Hydroxychloroquine: Volte-face criminelle de l’Etat français!

https://www.mediterranee-infection.com/

https://www.mediterranee-infection.com/pre-prints-ihu/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/28/covid-19-ihu-mediterranee-une-devise-a-adopter/

 

 

Une nouvelle étude

de l’IHU-Méditerranée

portant sur 80 patients :

 

 

IHU MEDITERRANEE – Clinical and microbiological effect

of a combination of hydroxychloroquine and azithromycin

in 80 COVID-19 patients

 

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2020/03/ihu-mediterranee-clinical-and-microbiological-effect-of-a-combination-of-hydroxychloroquine-and-azithromycin-in-80-covid-19-patients.pdf

 

 

Sources IHU >>>

https://www.mediterranee-infection.com/wp-content/uploads/2020/03/COVID-IHU-2-1.pdf

https://www.mediterranee-infection.com/pre-prints-ihu/

 

Abstract

We need an effective treatment to cure COVID-19 patients and to decrease the virus carriage duration. In 80 in-patients receiving a combination of hydroxychloroquine and azithromycin we noted a clinical improvement in all but one 86 year-old patient who died, and one 74 year old patient still in intensive care unit. A rapid fall of nasopharyngeal viral load tested by qPCR was noted, with 83% negative at Day7, and 93% at Day8. Virus cultures from patient respiratory samples were negative in 97.5% patients at Day5. This allowed patients to rapidly de discharge from highly contagious wards with a mean length of stay of five days. We believe other teams should urgently evaluate this cost-effective therapeutic strategy, to both avoid the spread of the disease and treat patients as soon as possible before severe respiratory irreversible complications take hold.

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La République Française

est devenue

l’Eglise du Capital !!!

https://www.akg-images.fr/Docs/AKG/Media/TR3_WATERMARKED/0/f/b/5/AKG82061.jpg

Galilée devant l’Inquisition

 

 

Hydroxychloroquine :

Volte-face criminelle de l’Etat français !

Retour à la case « mort assurée » de la part du pouvoir macronien…

Une nouvelle décision contradictoire, en l’espace de quelques heures…

Une nouvelle décision contradictoire, en l’espace de quelques heures, qui risque de faire du bruit. Après avoir publié un décret ce jeudi 26 mars autorisant la chloroquine dans les établissements de santé et dans le cadre du traitement du Covid-19, le gouvernement a rectifié le texte dès le lendemain (décret disponible ici). Principale modification : il a finalement été décidé que le médicament ne serait prescrit que pour les malades se trouvant déjà dans un état grave. 

Pour les défenseurs de la chloroquine, la victoire aura été de courte durée. Après avoir autorisé par décret la prescription de chloroquine dans les établissements de santé à tous les malades du Covid-19, le gouvernement a finalement décidé de rectifier son texte dès hier, vendredi 27 mars. Mais cette modification pose problème.

L’incohérence du nouveau décret : les cas graves à domicile

Ainsi, si l’hydroxychloroquine et l’association lopinavir/ritonavir peuvent toujours être prescrits par les établissements de santé recevant des personnes infectées au coronavirus, cette médication ne pourra désormais se faire : « qu’après décision collégiale, dans le respect des recommandations du Haut conseil de la santé publique et, en particulier, de l’indication pour les patients atteints de pneumonie oxygéno-requérante ou d’une défaillance d’organe » précise le nouveau décret.

Derrière les termes médicaux, cela signifie que cette médication ne sera administré qu’aux cas les plus graves touchés par le coronavirus, ceux dont les poumons et voies respiratoires sont déjà fortement atteints.

Cependant, il est toujours précisé dans le décret que cette prescription pourra se faire « dans les établissements de santé qui prennent en charge [les patients atteints de Covid-19], ainsi que, pour la poursuite de leur traitement si leur état le permet et sur autorisation du prescripteur initial, à domicile ».  Initialement, ce « à domicile » avait du sens : un patient atteint des premiers symptômes du COVID-19 pouvait rentrer chez lui continuer le traitement à la chloroquine. Mais aujourd’hui, comment imaginer qu’une personne souffrant de « pneumonie oxygéno-requérante ou d’une défaillance d’organe » puisse décider de rentrer à son domicile pour la fin de son traitement ? Cette aberration est la preuve que la ligne du gouvernement est erratique. [NDLR >>> en réalité délibérément criminelle >>> https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/22/covid-19-le-vrai-faux-suicide-de-loccident/]

Une aberration pour le Dr Raoult et d’autres professionnels de santé

Pourtant, Didier Raoult et plusieurs experts affirment que plus le traitement est administré tôt, plus il est efficace afin de ne pas déboucher sur une détresse respiratoire qui engendre bien souvent la mort.

Un avis partagé par Philippe Douste-Blazy, ancien ministre de la Santé, qui rappelait cela il y a quelques jours dans un appel au président de la République et au ministre de la Santé. « Cette appel est lancé Monsieur le président pour que vous permettiez à tous les médecins français, qu’ils soient hospitaliers ou libéraux, de prescrire, s’ils le souhaitent, en leur âme et conscience, [de l’hydroxychloroquine] aux malades atteints de Covid-19 symptomatique » a-t-il notamment dit dans une vidéo. Avant de mettre en garde : « sachant que plus tôt le traitement sera donné, plus il sera efficace et de ne pas le réserver comme jusqu’à maintenant aux patients qui ont des formes sévères ou pire un état de détresse respiratoire aiguë, où on le sait il est souvent trop tard. »

https://lemediapourtous.fr/marche-arriere-finalement-la-chloroquine-ne-sera-utilisee-que-dans-les-cas-graves/

NDLR >>> CE QUI EST ESSENTIEL, C’EST DE NE PAS RELÂCHER LA PRESSION SUR LE POUVOIR ET D’OBTENIR L’ACCES AU PROTOCOLE RAOULT POUR TOUTES LES PERSONNES INFECTEES PAR LE COVID-19 , VIA LES MEDECINS GENERALISTES !!!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/27/hydroxychloroquine-contre-covid-19-ne-pas-relacher-la-pression/

https://www.mesopinions.com/petition/sante/faut-ecouter-professeur-raoult/82737

 

 

UNE PÉTITION UTILE EN RENFORT !!!

Allons plus loin que le décret du 26 mars.


La prescription du traitement à la Chloroquine doit pouvoir AUSSI être prescrite par les médecins  libéraux.

Réserver cette prescription aux seuls hôpitaux, est une restriction inadmissible dès lors qu’elle ferme l’accès au traitement des Français malades du Covid 19 non hospitalisés.

 

https://www.mesopinions.com/petition/sante/prescription-traitement-anti-covid-19-professeur/84424

Le Covid-19, c’est pas la Faim du monde !!!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/14/le-covid-19-cest-pas-la-faim-du-monde/

 

 

Nombre de décès

dus à la malnutrition

dans le monde

 

 

815 millions de personnes souffrent de malnutrition dans le monde selon le FAO. En 2015, il y aurait eu 9,1 millions de morts dus à la malnutrition dans le monde (compteur). La malnutrition provoque la mort de 3,1 millions d’enfants de moins de 5 ans chaque année.

Depuis le 1er janvier

1 839 740 morts

 – relevé statistique à 16h 17, ce 14 Mars 2020

https://www.planetoscope.com/mortalite/32-nombre-de-deces-dus-a-la-malnutrition-dans-le-monde.html

 

La malnutrition dans le monde

Selon le rapport sur la malnutrition publié le 4 novembre 2017, plus aucun des 140 pays étudiés n’échappe au problème de la malnutrition et à l’un de ses effets : anémie chez la femme en âge de procréer, retard de croissance chez l’enfant, surpoids chez l’adulte.

La faim dans le monde en 2017

815 millions

En 2017, 815 millions de personnes ont faim dans le monde et se couchent le ventre vide (777 millions en 2015), dont 38 millions dans une situation d’insécurité alimentaire grave (Somalie, Nigéria, Yémen, Soudan du Sud, Éthiopie, Kenya).

Après 10 années de décroissance, la malnutrition est repartie à la hausse en 2016 avec, selon la FAO, 38 millions de malnutris en plus.

 Combien de personnes meurent de faim dans le monde ?

 9 125 000

Soit 25 000 par jour!!!

Selon Martin Caparros, auteur du livre « La faim », en 2015, 25.000 personnes meurent chaque jour de faim quelque part dans le monde soit 9,1 millions de décès par an dus à la faim.

Combien de décès dus à la malnutrition dans le monde ?

795 millions de personnes souffraient de malnutrition dans le monde en 2010 selon le FAO. 1 million de morts dus à la malnutrition dans le monde chaque année (chiffres Lancet en 2010).

La malnutrition tue autant que le cancer. Près de la moitié des décès d’enfants de moins de 5 ans est due à la malnutrition.

La malnutrition serait en cause dans 45% des décès d’enfants dans le monde, selon le Lancet

« Toutefois, avec la mort d’un enfant toutes les 6 secondes pour des problèmes liés à la malnutrition, la faim reste la plus grande tragédie et le plus grand scandale au monde », affirme le Directeur général de la FAO, Jacques Diouf.

Les affamés du monde vivent en grande majorité dans les pays en développement où ils représentent 16 pour cent de la population.

La malnutrition dans le monde

Combien de personnes souffrent de faim aiguë dans le monde ?

 124 000 000

En 2018, 124 millions de personnes souffrent de faim aiguë dans le monde.

 151 millions d’enfants voient leur croissance affectée par la malnutrition.

L’indice mondial de la faim

20,9

L’indice mondial de la faim a reculé entre 2000 et 2018, passant de 29,2 à 20,9 points, grâce aux progrès réalisés notamment au Rwanda, au Sri Lanka, au Bangladesh, en Éthiopie et en Angola.

L’indice mondial de la faim est calculé et publié par les O.N.G. irlandaise Concern Worldwide et allemande Welthungerhilfe.

825 millions

825 millions de personnes supplémentaires pourraient être nourries ne serait-ce que en modifiant la répartition des plantes cultivables. (Université Columbia, 2017)

 

 

Qu’en pensent Macron, Trump et leur monde, en essayant de nous faire pleurer dans nos chaumières avec le Covid-19 ???

COVID-19 Coronavirus Outbreak

https://www.worldometers.info/coronavirus/

Last updated: March 14, 2020, 15:30 GMT

Coronavirus Cases:

150 097

Deaths from Covid-19:

5 617

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Déjà morts de faim en 2020 :

1 839 740

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Sur le même sujet, voir aussi :

Crise du Virus ou Virus de la Crise???

EXTRAIT RÉACTUALISÉ D’UNE ANALYSE PUBLIÉE EN 2018 SUR TML

+Mise à jour au 11/03/2020 >>> Questions de nos lecteurs, à voir à la suite des NOTES

+ Nouvelle mise à jour des questions, après le « 20h » de Macron, le 12/03/2020

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/10/crise-du-virus-ou-virus-de-la-crise/

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Voir aussi :

Covid-19, une origine US:

info ou intox ?

 

Coronavirus : Pékin soupçonne l’armée américaine d’avoir apporté le virus en Chine

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/14/covid-19-une-origine-us-info-ou-intox/

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Une escarmouche significative sur le front de la dialectique…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/04/des-contorsions-pathetiques-de-l-ontologie-de-la-dialectique/

 

Des contorsions pathétiques de l’ « ontologie » de la dialectique…

Un échange à l’initiative tout à fait utile de la librairie TROPIQUES

Le mer. 4 mars 2020 à 11:57, TML-info a écrit :

 Bonjour, 

Pour info, cette étude basée directement sur les sources historiques russes et soviétiques, incluant les témoignages directs des intervenants dans les événements autour de l’affaire Lyssenko et de ses suites sous le khrouchtchevisme.

Ces témoignages croisés expliquent exactement le contraire des affirmations de MM. Suing et Gastaud, notamment celles qu’ils ont cosigné dans un doc important fait en commun entre eux sur les fondamentaux, en 2019.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/02/le-revisionnisme-de-mm-gastaud-suing-et-cie-demasque-par-les-sources-historiques-sovietiques-et-russes/

 

Luniterre

 

La réponse du libraire >>>

Bonjour,

je suis assez d’accord avec l’idée que les conférences de Guillaume Suing en rapport avec les accomplissements de l’agrobiologie soviétique :

http://www.librairie-tropiques.fr/2018/04/quid-de-la-planete-aux-pays-du-socialisme-reel.html

sont bien utiles à ce titre, mais ne justifient nullement l’idée éventuelle ( et  particulièrement sotte si c’était le cas) de « redonner une validité aux thèses de la pseudo- « génétique prolétarienne » de Lyssenko, qui a pourtant été un des ferments idéologiques et politiques de la contre-révolution khroutchtchevienne ».

C’est aussi l’inquiétude que manifestât Patrick Tort, à suite du premier livre de Patrick Suing, qui ne traitait par de l’agrobiologie « proto-écologique » des agronomes soviétiques, mais des rapports entre Marx et Darwin : http://www.librairie-tropiques.fr/2016/04/guillaume-suing-la-dialectique-de-l-evolution.html

Je leur transmets donc vos objectons et l’argumentaire que vous appuyez ici sur des sources qui semblent assez sérieuses et en tout cas authentiques.

Mais à vrai dire c’est plutôt le livre précédent de Guillaume Suing qui aurait du vous alerter sur cette problématique et qui pourrait éventuellement prêter le flanc à ce genre de commentaire critique.

Libre à eux de répondre à ces objections, s’ils le jugent utile.

Pontifex Marximus


Librairie Tropiques
56 et 63 Rue Raymond Losserand 75014 Paris
01 43 22 75 95

Première réponse de TML au libraire >>>

Bonjour,

Merci pour vos observations, assez judicieuses…!

Effectivement, mes ressources plus que limitées (795€/mois pour survivre…) ne me permettent pas d’acheter tout ce qui parait aux simples fins de critique, même utile, comme c’est le cas ici…

Je me concentre donc sur les ressources du net pour ma documentation. Néanmoins, ce doc révélateur:

https://www.initiative-communiste.fr/wp-content/uploads/2019/03/dialogue-entre-G.-Suing-et-G.-Gastaud-sur-l%C3%A9volution-biologique-et-lontologie-des-sciences.pdf

…m’avait donc totalement échappé, et n’est ressorti dans mes recherches que récemment, après la polémique faisant suite au « café marxiste » sur le sujet.

Les sources russes, relativement plus accessibles sur le net (moins d’esprit mercantile, encore, malgré tout, en Russie, sur ces sujets historiques…) présentent évidemment, par contre, la barrière de la langue…!

Les sources citées sont effectivement rédhibitoires contre les thèses de MM. Gastaud et Suing, même en tenant compte de quelques nuances entre eux deux.

Pour une traduction précise, il me faudra encore quelques temps, et ce sera donc l’objet d’une nouvelle édition, mais étant donné l’urgence du débat nécessaire sur les fondamentaux, dans la situation actuelle, il m’est donc apparu nécessaire de publier ce travail en l’état.

Merci, également, pour votre transmission aux intéressés.

Bien à vous,

Amicalement,

Luniterre

Une réponse de M. Guillaume Suing,

commentée par le libraire >>>

Le mer. 4 mars 2020 à 14:26, Guillaume Suing a écrit :

l’internaute mystérieux intervient longuement et à contresens sur une question qu’il n’a pas comprise, en particulier sur le plan scientifique où sa « culture google » (quelques liens wikipedia pris à la hate) pose évidemment problème (il s’en prend en fait directement au PRCF et en déduit ensuite ses « attaques » sans d’ailleurs avoir lu le livre (il a plusieurs fois réorienté ses attaques suite aux réponses): une preuve est qu’il ne cite jamais aucune phrase écrite par moi dans ces kilomètres de mots, où je « défendrais » lyssenko en tant que chercheur ou en tant que théoricien, et moins encore sur la question des « deux sciences ».

La preuve la plus simple du fait que mon travail est précisément un démenti total de cette « théorie des deux sciences » est que ce sont les généticiens d’aujourd’hui qui redécouvre sur la base même de la génétique en quoi il est possible « d’ébranler » réversiblement (c’est à dire au sens où l’entendaient les agronomes soviétiques de l’époque) l’hérédité! C’est ce que lyssenko appelait « science bourgeoise » qui a finalement appuyé ce qu’il n’arrivait pas lui même à théoriser (en grande partie par rejet dogmatique de la notion de gène).

Je met en avant chaque fois que celà est possible l’opposition évidente qui existait entre staline et lyssenko sur cette question d’ailleurs, ce que cache évidemment notre militant clandestin dans ses kilomètres de textes pulsionnels. Voilà ce que signifie (mais encore faut-il lire le texte plutot que le seul titre) le fait de « dépasser la légende noire de lyssenko »

Evidemment derrière ces attaques l’internaute s’en prend à l’adhésion à un matérialisme ontologique, évidemment. Le renversement dialectique de la génétique en épigénétique (hérédité des caractères acquis « antilamarckienne ») qui met pourtant en avant que c’est bien la matière qui procède dialectiquement et non simplement ce que nous en pensons. Il ne faut justement pas mélanger science et politique, contrairement à ce que fait l’internaute en question (qui conclue avant d’examiner en fonction de l’étiquette politique)

Bonne journée cher camarade!

Guillaume

>>> Le libraire >>

« je transmets aux intéressés … et à « l’internaute mystérieux » …

Et je confirme, sans pour autant partager les analyses et opinions de « l’internaute mystérieux », que selon Patrick Tort (et je suis bien d’accord avec lui sur ce plan) le projet de réhabilitation de Lyssenko et des ses élucubrations bureaucratiques, outre qu’on n’en voit pas bien l’utilité épistémologique ou même idéologique ( sauf à vouloir ridiculiser les scientifiques communistes ou justifier les conneries « ecolommunistes » ) relève de la parfaite niaiserie qui plus est politiquement calamiteuse….

Dominique


Librairie Tropiques

Un échange entre M. Suing et le libraire >>>

Le mer. 4 mars 2020 à 15:49, Guillaume Suing a écrit :

Est-il possible de sortir de l’insulte ad hominem?

Réponse du libraire >>>

ça m’est d’autant plus facile que, personnellement je n’y suis jamais entré …

affirmer, avec Patrick Tort ( et à vrai dire à peu près toutes celles et ceux qui ont un point de vue encore marxiste sur ce genre de questions) que le projet de réhabilitation de Lyssenko relève de la parfaite niaiserie qui plus est politiquement calamiteuse n’est ni insultant, ni « ad hominem ».

Il t’est parfaitement loisible de défendre ce projet mais pour ça il faudrait traiter non pas comme des insultes mais des objections les commentaires de ce genre et y légitimer rationnellement et scientifiquement ce que selon toi « lyssenko n’arrivait pas lui-même à théoriser » …

Nul d’entre-nous qui jugeons qu’il vaut mieux « oublier Lyssenko » n’avons jamais, à aucun moment, « rejeté la notion de gène » qui plus est « dogmatiquement » !  Il nous semble qu’il y a mieux et plus utile, dans le débat idéologique marxiste aujourd’hui que ce genre de combat d’arrière garde, désormais totalement dépourvu d’enjeu ou de perspectives politiques, sociales ou scientifiques.

Pour ce qui est des conneries ( et je pèse mes mots ) escrolo-communistes ( du genre Prone et ses « amis ») , il n’y a insulte ou injure que pour les anti-marxistes et/ou anticommunistes parmi eux .. et naturellement, dans pareil contexte je revendique l’injure à ceux qui font injure aux idées qu’ils prétendent défendre et qu’en pratique ils ridiculisent.


Librairie Tropiques

Une réponse de TML à tous les intervenants >>>

Re-bonjour à tous…

« Ad hominem »??? Personnellement il ne me parait pas abusif, pour le moins, de répondre en tant qu’autodidacte formellement « discrédité » par M. Suing, et vous trouverez donc, telle qu’elle, la réponse qui était sur le point de partir quand j’ai reçu votre échange…

***********

« Amusante et pitoyable, comme d’habitude, désormais, la réaction de M. Guillaume Suing qui joue sur les mots pour contourner sa propre falsification historique et tenter de botter en touche en discréditant formellement la démarche de l’autodidacte, mais en prenant grand soin de ne pas y répondre réellement, sauf à répéter son tour de passe-passe également grossier entre génétique et épigénétique…

Ce n’est plus de la biologie, c’est carrément du bonneteau ! Lyssenko peut donc dormir tranquille, il a enfin trouvé son vrai maître… !

Et quand au fond du débat, il n’est pas du tout esquivé, mais bien au contraire, mis en lumière par la dénonciation nécessaire de la falsification historique :

« Evidemment derrière ces attaques l’internaute s’en prend à l’adhésion à un matérialisme ontologique, évidemment. Le renversement dialectique de la génétique en épigénétique (hérédité des caractères acquis « antilamarckienne ») qui met pourtant en avant que c’est bien la matière qui procède dialectiquement et non simplement ce que nous en pensons. Il ne faut justement pas mélanger science et politique,… »

Contorsion caricaturale et répétée pour tenter de sauver la prétendue « ontologie » de la dialectique (…et qui serait donc, en plus, « apolitique » !) revisitée par MM. Gastaud et Suing…

Caricature désormais consignée, il est vrai, dans leur pittoresque « dialogue philosophique »…

Incontestablement, un substitut possible pour « dépasser » Lyssenko sur son propre terrain…

Un dialogue « philosophique » d’anthologie, en un sens, mais sans trop de risque de dépassement, néanmoins, concernant les poids lourds du genre…!

Merci, néanmoins, pour l’effort d’avoir produit cet écrit bien assorti aux précédents.

Luniterre

Une question complémentaire, posée par TML au libraire… >>>

Re…

Je me permets un « aparté » à propos de >>>

« Il nous semble qu’il y a mieux et plus utile, dans le débat idéologique marxiste aujourd’hui que ce genre de combat d’arrière garde, désormais totalement dépourvu d’enjeu ou de perspectives politiques, sociales ou scientifiques. »

En effet, le « débat » actuel montre qu’il y a un enjeu qui touche précisément aux fondamentaux du matérialisme dialectique, et que la « revisitation » de Lyssenko par MM. Gastaud et Suing est bien une sorte de Cheval de Troie pour avancer leur propre conception de la dialectique.

Et c’est évidemment cela qu’il est essentiel de combattre, à moins que vous n’y adhériez d’une manière ou d’une autre, et c’est ce que je vous demande franchement et carrément de m’expliquer.

Nos désaccords concernant la lecture de Marx à propos de la loi de la valeur n’ont pas été éclaircis non plus, du reste, mais ce point actuel est évidemment encore plus important et ne peut rester dans le non-dit d’une simple interprétation de lecture, qui conserve néanmoins son importance, quoi que relativement secondaire par rapport à cette question immédiate du « débat » actuel… !

Bien à vous,

Amicalement,

Luniterre

Question restée sans réponse… !!!

CQFD …

Bilan de l’escarmouche:

M. Suing a au moins le courage de remonter au front de l’ »ontologie » de la dialectique, même s’il se prend tout de suite les pieds dans les barbelés « néo-lyssenkistes » qu’il a lui-même posés…

Tandis que son « camarade » Gastaud reste prudemment planqué, et on comprend bien pourquoi… Pas très solidaire, en fait…

Le libraire, lui, tente de camper au milieu des tranchées, en évitant habilement de tomber dans la fange lyssenkiste…  Position néanmoins « inconfortable » et dont il refuse, pour l’instant, de tirer les conséquences… Résultat final: tout ce petit monde refuse d’affronter la dure réalité du matérialisme réellement dialectique, celui pour lequel les Jdanov, père et fils, ont combattu toute leur vie, et pour lequel Andreï Jdanov a donné sa vie, en réalité… Aux « bons soins » de Beria et des médecins manipulés par ses services, dixit Chepilov, corroboré par Yuri dans une interview historique des dernières années de sa vie.

Concernant l’évolution de la position des uns et des autres au cours de l’affaire Lyssenko, M. Suing adopte bien des positions à géométries variables selon l’interlocuteur, contrairement à ce qu’il affirme, alors que dans cet article comme dans les autres, nous avons juste fait l’effort normal, d’un point de vue matérialiste historique et dialectique de retrouver les traces de cette évolution réelle, selon les temps forts déterminants de l’histoire réelle.

Ici M. Suing tente à nouveau de valider sa position comme « stalinienne » et donc prétendument « ML » en affirmant, au mépris le plus complet de l’histoire :

« Je met en avant chaque fois que celà est possible l’opposition évidente qui existait entre staline et lyssenko sur cette question d’ailleurs, ce que cache évidemment notre militant clandestin dans ses kilomètres de textes pulsionnels. Voilà ce que signifie (mais encore faut-il lire le texte plutot que le seul titre) le fait de « dépasser la légende noire de lyssenko » »

…Alors qu’on vient précisément de voir qu’il n’y avait pas du tout « d’opposition évidente » entre Staline et Lyssenko, mais bien une alliance réelle et durable, sur près de deux décennies, même si effectivement finalement déjà nuancée par les critiques relatives et les corrections apportées au manuscrit de 1948 de Lyssenko, et dont nous fournissons, en lien, une étude historique russe contemporaine, citée à propos des relations complexes entre les Jdanov père et fils et Staline, à ce tournant de l’histoire !

Bien au contraire des falsifications historiques de M. Suing, il n’y a donc rien de « caché » dans notre démarche, et cela n’est donc pas purement anecdotique, contrairement à ce que sous-entend le néanmoins, sur ce point, courageux libraire !

En effet ce sont bien deux conceptions fondamentales de la dialectique qui s’opposent dans ce débat, aujourd’hui comme à l’époque, et c’est précisément ce qui en fait l’intérêt essentiel et l’importance décisive pour la survie et le renouveau éventuel, espéré, du mouvement ML en France.

Conception épistémologique, comme celle des Jdanov et la nôtre, ou conception « ontologique », c’est bien d’un choix de lutte de classe qu’il s’agit. Il se trouve que Staline a finalement tranché nettement, pour sa part, du bon côté, celui des Jdanov, et c’est tout à son honneur, et c’est une réalité que dissimulent non seulement les « historiens » au service du système, mais aussi, évidemment, les révisionnistes, dont les contorsionnistes pseudo « ML » du genre de MM. Suing et Gastaud.

Tout aussi évidemment cette prise de position fondamentale de Staline est survenue trop tard et trop près de sa mort (*) pour qu’il ait le temps de redresser la situation et le rapport de forces entre ML et révisionnistes, en URSS, et donc pour sauver et renouveler le socialisme, comme cela semblait s’annoncer positivement à l’issue du 19ème Congrès.

C’est donc malheureusement, en rapport de l’histoire de l’URSS, une occasion de mesurer à sa juste proportion l’enjeu réel de ce débat, aujourd’hui comme hier, même s’il est plus flagrant que jamais, dans la situation actuelle, qu’en tant que prolétaire, nous n’avons rien à perdre, mais tout à gagner !!!

Luniterre

(*Comme on l’a déjà vu, cette problématique, en synergie avec d’autres sujets essentiels, est possiblement une des causes de sa mort, à peu près aussi peu « naturelle » que celle de Jdanov père, selon nombre d’historiens russes, mais c’est donc, c’est le cas de le dire, et même si évidemment connexe, un autre chapitre …)

Anti-Suing: la preuve par Yuri Jdanov!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/03/02/le-revisionnisme-de-mm-gastaud-suing-et-cie-demasque-par-les-sources-historiques-sovietiques-et-russes/

Le révisionnisme

de MM. Gastaud-Suing & Cie

démasqué par les sources

historiques soviétiques et russes!

.

.

.

Défendre les réussites de la période socialiste de l’URSS (1922-1953), c’est évidemment essentiel comme élément de la renaissance du mouvement marxiste-léniniste en France, mais cela ne peut se faire, sauf à se tirer dès le départ une balle dans le pied, au prix de la justification des dérives révisionnistes qui ont précisément entraîné sa perte. Et au nombre de celles-ci, l’agrobiologie lyssenkiste!

Les ouvrages et les conférences de M. Guillaume Suing concernant les mérites écologiques de l’agrobiologie soviétique dissimulent à peine la motivation sous-jacente de redonner une validité aux thèses de la pseudo- « génétique prolétarienne » de Lyssenko, qui a pourtant été un des ferments idéologiques et politiques de la contre-révolution khroutchtchevienne.

A la base de cette aberration se trouve l’idée d’une prétendue « science prolétarienne » qui devrait s’opposer à la « science bourgeoise »… Alors qu’assez naturellement, deux et deux font toujours quatre, qu’on soit en bas où en haut de l’échelle sociale, même si les valeurs comptabilisées sont loin d’être les même. Même en cas de révolution les pommes ne remontent pas dans les pommiers, histoire de faire la pige à ce vieux réac de Newton…

Ce n’est pas la connaissance scientifique qui a un contenu de classe par elle-même, mais l’utilisation qu’on peut en faire…

Le marxisme-léninisme propose une approche matérialiste dialectique de la réalité en générale, et donc de l’interprétation philosophique dialectique des sciences et de leurs lois et découvertes, mais il ne prétend pas se substituer aux lois scientifiques qui régissent les éléments eux-mêmes, selon leurs natures propres. Il n’y a pas plus de « physique prolétarienne » que de « génétique prolétarienne », de « chimie prolétarienne », etc…

Une approche pseudo- « marxiste » qui préconise que le matérialisme dialectique doit permettre de définir toutes les lois qui régissent les éléments et constitue donc, en fait, une loi scientifique générale des éléments naturels, décrivant l’essence même de tout ce qui existe dans l’univers, c’est à dire une loi qui constitue le statut ontologique de toutes choses, c’est ce qui s’appelle une conception « ontologique » de la dialectique, telle qu’elle se trouve défendue principalement, actuellement en France, par le leader du micro-parti PRCF, M. Georges Gastaud. Ce n’est donc pas du tout un hasard s’il a préfacé le dernier ouvrage de M. Guillaume Suing, présenté lors d’un prétendu « café marxiste » organisé par le PRCF !

Notre réponse à ce pseudo- « café marxiste » ne visait donc pas spécialement le contenu de l’ouvrage présenté, ni la personne de M. Suing particulièrement, mais bien le fond idéologique révisionniste qui s’avance masqué derrière les beaux discours sur l’agrobiologie et l’écologie soviétique ainsi « revisitées ».

Notre critique constitue donc essentiellement une approche épistémologique des sujets abordés, incluant un rétablissement documenté des réalités historiques, et ne prétend aucunement donner des leçons de sciences, se bornant simplement à rappeler les évidences nécessaires au débat.

Au fil des divers éléments de débat qui ont suivi, la position de M. Guillaume Suing a reçu logiquement le renfort de tous ceux qui veulent comprendre le marxisme non pas comme une philosophie mais bien comme une « science » en soi, et qui devrait non seulement dominer toutes les autres, mais carrément les remplacer, en fin de compte. Illustrant ce concept, voici l’essentiel d’un mail en réponse reçu d’un certain « Ollaf »… :

« En différenciant comme tu le fais le matérialisme dialectique de la science, tu montres que tu n’as finalement rien compris au mat[érialisme] dial[ectique] et histo[rique] (complété par nous -NDLR). Le Mat dial n’est pas une « philosophie » (une sorte dis-tu d’ »épistémologie ») il est comme le démontre Engels (dans Anti-during et autres), puis après lui Lénine (dans Mat[érialisme] et empiriocriticisme) et puis Mao (dans De la contradiction) la démarche indispensable du scientifique s’il veut (et peut, car il peut être limité dans sa compréhension du monde par l’idéologie dominante métaphysique) comprendre le mouvement, les contradictions internes de tous phénomènes. Donc il ne se « substitue pas aux sciences », comme tu dis, il est au cœur de toute science.  (Souligné par nous-NDLR) Reste ensuite les interprétations que peuvent faire de toutes sciences les philosophes.

Beaucoup de soit-disant sciences n’en sont pas par manque, justement, de la compréhension fondamentale que tout phénomène est mouvement mu par des contradictions.   (Souligné par nous-NDLR)  Mais je me souviens que tu prétendais que Mao n’était pas marxiste car il mettait la contradiction comme étant le principe essentiel de la dialectique. Mao avait tout a fait raison, après Engels et Lénine. »

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Étymologiquement, la dialectique est l’art de l’analyse exhaustive par l’examen de tous les aspects contradictoires d’un problème ou phénomène… Lénine n’a donc rien inventé en rappelant cette évidence dans ses notes de lectures sur Hegel…

Que la contradiction soit l’essence de la méthodologie dialectique n’en fait pas pour autant l’essence de tout phénomène et Lénine, en rappelant le rôle essentiel évident de la contradiction n’a jamais opéré une telle confusion, qui ressort déjà, à la base, du révisionnisme.

Autrement dit, l’étude des aspects à la fois contradictoires et complémentaires des phénomènes naturels est évidemment aussi bien un aspect essentiel de la science que de la dialectique, mais reste largement insuffisante pour en définir l’essence, le statut ontologique selon le domaine scientifique dans lequel ils sont étudiés.

Chacun de ces domaines définit ses propres lois résultant de son propre domaine d’expérimentation et d’observation, et chacun de ces ensembles de lois constitue le statut ontologique de chacun de ces domaines.

En un sens, ce sont donc les lois de la physique des particules, désormais indissolublement liées à la physique quantique, qui englobent le plus largement l’ensemble des autres domaines. Néanmoins, à chaque niveau constitutif du réel correspond un ensemble de connexions nomologiques fonctionnant selon des lois qui lui sont propres et qui fondent un domaine de la science. Les lois de la biologie ne se résument ni à celles de la physique, ni à celles de la méthodologie dialectique.

Et contrairement à ce qu’avance « Ollaf », Mao Zedong ne se contentait pas de répéter après Lénine que la contradiction est l’essentiel de la dialectique, mais affirmait bien singulièrement que l’essence même de tout phénomène se résume à une « contradiction interne », faisant par là directement de cette « contradiction interne » le statut ontologique de toute chose, et proclamant donc ainsi une revendication « ontologique » pour sa prétendue dialectique, même si, à la manière de M. Jourdain, sans pouvoir mettre un nom dessus !

A noter au passage que renoncer au statut ontologique de la « contradiction interne », ce serait donc, éventuellement, pour le maoïsme, renoncer à tout statut ontologique pour quelque phénomène que ce soit, et donc revendiquer haut et fort sa nature réelle intrinsèquement métaphysique !

A noter encore, à ce propos, la duplicité du « marxisme » universitaire français, essentiellement « althusserien », en fait : en effet, non seulement Louis Althusser faisait grand cas de la rhétorique du « De la Contradiction » de Mao, mais prétendait bien outrepasser largement le domaine philosophique du marxisme pour en faire une « science marxiste » et donc lui donner, en dépit de ses proclamations théoriques, un statut ontologique en tant que domaine scientifique chapeautant ipso facto, même si indirectement, tous les autres…

Le paradoxe apparent, mais réelle duplicité, en fait, vient de ce qu’Althusser prétendait à une « coupure épistémologique » dans l’œuvre de Marx, puis à une suite de « coupures épistémologiques » d’avec l’« idéologie », dont son « marxisme » devrait prétendument se séparer… Une suite de coupures opérée finalement au prix de charcutages multiples où Althusser décidait ex-cathedra ce qui était « marxiste » chez Marx, et ce qui ne l’était pas, selon lui…

Au compte de ces « coupures », et en dépit de sa Maolâtrie frénétique, Althusser, effectivement pas à une contradiction près, finit par rejeter carrément la dialectique ! (1)

En somme, si Althusser a effectivement semblé formellement rompre avec le lyssenkisme, c’était essentiellement pour imposer son propre substitut, en réalité profondément « ontologique » en dépit de sa prétention à « coupure épistémologique »… Substitut du marxisme toujours largement répandu, sinon dominant, dans le « marxisme » universitaire français… Qui s’est en fait en grande partie mué en « althusserisme », en dépit de la fin tragiquement révélatrice du « Maître »… (2)

D’une manière générale on comprend bien ainsi qu’en dépit de ses querelles de chapelles le « marxisme » français est resté profondément imprégné de sa période thorezienne, qui a suivi fidèlement le lyssenkisme, jusque dans sa phase khrouchtchevienne terminale, après avoir introduit et officiellement diffusé, en France, à partir de 1954, la rhétorique « philosophique » de Mao Zedong par le biais d’un ouvrage de « principes fondamentaux de philosophie » attribué, qui plus est, de manière complètement apocryphe au malheureux Georges Politzer, qui n’en pouvait mais, ayant été fusillé par les nazis en 1942 ! (3)

Dans ce contexte il n’est donc pas réellement surprenant que surgisse, prétendument sur la « gauche » du PCF en déroute, un courant néo-thorezien revendiquant expressément un statut « ontologique » pour la dialectique et supportant donc assez logiquement les tentatives de M. Guillaume Suing de revalider l’agrobiologie lyssenkiste, démarche reposant tout aussi expressément sur une revalidation de la théorie lyssenkiste néo-lamarckienne de l’ « hérédité des caractères acquis » !

On le voit bien à ce propos, aujourd’hui comme hier, la question fondamentale de la validité du marxisme-léninisme est donc celle du rapport entre le matérialisme dialectique et la science.

Le matérialisme dialectique est une philosophie, une manière de chercher à comprendre le mouvement du réel, une manière d’y situer le rôle de la conscience humaine, et donc il s’appuie nécessairement sur l’ensemble des connaissances scientifiques humaines.

En ce sens il est donc nécessairement une forme d’épistémologie. En tant que méthode de réflexion épistémologique il peut certainement contribuer à la progression des connaissances et des pratiques, et singulièrement, dans le domaine des sciences humaines, dont l’économie est l’exemple le plus fameux, mais peut-il et doit-il pour autant se substituer aux sciences elles-mêmes et notamment leur imposer sa propre méthodologie, cela reste donc une question qui n’est manifestement pas encore franchement éclaircie pour tout le monde, c’est le moins qu’on puisse dire !

M. Suing ose prétendre qu’il ne mélange pas science et politique… Il s’acharne néanmoins à tenter de nous démontrer que la méthodologie suivie sous l’influence de Lyssenko aurait été « socialiste » et nous dit-il, prétendument abandonnée par le khrouchtchevisme… Et cela ne serait donc pas de l’ordre du politique ???

La science, en réalité et à l’évidence, est un mouvement de la conscience humaine pour décrypter son environnement, mais elle ne se contente donc pas d’une simple méditation contemplative et purement métaphysique. Elle part au contraire de l’expérimentation, de l’interaction de l’humain avec son milieu, et elle n’existe pas, même à titre de simple observation, du reste, sans cette interaction. Un constat qui a pris une ampleur particulière, ces dernières décennies, avec l’émergence de la physique quantique.

D’une manière ou d’une autre, la science s’inscrit donc dans l’interaction générale de l’humanité avec son milieu, et elle a donc une signification économique, et donc aussi politique, par voie de conséquence.

Par l’ampleur des moyens qu’elle met en œuvre, aussi bien que par ses conséquences technologiques souvent très immédiates, les choix d’orientation de la recherche ont une incidence, et désormais de plus en plus rapide, sur la vie économique, sociale et politique.

Ce n’est donc pas un prétendu « apolitisme » de la science qui peut distinguer la démarche matérialiste dialectique de la démarche métaphysique…

C’est donc même précisément dans le mouvement de la conscience que se trouve la différence… La science avance avec la masse des connaissances et des expérimentations qu’elle a déjà accumulées, mais aussi avec la masse des idées et concepts qu’elle a élaboré ou contribué à élaborer sur cette base, et cela comprend nécessairement une partie de préjugés culturels et même idéologiques.

Mais dans la démarche scientifique, il est clair que le mouvement de la connaissance se fait essentiellement du réel vers la conscience, et non l’inverse.

Le matérialiste dialectique est celui qui va au devant du réel sans attendre que celui-ci réponde nécessairement aux idées et préjugés éventuels qu’il a élaboré sur la base de ses connaissances et expérimentations précédentes.

Le matérialisme dialectique, reposant nécessairement, comme on l’a vu, sur une approche épistémologique la plus large possible des connaissances scientifiques, ne saurait continuer d’être valide, ni même tout simplement d’avoir le moindre sens sans être complètement ouvert au mouvement du réel vers la conscience, et cela implique donc une évolution constante en fonction de ce mouvement.

Parler des lois de la dialectique, c’est parler de la méthodologie d’approche du mouvement du réel dans son ensemble, et cela ne saurait donc être figé. Le matérialisme dialectique repose sur une approche épistémologique d’ensemble et sur une méthodologie dialectique de cette approche épistémologique. Cette méthodologie ne peut donc elle-même être figée. Elle ne peut qu’évoluer en fonction du mouvement du réel vers la conscience ou dépérir et devenir un dogme caduque, et même réactionnaire dans ses conséquences…

C’est bien là toute l’histoire du lyssenkisme, et non seulement celle du lyssenkisme, mais aussi celle de la plupart des idéologies qui continuent à ce réclamer formellement du marxisme, et même du marxisme-léninisme.

Prétendre que le mouvement du réel devrait répondre aux lois d’une méthodologie rigide élaborée à un certain stade des connaissances humaines, c’est, par définition, refuser de laisser rentrer le mouvement du réel dans la conscience humaine, et en fin de compte, refuser le mouvement du réel lui-même.

Le mouvement du réel est représenté dans la conscience humaine par l’ensemble des lois scientifiques propres à chaque domaine de recherche et d’expérimentation. Le matérialisme dialectique représente donc une approche synthétique de l’ensemble de ces connaissances et non pas une somme exhaustive et détaillée, désormais inaccessible dans sa totalité, et cela déjà depuis longtemps.

La méthodologie générale du matérialiste dialectique ne saurait donc se substituer aux lois scientifiques précises propres à chaque domaine de recherche et d’expérimentation. Elle ne saurait donc prétendre que le réel et la matière étudiés sous leurs différents aspects par chacun des domaines scientifiques doivent répondre précisément aux lois de cette méthodologie. La méthodologie du matérialisme dialectique reste nécessairement une méthodologie épistémologique, et c’est aussi en cela qu’elle reste une méthodologie scientifique et non pas une méthodologie dogmatique et en fin de compte idéaliste et métaphysique.

C’est le mouvement général de la nature qui peut être appréhendé de manière dialectique, et non chacun de ces aspects particuliers, répondant à des lois scientifiques qui lui sont propres.

Dans certains domaines, et notamment dans les sciences humaines, on comprend bien que la confusion reste possible, et que la distance peut être parfois réduite entre les lois de la dialectique et celles qui sont propres à tel ou tel domaine scientifique, mais cela ne doit pas pour autant nous mener au dogmatisme.

La confusion est d’autant plus facile et tentante lorsque cette distance est parfois presque inexistante, dans le domaine des sciences humaine, et dans celui de l’économie, singulièrement.

Le dogmatique est celui qui abolit totalement cette distance et en arrive à généraliser ce manque de distanciation au point de l’annuler, également, dans son approche des autres domaines.

Avec des mots et des formulations différentes, c’est ce qu’on fait les lyssenkistes, hier, et ce que font, aujourd’hui, les partisans d’une prétendue « ontologie » de la dialectique. En sciences, l’ontologie n’est définie que par les lois qui sont spécifiques à chaque domaine d’investigation, et non par les lois générales de la dialectique, qui restent celles d’une méthodologie épistémologique, sauf à devenir non seulement caduques mais carrément dogmatiques et réactionnaires.

Bien évidemment, l’emploi de méthodes dialectiques de recherches n’est pas forcément limité aux sciences humaines, et peut très bien et très utilement se pratiquer en biologie, par exemple, comme l’ont prouvé notamment Stephen Jay Gould et Richard C. Lewontin, mais le risque est alors grand de confondre la méthode avec l’objet d’étude lui-même. C’est bien ce glissement que Yuri Jdanov tentait déjà de dénoncer, dès 1948, face à Lyssenko :

« В двадцатые – тридцатые годы борьба вокруг проблем биологии нарастала. Как всякая борьба, она не обходилась без увлечений и крайностей. Но на каком-то этапе был допущен срыв, приведший к тяжким последствиям.

Вспомним Ленина. Он в своей работе « Материализм и эмпириокритицизм » отстаивает идеи партийности философии, вскрывает методологические и гносеологические истоки метафизики, субъективного идеализма во взглядах многих физиков, математиков, физиологов своего времени. Но он никогда не вторгается в сферу компетентности той или иной науки, никогда не подвергает сомнению установленные наукой данные и закономерности (понимая их исторически обусловленный и относительный характер). Ленин критикует Маха как философа, но не как специалиста в области механики. Ленин говорит о возможности неверного истолкования теории относительности Эйнштейна, но не об ошибочности этой теории.

К сожалению, этот важный принцип был во многом утрачен в полемиках вокруг естествознания, диалектики природы, марксизма в науке. Это совершилось и в биологии. Реальные, конкретные, воспроизводимые результаты генетических исследований были объявлены как бы несуществующими, критика сформировала из науки для себя объект – лженауку.

Это смещение понятий далее трансформировалось в представление о наличии социалистических наук и буржуазных лженаук. Принцип партийности, имевший вполне определенное исторически обусловленное место в истории мысли, был незаконно перенесен в неадекватную для себя сферу.

Еще Бутлеров, столкнувшись с нарастающим национализмом некоторых современных ему немецких ученых, ворчал по поводу того, что скоро в химии придется говорить не о законах науки, а о законах немецкой науки. Перенесенное на классовую почву, это ограниченное представление породило мнение о возможности существования буржуазной биологии, о партийности биологии или, как говорил И.Презент, о партийно непримиримой борьбе в биологии.

Конечно, нелегко разорвать цепочку и вовремя остановиться, когда история предлагает кошмарную логическую цепь: менделизм – расизм – Освенцим или: теория относительности – эквивалентность энергии и массы – Хиросима. Природа не виновата в том, что, открывая ее закономерности, люди используют их против себя.

Истоком трагедии здесь становятся не открытые наукой законы природы, а социальные структуры.

Борьба в науке неизбежна, она не может уйти от столкновения позиций, точек зрения, концепций, гипотез. Эта борьба должна вестись лишь на принципиальной основе. « Ибо одно из худших свойств – это именно филистерство, стремление уговорить противника вместо борьбы против него », – отмечал Энгельс3.

Но продуктивной может быть лишь борьба на базе самой науки, на ее основе, внутри ее сферы фактов, теорий и представлений. Как только эта основа теряется, принципиальная борьба превращается в свою противоположность: наклеивание ярлыков, оскорбление личности, крики, взвизгивания, поношения и гонения.

Начав работу в секторе науки, я в первую очередь столкнулся с обстановкой в области биологии. »

[…] « В итоге за несколько месяцев у меня сложилась картина состояния дел в сфере биологии и 10 апреля 1948 г. я выступил на семинаре лекторов обкомов и горкомов ВКП(б) в зале Политехнического музея с лекцией на тему « Спорные вопросы современного дарвинизма ».

К интригам я и тогда не очень был приспособлен, да и сейчас плохо в них плаваю, и не знал, что, пока я читал лекцию, за спиной в подсобном помещении музея меня слушали и записывали Т.Д.Лысенко и М.Б.Митин. Об их последующих действиях известно из других источников; тогда я о них ничего не знал. Лишь в мае почувствовал недоброе, когда из секретариата Г.М.Маленкова срочно затребовали стенограмму моей лекции. » (Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ )

En réalité la critique originelle de Yuri n’était pas non plus exempte de tentatives de conciliations et de réunification des divers courants de la biologie soviétique, ce qui n’était pas forcément approprié, ni sur le fond, ni tactiquement, comme il l’a exprimé ensuite, avec le recul du temps :

[…]« Наконец однажды Шепилов, пригласив меня, дал совет: « Надо определить свое отношение к тому, что произошло на заседании ПБ ». Вот тогда и родилось мое письмо Сталину.

Оно было рождено не только естественной силой авторитета вождя: если он говорит об ошибке, значит, видимо, она имела место. Но и это обстоятельство играло роль. Значит, чего-то я недодумал, не учел. Вспомнились и расистские выводы из генетики, вспомнились и добрые слова Вавилова в адрес Лысенко. Да, зарвался, надо отступать. Однако не бежать.

Вот почему в письме я повторил критические замечания в адрес Лысенко, вновь сказал о практических достижениях современных генетиков. И не уступил в самом главном: не согласился, что морганисты-менделисты люди купленные, не скатился к вульгарно-социологической точке зрения, будто имеются две биологии: буржуазная и социалистическая. Не уступил оценке генетиков, высказанной при беседе в Сочи. Это – факт.

Но было и замешательство, были ошибочные по своей природе уступки. Наступил внутренний кризис, отягощенный начавшейся охотой за « генетическими ведьмами ». Практически я и наш сектор попали в изоляцию.

В это время в кругу членов Политбюро Сталин зачитал мое письмо. Отец рассказывал, что оно произвело впечатление « недостаточного разоружения ». Так считал Молотов. Берия бросил реплику: « Это, конечно, неприятно, но нужно быть выше отцовских чувств ». Эта сентенция потом часто приходила мне в голову: а можно ли и нужно ли быть выше отцовских, да и вообще человеческих чувств? Что там, в этой вышине? Вакуум, пустота, бездна?

Мне было известно, что в некоторых на все готовых инстанциях уже начинали готовить мое персональное дело. Сталин все это пресек, объявив мой поступок результатом неопытности и необдуманности. В связи с этим одно уточнение. В своей книге « Генетика – страницы истории » (Кишинев, 1988) Николай Петрович Дубинин приводит весьма распространенную, но ошибочную версию, будто во время лысенковских баталий я находился в родстве со Сталиным.

Лето тянулось, наступила пора отпусков. Стороной я узнала, что готовится сессия ВАСХНИЛ. Но сектор не курировал сельскохозяйственные учреждения, подготовка шла без нас. Не зная толком ничего, я уехал на отдых в альпинистский лагерь. И вот тут-то 7 августа прочитал в газете « Правда » мое письмо. Конечно, тотчас вернулся в Москву, но отпуска не прерывал и поехал на Валдай к отцу, который встретил меня ироническим выпадом: « Ну вот, мне пора на пенсию. Ты будешь писать и публиковать опровержения, на гонорар от них и будем жить ». Ирония была горькая, но довольно спокойная.

Через несколько дней отца на Валдае навестил Н.А.Вознесенский – единственный из числа руководства страны. Мы с Николаем Александровичем гуляли вдвоем по аллеям, он говорил о сложности судьбы политика. 31 августа отца не стало. Я вспоминал много, но чаще – его совет не идти на работу в ЦК.

Оглядываясь назад, теперь я понимаю, что допустил вот какую методологическую ошибку в своем докладе. Я действительно пытался свести, примирить враждующие стороны, путем снятия их односторонностей. Но надо было учесть урок Канта: в научном споре сперва нужно развести позиции сторон до антиномии, или, по Гегелю, заострить различие до противоположности, или, по Ленину, сперва размежеваться, чтобы потом объединиться. Без такого размежевания наступает неясность и движение в мутной среде. Боюсь, что это заключение и сейчас не утратило своей актуальности. »

(3 – Маркс К. и Энгельс Ф. Соч. Т.36. С.394. )

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

http://old.ihst.ru/projects/sohist/memory/jdan93ph.htm

Néanmoins, nous rappelle Yuri Jdanov, il est historiquement faux de prétendre que l’agrobiologie de Lyssenko est restée la norme officielle de l’URSS socialiste jusqu’à la fin de le vie de Staline et protégée par lui jusqu’au bout, comme le sous-entendent ou l’affirment carrément les réactionnaires et les révisionnistes. Il est déjà évident, même pour les rares historiens occidentaux honnêtes, que Staline avait finalement rejeté la théorie des « deux sciences, prolétarienne contre bourgeoise », dès 1950, avec notamment la publication de son ouvrage à propos de la linguistique (4) et eut-il survécu suffisamment au XIXème Congrès, ce n’eut pas été le cas du lobby lyssenkiste…:

[…]  « Летом 1952 г. произошло событие, которое не только плохо освещено, но и недостаточно осмыслено. Где-то в июне мне позвонил заведующий сельхозотделом ЦК Алексей Иванович Козлов и попросил срочно зайти. Я прибежал к нему в другой корпус и застал крайне возбужденным. Он сразу выпалил:

Я только что от товарища Маленкова. Он передал указание товарища Сталина: ликвидировать монополию Лысенко в биологической науке; создать коллегиальный президиум ВАСХНИЛ; ввести в состав президиума противников Лысенко, в первую очередь Цицина и Жебрака; создать комиссию ЦК по подготовке предложений.

Внутренне я так и ахнул. Но делиться было не с кем, распрашивать о мотивах такого решения – некого. Комиссия была создана. В нее Маленков, помимо Козлова и меня, ввел президента Академии наук СССР А.Н.Несмеянова, министра сельского хозяйства И.А.Бенедиктова и …Т.Д.Лысенко.

Комиссия собиралась дважды, но ни к « какому решению не пришла из-за обструкционистской позиции, занятой Лысенко. Страсти накалялись настолько, что Козлов, помнится, взывал даже к авторитету главы англиканской церкви Хьюлету Джонсону. Все было напрасно. А затем началась подготовка к XIX съезду партии, сам съезд. Дело спустили на тормозах. Но в кругах научной общественности началось отрезвление, бастионы Лысенко зашатались. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

Avec ce retournement de situation, qui aurait du normalement se renforcer et aboutir, après la réussite du XIXème Congrès, à de nombreuses réformes radicales, comme retour aux sources marxistes-léninistes du socialisme, beaucoup d’espoir était donc permis. Mais de la fin du XIXème Congrès à la mort de Staline, il n’y a que quatre mois et demi et Khrouchtchev s’empara aussitôt du pouvoir…

En fait de prétendu « dégel » et « libéralisation », ce fut, pour Yuri Jdanov, l’exil provincial imposé par le nouveau pouvoir khrouchtchevien, qui craignait manifestement ce rescapé des griffes du lobby lyssenkiste… (Chance que n’avait pas eu son père Andreï, selon différents historiens russes qui ont tenté d’éclaircir les circonstances de sa mort en Août 1948, mais c’est donc un autre chapitre, en soi-même, de l’histoire de l’URSS…) :

[…] « В марте 1953 г. после известных событий три секретаря ЦК Суслов, Поспелов и Шаталин пригласили меня к себе и, спросив, где я работал до аппарата ЦК (хотя они, несомненно, это знали), объявили, что мне и следует вернуться в Московский университет. Однако через неделю что-то произошло: меня вновь пригласила упомянутая троица и сообщила, что мне необходимо на пару лет уехать из Москвы для приобретения опыта местной партийной работы. Это была депортация. Были предложены Челябинский и Ростовский отделы науки обкомов партии. Я согласился на Ростов, где некогда раньше живал. Пара лет превратились в судьбу, но это уже другой разговор.

Было ясно, что кто-то вмешался в решение вопроса и, судя по составу троицы – не менее, чем первый секретарь ЦК. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

Par la suite, au cours d’une séquence assez surréaliste, Khrouchtchev rend visite à Yuri dans son exil, lui racontant avoir été prétendument un « opposant » à Lyssenko, et promettant à Yuri un retour à Moscou… Yuri n’en profite pas moins de l’occasion pour tenter de faire avancer les choses concrètement, sur le terrain :

[…] « Было совершенно естественным, что, приехав на работу в Ростов, я сразу же стал знакомиться с научным наследием Н.И.Вавилова, который создал на Северном Кавказе два центра исследований: Отрадо-Кубанскую и Майкопскую станции Всесоюзного института растениеводства (ВИР). По этой проблеме у меня возникла переписка с руководителем ВИРа, академиком Петром Михайловичем Жуковским. Я выражал беспокойство о судьбе вавиловского наследства. Вот что он мне ответил.

 

 

Глубокоуважаемый Юрий Андреевич!

Благодарю Вас за доброе письмо. Отлично знаю, что Вы химик и философ, окончив 2 факультета. Но мимолетное знакомство наше состоялось на кафедре генетики у А.Р.Жебрака, Вы тогда ведали Отделом науки ЦК КПСС и интересовались генетикой. Я заведовал кафедрой ботаники в ТСХА. С тех пор совершилось множество событий. Я рад, что Вы стали университетским профессором.

В 1961 г. я добился освобождения от должности директора ВИРа. Работать стало невозможно. Лысенко снова стал Президентом, Ольшанский был Министром. В ВИРе опять вошли в моду завиральные идеи. Мне удалось уйти, и я был рад этому: мне надо было писать. В том же году я сдал рукопись 4-го издания « Ботаники » в издательство « Высшая школа », – она лежит там в холодильнике, ибо в ней упомянуты гены, ДНК, мутации, наличие внутривидовой конкуренции и пр., а в экспертной комиссии сидят « отборные молодцы ». Далее, я взялся за 2-е издание своего труда « Культурные растения и их сородичи (систематика, география, цитогенетика, экология и происхождение) ». Первое издание было переведено на английский язык и разошлось. 2-е издание я готовил в 2-х томах (80–90 печ. л.). 1-й том закончил и передал « Сельхозгизу ». Но его тоже заморозили (боятся цитогенетики). 2-й том ныне пишу и осенью закончу. Таким образом, уйдя из ВИРа, я получил возможность оформить свой долголетний материал. Директором ВИРа, по приказу Ольшанского, назначен был Сизов. Оба они – люди невежественные, бездарные, но ретивые в проведении сегрегации среди биологов.

Таким образом, я теперь не могу влиять на Майкопскую опытную станцию. Туда опять проник Тетерев, пират в науке о плодовых растениях. Хорошего специалиста Ковалева сдали на пенсию. Там нет вдохновителя, нет сплоченного идейного коллектива. Правда, коллекция переносится на новое место, это очень нужная операция, – но с отходом Ковалева дело могут испортить. Лесосады вошли уже в широкую практику. Овощными делами ведает Д.Д.Брежнев, человек грамотный, но с овощами в СССР дело вообще обстоит очень плохо. Если бы Вы поехали на Майкопскую станцию и повидались с Николаем Васильевичем Ковалевым, – он рассказал бы Вам обо всей ситуации. Д.Д.Брежнев бывает там наездами из Ленинграда.

Во 2-м томе своей рукописи я половину посвятил ресурсам плодовых и овощных растений. Мне кажется, я пишу очень нужные, полезные книги, но я дервиш среди нынешних вельмож в биологии. Конечно, я буду добиваться опубликования, ибо я коммунист с 1940 г. и не намерен примириться с произволом околонаучных очковтирателей.

Благодарю Вас за Ваши ценные публикации, за доброе внимание.

С приветом, уважением и пожеланиями Вам здоровья и творческих побед

Ваш П.Жуковский

 

 

 

Мне очень хотелось исполнить завет и пожелание П.М.Жуковского. Тем более, что проблемой « черкесских садов » на Кавказе занимались и Мичурин, и Вавилов. Бывал я и на Майкопской опытной станции.

И при встрече с Н.С.Хрущевым рассказал примерно следующее.

В предгорьях Западного Кавказа, в пределах Краснодарского, Ставропольского краев и Грузии, раскинулись обширные лесосады на площади нескольких миллионов гектаров. Происхождение их двоякое: с одной стороны, здесь растут дикие фруктовые деревья; с другой – одичавшие сады, некогда принадлежавшие черкесам, покинувшим свои селения по разным причинам еще в прошлом веке. В этом уникальном зеленом поясе растут груша, яблоня, алыча, вишня, черешня, кизил, терн, абрикос, а также лещина, грецкий орех, каштан, малина, черная смородина, крыжовник, ежевика и т.д.

Использование всего этого богатства организовано лишь в незначительной степени и носит кустарный характер. Население в горах Западного Кавказа пока редкое, и главными потребителями фруктов и орехов являются, по–видимому, кабаны и медведи, основная же часть плодов каждый год пропадает, покрывая землю толстым слоем гниющей падалицы. Вместе с тем здесь мы имеем огромный резерв снабжения нашего населения фруктами, ягодами, орехами, витаминными концентратами.

Эта фруктовая целина, на мой взгляд, требует пристального внимания и освоения. Очевидно, здесь напрашивается несколько путей:

1) Организация сбора диких фруктов, орехов, ягод в существующих лесосадах. Выработка из них сухофруктов, консервов и витаминных концентратов с использованием портативных средств переработки, учитывая условия бездорожья.

2) Окультуривание диких лесосадов путем их расчистки, прореживания, подрезки деревьев, организации борьбы с вредителями.

3) Использование диких подвоев в качестве основы для прививки на них культурных сортов.

Специалисты-садоводы имеют опыт такой работы и в первую очередь специалисты основанной Вавиловым Майкопской станции ВИРа. Эта станция представляет интерес еще в одном отношении. Она обладает богатейшей коллекцией фруктовых и овощных культур. Там растет 600 сортов яблони, 200 сортов груши, 6000 сортов овощных культур. К сожалению, малочисленный коллектив станции в основном занимается поддержанием и воспроизведением коллекции. В то же время эта коллекция может явиться серьезной базой для внедрения в пашей стране новых сортов плодовых и овощных культур, для широкой селекционной работы в области садоводства и овощеводства. Коллектив располагает интересным опытом по окультуриванию диких садов Кавказа, ему же принадлежит заслуга внедрения культуры чая на северном склоне Кавказа, в Краснодарском крае.

Мне представляется, что настало время освоению фруктовой целины Кавказа придать широкий государственный размах.

Такова была моя речь.

Хрущев внимательно выслушал меня и просил подготовить записку на имя его помощника А.С.Шевченко. Записка была подготовлена, направлена Шевченко. Но каких–либо действий не последовало, да и события приняли уже другой оборот.

Письмо П.М.Жуковского характеризует период « вторичного возвышения » Лысенко. »

Ю. А. Жданов – ВО МГЛЕ ПРОТИВОРЕЧИЙ

Bien évidemment, aucune des promesses de Khrouchtchev ne fut tenue, et ce n’est qu’avec sa chute que le lobby lyssenkiste fut réellement démantelé. Yuri Jdanov est resté à Rostov, où était donc son destin… Mais pourtant, il n’en avait encore pas tout à fait fini avec les traces de son passé politique : devenu Recteur de l’Université de Rostov, il a néanmoins du abandonner ce poste en 1988, suite à une nouvelle phase de persécution initiée par la « perestroïka » gorbatchevienne ! (5) Malgré tout il a continué à travailler jusqu’en 1995 dans cette Université, dirigeant le Département de chimie des composés naturels et à haut poids moléculaire, et par la suite encore, comme Rédacteur en chef de différentes revues scientifiques.

Il est, en outre, l’auteur de nombreux traités sur la chimie et de réflexions épistémologiques sur l’évolution de la matière, tirées de sa longue expérience professionnelle et scientifique.

Bien que décédé en 2006, sa mémoire est encore aujourd’hui largement honorée à Rostov, comme ce fut le cas l’an dernier, à l’occasion du centenaire de sa naissance (1919-2019). Entre autres traces honorifiques, la Bibliothèque de l’Université, devant laquelle est érigé depuis 2011 un buste à son effigie, porte son nom.

Ces nombreuses marques de considération et de mémoire reflètent cette réalité historique que son autorité scientifique et philosophique a traversé, malgré les épreuves redoutables, dont la mort de son père Andreï Alexandrovitch, en Août 1948, quasiment une demi-douzaine de régimes politiques en Russie, de l’URSS de Staline à la Russie de Poutine, en passant par Khrouchtchev, Brejnev, Gorbatchev, Eltsine…

Et en 2019 en France, les duettistes Georges Gastaud et Guillaume Suing ont publié ensemble un document dont le lien s’intitule : « dialogue entre G. Suing et G. Gastaud sur l’évolution biologique et l’ontologie des sciences ». (6)

Parmi les considérations « philosophiques » de M. Gastaud, on trouve celle-ci, page 14 :

« Ainsi pourrait se clore la presque séculaire séquence idéologico-épistémique ouverte dans les années 1920/1930 par la victoire (non moins philosophique que scientifique !) de l’idéalisme agnostique et quelque peu mystique de Bohr (soutenu notamment par Born, Dirac et Heisenberg) sur le réalisme rationaliste d’Einstein. Sans réhabiliter le moins du monde la théorie jdanovienne et anti-léniniste des « deux sciences », « science prolétarienne » et « science bourgeoise » (sic), (Souligné par nous -NDLR) il convient en effet de réévaluer fortement les enjeux idéologico-historiques de cet affrontement épistémologique dans et sur la « réalité physique » dont Louis de Broglie, père de la Mécanique ondulatoire et allié initialement hésitant des réalistes Einstein et Schrödinger, a donné le récit saisissant dans plusieurs de ses textes,… »

C’est ainsi qu’en prétendant défendre le « réalisme » en physique M. Gastaud déforme on ne peut plus grossièrement la réalité historique…

Pour essayer pitoyablement, ici comme ailleurs, de justifier sa propre démarche « ontologique », il tente de se démarquer de la démarche lyssenkiste en l’attribuant précisément à celui qui en fut le premier adversaire, Andreï Jdanov, le père de Yuri !!!

Alors que tous les témoignages historiques, outre celui de Yuri, montrent clairement que si Andreï se voulait plus modéré sur la tactique, il n’en était pas moins résolu, contre les aberrations de Lyssenko. Ce que confirme l’historien moderne Cyril Olegovitch Rossianov, de l’Institut d’histoire des sciences naturelles et de la technologie. S.I. Vavilov, dans une étude portant précisément sur les corrections faites par Staline lui-même dans le texte de Lyssenko en 1948 ! (7)

« Хотя взгляды Сталина и Жданова на проблему традиций и новаторства были,очевидно, близки, оставалась и более частная проблема. Она заключалась в том, чтолысенковщину можно было либо отнести к « традиционной науке », нуждающейся взащите, либо причислить к « левацким извращениям », тем самым обрекая ее науничтожение. И здесь мнения Сталина и Жданова, вероятно, кардинально разош-лись23.Очевидно, А.А. Жданов разделял в это время взгляды, высказанные его сыном, впротивном случае, не чувствуя поддержки отца, Ю.А. Жданов не смог бы выступитьсо своим докладом на семинаре лекторов обкомов партии. Сталин же безоговорочновстал на сторону Лысенко. При этом его доверие к Лысенко не поколебало даже то,что в первоначальном варианте доклада Лысенко содержалось положение осуществовании двух классовых наук. Сталин предпочел вычеркнуть эти, ошибочные,по его мнению, рассуждения, но поддержать основную часть доклада. Возможно, онполагал, что « левая » фразеология случайна для Лысенко и органически связана ссодержанием его учения. »

Сталин как редактор Лысенко

К предыстории августовской (1948 г.) сессии ВАСХНИЛК. – О. РОССИЯНОВ

Ce que confirment également les mémoires de Chepilov, cité ci-dessus par Yuri, et qui a effectivement, en 1948, a tenté de plaider la cause de Yuri auprès de Staline… (8)

En ces quelques pages, la prose de M. Gastaud ne comprend donc pas moins de huit occurrences sur Andreï Jdanov, (9) toutes méprisantes, dépréciatives, et associant dans ce mépris les noms de Jdanov et Lyssenko, et au mépris, surtout, de la vérité historique…

Mais si le nom de Jdanov semble donc hanter autant la conscience de M. Gastaud, c’est aussi, n’en doutons guère, parce que Andreï Jdanov, en son temps, avait également percé la nature révisionniste et opportuniste du thorezisme (10), celle la même que M. Gastaud tente de faire revivre aujourd’hui, avec son micro-parti « PRCF », et l’appui du groupuscule « RC » de M. Suing !

Pour que la « thèse ontologique » de MM. Gastaud et Suing puisse au moins formellement fonctionner il leur faut trouver le moyen de redonner une apparence de crédibilité aux « théories » lyssenkistes sur « l’hérédité de l’acquis » en génétique, « théories » qui étaient l’une des bases « idéologiques » incontournables du PCF thorezien.

D’où l’importance du rôle de M. Suing, dans le duo, qui apporte une sorte de « caution » pseudo- « scientifique » en tant que prof agrégé de SVT… (M. Gastaud étant, pour sa part, agrégé de philo…). A défaut de pouvoir avancer ouvertement sur le front de la prétendue « science prolétarienne », dont ils se sentent même obligés de se démarquer formellement, mais on a déjà vu au prix de quelles contorsions antihistoriques, les duettistes Gastaud-Suing se servent du courant ambiant en faveur de l’écologie et de la revalorisation des réalisations socialistes de l’URSS pour tenter de les récupérer au profit de leur « nouvelle » boutique idéologique et d’estampiller ainsi d’un label « marxiste-léniniste » leur nouvelle validation des théories néo-lamarckiennes sur l’ « hérédité de l’acquis ».

Et pour que ce pseudo-label « marxiste-léniniste » ait une once de crédibilité il leur faut donc lui rajouter un lustre « antirévisionniste » pour la période de la contre-révolution khrouchtchevienne, et cela au prix de deux nouvelles et grossières contorsions antihistoriques, outre leur « confusionnisme » délibéré entre Lyssenkisme et Jdanovisme…

Cela implique donc en outre pour eux de prétendre que les thèses de Lyssenko auraient été validées par Staline d’un point de vue marxiste-léniniste, même au prix des quelques « corrections » formelles du texte de Lyssenko en 1948.

Or on a déjà vu que ces corrections n’étaient que le premier pas d’une réflexion sur le sujet qui aboutira dès 1950 à la rectification fondamentale de cette erreur, et aux premières conséquences pratiques de cette rectification, en 1952.

Ce n’est donc déjà qu’en escamotant complètement cette évolution bien réelle, même si tardive, de la pensée de Staline, que nos duettistes, à travers essentiellement la prose de M. Suing, peuvent avancer d’un pas vers leur supercherie suivante : nous faire accroire que Lyssenko aurait représenté une sorte de pôle de résistance « socialiste » et « antirévisionniste », contre le khrouchtchevisme… !

Or comme on l’a déjà vu, si Khrouchtchev a brièvement tenté d’illusionner Yuri Jdanov avec ses prétentions « anti-lyssenkistes », en pratique c’est bien tout le contraire qui s’est produit, avec une nouvelle validation tout à fait officielle du lobby lyssenkiste. Et si l’on avait un doute concernant la nature réelle des rapports politiques entre Khrouchtchev et Lyssenko, là aussi Chepilov, qui, du temps de Staline, était rédacteur en chef de la Pravda, et économiste, membre de l’Académie des Sciences de l’URSS, et fut par la suite, sous Khrouchtchev, ministre des affaires étrangères, sait donc très bien de quoi il parle lorsqu’il nous explique, dans ses mémoires, dans un chapitre spécialement consacré à la mort, en 1948, d’Andreï Jdanov, le père de Yuri : (8)

«Как же и почему произошла вся эта великая мистификация, обошедшаяся так дорого социалистическому обществу?

Т.Д. Лысенко начинал свою деятельность агронома-новатора на Украине, сначала в Уманской школе садоводства, затем в белоцерковской селекционной станции и Одесском селекционно-генетическом институте. Н. Хрущевым он был поддержан и разрекламирован. Хрущев слыл знатоком сельского хозяйства на Украине. С его слов и рекомендаций составил, по-видимому, свое суждение о Лысенко и Сталин.

Сталин был нетороплив и осторожен, прежде чем прийти к определенному выводу. Но сформировав свое мнение, считал его абсолютом. Конечно, такой абсолютный характер каждому его слову придавало его окружение. Но и сам Сталин не допускал и тени критики в свой адрес.

Хрущев был круглый невежда. Но он в большинстве случаев, не консультируясь ни с кем и никогда ничего не читая, по наитию квалифицировал, заключал, определял истину по любому самому сложному вопросу. Он приходил в ярость, когда кто-либо допускал малейшее сомнение в правоте его суждений. И в таких случаях был очень мстителен.

Вся мистификация с Лысенко обусловлена была претенциозностью Хрущева и поддержана затем, по информации Хрущева же, непоколебимым авторитетом Сталина. Этим и объясняется, что молодой агроном, ещё не приобщившись и к сотой доле тех сокровищ, которые накопила биологическая наука, ничего полезного не давший ещё сельскому хозяйству, коронуется вдруг в качестве папы «мичуринской биологии».

И чем назойливее развертывалась кампания против «буржуазной морганистско-мендельянской генетики» и чем больше славословились «великие открытия» Лысенко, тем больше отставала советская биологическая наука от уровня мировой науки и тем дороже должно было расплачиваться советское общество за это отставание.

[…]И так продолжалось вплоть до падения Хрущева, когда постепенно, со скрипом, при сопротивлении заскорузлых чиновников, начало выявляться истинное лицо и опустошительные последствия лысенковщины.»

(Дмитрий ШЕПИЛОВ – НЕПРИМКНУВШИЙ )

Lyssenko était donc bien d’abord et avant  tout la créature de Khrouchtchev, et non pas l’âme damnée de Staline… Comme on peut le voir finalement et très clairement, des prétentions « historiques » du duo Gastaud-Suing, il ne reste quasiment rien, sinon simplement l’évidence de leur tentative de manipulation et de falsification.

Et quand à leurs prétentions « scientifiques », elles résident principalement dans les considérations non moins manipulatoires de M. Suing pour entretenir la confusion autour du lien entre génétique et épigénétique, tentant ainsi par ce détour une nouvelle validation de la théorie néo-lamarckienne de l’hérédité des caractères acquis, qui était déjà tout à fait celle de Lyssenko, qui lui, évidemment, ne s’embarrassait tout simplement pas d’une épigénétique qui n’existait pas, comme branche de la biologie, à son époque, ni même d’une formulation approximative qui aurait pu tenir formellement lieu d’ersatz « précurseur » en quelque sorte.

Bien entendu, dans notre réponse d’autodidacte, qui n’a aucune prétention à donner des leçons de science, mais qui a simplement pour fonction de résumer les considérations épistémologiques déjà établies sur le sujet, il a pu y avoir quelques erreurs de formulation, mais au lieu de s’en expliquer et de répondre sur le fond, M. Suing a préféré fuir le débat, indiquant assez par cette attitude que sa crédibilité dans le domaine qui est supposément le sien et sans doute assez voisine de celle du duo dans le domaine historique… :

« Toute discussion est inutile, tu peux rester tranquille derrière ton pseudo, nous n’avons effectivement pas la même cause à défendre. »

On ne lui a pas fait dire… Dans la lutte pour la défense des fondamentaux et de la vérité historique du mouvement ouvrier, tout comme sur les autres fronts sociaux, la barricade n’a que deux côtés, et MM. Suing et Gastaud ont choisi le leur, celui de l’obscurantisme néo-lyssenkiste.

Suite à publication de la vidéo (11) du prétendu « café marxiste » sur le sujet, voici notre réponse :

********************10/02/2020

« Dans cette conférence, tout comme dans les autres, et selon une habitude maintenant assez bien rodée, Guillaume Suing mène son public en bateau avec un relatif brio, mais sans éviter, toutefois, de botter en touche sur toutes les questions réellement importantes, que ce soit sur le plan historique ou sur le plan scientifique…

Commençons donc directement par celles qui sont normalement son domaine de prédilection, sinon son domaine de compétence hypothétique, Guillaume Suing étant prof de SVT, et même agrégé en biologie !

En réalité, derrière l’apparente bonhomie « écologique » du personnage, c’est bien la renaissance de l’escroquerie pseudo-scientifique lyssenkiste qui se profile, à peine voilée derrière un détournement grossier des récentes recherches et découvertes diverses de l’épigénétique moderne (à 24′ 30 » dans la vidéo, mais en long et en large, et surtout, en travers, dans la plupart de ses écrits…). Ici il n’hésite donc pas non plus à mettre en avant la thèse lyssenkiste de l’ « hérédité des caractères acquis »(à 26′ dans la vidéo), même s’il renonce à développer en public, par souci d’éviter les complications « techniques » : on comprend aisément pourquoi… !

Alors qu’en réalité la question est assez simple et tout à fait accessible au profane qui prend la peine de se documenter dessus : l’épigénétique et la génétique sont deux domaines de la biologie qui se complètent évidemment, et interagissent naturellement entre eux, sans pour autant pouvoir se confondre dans leurs fonctions et dans leurs conséquences.

L’épigénétique est en quelque sorte le mode de régulation de l’expression des gènes, par lequel se différencient, au cours de leur développement, les différents types de cellules d’un même organisme, à partir d’un patrimoine génétique commun et inscrit en elles au départ, quelle que soit leur fonction ultérieure dans l’organisme.

Concrètement c’est donc ce qui fait qu’une cellule du foie n’est pas identique à une cellule du poumon et que chacune peut donc remplir sa propre fonction dans l’organe où elle se développe.

Le concept d’hérédité des caractères génétiques (spécifiques) est maintenant un classique scientifique assez bien compris de tous, et le fait qu’il exclut l’hérédité des caractères acquis également …sauf pour une poignée d’ « illuminés » néo-lyssenkistes et pseudo-« marxistes », manifestement…

La « confusion », en réalité délibérée, qui leur permet d’ébaucher cette tentative grotesque de réhabilitation du charlatanisme de Lyssenko repose sur le fait que l’épigénétique peut effectivement induire une hérédité provisoire, sur quelques générations, de caractères phénotypiques reflétant des modifications épigénétiques, mais qui n’affectent en rien, par elles mêmes, le génome, et ne constituent donc pas du tout une hérédité des caractères acquis, étant donc très concrètement et inévitablement réversibles pour les générations suivantes.

Pour qu’une mutation devienne irréversible au point de mener à l’apparition d’une espèce nouvelle il reste donc évidemment toujours nécessaire qu’elle soit le résultat d’une modification du génome lui-même, et non pas seulement de son expression phénotypique.

L’un des facteurs de mutation du génome récemment mis en évidence est la présence en son sein d’une grande quantité d’ « éléments transposables » (Transposons, rétrotransposons), éléments mobiles au comportement relativement « anarchique » selon l’expression même de certains chercheurs, et qui, en temps normal se trouvent donc « régulés » épigénétiquement au point de ne pouvoir pas du tout s’exprimer au niveau du phénotype, ce qui est le plus souvent heureux, car le cas inverse est couramment celui de maladies génétiques, par exemple, dues à des mutations intempestives et qui échappent donc à la régulation épigénétique.

Bien entendu, la variabilité aléatoire du génome, même si parfois sous l’influence d’un stress environnemental qui perturbe la régulation épigénétique, n’en reste pas moins la source des mutations génétiques qui sont ensuite sélectionnées par la nature en fonction des réponses adaptatives qu’elles apportent aux pressions sélectives du milieu et à leurs évolutions.

Ce n’est qu’en ce sens qu’il peut donc y avoir une interaction dialectique, considérée d’un point de vue épistémologique évolutionniste, entre génétique et épigénétique : le rôle régulateur de l’épigénétique peut évidemment contribuer ensuite à stabiliser l’expression d’un caractère génétique nouvellement sélectionné pour la réponse adaptative qu’il apporte à une modification du milieu.

Bien qu’en interaction constante, d’une manière ou d’une autre, ces deux domaines de la biologie que sont la génétique et l’épigénétique correspondent donc, dans cet ensemble immense qu’est la biologie, à deux sous-ensembles en termes de connexions nomologiques ( au sens épistémologique que leur donne Werner Heisenberg) (12), deux sous-ensembles qui se recoupent donc de manière dialectique sans pour autant se recouvrir et se confondre au sens « ontologique » et néo-lyssenkiste des termes abusivement employés par les adeptes de cette forme particulièrement réactionnaire de révisionnisme. »

(13 En liens, quelques uns des articles qui ont servi à établir ce résumé )

*********************12/02/2020

La première réponse de M. Suing :

« Je me m’attarderai pas sur l’infantilisme d’un tel titre « Anti-Suing » qui dénote chez le camarade une vraie volonté de débattre ! (14- liens des articles en question)
C’est déjà un progrés de percevoir aujourd’hui que je ne suis pas « khrouchtchévien » (tout mon livre met en cause les dégats inaugurés par la période Khrouchtchev dans l’histoire de l’URSS) : J’étais dans un premier temps (dans un article précédent de Luniterre enjoignant à ne pas venir à ladite conférence) (15 – lien de l’article incriminé) stigmatisé comme « PRCF Khrouchtchévien » (je ne suis de fait, ni l’un ni l’autre). Soyons donc un peu sérieux :
Je suis ici attaqué non pas sur le fond du livre qui parle du problème de « l’écologie » dans les pays socialistes, mais sur mon présumé « soutien à Lyssenko ».
Cette attaque trahit soit une lecture en diagonale de mon livre ou, mieux, une ignorance de ce que je dis dans la conférence ET du thème lui-même (vaguement sourcé par wikipedia…).
Je ne « soutiens » pas Lyssenko puisque je ne cesse de répéter :

o    Que l’épigénétique actuelle provient des développements endogènes de ce que Lyssenko appelait la génétique « mendélo-morganiste » et non des travaux de Lyssenko bien sur.

o    Que la reprise du débat sur l’hérédité de l’acquis ne vient pas d’une nostalgie lyssenkiste dans les labo mais au contraire d’un « oubli de Lyssenko » (la plupart des chercheurs se trompent d’ailleurs en croyant revenir à Lamarck). L’épigénétique n’est pas un résultat du « lyssenkisme » mais de son oubli 50 ans après.

o    Que l’épîgénétique n’est donc pas « du lyssenkisme », même si elle expose une « hérédité ébranlée » exactement sous les aspects identifiés par Lyssenko et d’autres (à commencer par Mitchourine lui-même) : Hérédité de l’acquis sous une version REVERSIBLE (et non définitive comme le sont les mutations), LIMITEE et conditionnée par la répétition des mêmes conditions de stress sur plusieurs générations (sans quoi il n’y a justement pas d’hérédité de l’acquis). Ces trois aspects démarquent justement lyssenko et lamarck.

o    C’est sous cette forme que les « lyssenkistes » parlaient de leurs expériences, avec évidemment de l’amateurisme et sans doute des mensonges (mensonges qui sont le fait de nombreux savants, à commencer par Mendel lui-même qui truquait ses résultats quand il ne comprenait pas ses expériences de dihybridisme avant qu’on ne découvre les chromosomes avec Morgan reliant les gènes entre eux, et qui était ce qu’on peut appeler un amateur, un praticien autodidacte) : Les généticiens formels de l’époque n’en savaient pas plus sur les gènes que lyssenko sur son hérédité de l’acquis, on ne peut donc leur imputer d’avoir mal interprété leurs expériences. Je me borne à constater qu’il a fallu « oublier » lyssenko pour redécouvrir les infinies possibilités de l’hérédité du vivant, dont celles que lyssenko avait décrit et qui ont été niées ici pour des raisons politiques.

Lyssenko est effectivement resté sous l’aile protectrice de Khrouchtchev comme l’indique le camarade Wikipedia. D’après plusieurs historiens, c’était plus par solidarité nationaliste ukrainienne que par conviction : Lyssenko n’a plus été d’aucun secours pendant l’alignement de la « révolution verte soviétique » sur le modèle US sous K, même resté au poste de président de l’Académie des Sciences : De nouvelles générations de savants, adeptes d’une génétique moléculaire contemporaine, s’y sont installées malgré lui et l’ont finalement écarté. Il a été associé à la « campagne des terres vierges » formellement en tant que président de l’académie que de fait il ne contrôlait plus. La plupart des agronomes occidentaux de l’époque qui ont salué cette campagne des terres vierges, n’y ont jamais trouvé trace de « lyssenkisme » comme c’était le cas pour tout ce qui fut impulsé par Staline auparavent.
J’ai mainte fois rappelé, y compris dans mon livre, la grande intelligence de Staline relisant et corrigeant Lyssenko (sans le concours du camarade Wikipédia pourtant !) sur la fameuse question des « deux sciences ». Question tellement caduque aujourd’hui, que c’est précisément la « génétique bourgeoise » ennemie de lyssenko qui a fini par lui donner raison (sur l’existence d’une telle hérédité ébranlée) !
Il n’est donc pas besoin d’imaginer un « complot de khrouchtchevo-lyssenkiste » contre Staline pour critiquer Lyssenko ou au moins pour dépasser sa légende noire, et rendre à la science soviétique les mérites qu’elle a concrètement : Personnellement je ne mélange pas science et politique ! »

**********************

A la suite, notre deuxième réponse, en deux temps… Les questions historiques étaient exprimées de manière succincte, en réponse complémentaire, bien avant la recherche développée ci-dessus, où l’on a vu ce qu’il en est vraiment…

***********************13/02/2020

« Difficile de faire plus pitoyable, comme pirouette confusionniste… Cela fait des années que Suing écrit en défense de Lyssenko et polémique à ce sujet(16) … Et à quoi bon, sinon pour tenter de valider la théorie de l’hérédité des caractères acquis ??? Lyssenko ne prétendait pas faire de l’épigénétique, ni même une sorte d’équivalent de son cru, mais bien une génétique de substitution à celle alors couramment en vigueur dans le monde scientifique…!

Tout au long de sa littérature sur le sujet, Suing va prétendant que l’épigénétique moderne justifierait peu ou prou la démarche pseudo-scientifique de Lyssenko, alors qu’il n’en est rien, à l’évidence.

Parler d’ « hérédité de l’acquis réversible « , c’est juste un de ces oxymores qui prêtent à sourire…

Suing tente, sur ce point comme sur les autres, de jouer sur les mots, seul recours qui lui reste…

Les seuls caractères très provisoirement héréditaires sous influence épigénétique sont des caractères phénotypiques, et non des caractères spécifiques, et il n’y a donc là aucune hérédité des caractères acquis.

La relation dialectique entre épigénétique et génétique proprement dite, d’un point de vue épistémologique évolutionniste, n’est qu’ébauchée, dans mon bref article, comme synthèse de lecture des articles en lien, et d’autres, non mentionnés, et non pas de Wikipédia, qui rappelle néanmoins quelques évidences sur le sujet, de celles que Suing semble avoir oublié, ou bien qu’il feignait, jusque là, d’ignorer. Ce qui va lui être difficile, désormais… »

« Sur le plan de la démarche « historique »…

Suing tente de nous faire accroire que les méthodes de Lyssenko auraient été abandonnées par le révisionnisme de Khrouchtchev, alors que toutes les traces historiques indiquent le contraire, à de rares exceptions près, là où Khrouchtchev entendait mettre en œuvre ses propres lubies, comme la culture du maïs dans des régions aussi peu appropriées que la Carélie du Nord, etc… Des lubies qui ne sont donc guère différentes de celles de Lyssenko, en réalité, même si dépourvues de tout son emballage pseudo-scientifique !

Le lobby de Lyssenko n’a véritablement été démantelé qu’à partir de l’éviction définitive de Khrouchtchev, et si diverses oppositions se sont manifestées durant la période du pouvoir khrouchtchevien, il est clair qu’il y a un lien entre le la survie de ce pouvoir et celle du lobby lyssenkiste, indissolublement liés, et cela dès avant l’accession de Khrouchtchev au pouvoir, donc !

Dans les dernières années de la vie de Staline, Lyssenko faisait clairement partie des révisionnistes que Staline avait en ligne de mire, eut-il survécu… !

A l’évidence, la cause principale de la mort de Staline est le surnombre de ces révisionnistes en ligne de mire… Déterminer lequel a eu en quelque sorte le mot de la fin est un sujet qui passionne les historiens russes, faute de pouvoir y apporter une réponse, et vu de France, il serait extrêmement présomptueux de préciser davantage l’une ou l’autre hypothèse…

Néanmoins, et selon nombre d’entre eux, le classique raisonnement « cui bono ? » pointe nécessairement vers Khrouchtchev !

Et donc, accessoirement, si l’on peut dire, vers ses alliés de circonstance, et surtout durables, comme le fut donc Lyssenko…

Suing rappelle un épisode où Staline aurait effectué quelques corrections dans un texte de Lyssenko… Apparemment, il s’agit de l’épisode du discours de Lyssenko à l’occasion de la session d’Août 1948 de l’Académie des Sciences Agricoles (17). Or sur le point de la séparation éventuelle entre science et politique de classe, la situation n’a pas été tranchée à cette occasion, mais seulement deux ans plus tard, avec la parution du livre de Staline sur la linguistique.

J. Staline – Le marxisme et les problemes de linguistique – 1950

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/02/j.-staline-le-marxisme-et-les-problemes-de-linguistique-1950-.pdf

En 1948, selon Arte, source éventuellement discutable, du reste, la correction précise visait à remplacer « génétique bourgeoise » par « génétique réactionnaire », formule qui restait donc encore au milieu du gué, en termes d’interprétations possible, ce qui n’était plus le cas à partir de 1950.

A partir de 1950 il est donc clair que Lyssenko se savait pertinemment remis en cause, comme bien d’autres révisionnistes, à relativement brève échéance…

Le conflit entre le lobby de Lyssenko et les défenseurs du ML que furent Andreï Jdanov et son fils Yuri, chimiste et responsable scientifique honoré et respecté jusqu’à la fin de sa vie, et encore aujourd’hui par les ML en Russie, a laissé suffisamment de trace pour en attester, dont les mémoires de Yuri.

[évoquées une première fois par ce lien

https://www.rotfront.su/yurij-zhdanov-sto-let-so-dnya-rozhdeniya/ ]

La mort d’Andreï Jdanov lui-même est également un épisode dramatique qui s’inscrit dans ce conflit, de l’avis de bon nombre d’historiens russes actuels, et du mien aussi, d’après les sources russes auxquelles j’ai pu accéder, même si bien évidemment encore insuffisantes pour éclaircir entièrement ce tournant de l’histoire soviétique. »

***********************

Comme on l’a vu, donc, le problème des sources historiques est maintenant archi-réglé, et sans l’ombre du moindre doute, contre la « thèse » du duo Gastaud-Suing !

D’autres aspects du débat…

*******************11/02/20202

En réponse à « PAM-utopie » (…PCF-Vénissieux)

Bonjour,

Vous écrivez :

« je n’ai pas vu dans le livre de Suing d’éloge du lissenkisme (lire p 113, 3eme paragraphe), simplement la condamnation de la bataille instrumentalisant le lissenkisme dans la guerre idéologique contre le socialisme. »

…Or le rôle d’un ML n’est pas seulement de combattre les déformations historiques, souvent grossières, des anticommunistes, mais aussi de faire un bilan analytique de leur propre histoire, de leur propre expérience!

L’article signale, même si entre parenthèses >>> « (à 24’ 30’’ dans la vidéo, mais en long et en large, et surtout, en travers, dans la plupart de ses écrits…) » >>> Ce n’est pas juste pour faire un bon mot, mais pour rappeler que le fond de la littérature de « vulgarisation scientifique » de Suing consiste à revaloriser Lyssenko comme une sorte de pionnier de l’épigénétique, d’une part, et de revaloriser sa théorie de l »‘hérédité des caractères acquis » et de la valider comme théorie génétique, ce qui est une attitude tout aussi grossièrement obscurantiste que celle des anticommunistes, et particulièrement dangereuse, car se cachant derrière le drapeau rouge.

Par ailleurs, vous écrivez :

« les batailles internes à l’URSS sont de peu d’intérêt à ce stade, et j’utilise personnellement souvent l’idée plus globale des succès des agronomes soviétiques pour développer une agriculture basée sur la biodiversité, dans laquelle je les mets tous, de Vavilov à  Lissenko… »

Ce qui confirme donc le confusionnisme dans lequel vous semblez vous complaire >>> Il ne s’agit pas, nécessairement, de rentrer dans le détail de ces luttes complexes, mais de comprendre les grandes tendances sociales et idéologiques qui ont animé la lutte de classe en URSS, et qui ont malheureusement abouti à la contre-révolution khrouchtchevienne. Comprendre qui est qui et surtout, qui défend quoi, dans les phases décisives de cette lutte, c’est un moyen évidemment incontournable de comprendre l’histoire et d’en tirer des leçons.

Vous semblez donc, tout comme Suing dans sa conférence, « botter en touche »… Une tactique qui ne fait tout au plus, par définition, que retarder la solution du problème…!

Un point positif, néanmoins :
« Et surtout, la bataille des idées contre le « scientisme » dominant qui réduit la génétique à du codage informatique, ce que l’épigénétique invalide effectivement. Cela m’intéresse comme informaticien qui tente un peu désespérément de faire reculer l’illusion scientiste chez mes collègues, et rappeler qu’aucune technique n’a de valeur sans les pratiques et l’organisation qui la mette en oeuvre… »

Effectivement, il n’y a pas de culture ou de science « bourgeoise » par elle-même, mais c’est bien l’utilisation qu’on en fait qui en change éventuellement la finalité sociale!

C’est précisément le combat qu’Andreï et Yuri Jdanov ont perdu, en 1948, face au lobby de Lyssenko. Andreï le payant de sa vie, en réalité, et son fils Yuri d’une « autocritique » contrainte et infamante pour un scientifique évidemment sûr de sa raison. Quelques mois plus tard, en 1950, Staline leur donnait raison, et en 1953, également, l’« affaire des blouses blanche » impliquait d’abord et avant tout une réhabilitation d’Andreï Jdanov.

Et aucun supposé « antisémitisme », mais c’est une autre histoire…! »

*******************

Pour compléter ce sujet, ce fragment du débat amorcé sur un autre site

(VLR http://mai68.org/spip2/   ) >>>

« Hypothèse fumeuse à démentir par Luniterre s’il le souhaite :

Lyssenko était à l’URSS ce que des scientifiques corrompus par le lobby du tabac étaient ( sont ?) aux USA.»

Pas si fumeuse, en fait… C’est même une assez bonne image pour aider les occidentaux à comprendre la réalité des luttes de classes et donc aussi des luttes de pouvoir en URSS.

Ceci dit, la notion de pouvoir remplace ici pour l’essentiel celle d’intérêt financier, même si les avantages matériels du pouvoir ne sont pas forcément tout à fait oubliés non plus…

Incontestablement Lyssenko et ses partisans ont réussi à monter un réel lobby dans les milieux scientifiques et à l’intérieur du parti. Quasiment un État dans l’État…

Mais ils n’étaient pas les seuls dans ce cas, et Beria avait également un État dans l’État, incluant également un département scientifique, celui de la physique nucléaire ! Pour le reste, il soutenait également Lyssenko…

Khrouchtchev et Malenkov avaient aussi leurs réseaux personnels.

Staline ne disposait donc absolument pas du pouvoir absolu que les historiens occidentaux lui prêtent. Le meilleur témoignage qui nous en reste est sa bataille idéologique pour le 19ème Congrès, où il n’a fait que remporter une victoire à la Pyrrhus, et qui a probablement hâté sa mort, fort peu naturelle, en réalité.

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/11/les-problemes-economiques-du-socialisme-en-urss.pdf

A l’époque du 19ème Congès, Staline avait également amorcé une remise en cause du lobby lyssenkiste…

Et donc c’est finalement Khrouchtchev qui a clairement bénéficié des réseaux de Lyssenko pour son accession au pouvoir, contrairement à ce qu’avance Suing. La finalement désastreuse « campagne des terres vierges » initiée par Krouchtchev avait également été faite avec l’appui de Lyssenko, contrairement, là aussi, aux affirmations de Suing.

Tirer au clair les enjeux d’influence et de pouvoir dans cette période charnière qui va de 1946 à 1956 est plus compliqué que de comprendre aujourd’hui les interactions dialectiques entre génétique et épigénétique…

Ceci dit, il faut également comprendre que ce qui paraît assez clair, aujourd’hui, sur le plan scientifique, ne l’était pas à l’époque de Lyssenko. Avant Lyssenko, les premiers travaux d’agronomie soviétiques connus sont ceux de Mitchourine, un autodidacte qui avait commencé déjà ses travaux avant la Révolution et passé naturellement du côté des bolcheviques. Il avait obtenu, de manière empirique, quelques bons résultats. Lyssenko s’en est en quelque sorte emparé pour les théoriser, mais sans méthodologie réellement autre que ses discours idéologiques dogmatiques. En fait il ne pouvait au mieux que les reproduire, et le reste autour n’était que poudre aux yeux, affabulation et falsification des données et des résultats.

En tenant compte de l’interaction entre épigénétique et génétique, telle qu’on la comprend aujourd’hui, il n’est donc malgré tout pas absolument impossible que quelques essais aient abouti, de manière en réalité hasardeuse, mais il serait tout à fait impossible, aujourd’hui, de déterminer lesquels, dans la masse des expérimentations conduites de manière aussi peu rigoureuses, à tous points de vue.

Quoi qu’il en soit, Staline n’a commencé à percer à jour la duplicité de Lyssenko qu’à partir de 1950 et n’a donc pas eu le temps d’y mettre bon ordre avant sa mort. Si l’on veut faire un bilan critique, il me semble à ce jour que c’est là sa principale erreur. »

****************************

 POUR CONCLURE…

Ce débat, encore actuel du fait des tentatives de manipulations idéologiques des Gastaud-Suing & Cie, montre à quel point les leçons utiles n’ont pas encore été réellement tirées de cette douloureuse expérience, et donc qu’il serait enfin grand temps de s’y mettre… Mieux vaut tard que jamais !

Avec des mots et des formulations différentes, c’est le combat qui s’est livré, il y a déjà 70 ans, avec la contre-révolution khrouchtchevienne. Le combat du matérialisme dialectique et du marxisme-léninisme était incontestablement celui des Jdanov, père et fils, et bien évidemment de tous ceux qui ont tenté de poursuivre cette démarche chacun dans le domaine qui lui était propre sur le front de la lutte politique et idéologique, et non pas celui des Lyssenko, Khrouchtchev et de tous ceux qui ont contribué, en fin de compte, d’une manière ou d’une autre, à la liquidation du socialisme en URSS.

Dès le début de cette brève étude on a vu que la conception « ontologique » de la dialectique mène inévitablement à une interprétation caricaturale du marxisme, dans le genre de la « contradiction interne » maoïste, en réalité complètement métaphysique et révisionniste, et qui, en pratique se transforme en parodie tragique telle que fut la pratique de Lyssenko, avec toutes ses conséquences.

Ce débat reste donc d’actualité, notamment en ce qui concerne les restes de la gauche française, si elle veut survivre et ouvrir une perspective politique réellement en réponse aux problématiques de notre époque.

Luniterre

Article disponible en doc PDF:

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2020/03/le-revisionnisme-de-mm.-gastaud-suing-et-cie-demasque-par-les-sources-historiques-sovietiques-et-russes.pdf

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NOTES:

(  1  Dans L’Avenir dure longtemps, Althusser admet clairement avoir, selon son gré, supprimé de Marx « tout ce qui semblait non seulement incompatible avec les principes matérialistes, mais aussi ce qui subsistait en lui d’idéologie, avant tout les catégories apologétiques de la dialectique, voire la dialectique elle-même, qui me paraissait ne servir, dans ses fameuses “lois” que d’apologie (justification) après coup au fait accompli du déroulement aléatoire de l’histoire pour les décisions de la direction du Parti » Louis Althusser, L’avenir dure longtemps, Paris, Stock, 1992, p. 214. )

( 2 BHL, ancien élève d’Althusser et maoïste au tournant des années 70, revendique toujours un plaidoyer pour son « Maître », dans la préface publiée en Mai 2011, pour le recueil de lettres écrites par Louis Althusser à sa femme Hélène, assassinée par ce même « Maître » en 1980 :

« Je ne suis pas en train de dire de mon Maître, parodiant Diogène Laërce résumant lui-même un philosophe de l’Antiquité : « il naquit, il écrivit, il tua, il mourut ».

Mais, enfin, c’est tout de même ainsi que la chose a été vue, et vécue, par son temps. »

Et plus loin, cette réflexion hautement « philosophique » :

« On a dit qu’avec elle, Hélène, il aurait tué sa sœur, sa mère, le double de l’une, le spectre de l’autre, une part de soi-même, la meilleure.

On a pu dire qu’il avait, en lui, tué l’origine (faut-il écrire l’origyne ?) ; la différence (la différance, comme chez l’autre maître de la rue d’Ulm ?) ; on a dit qu’il avait tué le communisme auprès de lui (ou réconcilié, ce qui revient au même, l’idée d’Hélène et sa réalité). » )

http://www.bernard-henri-levy.com/le-fantome-de-la-rue-dulm-preface-par-bernard-henri-levy-aux-lettres-a-helene-de-louis-althusser-chez-grasset-19278.html

A rappeler également que Louis Althusser, protégé par ses « pairs » universitaires, n’a pas passé une seule journée de sa vie en prison…)

( 3   https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/01/25/mao_declassifie_3_1954_les_premiers_ravages_du_maoisme_en_france/ )

( 4  « Les aristocrates russes se sont également amusés un certain temps à parler français à la cour des tsars et dans les salons. Ils se vantaient de ce qu’en parlant le russe ils y mêlaient souvent du français et de ce qu’ils ne savaient parler le russe qu’avec un accent français. Est-ce à dire qu’il n’existait pas alors en Russie une langue russe commune à tout le peuple, que la langue commune au peuple entier était une fiction, que les «langues de classe» constituaient une réalité?

Nos camarades commettent ici, pour le moins, deux erreurs. La première erreur est qu’ils confondent la langue avec la superstructure. Ils pensent que si la superstructure a un caractère de classe, la langue de même ne doit pas être commune à tout le peuple,mais doit porter un caractère de classe. J’ai déjà dit plus haut que la langue et la superstructure sont deux notions différentes, et qu’il n’est pas permis à un marxiste de les confondre.

La seconde erreur est que ces camarades conçoivent l’opposition des intérêts de la bourgeoisie et du prolétariat, leur lutte de classes acharnée, comme une désagrégation de la société, comme une rupture de tous les liens entre les classes hostiles. Ils estiment que, puisque la société s’est désagrégée et qu’il n’existe plus de société unique, mais seulement des classes, il n’est plus besoin d’une langue unique pour la société, il n’est plus besoin d’une langue nationale. Que reste-t-il donc si la société s’est désagrégée et s’il n’y a plus de langue nationale, commune à tout le peuple? Restent les classes et les «langues de classe». Il va de soi que chaque «langue de classe» aura sa grammaire «de classe»,grammaire «prolétarienne», grammaire «bourgeoise». Il est vrai que ces grammaires n’existent pas en réalité; mais cela n’embarrasse guère ces camarades: ils sont persuadés que ces grammaires verront le jour.

Il y avait chez nous, à un moment donné, des «marxistes» qui prétendaient que les chemins de fer restés dans notre pays après la Révolution d’Octobre étaient des chemins de fer bourgeois; qu’il ne nous seyait pas, à nous marxistes, de nous en servir; qu’il fallait les démonter et en construire de nouveaux, des chemins de fer «prolétariens». Cela leur valut le surnom de «troglodytes»…

Il va de soi que ces vues d’un anarchisme primitif sur la société, sur les classes, sur la langue n’ont rien de commun avec le marxisme. Mais elles existent incontestablement et continuent d’habiter les cerveaux de certains de nos camarades aux idées confuses. »

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/02/j.-staline-le-marxisme-et-les-problemes-de-linguistique-1950-.pdf )

( 5  « С 1957 по 1988 годы работал ректором Ростовского государственного университета. Бывший заместитель Ю. А. Жданова проф. В. И. Седлецкий отмечал, что оставление Ждановым должности ректора РГУ произошло вследствие того, что с началом перестройки против него, «исходя только из-за фамилии» и отца, началась травля »

https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%96%D0%B4%D0%B0%D0%BD%D0%BE%D0%B2,_%D0%AE%D1%80%D0%B8%D0%B9_%D0%90%D0%BD%D0%B4%D1%80%D0%B5%D0%B5%D0%B2%D0%B8%D1%87

et

Ростовский Государственный Университет им. Ю.А. Жданова. )

( 6  https://www.initiativecommuniste.fr/wpcontent/uploads/2019/03/dialogueentreG.-SuingetG.-Gastaudsurl%C3%A9volutionbiologiqueetlontologiedessciences.pdf )

( 7  Сталин как редактор Лысенко К предыстории августовской (1948 г.) сессии ВАСХНИЛК. – О. РОССИЯНОВ

http://old.ihst.ru/projects/sohist/papers/vf/1993/2/56-69.pdf

https://istina.msu.ru/profile/kirill7777/ )

( 8  http://modernlib.net/books/shepilov_dmitriy/neprimknuvshiy/read/

Sur la mort d’Andreï Jdanov :

https://www.mat.univie.ac.at/~neretin/misc/biology/shepilov.html )

( 9  « Le tort d’Andréi Jdanov, et dans le même esprit, du biologiste-agronome Trofime Lyssenko ne fut nullement de pointer le contenu de classe de certaines de ces batailles conceptuelles mais de rabattre le droit (universalité de la science) sur le fait (intrusion de l’idéologie bourgeoise, via l’idéalisme, dans la pensée scientifique). Ce n’est pas parce qu’elle sert le prolétariat qu’une théorie scientifique est vraie, c’est au contraire parce qu’elle est vraie qu’elle intéresse le prolétariat conscient et que, bien souvent, elle est vivement combattue par la réaction. Lénine avait par avance réfuté le subjectivisme de classe exacerbé de Jdanov et de son interprétation sur-politisante de l’histoire des sciences quand il disait à propos de l’économie politique marxiste qu’elle n’est pas vraie « parce qu’elle réussit » (position pragmatique d’apparence matérialiste mais de facture idéaliste : car la notion de « réussite » est terriblement subjective), mais qu’elle aide au contraire les classes opprimées à réussir dans sa lutte parce qu’elle décrit objectivement la réalité du capitalisme. » [p15]

« Décidément, la lutte idéologique au sein même des sciences n’est ni une invention d’Engels, ni une conjecture hasardeuse d’Althusser, ni même – si on lui fait sa juste place sans l’enfler démesurément – de Jdanov ! » [p16]

« D’abord en faisant remarquer que le proverbe russe « la souris ne connaît pas d’animal plus dangereux que le chat » s’applique parfaitement à ceux qui reprochent au « diamat », qui se résume pour eux à Lyssenko ou à Jdanov, d’avoir manqué, à cause de son « dogmatisme métaphysique », la génétique mendélienne … »[p18]

« Contrairement aux micro-« marxistes » qui attaquent le matérialisme dialectique en fustigeant Lyssenko ou Jdanov (c’est aussi piètre que de réduire la grandeur historique du christianisme aux sottises de Tertullien ou de Savonarole), nous citons des auteurs que nous admirons. » [p19]

« …l’énigmatique expression « Racine carrée de Non » vaut évidemment… son pesant de dialectique! De dialectique matérialiste ajouterons-nous, puisque la possibilité d’introduire dans la logique elle-même ce surcroît de négativité « puissancée » vient directement de l’étude directe de la matière et que l’on ne saurait accuser, sans beaucoup de mauvaise foi, d’affreux marxistes jdanoviens d’avoir importé en contrebande cette étrange fonctionnalité logique dans leur interprétation crypto-hégélianisante de la nature. » [p24]

« …nombre d’auteurs marxistes « praxiques », soi-disant inspirés des Thèses ad Feuerbach et/ou de ce qu’il y a de plus fragile chez Gramsci, se sont réclamés du « point de vue de la praxis » pour déréaliser le marxisme, et pour, chemin faisant, forclore la dialectique de la nature et toute idée d’ontologie dia-matérialiste (voire toute forme « mécaniste » de matérialisme historique) rabattues sur l’épouvantail théorique du diamat jdanovien (sic). » [p31] )

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( 10  https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/ )

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( 11  https://youtu.be/2xX2H4F4PjA )

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( 12  Werner Heisenberg, Le Manuscrit de 1942, édition du Seuil

http://www.seuil.com/ouvrage/philosophie-le-manuscrit-de-1942-werner-heisenberg/9782020206464

éditions Allia

https://www.editions-allia.com/fr/livre/300/le-manuscrit-de-1942 )

( 13  Quelques articles utiles pour aborder le sujet de l’épigénétique :

>>> Moving through the Stressed Genome: Emerging Regulatory Roles for Transposons in Plant Stress Response

https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fpls.2016.01448/full

>>> Les mutations de la théorie de l’évolution

https://www.pourlascience.fr/sd/biologie/les-mutations-de-la-theorie-de-levolution-17063.php

>>> Éléments transposables et nouveautés génétiques chez les eucaryotes – Société Française de Génétique

http://www.ipubli.inserm.fr/bitstream/handle/10608/1579/2000_11_I.pdf?sequence=4

>>> Potential impact of stress activated retrotransposons on genome evolution in a marine diatom

https://bmcgenomics.biomedcentral.com/articles/10.1186/1471-2164-10-624

>>> Etude d’un clade de rétrotransposons Copia: les GalEa, au sein des génomes eucaryotes – Tifenn Donnart

http://citeseerx.ist.psu.edu/viewdoc/download?doi=10.1.1.874.6815&rep=rep1&type=pdf

>>> L’Hérédité épigénétique en évolution

https://www.researchgate.net/publication/326146282_L’Heredite_epigenetique_en_evolution

>>> La régulation épigénétique des éléments transposables dans les populations naturelles de Drosophila simulans – Benjamin Hubert

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00815956/document

>>> Transposons : des gènes anarchistes ?

https://www.pourlascience.fr/sd/biologie-cellulaire/transposons-des-genes-anarchistes-1485.php

http://www.edu.upmc.fr/sdv/masselot_05001/biodiversite/transposons.html

http://www2.cnrs.fr/sites/communique/fichier/cp_flamenco.pdf

>>> Comparaison de séquences d’éléments transposables et de gènes d’hôte chez cinq espèces : A. thaliana, C.elegans, D. melanogaster, H. sapiens et S. cerevisiae – Emmanuelle Lerat

https://tel.archives-ouvertes.fr/tel-00815956/document

>>> Epigénétique : des modifications transitoires?

https://www.sciencesetavenir.fr/fondamental/epigenetique-des-modifications-transitoires_19401

>>> Comprendre l’épigénétique

https://www.inserm.fr/information-en-sante/dossiers-information/epigenetique )

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( 14  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/14/anti-suing-ou-mene-ce-debat-sur-le-lyssenkisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/10/anti-suing-mutations-mortelles-au-cafe-lyssenkiste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/02/13/anti-suing-et-neo-lyssenkisme-une-suite-au-debat/ )

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( 15  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2020/01/19/cafe-marxiste-ou-tasse-de-the-revisionniste/ )

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( 16 En 2016 déjà, entre autres exemples, M. Suing recevait, en réponse à cet article…

« Lyssenko, un imposteur ? »

https://www.legrandsoir.info/lyssenko-un-imposteur.html

cette réponse appropriée de D. Meeus :

« À propos de Lyssenko, pour une relation correcte entre science et philosophie »

http://www.meeus-d.be/philo/questions/Lyssenko-sci-philo.html )

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( 17 ВАСХНИЛ 1948 https://ru.wikipedia.org/wiki/%D0%90%D0%B2%D0%B3%D1%83%D1%81%D1%82%D0%BE%D0%B2%D1%81%D0%BA%D0%B0%D1%8F_%D1%81%D0%B5%D1%81%D1%81%D0%B8%D1%8F_%D0%92%D0%90%D0%A1%D0%A5%D0%9D%D0%98%D0%9B_(1948) )

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Automne 1970 – Mourir de Mai – Réédition avec les posts censurés par le site Bellaciao!

 

 

 

 

 

 

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68

 

 

 

 


de : Lepotier
samedi 4 janvier 2020 – 19h09 – Signaler aux modérateurs

6 commentaires [ + 2 censurés par le site Bellaciao ]

  

Après Mai 68, la déchéance de la gauche française a pris rapidement un tour décisif avec l’abandon de l’idée de lutte de classe prolétarienne pour une prétendue lutte éclatée en différents objectifs « sociétaux » dont l’écologie est devenu l’exemple emblématique.

Au regard du renversement du rapport de forces dans la lutte de classe que cela a entraîné durablement, la responsabilité des dirigeants politiques pseudos- « révolutionnaires » de cette époque est écrasante. En diluant complètement les fondamentaux du marxisme-léninisme dans les principes « anti-autoritaires » qu’ils ont voulu formellement généraliser dans leur « nouveau » discours idéologique, et dans les dérives de leurs pratiques, ils ont en réalité entièrement restauré l’idéologie libérale bourgeoise qui avait connu une sérieuse brèche dans l’épreuve des lutte prolétariennes de Mai et Juin 1968.

Fragments d’un débat en 2019, initié sur un site d’inspiration anarcho-situationniste, mais qui n’a pas renoncé à l’expression de la révolte prolétarienne, contrairement notamment au groupe pseudo « M-L » à l’origine du journal « Tout ! », révélateur de cette dérive « libertaire-libérale », en réalité réactionnaire dans ses conséquences politiques essentielles.

Lepotier

PS>>>Les divers docs jointes en annexe permettent de compléter l’histoire en faisant les recoupements qui s’imposent par rapport aux « imprécisions » de Sportès et McGrogan.

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Fragments du débat et docs annexes >>>

__En réponse à « Dominique », un écolo « anti-productiviste »

__Par un internaute anonyme >>>

__« Dominique, En mai 68 on s’en foutait un peu de l’écologie, on voulait une révolution totale.

Après la défaite de la révolution totale, la contestation de mai 68 s’est décomposée. L’écologie est une particule elle-même en décomposition qui s’est détachée de la décomposition de cette contestation. Le féminisme en est une autre. Etc.

Ce sont les petits bourgeois friqués qui s’occupent d’écologie en se foutant totalement des salaires.

Les prolos, eux, ils s’en foutent pas du tout, des salaires !

Je préfère vivre sur une planète sale, en liberté et sans exploitation. Que sur une planète propre, mais avec l’exploitation de l’homme par l’homme et tous les interdits qui vont avec.

On s’occupera de l’écologie surtout après la fin de l’exploitation. Avant, c’est secondaire !

Et tant pis si l’être humain disparait de la Terre avant qu’on ait supprimé l’exploitation. Si tel est le cas, c’est peut-être qu’il ne méritait pas d’exister. Le combat contre l’exploitation de l’homme par l’homme est infiniment plus important que le combat écologique.

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__Une 1ère réponse par Lucien L. >>>

__ « Bonjour à tous,

à propos de décomposition de l’extrême-gauche en France après 68, je ne peux également que confirmer >>>

« Après la défaite de la révolution totale, la contestation de mai 68 s’est décomposée. L’écologie est une particule elle-même en décomposition qui s’est détachée de la décomposition de cette contestation. Le féminisme en est une autre. Etc.

Ce sont les petits bourgeois friqués qui s’occupent d’écologie en se foutant totalement des salaires. »

En fait, l’un des creusets, sinon le principal, de cette réelle décomposition fut le groupe VLR de l’époque >>>

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_la_révolution

Et ce n’était pas un groupe issu seulement de la petite-bourgeoisie, mais aussi et surtout, de la grande… !

Perso, je fut membre de VLR sous sa forme primitive VLC, en fait, via les liens existants entre ce groupe à Nanterre et quelques réseaux ouvriers dans la banlieue environnante.

Élève dans un bahut « technique », puis ouvrier non par vocation « militante » mais par nécessité, j’ai donc bien souvenir de cette très rapide « décomposition ».

La « révolution » était pour ces enfants de bourges un moyen de se défouler, de « jeter leur gourme » selon une expression aujourd’hui désuète, mais bien adaptée, en tant que maladie juvénile chez ces poulains de la bourgeoisie… Effectivement ils ne se souciaient pas vraiment du sort du prolétariat, dès qu’il cessait d’être une masse de manœuvres potentielles pour leurs jeux politiques avortés… !

Le seul ouvrier (dans l’industrie aéronautique) et authentique prolétaire, c’est à dire non pas un fils de bourge « établi » « pour la cause », qui y militait depuis l’origine du groupe, a alors choisi de se suicider, et tous ces gens l’ont laissé faire en parfaite connaissance de cause…

Dans l’esprit de l’époque, cela semble avoir été vu comme une forme « naturelle » d’expression de l’ « existentialisme » ambiant derrière le pseudo « marxisme » de cette sinistre camarilla, qui nous a également légué l’inénarrable et abjecte Stéphane Courtois, initiateur du « Livre noir du communisme » !

Et donc, OUI, faire passer l’écologie avant les rapports économiques et sociaux est bien une vaste fumisterie, une vaste connerie !

Et même criminelle, si consciente. Ce qui est mortifère, pour l’espèce humaine, et aussi pour son interaction avec le reste de la nature, dont elle n’est évidemment qu’une des formes, ce sont bien les rapports sociaux capitalistes. Si elle n’est pas capable de s’en affranchir, elle n’est pas non plus capable de trouver son équilibre écologique avec le reste de la nature, et elle disparaîtra donc, inexorablement, comme tant d’autres espèces avant-elle, tout simplement.

La différence avec les espèces plus anciennes résidant évidemment dans la conscience.

« Existentiellement » la conscience collective actuelle de l’humanité semble donc être effectivement tout à fait suicidaire.

Idéologiquement, c’est ce schéma suicidaire qui est également véhiculé par les écologistes qui prétendent « sauver la planète » sans remettre en cause, d’abord et avant tout, les rapports sociaux capitalistes !

Il y a certainement un chemin qui va de la révolution prolétarienne à un équilibre économique et écologique incluant donc, nécessairement et par définition, l’humanité.

Il n’y en a aucun qui aille d’un discours prioritairement et prétendument « écologique » à une révolution sociale réelle. Ce discours, actuellement, crée des « zones vertes » pour les riches et relègue les pauvres dans leurs poubelles. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que les « zones vertes » des riches soient elles-mêmes submergées par les poubelles, à moins que la masse des pauvres n’ait été anéantie, atomisée ou autrement, avec ses zones poubelles, ce qui ne fait pas un résultat très différent. Sauf pour les riches, évidemment, et encore… !

L. L.

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__Une réponse complémentaire par Lucien L. >>>

Correctif et précisions >>> « Je fus membre de VLR sous sa forme primitive VLC » >>>

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_le_communisme

Et à propos de la bourgeoisie gauchiste de l’époque post-68 >>>

Larousse >>> « Jeter sa gourme,

en parlant des jeunes chevaux, être affecté de la gourme ; en parlant de jeunes gens, se livrer à leurs premières frasques. »

« Gourme >>> Maladie infectieuse et contagieuse qui affecte principalement les jeunes équidés, caractérisée par une inflammation purulente des voies respiratoires supérieures et des ganglions correspondants. »

Autre approche du sujet >>>

« C’est à partir du milieu du XIVe siècle que le mot désigne une maladie de la bouche ou de la gorge du cheval, affection provoquant, entre autres, la sécrétion d’une morve particulière ayant le même nom (gourme pourrait venir du francique worm qui signifiait « pus »). Il semble que pratiquement tous les poulains soient victimes de cette maladie bénigne, point de passage quasiment obligé. Au XVIe siècle, on disait alors de l’animal qu’il jetait sa gourme, le verbe jeter ayant ici le sens d’ « émettre des sécrétions ».

Parallèlement, mais au figuré, cette fois, jeter sa gourme a pris le sens qu’il a toujours aujourd’hui.

La raison de la naissance de cette métaphore est assez simple : si le poulain passera obligatoirement par la maladie, le jeune humain passera tout aussi inévitablement par un moment où il commettra ses premières frasques, passage considéré ici, comme pour le poulain avec sa morve, comme une maladie de jeunesse incontournable (puisqu’il faut que jeunesse se passe). »

http://www.expressio.fr/expressions/jeter-sa-gourme.php

Concernant la formation de VLC à partir de l’éclatement de l’UJC(m-l), et sa mutation rapide en VLR et sa dégénérescence-auto-dissolution en « Tout ! » je viens de trouver ce doc étonnant, une thèse britannique d’un certain Magnus McGrogan, et récente, 2010…

McGrogan- Thesis- DE VLC A VLR ET TOUT

https://nousnesommesriensoyonstout.files.wordpress.com/2020/01/mcgrogan-thesis-de-vlc-a-vlr-et-tout.pdf

et qui semble donc être aussi la base d’un bouquin du même auteur, encore plus récent, traduit en français en 2018 >>>

https://www.decitre.fr/livres/tout-gauchisme-contre-culture-et-presse-alternative-dans-l-apres-mai-68-9782373090383.html#resume

« Après sa thèse de doctorat sur Tout ! et la presse alternative en France après 1968, Manus McGrogan est devenu historien indépendant, spécialiste des mouvements radicaux des années 1960 et 1970. »

https://www.lechappee.org/auteurs/manus-mc-grogan

Promu chez les anars ??? >>>

https://www.infolibertaire.net/presentation-du-livre-tout-de-manus-mcgrogan/

http://www.millebabords.org/spip.php?article32118

Etc…

Ce McGrogan a donc réussi une enquête assez exhaustive, et en fait, nécessairement, assez complaisante à l’égard des acteurs de cette époque et de leurs dérives diverses.

Thèse « exhaustive », mais dans certaines limites, en fait, et ce n’est donc guère surprenant, il n’évoque nullement cette histoire particulière du suicide de ce camarade ouvrier, ni d’autres, qui ont néanmoins été une des conséquences de ces dérives et du retournement de tout ce petit monde gauchiste dans le giron douillet de sa classe d’origine.

Ce camarade y est pourtant mentionné, une seule fois, dans une note de bas de page, à propos d’une tentative qu’il avait fait de convertir les trotskystes de LO au ML !

Une autre mention se trouve dans ce bouquin de Morgan Sportès, >>>

https://www.grasset.fr/livres/ils-ont-tue-pierre-overney-9782246712015

mais qui, là aussi, ignorance ou complaisance, relate ce suicide comme ayant été effectué indépendamment de ses proches, alors que ce n’était pas du tout le cas.

Personnellement, alors à peine sorti de mon adolescence et de mon bahut, j’ai donc été informé de son projet suicidaire par ses proches et intimes dans l’organisation, lui-même étant encore présent et bien en vie.

N’étant pas moi-même de ce cercle intime, et surtout, à peine adulte, et du reste, pas encore au regard des lois de l’époque (la majorité à 18 ans, c’est quatre ans plus tard…), dans le contexte « idéologique » de l’époque, il eut paru tout à fait hors de propos d’intervenir.

Évidemment, aujourd’hui je vois les choses tout à fait autrement, mais la machine à remonter le temps n’existe toujours pas…

La plupart des personnes concernées sont encore de ce monde, et certaines, en très bonnes places… Quoi qu’il en soit, non-assistance à personne en danger, ou autre motivation juridique, il y a prescription.

Le monde continue de tourner, le Capital, de capitaliser, et la bourgeoisie, de traiter les bolcheviques de criminels… !

Des fois que…

Ceci-dit, en Russie, au moins, ce renversement des rôles ne tient plus guère… !

L. L.

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ANNEXES >>>

Extrait d’une « fiction » de Morgan Sportès >>>

https://www.grasset.fr/livres/ils-ont-tue-pierre-overney-9782246712015

 

 

Une note N°61 en bas de page 82 de la thèse de McGrogan, qui en compte 301 >>>

« 61 . Vive La Révolution no.7, July 1970, p. 7. VLR, especially those around the BO, considered that LO had achieved some fine, consistent work in the working class (indeed LO had workers as members). The VLR approach was part of several attempts to engage in formal alliances with the revolutionary left beyond the united front of the Secours Rouge or other campaigns. Lutte Ouvrière(no.96, 30 June-6 July 1970, p. 9) covered the VLR intervention, reporting delegates‟ amusement at VLR member Serge Marteau‟s call for the audience to cast off their „dusty Trotskyism‟. Little came of the visit. »

https://researchportal.port.ac.uk/portal/files/5948488/Total_final_thesis.pdf

AUTRES ANNEXES >>>

http://irenelaksine.free.fr/site/mon_histoire.html

« TOUT ! » n°1, en Septembre 1970, soit le tournant décisif vers la décomposition complète et inexorable de la gauche française…

Pour certains, le retour à une vie « normale » de bourgeois intégrés au système d’une manière ou d’une autre, y compris par la pseudo-« contestation » ainsi décomposée, à plus d’un titre, évoquée dans le premier post repris dans ce fragment du débat sur le site actuel. [Essentiellement anarcho-situationniste, mais non sectaire, et réellement ouvert à l’expression de la révolte prolétarienne.]

Pour d’autres, la fin déjà actée d’un monde qui avait failli de naître avec la révolte de Mai 68, et avec cette fin d’un monde, le suicide.

Avec la parution de ce « nouveau journal », en Septembre 1970, c’est en fait l’auto-dissolution de VLR, en tant qu’organisation militante essentiellement tournée vers la classe ouvrière, qui était déjà actée, avec toute ses conséquences, résumées ci-dessus, bien que Wikipédia ne la situe « officiellement » qu’en Avril 1971. Et Roland Castro, en Mai 1971, dans ses divers épanchements « mémoriels » médiatiques, en rapport avec son rendez-vous chez Lacan…

La décomposition du mouvement en fractions à visées « sociétales » diverses, c’était en pratique un renoncement à l’engagement prolétarien dans la lutte des classes, et en fait de « radicalité » un passage radical dans le camp de la bourgeoisie, dont l’essentiel des « cadres » du mouvement VLR était issu. Une pirouette « idéologique » pour signaler à grand bruit ce retour dans le giron du système, et quasiment une appel d’offre pour les suites de carrières de ces ex- « échappés » qui finissaient donc ainsi de jeter leur gourme purulente…

Dans cet « éclatement sociétal », si une branche « ouvrière » du mouvement était prévue, en paroles, elle n’a évidemment jamais réellement vu le jour !

Pourtant, même si Mai 68, qui n’a donc pas encore deux ans, en fait, est déjà presque entré dans l’Histoire, on ne peut pas dire que le reflux de la lutte était tel qu’il justifia, et en aucune manière, une telle stratégie de renoncement.

Eut-ce été le cas, une attitude prolétarienne marxiste-léniniste consistait au contraire à organiser le noyau de la résistance, et non à le dissoudre. A l’automne 1970, l’évolution « militariste » de la Gauche Prolétarienne n’avait pas encore connu les dérives discutables qui ont parfois été les siennes par la suite et ce prétexte ne peut non plus être invoqué, ni même en Mai 1971, comme le fait parfois Roland Castro, sauf à vouloir précisément renouveler son serment d’allégeance au système capitaliste, la seule chose dont on ne saurait douter dans cette pitoyable histoire !

Mais le « marxisme-léninisme » des dirigeants de VLR n’était, de toutes façons, qu’une dégénérescence déjà avancée du maoïsme, lui-même forme déjà ancienne de révisionnisme, même si d’apparence « nouvelle » en France, et dont la critique radicale nécessaire restait encore à faire !

Lucien L.

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2020/01/02/automne-1970-mourir-de-mai-ou-de-la-responsabilite-politique-criminelle-des-leaders-maos-spontex-post-68/

 

L’usine Hispano-Suiza à Bois-Colombes, où le camarade Serge Marteau a travaillé jusqu’à sa mort. Ici lors d’une lutte pour le maintien du site, au tournant des années 70, précisément !

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En plein Mai 1968 – Hispano-Suiza (Pas encore SNECMA…) en manif !

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L’usine finalement abandonnée en fin du XXème siècle

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Aujourd’hui l’ancienne usine et devenue une école (L’entrée est aussi celle de l’ancienne soufflerie)  

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La sortie de l’ancienne soufflerie donne désormais sur des aires de jeux et des espaces verts

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En fond, la sortie de soufflerie illuminée lors d’un concert dans le parc avoisinant l’école

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                                    Mais pour avancer vers un autre monde, le combat continue !

Commentaires de l’article

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 03h25 – Posté par Marc ARAKIOUZO

L’essor de l’écologisme est un pur produit du Capital. Financé par un richissime actionnaire italien, le CLUB de ROME, 1970, avait pour but de consoler a déception des petits bourgeois radicaux en leur fourguant une sorte de virus, un cancer de la pensée, un truisme… Slogan inepte, la phrase « une croissance infinie est impossible dans un monde fini », qui annonce que le capitalisme va se heurter à une limite spatiale, qu’il est donc un phénomène géométrique horizontal, va crétiniser tous ces petits bourgeois déçus d’apprendre que le prolétariat n’est pas spontanément révolutionnaire et ne se mobilise pas de façon permanente. Nous en sommes encore là avec le mythème complémentaire des ressources finies que démentent déjà certaines inventions (réacteurs Steinfeld par exemple, …).

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 15h04 – Posté par Jean PRADIER dit jean 1

Si j’ai bien compris, Marc ARAKIOUZO, le fonctionnement du réacteur Steinfeld assèche l’ air ambiant pour capter son eau et consommer son CO2 pour produire un gaz de synthèse source d’ hydrocarbures dont la combustion dans les transports restituera ce CO2. Qu’en est-il pour l’eau ?

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 16h21 – Posté par Marc ARAKIOUZO

Bonjour Jean. Tu n’as pas bien compris… Lit plusieurs articles sur les réacteurs Steinfeld et tu verras que l’eau vient de l’océan, ou d’un fleuve, ou d’un aquifère… ça ce n’est pas important ! Par contre l’usine EcoloBlue d’Adélaïde puise l’eau dans l’air pour la rendre liquide et l’utiliser (condensation). NB : avec 7850 usines EcoloBlue ou mieux PasEcoloRed on pourrait faire avancer très vite le projet « Grande Muraille Verte du SAHEL », en modifier la pluviométrie et y planter 600 milliards d’arbres (puy de carbone)… Mais là je blasphème contre l’écologisme petit bourgeois qui méprise les vraies solutions.

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 11h25 – Posté par Pedro

Certes tout n’est pas faux loin de là mais où veux tu en venir ? Qui trouve grâce à tes yeux ?
Montant de l’aide de l’Etat bourgeois à L’Humanité : 4 191 650 €
Aide par exemplaire : 0,462 €
https://droit-finances.commentcamar…
Il y a eu un autre suicide célèbre dans ces années (mais c’était un petit bourge) :
https://fr.wikipedia.org/wiki/Miche…
« Mao-spontex » désignait surtout la Gauche Prolétarienne.
Je vois mal un journal comme « Tout ! » en Chine maoïste !
Pour ce qui est de Mille Bâbords, ce n’est pas ce qu’il y a de pire aujourd’hui, d’où l’agression fasciste dont elle a été l’objet (en 2016 de mémoire).


1ER POST EN RÉPONSE, @PEDRO, CENSURÉ PAR LE SITE BELLACIAO

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Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68 par Lepotier

 

La Révolution prolétarienne n’est pas une affaire de la « grâce » des uns dans les yeux des autres, mais bien une affaire de cohérence entre l’analyse matérialiste dialectique et les conséquences pratiques qui en découlent.

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/05/22/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/05/23/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

Concernant le journal militant, il y a tout lieu de le développer sur la base d’une autonomie prolétarienne totale, s’il veut avoir la moindre chance de remplir sa fonction révolutionnaire >>>

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/

Il suffit d’avoir réellement la volonté de s’y mettre…

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » V.I. Lénine

Et inversement, si le mouvement ne trouve toujours pas le chemin d’une alternative politique au système, c’est donc qu’il n’y a pas encore de volonté politique réelle d’en changer ! Le rôle d’un noyau ML, autour d’un journal, même très modeste à ses débuts, c’est donc bien de commencer à exprimer une réelle volonté de changement de société, sur la base d’une transition réellement anticapitaliste, et donc socialiste prolétarienne.

Et sinon, historiquement, pour ceux qui ont vécu cela sur le terrain des luttes ouvrières en banlieue, il est clair que les pratiques de la Gauche Prolétarienne étaient nettement moins « spontanéistes » que celles de VLR, engagé nettement avant dans cette dégénérescence. Même au moment de sa dissolution, la GP constituait toujours un réseau militant prolétarien encore relativement digne de ce nom, ce qui n’était déjà plus le cas de VLR, trois ans auparavant…

« Dirigée par Benny Lévy, la GP est classée généralement dans le courant maoïste, tandis que Vive la révolution, fondée au même moment est « mao-spontex ». »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_prol%C3%A9tarienne

Lepotier

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Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 13h33 – Posté par Lepotier

Il y a un autre recoupement très important à faire, dans la reconstitution de cette histoire… Et qui souligne la responsabilité, ou plutôt, l’ « irresponsabilité » criminelle de cette camarilla dont Roland Castro était le leader. En effet, dans ses divers « épanchements mémoriels médiatiques » Roland Castro ne manque pas de revenir sur sa prétendue « dépression suicidaire » de Mai 1971 et sur la façon dont le « psy » Lacan l’aurait tout aussi prétendument « miraculeusement sauvé »… !

https://www.parismatch.com/Culture/Livres/J-ai-rencontre-mon-sauveur-Jacques-Lacan-Par-Roland-Castro-154865

https://www.streetpress.com/sujet/89537-roland-castro-la-ville-ca-doit-etre-intense

https://www.nouvelobs.com/rue89/rue89-nos-vies-connectees/20110915.RUE4274/leur-premiere-seance-de-psychanalyse-avec-lacan.html

Etc…

Or ce prétendu « sauvetage » a lieu seulement quelques mois après que cette camarilla « spontanéiste » ait laissé mourir le camarade Serge Marteau, en toute connaissance de cause, délibérément et « collectivement », y incluant la compagne « maîtresse artiste bourge »… et donc également expressément avec l’approbation du leader, Roland Castro !

Pour ceux qui ont vécu cette époque en la considérant d’un point de vue de classe, prolétarien, les jérémiades médiatiques de Castro sonnent donc tout à fait autrement que ce qu’il tente de nous faire accroire… !

Lepotier

Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68
5 janvier 2020 – 14h48 – Posté par Jean PRADIER dit jean 1

J’ai la mémoire qui flanche pour les personnes et m’abstiens donc de tout règlement de compte en l’ absence de souvenirs sérieux.
Par contre j’ ai de beaucoup préféré lire les journaux « tout », « la gueule ouverte » que le résultat des accords de « grenelle de mai » 68.

2ème post censuré par le site Bellaciao!

En réponse @ Jean PRADIER dit jean 1

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Automne 1970 – Mourir de Mai – Ou de la responsabilité politique criminelle des leaders « maos-spontex » post-68 par Lepotier

 

Le résultat des accords de Grenelle n’était qu’un compromis boiteux passé par les révisionnistes pour justifier la liquidation des grèves prolétariennes, mais en termes d’aboutissement des revendications immédiates il a néanmoins permis de soulager les difficultés sociales quotidiennes de millions de prolétaires, et ne serait-ce qu’à ce titre il valait déjà mieux que toute la littérature gauchisante de « Tout ! » et n’importe quoi du même acabit, du même style pseudo- « contestataire », et qui n’a abouti à aucune structure de lutte de classe réelle et durable, capable d’affronter les crises qui se sont succédé depuis. C’est évidemment le constat qui s’impose aujourd’hui, un demi-siècle plus tard, et notamment avec la présente lutte.

Par votre complaisance à l’égard des dérives de cette époque, dont le camarade Serge Marteau est en réalité une victime tout à fait emblématique, vous vous en faites donc vous-même encore une des cautions actuelles.

Dans cette affaire, outre les souvenirs, qu’on oublie pas, les faits dont les traces subsistent, même si forcément ténues, et on comprend bien pourquoi…, montrent clairement le clivage de classe qui s’est opéré à cette époque : les enfants de bourges deviennent architecte, artiste-peintre, avocat, etc. tandis que les enfants du prolétariat dont cette jeunesse dorée a brisé l’espoir des luttes encore possibles sont acculés au suicide, à la marginalisation, etc.

C’est Warren Buffet qui parlait de guerre de classe, il y a quelques années, déjà, et de la victoire déjà acquise, selon lui, de son camp. Quand la tranchée se creuse, chacun choisit son camp et laisse les autres crever…

En cautionnant « Tout ! » et ses conséquences politiques, vous choisissez donc votre camp, en réalité, celui de ceux qui ont délibérément choisi de laisser crever le camarade Serge Marteau comme un chien.

Mais c’est aussi le camp dans lequel se trouve la très grande majorité de ce qui reste de la gauche française, derrière ses rodomontades pseudo-« anticapitalistes » d’opérette, cachant de plus en plus mal ses intérêts de Kollabos du système.

Lepotier

PS >>> Pour mieux comprendre, copie du post adressé en réponse @Pedro, et resté inédit par la censure du site Bellaciao.

@Pedro >>>

La Révolution prolétarienne n’est pas une affaire de la « grâce » des uns dans les yeux des autres, mais bien une affaire de cohérence entre l’analyse matérialiste dialectique et les conséquences pratiques qui en découlent.

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/05/22/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-1/

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2019/05/23/marxisme-leninisme-marx-lenine-ml-en-deux-mots-cest-quoi-partie-2/

Concernant le journal militant, il y a tout lieu de le développer sur la base d’une autonomie prolétarienne totale, s’il veut avoir la moindre chance de remplir sa fonction révolutionnaire >>>

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/10/17/par-ou-commencer-lenine-sur-le-role-du-journal-nouvelle-traduction/

Il suffit d’avoir réellement la volonté de s’y mettre…

« Là où il y a une volonté, il y a un chemin. » V.I. Lénine

Et inversement, si le mouvement ne trouve toujours pas le chemin d’une alternative politique au système, c’est donc qu’il n’y a pas encore de volonté politique réelle d’en changer ! Le rôle d’un noyau ML, autour d’un journal, même très modeste à ses débuts, c’est donc bien de commencer à exprimer une réelle volonté de changement de société, sur la base d’une transition réellement anticapitaliste, et donc socialiste prolétarienne.

Et sinon, historiquement, pour ceux qui ont vécu cela sur le terrain des luttes ouvrières en banlieue, il est clair que les pratiques de la Gauche Prolétarienne étaient nettement moins « spontanéistes » que celles de VLR, engagé nettement avant dans cette dégénérescence. Même au moment de sa dissolution, la GP constituait toujours un réseau militant prolétarien encore relativement digne de ce nom, ce qui n’était déjà plus le cas de VLR, trois ans auparavant…

« Dirigée par Benny Lévy, la GP est classée généralement dans le courant maoïste, tandis que Vive la révolution, fondée au même moment est « mao-spontex ». »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Gauche_prol%C3%A9tarienne

Lepotier

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Automne 1970 – Mourir de Mai

https://lhistoirenmarche.wordpress.com/2019/12/31/automne-1970-mourir-de-mai/

 

 

 

 

Après Mai 68, la déchéance de la gauche française a pris rapidement un tour décisif avec l’abandon de l’idée de lutte de classe prolétarienne pour une prétendue lutte éclatée en différents objectifs « sociétaux » dont l’écologie est devenu l’exemple emblématique.

Fragments d’un débat en 2019 sur le site « Vive la Révolution », d’inspiration anarcho-situationniste, mais qui n’a pas renoncé à l’expression de la révolte prolétarienne, contrairement au groupe pseudo « M-L » éponyme de l’époque !

Fragments du débat et docs annexes >>>

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/12/fragments-du-debat-et-docs-complementaires.pdf

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3417

Les écologistes sont de répugnants crétins comme tous coureurs de Pouvoir 28 décembre 05:48

Dominique, [ NDLR >>> écolo « anti-productiviste »], En mai 68 on s’en foutait un peu de l’écologie, on voulait une révolution totale.

Après la défaite de la révolution totale, la contestation de mai 68 s’est décomposée. L’écologie est une particule elle-même en décomposition qui s’est détachée de la décomposition de cette contestation. Le féminisme en est une autre. Etc.

Ce sont les petits bourgeois friqués qui s’occupent d’écologie en se foutant totalement des salaires.

Les prolos, eux, ils s’en foutent pas du tout, des salaires !

Je préfère vivre sur une planète sale, en liberté et sans exploitation. Que sur une planète propre, mais avec l’exploitation de l’homme par l’homme et tous les interdits qui vont avec.

On s’occupera de l’écologie surtout après la fin de l’exploitation. Avant, c’est secondaire !

Et tant pis si l’être humain disparait de la Terre avant qu’on ait supprimé l’exploitation. Si tel est le cas, c’est peut-être qu’il ne méritait pas d’exister.

Le combat contre l’exploitation de l’homme par l’homme est infiniment plus important que le combat écologique.

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3417#forum4535

Les écologistes sont de répugnants crétins comme tous coureurs de Pouvoir 28 décembre 14:14, par Luniterre

Bonjour à tous,

à propos de décomposition de l’extrême-gauche en France après 68, je ne peux également que confirmer >>>

« Après la défaite de la révolution totale, la contestation de mai 68 s’est décomposée. L’écologie est une particule elle-même en décomposition qui s’est détachée de la décomposition de cette contestation. Le féminisme en est une autre. Etc.
Ce sont les petits bourgeois friqués qui s’occupent d’écologie en se foutant totalement des salaires. »

En fait, l’un des creusets, sinon le principal, de cette réelle décomposition fut le groupe VLR de l’époque >>>

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_la_révolution

Et ce n’était pas un groupe issu seulement de la petite-bourgeoisie, mais aussi et surtout, de la grande… !

Perso, je fut membre de VLR sous sa forme primitive VLC, en fait, via les liens existants entre ce groupe à Nanterre et quelques réseaux ouvriers dans la banlieue environnante.
Élève dans un bahut « technique », puis ouvrier non par vocation « militante » mais par nécessité, j’ai donc bien souvenir de cette très rapide « décomposition ».

La « révolution » était pour ces enfants de bourges un moyen de se défouler, de « jeter leur gourme » selon une expression aujourd’hui désuète, mais bien adaptée, en tant que maladie juvénile chez ces poulains de la bourgeoisie…

Effectivement ils ne se souciaient pas vraiment du sort du prolétariat, dès qu’il cessait d’être une masse de manœuvres potentielles pour leurs jeux politiques avortés… !
Le seul ouvrier (dans l’industrie aéronautique) et authentique prolétaire, c’est à dire non pas un fils de bourge « établi » « pour la cause », qui y militait depuis l’origine du groupe a alors choisi de se suicider, et tous ces gens l’ont laissé faire en parfaite connaissance de cause…

Dans l’esprit de l’époque, cela semble avoir été vu comme une forme « naturelle » d’expression de l’ « existentialisme » ambiant derrière le pseudo « marxisme » de cette sinistre camarilla, qui nous a également légué l’inénarrable et abjecte Stéphane Courtois, initiateur du « Livre noir du communisme » !

Et donc, OUI, faire passer l’écologie avant les rapports économiques et sociaux est bien une vaste fumisterie, une vaste connerie !
Et même criminelle, si consciente. Ce qui est mortifère, pour l’espèce humaine, et aussi pour son interaction avec le reste de la nature, dont elle n’est évidemment qu’une des formes, ce sont bien les rapports sociaux capitalistes.

Si elle n’est pas capable de s’en affranchir, elle n’est pas non plus capable de trouver son équilibre écologique avec le reste de la nature, et elle disparaîtra donc, inexorablement, comme tant d’autres espèces avant-elle, tout simplement.

La différence avec les espèces plus anciennes résidant évidemment dans la conscience.

« Existentiellement » la conscience collective actuelle de l’humanité semble donc être effectivement tout à fait suicidaire.

Idéologiquement, c’est ce schéma suicidaire qui est également véhiculé par les écologistes qui prétendent « sauver la planète » sans remettre en cause, d’abord et avant tout, les rapports sociaux capitalistes !

Il y a certainement un chemin qui va de la révolution prolétarienne à un équilibre économique et écologique incluant donc, nécessairement et par définition, l’humanité.

Il n’y en a aucun qui aille d’un discours prioritairement et prétendument « écologique » à une révolution sociale réelle. Ce discours, actuellement, crée des « zones vertes » pour les riches et relègue les pauvres dans leurs poubelles. Et il en sera ainsi jusqu’à ce que les « zones vertes » des riches soient elles-mêmes submergées par les poubelles, à moins que la masse des pauvres n’ait été anéantie, atomisée ou autrement, avec ses zones poubelles, ce qui ne fait pas un résultat très différent. Sauf pour les riches, évidemment, et encore… !

Luniterre

http://mai68.org/spip2/spip.php?article3417#forum4543

Les écologistes sont de répugnants crétins comme tous coureurs de Pouvoir 28 décembre 23:03, par Luniterre

Correctif et précisions >>> « Je fus membre de VLR sous sa forme primitive VLC » >>>

https://fr.wikipedia.org/wiki/Vive_le_communisme

Et à propos de la bourgeoisie gauchiste de l’époque post-68 >>>

Larousse >>> « Jeter sa gourme,
en parlant des jeunes chevaux, être affecté de la gourme ; en parlant de jeunes gens, se livrer à leurs premières frasques. »

« Gourme >>> Maladie infectieuse et contagieuse qui affecte principalement les jeunes équidés, caractérisée par une inflammation purulente des voies respiratoires supérieures et des ganglions correspondants. »

Autre approche du sujet >>>

« C’est à partir du milieu du XIVe siècle que le mot désigne une maladie de la bouche ou de la gorge du cheval, affection provoquant, entre autres, la sécrétion d’une morve particulière ayant le même nom (gourme pourrait venir du francique worm qui signifiait « pus »). Il semble que pratiquement tous les poulains soient victimes de cette maladie bénigne, point de passage quasiment obligé. Au XVIe siècle, on disait alors de l’animal qu’il jetait sa gourme, le verbe jeter ayant ici le sens d’ « émettre des sécrétions ».

Parallèlement, mais au figuré, cette fois, jeter sa gourme a pris le sens qu’il a toujours aujourd’hui.

La raison de la naissance de cette métaphore est assez simple : si le poulain passera obligatoirement par la maladie, le jeune humain passera tout aussi inévitablement par un moment où il commettra ses premières frasques, passage considéré ici, comme pour le poulain avec sa morve, comme une maladie de jeunesse incontournable (puisqu’il faut que jeunesse se passe). »

http://www.expressio.fr/expressions/jeter-sa-gourme.php

Concernant la formation de VLC à partir de l’éclatement de l’UJC(m-l), et sa mutation rapide en VLR et sa dégénérescence-auto-dissolution en « Tout ! » je viens de trouver ce doc étonnant, une thèse britannique d’un certain Magnus McGrogan, et récente, 2010…

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2019/12/mcgrogan-thesis-de-vlc-a-vlr-et-tout.pdf

et qui semble donc être aussi la base d’un bouquin du même auteur, encore plus récent, traduit en français en 2018 >>>

https://www.decitre.fr/livres/tout-gauchisme-contre-culture-et-presse-alternative-dans-l-apres-mai-68-9782373090383.html#resume

« Après sa thèse de doctorat sur Tout ! et la presse alternative en France après 1968, Manus McGrogan est devenu historien indépendant, spécialiste des mouvements radicaux des années 1960 et 1970. »

https://www.lechappee.org/auteurs/manus-mc-grogan

Promu chez les anars ??? >>>

https://www.infolibertaire.net/presentation-du-livre-tout-de-manus-mcgrogan/

http://www.millebabords.org/spip.php?article32118

Etc…

Ce McGrogan a donc réussi une enquête assez exhaustive, et en fait, nécessairement, assez complaisante à l’égard des acteurs de cette époque et de leurs dérives diverses.

Thèse « exhaustive », mais dans certaines limites, en fait, et ce n’est donc guère surprenant, il n’évoque nullement cette histoire particulière du suicide de ce camarade ouvrier, ni d’autres, qui ont néanmoins été une des conséquences de ces dérives et du retournement de tout ce petit monde gauchiste dans le giron douillet de sa classe d’origine.

Ce camarade y est pourtant mentionné, une seule fois, dans une note de bas de page, à propos d’une tentative qu’il avait fait de convertir les trotskystes de LO au ML !

Une autre mention se trouve dans ce bouquin de Morgan Sportès, >>>

https://www.grasset.fr/livres/ils-ont-tue-pierre-overney-9782246712015

mais qui, là aussi, ignorance ou complaisance, relate ce suicide comme ayant été effectué indépendamment de ses proches, alors que ce n’était pas du tout le cas.

Personnellement, alors à peine sorti de mon adolescence et de mon bahut, j’ai donc été informé de son projet suicidaire par ses proches et intimes dans l’organisation, lui-même étant encore présent et bien en vie.

N’étant pas moi-même de ce cercle intime, et surtout, à peine adulte, et du reste, pas encore au regard des lois de l’époque (la majorité à 18 ans, c’est quatre ans plus tard…), dans le contexte « idéologique » de l’époque, il eut paru tout à fait hors de propos d’intervenir.

Évidemment, aujourd’hui je vois les choses tout à fait autrement, mais la machine à remonter le temps n’existe toujours pas…

La plupart des personnes concernées sont encore de ce monde, et certaines, en très bonnes places… Quoi qu’il en soit, non-assistance à personne en danger, ou autre motivation juridique, il y a prescription.

Le monde continue de tourner, le Capital, de capitaliser, et la bourgeoisie, de traiter les bolcheviques de criminels… !

Des fois que…

Ceci-dit, en Russie, au moins, ce renversement des rôles ne tient plus guère… !

Luniterre

ANNEXES >>>

Extrait d’une « fiction » de Morgan Sportès >>>

https://www.grasset.fr/livres/ils-ont-tue-pierre-overney-9782246712015

Une note 61 en bas de page 82

de la thèse de McGrogan, qui en compte 301 >>>

« 61 . Vive La Révolution no.7, July 1970, p. 7. VLR, especially those around the BO, considered that LO had achieved some fine, consistent work in the working class (indeed LO had workers as members). The VLR approach was part of several attempts to engage in formal alliances with the revolutionary left beyond the united front of the Secours Rouge or other campaigns. Lutte Ouvrière(no.96, 30 June-6 July 1970, p. 9) covered the VLR intervention, reporting delegates‟ amusement at VLR member Serge Marteau‟s call for the audience to cast off their „dusty Trotskyism‟. Little came of the visit. »

https://researchportal.port.ac.uk/portal/files/5948488/Total_final_thesis.pdf

AUTRES ANNEXES >>>

http://irenelaksine.free.fr/site/mon_histoire.html

« TOUT ! » n°1, en Septembre 1970, soit le tournant décisif vers la décomposition complète et inexorable de la gauche française…

Pour certains, le retour à une vie « normale » de bourgeois intégrés au système d’une manière ou d’une autre, y compris par la pseudo-« contestation » ainsi décomposée, à plus d’un titre, évoquée dans le premier post repris dans ce fragment du débat sur le VLR actuel. [Essentiellement anarcho-situationniste, mais non sectaire, et réellement ouvert à l’expression de la révolte prolétarienne.]

Pour d’autres, la fin déjà actée d’un monde qui avait failli de naître avec la révolte de Mai 68,

et avec cette fin d’un monde, le suicide.

Avec la parution de ce « nouveau journal », en Septembre 1970, c’est en fait l’auto-dissolution de VLR, en tant qu’organisation militante essentiellement tournée vers la classe ouvrière, qui était déjà actée, avec toute ses conséquences, résumées ci-dessus, bien que Wikipédia ne la situe « officiellement » qu’en Avril 1971. Et Roland Castro, en Mai 1971, dans ses divers épanchements « mémoriels » médiatiques, en rapport avec son rendez-vous chez Lacan…

La décomposition du mouvement en fractions à visées « sociétales » diverses, c’était en pratique un renoncement à l’engagement prolétarien dans la lutte des classes, et en fait de « radicalité » un passage radical dans le camp de la bourgeoisie, dont l’essentiel des « cadres » du mouvement VLR était issu. Une pirouette « idéologique » pour signaler à grand bruit ce retour dans le giron du système, et quasiment une appel d’offre pour les suites de carrières de ces ex- « échappés » qui finissaient donc ainsi de jeter leur gourme purulente…

Dans cet « éclatement sociétal », si une branche « ouvrière » du mouvement était prévue, en paroles, elle n’a évidemment jamais réellement vu le jour !

Pourtant, même si Mai 68, qui n’a donc pas encore deux ans, en fait, est déjà presque entré dans l’Histoire, on ne peut pas dire que le reflux de la lutte était tel qu’il justifia, et en aucune manière, une telle stratégie de renoncement.

Eut-ce été le cas, une attitude prolétarienne marxiste-léniniste consistait au contraire à organiser le noyau de la résistance, et non à le dissoudre. A l’automne 1970, l’évolution « militariste » de la Gauche Prolétarienne n’avait pas encore connu les dérives discutables qui ont parfois été les siennes par la suite et ce prétexte ne peut non plus être invoqué, ni même en Mai 1971, comme le fait parfois Roland Castro, sauf à vouloir précisément renouveler son serment d’allégeance au système capitaliste, la seule chose dont on ne saurait douter dans cette pitoyable histoire !

Mais le « marxisme-léninisme » des dirigeants de VLR n’était, de toutes façons, qu’une dégénérescence déjà avancée du maoïsme, lui-même forme déjà ancienne de révisionnisme, même si d’apparence « nouvelle » en France, et dont la critique radicale nécessaire restait encore à faire !

Luniterre

Les photos proviennent de >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/27/в-последний-раз/

L’usine Hispano-Suiza à Bois-Colombes, où le camarade Serge Marteau a travaillé jusqu’à sa mort.

Ici lors d’une lutte pour le maintien du site, au tournant des années 70, précisément!

Mai 1968 – Hispano-Suiza (Pas encore SNECMA…) en manif!

L’usine finalement abandonnée en fin du XXème siècle

Aujourd’hui l’ancienne usine et devenue une école

(L’entrée est aussi celle de l’ancienne soufflerie)

La sortie de la soufflerie donne désormais sur des aires de jeux

et des espaces verts

En fond, la soufflerie illuminée lors d’un concert

dans le parc avoisinant l’école

Pour avancer vers un autre monde, le combat continue !

 

La Dialectique peut-elle (Encore) casser des briques ???

 

 

 

Au stade actuel du développement des mouvements de masse à travers la planète, il apparaît clairement que ce n’est pas le réveil de la révolte populaire et prolétarienne qui pose réellement des questions aux révolutionnaires, mais bien à nouveau l’organisation du prolétariat en tant que classe politiquement autonome et capable de structurer le mouvement de masse autour d’une perspective d’alternative réelle au capitalisme.

Or cette autonomie de classe ne peut se construire sur les valeurs idéologiques des classes populaires en voie de prolétarisation mais encore imprégnées des valeurs « classes moyennes » qui sont en réalité celles de la petite-bourgeoisie idéaliste, fut-elle formellement d’« extrême-gauche ».

Pour l’instant, ce sont ces valeurs idéologiques diverses qui dominent le mouvement et empêchent, en pratique, l’expression autonome des catégories prolétariennes les plus exploitées par le capital, et même la simple formulation collective de leurs revendications les plus immédiates, comme l’augmentation du SMIC, et surtout, à propos des retraites, l’établissement d’un « plancher » à un niveau décent.

A travers toutes ces manipulations idéologiques, qu’elles soient trotskystes, anarcho-écologistes, pseudos-« communistes » PCF et « dissidents » pro-chinois et autres, ce sont donc diverses fractions de la petite bourgeoisie, en fin de compte, qui tentent d’utiliser la colère populaire pour réajuster en leur faveur le rapport de force dans lequel elles se situent par rapport à la grande bourgeoisie financière monopoliste, mais sans vouloir réellement assumer les conséquences d’une alternative prolétarienne, et y faisant donc obstacle, concrètement, derrière un langage pseudo- « contestataire » et même parfois très formellement « anticapitaliste ».

Leur perspective politique, même sous un vocabulaire « révolutionnaire », n’est tout au plus qu’un réaménagement « constitutionnel » de l’État au service du capital, sous une forme RIC, 6ème république, etc., mais jamais une remise en cause de la nature de classe de cet Etat, et encore moins, la perspective d’un Etat réellement prolétarien.

La voie d’une réelle transition socialiste prolétarienne passe par la constitution d’un parti prolétarien réellement ML, et donc, cela nécessite de retrouver les bases de la dialectique, telle qu’elle peut se comprendre au vu du niveau des connaissances scientifiques actuelles, et des concepts généraux qui s’en dégagent.

La formation d’un noyau du parti prolétarien passe d’abord par l’auto-formation des éléments conscients de cette problématique, et par leur regroupement en vue de créer, autour de la formation collective, la dynamique de groupe, la synergie rayonnante qui permettra de commencer à structurer le mouvement de masse autour d’une perspective politique réellement prolétarienne.

Luniterre

RÉCENT SUR LE SUJET >>>

De la fonction épistémologique de la dialectique – Extrait de thèse

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/07/de-la-fonction-epistemologique-de-la-dialectique-extrait-de-these/

La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

(Synthèse du débat)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/04/la-gauche-francaise-au-stade-du-terre-platisme-synthese-du-debat/

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La Gauche Française au stade du « Terre-platisme » !

http://mai68.org/spip2/spip.php?article4801

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/01/le-materialisme-dialectique-au-21e-lumiere-quantique-ou-cretinisme-obscurantiste-neo-lyssenkiste-il-faut-choisir/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/02/marxisme-leninisme-ou-terre-platisme-il-faut-choisir/

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Marx à l’ère quantique : nécessité d’une relecture dialectique !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/29/marx-a-lere-quantique-necessite-dune-relecture-dialectique/

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ET D’AUTRES ARTICLES DU CYCLE >>>

Sur la démarche épistémologique d’Heisenberg

et sur Le Manuscrit de 1942 :

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Heisenberg contre Althusser : épistémologie de la physique moderne contre pseudo-« scientisme » révisionniste !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/25/heisenberg-contre-althusser-epistemologie-de-la-physique-moderne-contre-pseudo-scientisme-revisionniste/

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Werner Heisenberg, Le Manuscrit de1942 :

émergence dialectique des strates de réalité

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/werner-heisenberg-le-manuscrit-de1942-emergence-dialectique-des-strates-de-realite/

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Sur le contexte historique :

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1939 – Einstein, auteur du premier chantage à l’arme de destruction massive !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/26/1939-einstein-auteur-du-premier-chantage-a-larme-de-destruction-massive/

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« Farm Hall » déclassifié : Hiroshima – Nagasaki,

le nucléaire US sans justification possible !

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/27/farm-hall-declassifie-hiroshima-nagasaki-le-nucleaire-us-sans-justification-possible/

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SMIC, Retraites, Le Capital peut payer… Le Capital doit payer !

 

 

Le secrétaire général de la CGT Philippe Martinez (G), le Premier ministre Edouard Philippe (D) et le haut-commissaire aux retraites Jean-Paul Delevoye (2eD), le 26 novembre 2019 à Matignon.

SMIC, Retraites,

Le Capital peut payer…

Le Capital doit payer !

 

 

Wikipédia nous dit >>>

« Le recouvrement de créances en France est une activité réglementée consistant à utiliser tous les moyens légaux, amiables et/ou judiciaires, pour obtenir d’un débiteur le paiement de la créance due au créancier. »(1)

Une activité lucrative, en fait, un vrai business spécialisé, dont l’aspect « amiable », envers les petites gens de toutes catégories sociales victimes de la crise, est concrètement, en réalité, une série de moyens d’intimidation et de menaces de procédures, qui, le plus souvent, n’ont même aucun fondement juridique, mais visent à pressurer le moindre centime d’euro qui puisse encore s’extraire du prolétariat !

A l’extrême opposé du champ social, les relais médiatiques du Capital ont toujours les meilleures paroles pour présenter ses tenanciers comme quasiment « insolvables » sinon pour tenter de faire pleurer dans les chaumières sur leur prétendument « triste » sort !

Et ces cris d’orfraies redoublent, évidemment, dès que se lève la moindre « grogne » sociale, la moindre revendication d’une vie simplement décente pour les catégories prolétariennes déjà archi-pressurée par le Capital !

Qu’en est-il réellement ???

Rappel…

Dans un article du 10/02/2019

http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/74835-denis-durand-une-hausse-du-smic-de-200-net-payee-par-les-entreprises-est-possible

Un M. Denis Durand, qui se présente aujourd’hui comme un économiste à la retraite, mais politiquement « engagé », nous faisait à nouveau, et s’il en était encore besoin, la démonstration que l’argent existe bel et bien, que ce soit pour les urgences hospitalières ou les autres revendications sociales.

Ce n’est donc pas forcément pour son engagement politique que l’on fera confiance à ses chiffres, loin de là, mais pour ce qu’il a été du temps de son activité professionnelle :

Directeur adjoint à la Banque de France, et aussi membre du Conseil économique, social et environnemental, et secrétaire général du syndicat national CGT de la Banque de France. On peut donc raisonnablement considérer qu’il sait de quoi il parle !

Dans cet article il nous explique que le montant total des dividendes versés aux actionnaires des entreprises françaises s’élève à 180 Milliards d’euros, et le montant total des intérêts versés aux banques par ces mêmes entreprises, s’élève, lui, à 67 Milliards d’euros…

Concernant une vérification de ces chiffres, on a le total des dividendes versés aux actionnaires du CAC40, soit 57,4 Milliards d’€ de dividendes,

http://www.lefigaro.fr/societes/2019/01/09/20005-20190109ARTFIG00184-les-entreprises-du-cac-40-ont-verse-57-milliards-a-leurs-actionnaires-en-2018.php

Mais ce ne sont jamais que 40 entreprises, même si parmi les plus grosses…

L’indice mondial Janus Henderson, lui, se base sur les 1200 plus grosses entreprises mondiales, mais on ne sait pas lesquelles sont prises en compte, en France. Toujours est-il qu’il leur attribue un équivalent de 51 Milliards de dollars de dividendes sur le seul second trimestre, un nouveau record, à l’unisson du total trimestriel mondial, 513,8 Milliards $, sur un total annuel « prévisionnel » de 1430 Milliards $ !!!

https://www.francetransactions.com/actus/news-bourse/analyses-des-marches/marche-actions-record-europeen-de-distribution-de-dividendes-au-sein-du-cac40.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/a-5138-milliards-de-dollars-les-dividendes-mondiaux-battent-un-nouveau-record-1124927

Le chiffre de 180 Mds €, considéré pour l’ensemble des entreprises françaises, indépendamment de leur taille, reste donc crédible, vu la source, qui n’est donc que celle de M. Denis Durand, mais qui n’est contestée nulle part, et pour cause, même chez ses opposants politiques… !

Rappelons encore que la France est unanimement reconnue championne du monde …pour le versement des dividendes !

Quand au chiffre des intérêts, à 67 Mds €, on a absolument que D. Durand comme source. On ne trouve même aucune étude sur le sujet.

Dans la mesure ou ce Monsieur arbore manifestement une double casquette, on peut s’interroger sur la réalité de ses chiffres, mais pour les mêmes raisons on voit mal ce Monsieur Durand, même et surtout à cause de sa double casquette, s’avancer autant sans la certitude de n’être point contredit !

Pour 2019, le calcul reste donc valable…

Les coûts du CICE (40 Mds €)(2), et de la CSG (115 à 120 Mds €, selon les sources (3) sont connus :

« La TVA en 2018 c’était plus de 200 milliards d’euros quand l’impôt sur le revenu c’est 80 milliards »
« La CSG est aussi plus importante, c’est environ 120 milliards d’euros »

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-tva-en-2018-c-etait-plus-de-200-milliards-d-euros-quand-l-impot-sur-le-revenu-c-est-80-milliards-1143351.html

Le rapprochement permet donc de dire, sur la base des chiffres avancés par D. Durand :

(180 + 67) – ( 40 + 120) = 87 Milliards d’euros

C’est ce qui resterait encore aux capitalistes à se partager, même s’ils payaient l’intégralité des charges et cotisations sociales actuellement « fiscalisées », d’une manière ou d’une autre !

Autrement dit, 160 Milliards d’euros par an (40+120), c’est un ordre de grandeur de la « marge » dans laquelle les capitalistes pourraient « lâcher du lest » sans que cela ne les prive encore aucunement de leur train de vie habituel, de leur luxe « quotidien » !

Le Capital peut donc payer… !

Il est donc absolument essentiel, pour le mouvement ouvrier, de profiter du rapport de force actuel pour avancer également sur le SMIC, vu que le pouvoir prétend très officiellement indexer « à l’avenir » le minimum retraite à 85 % du SMIC !

Et donc il est stratégiquement vital d’imposer la mise en pratique immédiate de cette mesure, pour entraîner dans la lutte l’ensemble des catégories les plus pauvres, Smicards actifs et retraités.

Avec pour but de pérenniser ce rapport de force dans la durée, pour reprendre la marche en avant vers le seul progrès social qui sera durable : le Socialisme !

Que cela plaise ou non aux bureaucraties syndicales…

On sait que cela ne leur plaît pas, en réalité, et qu’elles sont donc bien de l’autre côté de la barricade, même si elles en profitent actuellement pour jouer les gros bras et se refaire une santé, sur notre dos, en fin de compte !

SMIC, Retraites,

Le Capital peut payer…

Le Capital doit payer !

 

Luniterre

 

SOURCE >>>

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/12/14/smic-retraites-le-capital-peut-payer-le-capital-doit-payer/

 

 

PS >>>l’étude chiffrée pour 2019 est reprise des mises à jour de la pétition AB6 >>>

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987

.

.

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( 1 _ https://fr.wikipedia.org/wiki/Recouvrement_de_cr%C3%A9ances_en_France )

( 2 _ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/17/gilets-jaunes-les-42-revendications-le-cice-a-nouveau-en-question/ Dans l’article de Challenge Darmanin parle d’un manque à gagner de 26 Milliards, mais bien évidemment pour lui cela implique la validation du substitut du CICE, tout aussi abusif, en réalité, et c’est donc bien un minimum de 40 Milliards qui se trouvent ainsi gaspillés! https://www.challenges.fr/politique/budget-le-deficit-de-l-etat-va-se-creuser-en-2019_614885 )

( 3 _ https://www.capital.fr/economie-politique/csg-ce-quelle-pese-vraiment-sur-le-budget-de-chaque-francais-1327540

https://www.garance-mutuelle.fr/impot/savez-vraiment-quest-csg/

Voire 125 Mds € >>>

https://argent.boursier.com/impots/fiches-pratiques/csg-le-point-sur-un-prelevement-souvent-decrie-5246.html

Mais déjà 100 en 2017 :

https://www.lesechos.fr/2017/05/un-impot-qui-vaudra-bientot-100-milliards-171616   )

TRANSITION ANTICAPITALISTE : En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/14/transition-anticapitaliste-en-revenir-a-marx-ne-passe-pas-par-trotsky/

Transition Anticapitaliste :

En revenir à Marx ne passe pas par Trotsky !

Est-il hors de propos de parler de transition anticapitaliste aujourd’hui ?

Le capitalisme, malgré sa crise mondiale chronique et toutes les tragédies et toutes les catastrophes qu’il entraîne, ne semble pas sur le point de céder la place en tant que « modèle » économique, en tant que système social.

Pourtant, aujourd’hui, on ne compte plus les foyers de révoltes sociales qui s’allument à travers le monde. En France approche le premier anniversaire du 17 Novembre qui a vu s’allumer la révolte des « Gilets Jaune ». Ce mouvement, miné par ses propres incohérences et surtout, par son incapacité chronique à former un cahier de revendications unitaires et compréhensibles de tous, n’en finit pas de s’éteindre lentement, mais déjà le front des luttes sociales se cristallise à nouveau sur la question cruciale des retraites, qui a vu naître, par le passé, de grands mouvement sociaux, dont l’un relativement victorieux, c’était en 1995 !

Les récentes révoltes montrent que le rapport de force sur le terrain social peut brusquement s’inverser, et parfois en quelques jours seulement. Si ces luttes n’aboutissent pas ou piétinent après un départ prometteur, c’est bien le plus souvent par manque de perspective politique alternative au système en place, par incapacité à former une alternative qui soit, précisément, une transition anticapitaliste.

Dans certaines franges des classes moyennes et de la petite bourgeoisie en voie de prolétarisation du fait de la crise, il est donc néanmoins resté de bon ton de se proclamer « anticapitaliste », et même et surtout, de disserter sans fin sur la question !

La mode antérieure qui consistait à parler encore de socialisme est passée, essentiellement en raison de la faillite la plus complète de la sociale-démocratie, incarnée par François Hollande, qui se fait élire comme pourfendeur de la finance, avant d’introduire Macron, le fils chéri et le champion de celle-ci dans les arcanes du pouvoir, et finalement, comme son propre successeur ! Un fils chéri qui a bien « tué le père » social-démocrate, mais certainement pas la mère financière !!!

Ainsi semble être morte en France l’image du socialisme, qui, depuis « Germinal », avait fait rêver tant de générations ! C’est incontestablement pourquoi parler de « transition socialiste » aujourd’hui, cela prête à confusion, voire même fait « complètement ringard » ! C’était donc pourtant, à l’origine même du terme, la formulation signifiant une rupture avec le système capitaliste. Mais ces dernières années, il est vrai, ce que l’on entendait encore par « socialisme » était déjà devenu suffisamment flou pour que le souffle de l’échec d’un mandat présidentiel social-démocrate en emporte l’image.

Que l’on baptise « socialisme » ou non l’alternative nécessaire au capitalisme, c’est donc à la limite un point secondaire, l’essentiel étant de comprendre les fondamentaux de cette problématique politique, économique et sociale.

Une alternative qui soit en rupture avec le capitalisme nécessite donc déjà de comprendre réellement ce que capitalisme signifie aujourd’hui. Il ne suffit donc pas de pourfendre la finance, et surtout pas en paroles seulement, pour se poser en « anticapitaliste ».

Comme le montre la guerre commerciale en cours, le pouvoir de la finance n’est immense que parce qu’il contrôle l’appareil productif. L’enjeu reste le contrôle de l’appareil productif à l’échelle mondiale parce que c’est lui qui reste la source essentielle de l’accumulation du capital, basée précisément sur les rapports de production capitalistes qui permettent l’extraction de la plus-value, sur la base du travail productif humain.

Pour autant, et comme le montre l’histoire, il ne suffit pas que le contrôle de l’appareil productif change de mains, que ce soit d’un groupe financier à l’autre, d’un État à l’autre, ni même d’un groupe financier à l’État, pour que les rapports de production changent, pour que cesse l’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value.

Et c’est donc là qu’en revenir à Marx permet d’éclaircir les confusions essentielles les plus courantes sur le sujet. Quels que soient les préjugés les plus répandus, c’est incontestablement Marx qui a le mieux défini les processus d’accumulation du capital sur la base de l’extraction de la plus-value. La valeur qui finit par s’accumuler sous la forme du capital, et même du capital financier, est donc d’abord le produit du travail humain.

La notion de valeur-travail est à la base même de l’approche critique que Marx fait du capitalisme. C’est sur la base de cette notion qu’il a pu nous expliquer les processus complexes d’extraction de la plus-value. C’est l’implication générale de cette notion dans la vie économique et sociale que l’on désigne donc généralement comme le concept marxiste de Loi de la valeur. Bien entendu, dans la mesure où il s’agit d’une loi objective de l’économie classique, Marx n’en est pas plus l’ « inventeur » que Newton n’est celui de la gravité ou Einstein celui de la relativité. Les pommes tombaient des pommier dès avant Newton et les galaxies dérivent dans l’univers depuis la nuit des temps, c’est le cas de le dire ! Néanmoins Marx est de loin celui qui en a fourni l’explication la plus élaborée, et la plus visionnaire, même encore aujourd’hui, sur les question de l’impact économique de la robotique, par exemple ! C’est en ce sens qu’il n’est pas abusif de parler de théorie marxiste de la valeur. Si Marx a mis la loi de la valeur à la base de son œuvre majeure, Le Capital, dès le Chapitre 1 du Livre I, ce n’est sans doute pas par hasard et se réclamer marxiste sans en avoir au moins compris les bases et les implications essentielles est donc une prétention nettement abusive, même si elle reste couramment celle de la plupart des pseudos- « marxistes » actuels, au sein de la gauche française !

Quoi qu’il en soit, si le contrôle de l’appareil productif est donc aussi celui de la source de la plus-value elle-même, sa réalisation finale n’est possible que sur le marché et le contrôle des marchés, comme le montre également la guerre commerciale actuelle, reste un enjeu majeur de la lutte entre les capitalistes. En effet, la production capitaliste, pour être validée, ne doit pas principalement répondre à des besoins sociaux vitaux et essentiels, mais principalement à des besoins solvables, indépendamment de leur urgence ou de leur futilité sociale. De sorte que si le marché tend à répartir les forces productives entre les différentes régions du globe et entre les différents pays selon des critère complexes qui aboutissent à la validation capitaliste de la production, ce n’est certainement pas en fonction de la nécessité sociale, ni même de l’utilité sociale en général. Il en va évidemment de même pour la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production.

L’absence de l’utilité sociale comme critère essentiel de la répartition des forces productives est d’autant plus flagrante et même criante avec le développement de la société de consommation moderne qui tend par tous les moyens possibles, et principalement, médiatiques et publicitaires, à créer artificiellement des besoins dans les zones économiques à forte ou relativement forte solvabilité, quitte à démultiplier la frustration dans les zones économiques déjà complètement arriérées en termes de développement économique et social, du fait de leur trop faible solvabilité au regard des critères de rentabilité du capital.

Mais ce qui est terriblement évident à l’échelle mondiale n’en est pas moins vrai à l’échelle de chaque pays et tend à exacerber les inégalités sociales, à l’intérieur de chaque pays, où que ce soit sur le globe, comme le montrent précisément les différents foyers de révolte qui s’y allument.

Évidemment, la solution idéale serait bien que toutes ces révoltes se coordonnent à l’échelle planétaire et engendrent une force politique suffisamment puissante pour régler à la fois les problèmes de la répartition mondiale et à l’intérieur de chaque pays. C’est formellement une belle idée mais concrètement rien de plus, et d’autant moins que chaque révolte particulière se trouve déjà actuellement confrontée à l’impasse, à l’absence de perspective politique alternative locale, en dépit des bons niveaux de coordinations spontanées atteints grâce au système moderne des «réseaux sociaux ».

Marx lui-même, bien qu’étant le principal promoteur de l’internationalisme en son temps, avait parfaitement conscience de ce type de limitation et entendait donc bien la transition révolutionnaire comme une rupture anticapitaliste à l’échelon national d’abord :

« Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur nationalen Klasse erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. » ( http://www.mlwerke.de/me/me04/me04_459.htm#Kap_II)

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever au rang de classe nationale, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En 1888 Engels proposait une variante de ce passage, qui, à notre avis, en éclaire précisément le sens, c’est à dire le caractère de classe du pouvoir « national » ainsi nouvellement constitué :

Engels 1888 _ « Den Kommunisten ist ferner vorgeworfen worden, sie wollten das Vaterland, die Nationalität abschaffen. Die Arbeiter haben kein Vaterland. Man kann ihnen nicht nehmen, was sie nicht haben. Indem das Proletariat zunächst sich die politische Herrschaft erobern, sich zur führenden Klasse der Nation erheben, sich selbst als Nation konstituieren muß, ist es selbst noch national, wenn auch keineswegs im Sinne der Bourgeoisie. »

« Les communistes ont également été accusés de vouloir abolir la patrie, la nationalité. Les ouvriers n’ont pas de patrie. On ne peut pas leur prendre ce qu’ils n’ont pas. Comme le prolétariat doit d’abord conquérir le pouvoir politique, s’élever comme classe dirigeante de la nation, se constituer lui-même en tant que nation, il est encore lui-même national, même si en aucune manière dans le sens de la bourgeoisie. »

En effet, ce qui sépare le pouvoir de la classe prolétarienne du sens bourgeois de la nation, c’est bien la rupture avec le capitalisme, la transition anticapitaliste qui commence avec cette prise de pouvoir prolétarienne, sinon, à quoi bon faire une révolution  prétendument « anticapitaliste »? C’est déjà clairement dans ce sens, du reste, que Marx, en 1875, avait tenté d’apporter des modifications au programme du parti socialiste allemand en voie de constitution, lors du Congrès de Gotha. Même si cette démarche est restée en son temps inaboutie, et ne fut pas publiée par Engels avant 1891, ce texte n’en est pas moins devenu rapidement la référence essentielle concernant les principes économiques de la transition. Non pas dans les formes concrètes adaptées aux conditions spécifiques de cette époque, mais bien dans les principes fondamentaux qui les sous-tendent et qui y sont clairement explicités.

Marx n’en définit donc pas moins expressément, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, cette transition comme une première forme du communisme :

« Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue. »

Dans ce texte Marx nous explique précisément en quoi cette première forme se distingue de la forme supérieure et achevée du communisme.

C’est cette forme transitionnelle du communisme que l’on a eu ensuite pour habitude de nommer socialisme, avant que ce terme ne perde toute signification en tant que perspective politique, tant sous l’influence des divers courants révisionnistes se réclamant abusivement du marxisme, que, finalement, des sociaux-démocrates résiduels.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Comme Marx nous l’explique dans ce texte le socialisme-première forme du communisme est une phase de transition entre capitalisme et phase supérieure du communisme, une phase de transition qui repose sur des échanges économiques en valeur-travail.

Par la suite le principe en a été résumé par une formule :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail ! »

C’est donc une phase dont le but est d’avancer vers le communisme-phase supérieure dont le principe était déjà résumé par Marx lui-même dans cet ouvrage :

>>> « De chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins ! » 

Ce qui distingue essentiellement ces deux phases, en dernière analyse, c’est bien le niveau de développement des forces productives. Dans la phase supérieure c’est la valeur d’usage de la production qui prend le dessus sur la valeur d’échange, de sorte qu’il n’y a plus de lien contraignant entre valeur-travail et valeur d’échange, et progressivement, à mesure que la production répond le plus largement aux besoins, c’est la loi de la valeur elle-même qui tombe en désuétude, voire disparaît même carrément avec la robotisation complète de la production (Marx, Grundrisse).

Dans la première phase, basée sur les échanges en valeur-travail, l’utilisation contrôlée de la loi de la valeur sert donc à établir la correspondance entre forces productives (travail) et besoins sociaux, par le moyen du plan, démocratiquement élaboré.

Comme on l’a vu, et comme l’évidence le confirme chaque jour, l’économie capitaliste mondiale, fondée sur le marché et la finance, ne répond nullement aux besoins sociaux de l’humanité, et il en va de même au sein de chaque pays, même si de manière inégale entre les pays. La cause première en est la répartition des forces productives en fonction des intérêts des marchés et donc des capitalistes, et non en fonction des besoins sociaux réels, de la nécessité ou de l’utilité sociale.

En ne répondant qu’à la solvabilité des marchés, non seulement la répartition capitaliste des forces productives ne répond pas aux besoins sociaux réels, mais se trouve de plus contrainte de fluctuer et de varier sans cesse en fonction du fait que la solvabilité des marchés est-elle même fluctuante, ce qui entraîne sans arrêt des « restructurations » et des délocalisations d’entreprises, entraînant avec elles reculs sociaux, chômage, migrations, et malgré tous ces expédients, approfondissement de la crise, désormais chronique et insoluble.

C’est pourquoi, dès la prise du pouvoir par le prolétariat, le but n’est pas seulement de prendre le contrôle de l’appareil de production, ce qui, en soit, précisément, ne change rien à la répartition des forces productives, ni aux rapports sociaux de production, mais bien de commencer à changer cette répartition et ces rapports sociaux en fonction des intérêts des classes prolétariennes et populaires, en fonction de leurs besoins sociaux réels.

Bien entendu l’élaboration démocratique d’un plan ne peut se faire en un tournemain, ni même englober rapidement la totalité de l’économie, mais aussi bien les premières mesures du pouvoir révolutionnaire que les premières ébauches du plan doivent évidemment aller dans ce sens, faute de perdre toute signification en termes de transition anticapitaliste.

Les efforts du pouvoir révolutionnaire doivent donc d’abord aller dans le sens d’un recensement démocratique des besoins sociaux réels les plus urgents à résoudre, et progressivement, de l’ensemble, dans le but de répartir les forces productives disponibles en fonction et donc pour répondre à ces besoins les plus urgents, et assez rapidement, de développer les forces productives nécessaires pour répondre à l’ensemble.

Dans cette démarche, c’est bien la nécessité et l’utilité sociales qui sont les guides, et non pas les forces du marché et leur solvabilité, les lois de l’offre et de la demande, la loi du marché, celle qui, précisément, crée les déséquilibres et la crise chronique du capitalisme.

L’une des premières conséquences d’une répartition fonctionnelle des forces productives, en réponse aux besoins sociaux, c’est que les plus vitaux d’entre eux étant satisfaits, le travail peut également enfin être réellement partagé et réparti entre tous les travailleurs disponibles, éradiquant ainsi radicalement le chômage en répondant concrètement au principe : « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail ». L’expression monétaire de la valeur-travail étant sur cette base l’expression comptable du nouvel équilibre ainsi créé et non plus le reflet de la soumission de l’économie aux fluctuations du marché, à la loi de l’offre et de la demande, la loi du marché.

Comme l’expérience des 35 heures le montre, en régime capitaliste une revendication telle qu’un partage du travail menant à l’éradication du chômage est tout à fait impossible à réaliser, car le chômage est une nécessité intrinsèque vitale pour le capitalisme. C’est donc une revendication qui fait entièrement partie du programme de la transition socialiste, et non une revendication immédiatement réalisable dans le cadre du système actuel, quel que soit le rapport de force.

Mais comme l’expérience des « gilets jaunes » le montre, aucun mouvement social ne peut se développer avec force et aboutir à quelque résultat positif sans une plate-forme unitaire de revendications immédiatement réalisables et répondant à une partie significative des difficultés sociales vécues par le prolétariat et les couches populaires.

Pour autant, les maigres victoires sociales ainsi acquises restent précaires dans la durée, et le plus souvent, sont remises en cause rapidement par le capital.

Depuis la victoire de 1995, qui était en réalité davantage celle d’une sauvegarde que d’une amélioration réelle, ce sont une suite d’échecs et de reculs sur les grandes questions sociales qui ont frappé le mouvement social. La victoire sur le retrait du CPE en 2006 est restée également sans lendemain, autrement que comme le souvenir de la dernière victoire sur une revendication immédiate et de sauvegarde, également, en fait.

Dans le contexte actuel le pronostic sur l’ampleur, la durée et la force du mouvement social dont la grève du 5 Décembre pourrait être le point de départ reste impossible, mais quoi qu’il en soit, le contexte mondial de révolte impose d’avancer aux révolutionnaires prolétariens qui se réclament du marxisme, et même de marcher sur leurs deux jambes.

Ces deux jambes sont donc le programme unitaire des revendications immédiates et le programme de transition anticapitaliste. Il est clair que pour l’instant le premier pas reste à faire d’un côté comme de l’autre, mais la réflexion sur ces deux thèmes, sur la base d’un retour aux fondamentaux marxistes que nous venons de rappeler, devrait normalement recommencer à se développer, sauf à considérer que le mouvement révolutionnaire prolétarien est d’ores et déjà complètement anéanti dans ce pays.

Parmi les rares qui se réclament encore du marxisme dans ce qui reste de la gauche française se trouvent principalement les divers courants se partageant les restes du PCF, pour ne pas dire son cadavre politique, et les divers courants se réclamant du trotskysme.

Concernant le PCF résiduel et ses satellites pseudo « marxistes-léninistes » en paroles, mais néo-thoreziens assumés en pratique, il s’agit donc déjà depuis des lustres d’une succession de programmes électoraux réformistes peu ou prou inspirés par le souvenir des « Jours Heureux », selon eux, de la Kollaboration de classe instituée après guerre sous l’égide du CNR et qui n’avait naturellement aucune prétention à être une transition socialiste en aucune manière, reposant au contraire sur l’ « unité nationale » avec la bourgeoisie nationale résistante. Bien entendu, dans les conditions historiques de l’époque, un gouvernement provisoire issu de la Résistance était légitime, et aurait même pu l’être également d’un point de vue prolétarien, si le programme du CNR avait été négocié dans la perspective de maintenir la légitimité de la Résistance prolétarienne organisée en tant que force politique et militaire autonome, avec sa propre perspective de transition socialiste, ce qui n’a donc évidemment pas été le cas. Le thorezisme étant, dès cette époque, une idéologie de Kollaboration de classe et de capitulation face à la bourgeoisie monopoliste et face à l’impérialisme US.

Cette problématique historique et son héritage actuel dans le PCF et ses satellites n’est donc pas notre sujet, sauf à le résumer comme absence évidente de toute perspective de transition socialiste actuelle par ces courants politiques.

Reste donc la mouvance trotskyste, infiniment divisée, mais qui présente au moins un point commun concernant l’héritage de son « maître-à-penser »: le « Programme de transition » rédigé par Léon Trotsky lui-même.

On ne s’épuisera pas non plus ici à tenter de comprendre l’incompréhensible dédale des scissions trotskystes, mais on cherchera simplement à examiner, à partir de quelques exemples concrets qui s’y réfèrent, la logique interne éventuelle de ce programme et en quoi il répond ou non aux critères marxistes de la transition prolétarienne.

Tout récemment l’une des multiples fractions internes du NPA, parmi celles qui se réfèrent expressément au trotskysme, sous le « label » « Révolution Permanente » a précisément tenté de défendre « l’actualité brûlante » de ce « Programme de transition » de cette manière :

« Prenons un exemple. Face aux licenciements ou aux fermetures d’usines, les dirigeants syndicaux acceptent souvent des réductions de salaire en échange du maintien des emplois. Un programme transitionnel consiste à répartir les heures de travail sans réduction de salaire, non seulement en évitant les licenciements, mais aussi en intégrant davantage de personnes dans le monde du travail. Dans le premier cas, les licenciements sont évités mais sur la base de la garantie du profit du capitaliste. Dans le second cas, le chômage est combattu en donnant la priorité à la classe ouvrière et non à l’entreprise.

En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

https://www.revolutionpermanente.fr/Le-programme-de-transition-un-manifeste-de-lutte-d-une-brulante-actualite

Il est donc clair que cette prétendue « transition » s’entend comme une sorte de phase réformiste « radicale » du capitalisme qui verrait celui-ci réaliser un partage de type « socialiste » du travail, alors qu’à l’évidence l’expérience des 35 heures a déjà largement démontré l’impasse de cette démarche en termes de lutte contre le chômage.

Il est évident que le chômage est une variable d’ajustement indispensable au capital pour maintenir la pression sur les salaires et jouer du « chantage à l’emploi » en toutes circonstances. Il est clair que lorsque le rapport de force sera en faveur du prolétariat et des classes populaires sur cette question, il y aura nettement lieu d’imposer la réalisation de cette revendication dans le cadre d’une transition révolutionnaire et réellement socialiste, et non pas de tenter de négocier un accord boiteux avec le capital sur ce point.

Mais cette démarche réformiste trotskyste est effectivement réellement préconisée dans le texte de 1938 de Trotsky lui-même, sous la forme d’une « échelle mobile des heures de travail »…

En 2019 « Révolution Permanente » écrit donc aussi à ce propos : « En ce sens, le programme de transition tente d’établir un pont entre la lutte pour les revendications les plus élémentaires et immédiates de la classe ouvrière et du peuple et une solution anticapitaliste et socialiste .»

C’est également, en fait, la paraphrase d’un autre passage du « programme » de Trotsky : « Il faut aider les masses à trouver, au cours de leurs luttes quotidiennes, ce qui fera le pont entre leurs revendications actuelles et le programme de la révolution socialiste. Ce pont doit consister en un système de revendications transitoires, qui partent des conditions actuelles et de la conscience actuelle de larges couches de la classe ouvrière et qui conduisent invariablement à une seule et même conclusion : la conquête du pouvoir par le prolétariat. »

Formellement, cela paraît partir d’une bonne intention, mais quelle peut bien être l’utilité d’un prétendu « pont » placé entre les revendications sociales prolétariennes et leur réalisation par la transition révolutionnaire socialiste ?

Dans le même chapitre que son « échelle mobile des heures de travail », Trotsky place une « échelle mobile des salaires », présentée également comme une avancée politique révolutionnaire. Or qu’en est-il vraiment à ce sujet ? Une telle échelle mobile est par contre une revendication immédiate tout à fait justifiée dans le cadre du système actuel et elle a même été réalisée durant plus de trois décennies en France, en tant qu’ « acquis social » de l’époque dite des « trente glorieuses ». Elle a été perdue en 1982, sous le gouvernement « socialiste » de Mauroy… Cela traduit simplement le recul des forces sociales, déjà à cette époque. Elle n’a évidemment jamais entraîné la moindre avancée révolutionnaire… !

Alors à quoi bon mélanger des revendications qui font normalement partie d’une transition révolutionnaire anticapitaliste et des revendications immédiates parfaitement compatibles avec le système en place, si ce n’est pour semer la confusion la plus totale sur ce qu’est réellement la conception marxiste de la transition ?

A propos du même passage textuellement cité sur son site, le groupe trotskyste « Lutte Ouvrière » écrit pour sa part :

« Ce programme n’est pas une liste de revendications qui pourraient être partiellement obtenues. Aucune n’est réaliste dans le cadre du capitalisme, aucune n’est acceptable par la bourgeoisie sans la pression révolutionnaire des masses. »

« Acceptables » ou non, on voit bien que la confusion est totale et aboutit en pratique à tenter de mettre les masses en mouvement ou à faire dériver leur mouvement existant vers des objectifs « hybrides » entre capitalisme et socialisme, c’est à dire des leurres politiques qui ne correspondent à aucune réalité. Et évidemment surtout pas d’un point de vue marxiste !

L’un des autres thèmes récurrent du « programme » trotskyste est le mythe d’un prétendu « contrôle ouvrier » qui s’exercerait pendant ce « pont » transitoire, selon lui, entre capitalisme et socialisme. L’instrument en est supposément le « comité d’usine » qui partagerait, littéralement, le pouvoir avec le patronat dans l’entreprise :

« Dès le moment de l’apparition du comité dans l’usine , s’établit de fait une dualité de pouvoir. De par sa nature même, c’est une situation de transition, car elle renferme en elle-même deux régimes inconciliables : capitaliste et prolétarien. La signification primordiale des comités d’usine consiste précisément en ce qu’ils ouvrent, sinon une période directement révolutionnaire, du moins une période pré-révolutionnaire, entre régime bourgeois et prolétarien. »

[С момента возникновения комитета на заводе устанавливается фактически двоевластие. По самому существу своему оно является переходным состоянием, ибо заключает в себе два непримиримых режима: капиталистический и пролетарский. Принципиальное значение заводских комитетов в том именно и состоит, что они открывают, если не прямо революционный, то пред-революционный период — между буржуазным и пролетарским режимом. ] [Переходная программа IV интернационала – Лев Д. Троцкий (1938 г.)]

( https://www.marxists.org/russkij/trotsky/1938/agonia.htm )

Difficile d’affirmer de manière plus claire le caractère « hybride » et donc fondamentalement chimérique et révisionniste de cette prétendue « période pré-révolutionnaire » !

Quant à la « dualité de pouvoir » de tels « comités d’usine », faut-il rappeler que les « comités d’entreprises » institués par la Kollaboration de classe thorezienne dès 1945, ont eu sensiblement toutes les prérogatives que Trotsky leur attribue, voire même davantage, et cela depuis trois quarts de siècle, bientôt, sans que cela ait précisément généré la moindre ébauche de transition anticapitaliste ?

Quant à la durée supposée d’un tel « pont », on pourrait croire, en se laissant impressionner par la logorrhée pseudo- « révolutionnaire » du « maître » qu’il s’agit donc d’une sorte de brève veillée d’armes pré-insurrectionnelle, avant l’assaut final, mais manifestement cela rend absurde le concept même d’une « transition hybride » supposée nécessaire avant la transition anticapitaliste réelle, et c’est bien ce qui nous est confirmé, en fait, par la conception de la lutte contre le chômage selon Trotsky lui-même : 

« En particulier, la lutte contre le chômage est inconcevable sans une organisation large et hardie de GRANDS TRAVAUX PUBLICS. Mais les grands travaux ne peuvent avoir une importance durable et progressiste, tant pour la société que pour les chômeurs eux-mêmes, que s’ils font partie d’un plan général, conçu pour un certain nombre d’années. Dans le cadre d’un tel plan, les ouvriers revendiqueront la reprise du travail, au compte de la société, dans les entreprises privées fermées par suite de la crise. Le contrôle ouvrier fera place, dans ces cas, à une administration directe par les ouvriers. »Trotsky – programme de transition

C’est à dire à l’autogestion dans le cadre, en réalité toujours capitaliste, de ce régime prétendument « hybride ». L’autogestion dans le cadre du capitalisme est parfois utile pour sauver, au moins provisoirement, quelques emplois, effectivement, mais ne mène précisément à rien de plus, et surtout pas vers une « transition » quelle qu’elle soit, comme de multiples expériences l’ont abondamment prouvé !

En parallèle, et de façon particulièrement absurde sur une durée de plusieurs années, Trotsky préconise, en termes ronflants de « gauchisme » purement formel, l’organisation de « milices ouvrières » d’auto-défense, et notamment, prétendument « antifascistes », vu le contexte de l’époque. Hors comment même ose-t-il « imaginer » des chantiers publics de « Grands Travaux », durant des années, et encadrés par une telle milice, sinon en Kollaboration avec la police et les forces armées du système ?

Et finalement, sous l’occupation nazie, pas une seule de ces « milices ouvrières » d’usine n’a été formée, mais par contre, l’ « internationalisme » qui était supposé provoquer une « fraternisation » avec les soldats occupants a simplement déclenché une répression fatale à ces tentatives pour le moins aussi « idéalistes » qu’absurdes.

En réalité, que ce soit dans la durée, le contenu ou les applications, le prétendu « pont » que constitue le « Programme de transition » trotskyste est simplement une impasse qui ne peut que dévoyer le mouvement social de toute perspective de transition anticapitaliste réelle, et sinon le mener carrément à un régime prétendument « hybride » de Kollaboration de classe, mais toutjours capitaliste, au final !

En cela il ne se distingue pas, fondamentalement, du réformisme révisionniste thorezien, incluant également pratiquement le même « programme » de nationalisations rebaptisées, surenchère oblige, « expropriations », au motif de non-indemnisation, ce qui ne change rien quant à leur nature capitaliste monopoliste d’Etat, pas même incompatible avec l’impérialisme, ce que l’on a pu voir, précisément, à la « libération », avec les massacres en Algérie sous l’égide du CNR.

La question historique de connaître les conceptions économiques de Trotsky est-elle pour autant entièrement éclaircie à la lecture de son prétendu « Programme de transition » ?

Pour une majorité de militants de ce courant, qui ne sont pas forcément du genre à se poser des questions, ni même à aller beaucoup plus loin dans leurs lectures, et même à supposer qu’ils aient réellement étudié ce document, cela ne fait guère de doute, et notamment à « Lutte ouvrière », par exemple :

« L’actualité du Programme de Transition

Un programme n’est pas un dogme, c’est un guide pour l’action. Et le Programme de Transition, bien qu’il ait été écrit il y a 80 ans, reste le guide le plus sûr. Et même si, depuis, la société a connu des évolutions et des transformations, par bien des aspects le monde d’aujourd’hui ressemble à celui de 1938. Et surtout, ce programme se fonde sur une analyse marxiste, scientifique, du capitalisme en crise par le seul dirigeant révolutionnaire qui était capable d’en tirer des conclusions générales pour guider la classe ouvrière dans sa lutte vers la révolution sociale. »

https://www.lutte-ouvriere.org/publications/brochures/le-trotskysme-seul-programme-pour-lemancipation-des-exploites-114339.html

On vient pourtant de voir ce qu’il en est… !

Si la fin tragique de Trotsky en a fait, bien inutilement, une sorte de « martyr », cela ne doit pas nous empêcher d’examiner, précisément à la lumière du matérialisme historique et du matérialisme dialectique, la validité de son œuvre en tant que prétendu marxiste, et en termes de perspectives politiques proposées. C’est le cas où l’on serait tenté de renverser la proposition de Marx sur la critique des armes, fussent-elles résumées à un piolet, qui ne saurait donc, ici, remplacer l’arme de la critique. Le statut de victime ne constitue nullement, en soi-même, un sceau de validité idéologique révolutionnaire.

La question historique reste donc de savoir si ces concepts « transitionnels » de Trotsky, parfois totalement aberrants, sinon délirants, comme la perspective d’un « gouvernement ouvrier et paysan » qui n’est très explicitement pas censé se réaliser réellement, (bien que encore basé sur ce « programme de transition » prévu, lui, pour « des années »…), mais néanmoins supposé avoir une « fonction éducative »(sic) , si ce genre de concepts, donc, est juste le reflet de circonstances fortuites et provisoires, l’aberration d’un instant, ou bien réellement et profondément le reflet de la conception pseudo « marxiste » de Trotsky.

La question est rarement posée, même par les trotskystes eux-mêmes, et pour cause, de savoir si Trotsky avait réellement une pensée économique. Le fait est qu’il n’a écrit aucun ouvrage de fond sur la question.

Néanmoins, du fait qu’il a passé les dernières années de sa vie à dénigrer les réalisations de l’URSS on supposera donc qu’il avait quelques propositions alternatives à faire, et qu’elles sont donc le reflet de sa pensée économique. Il devrait logiquement être possible, en suivant ce fil, d’y percevoir une certaine cohérence, s’il s’en trouve effectivement une.

Avant nous, cette démarche a en réalité déjà été tentée par un éminent militant trotskyste, et même « historique » au sens où il fut parmi les proches de Trotsky lors de la création de la prétendue « 4ème internationale » dans la grange d’Alfred Rosmer, le 3 Septembre 1938, à Périgny, en banlieue parisienne. Il en est resté l’un des principaux dirigeants jusqu’en 1965. Évincé, sinon formellement « exclu » par la suite, et devenu responsable d’une des nombreuses mouvances minoritaires, ce Michel Raptis, dit « Pablo », n’en était pas moins qualifié, manifestement, pour connaître la pensée et l’œuvre du « Maître »… C’est en 1990, dans le numéro 35 de la revue « 4ème internationale » qu’il a fait en quelque sorte la synthèse de cette réflexion. De sa part il ne s’agit aucunement de développer un point de vue essentiellement critique, mais bien au contraire de dresser un véritable panégyrique de la pensée économique de Trotsky, telle qu’elle se dégage de ce fil suivi dans son œuvre.

Or la « cohérence » qui se dégage de cette démarche est typiquement, et dès l’introduction, celle qui a amené tous les révisionnistes au prétendu « socialisme de marché », et encore aujourd’hui, dans sa forme « à la chinoise », héritée du maoïsme :

« Cet exposé sera centré surtout sur les conceptions de Léon Trotsky concernant les problèmes de la « transition du capitalisme au socialisme » »

http://www.lcr-lagauche.be/cm/index.php?view=article&id=879:sur-les-conceptions-economiques-de-leon-trotsky&option=com_content&Itemid=53

Comme on l’a vu, c’est le socialisme qui est lui-même une phase de transition entre capitalisme et communisme, c’est à dire une première phase communiste et donc le début d’une rupture anticapitaliste, précisément par la formation d’un secteur économique socialiste concernant les entreprises et les ressources essentielles.

Parler de « transition » entre capitalisme et socialisme, cela nous ramène donc bien au « pont »-impasse du « Programme de transition » et c’est donc nécessairement parler d’une prolongation du capitalisme, en réalité, même si déguisée formellement en « hybride » supposé entre capitalisme et socialisme.

Il est donc également clair pour Raptis que Trotsky ne considérait pas l’URSS comme socialiste, ni sous la NEP, ni après (Trotsky parle d’ « État ouvrier », puis d’ « État ouvrier dégénéré », mais rarement d’État socialiste, et seulement pour se contredire lui-même aussitôt !

« De nouvelles entreprises grandioses, de nouvelles productions, des branches entières de l’industrie ont été créées. La capacité du prolétariat organisé en État à conduire l’économie par de nouvelles méthodes et à créer des valeurs matérielles à un rythme sans précédent a été démontrée dans la pratique. Tout cela dans le contexte d’un capitalisme mondial expirant. Le socialisme, en tant que système, a prouvé pour la première fois son droit à la victoire historique non pas dans les pages du « Capital », mais dans la pratique des centrales hydroélectriques et des hauts fourneaux. Marx préférerait sans doute cette méthode de preuve. Néanmoins, criminellement irréfléchies sont les allégations selon lesquelles l’URSS est déjà entrée dans le socialisme. »

[Созданы новые грандиозные предприятия, новые производства, целые отрасли промышленности. Показана на деле способность организованного в государство пролетариата вести хозяйство новыми методами и создавать материальные ценности в небывалых ранее темпах. Все это – на фоне издыхающего мирового капитализма. Социализм, как система, впервые доказал свое право на историческую победу не на страницах « Капитала », а практикой гидростанций и доменных печей. Маркс несомненно предпочел бы этот способ доказательства. Однако, преступно легкомысленны утверждения, будто СССР уже вступил в социализм.] [ http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

A quelque moment que ce soit, il prétend y voir donc toujours une « étape intermédiaire » entre capitalisme et socialisme proprement dit.

Une société hybride, dont la nature de classe reste formellement imprécise, mais pour laquelle il préconise en quelque sorte une première version de son « pont » programmatique révisionniste.

Or, considéré d’un point de vue marxiste, il y a nécessairement dans tout Etat, une base économique dominante, et qui a une nature de classe déterminée, et donc pas de situation hybride possible, en termes de mode de production. Prolétariat ou bourgeoisie, socialisme ou capitalisme, il y a nécessairement un mode de production dominant et déterminé, qui caractérise la nature de classe d’un système, d’un État.

La façon dont Trotsky considérait la situation en URSS et la façon dont il a conçu son « Programme de transition » ne sont précisément différentes en rien dans leurs déformations des fondamentaux du marxisme, et c’est en cela, effectivement, que le trotskysme conserve une certaine cohérence interne, en tant que forme de révisionnisme, et c’est ce que l’on voit bien à travers la lecture que Raptis fait lui-même de Trotsky:

« Plan et industrialisation font partie de sa conception plus générale de la NEP couvrant la période de « transition du capitalisme au socialisme ». Ils s’inscrivent dans une économie de marché dominée encore aussi bien par la loi de la valeur que par la rente foncière absolue et différentielle. »

C’est à dire tous les fondamentaux du capitalisme !

Mais en bon trotskyste, il n’est pas à une contradiction près  et souligne donc de lui-même celle qu’il a effectivement pu relever chez Trotsky, qu’il paraphrase ainsi :

« Le plan « viole » constamment la loi de la valeur qui régit encore cette économie par le rôle multiple de l’Etat, de son budget, et de ses autres interventions. »

(Trotsky >>> « l’économie planifiée de la période de transition, même basée sur la loi de la valeur, la viole à chaque pas et établit des rapports d’échange inégal entre différentes branches de l’industrie. » https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1930/07/300705a.htm )

Alors que précisément, selon les principes économiques de transition développé par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, l’État prolétarien établi le plan et contrôle sa réalisation par une utilisation maîtrisée de la Loi de la valeur, et non pas en la « violant » !!! C’est cette utilisation maîtrisée qui permet d’établir la correspondance entre les besoins démocratiquement définis par le plan et la répartition des forces productives, définie en fonction et en conséquence, pour y répondre. C’est bien là ce qui permet, au contraire du « programme » trotskyste, de réduire la part résiduelle de l’économie de marché, encore soumise à la loi de l’offre et de la demande, c’est à dire à la loi du marché, qui précisément, elle, fait constamment dériver les prix hors de l’équilibre potentiellement induit par l’action « spontanée » de la loi de la valeur !

C’est précisément là, de plus, la cause directe de l’échec final de la NEP, par une situation de crise économique engendrée par les vices intrinsèques de l’économie de marché, dont Trotsky souhaitait effectivement le maintien, et même l’extension au secteur socialiste, et réaffirmant encore cela expressément cela en 1936, soit huit ans après la « Crise des grains » qui fut fatale à la NEP, dans son ouvrage majeur, dit « la révolution trahie »:

« L’assainissement des relations économiques avec les campagnes constituait sans nul doute la tâche la plus urgente et la plus épineuse de la Nep. L’expérience montra vite que l’industrie elle-même, bien que socialisée, avait besoin des méthodes de calcul monétaire élaborées par le capitalisme. Le plan ne saurait reposer sur les seules données de l’intelligence. Le jeu de l’offre et de la demande reste pour lui, et pour longtemps encore, la base matérielle indispensable et le correctif sauveur. »

( https://www.marxists.org/francais/trotsky/livres/revtrahie/frodcp2.htm)

Manifestement, cette affirmation selon laquelle la loi du marché doit s’étendre au secteur économique « socialiste », « et pour longtemps encore », répond déjà très concrètement à la question de savoir si les concepts « transitionnels » de Trotsky sont juste l’aberration d’un moment ou bien le reflet de sa pensée économique réelle.

Du reste, Raptis nous rappelle que pour Trotsky, et tel qu’il l’affirme dès 1932, dans un texte aujourd’hui introuvable en français, c’est donc bien en réalité l’ensemble du plan qui doit être soumis à la loi du marché :

« Les innombrables participants vivants à l’économie, qu’ils soient étatiques ou privés, collectifs ou individuels, doivent déclarer leurs besoins et leur importance relative, non seulement par l’intermédiaire des calculs statistiques des commissions du plan mais aussi par la pression directe de l’offre et de la demande. Le plan est vérifié et, dans une large mesure, réalisé par le marché. »

[« Бесчисленные живые участники хозяйства, государственные и частные, коллективные и единоличные, должны заявлять о своих нуждах и о своей относительной силе не только через статистические выкладки плановых комиссий, но и непосредственным давлением спроса и предложения. План проверяется и, в значительной мере, осуществляется через рынок. »] [http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm ]

Pour Trotsky, c’est clairement le marché qui est prétendument le « régulateur » de l’économie, tout à fait à l’instar des actuels « ultra-libéraux » et de leur tragique et assassine « main du marché » ! Le plan, selon Trotsky, se réduit ainsi quasiment à un plan « marketing »…

« La régulation du marché lui-même doit s’appuyer sur les tendances détectables par son intermédiaire . Les plans directeurs produits par les ministères doivent démontrer leur efficacité économique par des calculs commerciaux. » [Регулирование самого рынка должно опираться на обнаруживаемые через его посредство тенденции. Предначертания канцелярий должны доказать свою хозяйственную целесообразность через коммерческую калькуляцию.][ibidem]

Et c’est ainsi, en se basant sur les prix du marché, qu’il prétendait en arriver à stabiliser la monnaie…

« Le système de l’économie de transition est impensable sans le contrôle par le rouble. Cela présuppose, à son tour, un rouble égal à lui-même . Sans une unité (monétaire) stable le prévisionnel commercial ne peut qu’accroître le chaos. »[Система переходного хозяйства немыслима без контроля рублем. Это предполагает, в свою очередь, что рубль равен самому себе. Без устойчивой единицы коммерческий расчет способен только увеличить хаос.][ibidem] 

Alors que pour Marx, selon la loi de la valeur, et à l’évidence, de plus, c’est la formation de la valeur, sous sa forme finale avant expression du prix, et qu’il appelle « Valeur de marché », qui conditionne l’offre et la demande, et régule donc, en dernier ressort, le marché !!!

Et non l’inverse !!!

C’est ce qui explique que les prix se rapprochent à nouveau de cette «Valeur de marché », entre deux crises…

Alors que la loi du marché, celle de l’offre et de la demande, a au contraire tendance à introduire une distorsion constante entre prix et valeur, ce qui entraîne, précisément, les crises !

Et y compris et surtout, sous la NEP, d’où son échec inévitable…

« Même l’économiste ordinaire se rend compte que sans le moindre changement de  l’offre ou  de la demande occasionné  par des  circonstances extérieures le rapport des deux peut changer à la suite d’un changement dans la valeur de marché des marchandises. Même lui, il doit reconnaître que l’offre et la demande doivent être égales pour obtenir la valeur de marché quelle qu’elle soit. Ceci signifie que le rapport entre l’offre et la demande n’explique pas la valeur de marché, mais au contraire que c’est elle qui explique les fluctuations de l’offre et de la demande. »

( Marx, Capital, III, 10)

De plus, même l’ « équilibre » provisoire qui peut s’établir, entre deux, crises, dans l’économie de marché, ne répond jamais qu’aux demandes et aux besoins solvables et rentables financièrement, et non pas à des critères d’utilité sociale, et encore moins, de nécessité sociale urgente pour les plus démunis, pour les catégories les plus socialement défavorisées, ce qui est par exemple typiquement illustré par la réalité des 275 millions de travailleurs migrants « mingongs » en Chine prétendument « socialiste de marché » !

Prétendre rétablir un équilibre économique à partir d’une « planification » établie sur les prix du marché, fixés par l’offre et la demande, c’est donc bien une aberration totale, comme Marx nous l’explique :

« Il est évident que les lois internes effectives régissant la production capitaliste ne peuvent trouver leur explication dans l’interaction de l’offre et la demande. (Nous écartons une analyse plus approfondie de ces deux éléments moteurs de la société qui n’aurait pas sa place ici.) Car ces lois n’apparaissent comme réalisées dans toute leur pureté que lorsque l’offre et la demande cessent d’agir, à savoir quand elles coïncident. En réalité, elles ne coïncident jamais. Si cela devait arriver une fois en passant, ce serait tout à fait par hasard ; au point de vue scientifique, cette probabilité est nulle et n’a pas à être considérée. » ( Marx, Capital, III, 10)

Ce n’est donc évidemment pas la loi du marché qui est le régulateur de l’économie (la « main du marché » des ultra-libéraux!), mais la LOI DE LA VALEUR, et cela quel que soit le régime, capitalisme ou socialisme, et d’où l’intérêt de réduire au maximum le poids de l’économie de marché, dès le début de la transition socialiste, avec pour but de l’éradiquer autant que possible, et même complètement, aussitôt que possible. C’est en ce sens, déjà défini par Marx dans la Critique du Programme de Gotha, que l’économie socialiste doit être développée, et non dans le sens inverse, à la Trotsky-Khrouchtchev-Deng Xiaoping !!

Dans le même texte de 1932, Trotsky tente à nouveau de justifier son prétendu principe « transitionnel » hybride entre capitalisme et socialisme en avançant qu’il aurait même ses propres lois économiques…

« Закономерности переходного общества весьма отличаются от закономерностей капитализма. Но не меньше отличаются они от будущих закономерностей социализма, т. е. гармонического хозяйства, растущего на основе выверенного и обеспеченного динамического равновесия. »

« Les lois de la société de transition se distinguent singulièrement des lois du capitalisme. Mais elles ne se distinguent pas moins des futures lois du socialisme, c’est-à-dire de l’économie harmonieuse, se développant sur la base d’un équilibre dynamique ajusté et garanti. »

http://www.magister.msk.ru/library/trotsky/trotm327.htm

Effectivement, on vient de voir ce qu’il en est !!!

La « troisième voie » révisionniste de Trotsky, ce n’est pas autre chose que l’actuel et prétendu « socialisme de marché », c’est à dire, pas de socialisme du tout!

Et on est prévenus… Pour ce qui est d’un « équilibre économique dynamique ajusté et garanti », c’est à dire normalement par la planification de transition socialiste, évidemment, on repassera!!!

Le « pont » trotskyste « de transition » n’est rien d’autre qu’une impasse politique qui mène tout au plus à un énième gouvernement social-démocrate plus ou moins « rougi » et « reverdi » sur sa « gauche » par la Kollaboration de classe, et rien d’autre.

Alors que même pour une revendication aussi évidente que l’éradication du chômage par le partage du travail, cela ne peut se faire que par une nouvelle répartition des forces productives en fonction de la réponse à apporter à l’ensemble des besoins sociaux les plus vitaux et les plus urgents, et cela n’est possible que par une économie de transition réellement socialiste, basée sur une utilisation contrôlée de la loi de la valeur, et non sur la loi du marché, alors que pour Trotsky:

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

in « le Marxisme[…de Trotsky!]  et notre époque » 

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

Alors que des luttes massives ne cessent de se développer un peu partout sur la planète, la question reste posée, pour tous ceux qui cherchent réellement une rupture avec le capitalisme, d’un retour nécessaire aux fondamentaux du Marxisme.

A trois jours du 1er anniversaire du 17 Novembre, et à trois semaine du 5 Décembre, personne ne sait vraiment à quel niveau la lutte de classe peut se développer, en France, mais une chose reste certaine, la barricade, elle, n’a toujours que deux cotés!

Luniterre

Résolution sur la « mémoire » européenne : ou l’Histoire en marche arrière!

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/11/01/guerre-de-classe-la-gauche-joue-desormais-perdant-pourquoi/

 

https://cdni.rbth.com/rbthmedia/images/2017.09/original/59b2a8f885600a236049f4d1.jpg

 

 

 

« Il y a une guerre des classes, c’est un fait. Mais c’est ma classe, la classe des riches, qui mène cette guerre et qui est en train de la gagner. »

Personne n’a vraiment oublié cette assertion « choc » du milliardaire Warren Buffet. C’était sur la chaîne US CNN, en 2005.

Après la crise de 2008 et sa « solution » financière exponentielle, il affirmait même le caractère définitif de cette victoire… !

Jusqu’à tout récemment, près de 15 ans plus tard, l’histoire, malgré la violence exacerbée des divers conflits sur la planète, semblait encore lui donner raison. Ces derniers temps, néanmoins, les multiples et massives révoltes populaires à travers le monde ont en quelque sorte réintroduit un sérieux doute concernant cette affirmation. Pour autant, malgré leur aspect massif, toutes ces luttes semblent se fourvoyer systématiquement dans des impasses, faute de perspective politique réellement alternative au système en place, et qui semble donc rester inamovible. Et cela malgré l’évidence criante des inégalités gigantesques qu’il ne cesse de creuser et des aberrations économiques et écologiques que cela engendre.

Le générateur de cette catastrophe planétaire est néanmoins pourtant parfaitement identifié, et surtout précisément depuis cette crise de 2008 : c’est clairement la domination planétaire du capital financier sur pratiquement toutes les formes d’expression du pouvoir.

La « démocratie » libérale n’est plus que le champ clos où s’affrontent les différents lobbys pour le partage des influences lucratives, via leurs marionnettes politiques de plus en plus pitoyablement agitées sur la scène, et dont Trump semble être l’archétype, caricatural à l’extrême.

Et la guerre de classe, dans le domaine idéologique et culturel, elle, n’a jamais réellement cessé, bien au contraire ! La bourgeoisie n’a de cesse de traquer la moindre réminiscence de la période où une alternative au capitalisme semblait possible, et l’était encore réellement, dans une certaine mesure.

D’une part, l’absurdité du système actuel est tellement flagrante qu’une partie substantielle de l’intelligentsia et des classes moyennes à son service en arrive régulièrement à se déclarer plus ou moins « anticapitaliste », même si cela ne porte pas à d’autres conséquences que des mouvements de contestation purement formelle et vite récupérés sous les diverses formes de réformisme de sa classe politique. Mais d’autre part, la peur réelle qui semble encore tenailler la bourgeoisie est bien la résurgence éventuelle du « spectre communiste » qu’elle n’a donc de cesse de traquer partout où il pourrait reprendre forme.

Contrairement aux espoirs qu’elle fondait à la « chute du mur » et sur la période 1989-92, c’est la prétendue « fin de l’histoire » qui appartient d’ores et déjà carrément au passé, et si une « fin » semble à nouveau se rapprocher à grands pas, c’est bien la « fin » possiblement apocalyptique du système lui-même, non pas nécessairement due à on ne sait plus trop quel hypothétique « ennemi », mais bien simplement à ses propres contradictions. Dans ces conditions, le système garde constamment un œil ouvert sur toutes les traces mémorielles, quelles qu’elles soient, de la période soviétique. C’est ce qu’on a vu à l’Occasion du centenaire d’Octobre, qui a vu monter en scène toute une batterie de « spécialistes » et d’ « historiens », parfois très officiellement appointés, et sinon, indirectement, pour s’assurer d’un sommeil profond de ce terrible fantôme…

Mais le système, faute de résoudre sa propre crise, a tout intérêt à entretenir lui-même le « messianisme » millénariste d’une fin apocalyptique prochaine, qu’elle soit « écologique » ou non, et contre laquelle il peut donc se poser en « rempart de l’humanité », et ainsi tenter de se prolonger, à travers quelques formules « choc », comme seule « alternative » possible …à la catastrophe qu’il a engendré lui-même !

Pour la bourgeoisie, tout ce qui n’est pas elle-même ou directement dépendant d’elle-même est à ses yeux « apocalyptique ». Dès la naissance de l’URSS elle s’est efforcée d’en forger une vision « apocalyptique », au point de tenter d’en faire un mythe cauchemardesque fédérateur de sa propre classe, et même par dessus ses propres conflits internes d’intérêts. C’est ainsi que le véritable monstre nazi potentiellement engendré dès 1919, par le traité de Versailles a pu être couvé, comme antidote potentielle à ce cauchemar, malgré ses outrances dans la cour même du capitalisme européen et international.

Mais la bourgeoisie avait nettement sous-estimé la boulimie de ce monstre engendré en son sein, et dont la nature profonde n’était donc pas différente d’elle-même. Elle escomptait simplement que cette boulimie ne soit orientée que vers l’Est…

Cette « erreur de perspective » l’amena finalement à une inversion, même si très provisoire, dans l’attribution du rôle des monstres à exorciser…

C’est ce que nous rappelle un film remarquable récemment retrouvé par l’un de nos camarade et dont nous avons fait la présentation sur TML. Ce film date juste de 1943, peu après la victoire soviétique de Stalingrad. Réalisé pour le compte des autorités US il a été manifestement pensé par des cinéastes qui avaient déjà une vue historique d’ensemble étonnamment pertinente de l’ensemble du « Front de l’Est », compte tenu du peu de recul par rapport à ces événements tous récents pour eux et pour le monde de ce temps !

 

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Évidemment ces cinéastes avaient donc accès à des sources de première main, ce qui en fait encore aujourd’hui, du reste, un doc historique exceptionnel. Mais ce qui est le plus caractéristique, par rapport aux vues « officielles » actuelles sur cette époque, c’est l’importance qu’ils accordent à la vie sociale des infrastructures économiques soviétiques qui ont rendu précisément l’effort de guerre possible et efficace.

Il apparaît clairement dans ce film que la victoire de cet effort de guerre est bel et bien la victoire de l’ensemble de la société socialiste soviétique, et non celle d’un tyran machiavélique secondé par une poignée de généraux et de bureaucrates despotiques. C’est la victoire des soviétiques qui se sont mobilisés par millions, que ce soit sur les lignes de front ou comme partisans, en arrière des lignes ennemies, ou tout simplement, à leurs postes de travail, tous essentiels pour l’effort de guerre.

C’est un aperçu de la réalité soviétique, dans ce film US de 1943, qui est donc concrètement l’antithèse de la vision prétendument « historique » qui nous en est donnée dans les manuels scolaires actuels, dans les notices Wikipédia, les émissions de télé, etc.

Et bien évidemment, c’est aussi l’antithèse, également, de celle désormais « officiellement » votée au Parlement Européen par sa « résolution » sur la « mémoire » de la 2ème Guerre Mondiale, et qui fait carrément porter la responsabilité du déclenchement de la guerre à l’URSS ! (*)

Et c’est en ce sens que ce film est particulièrement significatif, aujourd’hui !

En effet, le Parlement Européen, en adressant directement sa « résolution » assimilant le communisme au nazisme au Parlement de la Fédération de Russie, enjoint donc expressément le gouvernement russe de cesser en pratique de commémorer cette victoire soviétique.

Et pour quelle raison réelle, sinon pour tenter à nouveau d’effacer la mémoire, non seulement de cette victoire, mais de la société socialiste soviétique qui l’a rendue possible ?

En effet, pourquoi tant d’efforts et de sacrifices, de la part des citoyens soviétique, sinon pour défendre ce pays, l’URSS, qu’ils venaient de rebâtir presque entièrement en une dizaine d’années, depuis la fin de la NEP et le début de la collectivisation ?

Pourquoi auraient-ils fait tant d’efforts et de sacrifices, si leur pays correspondait un tant soit peu à la vision cauchemardesque qu’en donnent aujourd’hui les manuels scolaires, Wikipédia et autres médias ?

Pourquoi tant d’efforts et de sacrifices pour ce pays, si la « résolution » du 19/09/2019 du Parlement Européen n’est pas simplement une manipulation mensongère de l’histoire ?

A travers la mémoire nationale russe, ce qui est encore commémoré massivement aujourd’hui, à chaque occasion possible, et avec effectivement l’appui du gouvernement de la Fédération de Russie, ce n’est pas seulement la fête de la victoire, mais c’est précisément la mémoire de cet effort collectif et de tous les sacrifices qui ont été nécessaires pour bâtir, pied à pied, cette victoire.

C’est en ce sens que ces commémorations sont devenue une communion nationale populaire qui constitue encore actuellement une part essentielle de l’âme russe.

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Et il se trouve donc que cette mémoire collective russe coïncide tout à fait avec la réalité filmée en 1943 par les cinéastes US, et non avec l’actuelle caricature occidentale cauchemardesque que le Parlement Européen vient de « légaliser » par son vote.

Ce vote est, sur le terrain « mémoriel » où il prétend se situer, une déclaration de guerre idéologique, ni plus ni moins.

Ce que vise expressément le Parlement Européen, dans les attendus de son vote, c’est bien l’ensemble de la période socialiste soviétique qui a permis la construction de cette capacité à vaincre le fascisme. C’est un moment historique particulièrement émouvant de cette période qu’il nous est donc encore donné de comprendre dans le film de 1943, et il nous montre précisément ce que socialisme réel signifiait en URSS, pour la classe ouvrière et l’ensemble des classes populaires de ce pays. Cette acte de guerre idéologique fomenté par le Parlement Européen, c’est donc aussi, et même avant tout, un acte de guerre de classe.

Or, comment la « gauche » française se situe-t-elle face à cet acte de guerre de classe ? Se situe-t-elle vraiment du côté du prolétariat et des classes populaires ? Est-elle capable de mener une contre-offensive ?

En réalité, depuis des décennies déjà, elle n’a cessé de dénigrer l’URSS, que ce soit de son vivant ou après sa chute ! Et de s’autoflageller pour la période où elle l’a soutenue…

Elle se pique d’ « antifascisme » mais se trouve incapable de relever le gant de ce défi, quand est attaquée la mémoire de l’URSS qui est réellement le pays qui a fait l’essentiel de l’effort de guerre contre le nazisme, lui a infligé sa première défaite aux portes de Moscou, dès Décembre 1941 et l’a finalement défait à Stalingrad avant de le vaincre définitivement à Berlin !

Une bonne partie de la gauche se retrouve même carrément dans les soutiens de cette « résolution », et si une autre partie esquisse des protestations c’est toujours de façon à en cautionner néanmoins l’antisoviétisme fondamental, de manière directe ou non. Aucune de ces « esquisses » rhétoriques, aussi alambiquées et sophistiquées soient-elles, n’assume l’essentiel de ce qui a précisément et réellement fait la force de l’URSS de cette époque : la construction du socialisme et le développement des forces productives qu’il a rendu possible, sur la décennie précédent la guerre.

La victoire de l’URSS sur le nazisme, ce n’est pas simplement la victoire de l’armée d’une nation sur une autre, mais c’est d’abord la victoire de la construction du socialisme, une victoire du prolétariat et des classes populaires, précisément, dans la guerre de classes !

Et certainement la plus grande victoire historique prolétarienne dans cette guerre de classe, dont aujourd’hui les financiers milliardaires, comme Warren Buffet, qui achèvent de détruire la planète, osent se proclamer vainqueurs !

Réduire la responsabilité de la victoire historique prolétarienne de l’URSS à celle d’un seul homme, son leader politique, Joseph Staline, et tenter à la fois de faire de celui-ci une sorte de démiurge concentrant en sa seule personne toute la force d’un pays de la taille d’un continent et de le présenter comme un bureaucrate despotique irresponsable et paranoïaque, une caricature de diable d’opérette, telle est la stratégie de communication menée tous azimuts par l’Occident, de droite à « gauche », depuis des décennies, comme contre-offensive dans cette guerre de classe, pour masquer la tolérance plus que coupable dont la bourgeoisie a fait preuve à l’égard de sa propre progéniture réellement monstrueuse, le nazisme !

Ne pouvant effacer historiquement le comportement criminel de cet avatar idéologique de sa propre classe, la bourgeoisie l’a très officiellement renié comme elle sait le faire de toute progéniture classée indigne, le chassant par la grande porte de ses proclamations humanistes, pour le laisser rentrer par la petite fenêtre de ses besoins urgents, comme elle continue de le faire en Ukraine, par exemple.

C’est ce qui ressort typiquement de cette résolution du 19 Septembre 2019, qui cautionne, en fait, les régimes européens légalisant et encourageant l’anticommunisme, l’antisoviétisme et la russophobie.

Tout en prétendant assimiler le communisme au nazisme, il s’agit, en fait, de tenter d’effacer la responsabilité de l’Occident « libéral » et de sa complaisance munichoise à l’égard du nazisme, c’est à dire, sa responsabilité réelle dans la genèse de la Seconde Guerre Mondiale, la plus meurtrière de toutes, et qui a assassiné plus de 25 millions de citoyens soviétiques en quatre ans !

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Comment la gauche actuelle peut-elle prétendre se qualifier d’antifasciste en cautionnant, directement ou hypocritement, ce mensonge de la bourgeoisie européenne et en s’asseyant, de fait, sur cette montagne de cadavres prolétariens ?

Comment peut-elle, une seule seconde, parler au nom des révoltes prolétariennes et populaires qui se lèvent, un peu partout, aujourd’hui, à travers le monde ?

Non seulement elle ne le peut pas, mais il est donc bien naturel qu’elle se trouve rejetée par le prolétariat pour ce qu’elle est véritablement : une émanation de la pensée « libérale » asservie au système qui détruit la planète et le condamne chaque jour à de nouveaux reculs sociaux, et dans bien des pays, à une misère de plus en plus noire.

Si quelques rares éléments sincèrement de gauche, sincèrement décidés en finir avec ce système se trouvent encore dans cette gauche, ce film peut être pour eux matière à réflexion sur la réalité historique de la guerre de classe.

Et face à l’offensive idéologique de la bourgeoisie exprimée dans cette « résolution européenne », ce doit être logiquement pour eux l’heure d’un choix politique essentiel : celui du camp dans lequel ils veulent réellement se tenir dans la guerre de classe.

Dès 1941, six mois à peine après son entrée « triomphale » en URSS l’armée nazie était arrêtée aux portes de Moscou et repoussée de 200km. Pour le nazisme, c’était le véritable début de la fin.

Dans la guerre de classe, il n’y a pas de défaite qui soit irrémédiable. Mais sans une contre-offensive appropriée, la victoire reste aux Warren Buffet et à leurs zélateurs politiques, droite et « gauche » confondues. Ils sont le camp déterminé à maintenir le système mortifère en place.

Ils sont le camp des destructeurs de la planète, le camp des financiers impérialistes pour lesquels la mémoire de l’URSS et de sa victoire antifasciste est intolérable. La résolution européenne mensongère du 19 Septembre 2019 est l’aboutissement de leur idéologie dans la guerre de classe.

La victoire antifasciste du prolétariat dans la Seconde Guerre Mondiale ne repose évidemment pas sur les épaule d’un seul homme, Joseph Staline, mais bien sur celles de tout un pays socialiste reconstruit en une dizaine d’années sur la base de son idéologie de classe, l’héritage de la Révolution d’Octobre, l’héritage de Marx et de Lénine : le Marxisme-Léninisme.

Tant que la gauche continuera de rejeter les fondamentaux qui ont permis la victoire historique du prolétariat, elle restera dans le camp des ennemis du prolétariat, dans le camp de la bourgeoisie, et, tout en se proclamant « antifasciste », dans le camp des néo-nazis, en fin de compte. Et sa défaite ne sera que la mise au rebut de l’un des multiples faire-valoir jetables du système, et non pas celle du prolétariat qui tente aujourd’hui de relever la tête par ses multiples révoltes sur la planète.

Luniterre

(* https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/27/resolution-du-parlement-europeen-vers-une-nouvelle-guerre-de-classe-contre-la-russie/ )

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