Quand Staline sort des eaux…

https://www.challenges.fr/assets/img/2019/07/06/cover-r4x3w1000-5d2045c7c91fc-ab0e67e34230d83d34e3174c4159686e97f984c4-jpg.jpg

Quand Staline sort des eaux…

Koussa, dans les montagnes de l’Oural, est une petite ville sans histoires. Mais quand une statue de Staline a été découverte au fond d’un étang, un débat féroce sur l’héritage du dictateur a réveillé de vieilles divisions.

En 2018, à l’occasion de travaux d’entretien ayant fait baisser les eaux de l’étang, les habitants de cette ville de 18 000 habitants ont remarqué une imposante statue du dirigeant soviétique.

Personne ne sait comment cette statue en béton s’est retrouvée là. Stanislav Safeïev, un militant communiste, en a entendu parler quand un photographe a posté sur Internet un cliché du monument, reposant sur le quai près duquel il a été retrouvé.

Avec l’aide d’autres activistes, ce membre du mouvement patriotique « Essence du temps » l’a récupérée et transportée chez lui pour la restaurer. Selon lui, réinstaller la statue permettrait « d’améliorer la compréhension et la connaissance de cette période de l’histoire ».

Mais il rencontre « une pression énorme » des autorités locales, qui ont d’autres projets pour Staline.

Iouri Lyssiakov, le chef du conseil municipal de Koussa, veut que la statue trouve une place dans un musée qui « décrirait l’histoire de ce personnage et de la découverte et la restauration » de la statue.

De toute façon, ajoute-t-il, les variations extrêmes du climat à Koussa, de -40°C l’hiver à +40°C l’été, abîmeraient la structure de béton de la sculpture.

Grand débat

Dans la ville, le débat fait rage entre les partisans d’un musée et ceux désirant la voir érigée dans l’espace public.

Maria Tarynina, 69 ans, est née quelques années seulement avant la mort du dictateur, en 1953. Pourtant, le souvenir de Staline est bien vivant pour elle : « C’est peut-être lié à ma jeunesse, quand Staline et Lénine étaient des leaders (…), je suis pour sa restauration. »

D’autres se souviennent que les répressions staliniennes ont tué des millions de Soviétiques. « Il a fait beaucoup pour le pays, pour l’Union soviétique. Mais il y a plus qu’assez de preuves qu’il a mal agi envers ses concitoyens », assène Irina Aksionova, 39 ans.

 

Comme la plupart des villes russes, Koussa possède déjà une statue de Lénine. Les statues de Staline ont, pour leur part, été démantelées après la dénonciation des crimes de Staline par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev en 1956.

Mais le débat qui s’est emparé de Koussa fait écho aux ambivalences et aux oublis de la société russe vis-à-vis de Staline. L’an passé, un sondage révélait que la moitié des Russes âgés de 18 à 24 ans n’avaient jamais entendu parler des répressions staliniennes.

Dans un autre sondage, publié cette année, 70% des Russes disaient approuver le rôle du dictateur dans l’histoire.

https://www.geo.fr/histoire/decouverte-par-hasard-au-fond-dun-etang-une-statue-de-staline-seme-la-zizanie-dans-une-petite-ville-russe-196464

 

 

Urgence pour l’Hôpital! Urgence totale des luttes sociales!

 

 

 

IMPORTANTE MISE A JOUR DE LA PÉTITION:


https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

https://gjles42revendications.wordpress.com/2019/09/12/urgence-pour-lhopital-urgence-totale-des-luttes-sociales/

Gilets Jaunes : faut-il passer à autre chose ?

10 mois après le 17 Novembre et le début d’un mouvement social parmi les plus originaux en France, parlons peu, mais parlons chiffres.

Une autre lutte sociale, depuis 6 mois, celle des Urgences Hospitalières, continue de résister, sans pour autant forcément converger.

Agnès Buzyn annonce « royalement » l’octroi de 750 millions d’euros pour soi-disant régler le problème. Pour les urgentistes, c’est notoirement insuffisant, et on les comprend, vu le recul social général, à l’hôpital comme ailleurs, mais ici avec des conséquences qui peuvent s’avérer parfois carrément fatales au patient.

750 millions d’euros, cela représente 0,19% des dépenses globales de l’État en 2019,

https://www.challenges.fr/politique/budget-le-deficit-de-l-etat-va-se-creuser-en-2019_614885

et donc 1,88% des 40 Milliards réellement gaspillés au nom du CICE… (*)

Ces Milliards qui sont d’abord et avant tout les nôtres, ceux de tous les travailleurs et les retraités, ponctionnés via les impôts directs et indirects…

Dans un article du 10/02/2019

http://www.lamarseillaise.fr/analyses-de-la-redaction/decryptage/74835-denis-durand-une-hausse-du-smic-de-200-net-payee-par-les-entreprises-est-possible

Un M. Denis Durand, qui se présente aujourd’hui comme un économiste à la retraite, mais politiquement engagé, nous fait à nouveau, et s’il en était encore besoin, la démonstration que l’argent existe bel et bien, que ce soit pour les urgences ou les autres revendications sociales.

Ce n’est donc pas forcément pour son engagement politique que l’on fera confiance à ses chiffres, loin de là, mais pour ce qu’il a été du temps de son activité professionnelle :

Directeur adjoint à la Banque de France, et aussi membre du Conseil économique, social et environnemental, et secrétaire général du syndicat national CGT de la Banque de France. On peut donc raisonnablement considérer qu’il sait de quoi il parle.

Dans cet article il nous explique que le montant total des dividendes versés aux actionnaires des entreprises françaises s’élève à 180 Milliards d’euros, et le montant total des intérêts versés aux banques par ces mêmes entreprises, s’élève, lui, à 67 Milliards d’euros…

Concernant une vérification de ces chiffres, on a le total des dividendes versés aux actionnaires du CAC40, soit 57,4 Milliards d’€ de dividendes,

http://www.lefigaro.fr/societes/2019/01/09/20005-20190109ARTFIG00184-les-entreprises-du-cac-40-ont-verse-57-milliards-a-leurs-actionnaires-en-2018.php

Mais ce ne sont jamais que 40 entreprises, même si parmi les plus grosses…

L’indice mondial Janus Henderson, lui, se base sur les 1200 plus grosses entreprises mondiales, mais on ne sait pas lesquelles sont prises en compte, en France. Toujours est-il qu’il leur attribue un équivalent de 51 Milliards de dollars de dividendes sur le seul second trimestre, un nouveau record, à l’unisson du total trimestriel mondial, 513,8 Milliards $, sur un total annuel « prévisionnel » de 1430 Milliards $ !!!

https://www.francetransactions.com/actus/news-bourse/analyses-des-marches/marche-actions-record-europeen-de-distribution-de-dividendes-au-sein-du-cac40.html

https://www.lesechos.fr/finance-marches/marches-financiers/a-5138-milliards-de-dollars-les-dividendes-mondiaux-battent-un-nouveau-record-1124927

Le chiffre de 180 Mds €, considéré pour l’ensemble des entreprises françaises, indépendamment de leur taille, reste donc crédible, vu la source, qui n’est donc que celle de M. Denis Durand, mais qui n’est contestée nulle part, et pour cause, même chez ses opposants politiques… !

Rappelons encore que la France est unanimement reconnue championne du monde …pour le versement des dividendes !

Quand au chiffre des intérêts, à 67 Mds €, on a absolument que D. Durand comme source. On ne trouve même aucune étude sur le sujet.

Dans la mesure ou ce Monsieur arbore manifestement une double casquette, on peut s’interroger sur la réalité de ses chiffres, mais pour les mêmes raisons on voit mal ce Monsieur Durand, même et surtout à cause de sa double casquette, s’avancer autant sans la certitude de n’être point contredit !

Pour 2019, le calcul reste donc valable…

Les coûts du CICE (40 Mds €), et de la CSG (115 à 120 Mds €, selon les sources (**) sont connus :

« La TVA en 2018 c’était plus de 200 milliards d’euros quand l’impôt sur le revenu c’est 80 milliards »
« La CSG est aussi plus importante, c’est environ 120 milliards d’euros »

https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/la-tva-en-2018-c-etait-plus-de-200-milliards-d-euros-quand-l-impot-sur-le-revenu-c-est-80-milliards-1143351.html

Le rapprochement permet donc de dire, sur la base des chiffres avancés par D. Durand :

(180 + 67) – ( 40 + 120) = 87 Milliards d’euros

C’est ce qui resterait encore aux capitalistes à se partager, même s’ils payaient l’intégralité des charges et cotisations sociales actuellement « fiscalisées », d’une manière ou d’une autre !

L’abrogation COMPLÈTE du CICE et de son substitut, de même que l’abolition TOTALE de la CSG, ce n’est donc absolument pas une utopie.

Ce sont, à la place du CICE, des milliards qui permettraient de solutionner des problèmes tels que ceux des urgences hospitalières, le manque d’enseignants dans les écoles, etc…

L’abolition de la CSG représente tout de suite une augmentation appréciable de tous les salaires nets, et qui pourrait être répartie pour relever particulièrement le SMIC et les bas salaires.

Le report des cotisations sur le compte des entreprises devrait logiquement aussi être modulé proportionnellement sur les plus grosses pour permettre aux plus petites de survivre et même d’embaucher.

En tous cas l’argent existe bel et bien, et les travailleurs doivent en prendre conscience pour relégitimer leurs revendications et mettre le capital financier devant ses « responsabilités », c’est à dire, en fait, devant son irresponsabilité parasitaire de la société et son incapacité à répondre aux besoins sociaux les plus élémentaires, comme ceux des urgences hospitalières !

Exiger l’ABROGATION TOTALE du CICE et de ses substituts déjà en place , c’est un premier pas vers la reconstruction de l’unité populaire et vers d’autres reconquêtes sociales, à commencer par l’abolition totale de la CSG, le relèvement des salaires nets, et en premier lieu, du SMIC.

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771

URL DE LA MISE A JOUR

https://www.change.org/p/emmanuel-macron-mettre-fin-au-scandale-%C3%A0-40-milliards-du-cice-et-de-son-substitut-actuel-82eed49b-2055-4be5-a0b0-4dcc8e80e771/u/25062987

(* dans l’article de Challenge Darmanin parle d’un manque à gagner de 26 Milliards, mais bien évidemment pour lui cela implique la validation du substitut du CICE, tout aussi abusif, en réalité, et c’est donc bien un minimum de 40 Milliards qui se trouvent ainsi gaspillés!)

(** https://www.capital.fr/economie-politique/csg-ce-quelle-pese-vraiment-sur-le-budget-de-chaque-francais-1327540

https://www.garance-mutuelle.fr/impot/savez-vraiment-quest-csg/

Voire 125 Mds € >>>

https://argent.boursier.com/impots/fiches-pratiques/csg-le-point-sur-un-prelevement-souvent-decrie-5246.html

Mais déjà 100 en 2017 :

https://www.lesechos.fr/2017/05/un-impot-qui-vaudra-bientot-100-milliards-171616   )

Gilet Jaune à Roanne: le Blues d’un black block en bleu marine…!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/18/gilet-jaune-a-roanne-le-blues-dun-black-block-en-bleu-marine/

Gilet Jaune à Roanne:

le Blues d’un black block

en bleu marine…!

Gilets Jaunes, Gilets Noirs, Hong Kong, France, drapeaux tricolores, Union Jacks, bannières étoilées de l’Oncle Sam, manipulations en tous genres… Les mouvements sociaux de la classe moyenne en révolte s’y prêtent particulièrement…

Il est aujourd’hui de bon ton, pour la blogosphère gauchisante française en déroute de se gausser des dérives du mouvement hongkongais, qui sont évidentes et bien réelles, en grande partie, dans le contexte de guerre économique USA-Chine.

Et de vanter les mérites « révolutionnaires » de nos GJ sous prétexte qu’ils ont effectivement subi une répression encore plus féroce, et sans rencontrer la moindre compassion de la part des médias, et même bien au contraire, une hargne pour le moins très méprisante !

C’est oublier un peu vite que l’univers des GJ est aussi pour le moins assez trouble et ouvert à diverses dérives qui ne sont pas si loin de celles des « Gilets Noirs » de Hong Kong, même si l’environnement politique français porte nettement moins d’enjeux politiques géostratégiques.

Le 11 Janvier 2019 se tenait au COSEC de Mably, près de Roanne, une Assemblée Générale des ronds points de la région… Convoquée initialement au motif de créer une association type loi 1901, qui aurait pu être l’émanation démocratique de l’organisation formée « spontanément » sur les ronds-points… Plus de 400 GJ s’étaient donc retrouvés à cette occasion pour constater assez vite le malentendu et l’état de division réel de leur mouvement local, qu’ils découvrent, en fait, à cette occasion : en réalité cette initiative ne reflétait aucunement le souhait de la majorité d’entre eux, qui n’en percevaient pas même la nécessité éventuelle.

On pourrait donc en conclure que cette très nette majorité « spontanéiste » s’opposait ainsi sur une base « anti-autoritaire » à une initiative plus ou moins « bureaucratique » et droitiste, et donc « penchait » en quelque sorte « spontanément » vers des aspirations « libertaires », et donc à priori plutôt « de gauche »…

Quelques semaines plus tard, l’association fut néanmoins effectivement crée, à l’initiative de la minorité réduite qui s’était prononcée dans ce sens à l’AG. L’un de ses principaux initiateurs, Daniel Fabre, donna par la suite, à la veille d’une des dernières manifestation dites « régionales », une interview au journal « le Progrès » qui nous permet éventuellement de situer un peu le personnage… Bien difficile, cependant, effectivement, de classer ce GJ à « droite » ou à « gauche » :« Ce qui m’a réveillé, c’est le 11 septembre 2001. Je me suis éloigné du discours officiel. Et j’ai trouvé de vraies informations sur ce qui s’est passé ce jour-là sur des sites alternatifs» … « Notre système social, économique et nos services publics sont broyés par la Macronie et la politique par les différents gouvernements depuis 45 ans et le départ du général de Gaulle.»  « Mai-68 a été créé par la CIA pour virer de Gaulle ». Le reste de son propos n’en est pas moins émaillé de réelles préoccupations sociales et humaines…

https://www.leprogres.fr/loire-42/2019/04/13/manifestation-des-gilets-jaunes-a-roanne-on-veut-faire-tomber-le-systeme-et-instaurer-la-premiere-democratie

Pendant quelques mois, et notamment jusqu’à cette manif « régionale » du 13 Avril, cette association, « les citoyens libres du Grand Roanne », malgré son caractère nettement minoritaire, s’était donc retrouvée à l’origine « officielle » de toutes les manifs hebdomadaires locales déclarées en préfecture, à l’occasion de chaque « acte ». Manifestations remarquablement pacifiques et très peu encadrées par la police, du reste.

…Jusqu’à ce 13 Avril, donc, où l’initiative semble donc lui échapper, en dépit de l’interview de Daniel Fabre sur « le Progrès »… Journal qui, en effet, relate le jour même :

(Extraits )

 14 h 15 – Plus de 500 manifestants s’élancent dans les rues de Roanne où le dispositif de sécurité est renforcé. L’Escouade de Roanne est en tête de cortège.»

_ « 15 h 10 – Des membres de l’Escouade Roanne, cagoulés et gantés, escortent le cortège. Un groupe d’une douzaine d’identitaires ouvre la manifestation, cagoulés pour la plupart et armés de pierre.

Premiers incidents boulevard de Belgique. Un homme a détruit un abribus à coups de pierre. Un enfant passait derrière et a évité le projectile à quelques centimètres près. Mais les éclats de verre lui ont ouvert le visage à plusieurs endroits. Les Street medics prennent en charge l’enfant, tandis qu’une bagarre a  éclaté entre membres du groupe pour mettre le fautif à l’écart. »

_  « 16 heures – Le service d’ordre de l’Escouade Roanne empêche les feux de poubelle allumés par quelques jeunes Gilets jaunes. Ils sont remerciés au porte-voix par la voiture balai de la police. Le cortège est maintenant avenue de Paris. »

« Selon certains organisateurs, le nombre de Gilets jaunes présents seraient au-dessus de 1000. La tête de cortège continue de provoquer la police à chaque intersection, leur lançant parfois des cailloux et les obligeant à reculer.

L’enfant blessé au visage par des éclats de verre après la casse d’un abribus aurait été transporté à l’hôpital. »

_ « 16 h 10 – Les premiers jets de gaz lacrymogènes place Georges-Clemenceau, une poignée de Gilets jaunes a tenté de provoquer les forces de l’ordre afin d’accéder au centre-ville. L’Escouade de Roanne assure la sécurité et essaye de faire redescendre la tension entre les manifestants et les forces de l’ordre.

Certains passants se sont réfugiés dans les magasins. »

Après diverses accalmies et périodes de tension, la manif se termine ainsi vers 18 heures :

_ « 18 heures – Les forces de l’ordre ont dispersé les derniers casseurs qui leur tenaient tête. Ils remballent leurs équipements. L’Acte XXII est terminé à Roanne. »

https://www.leprogres.fr/loire-42/2019/04/13/suivez-en-direct-l-acte-xxii-des-gilets-jaunes-a-roanne-loire

Mais d’où sort donc cette « Escouade Roanne » dont le leader Félix Altobelli est interviewé en direct sur « leProgrès » pendant la manif ?

Une organisation qui nous est nettement présentée par ce média comme responsable du service d’ordre, au point même d’être « remerciée au porte-voix par la voiture balai de la police »…

Mais qui n’en cohabite pas moins, en tête de cortège, avec quelques étranges « énervés », selon le mot même d’Altobelli :

« Des membres de l’Escouade Roanne, cagoulés et gantés, escortent le cortège. Un groupe d’une douzaine d’identitaires ouvre la manifestation, cagoulés pour la plupart et armés de pierre. »

« Il faut de tout… Des « énervés » il en faut aussi » tente -t-il d’expliquer dans son interview…

Quels liens étranges justifient-ils cette « proximité » pour le moins troublante… ?

Même en cherchant bien, de cette « Escouade Roanne » on ne trouve nulle trace « officielle » comme organisation déclarée ou association d’aucune sorte…

…Ce qui ne signifie pas absence de toute trace pour autant… Un mois plus tôt, le 10 Mars, « le Progrès » relatait ainsi une autre « manif régionale » au Puy en Velay :

« Ils n’étaient pas venus pour comparer les vaches dans les prés du Velay à celles du Roannais.

En tête du cortège hier, une vingtaine d’individus de l’Escouade Roanne, dont certains ont été aperçus entre Brives-Charensac et Le Puy-en-Velay à midi, ont été les premiers à provoquer les forces de l’ordre, visages masqués. D’abord durant le cortège depuis Aiguilhe, ensuite vers 16 heures lorsque les Gilets jaunes ont formé une chaîne humaine devant la préfecture.

Issus de la mouvance ultra-droite, ils feraient partie du Bloc identitaire et du Bastion social. Ils ont été accueillis comme il se doit par les CRS et n’ont pas réussi à mobiliser la foule outre mesure. Seule une centaine de personnes (toute mouvance et tout horizon confondus) se sont opposées aux forces de l’ordre par diverses actions (jets de projectiles, face-à-face, sitting sur le bitume, etc.).

Vers 18 heures, l’Escouade a commencé à jouer au chat et à la souris en vieille ville avec les policiers. Sans grand succès. »

Avec photo à l’appui… :

https://cdn-s-www.leprogres.fr/images/FDA10296-9B05-40CC-9FFF-B6D504827CF4/LPR_v1_02/l-escouade-roanne-a-voulu-affronter-la-police-photo-le-progres-frederic-chambert-1552223617.jpg

https://www.leprogres.fr/encadres/2019/03/10/l-escouade-roanne-des-visages-masques-en-tete

« Une vingtaine d’individus »… Une info tout ce qu’il y a de « calibrée » et même de très officielle, émanant, en fait, directement de la préfecture :

« Au moment de dresser le bilan de la manifestation, la préfecture de Haute-Loire fait savoir, à 19h, que « seuls quelques dizaines de manifestants poursuivent des actions sporadiques dans la vieille ville ». Voici l’intégralité du bilan de la préfecture.

« Avant la manifestation, dans la matinée, des individus ont été contrôlés par les forces de l’ordre, et des objets dangereux et des armes par destination ont été saisis.

Le cortège s’est rassemblé au rond-point d’Aiguilhe en début d’après-midi, avant de déambuler boulevard Carnot, en direction de Vals-près-le-Puy. Des individus au visage dissimulé sont alors repérés, en particulier une vingtaine d’individus issus d‘une mouvance d’ultra-droite « Escouade » s’opposent aux forces de l’ordre.

A 16h00, le cortège arrive place du Breuil. La tension entre les individus cagoulés et les forces de l’ordre commence à monter. Des sommations de dispersion sont faites, puis des tirs de grenades lacrymogènes sont effectués afin de disperser les groupes de casseurs. La plupart des manifestants ont appelé à la fin de la manifestation.

Deux individus ont été interpellés, un pour outrage à agent, le second pour outrage et violence avec arme envers personnes dépositaires de l’autorité publique. Un autre individu a été arrêté pour ivresse publique et manifeste. Une policière de la CRS a également été blessée au genou par un jet de pavé.

Les casseurs se sont dirigés vers la vieille ville, allumant des feux de poubelles et jetant des projectiles en direction des forces de l’ordre.

Les investigations vont se poursuivre sur la base des nombreux éléments recueillis ce jour (photos, vidéos, témoignages, etc.), et devraient aboutir à l’identification prochaine d’autres casseurs.

A cette heure, seuls quelques dizaines de manifestants poursuivent des actions sporadiques dans la vieille ville. »

– Cette information émane d’un communiqué de presse de la préfecture de Haute-Loire – »

http://www.zoomdici.fr/actualite/Gilets-jaunes-des-actions-sporadiques-en-vieille-ville–id169831.html

Mais le journal roannais typique, « Le Pays », a cherché à en savoir plus :

« Gilets jaunes

La structure, très mobile, participe aux grands rassemblements régionaux »

« L’Escouade Roanne a été identifiée, samedi dernier, comme faisant partie de la mouvance ultra-droite. Les principaux intéressés contestent fermement.

Samedi 9 mars, une vingtaine de Roannais se sont rendus au rassemblement régional de Gilets jaunes au Puy-en-Velay (Haute-Loire) pour l’Acte 17 du mouvement.

En tête de cortège, habillé de noir, écusson tricolore sur le torse ou l’épaule, « Escouade », brodé sur le vêtement, le groupe a fait parler de lui peu après 16 heures. Alors que le cortège formait une chaîne humaine autour de la préfecture, les Roannais et d’autres manifestants se sont mesurés aux forces de l’ordre, édifiant une barricade et lançant des projectiles.

Électrons libres

Plus tard dans le week-end, la préfecture de Haute-Loire a désigné le groupe de Roannais comme appartenant à la mouvance de l’ultra-droite, dans un communiqué relayé par les médias locaux. Une appartenance que le leader du mouvement conteste. « C’est totalement faux. Nous avons des blacks, un Algérien et un Antillais dans le groupe. Nous ne sommes ni extrémistes ni anarchistes », se défend Félix Altobelli, l’un de ces activistes, qui s’inquiète des possibles conséquences d’un tel « discrédit ». « Les antifas ont fait savoir qu’ils nous attendraient aux prochains rassemblements. Des membres de l’Escouade m’appellent, certains veulent quitter le groupe. C’est l’incompréhension. »

Composée d’une trentaine de Gilets jaunes (des hommes pour la plupart), l’Escouade Roanne est affiliée au collectif du 17 novembre roannais pour lequel elle effectuait le service d’ordre chaque samedi.

Elle est devenue par la suite un électron libre participant aux rassemblements en région (Bourg-en-Bresse, Valence, Lyon, Clermont, Le Puy). Elle organise aussi quelques actions coup de poing sur certains blocages, parfois loin de Roanne. Se déplace le plus souvent en covoiturage.

« Nous avons créé cette entité pour éviter au collectif d’éventuelles poursuites judiciaires suite à des débordements que nous pourrions commettre », explique Félix Altobelli. Selon lui, la structure pourrait faire des émules à travers la région. « L’Escouade Roanne est amenée à se développer. Des gars de Grenoble et Chambéry sont intéressés », explique le Roannais. Samedi, un car est affrété spécialement pour Paris où une cinquantaine de membres de l’Escouade ou sympathisants participeront à l’acte 18. »

https://image1.le-pays.fr/photoSRC/VVNUJ1paUTgIBhVOCRAHHQ4zRSkXaldfVR5dW1sXVA49/4248011.jpeg

https://www.le-pays.fr/roanne-42300/actualites/la-structure-tres-mobile-participe-aux-grands-rassemblements-regionaux_13516321/

Effectivement, pour l’acte 18 l’ « Escouade Roanne » s’est retrouvée en force, ce jour là, ce que révèle également « Le Pays » :

« Dès la mi-journée, Félix Altobelli, contacté par nos soins, détaillait le chaos régnant à Paris. Avec 57 autres Roannais, le jeune homme avait affrété un bus pour rejoindre la capitale où ils arrivaient à 8 h 45, après avoir subi sans encombre un contrôle juste après leur départ, à Saint-Martin-d’Estreaux. « Après trente minutes de contrôle, les gendarmes n’ont rien saisi : pas d’alcool, pas de drogue, pas de pétard, pas de cagoule, pas de masque, pas de gant. On avait joué le jeu.

Certains de leurs camarades s’étant rendus sur place par leurs propres moyens, c’est au total environ 80 Roannais qui rejoignaient « un premier cortège d’environ 3.000 personnes, puis un autre et encore un autre » jusqu’à leur arrivée sur les Champs-Élysées. C’est là que débute ce que le leader d’Escouade Roanne 42 nomme « un déchaînement, non pas de violence mais de brutalité » : « Ils avaient eu la bonne idée de clôturer les devantures de magasins avec des barrières en ferraille : ça a servi de barricades. Du bas au haut des Champs-Elysées, il n’y a pas un magasin qui n’a pas été pillé, détruit. C’était vraiment différent. On voyait des gens déterminés qui étaient prêts à en découdre. J’ai jamais vu quelque chose comme ça. »

« L’incendie de la banque, j’en ai été témoin. J’en suis extrêmement choqué. Qu’ils brûlent des vitrines, je m’en fous. Mais là, ça m’a vraiment affecté. Il y avait des appartements au-dessus et aussi une dame avec son bébé. »

S’il reconnaît avoir eu peur, comme certains de ses camarades, au moment de l’incendie de la banque, Félix Altobelli ne peut s’empêcher néanmoins de mettre en cause les méthodes employées pour tenter de maintenir l’ordre. « Ça s’est passé comme ça parce que les gens en ont eu marre. La police ne voulait pas nous laisser sortir. Sur un petit carrefour, on devait être 1.000-1.500 personnes. Ça tirait au lanceur de balles de défense (LBD), ça gazait… La seule solution, c’était de foutre le feu. »

Pour expliquer cette situation « incomparable à tout ce qui a pu se passer jusqu’à présent dans les manifestations », le Roannais évoque l’ultimatum qui avait été fixé. « Les leaders du mouvement ont compris que c’était fini de jouer. Ils n’ont pas appelé à la violence, mais ils ont dit que l’État allait subir les 17 semaines de foutage de gueule. On est tous d’accord là-dessus. »

A propos de la « future » manif régionale du 13 Avril, « Le Pays » interroge également Altobelli :

« Roanne sur le devant de la scène ? Félix Altobelli s’en réjouit : « A Paris, on a rencontrés tous les leaders : Éric Drouet, qui nous a reconnus, Priscilla Ludosky et Maxime Nicolle, qui est venu nous voir ; il m’a pris dans les bras, nous a félicités. » Car le Roannais a fait parler de lui récemment dans la presse locale après qu’un communiqué de la préfecture de Haute-Loire a désigné Escouade Roanne 42 comme appartenant à la mouvance d’extrême droite. Une appartenance que conteste les membres du groupuscule qui s’étaient fait remarquer dans le défilé au Puy-en-Velay. »

Ce que l’on a effectivement vu précédemment…

Cet Altobelli, donc, un GJ, un vrai de vrai, estampillé Drouet, Ludosky, Nicolle, et du reste, le voici sur une touchante photo de groupe qu’il a pris la peine d’envoyer lui-même au journal, qui a bien voulu la republier avec cette légende :

« Environ 80 Roannais ont pris part à l’Acte 18 à Paris où certains, dont Félix Altobelli (accroupi, à gauche), ont rencontré l’un des leaders nationaux, Maxime Nicolle (accroupi, avec le casque). Photo fournie par Félix Altobelli »

https://image1.le-pays.fr/photoSRC/WlJTJ1xYUTgIDAVOKzc8Ik5iH3UMBQgfa15JWhcaSA4rFEgrEEgiLAlEShZNFxIUEkQE/gilets-jaunes-escouade-roanne-a-paris_4253471.jpeg

https://www.le-pays.fr/paris-75000/actualites/environ-80-roannais-presents-on-voyait-des-gens-determines-prets-a-en-decoudre_13519288/

En quelques semaines, donc, le GJ rebelle en virée au Puy et quenelleur sur les Champs-Élysées est devenu l’auxiliaire zélé de la police roannaise et de la presse locale et régionale…

Police et presse qui n’hésitent donc pas à encenser les « services » d’une quasi-milice informelle et opérant néanmoins pratiquement en uniformes bleus sombres brodés en lettres jaunes du titre « Escouade » et de logos tricolores « légitimant » en quelque sorte ce sigle… !

La veille du 13 Avril Altobelli s’expliquait déjà sur « Le Pays » :

« C’est à notre tour d’accueillir ici », replace Felix Altobelli, l’un des organisateurs, membre d’Escouade Roanne. Il a déposé une demande d’autorisation en sous-préfecture et a reçu ce début de semaine un récépissé des services de l’État prenant acte de l’événement. »

Soufflant ainsi ses « responsabilités » à l’Association…

Ce qui, en soi, contenait une certaine logique, du fait qu’en réalité « l’Escouade Roanne » était nettement plus représentative, sur le terain, de la majorité « spontanéiste » des GJ roannais que l’Association, ainsi que lors de l’AG du 11 Janvier au COSEC de Mably, même si elle ne pouvait évidemment encore apparaître comme telle, et on comprend aisément pourquoi !

Et encore la veille du 13 Avril, son leader se montrait-il très optimiste, de l’avis même du journal :

« Des Gilets jaunes de Chambéry, Clermont, Saint-Étienne ou encore Lyon sont attendus par les organisateurs, qui espèrent attirer 4.500 à 5.000 personnes. Un objectif néanmoins très ambitieux au regard des derniers rassemblements régionaux. « En dessous de 2.000, ce sera un échec total. Ce serait une grosse remise en question du mouvement à Roanne », estime Felix Altobelli. »

Et encore… :

« Il n’y a pas de raison que ça se passe mal. En aucun cas, on appelle à la violence, souligne Félix Altobelli. L’Escouade Roanne est reconnue et on a fait savoir que les éléments perturbateurs n’étaient pas les bienvenus. » L’organisation mobilisera de son côté une quarantaine de personnes pour l’encadrement. L’Escouade programme notamment une réunion, vendredi à 20 heures, place des Mariniers, invitant les Roannais « à se responsabiliser et à participer. Attention, il ne s’agira pas de faire la police. S’il y a quelques excités encagoulés, les forces de l’ordre seront là », souligne l’organisateur »

https://www.le-pays.fr/roanne-42300/actualites/rassemblement-regional-le-grand-flou_13537612/

Mais comme on l’a vu, contrôler tout ce petit monde d’« énervés » pour en faire des auxiliaires zélés des forces de l’ordre n’a pas été simple pour le GJ de choc Félix Altobelli et ses amis…

Et cela bien que la foule espérée ne soit finalement pas venue au rendez-vous… :

« Le leader de l’Escouade Roanne, Felix Altobelli, à l’origine de ce rendez-vous l’avait dit : « En dessous de 2.000, ce sera un échec ». Avec 660 manifestants selon la sous-préfecture et près d’un millier selon les organisateurs, le Rassemblement régional qui s’est tenu ce samedi 13 avril à Roanne, pour l’acte 22 du mouvement des Gilets jaunes, serait donc un échec ? »

https://www.le-pays.fr/roanne-42300/actualites/moins-d-un-millier-de-manifestants-a-roanne_13540219/

Toujours « revendicatif », malgré tout, le GJ Félix Altobelli, interrogé au sujet des « fuites » du « plan Macron », quelques jours plus tard…:

«Avez-vous noté quelque chose de positif parmi les propositions dévoilées ?

«La réindexation des retraites de moins de 2000 euros est quelque chose de très bien. Quand je vois des travailleurs qui gagnent 1 200 euros par mois au SMIC, réindexer les retraites en dessous de 2000 euros, c’est peut-être taper un peu trop haut. Une réindexation pour des retraites inférieures à 1 500 euros m’aurait paru plus logique.»

https://www.leprogres.fr/loire-42/2019/04/20/fuites-du-plan-macron-ce-qu-en-pensent-les-politiques

Toujours revendicatif, donc …dans certaines limites!

Le fait est que ce « tournant » du 13 Avril à Roanne fut pratiquement un des éléments du déclin irréversible d’un mouvement commencé pourtant sur des bases relativement unitaires six mois plus tôt…

Des bases restées floues, sinon carrément ambiguës, néanmoins, et qui au lieu de se clarifier sont devenues indiscernables pour le plus grand nombre, y compris ceux qui s’étaient mobilisés le 17 Novembre, avec un regain d’espoir.

Pierre GRINDSABLE

La Laïcité selon Lénine… toujours d’actu !!

 

 

 

Encore un texte lumineux de Lénine ,

qui semble avoir été spécialement écrit

pour nous aider à avancer sur la voie du Socialisme,

par la construction d’un Front unique,

Laïc, antifasciste, anticapitaliste, 

(Et donc, à la base, anti-impérialiste, en ce qui

nous concerne aujourd’hui  !!)

 

 

Lénine

 

 De l’attitude du parti ouvrier

à l’égard de la religion

 13 Mai 1909

 

  Le discours que le député Sourkov a prononcé à la Douma d’Etat lors de la discussion du budget du synode, et les débats exposés ci après, qui se sont institués au sein de notre fraction parlementaire autour du projet de ce discours, ont soulevé une question d’une importance extrême et on ne peut plus actuelle. Il est hors de doute que l’intérêt pour tout ce qui touche à la religion s’est, aujourd’hui, emparé de larges sections de la « société » et a pénétré dans les milieux intellectuels proches du mouvement ouvrier, ainsi que dans certains milieux ouvriers. La social démocratie [Essentiellement communiste, marxiste révolutionnaire, à l’époque! Note TML] se doit absolument d’intervenir pour faire connaître son point de vue en matière de religion.


La social démocratie fait reposer toute sa conception sur le socialisme scientifique, c’est à dire sur le marxisme. La base philosophique du marxisme, ainsi que l’ont proclamé maintes fois Marx et Engels, est le matérialisme dialectique qui a pleinement fait siennes les traditions historiques du matérialisme du XVIII° siècle en France et de Feuerbach (première moitié du XIX° siècle) en Allemagne, matérialisme incontestablement athée, résolument hostile à toute religion. Rappelons que tout l’ Anti Dühring d’Engels, dont le manuscrit a été lu par Marx, accuse le matérialiste et athée Dühring de manquer de fermeté idéologique dans son matérialisme, de ménager des biais à la religion et à la philosophie religieuse. Rappelons que dans son ouvrage sur Ludwig Feuerbach, Engels lui reproche d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire, mais dans celui de la replâtrer, d’inventer une religion nouvelle, « élevée », etc. « La religion est l’opium du peuple [1] . » Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

 

Et, cependant, Engels a condamné maintes fois les tentatives de ceux qui, désireux de se montrer « plus à gauche » ou « plus révolutionnaires » que les social démocrates, voulaient introduire dans le programme du parti ouvrier la franche reconnaissance de l’athéisme en lui donnant le sens d’une déclaration de guerre à la religion. En 1874, parlant du fameux manifeste des réfugiés de la Commune, des blanquistes émigrés à Londres, Engels traite de sottise leur tapageuse déclaration de guerre à la religion ; il affirme qu’une telle déclaration de guerre est le meilleur moyen d’aviver l’intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement effectif. Engels impute aux blanquistes de ne pas comprendre que seule la lutte de classe des masses ouvrières, amenant les plus larges couches du prolétariat à pratiquer à fond l’action sociale, consciente et révolutionnaire, peut libérer en fait les masses opprimées du joug de la religion, et que proclamer la guerre à la religion, tâche politique du parti ouvrier, n’est qu’une phrase anarchique [2] . En 1877, dans l’Anti Dühring, s’attaquant violemment aux moindres concessions de Dühring philosophe à l’idéalisme et à la religion, Engels condamne avec non moins de force l’idée pseudo révolutionnaire de Dühring relative à l’interdiction de la religion dans la société socialiste. Déclarer une telle guerre à la religion, c’est, dit Engels, «être plus Bismarck que Bismarck lui même », c’est à dire reprendre la sottise de la lutte bismarckienne contre les cléricaux (la fameuse « lutte pour la culture », le Kulturkampf, c’est à dire la lutte que Bismarck mena après 1870 contre le Parti catholique allemand du Zentrum, au moyen de persécutions policières dirigées contre le catholicisme). Par cette lutte, Bismarck n’a fait que raffermir le cléricalisme militant des catholiques ; il n’a fait que nuire à la cause de la véritable culture, en mettant au premier plan les divisions religieuses, au lieu des divisions politiques, il a fait dévier l’attention de certaines couches de la classe ouvrière et de la démocratie, des tâches essentielles que comporte la lutte de classes et révolutionnaire, vers l’anticléricalisme le plus superficiel et le plus bourgeoisement mensonger. En accusant Dühring, qui désirait se montrer ultra révolutionnaire, de vouloir reprendre sous une autre forme cette même bêtise de Bismarck, Engels exigeait que le parti ouvrier travaillât patiemment à l’œuvre d’organisation et d’éducation du prolétariat, qui aboutit au dépérissement de la religion, au lieu de se jeter dans les aventures d’une guerre politique contre la religion [3] . Ce point de vue est entré dans la chair et dans le sang de la social démocratie allemande, qui s’est prononcé, par exemple, en faveur de la liberté pour les jésuites, pour leur admission en Allemagne, pour l’abolition de toutes mesures de lutte policière contre telle ou telle religion. « Proclamer la religion une affaire privée. » Ce point célèbre du programme d’Erfurt (1891) a consacré cette tactique politique de la social démocratie.

 


Cette tactique est devenue désormais routinière ; elle a engendré une nouvelle déformation du marxisme en sens inverse, dans le sens de l’opportunisme. On s’est mis à interpréter les principes du programme d’Erfurt en ce sens que nous, social démocrates, que notre parti considère la religion comme une affaire privée, que pour nous, social-démocrates, pour nous en tant que parti, la religion est une affaire privée. Sans engager une polémique ouverte contre ce point de vue opportuniste, Engels a jugé nécessaire, après 1890, de s’élever résolument contre lui, non sous forme de polémique, mais sous une forme positive. En effet, Engels, l’a fait sous la forme d’une déclaration qu’il a soulignée à dessein, disant que la social démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier.

 


Tel est le côté extérieur de l’histoire des déclarations de Marx et d’Engels en matière de religion. Pour ceux qui traitent le marxisme par dessous la jambe, pour ceux qui ne savent ou ne veulent pas réfléchir, cette histoire est un nœud d’absurdes contradictions et d’hésitations du marxis­me : une sorte de macédoine, si vous voulez savoir, d’athéisme « conséquent » et de « complaisances » pour la religion, une sorte de flottement « sans principes » entre la guerre r r révolutionnaire contre Dieu et le désir peureux de « se mettre à la portée » des ouvriers croyants, la crainte de les heurter, etc. Dans la littérature des phraseurs anar­chistes, on peut trouver nombre de réquisitoires de ce genre contre le marxisme.

 


Mais quiconque est un tant soit peu capable d’envisager le marxisme de façon sérieuse, de méditer ses principes philosophiques et l’expérience de la social démocratie internationale, verra aisément que la tactique du marxisme à l’égard de la religion est profondément conséquente et mûrement réfléchie par Marx et Engels ; que ce que les dilettantes ou les ignorants prennent pour des flottements n’est que la résultante directe et inéluctable du matérialisme dialectique. Ce serait une grosse erreur de croire que la « modération » apparente du marxisme à l’égard de la religion s’explique par des considérations dites « tactiques », comme le désir de « ne pas heurter », etc. Au contraire, la ligne politique du marxisme, dans cette question également, est indissolublement liée à ses principes philosophiques.

 


Le marxisme est un matérialisme. A ce titre il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIII° siècle ou le matérialisme de Feuerbach. Voilà qui est indéniable. Mais le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels va plus loin que les encyclopédistes et Feuerbach en ce qu’il applique la philosophie matérialiste au domaine de l’histoire, au domaine des sciences sociales. Nous devons combattre la religion ; c’est l’a b c de tout le matérialisme et, partant, du marxisme. Mais le marxisme n’est pas un matérialisme qui s’en tient à l’a b c. Le marxisme va plus loin. Il dit : il faut savoir lutter contre la religion ; or, pour cela, il faut expliquer d’une façon matérialiste la source de la foi et de la religion des masses. On ne doit pas confiner la lutte contre la religion dans une prédication idéologique abstraite ; on ne doit pas l’y réduire ; il faut lier cette lutte à la pratique concrète du mouvement de classe visant à faire disparaître les racines sociales de la religion. Pourquoi la religion se maintient elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans ? Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise d’une action de la culture par elle-même. Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc., c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. « La peur a créé les dieux. » La peur devant la force aveugle du capital, aveugle parce que ne pouvant être prévue des masses populaires, qui, à chaque instant de la vie du prolétaire et du petit patron, menace de lui apporter et lui apporte la ruine « subite », « inattendue », « accidentelle », qui cause sa perte, qui en fait un mendiant, un déclassé, une prostituée, le réduit à mourir de faim, voilà les racines de la religion moderne que le matérialiste doit avoir en vue, avant tout et par dessus tout, s’il ne veut pas demeurer un matérialiste primaire. Aucun livre de vulgarisation n’expurgera la religion des masses abruties par le bagne capitaliste, assujetties aux forces destructrices aveugles du capitalisme, aussi longtemps que ces masses n’auront pas appris à lutter de façon cohérente, organisée, systématique et consciente contre ces racines de la religion, contre le règne du capital sous toutes ses formes.

 


Est ce à dire que le livre de vulgarisation contre la religion soit nuisible ou inutile ? Non. La conclusion qui s’impose est tout autre. C’est que la propagande athée de la social­-démocratie doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs.

 


Un homme qui n’a pas médité sur les fondements du matérialisme dialectique, c’est à dire de la philosophie de Marx et d’Engels, peut ne pas comprendre (ou du moins peut ne pas comprendre du premier coup) cette thèse. Comment cela ? Subordonner la propagande idéologique, la diffusion de certaines idées, la lutte contre un ennemi de la culture et du progrès qui sévit depuis des millénaires (à savoir la religion), à la lutte de classe, c’est à dire à la lutte pour des objectifs pratiques déterminés dans le domaine économique et politique ?

 


Cette objection est du nombre de celles que l’on fait couramment au marxisme ; elles témoignent d’une incompréhension totale de la dialectique marxiste. La contradiction qui trouble ceux qui font ces objections n’est autre que la vivante contradiction de la réalité vivante, c’est à dire une contradiction dialectique non verbale, ni inventée. Séparer par une barrière absolue, infranchissable, la propagande théorique de l’athéisme, c’est à dire la destruction des croyances religieuses chez certaines couches du prolétariat d’avec le succès, la marche, les conditions de la lutte de classe de ces couches, c’est raisonner sur un mode qui n’est pas dialectique ; c’est faire une barrière absolue de ce qui est une barrière mobile, relative, c’est rompre violemment ce qui est indissolublement lié dans la réalité vivante. Prenons un exemple. Le prolétariat d’une région ou d’une branche d’industrie est formé, disons, d’une couche de social démocrates assez conscients qui sont, bien entendu, athées, et d’ouvriers assez arriérés ayant encore des attaches au sein de la paysannerie, croyant en Dieu, fréquentant l’église ou même soumis à l’influence directe du prêtre de l’endroit qui, admettons, a entrepris de fonder une association ouvrière chrétienne. Supposons encore que la lutte économique dans cette localité ait abouti à la grève. Un marxiste est forcément tenu de placer le succès du mouvement de grève au premier plan, de réagir résolument contre la division des ouvriers, dans cette lutte, entre athées et chrétiens, de combattre résolument cette division. Dans ces circonstances, la propagande athée peut s’avérer superflue et nuisible, non pas du point de vue banal de la crainte d’effaroucher les couches retardataires, de perdre un mandat aux élections, etc., mais du point de vue du progrès réel de la lutte de classe qui, dans les conditions de la société capitaliste moderne, amènera les ouvriers chrétiens à la social démocratie et à l’athéisme cent fois mieux qu’un sermon athée pur et simple. Dans un tel moment, et dans ces conditions, le prédicateur de l’athéisme ferait le jeu du pope, de tous les popes, qui ne désirent rien autant que remplacer la division des ouvriers en grévistes et non grévistes par la division en croyants et incroyants. L’anarchiste qui prêcherait la guerre contre Dieu à tout prix, aiderait en fait les popes et la bourgeoisie (comme du reste les anarchistes aident toujours, en fait, la bourgeoisie). Le marxiste doit être un matérialiste, c’est à dire un ennemi de la religion, mais un matérialiste dialectique, c’est à dire envisageant la lutte contre la religion, non pas de façon spéculative, non pas sur le terrain abstrait et purement théorique d’une propagande toujours identique à elle même mais de façon concrète, sur le terrain de la lutte, de classe réellement en cours, qui éduque les masses plus que tout et mieux que tout. Le marxiste doit savoir tenir compte de l’ensemble de la situation concrète ; il doit savoir toujours trouver le point d’équilibre entre l’anarchisme et l’opportunisme (cet équilibre est relatif, souple, variable, mais il existe), ne tomber ni dans le « révolutionnarisme » abstrait, verbal et pratiquement vide de l’anarchiste, ni dans le philistinisme et l’opportunisme du petit bourgeois ou de l’intellectuel libéral, qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s’accommode de la foi en Dieu, s’inspire non pas des intérêts de la lutte de classe, mais d’un mesquin et misérable petit calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d’une maxime sage entre toutes : « Vivre et laisser vivre les autres », etc.

 


C’est de ce point de vue qu’il faut résoudre toutes les questions particulières touchant l’attitude de la social démocratie envers la religion. Par exemple, on pose souvent la question de savoir si un prêtre peut être membre du parti social démocrate. A cette question, on répond d’ordinaire par l’affirmative, sans réserve aucune, en invoquant l’expérience des partis social démocrates européens. Mais cette expérience est née non seulement de l’application du marxisme au mouvement ouvrier, mais aussi des conditions historiques particulières de l’Occident, inexistantes en Russie (nous parlons plus bas de ces conditions), de sorte qu’ici une réponse absolument affirmative est fausse. On ne saurait une fois pour toutes, et quelles que soient les conditions, proclamer que les prêtres ne peuvent être membres du parti social­-démocrate, mais on ne saurait davantage une fois pour toutes, faire jouer l’inverse. Si un prêtre vient à nous pour militer à nos côtés et qu’il s’acquitte consciencieusement de sa tâche dans le parti sans s’élever contre le programme du parti, nous pouvons l’admettre dans les rangs de la social démocratie, car la contradiction de l’esprit et des principes de notre programme avec les convictions religieuses du prêtre, pourrait, dans ces conditions, demeurer sa contradiction à lui, le concernant personnellement ; quant à faire subir à ses membres un examen pour savoir s’il y a chez eux absence de contradiction entre leurs opinions et le programme du parti, une organisation politique ne peut s’y livrer. Mais il va de soi qu’un cas analogue ne pourrait être qu’une rare exception même en Europe ; en Russie, à plus forte raison, il est tout à fait improbable. Et si, par exemple, un prêtre entrait au parti social démocrate et engageait à l’intérieur de ce parti, comme action principale et presque exclusive, la propagande active de conceptions religieuses, le parti devrait nécessairement l’exclure de son sein. Nous devons non seulement admettre, mais travailler à attirer au parti social-démocrate tous les ouvriers qui conservent encore la foi en Dieu ; nous sommes absolument contre la moindre injure à leurs convictions religieuses, mais nous les attirons pour les éduquer dans l’esprit de notre programme, et non pour qu’ils combattent activement ce dernier. Nous autorisons à l’intérieur du parti la liberté d’opinion, mais seulement dans certaines limites, déterminées par la liberté de tendances : nous ne sommes pas tenus de marcher la main dans la main avec les propagateurs actifs de points de vue écartés par la majorité du parti.

 


Autre exemple : peut on condamner à titre égal et en tout état de cause, les membres du parti social démocrate, pour avoir déclaré : « Le socialisme est ma religion » et pour avoir diffusé des points de vue conformes à cette déclaration ? Non. L’écart à l’égard du marxisme (et, partant, du socialisme) est ici incontestable, mais la portée de cet écart, son importance relative peuvent différer suivant les conditions. Si l’agitateur ou l’homme qui intervient devant la masse ouvrière s’exprime ainsi pour être mieux compris, pour amorcer son exposé, pour souligner avec plus de réalité ses opinions dans les termes les plus accessibles pour la masse inculte, c’est une chose. Si un écrivain commence à prêcher la « construction de Dieu » ou le socialisme constructeur de Dieu (dans le sens, par exemple, de nos Lounatcharski et consorts) c’en est une autre. Autant la condamnation, dans le premier cas, pourrait être une chicane ou même une atteinte déplacée à la liberté d’agitation, à la liberté des méthodes « pédagogiques », autant, dans le second cas, la condamnation par le parti est indispensable et obligatoire. La thèse « le socialisme est une religion » est pour les uns une forme de transition de la religion au socialisme, pour les autres, du socialisme à la religion.

 


Passons maintenant aux conditions qui ont donné lieu, en Occident, à l’interprétation opportuniste de la thèse « la religion est une affaire privée ». Evidemment, il y a là l’influence de causes générales qui enfantent l’opportunisme en général, comme de sacrifier les intérêts fondamentaux du mouvement ouvrier à des avantages momentanés. Le parti du prolétariat exige que l’Etat proclame la religion affaire privée, sans pour cela le moins du monde considérer comme une « affaire privée » la lutte contre l’opium du peuple, la lutte contre les superstitions religieuses, etc. Les opportunistes déforment les choses de façon à faire croire que le parti social démocrate tenait la religion pour une affaire privée !

 


Mais outre la déformation opportuniste ordinaire (qui n’a, pas du tout été élucidée dans les débats suscités par notre groupe parlementaire autour de l’intervention sur la religion), il est des conditions historiques particulières qui ont provoqué actuellement l’indifférence, si l’on peut dire, excessive, des social démocrates européens envers la question de la religion. Ces conditions sont de deux ordres. En premier lieu, la lutte contre la religion est la tâche historique de la bourgeoisie révolutionnaire ; et, en Occident, la démocratie bourgeoise, à l’époque de ses révolutions ou de ses attaques contre le féodalisme et les pratiques moyenâgeuses, a pour une bonne part rempli (ou tente de remplir) cette tâche. En France comme en Allemagne il y a une tradition de guerre bourgeoise contre la religion, engagée bien avant le socialisme (encyclopédistes, Feuerbach). En Russie, conformément aux conditions de notre révolution démocratique bourgeoise, cette tâche échoit presque entièrement elle aussi à la classe ouvrière. A cet égard, la démocratie petite bourgeoise (populiste), chez nous, n’a pas fait beaucoup trop (comme le pensent les néo cadets Cent Noirs ou les Cent Noirs cadets des Vékhi [4] ), mais trop peu comparativement à l’Europe.

 


D’un autre côté, la tradition de la guerre bourgeoise contre la religion a créé en Europe une déformation spécifiquement bourgeoise de cette guerre par l’anarchisme, qui, comme les marxistes l’ont depuis longtemps et maintes fois expliqué, s’en tient à la conception bourgeoise du monde malgré toute la « rage » de ses attaques contre la bourgeoisie. Les anarchistes et les blanquistes des pays latins, Most (qui fut entre autres, l’élève de Dühring) et consorts en Allemagne, les anarchistes de 1880 et des années suivantes en Autriche, ont poussé jusqu’au nec plus ultra la phrase révolutionnaire dans la lutte contre la religion. Rien d’étonnant que maintenant les social démocrates européens prennent le contrepied des anarchistes. Cela se comprend et c’est légitime dans une certaine mesure ; mais nous autres, social démocrates russes, ne devons pas oublier les conditions historiques particulières de l’Occident.

 


En second lieu, en Occident, après la fin des révolutions bourgeoises nationales, après l’institution d’une liberté plus ou moins complète de conscience, la question de la lutte démocratique contre la religion a été, historiquement, refoulée au second plan par la lutte menée par la démocratie bourgeoise contre le socialisme, au point que les gouvernements bourgeois ont essayé à dessein de détourner du socialisme l’attention des masses en organisant une « croisade » pseudo libérale contre le cléricalisme. Le Kulturkampf en Allemagne et la lutte des républicains bourgeois contre le cléricalisme en France ont revêtu un caractère identique. L’anticléricalisme bourgeois, comme moyen de détourner l’attention des masses ouvrières du socialisme, voilà ce qui, en Occident, a précédé la diffusion, parmi les social démocrates, de leur actuelle « indifférence » envers la lutte contre la religion. Là encore cela se conçoit et c’est légitime, car à l’anticléricalisme bourgeois et bismarckien, les social démocrates devaient opposer précisément la subordination de la lutte contre la religion à la lutte pour le socialisme.

 


En Russie, les conditions sont tout autres. Le prolétariat est le chef de notre révolution démocratique bourgeoise. Son parti doit être le chef idéologique de la lutte contre toutes les pratiques moyenâgeuses, y compris la vieille religion officielle et toutes les tentatives de la rénover ou de lui donner une assise nouvelle, différente, etc. C’est pourquoi, si Engels corrigeait, en termes relativement doux, l’opportunisme des social démocrates allemands   qui substituaient à la revendication du parti ouvrier exigeant que l’Etat proclamât que la religion est une affaire privée, la proclamation de la religion comme affaire privée pour les social-démocrates eux mêmes et pour le parti social démocrate, on conçoit que la reprise de cette déformation allemande par les opportunistes russes aurait mérité une condamnation cent fois plus violente de la part d’Engels.

 


En proclamant du haut de la tribune parlementaire que la religion est l’opium du peuple, notre fraction a agi de façon parfaitement juste ; elle a créé de la sorte un précédent qui doit servir de base à toutes les interventions des social démocrates russes sur la question de la religion. Fallait il aller plus loin et développer plus à fond les conclusions athées ? Nous ne le croyons pas. Car cela menacerait de porter le parti politique du prolétariat à exagérer la lutte contre la religion ; cela conduirait à effacer la ligne de démarcation entre la lutte bourgeoise et la lutte socialiste contre la religion. La première tâche, dont la fraction social démocrate à la Douma Cent Noirs devait s’acquitter a été remplie avec honneur.

 


La deuxième, et à peu de chose près la plus importante pour la social démocratie, était d’expliquer le rôle social joué par l’Eglise et le clergé comme soutiens du gouvernement ultra réactionnaire et de la bourgeoisie dans sa lutte contre la classe ouvrière ; elle aussi a été accomplie avec honneur. Certes, il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, et les interventions ultérieures des social­-démocrates sauront trouver de quoi compléter le discours du camarade Sourkov ; mais il n’en reste pas moins que son discours a été excellent et sa diffusion par toutes les organisations qui le composent est du ressort direct de notre parti.

 


La troisième tâche consistait à expliquer de la façon la plus précise le sens exact de la thèse si souvent dénaturée par les opportunistes allemands : « proclamation de la religion affaire privée ». Cela, le camarade Sourkov ne l’a malheureusement pas fait. C’est d’autant plus regrettable que dans son activité précédente, la fraction avait déjà laissé passer l’erreur commise dans cette question par le camarade Bélooussov [5] , erreur qui a été relevée en son temps par le Prolétari . Les débats au sein du groupe montrent que la discussion sur l’athéisme a masqué à ses regards la nécessité d’exposer exactement la fameuse revendication qui veut que la religion soit proclamée affaire privée. Nous n’allons pas imputer cette erreur de toute la fraction au seul camarade Sourkov. Au contraire. Nous reconnaissons franchement que la faute est imputable à tout notre parti, qui n’avait pas suffisamment élucidé cette question, qui n’avait pas suffisamment fait pénétrer dans la conscience des social démocrates la portée de la remarque faite par Engels à l’adresse des opportunistes allemands. Les débats au sein de la fraction prouvent que c’était justement un manque de compréhension et non point l’absence du désir de tenir compte de la doctrine de Marx. Nous sommes sûrs que l’erreur sera redressée au cours des prochaines interventions du groupe.

 


Dans l’ensemble le discours du camarade Sourkov, nous insistons là dessus, est excellent et doit être répandu par toutes les organisations. La discussion de ce discours, au sein du groupe, a montré qu’il s’acquittait consciencieusement de son devoir social démocrate. Il reste à souhaiter que les comptes rendus des débats à l’intérieur de la fraction paraissent plus souvent dans la presse du parti pour rapprocher la fraction de ce dernier, pour montrer au parti le dur travail fait par la fraction dans son propre sein pour que l’unité idéologique s’établisse dans l’activité du parti et de son groupe parlementaire.

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Notes :


[1] K. Marx : « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel. » (Introduction).


[2] F. Engels : « Le programme des émigrés blanquistes de la Commune ».


[3] Voir F. Engels : Introduction à « La guerre civile en France ».


[4] « Vékhi » [Jalons], recueil édité par les cadets à Moscou à partir du printemps de 1909 ; il comprenait des articles de Berdiaev, Boulgakov, Strouvé, Herschensohn et autres représentants de la bourgeoisie libérale. Dans ces articles consacrés aux intellectuels russes, les auteurs tentaient de discréditer les traditions démocratiques révolutionnaires du mouvement de libération du peuple russe telles que les avaient fondées Biélinski, Tchernychevski, Dobrolioubov, Pissarev ; ils dénigraient le mouvement révolutionnaire de 1905 et remerciaient le gouvernement tsariste d’avoir sauvé la bourgeoisie « de la fureur du peuple grâce à ses baïonnettes et à ses prisons ». Lénine a donné une analyse critique, assortie d’un jugement politique, de ce recueil des cadets Cent Noirs, dans son article « A propos des Vékhi » (Œuvres, 4° éd. russe, t. 16, pp. 106-114).


[5] L’erreur du député Bélooussov consistait en ce que, lors de la discussion du budget du Synode à la séance de la III° Douma du 22 mars (4 avril) 1908 il avait déposé une proposition de passage au point suivant de l’ordre du jour, reconnaissant dans la religion « l’affaire privée de chaque personne privée ». L’insuffisance de cette formule avait été relevée dans l’éditorial du n° 28 du Prolétari du 2 (15) avril 1908.

 

Source:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm

 

Gilets Noirs, Gilets Jaunes, Hong Kong, France, contre le capital, un seul prolétariat!

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/19/gilets-noirs-gilets-jaunes-hong-kong-france-contre-le-capital-un-seul-proletariat/

 

 

 

SUR LE MÊME SUJET, INCLUANT LES DONNÉES ÉCONOMIQUES ET SOCIALES >>>

les principaux articles et débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/24/hong-kong-resistance-populaire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/21/la-gauche-francaise-satellisee-par-le-social-imperialisme-chinois/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/02/hong-kong-toujours-debout-une-rentree-de-resistance-populaire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/09/05/rentree-a-hong-kong-une-premiere-victoire-pour-les-gilets-noirs/

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https://image1.le-pays.fr/photoSRC/WlJTJ1xYUTgIDAVOKzc8Ik5iH3UMBQgfa15JWhcaSA4rFEgrEEgiLAlEShZNFxIUEkQE/gilets-jaunes-acte-22-roanne_4293777.jpeg

https://photos.lci.fr/images/613/344/manifestations-hong-kong-5-aout-illustration-8a4ac6-0@1x.jpeg

Gilets Noirs, Gilets Jaunes,

Hong Kong, France,

contre le capital,

un seul prolétariat!

 

 

 

Après avoir trainé dans la boue le mouvement des « Gilets Jaunes » français pour l’isoler et justifier la répression particulièrement brutale qui s’est abattue sur lui, les médias français encensent les « Gilets Noirs » de Hong Kong en leur donnant un label « pro-démocratie » qui va jusqu’à en justifier les débordements de violences pourtant tout à fait comparables à ceux de nos GJ, et jusqu’à « condamner la répression », également assez équivalente, qui leur répond, de la part des autorités hongkongaises, à la botte de Pékin et du PCC…

Cela se comprend dans le contexte de guerre commerciale enclenchée par les USA et secondée par tous les vassaux de l’Empire, dont la France de Macron.

Mais l’influence du PCC et du capitalisme chinois sur la gauche française est telle qu’une bonne partie se met désormais à l’unisson de Pékin et voit dans les manifs de masse à Hong Kong une manipulation quasiment « néo-colonialiste » qui instrumentaliserait une « petite bourgeoisie privilégiée » contre un pouvoir « national anti-impérialiste »… !

Qu’en est-il réellement ?

Il est évident que cette situation de troubles massifs à Hong Kong est un moyen de pression non-négligeable de l’impérialisme US contre son rival chinois, et que les médias français font chorus dans ce sens contre la Chine.

Il est clair également qu’un certain confusionnisme règne dans les revendications « démocratiques » des manifestants hongkongais et qu’il est effectivement très probablement instrumentalisé par des agents provocateurs au service des puissances occidentales.

Toutefois, dès ce point rendu apparent, la comparaison devient tout à fait pertinente avec le confusionnisme idéologique qui régnait chez les « Gilets Jaunes » français.

En effet, c’est essentiellement à travers des « revendications démocratiques », et notamment celle du RIC, que la frustration sociale des classes moyennes révoltées s’est également exprimée en France, et pourtant cela n’a nullement mis un frein réel aux manipulations du mouvement  par l’extrême-droite, même si les médias ont tenté de le réduire abusivement, et pour cause, à cette seule dimension.

Si les « revendications démocratiques » des manifestants hongkongais visent en partie à saper le pouvoir autocratique de Pékin sur Hong Kong, elles n’en on pas moins une base sociale dissimulée derrière cette « vitrine politique » qu’est la « démocratie », sans contenu de classe affirmé, et c’est précisément ce que les médias occidentaux tentent de dissimuler, pour en réduire la portée à ce qui intéresse le conflit inter-impérialiste entre Pékin et Washington, et leurs divers satellites.

Ce qui est consternant, mais logiquement inévitable dans le contexte actuel, c’est précisément qu’une bonne partie de la « gauche » française se trouve elle-même « satellisée », « idéologiquement », (et/ou par d’autres moyens plus concrets…), dans l’orbite de Pékin et ânonne un bréviaire pseudo- « anti-impérialiste » sur le sujet, en guise d’analyse, qu’elle semble, de toutes façons, bien incapable de faire, ayant depuis très longtemps jeté aux orties les clefs de la dialectique et du ML, conservant seulement quelques vagues « logos » qu’elle ressort en cas de nécessité ultime comme sigle supposé valider son argumentation défaillante.

Alors qu’en réalité la situation sociale des classes moyennes en déroute, en voie de prolétarisation, n’est pas à ce point différente entre la France et Hong Kong.

Bien évidemment l’histoire sociale et économique des deux pays est très différente, mais les tendances profondes de l’évolution actuelle du capitalisme s’y retrouvent, et même si sous des formes différentes, ont les mêmes conséquences sociales et poussent les classes moyennes en voie de paupérisation et de prolétarisation sur le chemin de la révolte, sinon sur celui d’une conscience de classe, chemin que l’idéologie dominante et ceux qui sont chargé de son formatage et de ses manipulations s’efforcent évidemment de leur barrer.

Désormais ils sont, en outre, secondés par les zélateurs du capitalisme et du social-impérialisme chinois !

Les facteurs de l’explosion sociale à Hong Kong étaient en fait parfaitement connus des analystes un tant soit peu sérieux, même si la plupart anticipaient que Carrie Lam, la nouvelle dirigeante à la botte de Pékin, serait néanmoins capable de désamorcer la bombe à temps, par quelques mesurettes sociales, notamment sur le plan de la question du logement, devenu plus que problématique avec la tournure prise par la crise et ses effets sur un Hong Kong revenu plus directement dans l’orbite du capitalisme chinois « continental » sous la férule des oligarques du PCC.

En réalité, avec cette intrusion de plus en plus massive du capital chinois « continental » les inégalités sociales ont non seulement explosé, et même littéralement, on le voit bien, à Hong Kong, mais elles ont même atteint un point de fracture pratiquement insoluble dans le système actuel. En 2017, pourtant, un analyste occidental trouvait encore le courage de citer une hongkongaise « de base », Lau Mei-tin, vendeuse de légumes sur un marché de la ville :

« Il faut travailler jusqu’à sa mort. Si on ne travaille pas pas toujours plus, on ne peut pas faire face au coût de la vie. La situation à Hong Kong est atroce », explique-t-elle.

D’après des données du gouvernement de la « région administrative spéciale », les inégalités de revenus dans le territoire sont à leur plus haut niveau depuis plus de quarante ans, fragilisant les populations les plus vulnérables et risquant d’attiser les tensions sociales.

Une étude de l’ONG Oxfam s’appuyant sur des données du département hongkongais des études statistiques montre que les revenus des 10% de foyers les plus riches sont 44 fois plus élevés que ceux des 10% de foyers les plus pauvres. Pour ceux-là, le revenu moyen est de 2.560 dollars hongkongais par mois, soit un peu moins de 290 euros. »

En termes de niveau de vie, tout est relatif, et l’implication croissante dans l’économie hongkongaise de l’oligarchie prétendue « rouge » du PCC n’a donc en rien amélioré la situation des classes sociales « inférieures » de la ville, qui, jusque là, pouvaient effectivement paraître comme « privilégiées » par rapport aux classes sociales inférieures du continent et même de la plupart des pays occidentaux, avec un revenu « moyen » apparemment « confortable »…

De 15 500 à 20 000 dollars de Hong Kong, selon les sources… Soit autour de 2000 euros, selon les cours, si l’on veut encore « affiner » cette moyenne…

Cela peut paraître élevé, mais si l’on se rapporte seulement au prix « moyen », en réalité exorbitant, du logement à Hong Kong, et au coût moyen de la vie en général, cela équivaut pratiquement à vivre avec le SMIC en France…

Un loyer « modeste » pour un célibataire se situe semble-t-il entre 1000 et 1500 euros/mois… A condition d’en trouver un, et l’on voit que des solutions telles que loger dans des portions de tuyaux sont sérieusement envisagées à Hong Kong, comme solution à ce problème !

https://i.f1g.fr/media/eidos/805x453_crop/2018/01/03/XVMd00a2ca6-efd3-11e7-850f-fd380f9f2723-805x453.jpg

Quant au SMIC hongkongais, il existe bel et bien, et même avec une hausse « spectaculaire » de 8% en janvier dernier, il reste à 37,5 HK$ de l’heure, soit 4,12 euro, au cours actuel ! Ce qui concerne encore 150 000 personnes, semble-t-il, soit une frange de travailleurs manifestement acculée à la misère la plus noire, dans les conditions actuelles. Et entre cette frange « extrême » et le « salaire moyen », qui permet à peine de survivre décemment à Hong Kong, il y a donc encore de nombreuses catégories sociales en grandes difficultés, notamment sur le plan du logement, et radicalement en voie de paupérisation relative, de toutes façons.

L’explosion sociale à Hong Kong a donc pris la forme d’un incendie, en réalité, et il n’est donc pas prêt de s’éteindre, même si les objectifs « démocratiques » à travers lesquels il s’exprime peuvent faire illusion concernant un éventuel « compromis » avec le pouvoir au service de la bourgeoisie financière « rouge » de Pékin !

Dans ces conditions on comprend également que la presse occidentale ne parle, pour l’essentiel, que des « revendications démocratiques » des travailleurs hongkongais, sans jamais réellement évoquer les problématiques sociales qui les sous-tendent…

Il est clair que la « loi d’extradition » a été simplement le détonateur de cette colère sociale et que, du fait qu’elle n’a pas été franchement et réellement abolie, l’illusion demeure que la défense de la démocratie formelle reste un combat essentiel pour les hongkongais, alors que la réalité impose et implique comme solution des transformations économiques et sociales radicales et radicalement incompatibles avec le capitalisme, qu’il soit chinois continental ou occidental.

Le même syndrome s’est produit, même si à un degré moindre, avec le mouvement GJ français qui s’est finalement focalisé sur des revendications de démocratie formelle, telle le RIC, en négligeant complètement les revendications sociales unificatrices les plus évidentes, sans même parler de transformations sociales et économiques radicales, anticapitalistes, en fait, qui auraient pu les rendre pérennes, dans un projet global d’alternative prolétarienne, et donc socialiste au sens véritable du mot !

On a vu, en étudiant les dérives chroniques du mouvement GJ roannais, révélées notamment lors de la manif « régionale » du 13 Avril, …

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/08/18/gilet-jaune-a-roanne-le-blues-dun-black-block-en-bleu-marine/

  …que les illusions « démocratiques » générées sur le thème du RIC avaient complètement annihilé la problématique sociale à l’origine du mouvement. Mais il faut également mentionner que ce même 13 avril (acte 22), le mouvement GJ lyonnais manifestait également « massivement » chez lui, à 1000 personnes à l’occasion de ce petit et provisoire « regain » de mobilisation, alors qu’il aurait donc du logiquement se porter, au moins en partie, sur la manif « régionale » de Roanne…

Cette défection explique en grande partie l’échec relatif de la manif roannaise, avec également un millier de manifestants, mais surtout, cela permet de rappeler que si la droite et l’extrême-droite avaient donc réussi à conserver leur hégémonie sur le mouvement roannais, le mouvement lyonnais, de son côté, avait réussi à expulser, et manu-militari, le plus souvent, la même droite « fasciste » de ses propres rangs anarchistes, gauchistes et écolos-gauchisants…

De sorte que si les deux mouvements s’étaient réellement retrouvés pour une manif « unitaire » sur Roanne, l’on eut surtout assisté à une quasi « guerre civile régionale » entre GJ, dans un contexte ou le mouvement était déjà globalement en train de finir de se couper des masses qui en avaient été le support essentiel le 17 Novembre et les jours suivants !

On voit bien là l’impasse et l’absurdité du comportement des pseudos- « révolutionnaires » issus de cette classe moyenne en déshérence et en déroute

L’un des problèmes actuels de la « gauche » française est que ce sont les mêmes qui, aujourd’hui, prétendent doctement donner des leçons d’ « anti-impérialisme » aux hongkongais en lutte de fait contre le capitalisme, même s’ils ont effectivement autant de mal que nos GJ à le comprendre !

L’avenir de cette lutte à Hong Kong reste évidemment des plus incertains. En deux décennies, la part de Hong Kong est passé de 18 à 3% du PIB chinois… A-t-il pour autant terminé son rôle économique et surtout, financier, dans la formation du capitalisme monopoliste chinois? Rien n’est moins certain, et il était encore en 2015 une pièce essentielle du tout nouveau dispositif financier « Shanghai-Hong Kong Stock Connect », une de ces « passerelles-écluses » caractéristiques du développement du capitalisme financier chinois, concoctées par la direction du PCC, une version très évoluée du premier dispositif simpliste des « Red Chips » inaugurés sous Mao, en 1972, et qui passaient déjà par Hong Kong!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

De plus la bourgeoisie financière « rouge », à commencer par les dirigeants du PCC eux-même, affectionne particulièrement Hong Kong pour des investissements « personnels » particulièrement importants, outre le fait que bon nombre des « sociétés d’Etat » de la Chine continentales y sont cotées en bourse, soit directement soit par leurs filiales.

Dans ces conditions on comprend bien que Pékin n’a aucun intérêt réel à « normaliser » la situation à Hong Kong comme il l’a fait à Tien An Men en 1989. Ce qui risquerait de « tuer la poule aux œufs d’or », alors qu’il lui en reste encore quelques uns à pondre avant d’être liquidée en tant que zone économique jouissant d’un statut spécial.

A plus long terme, néanmoins, cette liquidation est inéluctable et marquera la vrai rupture du cordon ombilical qui relie encore le capital US et son clone chinois voulu en son temps par le tandem Mao-Kissinger.

La « tertiarisation » extrême de la société hongkongaise, à 86,4% de la population active, n’empêche pas plus qu’en France la formation de nouvelles couches sociales prolétarisées par la marchandisation « industrielle » des services, ce qui a engendré également la crise dite des « Gilets Jaunes ».

En précipitant plus ou moins cette évolution, Trump et l’occident jouent avec le feu… Mais d’ici là les prolétaires chinois du continent et le « nouveau » prolétariat en voie de formation à Hong Kong pourraient aussi bien réaliser l’intérêt commun qu’ils ont à se débarrasser du capitalisme, tant occidental que chinois continental!

Luniterre

Nouveaux missiles russes : la Paix en Europe est-elle menacée ? Et par quoi et par qui?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/07/06/nouveaux-missiles-russes-la-paix-en-europe-est-elle-menacee-et-par-quoi-et-par-qui/

https://img.aws.la-croix.com/2019/04/02/1201012881/LC-OTAN-ETATS-MEMBRES-V2-290319_0_729_405.jpg

https://www.medias-presse.info/wp-content/uploads/2018/03/Bases-US-contre-Russie.jpg

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Nouveaux missiles russes :

la Paix en Europe

…est-elle menacée ?

Et par quoi et par qui?

La Russie a une nouvelle fois refusé de détruire ses nouveaux missiles déployés en Europe, ce que l’OTAN prétend être en violation d’un traité conclu en 1987, comme l’a répété vendredi le secrétaire général de l’Alliance Jens Stoltenberg, à l’issue d’une réunion du conseil Otan-Russie.

« Nous n’avons pas vu une quelconque indication de la volonté de la Russie de se mettre en conformité avec le Traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF) en détruisant ces missiles avant le 2 août… » Date à la quelle les États-Unis menacent de se retirer, au terme d’un préavis de six mois.

En réponse à cette menace, Vladimir Poutine a ratifié, mercredi 3 juillet, la suspension de la participation russe au traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire (FNI). Ce traité, signé en 1987, pendant la guerre froide, interdisait aux deux parties d’utiliser des missiles terrestres d’une portée de 500 à 5 000 km.

L’accord bilatéral conclu par Washington et Moscou en 1987 avait permis l’élimination des missiles balistiques et de croisière SS20 russes et Pershing américains déployés en Europe.

En février dernier, Washington a accusé Moscou de violer le traité et a pris la décision – qui deviendra effective le 2 août – de se retirer du traité FNI. La Russie avait déployé des nouveaux missiles Novator 9M729, en affirmant que leur portée n’était que de 480 km alors que l’OTAN et les Etats-Unis l’estiment à 1 500 km.

Jens Stoltenberg a reconnu que « les défenses actuelles ne sont pas en mesure d’abattre un missile de croisière tiré depuis la Russie ». Mais il a affirmé que « l’Europe n’a pas l’intention de déployer de nouveaux missiles armés de têtes nucléaires en Europe ».

L’Otan exige donc que la Russie détruise son nouveau système de missiles avant le 2 août, ultimatum fixé par l’OTAN pour renégociation selon ses nouvelles conditions ou liquidation du traité.

« Notre objectif est de sauver le traité. Il reste 4 semaines avant le 2 août », a-t-il insisté. « En 1987, la Russie a détruit des missiles de croisière en quelques semaines. Il suffit d’en avoir la volonté politique », a-t-il rappelé.

On se rappellera donc à ce propos que la signature de ce traité a précédé de peu la liquidation de l’URSS, en fin de compte, et donc par voie de conséquences la disparition quasi effective pour une décennie complète de la Russie sur la scène internationale en tant que nation souveraine apte à défendre ses droits.

Ce dont s’est souvenu l’écrivain et ancien diplomate, mais anticommuniste notoire, Fédorovski, à l’occasion du 25ème « anniversaire » de cet effondrement :

« N’oublions pas que ces oligarques ont agi avec la complicité des banques occidentales. Les sorties de capitaux étaient considérables: 120 milliards de dollars par an quittaient le pays chaque année dans un contexte où 50% de la population frôlait le seuil de pauvreté. La fin de l’URSS était un cadeau géopolitique immense pour l’Occident, mais au lieu d’associer la Russie au concert des nations européennes, elle a été marginalisée. Aujourd’hui, nous le payons.

_Nous payons donc des erreurs commises en 1991?

Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev.

Il faut préciser quelque peu la chronologie. J’étais aux réunions diplomatiques sous George Bush (père) et sous son secrétaire d’État James Baker, ils ne voulaient pas du concept de «cordon sanitaire» forgé par Zbigniew Brzeziński et qui n’a été appliqué qu’à partir de la présidence de Bill Clinton dans la deuxième moitié des années 1990. C’est sous l’influence du «Grand échiquier» de Brzeziński que l’on a commencé à parler de l’utilité pour les États-Unis d’une Russie faible et d’une Ukraine forte. Autant vous dire que cela a laissé des traces dans la mémoire contemporaine des Russes. Le meilleur exemple de ce cordon sanitaire reste l’élargissement de l’OTAN, qui s’est fait contre les promesses faites à Gorbatchev. Il se trouve que j’étais présent aux accords conclus sur ce point avec les Américains. Ils ont été complètement bafoués et les partisans de l’avancement de l’OTAN vont aujourd’hui jusqu’à nier l’existence même de ces accords. Ces accords ont bel et bien existé: le deal diplomatique concernait la réunification de l’Allemagne, que l’URSS acceptait. En échange, les Américains s’engageaient à respecter les intérêts géostratégiques de la Russie.

Tous ces événements sont pour les Russes un grand échec national. »

Mais aujourd’hui la Russie semble bien avoir tiré les leçons de cette catastrophe et être à nouveau capable de prendre des mesures pour défendre sa souveraineté et son indépendance :

« Les tentatives de rejeter la faute sur la Russie pour la disparition du traité INF sont injustifiées », a affirmé la représentation de la Russie auprès de l’Otan dans un communiqué.

« Nous avons attiré l’attention sur les risques réels d’aggravation de la situation militaire et politique en Europe », a-t-elle ajouté.

Si les Etats-Unis se retirent du traité, « nous avons confirmé ne pas avoir l’intention de déployer des systèmes de missiles correspondants en Europe et dans d’autres régions, à moins que des missiles américains à portée intermédiaire et à courte portée ne soient déployés », a-t-elle déclaré. « Nous avons demandé aux pays de l’OTAN de faire la même déclaration », a-t-elle précisé.

Le conseil Otan-Russie est l’instance de consultation créée en 2002 entre les deux blocs. Ses réunions se tiennent au niveau des ambassadeurs. Jens Stoltenberg n’a pas annoncé de nouvelle réunion avant le 2 août

La Russie a mis en garde lundi contre une crise des missiles comparable à celle de Cuba, en 1962, si les États-Unis s’avisent de déployer en retour en Europe des missiles nucléaires à portée intermédiaire. Le secrétaire général de l’Otan, Jens Stoltenberg, a assuré mardi qu’une telle hypothèse n’était pas à l’étude.

L’ambassadrice américaine à l’Otan, Kay Bailey Hutchison, a déclaré de son côté que Washington envisageait seulement pour le moment de déployer des missiles conventionnels. « Toutes les options sont sur la table mais nous ne pensons qu’à des systèmes conventionnels, il est important que nos alliés européens le sachent », a-t-elle dit.

La plupart des pays européens ne sont pas favorables au déploiement de missiles nucléaires américains en Europe, une initiative qui rappellerait la course aux armements des années 1980 entre les États-Unis et l’Union soviétique.

Sources utilisées:

https://www.afp.com/fr/infos/334/moscou-refuse-de-detruire-ses-nouveaux-missiles-deployes-en-europe-affirme-lotan-doc-1id10z5

https://www.lemonde.fr/international/article/2019/07/03/la-russie-sort-du-traite-sur-les-forces-nucleaires-intermediaires_5484979_3210.html

https://www.ouest-france.fr/europe/russie/l-otan-demande-la-russie-de-detruire-son-nouveau-missile-nucleaire-6415515

http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00255-vladimir-fedorovski-la-chute-de-l-urss-est-encore-un-traumatisme-national-en-russie.php

https://www.cairn.info/revue-relations-internationales-2011-3-page-85.htm

Conséquences géostratégiques :

Quelle menace réelle

pour la paix en Europe ?

La rhétorique de la communication occidentale, et surtout US/OTAN, tente de se justifier en traitant séparément la question des missiles de la question de l’équilibre général des forces en présences, et notamment et surtout, des forces dites « conventionnelles » et réellement susceptible d’intervenir sur le terrain, ce qu’elles font déjà concrètement, d’une manière ou d’une autre, depuis des décennies, et singulièrement, depuis la dissolution de l’URSS.

Ces interventions diverses, que ce soit directement ou par l’intermédiaire de leurs alliés locaux, se fait principalement, sinon presque exclusivement, sur le territoire des anciennes républiques alliées de l’URSS, à l’époque. Cela s’est caractérisé par des conflits ouverts ( Serbie, Kosovo, Ukraine…), ou des implantations de forces militaires exogènes produisant une situation potentiellement explosive, comme en Pologne et dans les pays baltes, notamment.

Profitant de l’affaiblissement provisoire de la Russie, les USA et l’OTAN ont donc avancé partout leurs pions, sous formes de bases militaires, dans ces pays, et cela au mépris de leurs engagements.

C’est ce que montrent de façon on ne peut plus explicite les cartes représentant la situation de ces bases en Europe.

Mais la situation ne se résume pas non plus à un simple rapport de force Russie/OTAN. En effet, si l’OTAN est une alliance où les USA sont clairement la force principale et dominante, elle n’en est pas moins une alliance regroupant également désormais pratiquement tous les pays de l’UE, y compris les pays de l’Europe de l’Est, anciens alliés de l’URSS et donc de la Russie de l’époque.

C’est donc tout aussi clairement une extension de la domination de l’impérialisme US sur ces pays et l’utilisation, notamment géostratégique, par l’implantation militaire, que les USA font de cette domination peut difficilement être considérée comme un facteur de paix avec la Russie…

Mais ce n’est pas tout, ni même nécessairement, le plus inquiétant pour la paix en Europe. En effet, en dehors du cadre de l’OTAN, les USA disposent de bases militaire implantées en Europe, certaines depuis la deuxième guerre mondiale, et d’autres qui sont venues s’ajouter ensuite, notamment depuis la chute de l’URSS, et qui ne sont pas nécessairement soumises, pour leur utilisation, au consentement des autres membres de l’OTAN.

https://expresselevatortohell.files.wordpress.com/2013/01/us-military-reach.gif?w=910&h=495

https://www.geostrategia.fr/wp-content/uploads/2018/02/Capture-d%C3%A9cran-2.png

C’est ce qui permet de comprendre les « menaces » de Trump de retirer les USA de l’OTAN au cas où les autres puissances européennes refuseraient de financer suffisamment cette organisation, à son gré. Ce n’est en rien un gage d’indépendance qu’il s’apprêterait à offrir à l’Europe, mais bien au contraire, une menace d’agir et d’intervenir, y compris et surtout, en Europe de l’Est, sans même avoir à demander le simple avis de ses supposés « alliés » de l’Europe Occidentale.

Autrement dit, c’est la menace d’entreprendre directement et pour son propre compte une confrontation, sur le sol européen, avec la Russie !

Autrement dit, encore, les USA ont bel et bien les moyens de pression et de chantage pour plier, en fait, leurs « alliés » de l’Europe Occidentale à leur domination et à leur volonté de dominer également la Russie par un rapport de force qui n’exclut manifestement pas la confrontation militaire, et tout d’abord, de type « conventionnelle ».

C’est bien pourquoi ils espèrent obliger la Russie à détruire ses missiles, qui forment actuellement un rempart difficilement franchissable, de l’aveu même de l’OTAN, et surtout en considérant, paradoxalement, en apparence, que ces missiles peuvent très bien être utilisés sans têtes nucléaires, en tant qu’armes « conventionnelles », mais qui assureraient la défaite d’une tentative US de nouvelle extension vers L’Est… !

En conclusion, il serait donc suicidaire, pour la Russie, de renoncer à cette défense sans contrepartie significative de la part des USA et de ses alliés de l’OTAN, et on ne voit pas bien ce qu’elle pourrait être, sinon le retrait de leurs troupes et de leurs armements stratégiques en deçà d’une portée possible sur la Russie, c’est à dire, en fait, un retrait quasi total de l’Europe.

L’OTAN n’est que l’un des visages multiples de la domination impérialiste US et il ne doit pas nous faire oublier l’essentiel, qui est la présence des forces armées US sur le territoire européen, où elles n’ont légitimement plus rien à faire, et cela depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, en réalité.

C’est le maintien de leur présence et la politique générale de domination US, notamment à travers le Plan Marshall, qui a entraîné une situation conflictuelle de tension permanente en Europe au cours de la deuxième moité du 20ème siècle, et c’est le maintien et l’accentuation de cette politique qui renouvelle et exacerbe les risques de guerre en Europe depuis le début du 21ème.

Certains partis et mouvements nationalistes et souverainistes appellent régulièrement au retrait de la France de l’OTAN. Certains partis qui se disent « de gauche », voire d’extrême-gauche », et même « marxistes-léninistes » réclament également ce retrait. Or ce retrait a déjà eu lieu, provisoirement, sous De Gaulle, et jusqu’à l’arrivée de Sarkozy au pouvoir, réintégration entérinée effectivement en 2009.

Le retrait de la France de l’OTAN n’a en rien changé le rapport de force écrasant dont bénéficie l’impérialisme US vis à vis des nations qu’il cherche constamment à dominer, et à écraser carrément, sinon.

C’est donc un mot d’ordre parfaitement ridicule, sinon complice, objectivement, de l’impérialisme, français, d’abord, et US, in fine, vu le résultat.

La seule manière de faire avancer la paix en Europe, ce n’est donc évidemment pas un tel retrait, ni même simplement le démantèlement de l’OTAN, mais bien le retrait pur et simple, et sans conditions, de toutes les forces et dispositifs militaires US de tous les territoires européens.

Dans ces conditions, des négociations de paix pour le désarmement nucléaire et le démantèlement de tous les missiles en batteries sur le sol européen auraient enfin pleinement leur sens.

Luniterre

Pour la paix en Europe !

Retrait inconditionnel

de toutes les troupes US

du sol européen !

Négociations

de désarmement nucléaire

et conventionnel !

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« Dis, Papa, c’est loin l’Amérique ? » ( Amérique, Rêve assassin ! )

 

 

 

 

« Dis, Papa, c’est loin l’Amérique ? »

Tel pourrait être, dans un style humour noir, le titre de cet article…

Tania, 21ans, a vu comment Oscar, son mari,26 ans, et Valeria, sa fille de 23 mois, ont été emportés dimanche par les eaux du Rio Grande, après un périple familial de 3200 kilomètres pour atteindre ses rives. Elle n’a revu leurs corps que lundi matin.

Les pompiers et les sauveteurs mexicains les ont trouvés près de la rive, deux corps flottants sur le ventre, enlacés dans une étreinte protectrice qui a ému le monde entier, selon l’AFP. On peut le comprendre… La même dépêche précise le point de vue de Carlos Alberto, le frère aîné d’Oscar qui vit aux États-Unis, et espérait les accueillir et les aider à leur arrivée. Il regrette qu’ils n’aient pas écouté ses conseils de suivre la voie légale et demander l’asile.

« Ne prends pas le risque de traverser la rivière avec une petite fille, c’est très dangereux, ce fleuve est meurtrier » se souvient-il lui avoir dit.

« Ce fleuve meurtrier » ??? Le fleuve est-il véritablement l’assassin, ou bien plutôt le système impérialiste « mondialisé » qui pousse ses victimes à quémander leur survie auprès du bourreau US ?

Bien plus qu’un titre dans le style humour noir, c’est bien là la réalité paradoxale qui révèle le cynisme de l’empire US.

Un empire au sommet d’une gigantesque pyramide économique et financière qui domine les flux de capitaux et de richesses sous toutes formes en y faisant régner sa propre loi, celle du dollar.

Un empire qui voudrait imposer un monde sans frontières, sauf les siennes !!!

Qu’en est-il vraiment ?

 

 

La « mondialisation » abolit-elle les frontières ?

Selon ses tenants et ses partisans, c’est à dire la plupart des gouvernements, dont celui de la France, et la plupart des médias, la « mondialisation » serait un progrès et un bienfait pour l’humanité… Elle rapprocherait les humains, abolirait les frontières et ouvrirait donc une ère de paix nouvelle…

Et tout ce bonheur nous viendrait essentiellement d’un commerce libre et sans entraves entre les nations…

Qu’en est-il en réalité ?

Il n’y a guère plus d’une semaine, Mercredi 19 Juin 2019, l’ONU annonce une nouvelle statistique record du nombre des réfugiés dans le monde : plus de 70 Millions, en ne comptant que ceux qui font des demandes officielles d’asile…

Très officiellement, donc, déjà 70 Millions d’êtres humains qui quittent leurs pays par force et ne goûtent pas vraiment les félicités de la « mondialisation »….

Comment évaluer réellement le nombre d’êtres humains qui quittent leur pays poussés par la misère, la guerre, la dictature ?

Deux, trois fois plus ? …ou plus encore ?

La « mondialisation » n’a donc pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, éradiqué tous les fléaux qu’elle est sensée guérir…

Mais est-elle au moins en voie de progression dans ce sens ? Son « moteur économique », sensé être le libre échange commercial, est-il en train de s’établir, est-il en train de « gagner du terrain » ?

Le premier pas de la nouvelle mondialisation avait pourtant « bien commencé » en apparence, avec la célèbre poignée de main Nixon-Mao et l’ouverture de l’économie chinoise sur le reste du monde, dès 1972.

Aujourd’hui, presque un demi-siècle plus tard, c’est la guerre économique qui prévaut entre les USA et la Chine, devenue la seconde puissance mondiale.

En vérité, force est de constater que le « libre commerce » ne peut se faire que tant qu’il est avantageux pour les USA, et se fait, directement ou non, dans son intérêt, et en fin de compte, exclusivement selon les règles édictées et imposées par ce maître…

Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre USA-centré est, en pratique et très concrètement, banni, interdit selon ce droit US imposé au reste du monde, et empêché par tous moyens, sanctions, blocus et finalement, intervention militaire sous le premier prétexte « trouvé », c’est-à-dire, en fait, inventé et créé de toutes pièces, dans la plupart des cas, et sinon, mis en œuvre par d’habiles provocations et manipulations de tiers, groupes « dissidents », « djihadistes », etc…

Toujours pas de commerce libre et sans entraves, donc, dans ce monde « mondialisé », et surtout pas sur une base d’équité entre nations, dans les échanges.

Et manifestement, avec la guerre économique actuelle, le principe du libre échange n’est pas non plus en train de gagner du terrain, bien au contraire…

Plus de guerres ? Sauf celles déclenchées ou attisées par les USA et leurs « alliés », et elles sont de plus en plus nombreuses et féroces.

L’une, comme en Syrie, n’est pas encore terminée, que deux ou trois se profilent déjà, en Iran, au Venezuela, et toujours en suspens, en Corée…

En Europe, une série de conflits dans les Balkans à peine terminée qu’une nouvelle guerre s’est enkystée en Ukraine et que la tension dans les pays baltes remonte sur des bases qui rappellent, à quelques kilomètres carrés près, celles des prémisses de la seconde guerre mondiale.

 

 

 

Malgré ce constat d’évidence, selon l’ONU aussi, c’est bien connu, tous les humains sont frères et il suffirait donc de bien accueillir les réfugiés pour que tout aille au mieux dans le meilleur des mondes « mondialisés »…

Et l’ONU de louer comme une preuve de son « humanité » la chancelière Merkel : « Je n’ai pas l’habitude d’attribuer bons et mauvais points, mais je pense que dans ce cas, il faut féliciter l’Allemagne pour ce qu’elle a fait. La chancelière a été courageuse » déclare Filippo Grandi, le Haut-Commissaire de l’ONU, en présentant son rapport…

Qu’en est-il réellement ? La chancelière s’est-elle prononcée en faveur du retour des Palestiniens sur leurs terres ancestrales ? En faveur de l’ouverture de la frontière Mexique-USA aux réfugiés et migrants d’Amérique Latine ? En faveur de la paix au Yémen ?

Non, mais elle a « courageusement » ouvert ses frontières à quelques milliers de réfugiés…

Pourquoi la France, pays des « droits de l’homme », n’en fait pas autant ?

La raison est simple : du temps où l’industrie française était encore en plein essor, pas besoin de « réfugiés », le capital français importait directement de ses « ex-colonies » devenues néo-colonies, la main d’œuvre dont elle avait besoin, et à bon marché, tant qu’à faire… Aujourd’hui la France est essentiellement « désindustrialisée », mais ce n’est pas encore le cas de l’Allemagne, et une main d’œuvre localement acclimatée depuis trop longtemps, à son goût, sera désormais avantageusement, pour son industrie, « complétée », de manière on ne peut plus « compétitive », par cette manne humaine apportée par la misère du monde.

De plus, « gérer » la nouvelle conflictualité locale que cela génère, inévitablement, loin d’être un « problème », au delà de la rhétorique officielle, c’est bel et bien un moyen de manipulation en plus, pour le système capitaliste, un « excellent » moyen de gouvernance.

En France, le dosage est déjà suffisamment explosif, mais il n’est pas à exclure que la « pression » remonte encore en cas de nécessité, surtout du genre rébellion sociale…

Les discours « humanistes » d’acceptation ou les discours « nationalistes » de rejet ne se font qu’en fonction des intérêts locaux du capital, et ils trouvent leurs adeptes et leurs relais parmi tous les « idiots utiles » à son service, volontairement ou non, tantôt « à gauche » ou « à droite », selon le dosage et la pression souhaitée.

La problématique d’ « acceptation » ou de « rejet » est une fausse problématique qui sert utilement le système capitaliste, en masquant la seule véritable issue, qui est d’en finir avec lui, en commençant par refonder le droit des nations et des peuples à des relations équitables, à disposer d’eux-mêmes, et y compris et surtout, à choisir de rompre avec le système capitaliste, ce qui est la seule façon de mettre fin aux causes profondes de toutes ces guerres, de toutes ces inégalités extrêmes, qui poussent les peuples sur la voie de l’exil.

Luniterre

 

SOURCE :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/28/lamerique-un-reve-qui-tue/

 

 

 

 

 

La mondialisation abolit-elle les frontières??? 70 Millions, Nombre record de réfugiés, selon l’ONU!

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https://www.unhcr.org/thumb1/4d6e6c9a6.jpg
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https://www.lequotidien.lu/wp-content/uploads/2015/08/HUNGARY-SERBIA-EU-MIGRANTS-afp_com_20150827_PH-DV-DV2110390-620x330.jpg

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/06/19/refugies-70-millions-le-sinistre-record-un-systeme-de-gouvernance-mondialisee/

La « mondialisation »

abolit-elle les frontières ?

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La « mondialisation » abolit-elle les frontières?

Selon ses tenants et ses partisans, c’est à dire la plupart des gouvernements, dont celui de la France, et la plupart des médias, la « mondialisation » serait un progrès et un bienfait pour l’humanité… Elle rapprocherait les humains, abolirait les frontières et ouvrirait donc une ère de paix nouvelle…

Et tout ce bonheur nous viendrait essentiellement d’un commerce libre et sans entraves entre les nations…

Qu’en est-il en réalité ?

Aujourd’hui même, Mercredi 19 Juin 2019, l’ONU annonce une nouvelle statistique record du nombre des réfugiés dans le monde : plus de 70 Millions, en ne comptant que ceux qui font des demandes officielles d’asile…

Très officiellement, donc, déjà 70 Millions d’êtres humains qui quittent leurs pays par force et ne goûtent pas vraiment les félicités de la « mondialisation »….

Comment évaluer réellement le nombre d’êtres humains qui quittent leur pays poussés par la misère, la guerre, la dictature ?

Deux, trois fois plus ? …ou plus encore ?

La « mondialisation » n’a donc pas, et c’est le moins que l’on puisse dire, éradiqué tous les fléaux qu’elle est sensée guérir…

Mais est-elle au moins en voie de progression dans ce sens ? Son « moteur économique », sensé être le libre échange commercial, est-il en train de s’établir, est-il en train de « gagner du terrain » ?

Le premier pas de la nouvelle mondialisation avait pourtant « bien commencé » en apparence, avec la célèbre poignée de main Nixon-Mao et l’ouverture de l’économie chinoise sur le reste du monde, dès 1972.

Aujourd’hui, presque un demi-siècle plus tard, c’est la guerre économique qui prévaut entre les USA et la Chine, devenue la seconde puissance mondiale.

En vérité, force est de constater que le « libre commerce » ne peut se faire que tant qu’il est avantageux pour les USA, et se fait, directement ou non, dans son intérêt, et en fin de compte, exclusivement selon les règles édictées et imposées par ce maître…

Tout ce qui ne rentre pas dans ce cadre USA-centré est, en pratique et très concrètement, banni, interdit selon ce droit US imposé au reste du monde, et empêché par tous moyens, sanctions, blocus et finalement, intervention militaire sous le premier prétexte « trouvé », c’est-à-dire, en fait, inventé et créé de toutes pièces, dans la plupart des cas, et sinon, mis en œuvre par d’habiles provocations et manipulations de tiers, groupes « dissidents », « djihadistes », etc…

Toujours pas de commerce libre et sans entraves, donc, dans ce monde « mondialisé », et surtout pas sur une base d’équité entre nations, dans les échanges.

Et manifestement, avec la guerre économique actuelle, le principe du libre échange n’est pas non plus en train de gagner du terrain, bien au contraire…

Plus de guerres ? Sauf celles déclenchées ou attisées par les USA et leurs « alliés », et elles sont de plus en plus nombreuses et féroces.

L’une, comme en Syrie, n’est pas encore terminée, que deux ou trois se profilent déjà, en Iran, au Venezuela, et toujours en suspend, en Corée…

En Europe, une série de conflits dans les Balkans à peine terminée qu’une nouvelle guerre s’est enkystée en Ukraine et que la tension dans les pays baltes remonte sur des bases qui rappellent, à quelques kilomètres carrés près, celles des prémisses de la seconde guerre mondiale.

Malgré ce constat d’évidence, selon l’ONU aussi, c’est bien connu, tous les humains sont frères et il suffirait donc de bien accueillir les réfugiés pour que tout aille au mieux dans le meilleur des mondes « mondialisés »…

Et l’ONU de louer comme une preuve de son « humanité » la chancelière Merkel : « Je n’ai pas l’habitude d’attribuer bons et mauvais points, mais je pense que dans ce cas, il faut féliciter l’Allemagne pour ce qu’elle a fait. La chancelière a été courageuse » déclare Filippo Grandi, le Haut-Commissaire de l’ONU, en présentant son rapport…

Qu’en est-il réellement ? La chancelière s’est-elle prononcée en faveur du retour des Palestiniens sur leurs terres ancestrales ? En faveur de l’ouverture de la frontière Mexique-USA aux réfugiés et migrants d’Amérique Latine ? En faveur de la paix au Yémen ?

Non, mais elle a « courageusement » ouvert ses frontières à quelques milliers de réfugiés…

Pourquoi la France, pays des « droits de l’homme », n’en fait pas autant ?

La raison est simple : du temps où l’industrie française était encore en plein essor, pas besoin de « réfugiés », le capital français importait directement de ses « ex-colonies » devenues néo-colonies, la main d’œuvre dont elle avait besoin, et à bon marché, tant qu’à faire… Aujourd’hui la France est essentiellement « désindustrialisée », mais ce n’est pas encore le cas de l’Allemagne, et une main d’œuvre localement acclimatée depuis trop longtemps, à son goût, sera désormais avantageusement, pour son industrie, « complétée », de manière on ne peut plus « compétitive », par cette manne humaine apportée par la misère du monde.

De plus, « gérer » la nouvelle conflictualité locale que cela génère, inévitablement, loin d’être un « problème », au delà de la rhétorique officielle, c’est bel et bien un moyen de manipulation en plus, pour le système capitaliste, un « excellent » moyen de gouvernance.

En France, le dosage est déjà suffisamment explosif, mais il n’est pas à exclure que la « pression » remonte encore en cas de nécessité, surtout du genre rébellion sociale…

Les discours « humanistes » d’acceptation ou les discours « nationalistes » de rejet ne se font qu’en fonction des intérêts locaux du capital, et ils trouvent leurs adeptes et leurs relais parmi tous les « idiots utiles » à son service, volontairement ou non, tantôt « à gauche » ou « à droite », selon le dosage et la pression souhaitée.

La problématique d’ « acceptation » ou de « rejet » est une fausse problématique qui sert utilement le système capitaliste, en masquant la seule véritable issue, qui est d’en finir avec lui, en commençant par refonder le droit des peuples et des nations à des relations équitables, à disposer d’eux-mêmes, et y compris et surtout, à choisir de rompre avec le système capitaliste, ce qui est la seule façon de mettre fin aux causes profondes de toutes ces guerres, de toutes ces inégalités extrêmes, qui poussent les peuples sur la voie de l’exil.

Luniterre

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Record mondial: plus de 70 millions

de réfugiés et déplacés fin 2018, selon l’ONU

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Le monde comptait fin 2018 70,8 millions de déplacés à cause des guerres ou persécutions, un record ne reflétant pas l’ampleur de l’exode des Vénézuéliens car seule une minorité demande l’asile, a annoncé l’ONU mercredi.

Le rapport annuel du Haut-Commissariat de l’ONU pour les réfugiés (HCR) souligne que 2018 a été marquée par la forte progression des déplacements internes en Ethiopie, suite à des violences intercommunautaires, et par une hausse des demandes d’asile présentées par ceux qui fuient la grave crise politique et économique au Venezuela.

Le conflit syrien a continué de produire un grand nombre de réfugiés et déplacés. Les violences au Nigeria ont également été une source importante de déplacements.

Le rapport relève que le nombre total des « déracinés » dans le monde — comptabilisant les réfugiés (25,9 millions, les déplacés internes (41,3 millions) et les demandeurs d’asile (3,5 millions) — a progressé de 2,3 millions par rapport à 2017.

Cette estimation reste « prudente », pointe le HCR, car « bien que la plupart des Vénézuéliens doivent pouvoir bénéficier du système de protection internationale des réfugiés, à peine un demi-million » ont déposé une demande d’asile.

– Syrie, Venezuela –

« Une fois de plus, les tendances vont dans la mauvaise direction. De nouveaux conflits (…) viennent s’ajouter aux anciens », a déclaré aux médias à Genève le Haut-Commissaire, Filippo Grandi, appelant le Conseil de sécurité de l’ONU à être plus uni afin de résoudre les conflits.

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Le nombre de déplacés et réfugiés dans le monde est reparti à la hausse depuis 2009, enregistrant une forte progression entre 2012 et 2015 avec le conflit syrien.

Colombiens et Syriens sont les déplacés internes les plus nombreux.

En ce qui concerne les réfugiés, 5,5 millions sont des Palestiniens, qui relèvent de la compétence de l’UNRWA. Les autres proviennent, pour une grande majorité, de cinq pays: Syrie, Afghanistan, Soudan du Sud, Birmanie et Somalie.

Les Syriens – plus d’un demi-million- sont aussi ceux qui ont déposé le plus grand nombre de demandes d’asile l’an dernier, la majorité l’ayant fait en Turquie. Viennent ensuite les Vénézuéliens (341.800), qui se sont rendus pour la plupart en Colombie et au Pérou.

Alors que le Pérou a récemment imposé des visas aux Vénézuéliens, M. Grandi a appelé les pays de la région à les laisser entrer afin d’éviter un « embouteillage » aux frontières.

– ‘Féliciter l’Allemagne’ –

Quatre réfugiés sur cinq vivent dans le pays voisin du leur. La grande majorité vit donc dans des pays en développement.

Les Etats-Unis sont en revanche le pays qui a reçu le plus grand nombre de demandes d’asile l’an dernier, suivi du Pérou, de l’Allemagne, de la France et de la Turquie.

Pour la 4e année consécutive, la Turquie est le pays qui héberge la plus grande population de réfugiés au monde (3,7 millions), suivi du Pakistan, de l’Ouganda, du Soudan et de l’Allemagne.

M. Grandi, qui présente le rapport du HCR à Berlin, a d’ailleurs salué la politique migratoire de la chancelière Angela Merkel, qui avait pris la décision d’ouvrir les frontières de son pays à des centaines de milliers de candidats à l’asile.

« Je n’ai pas l’habitude d’attribuer bons et mauvais points, mais je pense que dans ce cas, il faut féliciter l’Allemagne pour ce qu’elle a fait. La chancelière a été courageuse », a-t-il dit.

Il a également appelé les Européens à trouver une solution durable sur le système de répartition des migrants. « On a derrière nous les élections européennes, on a des chiffres franchement gérables d’arrivées en Europe, c’est le moment d’affronter cette question ».

https://www.afp.com/fr/infos/334/record-mondial-plus-de-70-millions-de-refugies-et-deplaces-fin-2018-selon-lonu-doc-1hl44e2

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6 Juin 1944, « Acte I » de la Société du Spectacle: Une boucherie stratégiquement utile ???

 

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6 Juin 1944 : Grand Show à l’Américaine

 

« Acte I » de la Société du Spectacle :

 

Les acteurs, par milliers,

meurent pour de vrai !

 

Une boucherie stratégiquement utile ???

Image associée

 

 

 

 

 

 

 

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Comme l’a révélé le film historique éponyme sorti en 2017, Churchill était loin de soutenir avec enthousiasme le projet de débarquement en Normandie. Son opposition n’était pas nouvelle, mais elle a ressurgi au dernier moment, alors qu’il semblait s’être aligné sur les positions US depuis quelques temps déjà…

 

En réalité, c’est même essentiellement lui qui est à l’origine des premières opérations de débarquement en Afrique, puis en Sicile et en Italie.

 

Le choix de l’Italie résultait déjà pour lui d’un compromis, alors qu’il préconisait plutôt un débarquement dans les Balkans. Ce choix stratégique se comprend très bien, à tous points de vues en fonction de la situation politique et militaire de l’époque, et surtout de son point de vue de Premier Ministre de la Grande-Bretagne, dont il défendait d’abord les intérêts impériaux, c’est-à-dire impérialistes, en fait. Ceci-dit, il est à considérer, en fonction de son expérience tragique aux Dardanelles en 1915 (200 000 morts), que la préoccupation de ne pas sacrifier inutilement des vies humaines faisait réellement partie de ses considérations importantes. C’est notamment ce qu’évoque le film de 2017, centré sur ses scrupules et ses hésitations les tout derniers jours avant le 6 Juin.

 

Bien évidemment, les deux types de préoccupations, dans ce cas, ne sont pas incompatibles. La disproportion des forces britanniques et US suffit à le comprendre : les généraux US s’affirment clairement prêts à sacrifier une partie importante de leurs troupes pour réussir cette percée sur le continent, alors que Churchill, qui a déjà du avaler la couleuvre de voir cette opération se préparer à partir de son territoire, se voit sur le point de sacrifier le meilleur de ses troupes pour le profit de l’impérialisme US en train de supplanter la Grande-Bretagne, et largement, comme leader du monde occidental.

 

En réalité, la première grande puissance à être réduite par l’opération Overlord, ce n’est pas l’Allemagne, mais bien la Grande-Bretagne, qui avait joué jusque là le rôle de citadelle invincible et d’avant poste de l’Occident « libre ».

 

A considérer la carte d’ensemble des opérations militaires de l’époque, on ne peut que constater que cela semble même avoir été une des préoccupations essentielles du choix « stratégique » US.

 

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En effet, aucun autre argument de cet ordre ne tient sérieusement la route, ni ne résiste à l’analyse.

En réalité, non seulement les difficultés rencontrées sur le front italien sont relatives, mais elle le sont d’autant plus que ce front se trouve en partie dégarni de ses troupes en raison de l’option US sur la Normandie. A l’origine, et déjà suite au compromis initialement accepté par Churchill, c’était, selon lui, sur ce front qu’aurait du porter une accentuation massive de l’intervention US.

 

Et malgré cela, Rome est déjà libérée le 4 Juin 1944, alors que l’Opération Overlord se trouve finalement retardée à plusieurs reprises. De quoi faire certainement regretter Churchill de ne pas avoir été suivi, et de quoi renforcer ses réticences clairement exprimées des derniers jours avant le D Day.

 

Que l’intervention US ait également eu pour but de pouvoir contenir au plus vite l’avancée soviétique sur le front Est, c’est maintenant une évidence suffisamment établie, à cette très grosse nuance près, là aussi, que le choix stratégique churchillien était évidemment et très largement la meilleure option dans ce sens. Son plan initial visant les Balkans eut même été un encore plus court chemin, dans ce but, qui n’était donc pas absent, non plus, des préoccupations de l’anticommuniste Churchill.

Là encore, donc, l’une des « raisons historiques », généralement invoquée, du choix normand, n’est donc évidemment pas la bonne, en tous cas, sur le plan stratégique, et surtout, considéré dans l’optique d’une stratégie supposée essentiellement anti-nazie.

Force est donc de constater, en prenant simplement un peu de recul sur l’analyse de ces événements, que d’autres motivations, d’autres objectifs stratégiques se dissimulent donc derrière ce choix historique, derrière un tel déploiement de moyens, derrière une telle désinvolture à sacrifier des milliers de vies humaines supplémentaires, y compris et surtout, dans ce qui était le propre camp de ces décideurs, se voulant pourtant le fer de lance d’un occident « humaniste » !

 

Sur le plan géostratégique l’offensive US en Europe n’avait donc pas pour seul but de réduire la puissance nazie, mais bien aussi et surtout, d’affirmer la puissance US face aux puissances européennes déjà déchues par leur capitulation face au nazisme et devenue « alliées » surtout faute d’autres choix possibles.

 

Dans cette optique, baser l’armée US principalement en Grande-Bretagne visait donc déjà à réduire relativement la puissance de ce pays, le seul qui n’avait donc pas capitulé. La démonstration était faite aussi directement que possible et grandeur nature, que la Grande-Bretagne n’avait pas réellement les moyens de la victoire qu’elle promettait dans ses proclamations, et notamment, par la voix de Churchill!

Ensuite, débarquer en France et marcher au plus vite sur Paris, c’est bien ce que les USA escomptaient faire dans un laps de temps réduit, et qui eut été tout à fait comparable au « Blitzkrieg » nazi de Juin 40, et à sa rapidité à s’instituer en force occupante, dont ils visaient ni plus ni moins à prendre la place, faisant de la France leur arrière cour européenne en tant que quasi-colonie. Il est désormais bien connu que tous les plans et dispositions concrètes avaient été prévus dans ce sens, sauf la difficulté de marginaliser le Général de Gaulle, auquel on doit au moins reconnaître le mérite de nous avoir relativement soulagés d’une telle humiliation, à défaut d’avoir réellement libéré la France.

 

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Toutefois, dans ce relatif « compromis » restituant à De Gaulle une place qu’il aurait eu du mal à imposer réellement sur le terrain, ressort l’autre véritable motivation stratégique US, à savoir contenir et réduire l’avancée du communisme en Europe. En effet son aura était des plus utiles pour imposer le désarmement des maquis, essentiellement contrôlés par les communistes et les forces politiques progressistes françaises.

 

A défaut d’un régime quasi-colonial, ce fut donc un relatif « protectorat » animé de quelques velléités gaullo-indépendantistes!

 

Et c’est bien en vue de signifier aux peuples européens la « dette de sang » qu’ils allaient avoir envers les USA que la boucherie spectaculaire et inévitable sur les plages de Normandie prenait dès l’origine son sens stratégique réel.

 

En effet, il apparaissait clairement, jusqu’en Juin 44, et malgré la belle percée sur le front italien, que le gros de l’effort de guerre avait été assumé, pour l’essentiel, en Europe, par l’URSS. Et en plus de l’avancée désormais irrésistible de l’Armée Rouge, c’est bien la validité et la légitimité du projet communiste qui était en train de s’établir parmi les populations européennes ayant subi quatre années d’exactions nazies. Idées communistes relayées, sur le terrain, par les diverses avant-gardes locales de la Résistance.

 

Créer une « dette de sang » spectaculaire et qui puisse passer pour comparable à celle, incommensurable, de l’URSS, et prétendue « stratégiquement » encore plus décisive, telle est la véritable motivation du « choix normand », quant au fond.

 

Une « dette de sang » qui pouvait devenir un investissement stratégique à longue portée, à condition de le doubler d’une intense campagne de propagande et de manipulation idéologique et historique pour la faire valider comme un tournant décisif de l’histoire et sans alternative qui eut possiblement permis d’éviter le bain de sang planifié du 6 Juin 1944.

 

Une « dette » validée chaque année par les serviteurs européens de l’empire US, avec renouvellement des « grand messes du sacrifice des innocents », chaque 6 Juin qui passe, et avec particulièrement d’emphase à chaque millésime qui le permet, et aujourd’hui, donc, celui des 75 ans.

 

Une « dette » qui conserve, paradoxalement et plus que jamais, sa « validité » et son importance géostratégique, pour l’empire US, dans les circonstances politiques présentes et si ce n’est plus essentiellement pour faire pièce à l’idéologie communiste, ce n’en est pas moins pour contenir et, éventuellement, mater concrètement, les nouvelles velléités d’indépendance des peuples, et notamment à nouveau, du peuple russe et de ses alliés à travers le monde.

 

Pierre Grindsable

 

A la suite, quelques extraits d’articles d’historiens tout ce qu’il y a d’  « occidentaux », mais dont le recoupement permet de comprendre la réalité dissimulée derrière les discours et proclamations officiels, et jusque dans les « livres d’histoires » formatés pour la jeunesse occidentale, pourtant supposée ne pas devoir avaler de « fake news » « fake history » et autres « couleuvres complotistes » !!!

 

Churchill, notice wikipédia :

« Alors que le général Eisenhower recherche un juste équilibre des forces alliées entre les armées engagées dans la conquête de l’Italie et celles devant participer à l’operation Overlord, Churchill préconise vainement de prélever des troupes pour une intervention à Rhodes. Il est en effet persuadé, à tort, [NDTML :Chacune des options proposées par Churchill, lorsqu’elles sont évoquées, lui sont systématiquement imputées à son tort, voire à son âge…], qu’une telle intervention pourrait faire basculer la Turquie alors neutre, dans le camp des alliés. Concernant l’approche directe centrée sur l’operation Overlord, l’échec du raid de Dieppe en août 1942 en a montré les dangers. Néanmoins il s’y rallie et à partir de 1944, la stratégie américaine prévaut. Néanmoins lorsque les Alliés organisent un débarquement en Provence, Churchill eût préféré que l’armée alliée stationnée en Italie marchât sur Vienne et Berlin, y devançant les Soviétiques. »

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Winston_Churchill#cite_ref-Bédarida368_310-0

 

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Churchill, autre notice biographique :

 

« En 1941, l’URSS rejoignit le camp allié ainsi que Winston [Churchill] l’avait depuis longtemps pronostiqué. Lors de la mondialisation du conflit, Churchill se rendit en URSS et aux USA pour discuter de vives voix avec ses homologues. Il échangea des notes nombreuses avec Roosevelt après la signature de la charte de l’Atlantique entre les 9 et 12 août 1941, texte dont la teneur était autant éthique que stratégique. Dès 1943, il préféra à l’idée d’un débarquement allié en Normandie, un débarquement d’Afrique en Sicile puis en Italie, décision effectivement prise en janvier 1943 lors de la conférence de Casablanca (opération Husky). La Royal Air Force entreprit également des raids aériens sur l’Allemagne.

 

http://histgeo.free.fr/troisieme/guerremondiale/Churchill.html

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Campagne d’Italie, notice wikipédia, extraits :

 

« La campagne d’Italie est née d’un compromis entre les Alliés à la conférence de Casablanca en janvier 1943 :

  • les Américains étaient en faveur d’une attaque de front, c’est-à-dire par la voie la plus courte, la Manche, pour atteindre le cœur de l’Allemagne ;
  • Churchill, de son côté pensait que les Balkans, en tant que « ventre mou de l’Axe » constituaient un objectif idéal. »

(…)

«  Pendant ce temps, fin août 1943, lors de la conférence de Québec, les Américains donnèrent leur accord à un débarquement en Italie à la condition que leurs Alliés reconnaissent la priorité à l’opération Overlord en Normandie. La suite de la campagne d’Italie se ferait avec des effectifs diminués. »

(…)

« À la conférence de Téhéran (28 novembre – 1er décembre 1943), les Alliés décidèrent que seules des actions d’importance modeste seraient entreprises en Italie. L’essentiel de l’effort devait se porter sur le débarquement en Normandie au printemps 1944.

Hitler remplaça Rommel par Kesselring en tant que commandant en chef des forces du sud-ouest de l’Europe. Il allait résister de longs mois le long de la Ligne Gustave, dont la clé de voûte était le mont Cassin.

Churchill plaida auprès d’Eisenhower pour le bien-fondé d’un nouveau débarquement allié au nord de la Ligne Gustave. Ce dernier finit par accepter un débarquement à Anzio le 22 janvier 1944. Le débarquement s’effectue si facilement que le général américain Lucas, commandant les troupes débarquées, craignant un piège, ne poursuit pas son attaque et préfère renforcer ses positions ce qui donne le temps à Kesselring, d’abord surpris, de réagir. Il installe de l’artillerie lourde sur les montagnes dominant la plaine où ont débarqué les Alliés et les écrase sous son tir. « Tête de pont, tête de mort » déclare Kesselring.

Alexander ramena l’essentiel des forces dont il disposait au printemps sur l’ouest de la ligne Gustave, et après avoir persuadé Kesselring qu’il préparait un nouveau débarquement à Civitavecchia, il adopta le plan présenté par le général français Alphonse Juin qui consistait à déborder par la gauche la position du Mont Cassin sur laquelle les Alliés butaient depuis 5 mois ; cette offensive fut menée avec 13 divisions le 11 mai.

Le 17 mai, le mont Cassin, débordé sur sa droite par les Polonais du 2e Corps et pris à revers2, était évacué et la prise des villes de Pontecorvo et Pico sur la ligne Hitler ouvrait la route de Rome. Le 23 mai, la tête de pont sur Anzio obtenait la rupture. Les armées allemandes étaient en cours d’encerclement, mais le général américain Clark préféra libérer Rome le 4 juin.

Les armées allemandes avaient eu le temps de se replier jusque sur la Ligne gothique, une autre ligne de défense sur les Apennins. Kesselring put se réorganiser d’autant plus qu’un certain nombre de divisions alliées furent prélevées du front italien pour participer à l’opération Anvil, le débarquement en Provence. Il recevait lui-même huit nouvelles divisions. »

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Campagne_d%27Italie_(Seconde_Guerre_mondiale)

 

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A propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

Dans la revue « Historia » :

« Dardanelles et Dieppe

« Le film montre un chef d’État peu enclin à soutenir « Overlord », un homme hanté par les souvenirs de la Grande Guerre, traumatisé par l’échec de la bataille des Dardanelles (avril 1915-janvier 1916), qui se solda par une déroute et fit 180 000 morts côté allié, mais aussi par le fiasco du débarquement à Dieppe, le 19 août 1942.

Pour l’historien Olivier Wieviorka, plusieurs facteurs expliquent la résistance de Winston Churchill : « Le vétéran de la Grande Guerre craignait une réédition de la grande boucherie à laquelle il avait assisté aux premières loges. De même, l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915, redoutait la répétition de cet échec cinglant. Mais d’autres motifs pesèrent. Malgré sa pugnacité, le Royaume-Uni était une puissance modeste, dont l’armée ne rassemblait en 1945 « que » 4,5 millions d’hommes. Ce facteur incitait le Premier ministre à plaider pour une stratégie visant l’ennemi sur ses marges afin d’économiser ses troupes ; forte de ses 11 millions d’hommes, la puissante Amérique souhaitait en revanche en finir au plus vite, en frappant le Reich sur son point fort. Ajoutons enfin que Churchill tenait à contrôler la Méditerranée, qui, via le canal de Suez, commandait la route des Indes. À cette aune, le théâtre italien devait rester prioritaire. Le rapport des forces dictait cependant sa loi : au vu de leur puissance, les États-Unis pouvaient imposer leurs vues. »

 

https://www.historia.fr/%C3%A0-l%C3%A9cran/quand-le-seigneur-de-la-guerre-doutait-d%C2%AB-overlord-%C2%BB

 

 

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Autre revue à propos du film historique « Churchill », sur les derniers jours précédant le débarquement :

« Churchill »: pourquoi le vieux lion s’opposa au Débarquement (VIDÉO)

« Symbole de la résistance britannique contre les Nazis lors de la Seconde Guerre mondiale, Winston Churchill était pourtant opposé au Débarquement du 6 juin 1944. C’est ce moment historique peu connu que raconte le film « Churchill », qui sort ce mercredi.

C’est l’un des dirigeants britanniques les plus respectés de l’Histoire, mais il s’opposa au Débarquement allié du 6 juin 1944. Le film Churchill, qui sort ce mercredi 31 sur les écrans français, raconte comment le vieux lion tint tête aux Américains avant de céder finalement.

Winston Churchill (1874-1965) impressionna ses compatriotes et le monde entier par sa détermination et son aptitude à galvaniser la population lors de la bataille d’Angleterre (le « Blitz ») en 1940-1941, alors qu’il était Premier ministre. Mais le film n’est pas un biopic: il raconte les 6 jours qui, en juin 1944, ont précédé le Débarquement allié sur les plages de Normandie.

« Ce plan finira en massacre », dit Churchill à Dwight Eisenhower, commandant suprême des forces alliées, au général Montgomery, chef des troupes terrestres, et au roi George-VI, lors de leurs dernières réunions avant le Jour-J.

Vétéran de la Première guerre mondiale, le Premier ministre est alors rongé par la culpabilité: il fut l’initiateur du débarquement raté de Gallipoli, monté dans le détroit des Dardanelles en 1915 contre l’Empire ottoman, qui se solda par un échec cinglant et la mort de 250.000 hommes côté allié. Plus jamais ça, se dit-il. Il craint que le Débarquement prévu par les Américains n’envoie à nouveau des milliers de jeunes soldats à la mort.

Il finira par céder, après ces six jours. Aigri de ne pas avoir été entendu, mais conscient qu’il faut aller de l’avant, il ne ménagera pas sa peine en s’engageant aux côtés des Alliés: »

http://www.francesoir.fr/culture-cinema/churchill-film-winston-pourquoi-le-vieux-lion-sopposa-au-debarquement-video-critique-avis-note-bande-annonce-vf-vostfr-normandie-seconde-guerre-mondiale

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Dans « La Croix », égalementsur le film :

« Churchill », à quelques jours de l’opération Overlord

Alors que les Alliés s’apprêtent à débarquer en Normandie, le premier ministre britannique, hanté par l’échec d’un débarquement pendant la Première Guerre mondiale, s’y oppose fermement.

  • Corinne Renou-Nativel,
  • le 30/05/2017 à 17:44

« L’image glorieuse d’Alliés indéfectiblement unis pour le Débarquement en Normandie de juin 1944 a balayé comme fétu de paille un fait pourtant important : Winston Churchill, le premier ministre du Royaume-Uni que l’histoire retient comme l’homme ayant mené son pays à la victoire, s’y est opposé avec virulence.

Le film de Jonathan Teplitzky retrace les six jours qui ont précédé cette opération décisive dans la défaite allemande et la fin de la guerre. Il montre un homme affaibli par son âge – à 70 ans, Churchill est le plus vieux des dirigeants alliés – auquel s’ajoutent alcoolisme mondain et dépression.

L’entrée dans le conflit des Américains a réduit son poids dans le front antinazi : l’armée britannique ne rassemble que 4,5 millions de soldats contre 11 millions pour celle des États-Unis. Les divergences de vues découlent de ces forces déséquilibrées : Winston Churchill entend économiser ses troupes en attaquant l’armée allemande sur ses marges par des débarquements plus modestes à Bordeaux, ainsi qu’en Italie afin de contrôler la Méditerranée, étape sur la route des Indes ; le général américain Eisenhower, auquel se rallie pleinement le Britannique ­Montgomery, veut mettre au plus vite un point final à la guerre en attaquant le Reich sur sa ligne de défense la plus forte.

Dans l’intimité d’un homme vieillissant

Le long métrage de Jonathan ­Teplitzky entre dans l’intimité d’un homme vieillissant, paralysé par sa responsabilité dans le catastrophique débarquement de Gallipoli le 25 avril 1915, à l’entrée du détroit des Dardanelles en Turquie, qui fit des milliers de morts britanniques.

À Churchill qui refuse le sacrifice de jeunes gens innocents, Eisenhower et Montgomery lui rappellent qu’il s’agit pourtant là d’un des fondements de la guerre et du prix à payer pour la victoire.

(…)« Le premier ministre émeut lorsqu’il réclame, si débarquement il doit y avoir, de se trouver sur un navire britannique parmi ses soldats – il faudra l’intervention du roi George VI pour le faire renoncer. »

https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Churchill-quelques-jours-loperation-Overlord-2017-05-30-1200851318

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Notice wikipédia du film :

« Juin 1944. 48 heures avant le débarquement de Normandie, Winston Churchill s’oppose à l’opération Overlord soutenue par le général américain Dwight Eisenhower.

En effet, Churchill est brusquement pris d’un doute sérieux sur le succès de cette opération en se remémorant l’échec cuisant subi à Gallipoli en 1915, qui consistait également en un débarquement surprise d’un corps expéditionnaire sur la presqu’ile du même nom, au cours de laquelle des dizaines de milliers de jeunes soldats australiens et britanniques avaient été tués.

Churchill affronte alors l’état-major de l’armée britannique, Montgomery en tête, et le commandant suprême allié, Eisenhower, qui écarte très fermement ses objections. Churchill se rend alors compte qu’il ne contrôle plus l’effort de guerre comme en 1940, qu’il ne peut plus imposer ses vues aux chefs qu’il a nommés et qu’Eisenhower lui-même écarte toutes ses tentatives de reprise en main très fermement, même s’il y met les formes : le pouvoir du monde est désormais entre les mains des États-Unis et la Grande-Bretagne doit s’y plier aussi.

Dépité, Churchill décide alors de débarquer à la tête de ses troupes à Utah Beach ; il faut alors l’intervention très ferme de George VI pour l’en dissuader. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Churchill_(film)

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Quelques supposés « ratés » analysés sommairement par « Le Point » :

« Mésentente. Au départ, Churchill n’était pas favorable à un débarquement sur les côtes nord de la France : le Premier ministre britannique veut affaiblir les puissances de l’Axe par l’aviation, la marine et des offensives en Méditerranée, notamment sur le sol italien. Mais les Allemands résistent, les Soviétiques réclament depuis longtemps un second front, et les Alliés s’entendent finalement sur une percée à l’ouest, lors des grandes conférences de l’année 1943. Churchill cède d’autant plus rapidement que les Russes progressent désormais vite à l’est… Il faut contrer leur expansionnisme !

 

Essai sanglant. Fin avril 1944, les Américains répètent en grandeur nature le débarquement sur les plages britanniques de Slapton Sands, dont on juge qu’elles ressemblent à celles d’Omaha et d’Utah, en France. L’opération Tiger, qui mobilise 30 000 hommes et 200 bateaux, tourne vite au drame : les Allemands, alertés, torpillent facilement les navires bourrés d’hommes et de munitions, faisant 750 tués et 300 blessés. Les GI sont enterrés en secret pour ne pas démoraliser les troupes : ils seront officiellement morts au combat, deux mois plus tard.

 

Codes égarés. À quelques semaines du jour J, les services secrets sont sur les dents. Militaires et politiques sont tenus à la plus grande discrétion, ce qui n’empêche pas les bavures. La plus rocambolesque concerne un officier britannique qui égare un porte-documents avec le plan de communication radio du débarquement et ses codes secrets. Fin de l’angoisse quand un chauffeur de taxi scrupuleux rapporte la sacoche à Scotland Yard…

Retard. Au départ, le D Day est fixé au 1er mai 1944 pour profiter des bonnes conditions climatiques. Mais le général Eisenhower, responsable des opérations, se rend compte qu’il n’a pas assez de barges pour assurer le transport des troupes : il faut accélérer la production au maximum et retarder le débarquement d’un mois. On choisit le 5 juin, puis le 6, en fonction d’une météo plus clémente et d’une nuit de pleine lune, favorable à l’aviation.

Guerre de bocage. Si le débarquement permet de mettre en place une tête de pont efficace en seulement quelques jours, la suite est nettement plus compliquée. Le commandement allié avait prévu de mener une offensive éclair, avec chars et aviation, mais la bataille de Normandie s’enlise dans la boue et le bocage, avec les fantassins en première ligne et les Allemands en embuscade dans les chemins et derrière les haies. Sans compter les civils, mal prévenus des attaques et des bombardements, qui payent un lourd tribut sur le terrain (14 000 morts pour la seule Basse-Normandie).

Exactions. On a longtemps caché ce genre d’informations, mais des historiens évoquent désormais le comportement abusif de certains GI sur les populations. À titre d’exemple, on a recensé environ deux cents cas de viols et une trentaine de meurtres dans le seul département de la Manche pendant les opérations. Des chiffres à relativiser lorsqu’on les compare à la masse de soldats débarquée sur la période (plus de 1,5 million). Les coupables ont parfois été arrêtés et condamnés.

Omaha Beach. Le débarquement des Américains sur la plage normande tourne à la catastrophe. Gênés par le brouillard, les bombardiers alliés ont manqué leurs cibles, les défenses allemandes sont intactes. Les barges sont larguées trop loin des côtes, la houle est forte, les tanks et le matériel coulent à pic, la plupart des embarcations sont prises pour cibles. Et quand elles accostent, le courant les a fait dériver par rapport aux objectifs. Les premiers arrivants courent au massacre, sans compter la marée qui se met à recouvrir trop vite la plage. « Tout ce qui était susceptible de rater a raté », a reconnu plus tard le général Eisenhower. En un jour, trois mille GI vont rester sur le sable, morts ou blessés.

De Gaulle contre Eisenhower. Le 6 juin, le général américain et le chef de la France Libre doivent diffuser leur appel l’un à la suite de l’autre. Mais Eisenhower demande aux Français d’obéir « aux ordres que je serai appelé à donner… » De Gaulle est furieux, il refuse d’apparaître comme le vassal des Américains : il tonne, proteste, Eisenhower l’envoie « au diable », Churchill menace de « l’enchaîner » et de le renvoyer à Alger ! Il obtient finalement que son propre message ne soit diffusé que l’après-midi du 6 juin, dans lequel il demande aux Français de suivre « les consignes » données par son gouvernement : « La bataille suprême est engagée… C’est la bataille de France ! » L’honneur est sauf.

Déception à Falaise. Ce devait être la dernière bataille, celle qui permettrait, à l’arrière de Caen, en août 1944, de prendre au piège les divisions blindées allemandes de Normandie en opérant la jonction des troupes américaines et anglo-canadiennes, par un large mouvement d’encerclement. Mais les Alliés ne sont pas assez rapides, la poche se révèle poreuse, et plus de 50 000 soldats allemands parviennent à s’enfuir, même si le gros de la Wehrmacht est mis hors de combat. Les Anglais et les Américains se renverront longtemps la responsabilité de cette demi-victoire.

Reportage gâché. Robert Capa, l’envoyé spécial du magazine américain Life, fait partie du contingent débarqué sur Omaha Beach la sanglante. Le célèbre photographe mitraille les soldats qui tentent d’échapper au feu ou à la noyade, au plus près de l’action. Mais sur la centaine de clichés du D Day, seuls onze seront publiables, les autres ayant été détruits au cours de leur développement, à la suite d’une erreur d’un laborantin. Ce sont à ce jour les documents les plus saisissants du D Day, mondialement connus.

 

https://www.lepoint.fr/histoire/les-10-rates-du-debarquement-05-06-2014-1832570_1615.php#site

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Plus percutant, encore, sur « Valeurs Actuelles », qu’on ne saurait soupçonner de « gauchisme » !

« Normandie – 6 juin 1944. Évoqué dès 1942, le choix des plages du Cotentin et du Calvados n’a été finalement arrêté que six mois avant le jour J. Après un détour par les Balkans… Et l’incroyable opération Fortitude, qui leurra les Allemands avec un immense succès.

Si les Britanniques ont joué un rôle décisif dans le succès du 6 juin 1944 — ne serait-ce que pour avoir tenu quatre ans face à Hitler et ainsi pu offrir à l’armada alliée la base arrière sans laquelle rien n’eût été possible —, c’est peu dire que le choix de la Normandie pour déclencher la « bataille suprême » (Charles de Gaulle) n’était pas le leur…

On l’ignore généralement : ce n’est pas en France, mais en Yougoslavie que Churchill aurait préféré voir Américains, Britanniques et Canadiens faire porter le gros de leurs efforts pour la libération de l’Europe. Et ce n’est qu’à l’extrême fin de l’année 1943 — à la conférence de Téhéran, entre le 28 novembre et le 1er décembre — que le principe et le lieu de l’opération Overlord, arrêtés par Roosevelt, en août précédent, ont été entérinés par Churchill.

 

Pourquoi le premier ministre britannique tenait-il tant aux Balkans ? Pour une raison qui, rétrospectivement, apparaît largement recevable : barrer la route de l’Europe centrale et orientale aux Soviétiques, qui, depuis la capitulation de la VIe armée allemande à Stalingrad (février 1943) et surtout la bataille de Koursk (juillet-août 1943), avancent à grandes enjambées vers l’ouest. À ses proches, il ne cesse de le répéter : la priorité consistant à débarrasser l’Europe de Hitler n’implique pas nécessairement d’en livrer une partie à Staline. Il se dit que prendre pied en Slovénie ou en Istrie puis remonter vers Vienne par la trouée de Ljubljana (entre les Alpes et les Balkans) frappera les Allemands de stupeur et permettra d’aller rapidement à la rencontre des Soviétiques dans plusieurs directions à la fois : Prague, Budapest, et surtout les champs pétrolifères de Roumanie, essentiels à la machine de guerre allemande… Ce qui, dans l’esprit de Churchill, n’exclut nullement un second débarquement en Provence (comme celui qui aura effectivement lieu, le 15 août 1944) visant à la fois la libération du territoire français et, via la vallée du Rhône et la trouée de Belfort, l’invasion de l’Allemagne.

Quand Staline a invité Churchill, à Moscou, en août 1942, celui-ci lui a dessiné un crocodile. Et il lui a dit, à propos du prochain débarquement allié en Afrique du Nord dont il a personnellement convaincu Roosevelt : « Vous vous occupez de la gueule, et une fois les Allemands chassés d’Afrique, nous nous occupons du ventre mou [« soft underbelly »] : l’Italie puis les Balkans. »

Satisfait de la perspective d’un nouveau front en Italie, Staline n’a pas cillé. Mais, malgré les toasts échangés, Churchill a bien compris que la perspective de voir les Anglo-Saxons pousser jusqu’aux Balkans, et même au-delà, ne le remplissait pas de joie… Garder les mains libres en Europe orientale : voilà sa seule priorité, quitte à porter seul l’effort de guerre à l’est. Ce qu’il veut, c’est que les Alliés s’engagent à fond à l’ouest. Et qu’au sud, ils bornent leur progression à la plaine du Pô. Une vision qui convient parfaitement à Roosevelt, dont les troupes, débarquées en Sicile en juillet 1943, remontent avec les pires difficultés vers Rome, en raison de l’étroitesse et du relief de la péninsule, qui limitent les possibilités de percée. Le « vrai » second front, c’est par un choc frontal avec la Wehrmacht, dans les grandes plaines de l’Europe du Nord-Ouest, que l’Américain souhaite l’ouvrir. Parce que la manoeuvre y sera plus facile, mais aussi et surtout parce que le chemin à parcourir pour envahir le poumon industriel de l’Allemagne, la Ruhr, est bien plus court.

Churchill ayant finalement cédé au nom du principe « qui paye commande » (que ferait le Royaume-Uni sans les crédits accordés par Washington ? ), les Alliés tombent donc rapidement d’accord sur la Normandie. Stratégiquement idéale, la traversée du pas de Calais a été écartée d’emblée, justement parce qu’elle va de soi et que les Allemands ne peuvent pas ne pas s’y préparer. Plus à l’ouest, la Bretagne risquerait de se transformer en souricière pour les Alliés si la Wehrmacht parvenait à les bloquer sur une ligne Saint-Malo Saint-Nazaire. Quant au golfe de Gascogne, il se situe à la limite du rayon d’action des chasseurs, qui auront besoin de tenir le ciel de longues heures le jour J. Sans parler des batteries géantes du mur de l’Atlantique installées depuis plusieurs mois déjà sur le littoral aquitain… »

https://www.valeursactuelles.com/histoire/le-debarquement-secrets-et-stratagemes-46009

 

 

https://www.larousse.fr/encyclopedie/data/images/1009146-La_lib%C3%A9ration_de_lEurope_et_le_front_germano-sovi%C3%A9tique.jpg

 

Caen « libéré »

 

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