr/index.php?post/2009/05/02/Notice-biographique-Louis-Puibaraud ], je m’en charge! Je sais par où les prendre, mais je m’avoue effrayé par ce virus d’anarchie qui s’est introduit dans l’organisme social où il exerce de sournois et terribles ravages. C’est ce virus, surtout, qu’il s’agit d’éliminer. Il constitue à mes yeux le véritable péril, Dupuy n’avait pas tort de parler du péril anarchiste, péril dont on serait tenté de sourire aujourd’hui, il faut se reporter à l’époque pour en mesurer l’étendue. En 1893, la vague de terreur qu’avaient déchaînée, deux ans plus tôt, les exploits dé Ravachol et de sa bande, était dissipée. L’horreur qu’inspiraient aux gens tranquilles les propagandistes par le fait, s’atténuait sous le renom de justiciers que leur prêtaient les théoriciens de l’anarchie, A la faveur de nos divisions intestines, la doctrine libertaire s’insinuait jusque dans les salons aristocratiques et les milieux bourgeois, C’était se donner brevet d’intellectuel que d’y voir la religion de l’avenir et d’y respirer « un parfum de floréal ». Tout le quartier latin chantait avec Laurent Tailhade :

Vienne ton jour, Déesse aux yeux si beaux,

Dans un matin vermeil de Salamine,

Anarchie! o porteuse de flambeaux!

L’anarchie trouvait des avocats complaisants et des zélateurs jusque dans les grands quotidiens, Octave Mirbeau écrivait : «L’anarchie c’est le développement de l’individu dans un sens normal et harmonique. On peut la définir d’un mot : l’utilisation spontanée de toutes les énergies humaines continuellement gaspillées par l’État, et je comprends pourquoi toute une jeunesse artiste et pensante, l’élite contemporaine, regarde impatiemment se lever cette aube attendue, où elle entrevoit non seulement un idéal de justice, mais un idéal de beauté ». Le peuple, de son côté, impressionné par ce débordement de lyrisme, acclamait les propagandistes par le fait, comme des libérateurs. Il avait fini par ne plus s’émouvoir de leurs attentats, D’ailleurs, on lui représentait que ces attentats ne visaient que ses tyrans, les souverains, les chefs d’état, les satisfaits, les magistrats, les policiers. Et le peuple disait ; « Que ces gens-là se débrouillent! Ça n’est pas notre affaire! »

Le peuple sera même tenté d’applaudir au geste de Vaillant, jetant sa bombe en pleine Chambre des députés, tant il se soucie peu des parlementaires, et s’il arrivait qu’une bombe fût jetée à l’adresse de la foule anonyme, comme celle d’Émile Henry au café Terminus de la gare Saint-Lazare, la foule anonyme était gardée sur la pente de l’indignation par le mot de Laurent Tailhade: « Qu’importe la mort de vagues humanités, si le geste est beau? » Le pire, c’est que les vulgaires malfaiteurs, les criminels de droit commun, n’avaient qu’à se réclamer de la doctrine anarchiste, pour se donner figure de héros et d’apôtres, Un trait de l’aberration commune s’en trouve dans le Journal de Jules Renard, qui nous montre une dame de ses amies, désolée d’ignorer le petit nom de Ravachol. C’est qu’apparemment l’image de Ravachol, depuis qu’il avait cessé de nuire, hantait voluptueusement ses nuits. Et cette aberration s’était développée au point qu’il venait de se fonder un parti « d’anarchistes chrétiens », Tel était l’état des esprits en 1893, à l’avènement de M.Charles Dupuy, et c’est ce qui poussait M, Puibaraud à répondre à ses objurgations ;

— Je m’engage à vous délivrer du péril anarchiste, si vous me faites voter des lois en conséquence, Je m’y déclare impuissant avec la législation actuelle. A quoi nous sert d’arrêter lès libertaires, au cours d’une émeute, puisqu’ils s’en tirent avec une condamnation bénigne pour port d’arme prohibée ou refus de circuler? Là belle affaire!  A quoi nous sert d’interdire leurs réunions, puisqu’ils jouissent, comme le commun des mortels, chez nous, du droit d’association? Comment faire cesser leur propagande, tant que vous n’aurez pas modifié la loi sur la presse et restreint ses libertés? Même alors, il restera aux libertaires les tréteaux de la Cour d’assises, pour y étaler complaisamment leurs théories en public, que les journaux reproduisent à des milliers d’exemplaires. Supprimez la publicité des débats. Il faut mettre les anarchistes hors la loi et revenir, pour eux, au délit d’opinion.

— C’est mon avis, confessait l’Excellence, mais trouverais-je jamais, à la Chambre, une majorité pour y consentir? Je vois déjà Jaurès, tonnant à la tribune, m’opposer les garanties de la liberté individuelle, la déclaration des Droits de l’homme, les immortels principes do 1789, un tas de grands mots vides avec lesquels on pipe la foule, un tas de billevesées avec lesquels il est impossible de gouverner.

Et tous deux étaient tombés d’accord qu’il n’y avait de salut possible que dans le vote de lois d’exception et qu’il fallait s’employer à y décider les parlementaires. Pour être plus à même de pulvériser l’anarchie, M, Puibaraud rêvait d’être à la Préfecture de Police le collaborateur de M. Lépine. Il n’y avait pourtant pas d’hommes plus dissemblables, et moins enclins à sympathiser. Le premier, franc, sec et net, le second, papelard, cauteleux et retors. M, Lépine allait de l’avant. Puibaraud ne hasardait pas un geste qui ne fût calculé. L’Un fondait droit sur l’obstacle, l’autre le minait en dessous. Tous deux étaient de rudes jouteurs, mais l’arme favorite de Puibaraud, c’était la chausse-trape. La première fois qu’il s’ouvrit de son désir au ministre, ce dernier lui opposa cette diversité d’humeurs. 

— Pensez-Vous que M. Lépine puisse accepter cette combinaison? 

— Si nos humeurs sont différentes, répondit Puibaraud, elles concourent au même but, La fin seule est, ici, à envisager, Je n’entends nullement m’immiscer dans les prérogatives de M. Lépine. Nous collaborerons côte à côte, chacun dans notre sphère. Il y a là-bas, quatre brigades, les brigades dé recherches, dont j’assumerais volontiers la direction.

— Mais ces brigades font partie de la police municipale.

— … que M. Lépine est en voie de réorganiser. Je sais que, dans son esprit, le chef actuel do la police municipale, M. Gaillot, est sacrifié, M. Lépine ne verra donc aucun inconvénient à réduire, dès maintenant ses pouvoirs. Au reste, vous êtes le chef du Gouvernement, la décision suprême vous appartient»

Je ne sais quel fût l’avis de M, Lépine, ni même s’il fut consulté, ce que je sais c’est que, quelques semaines après cet entretien, M. Puibaraud s’installait, comme directeur général des recherches à la caserne de la Cité. Seulement, ce n’était pas M. Dupuy qui l’y envoyait, c’était M, Raynal, son successeur à l’Intérieur, car à cette époque troublée, les ministères tombaient comme des châteaux de cartes. Son ministère avait été renversé le 25 novembre 1893, M. Dupuy devait revenir sur l’eau, comme président du Conseil, six mois plus tard, et ce qui prouve qu’il n’avait pas perdu tout crédit, c’est que le jour même où il était renversé pour céder la place à Casimir Périer, il prenait possession du fauteuil présidentiel de ce dernier, à la Chambre des députés. M. Dupuy présidait les débats,le 9 novembre 1893, lorsque Vaillant jeta sa bombe. Il y eut plusieurs blessés,mais peu grièvement.M. Dupuy fit preuve, ce jour-là, d’un sang-froid extraordinaire,en s’écriant, sitôt le premier mouvement de stupeur passé : « La séance continue!» Quand on vantait le sang-froid de Dupuy devant le compagnon Charles Jacot, ce dernier disait, en se tordant de rire «Ah! là bravoure de Dupuy! Elle ne lui coûtait pas cher!,,, Il savait mieux que personne que l’engin était inoffensif.» Et Jacot contait à qui voulait l’entendre que la bombe Vaillant était un coup monté par la police, avec la complicité de Dupuy :

« — Parfaitement », disait-il, « Je suis au courant. Je connais les dessous de l’affaire. Vaillant, lui, y est allé franc jeu, bon argent, mais on l’a manœuvré. On le savait décidé à risquer sa vie pour l’Idée. Il avait disparu. On le cherchait. C’est l’un de ses anciens camarades, le nommé R .. dit Georges, qu’on avait fait sortir exprès de prison, qui finit par le dénicher à Choisy-le-Roy, (octobre 1893), en filant sa maîtresse, la dame Maréchal. Il en avise son chef de file, le sieur M… soi-disant agent d’assurances et publiciste, mais en réalité, agent de police. Sur le rapport de M…, un fonctionnaire est envoyé à Vaillant, qu’il trouve dans une profonde misère, Il se donne à lui comme anarchiste-cambrioleur, prêt à subvenir aux besoins du parti. Il lui remet cinq louis, ce qui permet à Vaillant de se dépêtrer de son garni et de venir louer une chambre à Paris. C’est dans cette chambre qu’il confectionne sa bombe. Georges lui en avait fourni les éléments, Ces éléments provenaient du laboratoire municipal. C’est pour cela que la boîte à clous de Vaillant a fait si peu de dégâts, Le laboratoire municipal avait pris ses précautions. Et, d’ailleurs, Georges no fut jamais inquiété. Le jour même, il était allé se reconstituer prisonnier, pour, en cas de dénonciation, se ménager un alibi, mais Vaillant n’était pas homme a dénoncer quelqu’un » 1.

[NOTE en bas de page]1. Jacot racontait bien d’autres choses. Il prétendait que Ravachol et sa bande avaient été armés de leur redoutable dynamite par un agent de ta troisième brigade, alors sous les ordres de l’officier de paix Fédée. Cet agent, un nommé Laux, aurait révélé à Fougoux (une casserole de son service) l’existence d’un dépôt de cent cartouches de dynamite dans une carrière de pierres meulières en exploitation à Epinay-sur-Orge et les moyens de s’en emparer. Fougoux appartenait au groupe libertaire de Saint Denis,dont faisaient partie Ravachol et Simon Il leur glisse le t tuyau » dans l’oreille, La nuit suivante, Ravachol et Simon allaient au lieu dit se saisir des cartouches. Jacot accusait encore la police politique d’avoir fait suggérer à Henry, l’idée de jeter sa bombe au Café Terminus pour prouver à la foule qu’elle était aussi exposée que les magistrats aux attentais anarchistes.  Il allait même jusqu’à menacer de faire des révélations sur l’assassinat de Carnot. C’est alors qu’on vous l’interna à Bicêtre,d’où il se plaignait de ne pouvoir sortir,en dépit de l’attestation favorable des médecins. Il se disait persécuté par la police, depuis qu’il avait refusé de lui servir d’indicateur. Il se défendait comme il pouvait. Et il est vrai qu’il avait réussi a faire annuler par la Cour de cassation (25 septembre 1893-28 août 1897) deux jugements de relégation prononcés contre lui.]

Je laisse à Jacot la responsabilité de ses propos, et j’avoue, bien que l’administration ait paru s’en émouvoir, puisqu’il fut, à ce moment, je ne sais sous quel prétexte, coffré à la Santé d’où il ne fut libéré que le 10 janvier 1894 (jour même de la condamnation de Vaillant à la peine dé mort), qu’il est permis de n’y point croire, mais il faut reconnaître que jamais bombe plus anodine n’était intervenue plus à propos. Le lendemain, le gouvernement pouvait faire voter des restrictions au droit d’association. C’était un minimum de satisfaction pour Puibaraud. Ce n’est qu’après l’assassinat de Carnot qu’il se verra armé de la loi du 28 juillet 1894,rétablissant le délit d’opinion. Encore cette loi ne fut-elle votée parle Parlement qu’avec répugnance, tant elle était en contradiction avec l’idéal républicain. Le parti socialiste montrait qu’il désapprouvait cet arsenal de lois de circonstance, en les traitant de «lois scélérates ».

N’importe, Puibaraud pouvait se croire désormais les mains libres. Il se mit à traquer tout ce qui était suspect d’anarchie avec une rigueur, impitoyable et à déférer, pêle-mêle, aux tribunaux tout ce qui lui tombait sous la main. On n’a pas oublié le procès des Trente, qui fut suivi d’un acquittement presque général. En dépit de leur bonne volonté, les juges n’avaient pu relever contre la plupart des inculpés aucune ombre de délit, mais la terreur était jetée chez les. compagnons et les obligeait à se terrer .

Et, pour achever son ouvrage, Puibaraud entreprit de déchaîner la frousse aussi chez les bourgeois. On ne pouvait plus faire un pas dans Paris sans rencontrer, sur son chemin, des boites à sardines, munies de poudre verte. Les concierges en trouvaient le matin, déposées devant leur loge, dans les escaliers, dans leur poubelle, qui auraient été bien en peine d’éclater, mais dont la vue suffisait pour affoler les locataires, et ces bombes, portées avec précaution au laboratoire municipal, étaient déclarées le lendemain, dans les journaux, extrêmement dangereuses. Il y en avait qui éclataient, mais dans des endroits où elles étaient sûres de ne blesser personne, un urinoir écarté, une impasse déserte, L’émoi du public n’en était pas moins vif. Et comme pour punir Tailhade de son mot sur la beauté du Geste, une bombe lui éclatait en plein visage, un soir qu’il dînait chez Foyot (avril 1894).

La foule voulait bien applaudir en spectatrice aux exploits des propagandistes par le fait, mais, du moment qu’elle y risquait sa peau, elle était la première à demander que l’on fit cesser le jeu. Il ne faisait plus bon se donner pour libertaire en 1894. On se serait cru revenu aux plus beaux jour? de la panique de 1891. J’en reçus confirmation, dans mon poste d’officier de paix, au XIXe arrondissement. Deux de mes agents avaient peine, un soir, à traîner au poste un malandrin pris de boisson, arrêté pour scandale et outrages dans un bal-musette.de la rue de Flandre. Le malandrin, fourni de muscles,se débattait. Le public»- à son accoutumé, manifestait contre les agents et voulait leur arracher leur proie des mains : « Pourquoi est-ce qu’on l’arrête, cet homme? » Il suffit qu’une voix criât « C’est un anarcho ! » pour qu’immédiatement la foule tournât sa fureur contre lui, C’est à lo protéger que les agents durent, dès lors, s’employer,sans quoi la foule vous l’eût assommé séance tenante, sans autre forme de procès.

Ce revirement d’opinion était l’œuvre de Puibaraud, qui n’épargnait rien pour arriver à ses fins. Voici, d’ailleurs, une anecdote qui achèvera de vous édifier sur la nature de ses procédés.[ Fin du Chapitre IV]

>>>LE TEXTE ORIGINAL INTÉGRAL EN PDF:

LA VIE INTIME DES COMMISSARIATS – ERNEST RAYNAUD

 

…OU LES MÉMOIRES D’UN FLIC POÈTE!

   « Comme le poète, le commissaire est appelé à se pencher sur la misère humaine, à y compatir et à la soulager ; comme le soldat, il est appelé à protéger et à défendre ses concitoyens à ses propres risques, quelquefois au péril de sa vie même, et s’il est forcé de sévir, il a licence, comme le prêtre, de pardonner et d’absoudre. »

Le Code et la Muse sont-ils incompatibles ? Pas à en juger la vie d’Ernest Gabriel Nicolas Raynaud (1864-1936), commissaire de police et membre de la Société des poètes français. Dans La vie intime des commissariats se côtoient en effet préfets et littérateurs, inhumations matinales, crimes horrifiques et constats d’adultère, rivalités de services et manœuvres tortueuses, rondes dans les théâtres subventionnés et les lieux de plaisir… Ernest Raynaud revendique la fonction pacificatrice de son métier, celle d’avant le glissement sémantique qui métamorphosera le « gardien de la paix » en « représentant des forces de l’ordre ».

La vie intime des commissariats livre un témoignage savoureux, savamment émaillé d’anecdotes, de remarques piquantes et de citations choisies, sur l’exercice du métier de commissaire de quartier, se faisant tout autant l’écho des crises politiques traversées et des milieux artistiques et littéraires de son époque que des pratiques culturelles du Paris populaire de la fin du XIXe siècle et du début du XXe.

https://criminocorpus.hypotheses.org/13454

 

L’Anarchie policière

 

L’Anarchie policière 1891-1894

Mémoires d’un séquestré

Les dessous des affaires Ravachol et Vaillant

Paris, imprimerie de A. Malverge, 1901

 

PRÉFACE

En écrivant mes mémoires j’obéis à un impé­rieux besoin, je remplis un devoir que ma cons­cience m’impose.

Depuis plus de huit ans, je lutte et je souffre tout ce qui est humainement possible de souffrir ; outrages, menaces, provocations, prison, crimi­nellement infligé, cachot, tentatives réitérées de corruption et d’empoisonnement, artifices crimi­nels contre ma raison» tout a été employé. J’ai tout souffert sans succomber. Depuis cinq mois, je suis interné sans être, sans avoir jamais été moralement malade.

C’est encore sans haine, que je vais essayer de démasquer et de confondre quelques-uns des élé­ments pourris, membres des Autorités adminis­tratives et judiciaires,- qui, par leur servilisme, peut-être inconscient, mais certainement criminel, conduisent fatalement la France et la République au déshonneur et à la ruine,

La vérité empêchera peut-être, pour l’avenir, le retour à cette politique d’expédients, que nos trop célèbres Hommes d’État ont osé qualifier : Gou­vernement scientifique ; j’espère que l’immense majorité du Peuple Français tiendra à l’honneur de les répudier en les repoussant comme des cri­minels imbéciles.

Charles JACOT

 

lre partie

Depuis près de vingt ans, je suis et j’étudie l’évolution sociale, j’ai été en relations avec la plupart des militants des différentes écoles et plus particulièrement avec ceux qui ont essayé de se faire les meneurs des indisciplinés que l’on dési­gne sous le titre : Les Anarchistes.

Les Anarchistes

J’y ai connu un grand nombre d’hommes stu­dieux, ils sont pour la plupart restés dans l’ombre.

Seuls, quelques misérables, la honte de l’huma­nité ont vu leurs noms livrés à la publicité parce qu’ils ont fait de l’idée anarchiste, une industrie et qu’ils se sont vendus à la Police, par leurs arti­fices criminels ; ils ont réussi à armer quelques égarés aigris par la misère et l’injustice que l’on rencontre encore à chaque pas dans une société où l’on ose parler de la Justice Idéale et où l’on trace en tout et partout : Droits de l’homme. Liberté, Égalité, Fraternité.

Pendant plusieurs années, ils sont parvenus à jeter la terreur, semer la mort ; ils ont porté atteinte à l’intérêt général et tout cela en pure perte, car le but poursuivi n’a pu et ne pourra jamais être atteint.

1er Mai 1891.

Affaire Paul Décamps, Dardare et Léveillé, Ravachol.

L’intérêt de la vérité m’oblige à remonter au 1er Mai 1891 et à l’échauffourée où quelques compa­gnons engagèrent la lutte avec les gendarmes de la banlieue parisienne.

A la suite de cette affaire, trois compagnons furent traduits en Justice, deux furent condamnés. Paul Décamps, mécanicien, à 5 ans de prison, Dardare, ciseleur, à trois ans de la même peine, le troisième, était un protégé, il fut acquitté.

Les provocateurs, policiers nombreux à St-Denis, surent tirer parti de ces condamnations. Ils se firent les apologistes de la violence, faisant tout leur possible pour pousser les sincères à l’action ; dans ce but, les réunions se multiplièrent, on y hurlait vengeance pour Décamps et Dardare écroués à Poissy.

Quand la Police jugea les esprits suffisamment échauffés, on fît connaître le dépôt de Dynamite de Soisis-sous-Etioles ; la mission de le dénoncer fut confiée à un certain Laux se disant anarchiste, mais en réalité agent à la 3e brigade ; ce fut lui qui désigna le dépôt de Dynamite à Fougoux, un dévoué déjà condamné par contumace comme gérant du Père Peinard, sa présence à Paris était certainement connue, on ne l’arrêtait pas, car, ils espéraient se servir de lui. Dès qu’il connut le dépôt de dynamite, il s’empressa de le faire con­naître à ses amis de St-Denis, notamment à Ravachol et à Simon. Une expédition fut décidée ; le coup ayant réussi, Ravachol prit la direction des opérations ; il s’agissait de frapper les magis­trats ayant instruit et requis contre Décamps et Dardare ; c’est dans ce but que furent accomplis les attentats de la rue de Clichy et du boulevard St-Germain, qui heureusement, ne causèrent la mort de personne.

On sait ce qu’il advint de Ravachol et de Simon, je veux m’abstenir de répéter, ce qui a été publié ; mon but est tout simplement de faire connaître quelques vérités inédites destinées à démontrer que si la Police n’avait pas préparé, poussé et pourvu aux moyens d’action, rien, absolument rien n’aurait jamais été accompli.

1893

Dès les premiers mois de 1393, le Ministre de l’Intérieur, Charles Dupuis, voulant jouer au grand politique et gagner le titre de sauveur, fit essayer l’achat de tous les anarchistes jugés susceptibles de le servir ; on commença par les Prisons.

1° Il réussit à s’assurer le concours du sieur R,,, dit Georges ; cet individu, ancien élève des Collectivistes, exclus du groupe de l’agglomé­ration parisienne, s’était jeté dans l’anarchie ; il vivait d’expédients n’ayant jamais accompli aucun espèce de métier ; il ne tarda pas à être arrêté ; pendant environ dix-huit mois, il disparut de la circulation ; on ne le revit qu’au printemps 1893 et il commença par se distinguer en qualité de provocateur, plusieurs fois il fut expulser des réunions de la Bourse du Travail ; ce fut lui qui essaya, mais sans succès, de provoquer une mani­festation sur la voie publique, à propos les accusa­tions de Yves Guyot, à la salle Favier le jour du metting de protestation contre les brutalités policières pendant la journée du Mai 1803, il menaça de se servir d’un revolver qu’il tenait déjà à la main, il ne réussit qu’à se faire mettre à la porte,

Il prit une part active aux troubles du Quartier Latin en servant d’intermédiaire pour soudoyer les renverseurs de kiosques et tramways ; mais il fut interrompu dans ses opérations par un Juge d’instruction de M. Quentin, qui lança contre lui un mandat d’amener pour fait de provocation à l’insu­bordination militaire, en réunion publique.

Nous le retrouverons un peu plus loin.

Dupuis parvint à s’assurer le concours du sieur M… détenu à Ste-Pélagie ; on commença par le gracier et il fut libéré le 18 Juin 1893, ce qui lui permit, à lui aussi, de jouer un rôle aux troubles du Quartier Latin ; c’est par son intermédiaire que furent soudoyés les scarpes de la Maubert, clients habituels de la mère Alexandre, du père Lunette et du Château Rouge. Les tentatives de provocation à l’émeute ne réussirent pas, les tentatives de corrup­tion avaient presque toutes échouées. Hamard alors secrétaire du contrôle envoyé en Angleterre, ne put entrer en relation avec Charles Malatot ; le résultat de son voyage se réduisit à ramener le compagnon Garderat qu’il trouve à Londres dans une profonde misère ; ce malheureux s’était réfugié en Angleterre, à la suite d’un jugement par défaut qui l’avait condamné à deux ans de prison, en qualité de gérant du Père Peinard ; il accepta un secours de Hamard et il se laissa ramener à Paris où il resta quelques semaines en relations avec le Contrôle, ne voulant rendre aucun service inavouable, il rompit et réussit à entrer à l’hôpital sous un nom d’emprunt, à sa sortie, il fut arrêté, il fit opposition à son jugement et il fut réduit à quelques mois, qu’il subit à Ste-Pélagie.

Garderat est mort, mon devoir est de déclarer, que s’il a reçu quelque argent à la Préfecture de police, il ne leur a jamais rendu de services, ses relations ayant été rompues au cours de la période d’observation.

Moi-même, en mai 1893, je fus obligé d’entrer en relations avec Hamard, nos relations ne durèrent que vingt jours pendant lesquels je fis quel­ques compte-rendus de réunions publiques ; les sommes que j’ai reçu d’Hamard ne s’élèvent qu’à 65 francs. Immédiatement après ma rupture je fus arrêté, j’en savais trop long, il ne pouvait plus me laisser ma liberté ; depuis, je n’ai pour ainsi dire plus cessé d’être en prison, j’en suis de ce mo­ment au centième mois de séquestration.

Deux relégations, prononcées en première ins­tance contre moi, ont été annulées comme illégales, par arrêt de Cour d’appel en date des 25 septembre 1893[1] et 28 août 1897.

Ne pouvant se débarrasser de moi par la reléga­tion, on me séquestra. (La force prime le droit.)

Ce qui m’est personnel sera publié ultérieure­ment.

Dupuis ayant échoué dans ses provocations à l’émeute ordonna de changer de système et de pousser à l’action individuelle ; le mot d’ordre de­vint propagande par le fait.

La provocation à la propagande par le fait ne de­vient efficace que si il y a insinuation, le résultat peut se faire attendre, et par l’insinuation l’in­fluence d’un homme est toujours restreinte, je puis même affirmer qu’elle ne dépasse pas trois sujets en aucun cas ; il faut même beaucoup de provoca­teurs pour faire accomplir un seul acte.

(La police doit en savoir quelque chose).

Pour arriver à trouver un sujet disposé à se sa­crifier pour aller jeter une bombe à la Chambre, il leur a fallu du temps et de l’argent. Ce ne fut qu’au mois d’octobre 1893 que le sieur R. dit Georges se crût en mesure de faire connaître un sujet (c’était Vaillant), il en informa son chef de file, un nom­mé M., se disant agent d’assurance et même jour­naliste, mais en réalité agent de police. M. fit un rapport et l’on s’empressa de le faire contrôler.

Un fonctionnaire fut envoyé à Choisy-le-Roy, il fut présenté à Vaillant comme étant un cambrioleur dans la haute classe, disposé à faire quelque chose pour aider à la propagande par le fait ; ce person­nage, avant d’entrer chez Vaillant, avait eu soin de retirer le ruban qui ornait sa boutonnière et de rentrer ses bijoux, il ne voulait sans doute pas pa­raître trop rupin, et la décoration aurait révélé le policier ; le fait d’aller jeter une bombe à la Cham­bre fit le sujet de l’entretien, et le policier une fois convaincu, se retira en annonçant une prochaine visite.

 la deuxième visite, il fut décidé que Vaillant recevrait une somme de 100 francs qui lui serait remise par l’intermédiaire de Georges; avec les 100 francs qu’il reçut Vaillant paya quelques petites dettes, et avec le reste il fut louer une chambre à Paris ; c’est dans cette chambre qu’il confectionna sa bombe en collaboration avec Georges ; ce fut lui qui apporta les tubes acides et matières explosives d’où provenaient-ils ; du laboratoire municipal, probablement.

L’engin, une fois terminé, Georges pour se créer un alibi, disparut sans avertissement, laissant

Vaillant faire les démarches nécessaires pour se procurer une entrée à la Chambre.

Georges était allé se constituer prisonnier pour payer six mois de prison qui lui avait été infligé pour la provocation faite à Saint-Quentin dont j’ai déjà parlé plus haut.

Il était donc détenu le 9 décembre 1893, date de l’attentat contre la Chambre, mais cette détention était récente, Vaillant ne la connaissait pas ; il est cependant à remarquer qu’il avait soin de se tenir au courant de tout ce qui se rapportait au mouvement anarchiste.

De sa prison il écrivit à sa maîtresse, Madame Maréchal, pour lui demander l’adresse de Georges, afin, disait-il, de pouvoir lui écrire, dans la même lettre il chargeait sa maîtresse d’une commission pour Paul Reclus ; cette lettre a certainement passé entre les mains du juge d’instruction, je crois même me rappeler que Paul Reclus fut un moment inquiété, mais il n’est pas à ma connaissance que l’instruction ai cherché à s’occuper du dit Georges.

On comprendra peut-être maintenant la bravoure de Charles Dupuis et son fameux : Messieurs, la séance continue, elle ne lui coûtait pas cher cette bravoure, il savait mieux que personne que l’engin était inoffensif.

A cette date j’étais séquestré à la Prison de la Santé, d’où je fus libéré le 10 janvier 1894, le jour même où la Cour condamnait Vaillant à la peine de mort.

Ce ne fut que le 6 février que je fus mis au courant des faits, à cette date Vaillant était exécuté. J’ai vu la lettre de Vaillant dans laquelle il est question du dit Georges, j’en ai pris connaissance au journal le Figaro ; elle est écrite sur papier ad­ministratif des prisons, son authenticité ne peut être mise en doute.

Le 8 mars suivant j’étais arrêté à nouveau, mis à la disposition du juge d’instruction Henri Meyer, accusé d’affiliation à une association de malfai­teurs ayant poussé à l’accomplissement des atten­tats ; le cynisme de la Police et du juge instruc­teur étaient par trop fort ; comparcent de tous les crimes, ils cherchaient à en charger une foule de malheureux qu’ils savaient innocents, je ne pus m’empêcher de lui faire connaître la vérité à ce trop perspicace magistrat, et je lui remis par écrit toute l’histoire du malheureux Vaillant, qu’il était par­venu à envoyer à l’échafaud ; de ma vie je n’ai vu un homme en un pareil état, il pleurait du sang.

Mes déclarations me valurent un non-lieu immé­diat en matière d’anarchie.

Ayant refusé de transiger et de m’en laisser im­poser, je fus retenu sous prétexte d’insoumission à une interdiction de séjour contre laquelle il a toujours été de mon devoir de protester, car elle est criminellement établie.

Je fus renvoyé le 28 avril 1894 devant la neuvième chambre où je fus condamné par ordre à trois ans de prison.

Le 5 Mai suivant je fus enlevé de Mazas et conduit au Dépôt des condamnés sans qu’il fut tenu compte de mes protestations. J’étais encore dans les délais d’appel et quelques jours plus tard je partais pour Poissy où je fis connaissance de quelques compagnons victimes comme moi des manœuvres criminelles des industriels de l’anar­chie.

Avec l’autorisation des déclarants j’écrivis au Préfet de Police pour lui annoncer que j’étais en mesure de lui faire d’importantes déclarations re­lativement aux matières explosives.

Le Préfet de Police délégua immédiatement Monsieur Fédée à Poissy pour recevoir mes décla­rations ; elles furent reçues au cabinet du directeur, le 21 juin 1894, M. Fédée était accompagné de son secrétaire ; immédiatement après leur départ, je fus isolé de la détention : mis au secret où je fus retenu près d’un mois, ce fut en étant au secret que l’on vint m’informer que Fédée avait laissé une somme de 20 francs entre les mains du directeur pour être mise à ma disposition.

Par mes déclarations au Préfet de police, j’ai voulu jeter le désarroi dans les services de la Sûreté ; j’étais certain que c’était le meilleur moyen d’arrê­ter la liste des attentats et de mettre fin aux exploits de l’anarchie policière.

J’ai la satisfaction d’avoir réussi, car les révoca­tions dans l’état major eurent lieu immédiatement.

Cette satisfaction je l’ai déjà payée de 100 mois de séquestration dont plus de 94 dans les prisons par suite de jugements irréguliers et d’un faux. Je suis en instance de révision contre sept jugements successifs ; depuis plusieurs mois le Garde des sceaux est régulièrement saisi de mon affaire par le juge d’instruction, Monsieur Henri Huët. Qu’attend-on pour me faire rendre justice.

Interné à Bicètre depuis le 4 janvier je ne suis et je n’ai jamais été moralement malade, c’est donc une séquestration, je la considère comme étant plus criminelle que celle subie dans les prisons, car elle est plus hypocrite.

Ma sortie a été signée le 25 mars par Monsieur le docteur Foré et l’on ne me renvoie pas. Je demande ma mise en liberté et justice??

Bicètre, 26 mai 1901.

Charles Jacot.

 

[1] L’information donnée par Jacot est relatée par le Petit Journal en date du 26 septembre de cette année et par L’Express du Midi le jour suivant : « Paris 26 septembre. L’anarchiste Jacot, condamné par la 8e chambre correctionnelle pour infraction à un arrêté d’expulsion à six mois de prison et en plus à la relégation, faisait appel hier devant la chambre des appels correctionnels. Jacot a présenté sa défense lui-même sur les faits. Me Félicien Paris a discuté la prévention en droit et la cour adoptant l’opinion de la défense a confirmé la peine à six mois de prison, mais a déclaré qu’il n’y avait pas lieu d’appliquer la relégation. Jacot a accueilli la lecture de l’arrêt en criant : « Honneur aux magistrats indépendants et libres et à bas la police ! », puis, s’est retiré, enchanté, en saluant la cour. »

 

 

 

http://www.atelierdecreationlibertaire.com/alexandre-jacob/2014/02/lanarchie-policiere/#.XOwFJI868bg

https://images.midilibre.fr/api/v1/images/view/5ce8f5028fe56f298b49dbd3/large/image.jpg

 

 

 

 

 

 

Anti-impérialisme : quels alliés possibles pour le prolétariat?

[ NDLR: édition originale remise à jour sur TML le 20/04/2019

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/04/18/en-reponse-a-aymeric-monville-et-a-son-texte-latlantisme-voila-lennemi/   ]

https://asialyst.com/fr/wp-content/uploads/2017/04/CHINE-ETATS-UNIS-RENCONTRE-TRUMP-XI-e1491560019482.jpg

Anti-impérialisme:

quels alliés possibles

pour le prolétariat?

En réponse à Aymeric Monville

et à son texte

« L’atlantisme, voilà l’ennemi… ! »

A propos de l’«anti-atlantisme» du PRCF et en réponse à l’appel Kollaborationniste pro-impérialisme chinois de M. Monville (PRCF) par sa…

 

« Proposition liminaire pour penser l’impérialisme dans le moment actuel »

(   Aymeric Monville – L’atlantisme, voilà l’ennemi…!_  )   Doc PDF

Bien évidemment, il est stupide de se livrer à une lecture et à un application dogmatique des classiques du Marxisme-Léninisme, que ce soit Marx, Lénine, mais aussi Dimitrov, du reste…

Ce qui reste essentiel, en tout temps, c’est l’analyse de l’infrastructure, de la base économique. C’est ce qui détermine les interactions dans la superstructure, et notamment, les rivalités entre puissances économiques et financières.

Ce n’est donc pas pour rien que Lénine insiste sur la dimension internationale du capitalisme financier, dès son époque. Ce sont déjà essentiellement les mouvements de capitaux entre les nations qui déterminent leurs rapports de force.

Dans la définition de l’impérialisme le critère d’exportation de capitaux est déjà essentiel, non pas en soi-même, évidemment, mais bien en tant qu’instrument de domination politique et économique d’une nation sur une ou plusieurs autres.

Autrement dit, une nation impérialiste a d’abord une balance excédentaire dans ses échanges de capitaux, en export de capitaux. Le critère d’une balance commerciale excédentaire n’est pas suffisant en soi, voire même, pas indispensable, on le voit bien avec la situation actuelle des USA…

Évidemment, au cours de la phase d’ascension d’une puissance impérialiste, l’un ne va pas sans l’autre.

La base de départ reste le développement d’une industrie lourde relativement endogène, qui permet notamment la constitution d’un complexe militaro-industriel.

Mais au delà de cette base, c’est bien la capacité de domination financière qui est l’élément décisif, l’arme principale et le nerf de la guerre, au propre comme au figuré, sur le terrain comme sur les marchés.

Autrement dit, encore, c’est M. Monville lui-même qui introduit ici une confusion majeure sur la base d’une lecture dogmatique de Lénine :

« C’est pourquoi, pour le moment, toutes les discussions – fréquentes dans nos milieux – sur la réalité, l’importance ou la dangerosité d’un impérialisme russe ou chinois, certes, sont légitimes dans la mesure où la Russie et la Chine participent à l’exportation de capitaux sur la base de la fusion du capital bancaire et du capital industriel en capital financier, critère léninien majeur de l’impérialisme, »

Alors que ces « discussions », précisément, ne sont « légitimes » que sur la base de l’analyse des chiffres, des rapports de proportions, de la réalité des balances commerciales et financières de ces pays, et donc dans quelle mesure ils ont ou auraient les moyens d’en asservir d’autres par leurs exportations de capitaux, notamment, sinon même, essentiellement. En effet, quelle serait la signification d’une éventuelle conquête ou domination territoriale stricto sensu, si celle-ci coûte nettement plus chère au pays conquérant que ce qu’elle ne peut lui rapporter, et à la limite, risque même de le ruiner financièrement ? (…Voir le cas de l’URSS en Afghanistan!)

Dès 1916 Lénine pointe déjà le fait que la conquête territoriale directe n’est pas le trait dominant de l’impérialisme, mais que c’est bien la domination financière. L’interventionnisme ne vient déjà plus, en quelque sorte, que seconder ou compléter la domination économique et financière, et non la précéder.

Le cas du fascisme allemand et même italien (…et de l’expansionnisme nippon, du reste) est donc en quelque sorte atypique, dans cette définition, et c’est ce qui en fait la particularité, du reste.

Ce sont des puissances arrivées tardivement à la table du partage mondial, et qui doivent donc utiliser des moyens « rétrogrades » en quelque sorte, pour s’y imposer.

On voit donc bien, également, en quoi la situation actuelle diffère de celle de l’époque de Dimitrov et en quoi il faut donc se garder de transposer ses principes comme base de notre stratégie actuelle.

Évidemment, on pourrait être tenté d’assimiler la stratégie actuelle de la Russie à ce type de démarche, et certains, même et surtout « à gauche », ne se gênent pas pour le faire, mais qu’en est-il, réellement, de la base économique et financière de la Russie actuelle, et surtout, en comparaison de la Chine et des USA ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Extrait : « Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente moins de 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,6% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Millards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel POSITIF, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NEGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques… »

Il est donc particulièrement absurde de parler de la Russie et de la Chine comme deux candidats également potentiels au titre de challenger impérialiste des USA ! C’est manifestement vrai dans le cas de la Chine, et faux dans le cas de la Russie.

Le fait que la Russie ait une alliance relativement privilégiée avec la Chine par rapport aux USA et même par rapport à l’Europe c’est encore une évidence géostratégique qui peut se passer d’explication mais qui n’infère rien, quoi qu’il en soit, et à priori, concernant la nature de classe de ces deux États. Une autre évidence est cependant que ce sont bien deux États capitalistes, quoi que certains le nient encore, y compris le PC chinois lui-même, du reste, et pour commencer !

Ce n’est donc pas non plus la nature de classe qui les distingue, mais, simplement et précisément, le stade de développement du capitalisme où ils en sont :

La Chine est bel et bien rentrée dans le concert des nations impérialistes et la Russie, non !

Quant à l’interventionnisme russe, on voit bien qu’il est quasiment contraint et forcé comme seule voie de résistance à l’encerclement imposé par les USA et que ses gains de territoires sont quelque part entre minimes et dérisoires en termes d’expansionnisme, visant à ne récupérer que marginalement ce qui était la zone d’influence de l’URSS.

Que la Russie en arrive à soutenir économiquement et militairement d’autres pays eux-mêmes victimes des manœuvres et manipulations de l’impérialisme US, cela fait manifestement partie d’une stratégie de résistance solidaire bien compréhensible mais certainement bien plus coûteuse que lucrative et cela n’en fait en rien la marque d’un impérialisme, au contraire.

Que la Chine encourage peu ou prou cette stratégie, cela se comprends d’autant plus aisément que cela lui évite de mettre les mains dans le cambouis et éventuellement les doigts dans l’engrenage. Pour ses propres ambitions, elle a d’autres moyens, avec des exportations de capitaux qui deviennent considérables et omniprésentes.

https://media.ouest-france.fr/v1/pictures/8abeee6d276c6645579c4f1029a7f6ad-argentine-le-diner-entre-trump-et-xi-jinping-s-est-tres-bien-passe.jpg?width=1260&height=712&fill=0&focuspoint=50%2C24&cropresize=1&client_id=cmsfront&sign=e44c51cfcf2dd19573da0901cb9920df9dec23f4740edc5437293b5a05a03e5a

Une première conclusion qui s’impose, c’est qu’en termes d’alliances tactiques éventuelles, pour les communistes marxistes-léninistes, ces deux pays ne peuvent absolument pas être considérés de la même manière.

Ce point est important, car, à l’évidence, c’est le sujet de l’article : les communistes doivent passer des alliances…

Mais des alliances dans quel but ? A priori, le titre l’indique, c’est l’influence de l’impérialisme US, sinon cet impérialisme lui-même, qu’il faudrait combattre. A priori, une intention louable de l’auteur, donc, face aux ravages que cause cet impérialisme à l’échelle mondiale, une autre évidence, effectivement, qui a du mal à se dissimuler malgré les efforts médiatiques incessants du système dans ce but.

Mais combattre l’hégémonie US ne peut se faire sans lui opposer une alternative politique crédible, et c’est là que le flou le plus total s’installe dans le propos de M. Monville.

Si le socialisme y est évoqué, on comprend bien que ce n’est pas sa préoccupation immédiate, ( «  plus tard la construction du socialisme »), et l’on cherche à comprendre le « détour tactique » par lequel il veut nous faire passer…

Bien malin celui qui trouverait qu’il nous en fait un exposé limpide, mais néanmoins, il se réfère assez clairement au PRCF, et cela nous rend donc la stratégie de ce parti encore un peu plus douteuse et incompréhensible qu’elle ne l’était déjà, au lieu d’un d’éclaircissement espéré.

Où veut-il en venir ? On se rappelle qu’un paradigme de départ de son propos serait la différence de situation entre l’époque de Lénine et la notre, et qui inviterait donc à une « relecture non dogmatique » de ses principes, une évidence dont on a également bien voulu convenir.

Selon l’auteur il y aurait donc une nouvelle étape caractéristique du capitalisme de notre époque, qu’il appelle « capitalisme des monopoles généralisés », selon une formule qu’il reconnaît lui-même emprunter à Samir Amin. On se demande bien ce que serait le sens d’un monopole, …s’il n’était généralisé, mais voyons ce que Samir Amin voulait mettre dans ce concept, et qui aguiche tant M. Monville…

Selon Samir Amin, ce qui caractériserait une nouvelle étape serait le caractère transnational du capitalisme… (« Capitalisme transnational ou Impérialisme collectif ? » https://www.pambazuka.org/fr/global-south/capitalisme-transnational-ou-imp%C3%A9rialisme-collectif ). Or, à l’évidence, un tel caractère transnational du capitalisme n’a rien de spécialement nouveau et se trouvait déjà parfaitement mis en lumière par Lénine lui-même, notamment à travers sa description du système des « participations croisées » entre monopoles internationaux. Il y a donc, toujours à l’évidence, une interaction dialectique entre le caractère relativement national des pôles de concentration du capital financier et leurs ramifications internationales. Que cette dialectique soit de plus en plus active dans la phase de mondialisation actuelle, c’est un développement qui ne fait que confirmer la justesse des analyses de Lénine, mais n’apporte rien de nouveau en soi, et évidemment pas en termes d’une éventuelle nouvelle étape du capitalisme.

Ce que M. Monville prétend donc « découvrir » à travers la littérature de Samir Amin et de ses alter ego, ce serait une nouvelle « déperdition de souveraineté dont notre peuple est victime ». et qui imposerait donc de « comprendre que, bien que la France soit elle aussi un pays impérialiste, son peuple a besoin d’être défendu en tant que tel. » … « La classe ouvrière ne doit pas s’interdire de passer des alliances – comme toutes les alliances : ponctuelles, et sur la base de l’intérêt réciproque – avec des forces non communistes qui défendent l’indépendance nationale de leur pays. » 

Et c’est donc contre cette « déperdition de souveraineté » que M. Monville se propose donc de « passer des alliances »… Or, comme on l’a vu, une telle « déperdition », intrinsèque au capitalisme, et encore plus, à l’impérialisme, n’a rien de nouveau.

C’est clairement pour les pays victimes de l’impérialisme que cette « déperdition » impose des conditions particulièrement dégradantes et ouvre une possibilité d’alliance entre prolétariat et bourgeoisie nationale, s’il s’en trouve une, et non, bien évidemment, dans les pays impérialistes eux-mêmes !

Du reste, M. Monville semble tout de même être assez lucide pour constater la disparition de toute bourgeoisie nationale en France, actuellement.

« le gaullisme en France est devenue une option subjective et nostalgique mais non plus l’expression d’une classe, en l’occurrence une bourgeoisie nationale capable de résister. »

Et donc, ipso facto, son « parallèle » avec la situation des années 30 et du front anti-fasciste tombe de lui-même, et le panel de forces « nationales » auquel il prétend s’adresser reste pour le moins mystérieux !

Pour en finir, et tenter de comprendre, il nous faut donc en revenir au début, là où il nous parlait d’alliance avec tel ou tel impérialisme, comprenant bien, in fine, que c’est donc nécessairement, en réalité, de l’impérialisme chinois qu’il s’agit.

Il nous parle donc du PRCF comme d’un prétendu « parti marxiste-léniniste » qui deviendrait l’allié d’un « front de libération nationale », libérant la France, de quoi déjà? Ah, oui, certes, de l’ « Atlantisme »… « Voilà l’ennemi » ! Et donc, finalement, pour faire de la France un satellite de la Chine… Solution qu’une bonne partie de la bourgeoisie française monopoliste serait certainement capable de choisir d’elle-même, même sans les conseils « avisés » de M. Monville et du PRCF, effectivement, en cas de renversement du rapport de forces international.

D’ici là, le PRCF peut continuer à recycler les discours creux de Samir Amin et consorts, ce n’est pas grave, il n’est là, au mieux, que pour fournir l’emballage, de toutes façons.

Ceci-dit, bien évidemment, il ne s’agit pas de substituer à une stratégie de collaboration de classe avec l’impérialisme chinois une stratégie qui se limiterait au soutien à la bourgeoisie nationaliste russe, ou même à la lutte de résistance du peuple russe contre l’impérialisme US et ses clones dans la région.

La priorité stratégique reste évidemment le développement des luttes de classe en France, et notamment et y compris contre la politique interventionniste de l’impérialisme français. Avec l’objectif de construire une avant-garde prolétarienne marxiste-léniniste, la dimension internationaliste des luttes doit prendre une importance de plus en plus grande, dans un contexte de résistance globale contre la « mondialisation » impérialiste.

Cela inclut à la fois le soutien aux luttes de libération nationale qui se poursuivent encore, et en premier lieu, en Palestine, mais aussi un soutien dialectique aux nations en lutte pour conserver leur indépendance contre l’impérialisme, qu’il soit US, français ou autre…! Dialectique, parce que ce soutien doit également s’articuler avec les luttes sociales des prolétaires de ces pays, y compris contre les aspects réactionnaires des politiques de leurs bourgeoisies nationales. Comme c’est le cas avec la lutte des prolétaires russes contre la réforme réactionnaire des retraites.

Dialectique, également, parce que cela doit nous amener à discerner les actions interventionnistes que les bourgeoisies nationales sont amenées à faire en résistance contre l’impérialisme des actions interventionnistes impérialistes elles-mêmes, comme c’est le cas en Syrie.

Luniterre

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Pour aller plus loin:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/07/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/chine-capitalisme-ou-socialisme-aux-racines-du-maoisme/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/04/samir-amin-capitalisme-transnational__.pdf

Aymeric Monville – L’atlantisme, voilà l’ennemi…!_

 

10 OBJECTIFS REVENDICATIFS POUR LE 1ER MAI ET ENSUITE… !

[ Liste également intégrée à la mise à jour de la pétition:

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/24378388  ]

 

 

 

 

 

10 OBJECTIFS REVENDICATIFS POUR LE 1ER MAI ET ENSUITE… !

 

 

 

__1_Le SMIC sera porté à 1400€ net, permettant ainsi à une famille monoparentale de dépasser le stade de pauvreté « Eurostat ».

__2_Tous les salaires actuellement jusqu’à 2000€ net seront réévalués d’autant. (+229€ net)

Tous les salaires compris entre 2000€ et le salaire moyen seront réévalués en net de 150€.

Tous les salaires, retraites, allocations et minima sociaux seront indexés sur l’inflation.

__3_Fixation d’un minimum retraite unique, toutes catégories, à 1200€ net/mois.

__4_L’ARGENT DE NOS IMPÔTS ET DES TAXES NE DOIT PLUS SERVIR A PAYER LES CHARGES SOCIALES DES ENTREPRISES >>> Abrogation totale et définitive du CICE et de tous les financements publics des charges d’entreprises.

__5_NOUVELLE RÉPARTITION DES CHARGES ET COTISATIONS SOCIALES : La valeur créée par les entreprises est essentiellement le fruit du travail des salariés. Elle doit donc répondre à leurs besoins sociaux, et notamment sous forme de financement du budget de la Sécurité Sociale. Le financement global de ce budget sera donc principalement réparti entre les entreprises à la fois en fonction du nombre de salariés par entreprises et de la valeur qu’elles génèrent, selon un quotient approprié. >>> Le salaire net devient le salaire de référence de base, et non plus le salaire brut.

__6_ABOLITION DE LA CSG et établissement des COTISATIONS SOCIALES SPÉCIFIQUES DES NON-SALARIÉS : Tous les bénéficiaires de prestations de la sécurité sociale ne sont pas des salariés. Il est donc normal qu’ils contribuent néanmoins à son financement par un mode de cotisation approprié. C’était officiellement l’idée originelle de la CSG , aujourd’hui complètement dévoyée. Elle est devenue un impôt inégalitaire de plus et doit donc être abolie en tant que telle. Les catégories de bénéficiaires non salariés doivent contribuer socialement selon leurs cas spécifiques, au prorata de leurs revenus, et non plus de manière faussement « généralisée ».

__7_L’ISF supprimée sera remplacée par une CONTRIBUTION SOCIALE SPÉCIFIQUE SUR LES REVENUS DU CAPITAL, à hauteur de 20%, entièrement reversée au budget de la Sécurité Sociale, et qui remplacera donc également l’ensemble de la « flat tax » actuelle. L’IFI sera maintenu.

__8_Dans le cadre du remplacement de la CSG par un ensemble de Contributions sociales spécifiques, la CSG sur les revenus du patrimoine immobilier sera également remplacée par une Contribution spécifique pouvant être modulée en faveur de l’investissement privé dans le logement social locatif, sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, devenant, dans ce cas, une « Contribution au Logement Social ».

__9_PRIX DES CARBURANTS : A l’origine de la crise actuelle, la solution avancée en Décembre 2018 reste inefficace. De France, le cours du brut ne peut pas être maîtrisé, mais le coût des taxes, oui. Au lieu de varier en fonction du cours, elle seront fixes en rapport du volume, au tant par litre, se résumant ainsi en une taxe unique. De plus, les fournisseurs qui ne répercutent pas suffisamment vite les baisses de cours doivent se voir pénaliser au prorata.

__10_GAZ- ÉLECTRICITÉ – FIOUL DOMESTIQUE : Le même principe de base d’une taxe unique sur chacune de ces formes d’énergie sera donc appliqué. De plus, en remplacement du dérisoire « chèque énergie  », elle seront modulées, dans leur application, en fonction d’un quotient familial approprié, revenus/nombre de personnes par foyer.

 

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https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/04/03/mouvement-social-10-objectifs-revendicatifs-pour-le-1er-mai-et-ensuite/

 

https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/04/06/revendications-sociales-qui-paye-quoi/

 

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https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/24378388

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Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite… !

 Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite... !

Embarqués, malgré eux ou non, « à l’insu de leur plein gré », serait-on tenté de dire, dans la grande galère médiatique du spectacle macronien hebdomadaire de « street (…)

1143 visites 4 avr. 2019 |

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Revendications sociales : « Qui paye quoi ? »

 

 

Revendications sociales :

 

« Qui paye quoi ? »

 

On a suffisamment reproché au mouvement GJ, à ses débuts, cette contradiction : comment vouloir à la fois plus de progrès social et moins de taxes, sachant que c’est l’État qui finance une bonne partie des politiques sociales, et que l’État, c’est nous, financièrement, nous les contribuables et les taxes-payeurs !

Et effectivement Macron a su piéger le mouvement en faisant formellement des « concessions », mais qui seront aux frais du contribuable, d’une manière ou d’une autre… !

Depuis lors, le mouvement GJ n’a cessé de chercher sa voie, sans réellement sortir de ce cercle vicieux, d’ « Acte en Acte », tournant en rond dans les centres-villes, s’épuise, et voit surtout son soutien populaire s’éroder, inexorablement, malgré qu’aucune des questions sociales posées à partir du 17 Novembre n’ait été concrètement et durablement résolue.

En marge de la parution sur Agoravox de l’ébauche de plate-forme en 10 points, s’est donc esquissé, par contre, le début d’un débat qui mériterait d’être développé.

Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite… !

 Mouvement social : 10 objectifs revendicatifs pour le 1er Mai et ensuite... !

Embarqués, malgré eux ou non, « à l’insu de leur plein gré », serait-on tenté de dire, dans la grande galère médiatique du spectacle macronien hebdomadaire de « street (…)

973 visites 4 avr. 2019 | 14 réactions | Luniterre   + Partager

En effet, la question « qui paye quoi ? » en termes de revendications sociales permet concrètement d’aller plus loin et de mieux comprendre l’impasse dans laquelle s’est fourvoyé le mouvement GJ, et avant lui, le « syndicalisme » traditionnel, y compris cégétiste.

Le fond de la question réside dans la source et la fonction du capital, et de savoir s’il peut ou non accéder aux revendications sociales, et surtout, en temps de crise.

En effet, le capital n’a pas pour fonction de répondre à des besoins sociaux, mais simplement de s’accumuler en se valorisant financièrement.

La production de biens et de services n’est qu’un des moyens de valorisation, pour le capital, mais pas le seul, depuis la financiarisation de l’économie, spectaculaire depuis ces dernières années, mais dont les racines remontent à la constitution des monopoles au début du 20ème siècle, même s’ils n’ont jamais été tout à fait absolus.

Autrement dit, les moyens financiers de satisfaire les revendications sociales les plus urgentes existent, même avec la « crise », et ils ont toujours existé.

La crise n’est jamais que celle de la valorisation, désormais fictive, du capital. Le capital « fictif » se valorise financièrement davantage en dehors du circuit productif qu’avec lui, même s’il en reste dépendant, paradoxalement.(*)

La valeur « fictive » du capital permet néanmoins au capitaliste financier d’assurer son train de vie en biens et services qui, eux, ont une valeur bien réelle.

Il n’a nul besoin de répondre concrètement aux besoins sociaux du plus grand nombre. Dans la concurrence effrénée que les capitalistes se livrent entre eux, répondre aux besoins sociaux du plus grand nombre c’est un frein à la rentabilité des capitaux et rien d’autre.

En dehors de l’économie financière stricto sensu seuls les besoins solvables les plus rentables les intéressent encore. Ils ne sont pas entre eux en lutte pour un équilibre économique précaire qui répondrait aux besoins de tous, mais simplement pour une rentabilité maximum du capital.

C’est pourquoi exprimer les revendications sociales les plus urgentes, simplement mais carrément et sans détour, cela aboutit à remettre en cause le pouvoir du capital, et c’est pourquoi le mouvement GJ est dans l’impasse et ne peut formuler une plate-forme revendicative répondant réellement aux besoins du plus grand nombre : aucun de ses leaders peu ou prou reconnus ne veut réellement remettre en cause le capitalisme. Il en va de même du syndicalisme, y compris CGT, qui ne veut négocier que dans des limites compatibles avec le pouvoir des monopoles, en fait.

Pour comprendre cela, il faut encore rappeler que leur financement dépend essentiellement des subventions patronales et étatiques, ce qui revient au même, l’État étant depuis très longtemps au service des monopoles.

En France il est évident que la base économique et sociale est encore partagée avec une masse très importante de TPE-PME, mais qui dépendent, pour leur financement, des monopoles, à travers les banques qui sont également à leur service.

Il est tout aussi évident que la pression sociale est au maximum sur cette masse de « petites boites » qui représentent 70% du salariat en France, mais que rien ne peut être fait pour les soulager, au delà du seuil de leur survie, sans empiéter sur la rentabilité du grand capital, à travers une nouvelle répartition des charges sociales, et c’est aussi pourquoi ni le mouvement GJ, ni les syndicats ne vont dans ce sens, qui les mettrait face au véritable ennemi de la société : le capitalisme.

Un lecteur pose la question : «… ça pose un problème d’égalité devant la loi : sur quel fondement une entreprise paierait proportionnellement plus de cotisations sociales que d’autres ? »

Une question en guise de réponse… : « Où voyez vous une « égalité » dans le système actuel ? »

Il n’y en a aucune, vu la complexité, précisément, des usines à gaz que sont les différents dispositifs « légaux » dans ce domaine…

Il s’agit donc de déterminer un quotient, ce qui, précisément, permet d’éviter les effets de seuil [ autre question de ce lecteur].

Chiffres d’affaires et effectifs restent évidemment des critères de base, même si ce ne sont pas forcément les seuls.

Avec les outils informatiques modernes établir un tel quotient est nécessairement possible et peut être modulé, précisément, en fonction des données qui interviennent dedans. Il ne s’agit donc pas du pouvoir de la machine, ici, mais de son utilisation dans un but déterminé et négocié socialement et de fait, politiquement, au bon sens du terme.

Donc, non seulement ce n’est pas une voie sans issue, mais c’est même la seule qui soit rationnelle !

Actuellement, à travers tous les dispositifs mis en place par le système, très peu d’entreprises paient intégralement leurs charges, sinon aucune, nous fait remarquer ce lecteur. Et pourtant, in fine, à travers d’autres dispositifs, et notamment fiscaux (CSG, CRDS), le budget de la Sécu doit nécessairement être bouclé, tôt ou tard… Il reformule donc sa question : « doit il forcément être assis sur le travail ? »

Alors que cette question n’a pas de sens réel, en fin de compte, dans la mesure où l’essentiel de la valeur est bien créé par le travail, quoi qu’il en soit, d’une manière ou d’une autre, que ce soit l’argent des retraites, des impôts ou les dividendes du capital, et le capital lui-même, à la base…

Et donc, d’où que vienne l’argent, c’est essentiellement du travail, transformé sous une forme ou sous l’autre.

A travers les revendications sociales, il s’agit donc de restituer aux travailleurs et à leurs familles ce qui leur revient légitimement pour satisfaire au moins les besoins sociaux essentiels, ce qui n’est bien souvent plus le cas, avec la crise. 

Donc, pour en revenir à notre questionnement de base : « Qui paye quoi ? », « payer » n’a de sens négatif que dans la mesure ou la valeur est détournée par le capital. Dans la mesure où elle peut être restituée, c’est simplement de répartition qu’il s’agit.

Et si, en fonction du rapport de force dans la lutte de classe, elle peut être intégralement restituée et répartie entre les travailleurs et leurs familles, c’est alors de socialisme, au véritable sens du terme, qu’il s’agit, et non plus de capitalisme.

Dans ce cas « payer » c’est simplement faire valoir le droit que chacun a à sa part personnelle du fruit du travail collectif de la société.

C’est aussi pourquoi, au delà de la formulation claire et carrée des revendications sociales les plus immédiates se pose essentiellement la question de la finalité de la production de biens et de services, c’est à dire du travail de tous :

__En fonction de la rentabilité du capital ou en fonction de la réponse aux besoins sociaux immédiats du plus grand nombre ?

C’est, en réalité à travers la question du prix des carburants, la question qui s’est ébauchée le 17 Novembre, et qui a été presque aussitôt mise de côté par tous les intervenants, et dès le 24 Novembre au soir, au « 20h » sur les Champs Élysées !

Luniterre

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(* __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

__  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/     )

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POUR APPROFONDIR, DEUX ARTICLES IMPORTANTS A RELIRE, DONC:

Aux racines de la crise :

 

le statut des actions

        dans le « capital fictif ». . .

En réponse au camarade WH, du site « les prolétaires de fer », suite à une nouvelle controverse sur le rôle du capital financier et spéculatif…

Bonjour, camarade

Le capitalisme est, par essence, un phénomène dialectique. Mais l’« idéal » du capitaliste reste le plus court chemin, A-A’, pour l’accumulation du capital… Depuis l’usure antique, ce n’est que par l’évolution des rapports de production et la nécessité de son implication de plus en plus directe dans le processus productif qu’il a, en partie, mais en partie seulement, pris conscience que la source réelle de son « bonheur » est la sueur du travailleur !

Essentiellement par nécessité politique, en outre, de justifier sa domination, sinon par pure hypocrisie, ce qui revient le plus souvent au même, du reste, il tente par tous les moyens de dissimuler cette réalité basique…

Mais cette chape d’ignorance en ramène néanmoins une grande partie d’entre eux à leur chimère A-A’…

Tout capital a donc nécessairement un double caractère, et « productif » et « spéculatif ». Un aspect ou l’autre devient seulement prépondérant selon les situations.

L’article intégral, en deux parties, sur TML:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/

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Sur le même thème, cet autre article également republié sur AGORAVOX:

« Les Taxateurs »

Il est pas un jour qui n’apporte sa taxe. Vous savez compris il n’y a pas une faute d’orthographe, mais ceux qui en font une ce sont tous ces élus Lrem qui croient au Dieu monnaie comme tous les hommes de la planète et en ont fait un sarcophage meurtrier pour qui s’y intègre au delà de son utilité échange. S’instruire et comprendre l’existence ne se « mathématise » pas.  Quand nous faisons cela nous réduisons nos capacités d’innovations de créativités en chaque citoyen pour produire des élites politiques nourris au même sein.

Ce gouvernement, face au ras le bol déclenché par les taxes qui se substituent aux impôts continu dans cette voie entre promesses de réduction des impôts et création de taxes en compensation.
Pourtant les gilets jaunes ne sont pas en reste. Ils refusent de financer le coût de leur existence qui se traduit par la réalisation de services qu’ils réclament tout en acceptant une organisation monétaire qui les « Plume ».
J’aurais aimé lire ou entendre renversons la bourse ou la BCE, ou bien créons de la monnaie. En réponse le pouvoir pour financer leurs demandes va leur prélever ce qui leur donne. Qui donc voulons nous qui paient les riches ne le sont pas devenus par leur travail, mais par ceux qui l’exécutaient. Cela n’a pas changé. L’entreprise ne crée ni de la richesse ni des emplois. Seul l’homme qui travaille ou fabrique les outils qui le remplace créer son bien-être. Mais encore faudrait il qu’il soit au fait de la connaissance de son existence, ce qui n’est pas le cas, sans cela nous ne serions pas dans une organisation capitaliste du travail.
En douterions-nous ? Quand un  employeur versé un salaire a celui dont il loue les services, il doit vendre le produit du travail de son employé augmenté de sa marge.
Ainsi si l’employé reçoit un salaire de 100 € son travail sera revendu avec une marge en plus, admettons 10 €, cela portera, le produit, le bien, le service à 110 €. Qui donc est le client ?  Celui qui dispose d’un revenu, du foyer fiscal. Il y en à combien ? Sur une population française de 67 millions d’habitants  28 mils disposent d’un revenu, 6 mils comme employeurs et 22 mils comme salariés. Ce sont donc les  salariés qui compose
le groupe social familial qui consomme le plus. C’est groupe social qui en consommant achete toutes les charges et prélèvements qui est réclamé aux entreprises. Ex, l’entreprise verse 100€ de salaire, 10 € de charges salariales, 10 € d’impôt, plus 10 € d’autres taxes, et 20 € de tous frais de production, au total la production du salarié revient à 150 €. A cette somme l’entreprise y ajoutera sa marge, 10 € , l’entreprise devra vendre le travail réalisé 160 €. Il est donc aisé de comprendre qu’avec seulement 100 € de revenu le salarié ne pourra pas acheter son travail qui est vendu à 160 €.

Mais plus loin dans la réflexion que sont les 20 € de frais de production ?
Ils ne sont que le coût du travail des hommes qui ont été rémunéré avec ces 20 €. Continuons, que sont les 10 € de charges, les 10 € d’impôts, les 10 € d’autres taxes ?
Je pense que chacun à déjà compris que ce sont des sommes qui serons reversé en revenus pour payer tous les agents des services publics et des services réglé par le budget de l’État.
Que faut il comprendre de tout cela, que personne d’autre que les salariés et en moins grands nombres les employeurs ne paieront le coût de l’existence humaine. L’ENTREPRISE ne paie rien, l’ÉTAT ne paie rien : que faut il pour ne pas comprendre cela si ce n’est retourner s’instruire et en retour recevoir un revenu de 60 € à fin de créer de la monnaie hors du seul travail et enrichir nôtre intelligence pour construire une société à inventer pour sortir de cette dualité de l’exploitation d’hommes par d’autres, pour qu’entreprendre, être entrepreneur ne soit pas synonyme d’exploitation.

Les gilets jaunes n’ont pas avoir peur de revendiquer, maintenant l’on sait qui paiera.
Pour nous diriger l’on sait maintenant pour qui il ne faut pas voter, bon courage.

http://ddacoudre.over-blog.com/2019/03/les-taxateurs.html

[ NDLR: A noter que dans un autre article, cet auteur appelle assez clairement à l’abstention pour les élections européennes.]

http://ddacoudre.over-blog.com/2019/04/abstenez-vous-ou.html

MOUVEMENT SOCIAL: 10 OBJECTIFS REVENDICATIFS POUR LE 1ER MAI ET ENSUITE…!

MOUVEMENT SOCIAL:

 

10 OBJECTIFS REVENDICATIFS

 

POUR LE 1ER MAI ET ENSUITE…!

 

 

[ Cette nouvelle édition sera également proposée comme mise à jour de la pétition Ab.CICE ]

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

Embarqués, malgré eux ou non, « à l’insu de leur plein gré », serait-on tenté de dire, dans la grande galère médiatique du spectacle macronien hebdomadaire de « street fighting », il ne semble plus que les « Gilets Jaunes » soient en mesure de mobiliser les larges masses, malgré la répression féroce dont ils sont victimes et leur farouche résistance, qu’il convient de saluer, vu la durée du « conflit-spectacle ».

Pourtant, le 1er Mai arrive à grands pas, et avec lui le « joli mois » des luttes politiques et des révoltes sociales…

Le mouvement GJ continuera-t-il à servir d’éteignoir au pouvoir ou bien la flamme rejaillira-t-elle de là où on ne l’attend plus, mais où pourtant réside la vraie braise rouge et la mémoire des luttes, c’est à dire du prolétariat ?

C’est un débat récent et utile, vu l’évolution du mouvement, et qui porte en fin de compte sur la question d’un projet de plate-forme revendicative.

Près de cinq mois après le début de la lutte, il n’existe toujours pas de plate-forme revendicative réellement unitaire à laquelle on puisse se référer pour comprendre les objectifs du mouvement.

Si la répression féroce dont il est l’objet de la part du pouvoir ne mobilise pas davantage, ne crée pas suffisamment d’élan de solidarité populaire active, c’est bien que les objectifs du mouvement ne sont plus compréhensibles pour la plupart des gens, en regard de leurs besoins sociaux immédiats et urgents, alors que ce lien s’était pourtant fortement établi à partir du 17 Novembre.

Le but n’est donc pas d’ « attendre » passivement le 1er Mai, mais de le préparer comme une occasion de redonner l’initiative au mouvement de masse, comme une occasion à la fois unique et nouvelle de renouer le lien du 17 Novembre.

Le 1er Mai appartient historiquement et traditionnellement au prolétariat et c’est donc l’occasion de lui redonner une perspective de lutte sociale.

Évidemment c’est cette perspective qui devrait aussi être celle du mouvement GJ, s’il veut sortir du piège où l’a enfermé la Macronie En Marche et c’est dans ce sens qu’une plate-forme résumée est vitalement nécessaire et peut être utilement communiquée : dans le but de réorienter la démarche vers le prolétariat, à cette occasion importante, où il y a une possibilité élargie de mobilisation de masse, qui dépasse, précisément, la problématique dans laquelle le pouvoir a réussi à encercler et diviser le mouvement GJ.

Sous une apparence « unitaire », le RIC, même s’il peut présenter un intérêt politique à plus long terme, est bien l’une des impasses vers lesquelles le pouvoir a réussi à aiguiller le mouvement pour le tenir actuellement éloigné du terrain des luttes sociales prolétariennes et de la réponse rapide nécessaire aux situations d’urgences créées par la crise, qui ont suscité l’élan populaire massif et irrésistible du 17 Novembre.

C’est cet élan que le 1er Mai peut permettre de retrouver pour reconstruire le rapport de force qui fera réellement plier le pouvoir, cette fois ci, sans accréditer une nouvelle pirouette de Macron comme celle du 10 Décembre.

Cela ne peut encore se faire que sur la base d’une plate-forme nécessairement résumée, car le temps est court d’ici le 1er Mai et il s’agit de s’en tenir à ce qui est vraiment indispensable et incontournable, à la fois en termes d’unité populaire et de légitimité visible et lisible par le plus grand nombre.

Une des causes de la révolte du 17 Novembre est le déclassement des classes moyennes. C’est pourquoi la faible hausse du SMIC a suffi à rompre le lien en train de se faire avec les classes prolétariennes les plus démunies. Pour éviter un nivellement par le bas des salaires il faut donc à la fois rétablir l’indexation des salaires et des retraites sur l’inflation, et un relèvement du SMIC et du minimum retraite, et de tous les bas salaires.

Et non pas accepter des mesures qui alourdissent encore la fiscalité, comme celles prises par Macron le 10 Décembre.

Cela n’aboutit qu’à renforcer encore plus les causes de la crise et leurs conséquences sur les classes populaires. Alors qu’il faut au contraire réduire la pression fiscale, par exemple en abolissant carrément la CSG, et donc alléger le budget de l’Etat, notamment en abrogeant totalement le CICE et ses substituts.

La valeur créée par les entreprises est essentiellement le fruit du travail des salariés. Elle doit donc répondre à leurs besoins sociaux, et notamment sous forme de financement du budget de la Sécurité Sociale. Le financement global de ce budget ne doit plus dépendre du contribuable et devra donc être principalement réparti entre les entreprises à la fois en fonction du nombre de salariés par entreprises et de la valeur qu’elles génèrent, selon un quotient approprié.

>>> Le salaire net doit donc devenir le salaire de référence de base, et non plus le salaire brut.

Une nouvelle revendication essentielle peut donc être l’ABOLITION DE LA CSG et l’établissement de COTISATIONS SOCIALES SPÉCIFIQUES DES NON-SALARIÉS  :

Tous les bénéficiaires des prestations de la sécurité sociale ne sont pas des salariés. Il est donc normal qu’ils contribuent néanmoins à son financement par un mode de cotisation approprié. C’était officiellement l’idée originelle de la CSG  , aujourd’hui complètement dévoyée. La CSG vise aujourd’hui à transférer sur le contribuable une part importante des charges sociales incombant normalement aux entreprises. Elle est devenue un impôt inégalitaire de plus et doit être abolie en tant que telle. Les catégories de bénéficiaires non salariés doivent contribuer socialement selon leurs cas spécifiques, au prorata de leurs revenus, et non plus de manière faussement «  généralisée  ». 

Le rétablissement de l’ISF est devenu une des rares revendications emblématiques du mouvement GJ, alors qu’il s’agit plus d’un symbole que d’une réalité chiffrée, très secondaire en pratique. De plus, la partie «  immobilière  » existe toujours, en fait, sous la forme de l’IFI, et c’est la partie «  mobilière  », capital, peu touchée, réellement, par l’ISF, qui semble relativement escamotée dans ce processus.

Les revenus du capital, eux font déjà l’objet d’une réglementation spécifique, «  flat tax  », qui comprend une part CSG/CRDS, donc reversée à la Sécu, pour 9,7%, et une part «  Impôt de solidarité  », qui rentre, en fait, dans le budget général de l’Etat, pour 7,5%. Soit une «  flat tax  » totale de 17,2%.

La CSG étant à abolir, on proposera donc de remplacer également l’ensemble de la «  flat tax  » par une Contribution Sociale Spécifique sur les Revenus du Capital, à hauteur de 20%, et donc entièrement reversée au budget de la Sécurité Sociale.

Couplée avec le maintien de l’IFI, cette nouvelle Contribution sociale sur les revenus du Capital remplacera donc l’ISF.

Dans le cadre du remplacement de la CSG par un ensemble de Contributions sociales spécifiques, la CSG sur les revenus du patrimoine immobilier sera également remplacée par une Contribution spécifique pouvant être modulée en faveur de l’investissement privé dans le logement social locatif, sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, devenant, dans ce cas, une «  Contribution au Logement Social ».

Concernant le maquis des taxes sur l’énergie et le carburant, à l’origine de la crise du 17 Novembre et encore actuelle, il reste inextricable, et plutôt que de rentrer dans le détail, une solution enfin efficace, contrairement à celle du 10 Décembre, consiste à simplifier:

___De France, le cours du brut ne peut pas être maîtrisé, mais le coût des taxes, oui. Au lieu de varier en fonction du cours, elle seront fixes en rapport du volume, au tant par litre, se résumant ainsi en une taxe unique. De plus, les fournisseurs qui ne répercutent pas suffisamment vite les baisses de cours doivent se voir pénaliser au prorata. 

___GAZ-ELECTRICITÉ-FIOUL DOMESTIQUE : Le même principe de base d’une taxe unique sur chacune de ces formes d’énergie sera donc appliqué. De plus, en remplacement du dérisoire « chèque énergie », elle seront modulées, dans leur application, en fonction d’un quotient familial approprié, revenus/nombre de personnes par foyer.

Il ne s’agit pas pour autant d’imposer tel ou tel type de revendication, mais en fonction des études et articles publiés au cours de ces cinq mois de lutte, de proposer une remise à jour des objectifs de lutte en fonction des données économiques réelles et actuelles qui en ressortent.

Ci dessous, en résumé et également en DOC PDF imprimable,

les 10 points essentiels :

MOUVEMENT SOCIAL: 10 OBJECTIFS REVENDICATIFS

POUR LE 1ER MAI ET ENSUITE…!

__1_Le SMIC sera porté à 1400€ net, permettant ainsi à une famille monoparentale de dépasser le stade de pauvreté « Eurostat ».

__2_Tous les salaires actuellement jusqu’à 2000€ net seront réévalués d’autant. (+229€ net)

Tous les salaires compris entre 2000€ et le salaire moyen seront réévalués en net de 150€.

Tous les salaires, retraites, allocations et minima sociaux seront indexés sur l’inflation.

__3_Fixation d’un minimum retraite unique, toutes catégories, à 1200€ net/mois.

__4_L’ARGENT DE NOS IMPÔTS ET DES TAXES NE DOIT PLUS SERVIR A PAYER LES CHARGES SOCIALES DES ENTREPRISES >>> Abrogation totale et définitive du CICE et de tous les financements publics des charges d’entreprises.

__5_NOUVELLE RÉPARTITION DES CHARGES ET COTISATIONS SOCIALES : La valeur créée par les entreprises est essentiellement le fruit du travail des salariés. Elle doit donc répondre à leurs besoins sociaux, et notamment sous forme de financement du budget de la Sécurité Sociale. Le financement global de ce budget sera donc principalement réparti entre les entreprises à la fois en fonction du nombre de salariés par entreprises et de la valeur qu’elles génèrent, selon un quotient approprié. >>> Le salaire net devient le salaire de référence de base, et non plus le salaire brut.

__6_ABOLITION DE LA CSG et établissement des COTISATIONS SOCIALES SPÉCIFIQUES DES NON-SALARIÉS : Tous les bénéficiaires de prestations de la sécurité sociale ne sont pas des salariés. Il est donc normal qu’ils contribuent néanmoins à son financement par un mode de cotisation approprié. C’était officiellement l’idée originelle de la CSG , aujourd’hui complètement dévoyée. Elle est devenue un impôt inégalitaire de plus et doit donc être abolie en tant que telle. Les catégories de bénéficiaires non salariés doivent contribuer socialement selon leurs cas spécifiques, au prorata de leurs revenus, et non plus de manière faussement « généralisée ».

__7_L’ISF supprimée sera remplacée par une CONTRIBUTION SOCIALE SPÉCIFIQUE SUR LES REVENUS DU CAPITAL, à hauteur de 20%, entièrement reversée au budget de la Sécurité Sociale, et qui remplacera donc également l’ensemble de la « flat tax » actuelle. L’IFI sera maintenu.

__8_Dans le cadre du remplacement de la CSG par un ensemble de Contributions sociales spécifiques, la CSG sur les revenus du patrimoine immobilier sera également remplacée par une Contribution spécifique pouvant être modulée en faveur de l’investissement privé dans le logement social locatif, sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, devenant, dans ce cas, une « Contribution au Logement Social ».

__9_PRIX DES CARBURANTS : A l’origine de la crise actuelle, la solution avancée en Décembre 2018 reste inefficace. De France, le cours du brut ne peut pas être maîtrisé, mais le coût des taxes, oui. Au lieu de varier en fonction du cours, elle seront fixes en rapport du volume, au tant par litre, se résumant ainsi en une taxe unique. De plus, les fournisseurs qui ne répercutent pas suffisamment vite les baisses de cours doivent se voir pénaliser au prorata.

__10_GAZ- ÉLECTRICITÉ – FIOUL DOMESTIQUE: Le même principe de base d’une taxe unique sur chacune de ces formes d’énergie sera donc appliqué. De plus, en remplacement du dérisoire «  chèque énergie  », elle seront modulées, dans leur application, en fonction d’un quotient familial approprié, revenus/nombre de personnes par foyer.

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Mai 2019 : une mutinerie sociale générale est-elle encore possible?

 

 

 

 

 

 

 

Embarqués, malgré eux ou non, « à l’insu de leur plein gré », serait-on tentés de dire, dans la grande galère médiatique du spectacle macronien hebdomadaire de « street fighting », il ne semble plus que les « Gilets Jaunes » soient en mesure de mobiliser les larges masses, malgré la répression féroce dont ils sont victimes et leur farouche résistance, qu’il convient de saluer, vu la durée du « conflit-spectacle ».

Pourtant, le 1er Mai arrive à grands pas, et avec lui le « joli mois » des luttes politiques et des révoltes sociales…

Le mouvement GJ continuera-t-il à servir d’éteignoir au pouvoir ou bien la flamme rejaillira-t-elle de là où on ne l’attend plus, mais où pourtant réside la vraie braise rouge et la mémoire des luttes, c’est à dire du prolétariat ?

C’est un débat récent et utile, vu l’évolution du mouvement, et qui porte en fin de compte sur la question d’un projet de plate-forme revendicative.

Le but n’est justement pas d’ »attendre » le 1er Mai, mais de le préparer comme une occasion de redonner l’initiative au mouvement de masse, ce qui n’est pas le cas des divers processus actuellement en cours.

Le 1er Mai appartient historiquement et traditionnellement au prolétariat et c’est donc l’occasion de lui redonner une perspective de lutte sociale.

Évidemment c’est cette perspective qui devrait aussi être celle du mouvement GJ, s’il veut sortir du piège où l’a enfermé la Macronie En Marche et c’est dans ce sens qu’une plate-forme résumée est nécessaire et peut être utilement communiquée : dans le but de réorienter la démarche vers le prolétariat, à cette occasion importante, où il y a une possibilité nouvelle et élargie de mobilisation de masse, qui dépasse, précisément, la problématique dans laquelle le pouvoir a réussi à encercler et diviser le mouvement GJ.

Concernant le RIC, absent de la liste, ce n’est pas actuellement réellement une préoccupation sociale, ni des masses, ni du prolétariat, plus spécifiquement, et n’a donc pas sa place dans les revendications immédiates.

Pour autant, il est encore possible de le « resocialiser » en quelque sorte, sur un objectif et un débat concret, en lien avec la hiérarchie des salaires.

En effet, il nous faut à la fois combattre les risques d’un tassement vers le bas et la réalité bien actuelle des inégalités exponentielles qui se sont creusées.

En PJ, deux docs de données utiles sur le sujet.

Salaires PDG en France

SALAIRES DIRECTEURS ET CADRES

A mettre en débat, donc, l’idée d’une « fourchette » de salaires/revenus, allant du SMIC à N fois le SMIC…!

5, 10, 20, 50, 100, 1000 fois le SMIC pour un salaire maxi ??? Voilà un débat public qui promet d’être animé et de pointer les aberrations extrêmes et l’absurdité économique et sociale que représente le capitalisme, et par conséquent, d’ouvrir également le débat sur la possibilité d’une alternative socialiste prolétarienne…!

Actuellement, selon « Proxinvest », cela peut aller jusqu’à 1300 fois le SMIC, en France…!

Cette idée concrète de débat et de RIC pourrait figurer dans un bref exposé de la situation sociale actuelle en France, au verso d’un tract reprenant la plate-forme, et donc en complément des revendications immédiates.

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>>> Quelques réflexions qui ont guidé cette recherche, et le résultat final, à la suite :

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Résumée ou pas, la plate-forme  ???

>>> oui, nécessairement résumée, car le temps est court d’ici le 1er Mai et il s’agit de s’en tenir à ce qui est vraiment indispensable et incontournable, à la fois en termes d’unité et de légitimité visible et lisible par le plus grand nombre.

>>> au maximum une dizaine de revendications, à la fois les plus urgentes et les plus stratégiques en termes d’unité, et si possible résumées, au final sur une seule face A4…

(>>> voir un essai pdf en PJ >>> ESSAI PLATE FORME >>> Au verso, un court exposé de la situation serait donc possible également.)

Les articles, publiés sur Solydairinfo et TML, entre autres, au fil de ces mois de lutte avaient pour but de provoquer la réflexion sur le thème de cette plate-forme, et non d’imposer telle ou telle solution. A mesure du temps ils ont exposé au cours de cette réflexion les principales données économiques et sociales du problème.

Pourtant, effectivement, cela n’a pas mobilisé, n’ a pas abouti. Pourquoi  ? En cherchant à avancer, notamment sur la question du SMIC, il semble que la nature interclassiste du mouvement, et son origine principale dans les classes moyennes en voie de «  déclassement  » en sont encore la cause.

En effet un mouvement centré sur le relèvement du SMIC risquait et risque encore d’aboutir à un tassement de la hiérarchie des salaires vers le bas et confirmer ce «  déclassement  » au lieu de le combattre. Ce syndrome tend à éloigner les classes moyennes d’un soutien actif à cette revendication et il faut donc en tenir compte.

Néanmoins, il a été pris pour base, dans les articles, le fait que le SMIC puisse maintenir une famille monoparentale au dessus du seuil de pauvreté «  Eurostat  », et donc porté à 1400 € net. (contre 1171 actuels et 1300 dans la liste des 42)

>>> On doit garder cela en point n°1  :

«  __1_Le SMIC sera porté à 1400€ net, permettant ainsi à une famille monoparentale de dépasser le stade de pauvreté «  Eurostat  ».  »

Mais en conséquence, le point 2 pourrait donc être  :

«  __2_Tous les salaires actuellement jusqu’à 2000€ net seront réévalués d’autant. »

En même temps que son tour de bonneteau, malheureusement assez réussi, sur le SMIC, le pouvoir a tenté d’entortiller les retraités avec son histoire de «  hausse de CSG non appliquée  ». Concernant la CSG, on verra ce qu’il en est plus loin, mais la question d’un «plancher retraite» demeure, et était posée dans la liste des 42, à 1200€. En conséquence, le point 3 peut être  :

«  __3_Fixation d’un minimum retraite unique, toutes catégories, à 1200€ net/mois. »

>>>  «1200 net  » en raison d’une Contribution Sociale spécifique, non plus «  Généralisée  » >>>voir ce point + loin.

D’une manière générale, pour éviter un nouveau tassement des revenus des classes populaires il est nécessaire de ré-instaurer une échelle mobile en fonction de l’inflation  :

«  __(4)_Indexation de tous les salaires, retraites, allocations et minima sociaux sur l’inflation.  »

>>> ce point peut avantageusement être rapproché et intégré au 2, qui deviendrait  :

«  __2_Tous les salaires actuellement jusqu’à 2000€ net seront réévalués d’autant. 

Tous les salaires, retraites, allocations et minima sociaux seront indexés sur l’inflation.  »

>>> Les deux points suivants traitent des charges et cotisations sociales et expliquent d’eux-mêmes le pourquoi des revendications en net, et non pas en brut, sans qu’il soit réellement besoin d’un exposé théorique complémentaire  :

«  __4_L’ARGENT DE NOS IMPÔTS ET DES TAXES NE DOIT PLUS SERVIR A PAYER LES CHARGES SOCIALES DES ENTREPRISES  :

>>> Abrogation totale et définitive du CICE et de tous les financements publics des charges d’entreprises.  »

«  __5_NOUVELLE RÉPARTITION DES CHARGES ET COTISATIONS SOCIALES  :

La valeur crée par les entreprises est essentiellement le fruit du travail des salariés. Elle doit donc répondre à leur besoins sociaux, et notamment sous forme de financement du budget de la Sécurité Sociale. Le financement global de ce budget sera donc principalement réparti entre les entreprises à la fois en fonction du nombre de salariés par entreprises et de la valeur qu’elles génèrent.

>>> Le salaire net devient le salaire de référence de base, et non plus le salaire brut.  »

A approfondir, néanmoins >>> «  Le financement global de ce budget sera donc principalement réparti entre les entreprises à la fois en fonction du nombre de salariés par entreprises et de la valeur qu’elles génèrent.  » >>> Quotient à déterminer.

Dans cette même logique on en arrive donc au problème de l’abolition de la CSG, qui se comprend également de lui-même  :

«  __6_ABOLITION DE LA CSG et établissement des COTISATIONS SOCIALES SPÉCIFIQUES DES NON-SALARIÉS  :

Tous les bénéficiaires de prestations de la sécurité sociale ne sont pas des salariés. Il est donc normal qu’ils contribuent néanmoins à son financement par un mode de cotisation approprié. C’était officiellement l’idée originelle de la CSG  , aujourd’hui complètement dévoyée. La CSG vise aujourd’hui à transférer sur le contribuable une part importante des charges sociales incombant normalement aux entreprises. Elle est devenue un impôt inégalitaire de plus et doit être abolie en tant que telle. Les catégories de bénéficiaires non salariées doivent contribuer socialement selon leurs cas spécifiques, au prorata de leurs revenus, et non plus de manière faussement «  généralisée  ».  »

Le rétablissement de l’ISF est devenu une revendication emblématique du mouvement GJ, alors qu’il s’agit plus d’un symbole que d’une réalité chiffrée, très secondaire en pratique. De plus, la partie «  immobilière  » existe toujours, en fait, sous la forme de l’IFI, et c’est la partie «  mobilière  », capital, peu touchée, réellement, par l’ISF, qui semble relativement escamotée dans ce processus.

Les revenus du capital, eux font déjà l’objet d’une réglementation spécifique, «  flat tax  », qui comprend une part CSG/CRDS, donc reversée à la sécu, pour 9,7%, et une part «  Impôt de solidarité  », qui rentre, en fait, dans le budget général de l’Etat, pour 7,5%. Soit une «  flat tax  » totale de 17,2%.

La CSG étant abolie, on proposera donc de remplacer également l’ensemble de la «  flat tax  » par une Contribution Sociale Spécifique sur les Revenus du Capital, à hauteur de 20%, et donc entièrement reversée au budget de la Sécurité Sociale.

«  __7_L’ISF supprimée sera remplacée par une CONTRIBUTION SOCIALE SPÉCIFIQUE SUR LES REVENUS DU CAPITAL  , à hauteur de 20%, entièrement reversée au budget de la Sécurité Sociale, et qui remplacera donc également l’ensemble de la «flat-tax» actuelle. L’IFI sera maintenu.  »

«  __8_Dans le cadre du remplacement de la CSG par un ensemble de Contributions sociales spécifiques, la CSG sur les revenus du patrimoine immobilier sera également remplacée par une Contribution spécifique pouvant être modulée en faveur de l’investissement privé dans le logement social locatif, sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, devenant, dans ce cas, une «  Contribution au Logement Social  »  .  »

Concernant le maquis des taxes sur l’énergie et le carburant, il reste inextricable, ( https://selectra.info/energie/guides/tarifs/taxes ) et plutôt que de rentrer dans le détail, le mieux est de simplifier  :

«  __9_PRIX DES CARBURANTS  : A l’origine de la crise actuelle, la solution avancée en Décembre 2018 reste inefficace. De France, le cours du brut ne peut pas être maîtrisé, mais le coût des taxes, oui. Au lieu de varier en fonction du cours, elle seront fixes en rapport du volume, au tant par litre, se résumant ainsi en une taxe unique. De plus, les fournisseurs qui ne répercutent pas suffisamment vite les baisses de cours doivent se voir pénaliser au prorata.  »

«  __10_GAZ-ELECTRICITÉ-FIOUL DOMESTIQUE : Le même principe de base de taxe unique sera appliqué. De plus, elle seront modulées, dans leur application, en fonction d’un quotient familial approprié, revenus/nombre de personnes par foyer.  »

A DÉBATTRE…!!!

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Que l’on ne se méprenne pas, le but d’une telle plate-forme est bien à l’évidence d’être communiquée partout où c’est possible!

Simplement, il n’ y a pas de priorité spéciale pour les diverses « tendances » du mouvement GJ, qui, jusqu’à présent, ne font pas du 1er Mai une priorité ou un objectif particulièrement important, ou même, pas du tout, jusqu’à preuve du contraire!

Ce qu’il faut bien constater, c’est l’isolement relatif dans lequel s’est fourvoyé le mouvement GJ: malgré sa résistance acharnée et méritoire, il s’est pour l’essentiel coupé des masses et ne peut plus être qualifié de tel, malgré le nombre encore relativement important de gens qu’il peut mobiliser.

Il n’y a donc pas plus de « mouvement de masse GJ », à proprement parler, à l’heure actuelle, que de beurre en broche…

Il ne s’agit donc pas de cela, mais effectivement de susciter un débat sur la perspective d’un 1er Mai qui pourrait relancer le mouvement social sur des bases revendicatives nouvelles, mais qui sont la suite du 17 Novembre, quant au fond.

Politiquement, l’idée de proposer un RIC sur la rémunération maximum des Big Bosses peut être intéressante en termes de communication et serait effectivement un moyen d’intéresser concrètement un public plus large au  sujet du RIC, pourquoi pas…

En réalité il semble que le RIC, actuellement, même pour ses promoteurs zélés, n’est qu’un hochet intellectuel et qu’ils n’ont pas réellement envie de le voir aboutir… C’est pour la plupart simplement un truc qui leur permet de se poser en société, de causer dans les médias et les salons, éventuellement en réunion publique, et c’est tout…

Ce thème de RIC à mettre en avant, sur une « fourchette » entre SMIC et salaire maxi, peut donc être aussi un moyen de mettre au pied du mur les promoteurs acharnés du RIC et de les démasquer pour les opportunistes qu’ils sont, le plus souvent…!

Le RIC ne sera vraiment une arme révolutionnaire que lorsque les masses s’en empareront sur un thème qui les mobilise, et celui-ci est un débat assez récurrent, dans l’air du temps… De plus, il permet de remettre en cause le principe même des superprofits actuels et donc de remettre en cause le système, si on arrive à mener ce débat intelligemment.