2008-2018 Situation internationale : 10 ans de crise, Quel remède ?

 

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TML

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/10/07/2008-2018-situation-internationale-10-ans-de-crise-quel-remede/

 

 

 

2008-2018

 

Situation internationale :

 

10 ans de crise,

 

 

Quel remède ?

 

 

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Dix ans après le krach de 2008 et le sauvetage in extremis du système bancaire à grand renfort de liquidités surnuméraires déversées par les banques centrales, l’économie réellement productive ne représente toujours, et même avec une disproportion décuplée, que quelques poignées de grains de maïs noyées dans la marmite d’huile bouillonnante de la finance mondialisée…

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https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

Ce raz de marée sans précédent de liquidités injectées sur les marchés depuis 2008 a pris à nouveau essentiellement le chemin des actifs financiers, même si cela a permis, au passage de renflouer les banques naufragées…( 1 )

Cette manne financière était censée, en outre, non seulement enrayer le risque de récession, mais aussi et surtout, relancer l’investissement dans l’économie réellement productive et donc engendrer une « inflation maîtrisée » en lien avec une très hypothétique reprise de la croissance économique…

Or, en dépit de l’énormité des moyens financiers mis en œuvre, et qui ont donc essentiellement contribué à regonfler une nouvelle bulle financière, la « reprise », dix ans après la crise de 2008, reste des plus symboliques et, à peine ébauchée, elle retombe déjà comme un soufflé vite refroidi, et l’inflation suit la même courbe molle, et, de plus, essentiellement portée par la hausse de l’énergie, la hausse des taxes, et non pas par la consommation populaire, affaiblie par une avalanche de reculs sociaux rendus également incontournables pour la survie du capital. ( 2 )

En Europe, l’échéance de la fin des politiques monétaires de « sortie de crise » est annoncée pour Décembre 2018, tandis qu’aux USA, après un arrêt du flot de liquidités dès Octobre 2014, un plan de liquidation progressive des obligations et actifs toxiques ainsi emmagasinés par la FED s’est mis en place depuis Octobre 17… ( 3 )

Les conséquences réelles de ces politiques monétaires de « Quantitative Easing » sont donc encore à venir, en réalité, et elles risquent de barrer encore longtemps la route de la sortie de crise, sinon d’être elles-mêmes la cause d’une nouvelle crise majeure, qui verrait l’éclatement de la nouvelle bulle financière regonflée depuis dix ans, et sans possibilité, cette fois ci, de réemployer ce même « remède de cheval », sauf à tuer, à coup sûr, le malade…

A court terme, le risque d’un retour de la récession reste le plus grand (4), mais tant que l’excédent de liquidité n’est pas résorbé, et il ne peut l’être que très lentement, le risque de dérapage inflationniste n’est pas à exclure non plus, avec aussi peu de solutions possibles, sauf à risque, là encore, d’achever le malade.

C’est dans ce contexte fondamentalement instable, financièrement et économiquement, qu’éclate, et pour cause, la guerre économique entre les USA et la Chine.

Si la domination du capital financier US reste écrasante, ( 5 ) elle se heurte néanmoins à la difficulté de pouvoir continuer à se développer et à se valoriser dans le cycle productif.

Une poignée de grains de maïs « productifs », jetés dans une marmite financière trop grande éclateront et se dilueront sans conserver le gonflement « bénéfique » du pop-corn financier souhaité au départ… ( 6 ) L’éclatement cyclique de la bulle financière étant inévitable, l’impérialisme US tente néanmoins de sauver sa propre poignée de grains « productifs » dans l’espoir de regonfler sa part de pop-corn à l’issue de la crise, et même de manger celle des autres, si possible, et tant qu’à faire…

Sans le grain de maïs de l’économie productive, pas de pop-corn financier possible…

Si, avec le développement de l’industrie moderne, et encore plus, des nouvelles technologies, le capital financier est devenu le mode de domination indispensable à la survie du capitalisme, il n’en repose pas moins sur l’accumulation de plus-value effectuée dans le secteur productif. Conserver le contrôle d’une part essentielle du secteur productif reste donc la base de la domination de telle ou telle fraction du capital financier. Le pop-corn financier n’est jamais qu’une forme distendue et fictive de la valeur créée au départ dans le secteur productif.

Dans sa forme fictive et démesurément distendue le capital financier n’en conserve pas moins le pouvoir d’acquérir et de contrôler, à travers ses cartels et monopoles, des parts toujours plus importantes du secteur productif. C’est faute de le faire que l’aspect fictif de sa forme reprend le dessus et que la bulle éclate, que le pop-corn achève de se diluer dans l’huile refroidie de la débâcle financière et perd tout pouvoir de survie pour le capitaliste.

C’est ce que le capitaliste US a bien compris, après avoir investi plusieurs décennies durant dans le développement de l’ « atelier du monde », dans lequel il avait réussi à exploiter le prolétariat chinois avec la complicité de la bourgeoisie bureaucratique maoïste finissante, et surtout, de sa fraction comprador groupée autour de Deng Xiaoping. ( 7 )

En allumant ce contre feu face à la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS, le capital financier US, provisoirement pris à la gorge par les luttes de libération nationales du tiers monde, au tournant des années 70, a pu se reconstituer et reprendre sa position dominante.

Néanmoins, la bourgeoisie bureaucratique chinoise, irriguée financièrement par ce flux US, en a profité pour accumuler patiemment son propre capital financier, en parasite comprador de l’exploitation US du prolétariat chinois et de la classe moyenne formée en marge de cette exploitation.

Depuis, elle n’a de cesse de s’émanciper en tant que nouveau pôle financier « indépendant », c’est à dire impérialiste à son tour.

Après avoir contribué à démanteler, avec la complicité financière des USA, les derniers restes stratégiques de l’industrie européenne, elle est désormais sur le point d’y arriver et se pose en challenger numéro 1, dans tous les domaines, de l’impérialisme US.

En total cumulé, incluant désormais officiellement Hong Kong, la Chine est, loin devant les autres, la seconde puissance financière mondiale derrière les USA, et sur le plan économique, également, voire même la première, selon différents critères statistiques, sur ce plan.

C’est ainsi que la stratégie manipulatrice de l’impérialisme US se retourne maintenant inévitablement contre lui, suivant simplement en cela les lois intrinsèques de l’économie capitaliste, auxquelles il ne saurait échapper, d’une manière ou d’une autre.

Mais cette guerre économique à laquelle il se trouve contraint pour conserver sa domination se déroule également sur le fond des guerres bien réelles, au sens basique et militaire du terme, qui se sont développées ces dernières décennies, et dont il est presque systématiquement à l’origine, directement ou non, en fonction de ses « alliances » avec diverses bourgeoisies vassales et comprador locales.

Sur ce plan, toutefois, il se heurte violemment à la résistance des peuples et des bourgeoisies nationales qui refusent d’être asservis à ses intérêts financiers et tentent de survivre indépendamment. ( 8 ) Ces mouvements de résistance, jadis plus ou moins soutenus et fédérés par la bourgeoisie nationale bureaucratique d’URSS ont néanmoins survécu à son effondrement et l’impérialisme US et ses vassaux occidentaux ont tenté de les réduire, non sans un relatif succès, comme en Libye, mais sans parvenir complètement à leur fins, sans parvenir à établir des régimes comprador suffisamment stables pour y préserver pleinement leurs intérêts.

L’URSS elles-même, entrée dans une phase comprador avec l’ère Gorbatchev-Eltsine, s’est effondrée en tant que structure fédérant diverses nations, mais la Russie comprador d’Eltsine n’a, pas plus que d’autres régimes fantoches « sponsorisés » par les USA, réussi à trouver une stabilité dans cette soumission, ouvrant finalement le passage à un retour de la bourgeoisie nationale russe, avec Poutine comme figure de proue.

Ruinée, économiquement, la bourgeoisie nationale russe s’appuie à nouveau sur l’exploitation de ses ressources naturelles en matières premières, comme elle le faisait déjà sous l’ère Brejnev, ( 9 ) et reconstitue son industrie militaire, héritée de la même époque, mais largement démantelée sous l’ère comprador Eltsine. Faute de pouvoir encore développer son industrie plus classique et sa finance elle tente de résister par une stratégie d’alliances avec les autre bourgeoisies nationales qui tentent elles aussi de résister à la domination US.

Le développement d’une industrie moderne et « compétitive » exige l’investissement de capitaux financiers très importants, tels qu’ils n’ont jamais pu être accumulés en Russie, depuis l’ère de la contre-révolution khrouchtchevienne (10), et pas non plus sous les ères bureaucratiques Brejnev et Gorbatchev, parasitées par le développement du capitalisme mafieux, issu des goulags « libérés », en marge de la bureaucratie, et, le plus souvent, en symbiose effective avec elle (11). C’est la grande différence de type de « développement » entre le capitalisme bureaucratique russe et le capitalisme bureaucratique chinois, irrigué, quant à lui, par les flux financiers US, dès 1972 et la célèbre entrevue Nixon-Mao.

L’importance du flux financier US, plus deux décennies d’expérience supplémentaires dans l’intégration aux flux de la finance mondialisée, ont irrémédiablement creusé l’écart entre ces deux géants, par ailleurs comparables, sur le plan géostratégique, par leur importance d’ordre planétaire.

Avec même un avantage à la Russie concernant les ressources naturelles et l’étendue de son territoire, qui en fait le plus grand pays du monde, en superficie, et l’un des mieux situé sur la planète, par rapport aux principales zones de développement économique.

A défaut d’en faire un concurrent réel en termes de capitalisme financier et industriel, cela en fait une cible évidemment extrêmement convoitée par les puissances impérialistes, aussi bien anciennes, US et européennes, que par la Chine.

Pour ne pas passer sous la domination de l’un ou de l’autre elle n’a que deux armes, dont l’une, l’exportation de matières premières, est par définition à double tranchant, du fait de la dépendance aux cours et à la concurrence en grande partie contrôlée par les USA. L’autre, c’est évidemment la force armée, coûteuse, et qui doit être rationalisée au maximum, en fonction des moyens.

La Russie, remarquée sur la scène internationale par le succès de son intervention de soutien à la bourgeoisie nationale syrienne, n’en opère pas moins à partir d’un budget extrêmement limité et en réalité inférieur à celui de la France, par exemple, qui intervient sur le même terrain en tant qu’alliée de l’impérialisme US, et dans l’espoir, à la fois, d’abattre la bourgeoisie nationale syrienne et de réduire l’influence de la Russie et de ses alliés en résistance contre l’impérialisme US.

Sur le plan financier il est également utile de rappeler que le total du capital financier russe avoisine difficilement celui de l’Espagne et reste déficitaire en termes d’échanges internationaux, entre exportation et importation de capitaux, et au total, à un niveau encore plus réduit.

Il est donc ridicule, à tous points de vue, de parler d’ « impérialisme russe », comme le font ceux qui rêvent simplement de dépecer la Russie, y incluant leurs complices de « gauche » et d’ « extrême-gauche », trotskystes, maoïstes, anarchistes, etc… (et parfois même, pseudo- « marxistes-léninistes »!)

Encerclée par les forces et les puissances OTANesques, sur les trois quarts de sa périphérie, et par la Chine, pour le reste, elle n’a d’autre choix que la résistance ou la soumission, comme semi-colonie, aux occidentaux ou à la Chine. C’est pourquoi il est vital, pour elle, de trouver des alliances en dehors de cette tenaille et c’est donc pourquoi elle se trouve obligée d’intervenir militairement partout ou une bourgeoisie nationale locale tente de survivre et sollicite de l’aide de sa part, comme cela se produisait du temps de l’URSS, du reste.

S’il est clair que le retour de la Russie sur le devant de la scène internationale est effectivement frappant, et à plus d’un titre, il faut donc bien comprendre que le rôle de l’agresseur, dans tous les conflits où elle se trouve mêlée, n’est généralement pas le sien, mais systématiquement, même si parfois indirectement, celui de l’impérialisme US et de ses alliés et complices. En réalité, ils n’ont de cesse, directement ou indirectement, de réduire son influence, et cela en dépit de leurs engagements pris au moment du démantèlement de l’URSS, sans parler de ceux d’avant.

Faute d’oser s’en prendre encore directement à la Russie, l’impérialisme US a donc tenté de renforcer son emprise partout où il le pouvait et notamment dans les autres régions d’importance géostratégique, géo-économiques, et donc d’importance géopolitique, de par le fait. Au premier rang desquelles, le Proche-Orient, évidemment.

Le Proche-Orient combine à la fois la chance, ou la malchance, trop souvent, d’être à la fois un carrefour géostratégique et une région riche en ressources naturelles essentielles stratégiquement, question pétrole et gaz.

Il est donc d’abord et avant tout le carrefour des convoitises impérialistes de toutes sortes et le lieu d’élection du fortin colonialiste sioniste, en voie d’expansion permanente, par tous les moyens criminels qu’on lui connaît. Mais ce fortin, Israël, avant-poste de contrôle au service des convoitises yankee, ne suffit plus, désormais, face à la révolte des autochtones palestiniens et des peuples environnants, à garantir la sécurité des ressources locales au profit de l’Occident. Un « remodelage » de toute la région a donc été entrepris, outre celui entamé par les sionistes, en vue de reconstituer une infrastructure néocoloniale à l’échelle régionale.

Après de multiples et sanglantes guerres locales fomentées par l’impérialisme et ses supplétifs terroristes locaux et « internationaux », ce plan est sur le point d’être mis totalement en échec, du à la résistance locale, soutenue par l’Iran et efficacement secondée par l’intervention russe, sollicitée par la bourgeoisie nationale syrienne.

L’Iran est clairement la poche de résistance locale qui a donné le plus de fil à retordre à toutes les tentatives impérialistes dans la région, (12) avec ses alliés libanais et syriens. Il est clairement, désormais, la cible centrale de la stratégie de déstabilisation et d’étranglement économique pratiqué par l’impérialisme, et par les USA, en premier lieu, avant une intervention militaire qui serait certainement, par contre, encore plus ardue, pour les impérialistes, que les précédentes…

Dans le même esprit kollaborationniste qui anime une grande partie de nos « démocrates » occidentaux et autres « gauchistes » prétendument « humanistes », l’Iran serait aussi un de ces « impérialismes » locaux à vocation expansionniste et prédatrice de son voisinage… Une sorte de version locale du prétendu « impérialisme russe ». Là encore, le ridicule n’arrête pas ces propagandistes zélés du véritable impérialisme, généralement le leur, en dépit d’un rapport de proportion encore plus dérisoire, si possible : le capital financier de l’Iran est de l’ordre du 1/5ème de celui de la Russie, sa capacité d’ « exportation » de capitaux quasiment indétectable, et quant à ses possibilités d’accueillir quelques investissements étrangers, on a rapidement vu ce qu’il en était dès que l’Oncle Sam-Trump a levé la main pour dire « stop ! »…

De Moscou à Téhéran, et dans toute les régions où ces deux pays ont des alliés, s’est donc ouverte une ligne de fracture solidarisant entre elles, par nécessité, les bourgeoisies nationales récalcitrantes et résistantes face à la rapacité de l’impérialisme, et de l’impérialisme US, en premier lieu.

C’est, actuellement, à l’échelle planétaire, le seul front sur lequel l’impérialisme a subit quelques revers significatifs, ces derniers mois, et cela après une suite d’agressions diverses, en Afghanistan, Irak, Lybie, etc… où tous ses objectifs sont loin d’avoir été atteints, cependant. Au Yémen, encore actuellement, le sort du combat est loin d’être décidé et la résistance continue, avec, là aussi, le soutien de l’Iran.

D’une manière générale, il n’y a pas, pour autant, d’illusions à se faire sur la nature sociale des bourgeoisies nationales, même en phase de résistance anti-impérialiste. Elles restent les tenantes d’un régime capitaliste, et ne font que les concessions sociales qui leur sont nécessaires pour obtenir une certaine cohésion populaire de soutien à leur régime, ou bien que le prolétariat les contraint à céder par ses luttes. Le cas de la réforme réactionnaire des retraites en Russie est exemplaire à ce sujet. (13) Les reculs sociaux leurs sont aussi en partie dictés par les restrictions financières et les sanctions économiques imposées par l’impérialisme. Elles se trouvent donc constamment à la fois dans la tentation de capituler pour espérer un relâchement de ce côté et dans celle de recréer une cohésion nationale au détriment de leur propre intérêt immédiat. Leur statut n’est donc jamais durablement fixé mais pour autant leur capitulation vis à vis de l’impérialisme n’a jamais apporté que des reculs sociaux encore pire pour le prolétariat, et une dégradation générale de ses conditions de vie et de lutte.

Pour les prolétaires de ces pays, la situation est particulièrement difficile et complexe, car il ne doivent en aucun cas renoncer à l’autonomie de leur classe et de leur organisation de classe, et la créer de façon tout à fait indépendante, le cas échéant, et continuer de la renforcer, quoi qu’il en soit. Néanmoins il doivent également absolument éviter de se faire le jouet des manipulations impérialistes visant à instrumentaliser leurs luttes au service des factions comprador de la bourgeoisie locale.

En occident, et, d’une manière générale, dans les métropoles impérialistes, il n’y existe évidemment plus du tout de restes significatifs de la bourgeoisie nationale, quoi que prétendent certains opportunistes, (14) et la situation est donc plus simple : il n’y a pas de transition possible qui ne soit directement une rupture avec le capitalisme et l’économie de marché, qui en est la base actuelle. C’est la réorganisation de la production et des services, en fonction des besoins sociaux les plus urgents, définis démocratiquement par le plan-programme, qui est le seul objectif politique pouvant unifier le prolétariat et les autres couches populaires dans une perspective d’avenir meilleur (15). La survivance de très petites entreprises, essentiellement individuelles, ou « autogérées » est peut être possible, dans un premier temps, jusqu’à leur intégration à un système coopératif en lien avec le plan, mais pour tout ce qui est vital et stratégiquement essentiel, c’est la détermination des besoins collectifs qui donne la direction à suivre, et non les aléas du marché.

Pour autant, même si les reculs sociaux se sont accélérés et accumulés depuis 2008, en Occident, les luttes sociales y sont encore loin d’avoir remis en cause le capitalisme et l’impérialisme. Tout au plus, elle n’ont fait que tenter, sans aucune chance de succès, d’en revenir au statu quo ante, tel qu’à l’époque d’avant la crise, sans percevoir le changement de paradigme impliqué par la mondialisation et l’émergence de l’empire industriel chinois et d’autres pays sur la scène internationale.

Même la gauche syndicale et politique s’est contentée, et se contente encore, en France notamment, de rabâcher son ronron réformiste, en usant, formellement, au plus fort des luttes, et pour ne pas perdre sa base, d’un langage un peu plus « radical » dans la formulation de ses revendications réformistes. Fondamentalement, elle reste dans le soutien de son propre impérialisme et de l’impérialisme US qui le chapeaute, et cela au nom de la « démocratie » et de l’ « humanisme » ! Accessoirement, une autre aile « gauche de la gauche » verse dans le soutien, plus ou moins clairement stipendié, à l’impérialisme chinois, feignant d’ignorer le fait que derrière ce prétendu « socialisme à la chinoise » se dissimule le même système d’exploitation capitaliste/impérialiste. (16)

Ce que les guerres du Proche-Orient ont mis en lumière, même si ce n’est pas encore perçu de tous, c’est la capacité de l’impérialisme, à travers la manipulation du terrorisme, à inverser les rôles et à se présenter comme défenseur des libertés, tout en agressant les peuples et les nations qui veulent simplement conserver leur indépendance et se développer économiquement en dehors de sa domination.

De la même façon, et encore plus efficacement, il parvient à inverser les responsabilités concernant les flots de réfugiés et de migrants engendrés par ses guerres d’agression. Il parvient, en manipulant les mouvements réellement humanistes à solidariser les population des métropoles avec les victimes de ses guerres, mais en en dissimulant les causes économiques et financières réelles et tente, de cette manière, de les légitimer.

Alors que ces flots de migrations, comme les précédents, iront simplement grossir la masse des prolétaires exploitables dans les métropoles, et, avec la crise, principalement accroître la masse des chômeurs, faire pression sur les salaires, creuser les inégalités et accentuer les conflits racistes inter-communautaires, pour le plus grand profit du capital.

Alors que le moyen évident, mais ainsi dissimulé par le capital, pour éviter ces guerres et ces flots de misère et de mort, c’est tout simplement la fin du système capitaliste et impérialiste.

Les prolétaires et l’ensemble des travailleurs des métropoles n’ont pas d’autres intérêts immédiats, quant au fond, que ceux des millions de victimes des guerres impérialistes du Proche-Orient et d’ailleurs.

C’est la crise intrinsèque du système capitaliste mondialisé qui engendre et exacerbe son agressivité destructrice. La finance impérialiste doit s’étendre partout où c’est encore possible pour trouver de nouvelles opportunités de profits, et cela passe par la destruction de tout ce qui lui résiste, destruction par elle-même « profitable » au sens capitaliste du terme, en engendrant de nouvelles inégalités sociales à l’échelle internationale et de nouveaux marchés de « reconstruction ».

Mais la finance mondialisée n’a jamais pour but de répondre réellement aux besoins des populations. La crise de 2007-2008, dite des « subprimes », a commencé avec les crédits litigieux accordés aux familles des classes populaires incapables de trouver un logement autrement. Le but de l’opération n’était évidemment pas de loger les pauvres, mais bien une vaste escroquerie financière, et « légale », qui plus est, au regard du système capitaliste.

Aujourd’hui le système tente encore de légitimer toutes les ruines et les guerres qui s’en sont suivies…

Alors qu’il n’a évidemment aucune motivation de répondre aux besoins réels des populations, mais seulement de continuer à entasser des profits.

Et pour y arriver il a désormais autant besoin, dans sa phase de crise systémique, des guerres réelles qu’il développe à tous propos que de la guerre économique, prélude potentiel à une confrontation généralisée, une troisième guerre mondiale, qui mènerait l’humanité encore plus près de sa fin que ne le fait l’exploitation actuelle des ressources humaines et naturelles.

La situation tragique du Proche-Orient est actuellement l’illustration sanglante de ce qu’est la nature réelle du capitalisme/impérialisme, mais les mêmes causes et les mêmes effets se retrouvent aux quatre coins de la planète.

Les prolétaires victimes des guerres, les prolétaires réfugiés, et tous les prolétaires des métropoles impérialistes elles-même n’ont pas d’intérêts différents, quant au fond.

Leur intérêt commun est d’assurer la défaite de l’impérialisme partout où les peuples résistent et préparer, par leur lutte et leur organisation de classe, l’avènement d’un monde gérant les ressources de la planète, la production et les services, en fonction des besoins sociaux réels des populations, et non en vue d’accumuler du capital !

La lutte anticapitaliste dans les métropoles n’a de sens que si elle intègre la solidarité avec les peuples déjà en lutte contre l’impérialisme, dans un mouvement de résistance globale, anticapitaliste et anti-impérialiste !

Dans le rapport de forces actuel, la compréhension de cette solidarité, nécessaire à la fois pour dépasser les clivages intra-communautaires et le stade de la kollaboration de classe pseudo- « humaniste », c’est un premier pas vers l’émergence d’une conscience de classe nouvelle, reflétant la réalité de la situation du prolétariat en ce début de 21ème siècle.

Luniterre

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NOTES :

 

( 1 __ https://blogs.mediapart.fr/jaschaeffel/blog/030817/quand-va-donc-eclater-la-plus-grosse-bulle-financiere-de-l-histoire

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/situation-eco-2018-gallois.pdf   )

( 2 __ https://www.tradingsat.com/actualites/marches-financiers/marche-zone-euro-l-inflation-estimee-a-12-sur-un-an-en-septembre-827321.html

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/10/04/20002-20181004ARTFIG00342-l-insee-revoit-sa-prevision-de-croissance-a-la-baisse-pour-2018.php

Alors qu’en janvier 2018, le ton, déjà prudent, était :

https://www.huffingtonpost.fr/jean-luc-ginder/pourquoi-il-ne-faut-pas-se-rejouir-trop-vite-de-la-reprise-economique-tant-attendue_a_23323826/ )

( 3 __ « Fed set to press the button to unwind quantitative easing (20/09/2017)»

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-fed-unwind-qe-09-2017.pdf

Voir également :

https://www.worldfinance.com/banking/the-qe-reversal

https://wolfstreet.com/2018/10/04/feds-balance-sheet-normalization-reaches-285-billion/

https://wolfstreet.com/2018/08/03/fed-accelerates-qe-unwind-balance-sheet-normalization/   )

( 4 __ https://www.cnbc.com/2018/09/29/global-monetary-policy-is-getting-tighter-and-veteran-investor-boockvar-sees-a-red-flag.html )

( 5 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/usa-chine-guerre-eco-doc-iris-03-10-2018.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/ )

( 6 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/10/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/15/aux-racines-de-la-crise-le-statut-des-actions-dans-le-capital-fictif-suite/ )

( 7 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/07/29/1385_chine_yuan_dollar_/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2014/03/08/en_relisant_lenine_qui_parlait_deja_de_chine/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/03/03/capitalisme-et-imperialisme-sont-les-deux-faces-dune-meme-piece/ )

( 8 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/ )

( 10 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/11/20/lettre-ouverte-au-rocml-a-propos-des-sept-questions-sans-reponses/ )

( 11 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

Cité in :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/ )

( 12 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/10/appel-des-travailleurs-iraniens-de-la-metallurgie-aux-syndicalistes-et-aux-pacifistes-du-monde-entier/ )

( 13 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/19/ne-khotim-umirat-na-rabote-pour-ne-pas-mourir-au-travail-finalement-le-vent-se-leve-a-lest/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/07/29/russie-contre-la-reforme-des-retraites-le-combat-continue/ )

( 14 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/03/le-mythe-du-nouveau-cnr-vieux-serpent-de-mer-du-social-chauvinisme/ )

( 15 __ https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/democratie-proletarienne-et-planification-socialiste-le-role-de-linformatique-et-de-linteractivite/ )

( 16 __ https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/l_imperialisme-chinois-a-l_assaut-de-l_afrique.pdf )

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Face au tableau noir…

 

 

Nabil Anani  -Palestine

 

 

 

Depuis la nuit où nous nous trouvons, nous apercevons la lumière au loin.
La route pour y aller nous est barrée.
Ceux d’entre nous qui essaient d’avancer sont fusillés.
Ils tombent à nos pieds et ouvrent des chemins.
La terre ensevelit leurs corps et fleurit de mille jasmins.
Au bout d’un chemin pousse un jardin et monte jusqu’au ciel.
Le sol tremble sous nos pas.
La lumière au loin brille comme un feu d’espoir.
Les yeux de nos enfants s’éparpillent comme des gouttes d’eau ou d’émeraudes.
Le sang qui coule dans nos veines nous enivre et fait battre nos cœurs.
Nous prenons nos enfants par les mains et continuons d’avancer.
Certains empruntent d’autres chemins et les regardons s’éloigner puis disparaître.
Il y a des champs, des collines, des forêts, des mers… il y a aussi des déserts.
La marche continue.
La fusillade bat son plein et à chaque fois, un chemin nouveau.
Par ici, par là, par là-bas…
Nous sommes partout.
Tous les chemins se sont rejoints.
Notre ressemblance nous unit.
Nous sommes un.
Notre peuple est un géant qui avance à pas de géant sur une seule route.
Il bouscule toutes les barrières.
Il enjambe les champs, les collines, les forêts, les mers… et même les déserts.
La lumière est toute proche.
Elle rougit couleur de sang.
Elle est aveuglante.
Le géant que nous sommes devenus doit encore faire un dernier pas pour la franchir et voir ce qui se trouve derrière.
Ce pourquoi on nous fusille.
Le géant avance et découvre l’horreur d’un enfer vivant.

Al Faraby _Dimanche, 30 septembre 2018

 

 

 

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2018/10/e7fd0-a3.jpg?w=940

Face au tableau noir . . .

 

 


Ils ont déposé une gerbe de fleurs à la place de Nacer. C’est là que leur camarade aurait dû être s’il n’avait pas été fusillé pas les soldats de la force d’occupation.
Là, sur ce banc, derrière ce pupitre et face au tableau noir.
Gaza est en deuil mais pas du tout résigné. Qu’apprend-t-on à l’école sinon la résistance?


Nacer Masbah, jeune écolier de Khan Younès, était allé « marcher » ce vendredi-là sur le chemin du retour… Il n’en est pas revenu. Emportant pour l’éternité ses douze années de vie.


Nous en souviendrons.

Al Faraby
Lundi, 1er octobre 2018

https://assawra.blogspot.com/2018/10/face-au-tableau-noir.html

https://assawra.blogspot.com/2018/09/flammes-denfer.html

Avion russe abattu : Le piège criminel tendu par les sionistes

 

Avion russe abattu :

 

Le piège criminel

 

tendu par les sionistes

Le ministère russe de la Défense a tenu Israël responsable de l’accident de d’un avion de reconnaissance russe en Syrie, lundi.

Mais le président Vladimir Poutine s’est montré plus conciliant, évoquant des « circonstances accidentelles ».

Le président russe Vladimir Poutine est intervenu mardi 18 septembre pour calmer les tensions entre la Russie et Israël après les accusations portées contre Tsahal par le ministère russe de la Défense. Celui-ci a accusé Israël d’avoir causé la destruction d’un avion de reconnaissance russe, accidentellement abattu lundi par l’armée syrienne.

Le ministère russe de la Défense a indiqué que l’appareil, un Iliouchine Il-20, transportait 15 soldats lorsqu’il a été abattu par une batterie antiaérienne de l’armée syrienne de façon accidentelle. Selon lui, l’appareil a disparu des écrans radar alors qu’il se trouvait à 35 km des côtes syriennes, au moment où les forces israéliennes et françaises procédaient à des frappes dans le secteur.

Dans cette affaire, Moscou estime que l’aviation israélienne a délibérément créé une situation « dangereuse » dans le secteur de Lattaquié, alors que l’avion russe s’apprêtait à atterrir sur la base de Hmeimim, située dans la province du même nom. « Nous considérons comme hostile cette initiative de l’armée israélienne », a dit Igor Konachenkov, porte-parole du ministère. « Du fait des actes irresponsables de l’armée israélienne, 15 militaires russes ont trouvé la mort. Ce n’est absolument pas conforme à l’esprit du partenariat russo-israélien. »

« Nous nous réservons le droit de réagir par des mesures équivalentes », a-t-il poursuivi dans une déclaration sur la télévision russe.

Poutine apaise les tensions

Adoptant un ton plus conciliant, le président russe Vladimir Poutine a expliqué mardi après-midi que le crash de l’avion militaire russe était dû à « un enchaînement de circonstances accidentelles tragiques ». Un geste qui a pour but d’apaiser les tensions entre ces deux pays qui entretiennent des relations cordiales depuis plusieurs années.

Au préalable, le ministère russe de la Défense avait convoqué l’ambassadeur israélien pour évoquer cet incident qualifié d’acte hostile. Mais côté israélien, les forces armées ont réfuté les critiques, affirmant dans un communiqué que la responsabilité de l’incident incombait aux batteries antiaériennes syriennes qui ont « fait feu sans discernement » et « sans se préoccuper » de la présence d’un appareil russe en vol.

Tsahal ajoute que ses chasseurs ont pris pour cible un complexe de l’armée syrienne et qu’ils « étaient déjà revenus dans l’espace aérien israélien » lorsque l’Il-20 a été abattu.

Des F-16 israéliens cachés derrière les avions russes ?

Selon le ministère russe de la Défense, les chasseurs F-16 de l’armée israélienne, menant des frappes aériennes, se sont servis de l’Il-20 pour se couvrir et s’approcher de leurs cibles au sol tout en échappant à la défense antiaérienne syrienne.

« En se cachant derrière l’appareil russe, les pilotes israéliens l’ont placé dans la ligne de tir du système de défense antiaérienne syrien. L’Il-20 a été abattu par un missile S-200 », a expliqué Igor Konachenkov. Pour lui, les pilotes israéliens ont nécessairement vu l’appareil russe car ce dernier était en phase d’approche à une hauteur de 5 000 mètres. « Malgré tout, ils ont volontairement mené cette provocation », a-t-il affirmé.

Avec AFP et Reuters

Première publication : 18/09/2018

https://www.france24.com/fr/20180918-avion-russe-abattu-syrie-russie-accuse-israel-f16-tensions-diplomatie-poutine-armee

Affaire Méric : Rixe entre milices supplétives du Kapital, 1 mort, 11 et 7ans de prison…

https://www.paris-normandie.fr/binrepository/900x1363/0c137/900d506/none/10904/WWVY/image_content_24115610_20180902212927.jpg

Affaire Méric :

Rixe entre milices

supplétives du Kapital,

1 mort, 11 et 7ans de prison…

 

 

Ce qui n’était pas encore suffisamment évident, en 2013, c’est la Kollaboration de la prétendue « gauche antifa » aussi bien avec son vrai mentor, l’impérialisme français dans sa fraction « démocrate » et « social-démocrate », qu’avec le suzerain de cette faction, l’impérialisme US. C’est notamment avec le conflit syrien que cette mouvance « antifa » s’est révélée être l’un des réservoirs de supplétifs pour les tentatives de dépeçage des nations indépendantes et de repartage du monde, où l’impérialisme français espère toujours ramasser quelques miettes laissées par son suzerain US sur les décombres de ses massacres et bombardements.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

 

Face à cette alliance de rapaces se dessine désormais plus nettement, également, la convergence du social-chauvinisme « de gauche » et du nationalisme d’extrême-droite, plus « traditionnel », vers une alliance avec le social-impérialisme chinois…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/03/du-socialisme-a-la-chinoise-au-socialisme-a-la-soral/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/08/social-chauvinisme-et-gauchisme-2-voies-actuelles-de-kollaboration-de-classe-avec-limperialisme/

 

Mais chaque clan a besoin de justification « morale », sinon même « idéologique », pour se vendre publiquement en toute « bonne conscience ».

Le procès de cette affaire Méric est donc d’abord une occasion de redorer le blason terni de l’ « aile gauche » du Kapital et de restaurer, pour un bref instant, sa facade « démocratique » en réalité complètement vermoulue quant à ses infrastructures.

Pas de fausse note, donc, de la part du clan social-fasciste et social-chauvin, en attendant le prochain round en appel…

A l’époque des faits, cependant, quelques voix discordantes ont néanmoins tenté de décaper la nature de classe de cet « entre soi » des sectes « nationalistes » et « antifa », sans aller, pour autant, jusqu’à mettre au jour leur rôles respectifs de milices supplétives des différentes factions du Kapital et de l’impérialisme.

A la suite, après la version « gauche » et « droite » des faits, assez concordantes, pour l’essentiel, une republication d’une intéressante tentative d’analyse sociologique de cette rixe et de ce crime.

Luniterre

 

 

***************

 

Reconstitution, vue du « côté gauche » du Kapital, de la rixe ayant mené au décès de Méric

Mardi, 26 Mai, 2015, dans l’Humanité

« Près de deux ans après le drame, les protagonistes de la rixe entre « skinheads » et « antifascistes » qui avait causé la mort du jeune Clément Méric se sont retrouvés ce mardi dès l’aube pour une reconstitution sur les lieux de l’affrontement.

Cette reconstitution a été ordonnée par les juges d’instruction chargés du dossier, en présence d’enquêteurs de la Brigade criminelle, pour mieux cerner le déroulement de cette bagarre mortelle, décrite comme violente et très brève. Une démarche qui arrive en fin de l’instruction.
Les personnes convoquées sont arrivées dans ce quartier commerçant entre les grands magasins et la gare Saint-Lazare avant le lever du jour et l’ouverture des boutiques, vers 05H00, accompagnées de leurs avocats. Le principal suspect, Esteban Morillo, mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, y était convoqué. Samuel Dufour, un apprenti boulanger également mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, était aussi présent. Des barrières, gardées par des CRS, avaient été installées de chaque côte de la rue pour tenir à distance les curieux. 

Esteban Morillo a reconnu dès le départ avoir porté un premier coup de poing, à main nue, au visage de Clément Méric, parce qu’il se sentait menacé. Une fois la bagarre engagée, son second coup de poing a fait chuter l’étudiant de Sciences-Po, alors en rémission d’une leucémie.  Samuel Dufour conteste lui les coups sur Clément Méric. Morillo et Dufour ont été remis en liberté après plus d’un an de détention provisoire. Tous les protagonistes étaient convoqués à la reconstitution, dont les quatre mis en examen et trois militants « antifascistes », dont l’un est témoin assisté depuis avril.

Plusieurs interrogations demeurent

L’enquête avait rapidement permis de retracer le scenario du drame. Le 5 juin 2013, dans l’après-midi, Clément Méric et Esteban Morillo ne sont pas encore là quand les deux groupes se croisent par hasard dans une vente privée de vêtements prisés par les deux mouvances. Selon plusieurs témoins, les invectives partent des militants d’ « extrême gauche », qui disent avoir vu les skins ranger des poings américains. De leur côté, les skins appellent des renforts, dont Esteban Morillo.  L’un des vigiles de la vente demande aux « antifascistes » de partir, mais ces derniers, rejoints par Clément Méric, restent dans la rue. Le vigile demande alors aux skinheads de sortir par la droite, pour éviter de rencontrer leurs ennemis. Mais ils choisissent de partir à gauche. Sont-ils allés directement à la rencontre de l’autre groupe, ont-ils été alpagués? Chaque camp s’accuse d’avoir provoqué la bagarre. 

Autre interrogation, Morillo et Dufour sont soupçonnés d’avoir utilisé un poing américain, une arme prohibée, ce qu’ils contestent, malgré des témoignages. Des SMS de Samuel Dufour au soir des faits, révélés par une expertise, allaient dans ce sens. « J’ai frappé avec ton poing américain », disait l’un d’eux. « On les a défoncés », disait un autre. 

La mort de Clément Méric, 18 ans, devenu un symbole pour les antifascistes, avait causé un vif émoi. Alors ministre de l’Intérieur, Manuel Valls avait évoqué un « assassinat » et le Premier ministre Jean-Marc Ayrault avait promis de « tailler en pièces » les groupuscules d’extrême droite. Dans la foulée, le gouvernement avait dissout Troisième Voie, dont étaient issus les skinheads, et son service d’ordre, les « Jeunesses nationalistes révolutionnaires » (JNR), dirigés par Serge Ayoub, un vétéran de la mouvance.

https://www.humanite.fr/reconstitution-du-drame-ayant-mene-au-deces-de-meric-574919

 

 

 

La reconstitution vue par le « côté droit » du Kapital :

Sur la base des témoignages et d’éléments de l’enquête, Le Figaro reconstitue l’enchaînement des faits qui ont conduit à la mort du jeune militant antifascite les 5 et 6 juin 2013. Mardi 4 septembre, le procès de ses agresseurs présumés, trois skinheads, s’ouvre à Paris.

Le 5 juin 2013, deux groupes antagonistes, l’un d’extrême droite, l’autre d’extrême gauche, se croisent dans une vente privée de vêtements Fred Perry. Cette marque britannique est prisée aussi bien par le mouvement skinhead que par les antifascistes.

En quelques dizaines de minutes, la rencontre fortuite va se terminer en une bagarre mortelle. Clément Méric, jeune militant «antifa» de 18 ans, ne se relèvera pas de la confrontation avec ses opposants. Il perd la vie au terme d’une rixe de quelques secondes. Nous revenons sur les 24 heures qui seront au cœur des audiences du procès qui doit s’ouvrir mardi 4 septembre devant la cour d’assises de Paris. Trois «skins» seront jugés. Ils encourent jusqu’à 20 ans de réclusion criminelle.

La salle des ventes

Vers 17h30. Trois jeunes âgés d’une vingtaine d’années, Matthias Bouchenot, Aurélien Boudon et Steve Domas, proches de la mouvance antifasciste, arrivent dans un appartement situé au 2e étage du 60 rue de Caumartin dans le IXe arrondissement de Paris. C’est ici que se déroule la vente privée de la marque Fred Perry.

17h54. Steve Domas règle ses achats à la caisse. Matthias Bouchenot et Aurélien Boudon l’attendent sur le palier. C’est là qu’ils croisent Alexandre Eyraud, Samuel Dufour et Lydia D. Ces derniers, skinheads d’extrême droite, appartiennent à un groupe politique rival des antifas. Ces derniers affirment les voir ranger un poing américain dans un sac, que les skinsheads doivent laisser aux vigiles à l’entrée de la vente privée.

Les jeunes d’extrême gauche invectivent les nouveaux venus: «Les nazis viennent faire leurs courses», ou encore, «n’achetez pas trop, on est dix en bas et il va falloir courir, on vous attend.» Les autres répondent qu’ils sont simplement là pour faire des achats. Le lieu de la vente n’est pas équipé de caméras de surveillance, si bien qu’il n’existe pas d’images de la scène.

Deux policiers sont alors présents dans la salle, effectuant des achats. Les antifas demandent à un vigile de les prévenir de la présence des skinheads. Le vigile ne le fait pas, les policiers repartent avec leurs achats sans intervenir.

L’attente

18h03. Les antifas ressortent du bâtiment et se postent devant l’église Saint-Louis d’Antin, située à quelques mètres à peine du 60 rue de Caumartin. Ils appellent du renfort. Depuis la salle de la vente, les skinheads les regardent par la fenêtre. Selon certains témoins, ils semblent nerveux. Eux aussi appellent du renfort. Samuel Dufour joint Esteban Morillo. Ce dernier contacte ensuite sa petite amie, qui souhaitait le rejoindre.

18h09. Clément Méric retrouve les antifas dans la rue de Caumartin.

18h13. Esteban Morillo arrive sur les lieux et rejoint ses camarades skinheads dans la vente privée.

18h22. Un agent de sécurité va voir les antifas pour leur demander de partir. Selon lui, ils refusent et dénoncent la présence du groupe rival, pointe des agressions racistes commises par les skinheads. Clément Méric dit: «Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants».

18h25. Katia V., petite amie d’Esteban Morillo, arrive dans le quartier. Elle ne monte pas dans le magasin mais attend au niveau du magasin Citadium, situé en face de l’église où sont postés les antifas.

18h27. Clément Méric monte dans la boutique. Le vigile qui était sorti tente de le dissuader, en vain.

18h28. Il envoie son dernier SMS: «Ils descendent.»

18h35. Clément Méric retrouve les antifas près de l’église.

18h38. Stéphane C., un ami nationaliste prévenu par Katia V., la rejoint.

18h40. Esteban Morillo et Serge Ayoub (leader du mouvement politique dont les skinheads sont sympathisants, Troisième voie) se parlent au téléphone pendant une minute. «Je leur dis: “Cassez-vous, ça va être la merde, ils vont être de plus en plus nombreux dehors à vous attendre”», nous explique Serge Ayoub.

La bagarre

18h42. Les skinheads sortent du bâtiment. Ils se dirigent immédiatement sur la gauche, là où se trouvent les antifas, et non sur la droite, comme un vigile le leur avait demandé.

18 heures 43 et 25 secondes. La bagarre éclate. Les deux groupes rejettent l’un sur l’autre la responsabilité de l’avoir déclenchée.

18 heures 43 et 31 secondes. Clément Méric tombe sous les coups. Matthias Bouchenot et Steve Domas sont blessés: le premier s’en tire avec une ITT de 7 jours et le second 3 jours. En face, 2 jours d’ITT seront délivrés pour Samuel Dufour et un seul pour Esteban Morillo.

Les skinheads s’enfuient par la rue située en face de l’église Saint-Louis d’Antin, la rue Joubert. Ils bifurquent ensuite dans la rue de la Victoire.

18h44. Deux passants, dont une qui voulait porter secours à Clément Meric, appellent les pompiers.

18h47. Les pompiers arrivent sur les lieux et pratiquent un massage cardiaque sur Clément Méric.

18h49. Serge Ayoub reçoit un nouveau coup de fil des nationalistes. La conversation dure une minute.

19h06. Le service mobile d’urgence et de Réanimation (Smur) arrive sur les lieux.

La soirée et la nuit

Vers 19h30. Les skinheads arrivent dans le XVe arrondissement de Paris. Ils prennent la direction du Local, le bar de Serge Ayoub, qui sert de QG au mouvement politique Troisième voie.

19h36. Clément Méric arrive à l’hôpital au service d’anesthésie et de réanimation.

19h44. Samuel Dufour, un des skins impliqués, reçoit un texto de Stéphane C., un des renforts: «Au moins maintenant, tu sais que tu cognes.»

Dans le bar, selon Serge Ayoub, ils évoquent peu la bagarre: «On s’en est bien sortis, on a réussi à se dégager», résument-ils, selon lui.

20h13. Samuel Dufour envoie par texto au contact «Yann CFA»: «Salut j’ai frappé avec ton poing américain».

20h38. Réponse (nous reproduisons les messages tels qu’ils ont été écrits, NDLR): «Srx [sérieux] ques ce que ta fait encore?»

– «Ba il est parti à l’hôpital… Mdr»

– «Mdr te grave»

– «5 contre 3 et on les a défoncé»

21h30. Une partie des skinheads quitte le bar. Esteban Morillo, lui, reste au Local.

23h. C’est à ce moment que Serge Ayoub dit prendre conscience de ce que l’on reproche aux skinheads. Il explique qu’il occupe alors son temps à comprendre ce qui a pu se passer.

23h15. Samuel Dufour envoie un SMS à Esteban Morillo: «Demande à Serge si je dois nettoyer le bombeur [manteau] il est plein de sang mais c’est le mien.»

Minuit. Esteban Morillo part du local.

Minuit 43. Il arrive à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, ville où il réside.

Vers 1 heure. Un ami rejoint le couple Esteban Morillo-Katia V. Il dit trouver Estaban Morillo «très mal».

Vers 1h30. Samuel Dufour appelle un ami et demande à passer chez lui car il veut lui parler, mais pas au téléphone.

Pendant la nuit. Les skinheads impliqués dans la rixe se parlent énormément pendant la nuit. Ils échangent beaucoup avec Serge Ayoub.

Le lendemain

8 heures. Au petit matin, Serge Ayoub explique que les personnes recherchées vont «se rendre dans la journée», le temps pour eux de «trouver un avocat».

Vers 13 heures. Esteban Morillo, Katia V. et Stéphane C. sont interpellés par la police près d’une station de métro alors qu’ils étaient en chemin pour se rendre.

15h30. Décès de Clément Méric.

Vers 17 heures. Samel Dufour, Alexandre Eyraud et Lydia D. se rendent aux policiers.

Ce mardi 4 septembre 2018, Esteban Morillo, Samel Dufour et Alexandre Eyraud ont été jugés par la Cour d’assises de Paris.

[NDTML : Morillo-11ans, Dufour-7ans, Eyraud-acquittement, les deux condamnés font appel.]

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/09/03/01016-20180903ARTFIG00092-il-est-18h43-clement-meric-s-effondre-recit-minute-par-minute-d-une-rixe-meurtriere.php

[  NDTML: voir également, concernant la chronologie des faits:

https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Cl%C3%A9ment_M%C3%A9ric  ]

 

 

 

L’affaire Clément Méric

Par Pierre Carles, juillet 2013

La mort d’un jeune homme de 18 ans a fait la une des journaux début juin. Son nom : Clément Méric. Celui de son meurtrier : Esteban Morillo. À en croire la presse, c’est un affrontement politique entre skinheads et militants antifascistes qui aurait dégénéré et provoqué la mort de Méric. Si les journalistes qui ont couvert le meurtre de cet étudiant de SciencesPo avaient disposé des outils de la sociologie critique de Karl Marx ou de Pierre Bourdieu pour appréhender le monde social, ils ne s’en seraient peut-être pas tenu uniquement à ce que l’on a pu lire ou entendre ici ou là. Certes, on peut voir Méric comme un militant d’extrême gauche « antiraciste/antifasciste » et ses adversaires comme appartenant à la nébuleuse de l’« ultra-droite » proclamant la suprématie de la race blanche, mais les divergences idéologiques n’expliquent pas tout. En présentant la mort de Méric comme le résultat d’un combat extrême droite/extrême gauche, on occulte une dimension fondamentale de ce drame : la lutte de classes. Méric/Morillo, c’est aussi une rencontre sociale qui s’est très mal terminée.

Complexe de supériorité

Émettons cette hypothèse : si Clément Méric et son meurtrier Esteban Morillo n’avaient pas été séparés par un si profond fossé social, s’il n’y avait pas eu entre eux de telles inégalités de « capital culturel », pour reprendre l’expression de Pierre Bourdieu, leur affrontement verbal ne se serait pas conclu par mort d’homme. Méric et ses amis n’ont-ils pas été victimes d’un certain complexe de supériorité sociale ? Ne faut-il pas voir dans ce drame l’incapacité de certains membres de la petite bourgeoisie intellectuelle à percevoir et à mesurer à quel point un fils d’immigré espagnol – Esteban Morillo – n’ayant pas dépassé le stade du collège, peu qualifié professionnellement, chômeur ou exerçant occasionnellement le métier de vigile, peut se sentir profondément humilié par des jeunes perçus comme des nantis, surtout quand l’un d’entre eux – Clément Méric – est élève à SciencesPo, fils de professeurs d’université, doté d’un fort capital linguistique et culturel ? On peut avancer, sans trop courir le risque d’être démenti, que personne n’a appris à Esteban Morillo le maniement du verbe ou la prise de parole de type « SciencesPo », qu’il ne lui pas été proposé d’autre choix de vie que la relégation sociale ou, dans le meilleur des cas, le statu quo. Comme seul capital, il ne disposait que de sa force physique, celle qu’il monnayait à une société de sécurité.Peu importe, en définitive, de savoir qui a commencé, qui a insulté en premier. N’est-ce pas ce sentiment d’humiliation des « petits Blancs », dont l’équipe de Bourdieu a rendu compte il y a vingt ans dans La Misère du monde, qui expliquerait en partie le drame survenu rue de Caumartin à Paris ? Si le système scolaire ne discriminait pas les enfants des classes populaires, s’il donnait la possibilité aux Esteban Morillo d’être mieux dotés de capital scolaire, intellectuel, culturel, ce dernier n’aurait peut-être pas fait parler la force brute.

Dessin-De-Berth

Le meurtrier était un enfant d’immigrés et, comme les fils d’immigrés relégués dans les quartiers ouvriers en déclin ou les régions industrielles sinistrées, il avait plus de chances d’avoir affaire à la justice qu’un fils à papa d’extrême-droite, étudiant à la faculté de droit d’Assas. Lorsqu’un militant d’extrême droite doté d’un certain capital culturel commet un délit, fait usage de la violence, cela ne l’empêche pas de devenir ministre de l’Économie(1), vice-président de l’UMP(2) ou… directeur de France Culture(3). Les enfants des classes populaires, eux, toutes couleurs de peau confondues, ont bien plus de probabilité de faire un passage par la case prison que les étudiants d’Assas ou les élèves des grandes écoles. Si la presse a fait un tel battage autour du meurtre de Clément Méric, ce n’est pas en raison de l’empathie qu’elle éprouvait pour un militant d’extrême gauche, mais parce que la plupart des responsables de l’information ont intuitivement perçu cette agression comme étant dirigée contre eux, du moins dans un premier temps. Indépendamment de toute coloration politique, c’est un des leurs qui a été tué début juin. Méric avait en effet intégré une des principales écoles de formation des élites journalistiques et politiques françaises(4).

Les soutiens de Morillo ne manqueront pas de mettre en avant sa trajectoire sociale pour lui trouver des circonstances atténuantes et lui éviter une trop lourde condamnation. Ils n’iront pas jusqu’à employer le terme d’« excuses sociologiques » – ce n’est pas leur vocabulaire – mais  pourront difficilement, cette fois-ci, convoquer leur grille d’analyse nationaliste – « la France aux Français » – car, si l’on se place de leur point de vue, le Breton Clément Méric est bien plus « gaulois » que le fils d’immigré espagnol Esteban Morillo. Ils devront donc se rallier à un point de vue marxiste, forcément internationaliste. Dans une société divisée en classes sociales, où des pans de la population en exploitent d’autres, il leur faudra défendre l’idée que tous les pauvres doivent bénéficier d’excuses sociologiques ou bien avoir les moyens de surmonter leur handicap de départ.

Rien à attendre des urnes

Dissoudre les milices d’extrême droite, comme le propose le gouvernement, ne résoudra rien. Cela n’empêchera pas d’autres drames comme celui dont a été victime Clément Méric. S’il y avait quelque chose à abolir dans cette histoire, c’est… la société divisée en classes sociales. Et ne comptons pas sur Manuel Valls, François Hollande, Arnaud Montebourg, le PS, les Verts, les centristes, l’UMP ou le FN pour s’y atteler. N’attendons rien non plus des urnes. Le système électoral est trop verrouillé pour permettre l’élection d’un candidat anticapitaliste(5).

___________________
(1) Comme Alain Madelin.
(2) Comme Alain Longuet.
(3) Comme Patrice Gélinet.
(4) En revanche, Yassine Aïbeche, un autre jeune de 19 ans tué par un policier en début d’année, n’a pas trouvé grand monde dans la presse pour  s’offusquer de son funeste destin. Aïbeche était un jeune de la cité Félix-Pyat, un des quartiers les plus pauvres de Marseille, n’ayant aucune chance d’appartenir un jour à la classe dirigeante de notre pays.
(5) Voir le reportage Hollande, DSK, etc. de J. Brygo, P. Carles, N. Faure et A. Van Opstal.

https://www.sinemensuel.com/societe/laffaire-clement-meric/

 

 

1923-1945 Véritable histoire

d’une résistante antifasciste

(ailleurs que dans une boutique de fringues pour midinettes)

Le destin tragique et héroïque de la sous-lieutenante Eugénie-Malika Djendi

Publié le lundi 10 septembre 2018 à 12h04

par Albert Algoud

La sous-lieutenante Eugénie-Malika Djendi fut opératrice radio pendant la Seconde Guerre mondiale, cette « Merlinette » et ses camarades se sont battues contre les Nazis et elle paya de sa vie cette lutte pour la liberté. Albert Algoud nous parle de cette femme exceptionnelle.

Ces femmes étaient membres des Forces Françaises Libres, comme Eugénie-Malika Djendi. Ici à Londres en 1944 en pleine Seconde Guerre Mondiale. © Getty / Keystone France

Au hasard d’une promenade dans le parc André Citroën dans le XVe arrondissement de Paris, j’ai récemment avisé une plaque ainsi libellée :

Jardin Sous-Lieutenante Eugénie-Malika Djendi (1923-1945) « Merlinette », Opératrice radio du corps féminin des transmissions d’Afrique du nord. Parachutée par les services spéciaux d’Alger, résistante, déportée et exécutée à Ravensbrück.

Ému par le jeune âge de cette femme assassinée par les nazis à 22 ans et intrigué par le terme « Merlinette », je me suis alors reporté au remarquable ouvrage de l’historienne Malka Marcovitch, que nous avions reçu dans Vous les femmes, intitulé Parisiennes aux éditions Balland, et qui raconte le destin d’un peu plus de 300 femmes dont le nom a été attribué à des rues ou à des places parisiennes.

Eugénie-Malika Djendi naquit le 8 avril 1923 à Bône, actuelle Annaba, en Algérie, dans une famille mixte. Son père était musulman et sa mère pied-noir d’origine italienne. Fin 1942, Eugénie-Malika devient une « Merlinette« . On connaît bien les Claudettes. Les ultimes fans d’Alain Juppé se souviennent des Juppettes. Mais qui furent les « Merlinettes » dont l’histoire est peu connue ?

Après le débarquement allié en Afrique du nord, le colonel Merlin prend le commandement des transmissions des forces de Terre, Mer et Air. À Alger, il crée l' »Arme des Transmissions ». Pour compenser le manque drastique d’hommes dans les forces libres, il forme le « Corps Féminin des Transmissions », qui regroupera jusqu’à 2000 jeunes filles, toutes engagées volontaires. Très rapidement appelées « Merlinettes », elles participent aux côtés des Forces Françaises Libres aux campagnes d’Italie, de France et d’Allemagne. Certaines sont également volontaires pour être parachutées en France occupée. 

C’est le cas d’Eugénie-Malika Djendi, une des premières engagées qui reçoit à Alger une formation très complète digne de James Bond : apprentissage du renseignement, topographie, repérage des objectifs  à bombarder, close combat, séances de tir, maniement des explosifs, conduite de moto et d’auto, parachutisme… 

Puis, à Londres, elle devient opératrice-radio, ou « pianiste », un surnom donné aux opérateurs-radio clandestins grâce au toucher de leur index très rapide. Peu spectaculaire, l’action des opérateurs et des opératrices radio, rappelons-le, fut pourtant l’une des plus efficaces de la Résistance, mais aussi une des plus dangereuses. Émettre de France plus de trois minutes, plus de trois fois de suite au même endroit sans changer de longueur d’onde était quasi suicidaire

Eugénie-Malika Djendi, incorporée dans la mission « Berlin » et « Libellule », doit opérer dans la région parisienne. Parachutée le 7 avril 1944 près de Sully-sur-Loire, elle réussit à établir la liaison avec Alger et Londres. Mais repérée par l’Abwher, elle est arrêtée, porteuse de son arme et tout son matériel radio. Elle est enfermée dans les locaux de la Gestapo où avec une autre « Merlinette », Pierrette Louin, elle aide une camarade d’une cellule voisine à s’enfuir, en attirant l’attention de ses geôliers par des cris et  des chants. 

Elles sont déportées au camp de concentration de Ravensbrück où, le 18 janvier 1945, elles sont pendues avec deux autres « Merlinettes » dont Marie-Louise Cloarec et Suzanne Mertzizen, qui furent arrêtées en Haute Vienne à Saint-Léger-Magnazeix où une stèle, depuis peu, leur rend hommage. À ces noms, joignons celui d’Elisabeth Torlet, fusillée le 6 septembre 1944 près de l’Isle-sur-Doubs.

J’ai tenu à citer ces jeunes femmes héroïques parce que leur engagement courageux, et celui de toutes leurs camarades que je ne peux hélas pas toutes nommer, est trop rarement évoqué voire passé sous silence alors que leur combat pour vaincre le nazisme fut très important. 

Si vous passez par le parc André Citroën, faîtes un détour par le square Eugénie-Malika Djendi et ayez une pensée pour les jeunes « Merlinettes » car c’est à elles aussi que nous devons notre liberté chérie. 

La biographie complète de Eugènie-Malika Djendi est disponible sur le site du AASSDN.

https://www.franceinter.fr/histoire/le-destin-tragique-et-heroique-de-la-sous-lieutenante-eugenie-malika-djendi#xtor=CS1-901

 

 

 

Palestine, 25 ans après Oslo, une seule solution, Résistance!

 

 

 

 

Palestine

 

 

25 ans après Oslo

 

 

Résistance!

 

 

 

 

25 ans. C’est l’âge anniversaire des « Accords d’Oslo » en ce mois de septembre 2018. L’occasion d’un bilan.
A la question de savoir ce qui a changé depuis la signature de ces accords en septembre1993, la réponse est courte: « Tout s’est aggravé du côté palestinien ».
A la question de savoir pourquoi, la réponse est aussi courte que la première: « Absence d’un partenaire du côté israélien ».
En fait, tout le long de ces 25 années, ce constat a toujours été scrupuleusement inversé par les dirigeants sionistes pour justifier leur politique d’occupation. En effet, ils ont constamment affirmé que les Palestiniens ne sont pas des partenaires pour appliquer ces accords. C’est cette affirmation mensongère qui leur a permis, jusqu’au jour d’aujourd’hui, de justifier et de mener leur guerre permanente contre le peuple Palestinien, dont l’acte le plus récent est la répression sanglante contre les Palestiniens de Gaza qui récidive tous les vendredis, depuis le 30 mars dernier, à l’occasion de la « Marche pour le retour ».
L’autre acte de cette guerre permanente se résume en un chiffre 600.000.
En 25 ans, le nombre de colons en Cisjordanie a bondi de 110.000 à 600.000.
Dans un sondage réalisé en août par Israel Democracy Institute et l’université de Tel-Aviv, 86% des Israéliens interrogés considéraient que la probabilité de trouver une issue au conflit dans les douze prochains mois était « faible » ou « très faible ».
A la question de savoir pourquoi, la réponse est très courte: « Absence d’un partenaire du côté palestinien ».
L’inversion tient toujours… la boucle est bouclée.

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Tous les Palestiniens de moins de 25 ans, à la date d’aujourd’hui, n’ont connu que la phase historique dite des « Accords d’Oslo » de leur mouvement de libération nationale.
Une phase d’abandon, de reniement et de recul… comme si la Palestine était à vendre. Et donc, une phase d’humiliation.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à la veille de ce 25ème anniversaire, que l’administration de Donald Trump a décidé de fermer la représentation de l’Organisation de libération de la Palestine à Washington.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à l’approche de cet anniversaire, qu’elle décide de transférer son ambassade de Tel-Aviv à Jérusalem en reconnaissant cette ville comme étant la capitale de l’État sioniste.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à l’approche de cet anniversaire, qu’elle décide de supprimer toutes les subventions à l’UNRWA.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à l’approche de cet anniversaire, qu’elle propose la révision du statut des réfugiés Palestiniens.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à l’approche de cet anniversaire, qu’elle déclare caduc la reconnaissance du droit de retour.
Ce n’est pas un hasard si c’est, à l’approche de cet anniversaire, qu’elle décide de supprimer toutes les aides aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-est.
Toutes ces mesures ressemblent fort au bouquet final d’un feu d’artifice. avant que la nuit noire ne retombe. Mais comme l’a si superbement écrit le grand Victor Hugo,« la nuit, il y a toujours une étoile ».
En effet, c’est le 30 mars de l’année de ce sinistre 25ème anniversaire, que le « Peuple-debout » a décidé de « Marcher »… comme pour signifier aux peuples du monde entier de ne pas désespérer… Une étoile subsiste et elle brille. Elle s’appelle « Résistance ».
Il suffit de se lever et de se laisser diriger par elle.

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Le 13 septembre 1993 l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) a signé son arrêt de mort.
Il y a 25 ans, jour pour jour, elle avait signé à Washington sous l’égide du président Bill Clinton une « déclaration de principes » sur une autonomie palestinienne transitoire de cinq ans. L’Autorité palestinienne était née.
Par étapes successives, le processus engagé devait aboutir à la résolution du conflit avant la fin du siècle dernier. Oslo a mis en place des mécanismes d’auto-gouvernance, dont l’Autorité palestinienne, considérée comme la préfiguration d’un État qui attend de voir le jour.
Attente meurtrière tant la politique du « fait accompli » suivie par les directions successives de l’État sioniste ont scrupuleusement contribué à vider de leur contenu les fameux accords.
En 25 ans, le nombre de colons en Cisjordanie est passé de 110.000 à 600.000.
Dans le nord de la Cisjordanie, les pelleteuses sont arrivées l’année dernière pour commencer à bâtir la colonie d’Amichaï, première création officiellement approuvée par un gouvernement israélien depuis 1991.
Fin 2017, l’Autorité palestinienne gèle tout contact avec l’administration américaine. Un divorce provoqué par la décision de Donald Trump de reconnaître Jérusalem comme capitale de l’État sioniste.
Depuis, l’administration américaine multiplie les mesures spectaculaires dans le double but avoué de punir les dirigeants palestiniens et de leur tordre le bras pour qu’ils acceptent de négocier:
– aide bilatérale quasiment effacée;
– annulation du soutien financier à l’agence de l’ONU pour les réfugiés palestiniens;
– volonté de réviser le statut des réfugiés Palestiniens afin de réduire leur nombre à 40.000;
– suppression des aides aux hôpitaux palestiniens de Jérusalem-Est;
– fermeture de la mission de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP) à Washington.
C’est donc la « paix par la force », comme le proclame la doctrine Trump.
Pendant ce temps, à Gaza, toutes les fractions de la Résistance palestinienne étaient représentées à une conférence de presse tenue ce mercredi 12 septembre 2018 pour marquer le 13ème anniversaire du retrait en 2005 des forces d’occupation de ce territoire de la Palestine.
« Seule la Résistance est détentrice de la légitimité de décider et d’agir au nom du peuple », ont-ils déclaré à l’unisson. Toutes les illusions tombent. Oslo est mort.
Vive l’Organisation de libération de la Palestine.
Le phénix renaît de ses cendres.

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SOURCES:

https://assawra.blogspot.com/2018/09/25-ans-doslo.html

https://assawra.blogspot.com/2018/09/il-y-toujours-une-etoile.html

https://assawra.blogspot.com/2018/09/tel-le-phenix.html

RENTRÉE 2018 : le crime impérialiste paye, et il paye en dollars!

 

 

Rentrée 2018 :

L’impérialisme n’a pas pris de vacances

 

et il n’est toujours pas soluble

dans le social-chauvinisme,

même déguisé en gauchisme… !

(A CE PROPOS, UN NOUVEL ARTICLE:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/09/08/social-chauvinisme-et-gauchisme-2-voies-actuelles-de-kollaboration-de-classe-avec-limperialisme/  )

 

 

Lorsque l’impérialisme ne frappe pas directement ceux qui lui résistent, via ses armes spécialisées, drones et autres missiles téléguidés, il le fait via ses « proxys », mercenaires manipulés, déguisés indifféremment en « militants » néo-nazis, comme en Ukraine, ou en « gauchistes communalistes», comme en Syrie, et en « libéraux démocrates », comme au Venezuela, en Colombie, etc…

Mais l’arme fondamentale de l’impérialisme, c’est d’abord et toujours la domination du capitalisme financier…

Et son expression monétaire en dollars…

Et son allié privilégié continue d’être le sionisme, qui, non seulement construit des murs autour de la Cisjordanie et de Gaza, mais applique maintenant cette même méthode à l’égard du Liban, dont il a échoué à prendre le contrôle…

https://assawra.blogspot.com/2018/09/israel-construit-un-mur-de-plus-avec-le.html

Méthode tragiquement plus « traditionnelle » au Yémen, le bombardement d’un bus scolaire :

https://www.msnbc.com/all-in/watch/-we-just-bombed-a-school-bus-1296020547855

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/08/14/au-yemen-on-vient-juste-de-bombarder-un-bus-scolaire-nouveau-crime-us-reconnu/

En Colombie, la paix ne semble avoir été laborieusement négociée que pour mieux liquider la résistance, qu’elle soit militaire ou syndicale, et faciliter le renforcement de la main-mise impérialiste sur l’Amérique Latine :

https://img.aws.la-croix.com/2018/05/31/1200943442/president-colombien-Juan-Manuel-Santos-gauche-accueilli-secretaire-general-OTAN-Jens-Stoltenberg-siege-OTAN-Bruxelles-jeudi-31_0_1399_971.jpg

Le président colombien Juan Manuel Santos a rencontré le secrétaire de l’Organisation du traité de l’Atlantique nord (Otan), Jens Stoltenberg à Bruxelles, jeudi 31 mai, pour officialiser l’entrée de la Colombie en tant que « partenaire mondial » au sein de l’organisation.

https://solydairinfo.wordpress.com/2018/08/02/colombie-solidarite-contre-la-repression-mardi-7-aout-a-lyon/

Mais le très relatif « coup de maître » de l’impérialisme, peu avant la « rentrée », a incontestablement été l’assassinat par les nazis ukrainiens du Président Zakhartchenko à Donetsk.

Pour autant, loin de saper l’unité du peuple du Donbass, il n’a fait que briser les dernières illusions d’une solution pacifique et renforcer la détermination de la résistance !

Funérailles d’Alexandre Zakhartchenko – 200 000 personnes ont fait leurs adieux au chef de l’État assassiné

2 Sep 2018

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Le 31 août 2018, un attentat à la bombe coûtait la vie à Alexandre Zakhartchenko, chef de la République Populaire de Donetsk (RPD) et à un de ses gardes, et blessait 12 autres personnes. Aujourd’hui, 2 septembre 2018 avaient lieu ses funérailles à Donetsk.

Dès hier, 1er septembre, les habitants de Donetsk ont commencé à venir se recueillir sur le lieu de l’attentat, déposant icônes, photos et fleurs là où le chef de l’État a été assassiné.

Le bilan initial s’est alourdi en fin de soirée la veille, passant à deux morts et douze blessés. Si Alexandre Timofeyev, ministre des Finances a repris conscience dans les heures qui ont suivi, Natalia Volkova est toujours dans un état critique.

Voir le reportage près du café où a eu lieu l’attentat :

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Aujourd’hui avait lieu la cérémonie de funérailles publique. Alors que le théâtre n’ouvrait ses portes au public qu’à 9 h, dès 8 h, une file d’attente d’un kilomètre s’étirait dans l’avenue Artioma. En tout c’est près de 200 000 personnes qui sont venues dire adieu au chef de l’État assassiné. Quatre fois le nombre de personnes qui étaient venus aux funérailles des commandants Motorola et Guivi. Des personnes sont même venues d’autres villes de la République (comme Gorlovka et Makeyevka) pour faire leurs adieux.

Il y avait tellement de monde, qu’au lieu des deux heures habituelles, cette fois, les gens ont eu trois heures et demie pour déposer des fleurs et se recueillir devant le cercueil d’Alexandre Zakhartchenko.

Et même ainsi, c’était insuffisant pour permettre à tout le monde de le faire. Beaucoup de personnes ont dû se résoudre à faire passer leurs fleurs de mains en mains jusqu’au théâtre ou à les jeter sur le convoi une fois que celui-ci s’est mis en branle.

Voir la vidéo des funérailles :[…Impressionnante…NDLR]

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Parmi les membres du gouvernement de la RPD, étaient présents, entre autre, le nouveau chef de l’État par intérim, Dmitri Trapeznikov, Denis Pouchiline (président du parlement), Vladimir Kononov (ministre de la Défense) et Alexandre Timofeyev, qui est sorti de l’hôpital pour assister aux funérailles.

Des délégations étrangères de plusieurs pays sont aussi venues assister aux funérailles. Étaient présents, entre autre, le chef de la République Populaire de Lougansk (RPL), Léonid Passetchnik, le Président de la République d’Ossétie du Sud, Anatoli Bibilov, le Vice-premier ministre d’Abkhazie, Astamour Ketsba, le chef de la République de Crimée, Sergueï Aksionov, les députés de la Douma russe, Natalia Poklonskaya, Andreÿ Kozenko, et Kazbek Taïsaev, et le chef des Loups de la Nuit (club de motards russes), Alexandre Zaldostanov.

Ces représentants venus de quatre pays n’ont pas tari d’éloges sur Alexandre Zakhartchenko, et plusieurs ont fait des commentaires sur la suite des événements, ou ce qui devrait être fait par la Russie, comme Kazbek Taïsaev.

« Alexandre n’était pas seulement un bon ami et le chef de la République Populaire de Donetsk. Il personnifiait la bannière russe de la paix, la lutte contre le fascisme. Un tel coup, comme celui qui nous a été infligé à tous aujourd’hui, devrait recevoir une réponse adéquate. J’ai pris la parole à plusieurs reprises à la Douma et j’ai proposé de reconnaître les résultats du référendum [de 2014 NDLR]. Je pense qu’il serait juste qu’en mémoire d’Alexandre Vladimirovitch, la Douma vote enfin et reconnaisse les résultats du référendum. Je pense que ce serait le meilleur cadeau qui soit, en mémoire de lui. C’était un grand homme, c’est dur de perdre des amis. Ce qu’il a commencé ici, dans le Donbass, ne restera pas inachevé, » a déclaré le député russe.

Alexandre Zakhartchenko a été enterré avec les honneurs militaires, aux côtés de Motorola et Guivi dans le cimetière du Sud de Donetsk. Frères d’armes du temps de leur vivant, c’est ensemble qu’ils reposeront désormais.

En attendant, cet assassinat a (comme on pouvait le craindre) des conséquences négatives sur le processus de paix dans le Donbass. Alors que Kiev dément être derrière cet assassinat, l’un des députés ukrainiens les plus anti-russes, Igor Mossiytchouk, appelle le gouvernement ukrainien à revendiquer l’attentat (sic).

« [Il faut] dire ouvertement que ce n’est pas le FSB qui neutralise « les terroristes » mais nous-mêmes. On ne mène de dialogue avec « les terroristes » nulle part dans le monde et nous ne le ferons pas non plus. Il a été neutralisé par nos services spéciaux », a-t-il déclaré.

Mossiytchouk a aussi déclaré que les tentatives d’attentat précédentes contre Zakhartchenko avaient aussi été organisées par le SBU (service de sécurité ukrainien), et que le gouvernement ukrainien était lâche de ne pas revendiquer cet assassinat. Et après c’est les gens de la RPD que Kiev traite de terroristes… Je vous laisse juger qui mérite ce qualificatif.

Et pendant que l’armée ukrainienne se renforce à coup de mercenaires étrangers, de volontaires néo-nazis et d’instructeurs américains et canadiens en vue de préparer une offensive dans le Sud de la RPD, la diplomatie a été totalement mise à l’arrêt par cet attentat. Alors qu’une nouvelle date de rencontre au Format Normandie était attendue, Sergueï Lavrov, ministre russe des Affaires étrangères a déclaré que suite à l’assassinat de Zakhartchenko, il était impossible d’envisager une telle réunion.

« Dans la situation actuelle, il est impossible de parler de prochaines rencontres au format Normandie, comme le voudraient nos partenaires européens. La situation est grave et il faut l’analyser. Ce dont nous nous occupons à l’heure actuelle », a déclaré monsieur Lavrov.

Cette déclaration est compréhensible lorsqu’on voit le silence des chancelleries occidentales, et surtout de Paris et Berlin concernant cet attentat. Aucune condamnation n’est venue de la part des deux garants occidentaux des accords de Minsk.

Pourquoi chercher à discuter avec des terroristes et leurs soutiens se demande la Russie. Si Paris et Berlin ne jouent pas leur rôle alors il est en effet inutile de continuer à discuter. Or les réunions au Format Normandie sont les seules à avoir permis (parfois) de faire avancer le processus de paix.

Si la France et l’Allemagne ne réagissent pas rapidement, l’escalade de la situation semble inévitable. Et la date du 14 septembre, mentionnée par Édouard Bassourine hier comme date potentielle de la future offensive, correspond au jour où la cour d’appel de Londres rendra son verdict dans le dossier de la dette de 3 milliards de dollars que l’Ukraine doit à la Russie.

Si l’Ukraine est condamnée, quoi de mieux pour glisser cette dette sous le tapis que de relancer la guerre, et prétendre la mener contre la Russie pour ne pas rembourser ?

Le 31 août 2018, ce n’est pas seulement Alexandre Zakhartchenko qui a été tué. Ce jour-là, c’est peut-être les accords de Minsk, et la paix, qui ont été assassinés avec lui…

Christelle Néant

http://dnipress.com/fr/posts/funerailles-dalexandre-zakhartchenko-200-000-personnes-ont-fait-leurs-adieux-au-chef-de-letat-assassine/

Le fascisme ukrainien au cœur de l’Europe, manipulé par l’Etat fantoche ukrainien, est donc, en réalité, entièrement au service de l’impérialisme US et de ses divers satellites européens, dont la France, qui est incapable de s’en démarquer.

En Ukraine et au Donbass, tout comme au Moyen-Orient et ailleurs, le terrorisme est un sous-produit direct de l’impérialisme, et de lui-seul.

Pour en finir avec le terrorisme, il faut donc d’abord en finir avec l’impérialisme. De même pour toutes ses autres conséquences…

Rien ne sert ni de fermer les frontières ni de pleurer misère sur le sort des migrants…

Les migrations massives ne sont elles aussi qu’un sous-produit empoisonné de l’impérialisme, qui entretient la division et engendre la haine entre les peuples et les nations.

En finir avec l’impérialisme est la base de toute alternative.

Donbass, Syrie, Yémen, Palestine, etc…, le vrai sens de la solidarité, c’est une résistance globale où chaque peuple a sa place.

Chacun contre son propre impérialisme ou l’impérialisme qui l’opprime et tous contre l’impérialisme US, et tous solidaires avec les luttes en cours  !

Luniterre

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Vietnam : le crime paye, et il paye en dollars… !

Le dollar, une arme plus efficace que les bombes : comment les USA ont reconquis le Vietnam

45 ans après la guerre, les produits, le cinéma et la nourriture américains sont très populaires à Hanoï, où tout le monde semble avoir oublié les crimes de guerre des États-Unis.

Le Starbucks de Hanoï ne désemplit pas : il faut faire la queue pendant une demi-heure pour une tasse de cappuccino, écrit vendredi 31 août l’hebdomadaire Argoumenty i fakty. Les jeunes fument des cigarettes américaines, préfèrent les jeans des marques américaines, et l’iPhone est le smartphone le plus populaire et le plus désiré dans le pays.

Les exportations américaines vers le Vietnam atteignent 10 milliards de dollars par an. Ce qui est illogique sachant que les USA ont ruiné le Vietnam et y ont tué au moins 2 millions de civils, mais, 45 ans après, ils y exportent leurs chewing-gums et y ouvrent des fast-foods, pendant que la population locale apprend la langue des anciens occupants avec avidité.

L’hôpital de l’Université médicale de Hanoï loge des handicapés ayant des tumeurs terribles sur le visage et les jambes : il s’agit des victimes de l’Agent orange, substance toxique à base de dioxine, que les Américains avaient dispersé au-dessus des jungles pour détruire la forêt et en chasser les résistants. Cette toxine a tué 400 000 Vietnamiens, et en a rendu un million infirmes. Des années après la guerre, certains enfants vietnamiens ont toujours des maladies très graves à la naissance.

La prison de Hoalo, baptisée par les prisonniers américains « Hanoï Hilton », où l’on détenait les pilotes américains dont les avions avaient été abattus, est désormais un site touristique populaire. On y voit aujourd’hui défiler des foules d’étrangers. On peut y voir des cellules pour une personne destinées aux officiers américains et même l’uniforme de John McCain.

« Le problème est le suivant, estime Fiong Dang (son nom a été modifié), qui a fait ses études d’ingénieur en URSS de 1986 à 1991 et travaille actuellement comme guide pour les touristes russes dans la station balnéaire de Mũi Né. Il existe un vieux dicton : « Il n’y a pas de forteresse qu’un chameau portant de l’or ne peut conquérir ». Hélas, l’Amérique a tout simplement acheté le Vietnam. Le dollar s’est avéré une arme plus efficace que les bombes. Aujourd’hui, l’économie vietnamienne dépend des États-Unis : ils achètent nos marchandises pour 42 milliards de dollars par an. Qui voudrait perdre un tel débouché ? L’Amérique n’a pas présenté ses excuses pour le massacre de millions de nos citoyens et n’a payé aucune indemnisation ».

https://fr.sputniknews.com/presse/201808311037898318-dollar-usa-vietnam-arme/

 

« Là où les dollars arrivent, les poches se remplissent et les têtes se vident !»

Иосиф Виссарионович Джугашвили