Où en est l’Amérique… Et comment nous y allons…!!

 

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Où en est l’Amérique

Et comment nous y allons…!!

(+Vidéo)

There Are Large Parts Of America Being Left Behind…

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(Version française)

Précarisation US : 4,3% de chômeurs… mais 53,4% d’Américains précarisés !

On s’en doutait un peu, mais ça va mieux en le démontrant : selon un rapport de The Economic Innovation Group, la précarisation économique de la population américaine ne cesse de s’aggraver et de s’étendre.

Ce rapport, intitulé « Distressed communities », a évalué la situation économique de la population américaine selon sept critères :

  • absence de diplôme d’études secondaires
  • taux d’inoccupation des logements
  • adultes sans emploi
  • taux de pauvreté
  • revenu médian
  • évolution de l’emploi
  • changement dans les établissements d’affaires

Quatre constats impitoyables

  1. la répartition géographique entre les précaires (distressed), ceux qui sont en voie de le devenir (at risk to mid-tier) et ceux qui sont à l’abri du besoin (comfortable) est irrégulière, mais manifeste :
Répartition géographique de la richesse aux États-Unis
Répartition géographique de la richesse (ou de la pauvreté !) aux États-Unis

2. La précarisation des populations américaines a énormément augmenté depuis 2000.

Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000
Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000 (en pourcentage)

3. Le pourcentage de la population vivant en état de total détresse (distressed) diffèrent selon les États, mais peut atteindre des pourcentages impressionnants. Exemple : 43% des habitants de l’État du Mississipi sont en situation de détresse absolue.

Pourcentage de la population vivant en situation de détresse dans chaque État américain

4. 54,3% de la population des États-Unis est aujourd’hui en voie de précarisation ou en détresse. NB : vous constaterez la différence entre ce taux de précarisation et le taux officiel de chômage annoncé par les autorités américaines – 4,3% ! – ce qui en dit long sur la valeur du travail dans ce pays des « droits de l’homme ».

Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)
Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)

=> Source de l’info : Zero Hedge

Source VF: https://yetiblog.org/usa-precarisation-population/

 

 

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(Vidéo-France)

 

MACRON OFFRE UNE PORSCHE À 280000 FRANÇAIS !

Macron offre une Porsche à 280000 Français ! Vraiment ? Et oui, le budget validé par Macron, c’est 92500 euros en plus pour les 1% des Français les plus riches en 5 ans. En moyenne, c’est 1500 euros en plus par mois en plus pour les plus riches, nous révèle un rapport d’Oxfam. L’Etat n’a plus d’argent ? Alors pourquoi ces cadeaux massifs ? Même le FMI dit qu’enrichir les plus riches maintenant DIMINUE la croissance, et c’est pourtant pas des critiques sévères…!

 

 

 

 

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Lénine, un laïc toujours d’actu !!

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Encore un texte lumineux

de Lénine ,

qui semble avoir été

spécialement écrit

pour nous aider à avancer

sur la voie du Socialisme,

par la construction

d’un Front unique, Laïc,

anti-impérialiste et anticapitaliste, 

 

 

 

 

Lénine

 

 De l’attitude du parti ouvrier

à l’égard de la religion

 13 Mai 1909

 

  Le discours que le député Sourkov a prononcé à la Douma d’Etat lors de la discussion du budget du synode, et les débats exposés ci après, qui se sont institués au sein de notre fraction parlementaire autour du projet de ce discours, ont soulevé une question d’une importance extrême et on ne peut plus actuelle. Il est hors de doute que l’intérêt pour tout ce qui touche à la religion s’est, aujourd’hui, emparé de larges sections de la « société » et a pénétré dans les milieux intellectuels proches du mouvement ouvrier, ainsi que dans certains milieux ouvriers.

 

La social démocratie [Essentiellement communiste, marxiste révolutionnaire, à l’époque! NDLR] se doit absolument d’intervenir pour faire connaître son point de vue en matière de religion.


La social démocratie fait reposer toute sa conception sur le socialisme scientifique, c’est à dire sur le marxisme. La base philosophique du marxisme, ainsi que l’ont proclamé maintes fois Marx et Engels, est le matérialisme dialectique qui a pleinement fait siennes les traditions historiques du matérialisme du XVIII° siècle en France et de Feuerbach (première moitié du XIX° siècle) en Allemagne, matérialisme incontestablement athée, résolument hostile à toute religion. Rappelons que tout l’ Anti Dühring d’Engels, dont le manuscrit a été lu par Marx, accuse le matérialiste et athée Dühring de manquer de fermeté idéologique dans son matérialisme, de ménager des biais à la religion et à la philosophie religieuse. Rappelons que dans son ouvrage sur Ludwig Feuerbach, Engels lui reproche d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire, mais dans celui de la replâtrer, d’inventer une religion nouvelle, « élevée », etc. « La religion est l’opium du peuple [1] . » Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

 

Et, cependant, Engels a condamné maintes fois les tentatives de ceux qui, désireux de se montrer « plus à gauche » ou « plus révolutionnaires » que les social démocrates, voulaient introduire dans le programme du parti ouvrier la franche reconnaissance de l’athéisme en lui donnant le sens d’une déclaration de guerre à la religion. En 1874, parlant du fameux manifeste des réfugiés de la Commune, des blanquistes émigrés à Londres, Engels traite de sottise leur tapageuse déclaration de guerre à la religion ; il affirme qu’une telle déclaration de guerre est le meilleur moyen d’aviver l’intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement effectif. Engels impute aux blanquistes de ne pas comprendre que seule la lutte de classe des masses ouvrières, amenant les plus larges couches du prolétariat à pratiquer à fond l’action sociale, consciente et révolutionnaire, peut libérer en fait les masses opprimées du joug de la religion, et que proclamer la guerre à la religion, tâche politique du parti ouvrier, n’est qu’une phrase anarchique [2] . En 1877, dans l’Anti Dühring, s’attaquant violemment aux moindres concessions de Dühring philosophe à l’idéalisme et à la religion, Engels condamne avec non moins de force l’idée pseudo révolutionnaire de Dühring relative à l’interdiction de la religion dans la société socialiste. Déclarer une telle guerre à la religion, c’est, dit Engels, «être plus Bismarck que Bismarck lui même », c’est à dire reprendre la sottise de la lutte bismarckienne contre les cléricaux (la fameuse « lutte pour la culture », le Kulturkampf, c’est à dire la lutte que Bismarck mena après 1870 contre le Parti catholique allemand du Zentrum, au moyen de persécutions policières dirigées contre le catholicisme). Par cette lutte, Bismarck n’a fait que raffermir le cléricalisme militant des catholiques ; il n’a fait que nuire à la cause de la véritable culture, en mettant au premier plan les divisions religieuses, au lieu des divisions politiques, il a fait dévier l’attention de certaines couches de la classe ouvrière et de la démocratie, des tâches essentielles que comporte la lutte de classes et révolutionnaire, vers l’anticléricalisme le plus superficiel et le plus bourgeoisement mensonger. En accusant Dühring, qui désirait se montrer ultra révolutionnaire, de vouloir reprendre sous une autre forme cette même bêtise de Bismarck, Engels exigeait que le parti ouvrier travaillât patiemment à l’œuvre d’organisation et d’éducation du prolétariat, qui aboutit au dépérissement de la religion, au lieu de se jeter dans les aventures d’une guerre politique contre la religion [3] . Ce point de vue est entré dans la chair et dans le sang de la social démocratie allemande, qui s’est prononcé, par exemple, en faveur de la liberté pour les jésuites, pour leur admission en Allemagne, pour l’abolition de toutes mesures de lutte policière contre telle ou telle religion. « Proclamer la religion une affaire privée. » Ce point célèbre du programme d’Erfurt (1891) a consacré cette tactique politique de la social démocratie.

 


Cette tactique est devenue désormais routinière ; elle a engendré une nouvelle déformation du marxisme en sens inverse, dans le sens de l’opportunisme. On s’est mis à interpréter les principes du programme d’Erfurt en ce sens que nous, social démocrates, que notre parti considère la religion comme une affaire privée, que pour nous, social-démocrates, pour nous en tant que parti, la religion est une affaire privée. Sans engager une polémique ouverte contre ce point de vue opportuniste, Engels a jugé nécessaire, après 1890, de s’élever résolument contre lui, non sous forme de polémique, mais sous une forme positive. En effet, Engels, l’a fait sous la forme d’une déclaration qu’il a soulignée à dessein, disant que la social démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier.

 


Tel est le côté extérieur de l’histoire des déclarations de Marx et d’Engels en matière de religion. Pour ceux qui traitent le marxisme par dessous la jambe, pour ceux qui ne savent ou ne veulent pas réfléchir, cette histoire est un nœud d’absurdes contradictions et d’hésitations du marxis­me : une sorte de macédoine, si vous voulez savoir, d’athéisme « conséquent » et de « complaisances » pour la religion, une sorte de flottement « sans principes » entre la guerre r r révolutionnaire contre Dieu et le désir peureux de « se mettre à la portée » des ouvriers croyants, la crainte de les heurter, etc. Dans la littérature des phraseurs anar­chistes, on peut trouver nombre de réquisitoires de ce genre contre le marxisme.

 


Mais quiconque est un tant soit peu capable d’envisager le marxisme de façon sérieuse, de méditer ses principes philosophiques et l’expérience de la social démocratie internationale, verra aisément que la tactique du marxisme à l’égard de la religion est profondément conséquente et mûrement réfléchie par Marx et Engels ; que ce que les dilettantes ou les ignorants prennent pour des flottements n’est que la résultante directe et inéluctable du matérialisme dialectique. Ce serait une grosse erreur de croire que la « modération » apparente du marxisme à l’égard de la religion s’explique par des considérations dites « tactiques », comme le désir de « ne pas heurter », etc. Au contraire, la ligne politique du marxisme, dans cette question également, est indissolublement liée à ses principes philosophiques.

 


Le marxisme est un matérialisme. A ce titre il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIII° siècle ou le matérialisme de Feuerbach. Voilà qui est indéniable. Mais le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels va plus loin que les encyclopédistes et Feuerbach en ce qu’il applique la philosophie matérialiste au domaine de l’histoire, au domaine des sciences sociales. Nous devons combattre la religion ; c’est l’a b c de tout le matérialisme et, partant, du marxisme. Mais le marxisme n’est pas un matérialisme qui s’en tient à l’a b c. Le marxisme va plus loin. Il dit : il faut savoir lutter contre la religion ; or, pour cela, il faut expliquer d’une façon matérialiste la source de la foi et de la religion des masses. On ne doit pas confiner la lutte contre la religion dans une prédication idéologique abstraite ; on ne doit pas l’y réduire ; il faut lier cette lutte à la pratique concrète du mouvement de classe visant à faire disparaître les racines sociales de la religion. Pourquoi la religion se maintient elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans ? Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise d’une action de la culture par elle-même. Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc., c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. « La peur a créé les dieux. » La peur devant la force aveugle du capital, aveugle parce que ne pouvant être prévue des masses populaires, qui, à chaque instant de la vie du prolétaire et du petit patron, menace de lui apporter et lui apporte la ruine « subite », « inattendue », « accidentelle », qui cause sa perte, qui en fait un mendiant, un déclassé, une prostituée, le réduit à mourir de faim, voilà les racines de la religion moderne que le matérialiste doit avoir en vue, avant tout et par dessus tout, s’il ne veut pas demeurer un matérialiste primaire. Aucun livre de vulgarisation n’expurgera la religion des masses abruties par le bagne capitaliste, assujetties aux forces destructrices aveugles du capitalisme, aussi longtemps que ces masses n’auront pas appris à lutter de façon cohérente, organisée, systématique et consciente contre ces racines de la religion, contre le règne du capital sous toutes ses formes.

 


Est ce à dire que le livre de vulgarisation contre la religion soit nuisible ou inutile ? Non. La conclusion qui s’impose est tout autre. C’est que la propagande athée de la social­-démocratie doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs.

 


Un homme qui n’a pas médité sur les fondements du matérialisme dialectique, c’est à dire de la philosophie de Marx et d’Engels, peut ne pas comprendre (ou du moins peut ne pas comprendre du premier coup) cette thèse. Comment cela ? Subordonner la propagande idéologique, la diffusion de certaines idées, la lutte contre un ennemi de la culture et du progrès qui sévit depuis des millénaires (à savoir la religion), à la lutte de classe, c’est à dire à la lutte pour des objectifs pratiques déterminés dans le domaine économique et politique ?

 


Cette objection est du nombre de celles que l’on fait couramment au marxisme ; elles témoignent d’une incompréhension totale de la dialectique marxiste. La contradiction qui trouble ceux qui font ces objections n’est autre que la vivante contradiction de la réalité vivante, c’est à dire une contradiction dialectique non verbale, ni inventée. Séparer par une barrière absolue, infranchissable, la propagande théorique de l’athéisme, c’est à dire la destruction des croyances religieuses chez certaines couches du prolétariat d’avec le succès, la marche, les conditions de la lutte de classe de ces couches, c’est raisonner sur un mode qui n’est pas dialectique ; c’est faire une barrière absolue de ce qui est une barrière mobile, relative, c’est rompre violemment ce qui est indissolublement lié dans la réalité vivante. Prenons un exemple. Le prolétariat d’une région ou d’une branche d’industrie est formé, disons, d’une couche de social démocrates assez conscients qui sont, bien entendu, athées, et d’ouvriers assez arriérés ayant encore des attaches au sein de la paysannerie, croyant en Dieu, fréquentant l’église ou même soumis à l’influence directe du prêtre de l’endroit qui, admettons, a entrepris de fonder une association ouvrière chrétienne. Supposons encore que la lutte économique dans cette localité ait abouti à la grève. Un marxiste est forcément tenu de placer le succès du mouvement de grève au premier plan, de réagir résolument contre la division des ouvriers, dans cette lutte, entre athées et chrétiens, de combattre résolument cette division. Dans ces circonstances, la propagande athée peut s’avérer superflue et nuisible, non pas du point de vue banal de la crainte d’effaroucher les couches retardataires, de perdre un mandat aux élections, etc., mais du point de vue du progrès réel de la lutte de classe qui, dans les conditions de la société capitaliste moderne, amènera les ouvriers chrétiens à la social démocratie et à l’athéisme cent fois mieux qu’un sermon athée pur et simple. Dans un tel moment, et dans ces conditions, le prédicateur de l’athéisme ferait le jeu du pope, de tous les popes, qui ne désirent rien autant que remplacer la division des ouvriers en grévistes et non grévistes par la division en croyants et incroyants. L’anarchiste qui prêcherait la guerre contre Dieu à tout prix, aiderait en fait les popes et la bourgeoisie (comme du reste les anarchistes aident toujours, en fait, la bourgeoisie). Le marxiste doit être un matérialiste, c’est à dire un ennemi de la religion, mais un matérialiste dialectique, c’est à dire envisageant la lutte contre la religion, non pas de façon spéculative, non pas sur le terrain abstrait et purement théorique d’une propagande toujours identique à elle même mais de façon concrète, sur le terrain de la lutte, de classe réellement en cours, qui éduque les masses plus que tout et mieux que tout. Le marxiste doit savoir tenir compte de l’ensemble de la situation concrète ; il doit savoir toujours trouver le point d’équilibre entre l’anarchisme et l’opportunisme (cet équilibre est relatif, souple, variable, mais il existe), ne tomber ni dans le « révolutionnarisme » abstrait, verbal et pratiquement vide de l’anarchiste, ni dans le philistinisme et l’opportunisme du petit bourgeois ou de l’intellectuel libéral, qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s’accommode de la foi en Dieu, s’inspire non pas des intérêts de la lutte de classe, mais d’un mesquin et misérable petit calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d’une maxime sage entre toutes : « Vivre et laisser vivre les autres », etc.

 


C’est de ce point de vue qu’il faut résoudre toutes les questions particulières touchant l’attitude de la social démocratie envers la religion. Par exemple, on pose souvent la question de savoir si un prêtre peut être membre du parti social démocrate. A cette question, on répond d’ordinaire par l’affirmative, sans réserve aucune, en invoquant l’expérience des partis social démocrates européens. Mais cette expérience est née non seulement de l’application du marxisme au mouvement ouvrier, mais aussi des conditions historiques particulières de l’Occident, inexistantes en Russie (nous parlons plus bas de ces conditions), de sorte qu’ici une réponse absolument affirmative est fausse. On ne saurait une fois pour toutes, et quelles que soient les conditions, proclamer que les prêtres ne peuvent être membres du parti social­-démocrate, mais on ne saurait davantage une fois pour toutes, faire jouer l’inverse. Si un prêtre vient à nous pour militer à nos côtés et qu’il s’acquitte consciencieusement de sa tâche dans le parti sans s’élever contre le programme du parti, nous pouvons l’admettre dans les rangs de la social démocratie, car la contradiction de l’esprit et des principes de notre programme avec les convictions religieuses du prêtre, pourrait, dans ces conditions, demeurer sa contradiction à lui, le concernant personnellement ; quant à faire subir à ses membres un examen pour savoir s’il y a chez eux absence de contradiction entre leurs opinions et le programme du parti, une organisation politique ne peut s’y livrer. Mais il va de soi qu’un cas analogue ne pourrait être qu’une rare exception même en Europe ; en Russie, à plus forte raison, il est tout à fait improbable. Et si, par exemple, un prêtre entrait au parti social démocrate et engageait à l’intérieur de ce parti, comme action principale et presque exclusive, la propagande active de conceptions religieuses, le parti devrait nécessairement l’exclure de son sein. Nous devons non seulement admettre, mais travailler à attirer au parti social-démocrate tous les ouvriers qui conservent encore la foi en Dieu ; nous sommes absolument contre la moindre injure à leurs convictions religieuses, mais nous les attirons pour les éduquer dans l’esprit de notre programme, et non pour qu’ils combattent activement ce dernier. Nous autorisons à l’intérieur du parti la liberté d’opinion, mais seulement dans certaines limites, déterminées par la liberté de tendances : nous ne sommes pas tenus de marcher la main dans la main avec les propagateurs actifs de points de vue écartés par la majorité du parti.

 


Autre exemple : peut on condamner à titre égal et en tout état de cause, les membres du parti social démocrate, pour avoir déclaré : « Le socialisme est ma religion » et pour avoir diffusé des points de vue conformes à cette déclaration ? Non. L’écart à l’égard du marxisme (et, partant, du socialisme) est ici incontestable, mais la portée de cet écart, son importance relative peuvent différer suivant les conditions. Si l’agitateur ou l’homme qui intervient devant la masse ouvrière s’exprime ainsi pour être mieux compris, pour amorcer son exposé, pour souligner avec plus de réalité ses opinions dans les termes les plus accessibles pour la masse inculte, c’est une chose. Si un écrivain commence à prêcher la « construction de Dieu » ou le socialisme constructeur de Dieu (dans le sens, par exemple, de nos Lounatcharski et consorts) c’en est une autre. Autant la condamnation, dans le premier cas, pourrait être une chicane ou même une atteinte déplacée à la liberté d’agitation, à la liberté des méthodes « pédagogiques », autant, dans le second cas, la condamnation par le parti est indispensable et obligatoire. La thèse « le socialisme est une religion » est pour les uns une forme de transition de la religion au socialisme, pour les autres, du socialisme à la religion.

 


Passons maintenant aux conditions qui ont donné lieu, en Occident, à l’interprétation opportuniste de la thèse « la religion est une affaire privée ». Evidemment, il y a là l’influence de causes générales qui enfantent l’opportunisme en général, comme de sacrifier les intérêts fondamentaux du mouvement ouvrier à des avantages momentanés. Le parti du prolétariat exige que l’Etat proclame la religion affaire privée, sans pour cela le moins du monde considérer comme une « affaire privée » la lutte contre l’opium du peuple, la lutte contre les superstitions religieuses, etc. Les opportunistes déforment les choses de façon à faire croire que le parti social démocrate tenait la religion pour une affaire privée !

 


Mais outre la déformation opportuniste ordinaire (qui n’a, pas du tout été élucidée dans les débats suscités par notre groupe parlementaire autour de l’intervention sur la religion), il est des conditions historiques particulières qui ont provoqué actuellement l’indifférence, si l’on peut dire, excessive, des social démocrates européens envers la question de la religion. Ces conditions sont de deux ordres. En premier lieu, la lutte contre la religion est la tâche historique de la bourgeoisie révolutionnaire ; et, en Occident, la démocratie bourgeoise, à l’époque de ses révolutions ou de ses attaques contre le féodalisme et les pratiques moyenâgeuses, a pour une bonne part rempli (ou tente de remplir) cette tâche. En France comme en Allemagne il y a une tradition de guerre bourgeoise contre la religion, engagée bien avant le socialisme (encyclopédistes, Feuerbach). En Russie, conformément aux conditions de notre révolution démocratique bourgeoise, cette tâche échoit presque entièrement elle aussi à la classe ouvrière. A cet égard, la démocratie petite bourgeoise (populiste), chez nous, n’a pas fait beaucoup trop (comme le pensent les néo cadets Cent Noirs ou les Cent Noirs cadets des Vékhi [4] ), mais trop peu comparativement à l’Europe.

 


D’un autre côté, la tradition de la guerre bourgeoise contre la religion a créé en Europe une déformation spécifiquement bourgeoise de cette guerre par l’anarchisme, qui, comme les marxistes l’ont depuis longtemps et maintes fois expliqué, s’en tient à la conception bourgeoise du monde malgré toute la « rage » de ses attaques contre la bourgeoisie. Les anarchistes et les blanquistes des pays latins, Most (qui fut entre autres, l’élève de Dühring) et consorts en Allemagne, les anarchistes de 1880 et des années suivantes en Autriche, ont poussé jusqu’au nec plus ultra la phrase révolutionnaire dans la lutte contre la religion. Rien d’étonnant que maintenant les social démocrates européens prennent le contrepied des anarchistes. Cela se comprend et c’est légitime dans une certaine mesure ; mais nous autres, social démocrates russes, ne devons pas oublier les conditions historiques particulières de l’Occident.

 


En second lieu, en Occident, après la fin des révolutions bourgeoises nationales, après l’institution d’une liberté plus ou moins complète de conscience, la question de la lutte démocratique contre la religion a été, historiquement, refoulée au second plan par la lutte menée par la démocratie bourgeoise contre le socialisme, au point que les gouvernements bourgeois ont essayé à dessein de détourner du socialisme l’attention des masses en organisant une « croisade » pseudo libérale contre le cléricalisme. Le Kulturkampf en Allemagne et la lutte des républicains bourgeois contre le cléricalisme en France ont revêtu un caractère identique. L’anticléricalisme bourgeois, comme moyen de détourner l’attention des masses ouvrières du socialisme, voilà ce qui, en Occident, a précédé la diffusion, parmi les social démocrates, de leur actuelle « indifférence » envers la lutte contre la religion. Là encore cela se conçoit et c’est légitime, car à l’anticléricalisme bourgeois et bismarckien, les social démocrates devaient opposer précisément la subordination de la lutte contre la religion à la lutte pour le socialisme.

 


En Russie, les conditions sont tout autres. Le prolétariat est le chef de notre révolution démocratique bourgeoise. Son parti doit être le chef idéologique de la lutte contre toutes les pratiques moyenâgeuses, y compris la vieille religion officielle et toutes les tentatives de la rénover ou de lui donner une assise nouvelle, différente, etc. C’est pourquoi, si Engels corrigeait, en termes relativement doux, l’opportunisme des social démocrates allemands   qui substituaient à la revendication du parti ouvrier exigeant que l’Etat proclamât que la religion est une affaire privée, la proclamation de la religion comme affaire privée pour les social-démocrates eux mêmes et pour le parti social démocrate, on conçoit que la reprise de cette déformation allemande par les opportunistes russes aurait mérité une condamnation cent fois plus violente de la part d’Engels.

 


En proclamant du haut de la tribune parlementaire que la religion est l’opium du peuple, notre fraction a agi de façon parfaitement juste ; elle a créé de la sorte un précédent qui doit servir de base à toutes les interventions des social démocrates russes sur la question de la religion. Fallait il aller plus loin et développer plus à fond les conclusions athées ? Nous ne le croyons pas. Car cela menacerait de porter le parti politique du prolétariat à exagérer la lutte contre la religion ; cela conduirait à effacer la ligne de démarcation entre la lutte bourgeoise et la lutte socialiste contre la religion. La première tâche, dont la fraction social démocrate à la Douma Cent Noirs devait s’acquitter a été remplie avec honneur.

 


La deuxième, et à peu de chose près la plus importante pour la social démocratie, était d’expliquer le rôle social joué par l’Eglise et le clergé comme soutiens du gouvernement ultra réactionnaire et de la bourgeoisie dans sa lutte contre la classe ouvrière ; elle aussi a été accomplie avec honneur. Certes, il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, et les interventions ultérieures des social­-démocrates sauront trouver de quoi compléter le discours du camarade Sourkov ; mais il n’en reste pas moins que son discours a été excellent et sa diffusion par toutes les organisations qui le composent est du ressort direct de notre parti.

 


La troisième tâche consistait à expliquer de la façon la plus précise le sens exact de la thèse si souvent dénaturée par les opportunistes allemands : « proclamation de la religion affaire privée ». Cela, le camarade Sourkov ne l’a malheureusement pas fait. C’est d’autant plus regrettable que dans son activité précédente, la fraction avait déjà laissé passer l’erreur commise dans cette question par le camarade Bélooussov [5] , erreur qui a été relevée en son temps par le Prolétari . Les débats au sein du groupe montrent que la discussion sur l’athéisme a masqué à ses regards la nécessité d’exposer exactement la fameuse revendication qui veut que la religion soit proclamée affaire privée. Nous n’allons pas imputer cette erreur de toute la fraction au seul camarade Sourkov. Au contraire. Nous reconnaissons franchement que la faute est imputable à tout notre parti, qui n’avait pas suffisamment élucidé cette question, qui n’avait pas suffisamment fait pénétrer dans la conscience des social démocrates la portée de la remarque faite par Engels à l’adresse des opportunistes allemands. Les débats au sein de la fraction prouvent que c’était justement un manque de compréhension et non point l’absence du désir de tenir compte de la doctrine de Marx. Nous sommes sûrs que l’erreur sera redressée au cours des prochaines interventions du groupe.

 


Dans l’ensemble le discours du camarade Sourkov, nous insistons là dessus, est excellent et doit être répandu par toutes les organisations. La discussion de ce discours, au sein du groupe, a montré qu’il s’acquittait consciencieusement de son devoir social démocrate. Il reste à souhaiter que les comptes rendus des débats à l’intérieur de la fraction paraissent plus souvent dans la presse du parti pour rapprocher la fraction de ce dernier, pour montrer au parti le dur travail fait par la fraction dans son propre sein pour que l’unité idéologique s’établisse dans l’activité du parti et de son groupe parlementaire.

 

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Notes :


[1] K. Marx : « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel. » (Introduction).


[2] F. Engels : « Le programme des émigrés blanquistes de la Commune ».


[3] Voir F. Engels : Introduction à « La guerre civile en France ».


[4] « Vékhi » [Jalons], recueil édité par les cadets à Moscou à partir du printemps de 1909 ; il comprenait des articles de Berdiaev, Boulgakov, Strouvé, Herschensohn et autres représentants de la bourgeoisie libérale. Dans ces articles consacrés aux intellectuels russes, les auteurs tentaient de discréditer les traditions démocratiques révolutionnaires du mouvement de libération du peuple russe telles que les avaient fondées Biélinski, Tchernychevski, Dobrolioubov, Pissarev ; ils dénigraient le mouvement révolutionnaire de 1905 et remerciaient le gouvernement tsariste d’avoir sauvé la bourgeoisie « de la fureur du peuple grâce à ses baïonnettes et à ses prisons ». Lénine a donné une analyse critique, assortie d’un jugement politique, de ce recueil des cadets Cent Noirs, dans son article « A propos des Vékhi » (Œuvres, 4° éd. russe, t. 16, pp. 106-114).


[5] L’erreur du député Bélooussov consistait en ce que, lors de la discussion du budget du Synode à la séance de la III° Douma du 22 mars (4 avril) 1908 il avait déposé une proposition de passage au point suivant de l’ordre du jour, reconnaissant dans la religion « l’affaire privée de chaque personne privée ». L’insuffisance de cette formule avait été relevée dans l’éditorial du n° 28 du Prolétari du 2 (15) avril 1908.

 

Source:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm

 

 

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A Montreuil comme à Lyon et ailleurs, l’État Macronien, agresseur récidiviste !

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L’État Macronien,

agresseur récidiviste !

A Montreuil, il s’en prend violemment à des parents voulant protéger leurs enfants d’une usine vétuste et hautement polluante!

Marie Pavlenko est encore «  sous le choc  ». Avec une centaine de parents d’élèves et de riverains, elle avait décidé, mercredi 27  septembre, d’«  appliquer le principe de précaution  » en bloquant «  l’usine toxique  » – comme on l’appelle dans le quartier – située à une trentaine de mètres du groupe scolaire Jules-Ferry, à Montreuil (Seine-Saint-Denis).

L’«  usine toxique  », c’est un bâtiment vétuste qui abrite tant bien que mal la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), une installation classée pour la protection de l’environnement (ICPE). Spécialisé dans le traitement des pièces mécaniques d’avion, ce sous-traitant d’Airbus et Safran déclarait produire encore plus de 37  tonnes de «  déchets dangereux  » en  2015, selon les dernières données du Registre des émissions polluantes. Elle est devenue indésirable pour les riverains depuis qu’un cas de leucémie rare (s’ajoutant à deux autres cas en quinze ans dans la même rue, dont un mortel) a été déclaré chez un élève de CM2 avant l’été.

«  Jetée à terre comme un sac-poubelle  »

«  On s’était regroupés devant l’entrée dans une ambiance bon enfant quand un des policiers est arrivé en nous disant  : Nous allons faire usage de la force, témoigne Marie Pavlenko. Ils ont commencé à charger en nous écrasant avec leurs boucliers. J’ai eu peur, j’ai crié comme un putois. Un CRS m’a attrapée et jetée à terre comme un sac-poubelle.  » Résultat  : une fracture de la main droite et une incapacité totale de travail de dix-neuf  jours pour la romancière, qui va porter plainte pour «  coups et blessures  ».

Nicolas Barrot, le président de l’association les Buttes à Morel, qui mène la fronde et alerte les pouvoirs publics sur l’état de la SNEM depuis douze ans, a fait le bilan  : six blessés et deux parents menottés et emmenés au commissariat. Antoine Peugeot, le responsable local de la FCPE, ajoute que des émanations de gaz lacrymogène sont arrivées dans la cour d’école alors que les enfants étaient en récréation. Il demande «  la libération immédiate et sans poursuites des deux parents d’élèves interpellés  » et rappelle les trois mots d’ordre martelés depuis les premiers blocages lors de la rentrée  : «  Fermeture immédiate de l’usine, dépollution du site et reclassement des salariés.  »

Le maire de Montreuil, Patrice Bessac, qui a reçu une délégation du collectif des riverains mercredi, demande également une «  libération immédiate des gardés à vue  » et que «  l’ensemble des poursuites engagées soient abandonnées ». La municipalité précise qu’elle s’est engagée à exiger des services de l’Etat «  une totale transparence en demandant la mise à disposition publique de l’intégralité des études réalisées depuis 2007  ».

Taux anormalement élevés de chrome  VI

Nicolas Barrot, lui, s’adresse directement au préfet  : «  Jusqu’à quand allez-vous protéger cette usine  ?  » Contactée par Le Monde, la préfecture de Seine-Saint-Denis n’a pas répondu à nos sollicitations. Depuis la rentrée scolaire, elle multiplie les communiqués rassurants pour expliquer aux parents et aux riverains que la SNEM ne représente pas de danger qui nécessiterait sa fermeture. Quelques heures après l’intervention des forces de l’ordre, un communiqué tout aussi musclé rappelle que «  l’Etat ne peut accepter les tentatives de blocages ou d’intimidation organisées par un groupe de particuliers  » et «  confirme l’absence de risque pour les populations avoisinantes  » sur la base de prélèvements effectués cet été après l’enquête du Monde (daté du lundi 3  juillet).

Lire aussi :   A Montreuil, voisinage toxique d’une usine et d’une école

Pourtant, des résultats d’analyses pratiquées par le laboratoire central de la préfecture de police auxquels Le Monde a eu accès montrent que des taux anormalement élevés de chrome  VI ont été retrouvés dans l’usine, alors même que son activité était limitée.

Ainsi, une concentration de 3,6  µg/m3 a été mesurée dans l’air intérieur lors d’un prélèvement effectué le 1er  août, soit plus de trois fois la limite autorisée. Un dépassement qui n’a pas échappé à l’agence régionale de santé (ARS) qui relève que «  concernant le chrome  VI, l’attention de l’exploitant est attirée sur un possible dépassement de la VLEP [valeur limite d’exposition professionnelle] sur 8  heures fixée à 1  µg/m3.  » Particulièrement prisé dans l’aéronautique pour ses qualités anticorrosives, le chrome  VI est classé cancérogène, mutagène et reprotoxique. Le règlement européen Reach interdit définitivement son usage dans l’Union européenne depuis le 21  septembre. Mais Airbus et Safran ont obtenu une dérogation pour continuer à l’utiliser.

Corbière «  alerte  » Hulot

Dans une question écrite au gouvernement adressée le 26 septembre à Nicolas Hulot, le député (LFI) de la Seine-Saint-Denis, Alexis Corbière «  alerte le ministre de la transition écologique et solidaire sur les dangers potentiels découlant des dérogations accordées à certains grands groupes  ». Il demande, en outre, «  dans le cas de la SNEM [qui] n’est pas unique en France  », «  quels moyens de contrôle le gouvernement envisage de mettre en place pour vérifier qu’aucune atteinte n’est faite à la santé des populations locales ou à l’environnement  » ou si «  des dispositifs sont prévus pour protéger les équipements publics (écoles, hôpitaux, EHPAD…) voisins de ce type d’activité  ».  

La SNEM, elle, placée en procédure de sauvegarde depuis le 3  août, est tout de même sous le coup d’une «  mise en demeure  » de la préfecture depuis le 8  août. Elle a jusqu’à la mi-novembre pour mettre en conformité son système d’aération. Mais le préfet a fait savoir le 27  septembre que «  l’exploitant a déjà satisfait aux deux premières obligations relatives aux déchets  ». Pas de quoi rassurer les parents d’élèves qui continuent de réclamer la fermeture de l’usine, malgré les ecchymoses.


SOURCE:

http://www.lemonde.fr/planete/article/2017/09/27/a-montreuil-les-crs-delogent-brutalement-des-parents-d-eleves-qui-bloquaient-l-usine-toxique_5192514_3244.html

CRS ou Police, peut importe!

L’Etat Macronien

est un agresseur récidiviste!!

L’article du Monde republié ci-dessus comporte cette note de bas de page…:

« Mise à jour le 29 septembre à 10h : correction de l’erreur dans l’article et la vidéo intégrée, qui présentaient, à tort, les policiers comme des CRS. »

Il s’agit manifestement d’une allusion à ce premier encart publié sur le sujet, et présentant une vidéo “choc”, c’est le moins que l’on puisse dire…

« La scène a été filmée par des parents d’élèves. Elle se déroule le 27 septembre à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Des parents d’élèves manifestent contre une usine qui abrite la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux). Située juste à côté d’une école, elle produirait de grandes quantités de déchets dangereux.

La centaine de manifestants a été délogée sans ménagement par un groupe de policiers, qui ont également lancé du gaz lacrymogène. Certains parents d’élèves, surpris par la réaction de la police, disent vouloir « porter plainte pour coups et blessures ».

http://www.lemonde.fr/videos/video/2017/09/28/a-montreuil-des-parents-d-eleves-deloges-sans-menagement-par-des-crs_5192908_1669088.html

Or il s’avère que dans ce conflit, local mais révélateur, et qui dure donc déjà depuis douze ans, semble-t-il, la stratégie répressive de l’État Macronien n’est pas une première… Déjà, le 7 Septembre dernier, il avait usé de la force publique pour tenter de venir à bout de la résistance de ces parents courageux!

Et là, chacun peut le vérifier sur la photo, il s’agissait bien de CRS…

Contre la revendication légitime de ces parents d’élèves, ce n’en est pas moins une récidive dans l’agression et la violence!

Lepotier

Une quinzaine de cars de CRS venus délogés des parents d’élèves qui bloquaient le site d’une usine à Montreuil © Maxppp – Nathalie Doménégo

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Des riverains et parents d’élèves délogés d’une usine par des CRS

Par Nathalie Doménégo, France Bleu Paris jeudi 7 septembre 2017 à 16:01

Plusieurs dizaines d’habitants et de parents d’élèves ont été délogés ce jeudi matin, de l’usine de la SNEM, à Montreuil, dont ils bloquaient l’accès aux employés. Une quinzaine de cars de CRS étaient déployés pour mettre un terme à leur rassemblement.

La police a délogé ce jeudi matin, peu après 7h, à Montreuil (Seine-Saint-Denis) des dizaines de riverains et parents d’élèves qui bloquaient depuis lundi l’accès à une usine dont ils exigent la fermeture en raison de sa toxicité supposée.

Ce blocage empéchait les employés d’entrer sur leur lieu de travail, le site de la SNEM (Société nouvelle d’eugénisation des métaux), spécialisée dans le traitement chimique de pièces destinées aux groupes aéronautiques Airbus et Safran, située au centre de la ville.

Une manifestation illégale, selon la prefecture de Seine-Saint-Denis. Elle n’a pas été déclarée et constitue un délit d’entrave, et « infondée » compte tenu des « échanges approfondis entre les services de l’Etat, la mairie et les riverains » sur ce sujet, a déclaré la préfecture.De leur côté, les habitants mobilisés pour la fermeture de l’usine, dont des parents d’élèves scolarisés dans les écoles voisines, ont dénoncé avec force cette intervention.

« Au lieu d’appliquer le principe de précaution », le préfet « choisit la force pour protéger l’activité de l’usine », lui permettant ainsi de « continuer à intoxiquer +légalement+ », dénoncent la fédération de parents d’élève, dans un communiqué.

En réponse, des parents d’élèves ont occupé brièvement les locaux administratifs des trois écoles voisines de l’usine et annoncent leur intention de saisir le procureur de la République pour « cette mise en danger de la vie d’autrui ». Depuis des années, des habitants du quartier s’inquiètent de la présence de cette usine et leur mobilisation a pris une nouvelle tournure après qu’une leucémie a été diagnostiquée chez un écolier du quartier en juin.

Les autorités ont lancé une série de contrôles et d’analyses pendant l’été. L’exploitant a notamment été mis en demeure de modifier son système de ventilation et d’améliorer sa gestion des déchets. Mais, selon la préfecture de Seine-Saint-Denis, « aucun élément ne démontre aujourd’hui l’existence d’un danger pour les riverains » qui « nécessiterait de procéder à la fermeture de cette dernière ».

Les opposants dénoncent, ce jeudi, la concentration trop élevée en « chrome 6 » à l’intérieur de l’usine, d’après un rapport publié lundi de l’Agence régionale de santé (ARS). Ce produit chimique réputé toxique doit être interdit le 21 septembre dans le cadre d’une directive européenne.

 

 

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Sur l’agressivité actuelle du système, voir également :

 

LYON 12 SEPTEMBRE

L’ « incident » de la Rue Pierre Robin

UNITÉ ET RÉSISTANCE POPULAIRE !!!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/13/lyon-12-septembre-2017-unite-et-resistance-populaire/

 

 

 

A l’ONU, une voix inattendue pour l’honneur et le bon sens, celle de la RPDC

 

us-christmas

 

 

A l’occasion de sa première prise de parole à la tribune de l’ONU, Trump a carrément mis les pieds dans le plat en rappelant que les USA veulent, dans chacun des cas cités, un monde à leur botte !

 

Une manière à peine déguisée, de la part de Trump, de rappeler qu’un monde en réalité systématiquement à la botte de l’impérialisme US, c’est la véritable règle qu’il entend faire admettre à l’ONU !

Et tout cela en tentant encore de se présenter comme un « modèle » et comme le « champion » de la liberté dans le monde…

Mais pour ce qui concerne la RPDC, la « liberté », vue par les USA, c’est, en pratique, l’anéantissement, avec une menace affirmée de « destruction totale » !

Une quasi déclaration de guerre, qui ne pouvait pas rester sans une réponse diplomatique appropriée, rappelant ce que devrait être le véritable rôle de l’ONU.

La voici :

 

 

 

 

 

NDLR: Il ne s’agit pas ici d’apporter une caution à tel ou tel régime politique, vu que Trump s’en est également pris violemment à des pays aussi divers que le Vénézuela, l’Iran, etc…, mais simplement de rappeler ce que signifie le droit des nations et des peuples à disposer d’eux-même!

Pierre GRINDSABLE

 

SUR LE MÊME THÈME:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

 

 

 

 

THE KILLING OF HISTORY

 

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THE KILLING OF HISTORY

21 September 2017

graveside.jpg

The lone survivor of an all-women anti-aircraft battery

near Hanoi. Most were teenagers. (Photo: John Pilger 1975)

By John Pilger

One of the most hyped « events » of American television, The Vietnam War, has started on the PBS network. The directors are Ken Burns and Lynn Novick. Acclaimed for his documentaries on the Civil War, the Great Depression and the history of jazz, Burns says of his Vietnam films, « They will inspire our country to begin to talk and think about the Vietnam war in an entirely new way ».

In a society often bereft of historical memory and in thrall to the propaganda of its « exceptionalism », Burns’ « entirely new » Vietnam war is presented as « epic, historic work ». Its lavish advertising campaign promotes its biggest backer, Bank of America, which in 1971 was burned down by students in Santa Barbara, California, as a symbol of the hated war in Vietnam.

Burns says he is grateful to « the entire Bank of America family » which « has long supported our country’s veterans ».  Bank of America was a corporate prop to an invasion that killed perhaps as many as four million Vietnamese and ravaged and poisoned a once bountiful land. More than 58,000 American soldiers were killed, and around the same number are estimated to have taken their own lives.

I watched the first episode in New York. It leaves you in no doubt of its intentions right from the start. The narrator says the war « was begun in good faith by decent people out of fateful misunderstandings, American overconfidence and Cold War misunderstandings ».

The dishonesty of this statement is not surprising. The cynical fabrication of « false flags » that led to the invasion of Vietnam is a matter of record – the Gulf of Tonkin « incident » in 1964, which Burns promotes as true, was just one. The lies litter a multitude of official documents, notably the Pentagon Papers, which the great whistleblower Daniel Ellsberg released in 1971.

There was no good faith. The faith was rotten and cancerous. For me – as it must be for many Americans – it is difficult to watch the film’s jumble of « red peril » maps, unexplained interviewees, ineptly cut archive and maudlin American battlefield sequences.

In the series’ press release in Britain – the BBC will show it – there is no mention of Vietnamese dead, only Americans. « We are all searching for some meaning in this terrible tragedy, » Novick is quoted as saying.  How very post-modern.

All this will be familiar to those who have observed how the American media and popular culture behemoth has revised and served up the great crime of the second half of the twentieth century: from The Green Berets and The Deer Hunter to Rambo and, in so doing, has legitimised subsequent wars of aggression. The revisionism never stops and the blood never dries. The invader is pitied and purged of guilt, while « searching for some meaning in this terrible tragedy ». Cue Bob Dylan: « Oh, where have you been, my blue-eyed son? »

I thought about the « decency » and « good faith » when recalling my own first experiences as a young reporter in Vietnam: watching hypnotically as the skin fell off Napalmed peasant children like old parchment, and the ladders of bombs that left trees petrified and festooned with human flesh. General William Westmoreland, the American commander, referred to people as « termites ».

In the early 1970s, I went to Quang Ngai province, where in the village of My Lai, between 347 and 500 men, women and infants were murdered by American troops (Burns prefers « killings »). At the time, this was presented as an aberration: an « American tragedy » (Newsweek ). In this one province, it was estimated that 50,000 people had been slaughtered during the era of American « free fire zones ». Mass homicide. This was not news.

To the north, in Quang Tri province, more bombs were dropped than in all of Germany during the Second World War. Since 1975, unexploded ordnance has caused more than 40,000 deaths in mostly « South Vietnam », the country America claimed to « save » and, with France, conceived as a singularly imperial ruse.

The « meaning » of the Vietnam war is no different from the meaning of the genocidal campaign against the Native Americans, the colonial massacres in the Philippines, the atomic bombings of Japan, the levelling of every city in North Korea. The aim was described by Colonel Edward Lansdale, the famous CIA man on whom Graham Greene based his central character in The Quiet American.

Quoting Robert Taber’s The War of the Flea, Lansdale said, « There is only one means of defeating an insurgent people who will not surrender, and that is extermination. There is only one way to control a territory that harbours resistance, and that is to turn it into a desert. »

Nothing has changed. When Donald Trump addressed the United Nations on 19 September – a body established to spare humanity the « scourge of war » – he declared he was « ready, willing and able » to « totally destroy » North Korea and its 25 million people. His audience gasped, but Trump’s language was not unusual.

His rival for the presidency, Hillary Clinton, had boasted she was prepared to « totally obliterate » Iran, a nation of more than 80 million people. This is the American Way; only the euphemisms are missing now.

Returning to the US, I am struck by the silence and the absence of an opposition – on the streets, in journalism and the arts, as if dissent once tolerated in the « mainstream » has regressed to a dissidence: a metaphoric underground.

There is plenty of sound and fury at Trump the odious one, the « fascist », but almost none at Trump the symptom and caricature of an enduring system of conquest and extremism.

Where are the ghosts of the great anti-war demonstrations that took over Washington in the 1970s? Where is the equivalent of the Freeze Movement that filled the streets of Manhattan in the 1980s, demanding that President Reagan withdraw battlefield nuclear weapons from Europe?

The sheer energy and moral persistence of these great movements largely succeeded; by 1987 Reagan had negotiated with Mikhail Gorbachev an Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty (INF) that effectively ended the Cold War.

Today, according to secret Nato documents obtained by the German newspaper, Suddeutsche Zetung, this vital treaty is likely to be abandoned as « nuclear targeting planning is increased ». The German Foreign Minister Sigmar Gabriel has warned against « repeating the worst mistakes of the Cold War… All the good treaties on disarmament and arms control from Gorbachev and Reagan are in acute peril. Europe is threatened again with becoming a military training ground for nuclear weapons. We must raise our voice against this. »

But not in America. The thousands who turned out for Senator Bernie Sanders’ « revolution » in last year’s presidential campaign are collectively mute on these dangers. That most of America’s violence across the world has been perpetrated not by Republicans, or mutants like Trump, but by liberal Democrats, remains a taboo.

Barack Obama provided the apotheosis, with seven simultaneous wars, a presidential record, including the destruction of Libya as a modern state. Obama’s overthrow of Ukraine’s elected government has had the desired effect: the massing of American-led Nato forces on Russia’s western borderland through which the Nazis invaded in 1941.

Obama’s « pivot to Asia » in 2011 signalled the transfer of the majority of America’s naval and air forces to Asia and the Pacific for no purpose other than to confront and provoke China. The Nobel Peace Laureate’s worldwide campaign of assassinations is arguably the most extensive campaign of terrorism since 9/11.

What is known in the US as « the left » has effectively allied with the darkest recesses of institutional power, notably the Pentagon and the CIA, to see off a peace deal between Trump and Vladimir Putin and to reinstate Russia as an enemy, on the basis of no evidence of its alleged interference in the 2016 presidential election.

The true scandal is the insidious assumption of power by sinister war-making vested interests for which no American voted. The rapid ascendancy of the Pentagon and the surveillance agencies under Obama represented an historic shift of power in Washington. Daniel Ellsberg rightly called it a coup. The three generals running Trump are its witness.

All of this fails to penetrate those « liberal brains pickled in the formaldehyde of identity politics », as Luciana Bohne noted memorably. Commodified and market-tested, « diversity » is the new liberal brand, not the class people serve regardless of their gender and skin colour: not the responsibility of all to stop a barbaric war to end all wars.

« How did it fucking come to this? » says Michael Moore in his Broadway show, Terms of My Surrender, a vaudeville for the disaffected set against a backdrop of Trump as Big Brother.

I admired Moore’s film, Roger & Me, about the economic and social devastation of his hometown of Flint, Michigan, and Sicko, his investigation into the corruption of healthcare in America.   

The night I saw his show, his happy-clappy audience cheered his reassurance that « we are the majority! » and calls to « impeach Trump, a liar and a fascist! » His message seemed to be that had you held your nose and voted for Hillary Clinton, life would be predictable again.

He may be right. Instead of merely abusing the world, as Trump does, the Great Obliterator might have attacked Iran and lobbed missiles at Putin, whom she likened to Hitler: a particular profanity given the 27 million Russians who died in Hitler’s invasion.

« Listen up, » said Moore, « putting aside what our governments do, Americans are really loved by the world! »

There was a silence.

http://johnpilger.com/articles/the-killing-of-history

Note du camarade Do, sur son site VLR :

La photo qui illustre le paquet contenant les 3 DVD de propagande pro-américaine montre bien le but de cette série : le Vietnamien est le reflet de l’américain, ils sont donc à égalité dans la saloperie, les tords sont soit-disant partagés. Cependant, si le vietnamien Marche sur la tête, l’américain se tient bien droit sur ses pieds, donnant ainsi finalement raison à l’impérialisme américain.

Il s’agit avant tout de faire oublier que ce ne sont pas les Vietnamiens qui ont bombardé l’Amérique du Nord mais les Américains qui ont bombardé le Nord-Vietnam avec des bombes, du napalm et des dioxines renommées « agent orange » par leur fabriquant Monsanto, .

« On » essaie de nous faire croire aussi qu’Ho Chi Min était une ordure, ce qui est évidemment faux, puisque si c’était vrai il n’aurait jamais été rejoint par l’ensemble du peuple Vietnamien pour gagner cette horrible guerre impérialiste américaine.

http://mai68.org/spip2/spip.php?article767

 

Là où

le

Complotisme

a

commencé…

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why 1&1..

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WHY 3

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WHY 4

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And so on …

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Lyon : à nouveau 10 000 dans la rue, malgré le dénigrement médiatique !!

 

A Lyon, deuxième journée contre la loi travail 2 :

à nouveau une vraie manif et une mobilisation soutenue,

malgré le dénigrement médiatique !!

actualisé le 21/09/2017 à 16h14

Ce jeudi, deuxième manifestation contre les ordonnances réformant une nouvelle fois le code du travail. A Lyon, on prend (presque) les mêmes et on recommence. La police annonce 3 500 personnes alors que la CGT parle de 10 000 personnes.

Par Rue89Lyon publié le 21/09/2017

Après la « réussite » de la manif de la semaine dernière (selon l’intersyndicale qui annonçait également 10 000 – 5 400 pour la police), c’est encore le parcours « grand format » qui a été choisi. Le rendez-vous était toujours donné à 11h30 à la Manufacture des tabacs pour se rendre place Bellecour.

Cette fois-ci les organisations syndicales (CGT, Solidaires, FSU, CNT, CNT-SO, UNEF, UNL) appelaient « les salariés, les chômeurs, les jeunes, les retraités à amplifier la mobilisation en se mettant en grève et en participant massivement à la manifestation ».

Une mobilisation stable

FO, présent en nombre la semaine dernière, n’a pas recruté de la même manière ce jeudi, même si l’union départementale (UD) avait appelé à manifester aux côtés de la CGT et des autres organisations. Les dissensions actuelles au sein de la confédération peuvent expliquer cette faible mobilisation.

Frédéric Volle du bureau de l’UD FO du Rhône veut plutôt insister sur « les débats en interne » et annonce une clarification :

« Fin de semaine prochaine, il y a un comité confédéral, nous allons pouvoir trancher sur la manière dont on s’oppose aux ordonnances ».

Les Insoumis étaient également peu représentés. Pour eux, l’échéance principal reste le 23 septembre à Paris, « la marche contre le coup d’Etat social ».

C’est donc encore la CGT qui a fourni le gros des troupes. Mais des syndicats entiers manquaient à l’appel. La faute à l’accident qui s’est produit ce jeudi matin, sur le périphérique, au niveau de Saint-Fons.

« Sans compter les voitures, au moins trois cars devaient nous rejoindre du sud de l’agglomération et de la Loire », précise le secrétaire général de l’union départementale CGT, João Pereira Afonso.

La banderole de tête de la manif lyonnaise du 21 septembre. Elle a pu se rendre sans encombre jusqu'à la place Bellecour. ©LB/Rue89Lyon

La banderole de tête de la manif lyonnaise du 21 septembre. Elle a pu se rendre sans encombre jusqu’à la place Bellecour. ©LB/Rue89Lyon

La manifestation a pu se dérouler normalement

L’une des questions de cette journée portaient sur la stratégie de maintien de l’ordre qu’allait adopter les autorités. La semaine dernière, la police n’avait pas hésité à couper la manifestation alors qu’elle avait à peine démarré. S’en étaient suivis tensions, gazages, charges et l’encerclement d’une centaine de manifestants à titre préventif.

Au final, la manifestation avait mis plus de deux heures à véritablement partir. Et de nombreux participants avaient préféré quitter le cortège.

Dans un communiqué, l’intersyndicale avait lourdement dénoncé l’attitude de la police et des autorités :

« La liberté de manifester est remise en cause par cette attitude policière provocatrice. Nos organisations condamnent une volonté du gouvernement de criminaliser les luttes sociales, dissuader par la peur les citoyens venus manifester, et discréditer cette mobilisation aux yeux de l’opinion en créant des tensions et des heurts ».

(Lire notre récit du 12 septembre)

Front social lyonnais

A Lyon, le Front social fonctionne en collectif et regroupe des individus autonomes, des syndiqués et des membres d’organisations politiques. Depuis les élections présidentielles et législatives, il est l’héritier de l’Assemblée de lutte qui se régulièrement depuis l’hiver 2015/2016 et les premières mobilisations contre l’état d’urgence. C’est ce collectif Front social qui organise après les manifs, les AG à la Bourse du travail. « Une centaine de personnes ont participé à la dernière AG la semaine dernière », selon Emma qui précise que « le but est de travailler à une dynamique unitaire dans le mouvement social au niveau local comme national ». Toutes les mouvances politiques de gauche sont représentées : communistes, anarchistes, NPA et France insoumise.

Ce jeudi 21 septembre, la manifestation s’est déroulé sans incident. A midi, la banderole de tête a commencé à avancer. A 13h30, elle arrivait place Bellecour.

La police n’est pas intervenue et a reculé d’une centaine de mètres à l’avant et à l’arrière du cortège. Le dispositif était encore impressionnant : fouille des sacs (pour cause d’état d’urgence, justifie-t-on du côté policier), hélicoptère et gendarmes mobiles en nombre.

« En préfecture, nous avons expliqué qu’une police qui colle le cortège fait automatiquement monter la pression. On a obtenu que les forces de l’ordre recule », ajoute le secrétaire général de l’union départementale CGT.

En contre-partie, la CGT a musclé son service d’ordre. Plus de monde, mieux préparé et mieux équipé.

Des discussions ont eu lieu également entre CGT et des individus investis dans le Front social pour que tout le monde se range derrière la banderole de tête.

Un accord a été trouvé, comme le confirme Emma, une étudiante de 20 ans, qui milite dans ce collectif :

« Notre but au Front social est de faire apparaître différentes tendances et stratégies de lutte. On a obtenu un accord avec la CGT pour que le cortège des non-affiliés reste devant, juste derrière la banderole de tête. »

Les banderoles du Front social à Lyon ce 21 septembre. Environ 300 personnes ont manifesté derrière. ©LB/Rue89Lyon

Les banderoles du Front social à Lyon ce 21 septembre. Environ 300 personnes ont manifesté derrière. ©LB/Rue89Lyon

Davantage de grévistes

Pour cette deuxième journée de mobilisation contre la réforme du code du travail, les syndicats insistent autant sur la manif que sur la grève.
Et cela semble payer.
A titre d’illustration, le trafic SNCF est plus perturbé que le 12 septembre.
Selon la direction de la SNCF citée par Lyon Mag, Quelques lignes ont été très légèrement modifiées, notamment les liaisons Lyon – Bourg-en-Bresse, Lyon – Vienne et Lyon – Villefranche.
La desserte du tram-train de l’Ouest Lyonnais est réduite de 50%.
Mais, mise à part pour la ligne Lyon – Givors totalement annulée, ce n’est pas encore le grand blocage.

Autre illustration de la grève, ce jeudi, 91 cantines scolaires de la Ville de Lyon ont été fermées ou partiellement fermées (109 fonctionneront normalement).

« Convergences des luttes » ?

L’expression n’est pas encore sur toutes les bouches mais les prochains jours pourraient être propices à cette fameuse « convergence des luttes » dont on parle à chaque mouvement social.

Lundi 25 septembre, ce sont les routiers qui sont appelés à une grève reconductible par la CGT et FO. Pour lutter contre la réforme du code du travail

Jeudi 28 septembre, les retraités sont appelés à manifester contre la hausse de la CSG qui concernera 60% d’entre eux. A Lyon, le rendez-vous est à 14h, place de la Comédie (1er arr.) pour aller à la préfecture. Jacques Auffeves, le secrétaire général des retraités CGT du Rhône refuse qu’on « monte les uns contre les autres » :

« C’est en lien avec les ordonnances sur la réforme du code du travail. Le gouvernement veut financer la baisse des cotisations salariales par la hausse de la CSG. Ce ne sont pas les retraités qui doivent être mis à contribution pour les actifs ».

La CGT prévoit d’élargir ce mot d’ordre « retraités » pour créer un autre rendez-vous dans ce mouvement social contre les ordonnances.

21 SEPTEMBRE, CONTRE MACRON-EL KHOMRI XXL, LE COMBAT CONTINUE !!

Après le succès du 12 septembre,

il faut amplifier la mobilisation

le 21 septembre !

Rendez vous à 11h30

Manufacture des Tabacs

en direction de Bellecour

Posted by CGT DU RHÔNE on Sep 20, 2017 |

Plus de 10 000 manifestants à Lyon, plus de 400 000 en France, c’est massivement que les salarié-e-s, retraité-e-s, jeunes, privé-e-s d’emploi ont dit non aux ordonnances Macron voulant détruire le Code du travail et ont plus largement exprimé un rejet profond des politiques antisociales mises en oeuvre par ce gouvernement.

Loi Travail XXL et attaques contre la fonction publique : les mêmes recettes contre les droits du salariat.

Depuis l’élection à la présidence d’Emmanuel Macron et la nomination du gouvernement d’Edouard Philippe, l’un et l’autre ont fait la démonstration qu’ils étaient en lutte contre le salariat et les solidarités.

La nouvelle loi Travail, dont les ordonnances sont aujourd’hui connues, constitue une attaque en règle contre les droits des salarié-e-s du privé, qui aura à court ou à long terme des conséquences sur ceux du public.

En même temps, le gouvernement a annoncé le gel du point d’indice dans la fonction publique, le retour du jour de carence, l’absence de compensation de la hausse de la CSG et sa volonté de supprimer 120 000 postes de fonctionnaires sur le quinquennat.

En même temps, il entend supprimer les emplois aidés et entame, avec une première vague en cette rentrée, un plan social d’ampleur dont les écoles, les communes et le milieu associatif, ainsi que les salarié-e-s concerné-e-s en payent le prix fort.

En même temps, pour 10 millions de retraité-e-s dont la pension nette est supérieure à 1200 euros mensuels, c’est une amputation sèche du pouvoir d’achat qui est programmée avec la hausse de la CSG sans aucune compensation. Ils seront dans la rue le jeudi 28 septembre à 14h00 Place de la Comédie en direction de Bellecour. Nous sommes TOUTES ET TOUS concernés.

En même temps, les premières mesures fiscales sont encore prises au bénéfice des plus riches. Tous-tes ensemble, il nous faut mettre un coup d’arrêt à ces politiques marquées du sceau de l’austérité.

Le Travail n’est Pas Une Maladie ! NON aux Ordonnances Macron ! OUI à un Code du Travail du XXIème Siècle

Contrairement à ce qui est massivement véhiculé par certains médias au service du capital, les français ne sont pas favorables au projet de casse sociale que Macron entend mettre en œuvre, à commencer par le droit du travail. Rappelons-nous qu’il n’a pas été massivement élu et qu’il ne représente que 24% des votes exprimés au 1er tour des présidentielles.

Avec le projet de la loi travail XXL, c’est :

Le Permis de licencier à tout va !

La précarité à tous les étages

La fin du dialogue Social dans l’entreprise avec un retour au face à face avec l’employeur

Un Code du Travail par Entreprise

Augmentation des cotisations Sociales des salariés et baisse de celle des employeurs

Des reculs important en matière de sécurité et de santé au travail

la Fin programmée du modèle social français

LE CODE DU TRAVAIL N’EST PAS UN FREIN À L’EMPLOI!

C’est la recherche du Profit à outrance qui jette les gens à la rue !

Le 21 soyons tous mobilisés pour affirmer notre détermination à défendre nos droits, ceux de nos enfants et ceux de nos parents, mais aussi surtout pour en conquérir de nouveaux !

UNE MEILLEURE REPARTITION DES RICHESSES EST POSSIBLE!

En 22 ans de classement «Challenges», le produit intérieur brut (PIB) français a à peine doublé, passant de 1259 milliards d’euros en 1996 à 2222 en 2017. Dans le même temps, la fortune des 500 personnes les plus riches de France du classement Challenges a été multipliée par sept, passant de 80 à 571 milliards d’euros de 1996 à 2017.

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NDLR :

Cet appel de l’UD CGT du Rhône d’un réformisme même assez timoré dans le genre, est à comparer avec l’appel ultra-démagogique de la CGT du Nord, qui n’est pas moins réformiste, quant au fond, en ce qu’il omet d’expliquer que la satisfaction des revendications les plus légitimes, concernant la sécurité de l’emploi, l’éradication du chômage, la garantie de rémunération en cas d’empêchement majeur de travailler, toutes ces revendications ne peuvent être satisfaites que par une transformation radicale des infrastructures économiques, une transformation radicale des rapports de production, qui n’est possible qu’à partir d’une économie de transition socialiste prolétarienne.

Une telle transition nécessite l’implication massive et unie du prolétariat et de toutes les couches popilaires unies, autour d’un programme défini démocratiquement, par la participation massive à un procesus de démocratie directe.

Actuellement, d’ores et déjà, le rôle des militants ouvriers d’avant-garde doit être de populariser le principe même de cette transition à travers les principes fondamentaux qui permettent d’en définir une ébauche concrète, telle que celle, en 8 points, du Collectif Marxiste-léniniste OCTOBRE !, que nous reproduisons ici à nouveau, à la suite.

Luniterre

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Selon la CGT du Nord:

 

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Plate-forme en 8 points

pour une transition

économique prolétarienne

POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE RÉELLEMENT ANTICAPITALISTE A LA CRISE!

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Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités.
(Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

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Source:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/07/25/manifeste-du-collectif-marxiste-leniniste-octobre/

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