URSS

David Palestinien Contre Goliath Sioniste : Une leçon de Résistance donnée au monde !

 

 

 

Bande de Gaza : au moins douze Palestiniens tués dans des violences avec l'armée israélienne

SEPT PALESTINIENS TUÉS, 500 BLESSÉS PAR TSAHAL À LA LIMITE DE GAZA

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A l’occasion de son Jour de la Terre 2018 le peuple de Palestine vient de donner au monde entier une leçon de courage et de résistance exemplaire, après déjà 70 ans de luttes pour son droit au retour sur sa terre d’origine dont il a été chassé par l’occupant sioniste.

Le fait est que le monde voyait ou croyait voir sombrer cette cause peu à peu sous les coups des colonialistes israéliens, et sous une chape d’hypocrisie des puissances impérialistes complices, alors qu’elle vient soudainement et massivement de relever la tête pour réaffirmer son droit intangible.

C’est précisément dans ce droit que réside sa force, c’est ce que nous a magistralement rappelé Stanley Cohen en Juillet dernier.

C’est donc l’occasion de republier ce texte remarquable, qui se trouve être, plus que jamais d’actualité!

Mais au moment où un réveil des luttes sociales semble s’opérer en France, c’est aussi une occasion de réfléchir au sens de ces luttes au sein des métropoles impérialistes, qui sont, qu’elles le reconnaissent ou non, liées entre elles contre toutes les luttes de libération, et celles de la Palestine en premier, tant les complicités du sionisme sont extensives, en France comme aux USA et ailleurs.

Il ne s’agit nullement, ici, de prendre le problème à l’envers, comme le font certains supposés « anti-impérialistes », mais bien au contraire et précisément de comprendre qu’un phénomène colonialiste tel qu’il se développe en Palestine, digne des pires barbaries occidentales du siècle dernier, ne pourrait se poursuivre sans le support de ces complicités. Autrement dit, si le sionisme est bien le serviteur obligé de l’impérialisme dans cette région stratégique du monde, il n’en est pas le maître.

Il fut un temps où la solidarité anti-impérialiste internationale arrivait à isoler certaines de ces entreprises colonialistes au point de les faire cesser, comme au Vietnam et en Afrique du Sud. Mais c’était aussi un temps ou les luttes sociales en occident étaient encore une menace politique sérieuse pour le système capitaliste. Il y avait de fait une synergie entre ces deux aspects de la lutte, même si cela ne résultait précisément d’aucune stratégie réelle ni d’aucun concept de résistance globale, qui eut pourtant été utile et même nécessaire à leur survie, en terme à la fois de résistance sociale et de perspective politique.

Si face à la violence des reculs sociaux imposés par la crise la résistance sociale se réveille à nouveau, elle traine néanmoins encore le boulet de ses précédents échecs, contre la réforme des retraites et contre la Loi El Khomri, et pour ce qui est d’une solidarité anti-impérialiste digne de ce nom on n’en voit plus de signe réellement significatif, sauf, au contraire, des signes de Kollaboration active de diverses parties de la « gauche », même « extrême »!

Mais surtout, le constat est que toutes les forces politiques actuellement au pouvoir ou en capacité de gouverner sont directement engagées dans le processus systémique de régression sociale, comme fractions ouvertement représentatives des intérêts du système capitaliste.

La seule qui se tente encore de se faire passer pour une « alternative », en se donnant un style « rebelle », c’est la prétendue « France Insoumise », alors qu’il ressort clairement de son programme qu’il s’agit ni plus ni moins qu’une relance « keynésienne » du système, basée sur une nouvelle manœuvre financière à l’échelle européenne.

Après un succès de départ du à l’effet médiatique de « nouveauté », comme tant d’autres gadgets politiques précédents, elle sombre à nouveau dans l’obscurité des manœuvres politiciennes, obligée de faire face à sa propre impasse.

Nous avons néanmoins eu l’occasion d’échanger sur ces sujets avec un de ses militants les plus lucides, par ailleurs sympathisant de la mouvance trotskyste britannique « Socialist Fight ».

Il ne s’agit pas ici de revenir une Nème fois sur les analyses de la situation économique de la crise systémique, mais au contraire de comprendre ce qui nous sépare d’un peuple tel que celui de Palestine, aussi démuni de tout et dépourvu aussi bien de moyens locaux que de supports internationaux réellement puissants, mais qui lutte quand même massivement et avec toute la dernière énergie dont il est capable, en comparaison avec notre difficulté à relever la tête dans un climat de régression, certes, mais qui est encore loin d’une situation catastrophique telle que celle de la Palestine.

L’article récent de ce camarade sur les mouvements sociaux en France (*) est centré sur un point essentiel à propos de la nécessité de construire un parti d’avant garde du prolétariat. Un long commentaire en réponse semble insister davantage sur la nécessité de la dictature du prolétariat pour la période de transition, bien que les deux soient liés, jusqu’à un certain point, évidemment.

Les deux sont également justes considérés d’un point de vue marxiste-léniniste, mais le niveau de conscience actuel n’en est manifestement pas là, sauf pour quelques pseudos-« ML » sectaires qui « s’y croient » et n’y sont donc précisément pas… !

Pour ce qui concerne le mouvement de masse, ce n’est donc pas encore là la problématique concrète, celle qui le fera avancer plus rapidement, y compris vers ces objectifs transitoires mais incontournables.

Si la FI a rencontré un relatif succès, c’est qu’elle a su mobiliser essentiellement autour d’un projet… C’est le projet, le programme, qui est l’élément fédérateur et constitutif du mouvement et de son organisation.

Le fait qu’il ne soit ni viable ni crédible, et à juste titre, pour une grande masse de prolétaires, qui ont donc préféré s’abstenir, c’est encore une autre question, mais l’amorce du mouvement réside bien dans le projet et non dans le parti en lui-même, ni même dans les formes hypothétiques de son pouvoir… !

Autrement dit, il faut distinguer la problématique stratégique telle que nous la percevons, même si évidemment, fort justement, comme marxistes, de la problématique politique générale telle que la perçoit la grande masse, et qui est la première marche vers l’élévation et la renaissance de la conscience de classe.

Dans la Russie pré-soviétique et soviétique naissante, c’est le projet politique et social en gestation, précisément, autour des soviets, qui a été à la fois l’amorce et le catalyseur de la lutte. C’est ce principe qui est devenu la légitimité prolétarienne et populaire de la Révolution et qui a permis au parti bolchévique de légitimer son pouvoir, y compris du point de vue de la dictature du prolétariat, comprise comme défense indispensable de ce projet et de cette légitimité.

C’est pourquoi la question du parti, dans les circonstances actuelles, où cette notion est totalement dévalorisée pour les masses par la caricature qu’en donne la bourgeoisie, ne se posera réellement que lorsque naitra une convergence non pas tout d’abord et formellement idéologique, mais précisément autour de l’élaboration concrète d’un projet, un peu à l’image du processus de formation de la FI, expérience utile et signifiante, de ce point de vue, même si inutile et même néfaste, quant au fond.

Mais cette réflexion risque de rester incomprise, car le propos reste incomplet ainsi et peut n’être pas clairement saisi dans toutes ses implications.

Car en réalité c’est donc la question de légitimité qui est le nœud de cette problématique.

La survie du système actuel tient à ce qu’il parvient constamment à se relégitimiser, malgré ses failles béantes et même lorsqu’elles sont perçues comme telles.

Actuellement, la menace terroriste est sa meilleure justification, à condition d’être réactivée très souvent, sinon en permanence.

C’est pourquoi il n’y aura pas de mesures vraiment radicales contre les mouvances salafistes, par exemple.

Mais le point fondamental reste la question du travail.

Dans la légitimité bourgeoise le travail n’est utile que s’il est rentable financièrement.

La question de son utilité sociale n’est jamais réellement posée, sauf pour être ouvertement éludée au motif de non-rentabilité sur le plan financier.

Le travail socialement nécessaire mais « non-rentable » est rejeté dans le domaine du bénévolat et de la charité privée…

Le système arrive ainsi à légitimiser même la réduction de toutes les fonctions sociales encore survivantes de son État.

Tout ce qui subsiste de service public doit être « concurrentiel » avec le secteur privé ou disparaître, et au mieux, remplacé par la charité privée, ou carrément supprimé, sinon.

La vraie question est donc celle de la légitimité du travail, à travers son objectif social, en tant que répondant à des besoins sociaux réels, tant en termes de productions que de services.

Travailler utile socialement ou travailler rentable financièrement, ce sont deux notions bien différentes et qui se retrouvent donc également dans le secteur productif, en réalité, au delà de la culture des fantasmes publicitaires.

La production en cours est-elle socialement réellement utile et/ou essentiellement sur le plan de la rentabilité financière ? C’est cette question qui doit donner un sens à la notion de partage du travail.

Car on ne peut partager qu’un travail socialement utile, en fin de compte, dans la mesure où il répond précisément aux besoins de ceux qui le partagent.

Le changement de légitimité se produira quand l’utilité sociale du travail sera au premier plan des revendications.

C’est en ce sens que les révolutionnaires, marxistes ou non, doivent orienter leur travail d’agit-prop, s’ils veulent avoir une chance d’amorcer un réel mouvement de contestation anticapitaliste et commencer à construire une alternative crédible.

C’est évidemment très différent du paradigme de la FI, qui se présente clairement comme un plan de relance du système actuel, même si dans une hypothétique version « keynésienne », désormais tout à fait chimérique et non crédible, de plus.

La question de légitimité du système se retrouve également dans sa dimension impérialiste où son bilan « globalement négatif », à l’échelle de la planète et de la tant vantée « mondialisation » est en réalité carrément spectaculaire et seulement masqué par l’omniprésence entretenue du « terrorisme » justifiant l’omniprésence des forces armées impérialistes et de leurs supplétifs diverses, même parfois « de gauche »…

C’est là encore, sinon là d’abord, que les révolutionnaires doivent sans cesse reposer la question de légitimité en faisant donc également le lien avec la situation économique et sociale désormais en voie de dégradation accélérée dans les métropoles impérialistes.

En résumé, un demi-siècle après Mai 68, un mouvement de contestation anticapitaliste réel ne peut renaître que parmi ceux qui sont prêts à remettre vraiment en cause les fondamentaux de la légitimité du système actuel, et ils sont très peu nombreux, encore, à l’heure actuelle.

La naissance d’un mouvement actif autour de ces thèmes d’agit-prop serait déjà une petite révolution…

La question de savoir s’il surgira des débats actuels est loin d’être réglée, tant ils sont biaisés, effectivement, par des présupposés idéologiques totalement surannés et donc dogmatiques, quant à leur démarche, qui reste imperceptible des larges masses, même lorsqu’elles se mettent en mouvement.

Mais ne s’est-on pas éloigné de la Palestine actuelle en revenant sur Mai 68?

En réalité, il n’en est rien, et d’autant moins que Mai 68 a aussi amorcé le resurgissement de cette cause alors « oubliée » par l’Occident…

En Palestine la légitimité du combat collectif, le projet collectif, autrement dit, repose sur le droit à la terre, le droit au retour.

Elle dépasse largement les clivages entre courants politiques et religieux. Ce qui explique la continuation massive du combat, sur tant de décennies.

En France elle devrait reposer sur le droit à un travail socialement utile, dans la perspective d’une économie de transition, évidemment.

Le parti ou les factions politiques qui deviendront leaders du mouvement seront celles qui incarneront le mieux cette légitimité. Encore faut-il que le mouvement pour une telle légitimité existe… Ce n’est pas le cas… Travaillons donc à le créer, si nous en avons réellement la volonté politique…

Il y a une dialectique à comprendre entre la constitution du mouvement sur le plan organisationnel et sur le plan de son contenu, en termes de perspectives sociales, économiques et politiques.

Le projet est le moteur. La structure sans le projet est une structure stérile, sans objet.

C’est le projet qui est le premier élément de cette dialectique, les problèmes organisationnels, parti et organisations de masses, se règlent autour et en fonction de la dynamique et de l’avancement du projet.

Encore faut-il donc qu’il y ait projet, en termes de transition.

Sur ce point le camarade FI nous reproche d’entretenir une confusion éventuelle sur la notion de travail socialement utile, qui ne pourrait exister en dehors des critères actuels de rentabilité, avec sa notion actuelle de plus-value.

Malentendu sur le sens des termes ???

Ce qui est du travail socialement utile est socialement rentable, dans la mesure où il répond à des besoins sociaux recensés en termes de productions et de services… ! (Et donc pris en compte dans le plan socialiste, équilibré en termes de valeur-travail productive.)

C’est dans ce sens que que le surtravail reste utile pendant la période de transition, ce qui est tout de même assez différent de la plus-value capitaliste qui n’a qu’une vocation financière avérée.

Le « surtravail » en régime socialiste (phase de transition), n’est plus une « plus-value » hasardeuse mais le fruit d’un plan collectif pour satisfaire les besoins sociaux essentiels…

A ce propos nous lui conseillons donc de relire la célèbre Critique du Programme de Gotha de Marx:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Les « besoins sociaux » tels que définis par les idéologues et économistes du capital ne sont que les besoins solvables, et non les besoins sociaux réels et vitaux, qui ne sont réellement pas satisfaits par le système, globalement, et surtout pas à l’échelle mondiale « mondialisée » sous la domination impérialiste, et de plus il y a le retour de la pauvreté en occident, y compris précisément dans certaines catégories de travailleurs.

Tout cela devrait, au moins pour la « gauche » qui se veut « anticapitaliste », faire partie des évidences!!

Marx, dans le Livre III du Capital, notamment, prend aussi la précaution de faire ce distinguo essentiel, entre « besoins » uniquement solvables et besoins sociaux réels, dans le rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur.

Ayant maintenant quelque peu avancé sur ce concept de légitimité de la lutte anticapitaliste, il est possible de revenir, pour aller plus loin, sur l’une des premières propositions de notre camarade FI que nous avons déjà abordé.

Pour ceux qui se considèrent « marxistes » et plus spécifiquement « léninistes », le concept de légitimité de leur cause leur semble donc d’abord résider dans la construction du parti, en ce qu’il représente l’avant-garde du prolétariat.

Or cette légitimité n’est telle et éventuellement acquise que si le rôle de ce parti est déjà historiquement confirmé, et d’abord par son action sur le terrain.

Autrement dit, poser la construction du parti comme préalable à l’émergence d’un mouvement révolutionnaire prolétarien, c’est carrément prendre le problème à l’envers.

L’acquisition de légitimité du parti ne se fait elle-même, de plus, qu’à travers l’acquisition de légitimité nouvelle et globale du mouvement révolutionnaire, et seulement dans la mesure où ce parti devient lui-même l’incarnation au moins partielle de cette légitimité globale par son action et sa lutte.

L’une des questions historique, en termes de leçons utiles, que nous aurions pu aborder à l’occasion du Centenaire d’Octobre porte précisément sur l’origine de cette légitimité telle qu’acquise par le Parti Bolchevique…

Comment comprendre pourquoi cela est devenu le cas du Parti Bolchevique, et à quel moment ?

C’est bien, en fait, une des question sur lesquelles notre recherche a également porté, à cette occasion, même si cela n’est pas vraiment ressorti dans les polémiques de ce moment.

Celles-ci se sont trouvées concentrées sur la légitimité de la période stalinienne, ce qui était inévitable en raison de sa durée et de son importance stratégique dans l’histoire de l’URSS et du monde du XXème siècle, et de ses conséquences sur le monde actuel.

Pourtant la problématique de base et de départ que nous cherchons à comprendre aujourd’hui, parce qu’elle est celle qui nous concerne plus concrètement, en fait, n’est pas à ce point différente, car en ce qui concerne l’histoire de la Révolution d’Octobre, c’est aussi de la légitimité globale de l’Union Soviétique qu’il est question, en réalité, à traver celle du Parti Bolchevique.

C’est ici à dessein que nous utilisons ici le terme Union des Soviets et non URSS, car à l’évidence cette légitimité est bien antérieure à 1922, fondation officielle de l’URSS…

Cette problématique de légitimité a ressurgi à plusieurs reprises à l’occasion des débats historiques autour du Centenaire d’Octobre. Ils se sont particulièrement cristallisés sur le problème historique de la dissolution de l’Assemblée Constituante en Janvier 1918.

Il apparait d’autant plus évident, à présent, que c’est là que se situe le nœud du problème en ce qui concerne à la fois la légitimité de l’Union des Soviets et celle du rôle historique du parti bolchevique. Et partant de là, de toute la dialectique d’interaction entre ces deux organismes.

Ce n’est pas par hasard si la dissolution de la Constituante, le 6 Janvier 1918 , est devenue, et à nouveau singulièrement à l’occasion du Centenaire, la bouteille à l’encre de tous les historiens anti-bolcheviques, de droite comme « de gauche », au moins aussi souvent.

Si tel est le cas, c’est précisément parce que c’est le véritable point de basculement d’une légitimité vers une autre, c’est à dire de la liquidation des derniers restes, pour l’époque, de la légitimité bourgeoise vers la légitimité prolétarienne.

Le mieux et le plus simple pour comprendre cette situation, c’est de se référer aux trois textes de Lénine sur ce sujet, les plus significatifs sur cette question de légitimité et sur la dialectique qui en ressort concernant l’interaction du parti bolchevique et des soviets.

Il est clair que le parti bolchevique tient sa légitimité de ce qu’il a été le meilleur acteur du pouvoir des soviets. La légitimité la plus fondamentale résidant évidemment dans le pouvoir des soviets et non dans le pouvoir du parti.

C’est ce qui ressort très nettement de ces trois textes, tout simplement parce que c’est une évidence en soi, surtout à l’époque. Or par la suite, avec la guerre « civile », c’est le rôle dirigeant du parti qui a permis la survie du pouvoir des soviets et cette question a perdu de son sens pour plusieurs décennies, tant la fusion parti-soviets est devenue opérationnelle sur le terrain.

En réalité cette question de fusion ou de distanciation relative aurait pu ou même du se reposer à plusieurs reprises, mais le sujet ici est plus global que la polémique sur tel ou tel point historique particulier, comme la constitution de 1936, par exemple, rejetée par les trotskystes, prétendument au nom de la « dictature du prolétariat », et qui en ont bloqué la mise en œuvre via leur influence résiduelle au sein de la bureaucratie, même s’ils ont été finalement les premiers à payer le prix de la situation conflictuelle ainsi créée.

Toujours est-il que cette légitimité fondamentale des Soviets explique aussi en grande partie, même si paradoxalement en apparence, ce prétendu « mystère » du décalage à priori surprenant entre la « nostalgie » majoritaire pour l’URSS en Russie actuelle, et le vote, encore plus majoritaire, en faveur de Poutine.

La nostalgie pour l’URSS porte justement sur le concept de « Nation Soviétique » qui s’est forgé à partir de cette date, à la dissolution de la Constituante en Janvier 1918, à partir de laquelle la « démocratie » parlementaire russe s’est d’elle-même inféodée à l’impérialisme, créant donc ainsi un clivage anti-impérialiste qui s’est précisément creusé en raison du soutient étranger impérialiste à la fois à la réaction blanche et à la réaction « démocratique » bourgeoise.

C’est donc, en réalité, assez logiquement Poutine qui incarne cette nostalgie de la nation soviétique, en tant que restaurateur efficace de l’indépendance nationale russe, et non le KPRF, principal « PC » en Russie, et surtout son secrétaire Ziouganov, à la fois ouvertement inféodé au « PC » chinois et pour le moins très « coopératif » avec l’impérialisme US à propos de l’Ukraine, comme on a pu le voir à l’époque, en pleine bataille décisive pour la ville et le nœud ferroviaire de Debaltsevo :

https://solydairinfo.wordpress.com/2015/09/11/guerre-etou-paix-en-europe-6-mois-apres-minsk-2-le-donbass-a-un-tournant-decisif/

De plus, actuellement, l’étape russe est clairement à la consolidation de l’indépendance et de la résistance anti-impérialiste, et non à la révolution sociale, que le KPRF n’incarne pas non plus, de toutes façons, vu son programme ultra-réformiste.

En Russie, la question de légitimité du pouvoir et de sa nature de classe se trouvera nécessairement reposée à l’issue de l’ère Poutine, mais de l’eau aura encore coulé sous les ponts, d’ici là, en espérant que ce ne soit bien que de l’eau, du reste !

En PDF, les trois textes de Lénine sur la dissolution de la Constituante :

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LENINE – DISSOLUTION CONSTITUANTE

(En intégral, à la suite, avec le texte de Stanley Cohen, le Projet de Décret, proposé par Lénine, pour cette dissolution.)

Ce qu’il faut bien comprendre, c’est évidemment que cette question de légitimité n’est pas d’abord liée au formalisme parlementariste ou non de la démocratie, mais à sa nature de classe.

Ce que l’une ou l’autre forme consacre, à ce moment de l’histoire russe qu’est la dissolution de l’Assemblée Constituante, en janvier 1918, ce sont d’abord des types de rapports sociaux complètement différents, dont les processus électoraux qui en découlent ne sont que l’une des expressions, mais pas la plus fondamentale, en dernière analyse.

La force et la légitimité des soviets c’est d’abord d’avoir créé de nouveaux rapports sociaux sur le terrain de base, à l’entreprise, et donc d’avoir consacré et légitimisé une nouvelle utilité sociale du travail, ce qui  reste donc tout à fait liée à la la légitimité du mouvement révolutionnaire anticapitaliste.

Cela nous ramène donc directement à la question du rapport entre objectif ou utilité sociale du travail et définition des besoins sociaux qu’il vise à satisfaire. Et donc, par voie de conséquence tout aussi directe au rapport dialectique entre loi du marché et loi de la valeur, tel que traité dans le Livre III du Capital de Marx, que nous avons déjà évoqué plus haut, et comment engager le processus de transition pour se séparer de la domination de la loi du marché, tel qu’ébauché, dans son principe, dans la Critique du Programme de Gotha du même Marx… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

Il est important de rappeler ici qu’à la veille d’Octobre, et même, précisément, en Septembre 1917, Lénine fondait, dans « l’État et la Révolution », notamment au Chapitre 5, les principes économiques de la transition socialiste en Russie sur ce même texte de Marx, la Critique du Programme de Gotha…!

Il y a donc bien un lien direct entre les fondamentaux économiques du marxisme et les fondamentaux politiques du léninisme, et c’est précisément aussi pourquoi nous sommes marxistes-léninistes !!

A noter que ce lien possède un prolongement évidemment encore plus large avec l’expansion du phénomène impérialiste, même s’il relégitimise, de manière partielle et provisoire, le capitalisme de certaines bourgeoisies nationales, celles qui tentent de résister à la domination financière impérialiste.

Quoi qu’il en soit de telle ou telle situation particulière, pour nous, dans les métropoles impérialistes, le lien est direct, à la fois entre utilité sociale du travail et légitimité du combat anticapitaliste et entre ce combat lui-même et le combat anti-impérialiste, qui n’ont donc, du reste et en conclusion, qu’une seule et même légitimité, et c’est à nous, les révolutionnaires, et singulièrement les ML, de la faire apparaître politiquement pour avancer vers nos objectifs.

C’est en ce sens que doit s’orienter notre réflexion et notre travail d’agit-prop.

Mais toutefois cette explication ne satisfait pas notre camarade engagé dans la FI, au motif que cette problématique de légitimité et de motivation ressortirait d’un subjectivisme bourgeois de type « kantien »… Une nouvelle forme de confusionnisme, éventuellement, qui éluderait évidemment inefficacement, la réalité des rapports de forces.

Alors que précisément, à notre avis, si elle a une raison d’être, ce n’est pas pour l’éluder mais bien pour la transformer de manière favorable aux forces progressistes et révolutionnaires.

Ce que nous avons tenté, in fine, de lui expliquer à nouveau, aussi simplement que possible:

« En deux mots, camarade, ne vois-tu donc pas la leçon qui nous vient de Palestine, et qui recoupe également, et littéralement dans sa marche, vers la « frontière » sioniste, la leçon d’histoire de la Révolution Bolchevique, notamment telle que Lénine nous l’explique à l’occasion de cette dissolution de Janvier 1918 ???

Le peuple et le prolétariat se mettent réellement et massivement en marche quand ils perçoivent que la légitimité de leur combat est plus forte que celle du camp d’en face, et en l’occurrence, aujourd’hui, celle des sionistes.

C’est tout le sens de la démonstration de Stanley Cohen…

Évidemment, il s’agit ici d’une démarche plus formaliste sur le plan du droit, car concernant une lutte de libération nationale, mais le principe de motivation est le même, quant au fond.

Même en ce qui concerne les luttes les plus évidentes et les plus quotidiennes sur le plan social ne parle-t-on pas aussitôt de « revendications légitimes », alors que cela n’a précisément aucun rapport avec le droit formel, mais effectivement avec le droit « moral » dont les acteurs du conflit se sentent investis et qui les motive au sens littéral du terme, qui les mets en mouvement, autrement dit…

Les « accords d’entreprises », de branche, de convention collectives, etc, et éventuellement, de nouvelles lois sociales viennent effectivement formaliser cette nouvelle légitimité en ce qu’elle a modifié un rapport de forces sociales.

La légitimité de la lutte précède la transformation sociale, y compris sur le plan juridique formel.

Ce n’est pas un effet subjectif « kantien » ou je ne sais quoi, mais simplement le reflet objectif, dans la conscience populaire et prolétarienne, de l’évolution des rapports de production, des rapports de forces économiques et sociaux, de l’accumulation des forces sociales que cette évolution a engendré.

Actuellement, cela fonctionne carrément dans le sens régressif et réactionnaire, tel que voulu par la bourgeoisie, en réaction à sa propre crise, à ses propres contradictions.

Veut-on réellement inverser le mouvement et repartir à l’assaut de ce système moribond ou bien le laisser continuer à s’enfoncer avec nous, et surtout, à nos dépens ?

Telle est la question…

Oui ou non ?

A nous d’y répondre ! »

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Lepotier

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( * https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/04/02/workers-struggles-in-france/  )

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Lénine

Projet de décret

sur la dissolution

de l’Assemblée constituante

La révolution russe a, dès son origine, placé au premier plan les Soviets des députés ouvriers, soldats et paysans, en tant qu’organisation de masse de toutes les classes laborieuses et exploitées, seule capable de diriger la lutte de ces classes en vue de leur complet affranchissement politique et économique.

Au cours de la première période de la révolution russe, les Soviets se sont multipliés, ont grandi et se sont renforcés ; leur propre expérience les a débarrassés des illusions de la politique d’entente avec la bourgeoisie et des formes mensongères du parlementarisme démocratique bourgeois ; ils sont arrivés dans la pratique à la conclusion que l’affranchissement des classes opprimées n’est pas possible sans avoir rompu avec ces formes et avec toute politique de conciliation. Cette rupture fut la Révolution d’Octobre, qui remit tout le pouvoir aux Soviets.

L’Assemblée constituante, élue sur des listes dressées avant la Révolution d’Octobre, était l’expression de l’ancien rapport des forces politiques, datant de l’époque où les conciliateurs et les cadets étaient au pouvoir. En votant alors pour les candidats du parti socialiste-révolutionnaire, le peuple ne pouvait pas choisir entre les socialistes-révolutionnaires de droite, partisans de la bourgeoisie, et les socialistes-révolutionnaires de gauche, partisans du socialisme. Ainsi, cette Assemblée constituante qui devait être le couronnement de la république parlementaire bourgeoise, ne pouvait que se mettre en travers de la voie de la Révolution d’Octobre et du pouvoir des Soviets.

En donnant le pouvoir aux Soviets et, par leur intermédiaire, aux classes laborieuses et exploitées, la Révolution d’Octobre a provoqué la résistance désespérée des exploiteurs ; et, dans l’écrasement de cette résistance, elle s’est pleinement affirmée comme le début de la révolution socialiste. Les classes laborieuses ont pu se convaincre par leur expérience que le vieux parlementarisme bourgeois avait fait son temps, qu’il était absolument incompatible avec les tâches posées par la réalisation du socialisme, que seules des institutions de classe (telles que les Soviets) et non des institutions nationales sont capables de vaincre la résistance des classes possédantes et de jeter les fondements de la société socialiste. Tout refus de reconnaître la plénitude du pouvoir des Soviets et la république des Soviets conquise par le peuple, toute attitude favorable au parlementarisme bourgeois et à l’Assemblée constituante, serait aujourd’hui un pas en arrière et signifierait la faillite de toute la Révolution ouvrière et paysanne d’Octobre.

L’Assemblée constituante qui s’est réunie le 5 janvier a, grâce à ces circonstances, donné la majorité au parti socialiste-révolutionnaire de droite, au parti de Kérenski, d’Avksentiev et de Tchernov. Bien entendu, ce parti a refusé de mettre en discussion la proposition parfaitement précise, claire, qui n’admettait aucune équivoque, de l’organe suprême du pouvoir soviétique, le Comité exécutif central des Soviets : reconnaître le programme du pouvoir des Soviets, reconnaître la «Déclaration des droits du peuple travailleur et exploité », reconnaître la Révolution d’Octobre et le pouvoir des Soviets. Par là même, l’Assemblée constituante a rompu tout lien entre elle et la République des Soviets de Russie. Cette Assemblée constituante devait être inévitablement abandonnée par les groupes bolchévik et socialiste-révolutionnaire de gauche, qui constituent aujourd’hui, notoirement, l’immense majorité dans les Soviets et jouissent de la confiance des ouvriers et de la majorité des paysans.

En réalité, les partis socialiste-révolutionnaire de droite et menchévik mènent, hors de l’enceinte de l’Assemblée constituante, une lutte des plus acharnées contre le pouvoir des Soviets ; ils appellent ouvertement dans leurs organes au renversement de ce pouvoir ; ils qualifient d’arbitraire et d’illégale la répression par la force des classes laborieuses, de la résistance des exploiteurs, répression nécessaire pour s’affranchir de l’exploitation ; ils défendent les saboteurs qui servent le capital ; ils vont jusqu’à lancer des appels non déguisés à la terreur que des « groupes inconnus » ont déjà commencé à pratiquer. Il est clair que le reste de l’Assemblée constituante ne pourrait, de ce fait, que jouer le rôle de paravent destiné à masquer la lutte des contre-révolutionnaires pour le renversement du pouvoir des Soviets.

C’est pourquoi le Comité exécutif central décrète : l’Assemblée constituante est dissoute.

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Stanley L Cohen

Il est temps pour Israël d’accepter le fait suivant : en tant que peuple occupé, les Palestiniens ont le droit de résister – de toutes les manières possibles.

Il y a longtemps de cela, il avait été convenu que la résistance et même la lutte armée contre une force d’occupation coloniale n’étaient pas seulement reconnues par le droit international, mais précisément approuvées.

Conformément au droit international humanitaire, les guerres de libération nationale ont été expressément reconnues en tant que telles par l’adoption du Protocole additionnel I aux Conventions de Genève de 1949 (pdf), en tant que droit protégé et essentiel des peuples occupées à travers le monde.

Dans une évolution pleine de vitalité dans le droit humanitaire, il y a des décennies, l’Assemblée générale des Nations Unies (UNGA) – une fois présentée comme la conscience collective du monde – a noté le droit des peuples à l’autodétermination, à l’indépendance et aux droits de l’homme.

En effet, dès 1974, la résolution 3314 de l’Assemblée Générale des Nations Unies [AGNU] a interdit aux États-membres « toute occupation militaire, même temporaire ».

Dans la partie la plus lourde de signification, la résolution a non seulement affirmé le droit « à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance […] des peuples privés de ce droit, […] en particulier les peuples sous régimes coloniaux et racistes ou autres formes de domination étrangère », mais a noté le droit des peuples occupés « à lutter … et à chercher et obtenir un soutien » dans cet effort.

Le terme « lutte armée » a été intégré dans cette résolution sans définition précise, comme beaucoup d’autres qui ont précédé et qui ont maintenu le droit des populations indigènes à expulser un occupant.

Cette imprécision devait disparaître le 3 décembre 1982. Ce jour-là, la résolution 37/43 de l’Assemblée générale des Nations Unies a supprimé tout doute ou débat sur le droit légal des peuples occupés à résister aux forces d’occupation par tous les moyens reconnus. La résolution réaffirma « la légitimité de la lutte des peuples pour l’indépendance, l’intégrité territoriale, l’unité nationale et la libération de la domination coloniale et étrangère, par tous les moyens disponibles, y compris la lutte armée ».

Israël se berce d’illusions

Bien qu’Israël ait tenté, à maintes reprises, de faire supprimer le sens dépourvu d’ambiguïté de cette résolution précise – et de placer ainsi son occupation d’un demi-siècle en Cisjordanie et à Gaza au-delà de son champ application – c’est un effort voué à l’échec et une illusion si on s’en tient au vocabulaire exigeant de la déclaration elle-même.

Dans la partie la plus significative, l’article 21 de la résolution condamne fermement « les activités expansionnistes d’Israël au Moyen-Orient et le bombardement permanent des civils palestiniens, qui constituent un obstacle sérieux à la réalisation de l’autodétermination et de l’indépendance du peuple palestinien ».

N’hésitant jamais à réécrire l’histoire, et cela bien avant la création des Nations Unies, les sionistes européens se considéraient comme un peuple sous occupation tandis qu’ils émigraient en Palestine.

En effet, 50 ans avant que l’ONU ne parle du droit à la lutte armée comme moyen de libération des peuples indigènes, les sionistes européens se sont attribués frauduleusement le même concept alors que l’Irgun, Lehi et d’autres groupes terroristes imposaient toute une décennie de chaos mortel.

Au cours de cette période, ils ont massacré non seulement des milliers de Palestiniens indigènes, mais ils se sont attaqués aussi à la police et au personnel militaire britanniques qui avaient longtemps maintenu une présence coloniale sur place.

Une histoire des attaques sionistes

Peut-être, alors que les Israéliens s’assoient pour pleurer la perte de deux de leurs soldats qui ont été abattus la semaine dernière à Jérusalem – dans ce que beaucoup considèrent comme un acte de résistance légitime – un retour d’un minimum de mémoire pourrait simplement replacer les événements dans leur contexte historique.

Il y a longtemps, traitant les Britanniques de force d’occupation dans « leur patrie », les sionistes ont ciblé la police britannique et les unités militaires sans la moindre pitié dans toute la Palestine et ailleurs.

Le 12 avril 1938, l’Irgun a assassiné deux policiers britanniques dans un attentat à la bombe dans un train à Haïfa. Le 26 août 1939, deux officiers britanniques ont été tués par une mine placée par Irgun à Jérusalem. Le 14 février 1944, deux agents de police britanniques ont été abattus lorsqu’ils ont tenté d’arrêter des gens qui avaient collé des affiches sur les murs de la ville d’Haïfa. Le 27 septembre 1944, plus de 100 membres de l’Irgun ont attaqué quatre postes de police britanniques, blessant des centaines d’officiers. Deux jours plus tard, un agent de police britannique de haut rang du Service du renseignement a été assassiné à Jérusalem.

Le 1er novembre 1945, un autre policier a été tué alors que cinq trains ont été l’objet d’attaques à la bombe. Le 27 décembre 1945, sept officiers britanniques ont perdu la vie dans une attaque à la bombe au siège de la police à Jérusalem. Entre le 9 et le 13 novembre 1946, les membres juifs « souterrains » ont lancé une série d’attentats à la bombe et aux mines antipersonnel dans les gares ferroviaires, dans les trains et les tramways, tuant 11 soldats et policiers britanniques et huit soldats arabes.

Quatre autres officiers ont été assassinés lors d’une autre attaque sur un quartier général de la police le 12 janvier 1947. Neuf mois plus tard, quatre policiers britanniques ont été assassinés lors d’une attaque de banque commise par l’Irgun et, trois jours plus tard, le 26 septembre 1947, 13 autres agents étaient tués dans une autre attaque terroriste sur un poste de police britannique.

Ce ne sont que quelques-unes des nombreuses attaques dirigées par des terroristes sionistes contre la police britannique, considérés par la plupart des Juifs européens comme des cibles légitimes d’une campagne qu’ils ont qualifiée de « libération » contre une force d’occupation.

Tout au long de cette période, les terroristes juifs ont également entrepris d’innombrables attaques qui n’ont épargné aucune partie de l’infrastructure britannique et palestinienne. Ils ont frappé les installations militaires et policières britanniques, les bureaux du gouvernement et les navires, souvent avec des bombes. Ils ont également saboté les chemins de fer, les ponts et les installations pétrolières.

Des dizaines de cibles économiques ont été attaquées, dont 20 trains endommagés ou faits dérailler, et cinq stations ferroviaires. De nombreuses attaques ont été menées contre l’industrie pétrolière, dont une, en mars 1947, sur une raffinerie de la Shell à Haifa qui a détruit quelque 16 000 tonnes de pétrole.

Des terroristes sionistes ont tué des soldats britanniques dans toute la Palestine, en utilisant tout type de pièges, des embuscades, des tireurs d’élite et des véhicules bourrés d’explosifs.

Une attaque, en particulier, résume le terrorisme de ceux qui – sans aucun support dans le droit international – n’ont vu aucune limitation à leurs efforts pour « libérer » un terrain sur lequel ils avaient en grande partie récemment émigré.

En 1947, l’Irgun a enlevé deux sous-officiers du Corps d’intelligence de l’armée britannique et menacé de les pendre si la condamnation à mort de trois de ses membres était maintenus. Lorsque les trois membres de l’Irgun ont été exécutés par pendaison, les deux sergents britanniques ont été pendus en représailles, et leurs corps remplis d’explosifs ont été laissés dans un bosquet d’eucalyptus.

En annonçant leur exécution, l’Irgun a déclaré que les deux soldats britanniques avaient été pendus après leur condamnation pour « activités criminelles anti-hébraïques » qui comprenaient : l’entrée illégale dans la patrie hébraïque et l’appartenance à une organisation terroriste criminelle britannique – connue sous le nom d’armée d’occupation – qui était « responsable de la torture, du meurtre, de la déportation et du refus du droit à la vie pour le peuple hébreu ». Les soldats ont également été accusés de possession illégale d’armes, d’espionnage anti-juif en civil et de projets hostiles prémédités contre les forces clandestines.

Bien au-delà des limites territoriales de la Palestine, à la fin des années 1946-1947, une campagne continue de terrorisme a visé les Britanniques. Des actes de sabotage ont été effectués sur les routes de transport militaires britanniques en Allemagne. Le Lehi a également essayé, sans succès, de lancer une bombe sur la Chambre des communes à partir d’un avion affrété en provenance de France et, en octobre 1946, il a attaqué à la bombe l’ambassade britannique à Rome.

Un certain nombre d’autres engins explosifs ont été désamorcés dans et autour des cibles stratégiques à Londres. Quelque 21 lettres piégées ont été adressées, à plusieurs reprises, à des personnalités politiques britanniques de premier plan. Beaucoup de ces missives ont été interceptées, tandis que d’autres ont atteint leurs destinataires mais en étant identifiées comme tel avant qu’elles n’explosent.

Le prix élevé de l’autodétermination

L’autodétermination est une voie difficile et coûteuse pour les occupés. En Palestine, quelle que soit l’arme choisie – qu’il s’agisse de la parole, du stylo ou de l’arme à feu – il y a un prix très lourd à payer pour son utilisation.

Aujourd’hui, « dire la vérité face au pouvoir » est devenu un incantation magique de résistance populaire dans les cercles et les sociétés néolibérales. En Palestine, cependant, pour les occupés et les opprimés, c’est un chemin absolument sûr vers la prison ou la mort. Pourtant, pour des générations de Palestiniens dépouillés du moindre souffle d’air pouvant évoquer un sentiment de liberté, l’histoire enseigne qu’il n’y a tout simplement aucun autre choix.

Le silence est une capitulation. Se taire, c’est trahir tous ceux qui sont venus avant et tous ceux qui viendront après.

Pour ceux qui n’ont jamais ressenti le joug constant de l’oppression, ni l’ont vu de près, c’est une vision au-delà de la raison. L’occupation est lourde pour l’occupé, chaque jour, de toutes les manières, en limitant ce que vous êtes et ce que vous pouvez oser devenir.

La présence constante des barrages militaires, des armes à feu, des ordres, de la prison et de la mort sont des compagnons de voyage pour les occupés, que ce soit des nourrissons, des adolescents au printemps de la vie, des personnes âgées ou ceux piégés dans des limites artificielles de frontières sur lesquelles ils n’ont aucun contrôle.

Aux familles des deux policiers druzes israéliens qui ont perdu la vie en essayant de contrôler un lieu qui ne leur appartenait pas, je transmets mes condoléances. Ces jeunes hommes, cependant, n’ont pas été perdus pour le bien d’une « résistance », mais volontairement sacrifiés pour une vicieuse occupation qui n’a aucune légitimité.

En fin de compte, s’il y a un deuil, ce doit être pour les 11 millions d’occupés, en Palestine ou à l’extérieur, en tant que réfugiés apatrides, dépouillés d’une voix et de la moindre chance dans la vie, alors que le monde présente des excuses motivées en grande partie par les paquets cadeaux en retour qui portent l’étoile de David.

Il n’y a pas un jour sans que la gargouille sioniste ne surplombe un nourrisson palestinien enveloppé dans un linceul funèbre, privé de vie parce que l’électricité ou la liberté de mouvement sont devenus un privilège pervers qui soumet des millions d’otages aux caprices politiques de quelques-uns. Qu’ils soient israéliens, égyptiens, ou qu’il s’agisse de ceux qui osent se prétendre la direction politique palestinienne, la responsabilité des infanticides à Gaza est la leur, et à eux seuls.

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès »

Les trois jeunes hommes, cousins, qui ont volontairement sacrifié leur vie dans l’attaque contre les deux officiers israéliens à Jérusalem, ne l’ont pas fait comme un geste sans signification né du désespoir, mais plutôt comme une déclaration personnelle de leur fierté nationale, dans la lignée de beaucoup d’autres qui avaient compris que le prix de la liberté peut parfois signifier tout perdre.

Pendant 70 ans, il n’y a pas eu un jour sans la mort de jeunes femmes et hommes palestiniens qui, tragiquement, ont trouvé plus de dignité et de liberté dans le martyre que dans une vie soumise et passive contrôlée par ceux qui ont osé définir les paramètres de ce que serait leur vie.

Des millions d’entre nous dans le monde entier rêvons d’un meilleur temps et d’un meilleur lieu pour les Palestiniens … [pour qu’ils soient] libres de déployer leurs ailes, de se lever, de découvrir qui ils sont et ce qu’ils souhaitent devenir. Jusque-là, je ne pleurerai pas la perte de ceux qui arrêtent leur vol. Au lieu de cela, j’applaudis ceux qui osent lutter, osent gagner par tous les moyens nécessaires.

Il n’y a pas de magie à la résistance et à la lutte. Celles-ci transcendent le temps et le lieu et tirent leur sens et leur ardeur dans l’inclinaison naturelle qui nous conduit tous à vouloir être libres – libres de déterminer le déroulement de nos propres vies.

En Palestine, il n’existe pas une telle liberté. En Palestine, le droit international reconnaît les droits fondamentaux à l’autodétermination, à la liberté et à l’indépendance des occupés. En Palestine, cela inclut le droit à la lutte armée, si nécessaire.

Il y a longtemps, le célèbre abolitionniste Frederick Douglass, lui-même ancien esclave, écrivait sur ce qu’est la lutte. Ces mots ne résonnent pas moins aujourd’hui, en Palestine, qu’ils ne l’ont fait il y a 150 ans au cœur des plantations du sud des États-Unis :

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. Ceux qui professent vouloir la liberté, et pourtant critiquent l’action, sont des hommes qui veulent des récoltes sans labourer le sol. Ils veulent de la pluie sans tonnerre et sans foudre. Ils veulent l’océan sans la peur du rugissement de ses eaux immenses. Cette lutte peut être morale, ou elle peut être physique, ou être à la fois morale et physique, mais elle doit être une lutte. Le pouvoir ne concède rien sans une exigence. Il ne l’a jamais fait et ne le fera jamais. »

* Stanley L Cohen est un avocat et militant des droits de l’homme, spécialisé sur le Moyen-Orient et l’Afrique.

http://www.chroniquepalestine.com/palestiniens-droit-legal-resistance-armee/

Source de la compilation:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/02/palestine-jour-de-la-terre-une-lecon-de-resistance-donnee-au-monde/

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Capitalisme et Impérialisme sont les deux faces d’une même pièce !

 

 

 

 

 

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Capitalisme et Impérialisme

sont les deux faces

d’une même pièce !

 

 

Malgré la crise mondiale qui continue de faire rage et de ravager la planète, socialement, économiquement et écologiquement, c’est une vague régressive et ultra-réactionnaire qui continue de dominer la vie politique, à l’échelle planétaire, également.

Selon les pays elle prend différentes formes de démagogie populiste ou de prétendu social-libéralisme, selon ce qui est le plus adapté, localement, pour obtenir la soumission des peuples, des nations, et en premier lieu, de leur classe ouvrière.

En France le « macronisme » est la forme qu’à pris cette ultra-réaction, en surclassant toutes les autres, lors de la dernière joute électorale, même si cette dernière a été en grande partie désertée par l’électorat populaire.

La question de savoir s’il existe encore un moyen de s’opposer à cette déferlante et de construire au moins l’embryon d’une alternative reste donc posée, et même avec de plus en plus d’acuité, à mesure que la réaction avance dans tous les domaines, et notamment sur le plan social.

Dans cette même période il apparaît de plus en plus évident que la France, non seulement n’est pas située à l’écart des conflits internationaux, mais y prend une part active et contribue grandement, avec les USA, à attiser les feux guerriers sur la planète.

Cela était déjà apparu une première fois avec la part prépondérante qu’elle avait pris dans le conflit en Libye.

Mais le discours de l’époque selon lequel elle était sensée devoir se défendre contre une supposée « barbarie » venue du tiers-monde commence à apparaître pour la duperie qu’il était déjà, au vu, notamment, des résultats de cette intervention.

Néanmoins, même en partie démasqué, ce discours fonctionne encore suffisamment pour entretenir les divisions communautaires en France et obtenir un consensus de fait pour la prolongation de l’interventionnisme impérialiste français à travers le monde.

Que ce soit en Libye ou ailleurs, cet interventionnisme ne se développe jamais que dans le sillage de l’interventionnisme impérialiste US, ou avec son accord, comme une sorte de concession « régionale » accordée par le numéro 1 à l’un de ses vassaux et allié indéfectible.

Compte tenu des forces de plus en plus dérisoires restant à l’opposition à cette machine de guerre, avançant à la fois localement sur le plan social, et internationalement, pour broyer la résistance des peuples néo-colonisés, la question se pose de savoir sur quel objectif tenter de mobiliser ces maigres forces restantes pour organiser un début de résistance, sinon une contre-offensive.

(C’est ce qui a fait l’objet de débats virulents en marge des divers articles récemment publiés sur TML.)

Faut-il organiser en priorité des actions de solidarité avec les luttes des peuples néo-colonisés ou bien faut-il se consacrer exclusivement à tenter de politiser les quelques luttes revendicatives qui se produisent encore sporadiquement en métropole ?

Ou bien encore, peut-on se contenter de bricoler un peu d’agit-prop sur chaque front, en dispersant les restes d’énergies et sans faire de lien réel entre ces actions ?

Auquel cas, on obtient aucune avancée décisive sur aucun des fronts, et surtout, on ne construit rien de durable et d’enraciné, en dépit de l’énergie déployée.

Au lieu de grandir, nos forcent s’érodent, au fil des ans, plus qu ‘elles ne se renouvellent. C’est ainsi qu’elles se sont dispersées, divisées et finalement réduites à peu de choses, sinon à l’illusion et à la complaisance. Le mouvement semble avoir confondu division et multiplication !

Un fait essentiel devrait pourtant unir au moins les marxistes-léninistes : le fait que nous vivions encore dans la période de domination impérialiste, dans la phase impérialiste du capitalisme, c’est à dire celle de la domination du capitalisme financier sur toutes les autres formes de capitalisme.

Or cela signifie quoi ?

« La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement « puissants », par rapport a tous les autres. »

http://www.marx.be/fr/content/iii-le-capital-financier-et-loligarchie-financiere

A l’époque de Lénine les puissances impérialistes étaient au nombre de cinq : Allemagne, Grande-Bretagne, France, États-Unis et Japon, qui émergeait, comme les USA, mais à une échelle moindre, au cours de la première guerre mondiale. Évidemment, au moment même où Lénine écrivait ces lignes, il fallait aussi compter la Russie tsariste, comme puissance impérialiste « émergente », mais déjà sur le point de sombrer, en tant que telle, donc.

Le principe même de la domination impérialiste reste donc celui d’ « un petit nombre d’États », aujourd’hui comme hier, et la concentration du capital financier aidant, cela ne peut guère changer, sauf à réduire ce nombre, encore. Des puissances économiques régionales émergent, mais même si elles ne sont pas forcément des néo-colonies au premier degré, ce sont des puissances vassalisées, et qui doivent leur développement relatif à leur suzerain US, dans bien des cas. Elles peuvent être intégrées dans un maillage de « participations croisées », comme nous l’explique Lénine, mais ne constituent pas par elles-même des pôles impérialistes à proprement parler.

Bien évidemment, il n’y a pas de situation fixe, et précisément on voit le cas de la Chine, après une période essentiellement « comprador » sous domination financière US, réussir à constituer le second pôle financier mondial et devenir le challenger numéro 1 de son maître US, encore lui-même largement numéro 1, toutes catégories confondues.

De sorte que si les USA ont réussi à vassaliser leurs trois comparses européens, après avoir réduit le Japon à son périmètre insulaire et à son secteur de développement essentiellement industriel, ils se trouvent maintenant confrontés à cette puissance montante qu’il ont en fait contribuer à créer, déjà, pour abattre l’URSS, entre autres manœuvres impérialistes.

Le nombre des puissances impérialistes réellement correspondantes à la définition marxiste-léniniste reste donc limité à six : USA, Grande-Bretagne, France, Allemagne, Japon, auxquelles vient donc s’ajouter le challenger chinois, carrément sur la deuxième marche du podium, en réalité.

Autrement dit, si les rapports de force ont bien changés, et plusieurs fois, depuis l’époque de Lénine, le nombre, étrangement, reste le même, et sauf pour la Chine, les concurrents aussi.

Comme on l’a encore vu et étudié récemment, en fonction des critères léninistes eux-même, il est tout à fait impossible d’adjoindre la Russie à cette liste, malgré son importance géostratégique et le rôle qu’elle joue sur la scène internationale.

Cela a donc suscité des polémiques, et même des polémiques assez violentes, mais elles n’ont fait que mettre au grand jour la démarche anti marxiste-léniniste des tenants de cette affirmation.

Certains en sont même à présenter la Russie actuelle comme l’agresseur déjà en marche contre l’ « occident », et même s’ils prétendent à une « neutralité », en pratique cela équivaut à inverser les rôles, la Russie étant, à court terme, l’un des objectifs essentiels à abattre, pour l’impérialisme.

En pratique, toujours, cela équivaut non seulement à renoncer à combattre l’impérialisme, mais en fait à combattre directement dans son camp, ce que certains ont entrepris délibérément, sur le terrain, en Syrie, notamment.

En dehors des pôles impérialistes actuels et des pays néo-colonisés ou vassalisés, il existe donc encore un certain nombre de pays aux parcours diverses, dont la Russie, et à différents stades du développement capitaliste, en fonction de leur histoire, qui refusent de subir le joug impérialiste.

Ici encore, le but de l’article est de résumer la situation et non de reprendre, cas par cas, l’analyse du développement de chaque pays. Il est clair que ces situations, que l’on peut qualifier d’intermédiaires, sont complexes et variées et comprennent des aspects de différents stades du développement capitaliste, comme c’est encore le cas de la Chine, du reste, malgré une nette évolution vers une économie financière impérialiste.

Il est également clair que le destin de ces pays, faute d’une lutte prolétarienne conséquente et d’une direction politique prolétarienne des luttes, est soit de succomber au néo-colonialisme, soit de se transformer eux-mêmes en pôles impérialistes, comme ce fut le cas de la Chine.

Il est clair que dans ces pays le prolétariat doit à la fois combattre pour ses revendications sociales et contre l’intégration de leur pays au maillage économique impérialiste. C’est une situation particulièrement difficile, mais s’appuyer, même tactiquement, sur la volonté impérialiste de démembrement de ces pays pour combattre leur bourgeoisie nationale, c’est, assurément, une stratégie contre-productive, et, à terme, suicidaire. On a jamais vu le « socialisme » se construire à l’ombre des baïonnettes US, qui ne peuvent apporter que la désolation et la mort, selon leur nature de classe, plus que jamais révélée par toutes leurs récentes interventions.

Une alliance stratégique du prolétariat avec la bourgeoisie nationale est-elle encore possible dans ces pays ? Il n’y a évidemment pas de solution universelle à ce problème. La seule règle reste toujours de préserver et de renforcer l’autonomie des organisations prolétariennes, lorsqu’elles existent, et de construire le meilleur rapport de forces possible.

Dans ce type de contexte, la lutte pour l’indépendance nationale reste assez longtemps l’objectif prioritaire mais dans une certaine limite, comme on l’a vu, car la bourgeoisie nationale n’a pas la capacité de maintenir cette indépendance très longtemps et suit inévitablement l’une ou l’autre alternative, soit la soumission au néo-colonialisme, le plus souvent, soit le développement d’un nouveau pôle impérialiste.

Dans le cas de la bourgeoisie nationale-bureaucratique maoïste, ce fut donc une succession et une combinaison des deux aspects, via la phase comprador « Deng Xiaoping».

Dans les métropoles impérialistes, comme la France, la question du rapport entre indépendance nationale et socialisme se pose évidemment de façon tout à fait différente. Même s’il s’agit d’une métropole vassalisée, comme la France l’est par rapport aux USA, il n’y a évidemment aucune alliance à envisager avec une éventuelle bourgeoisie « nationale », qui en tant que telle, n’existe plus, et il n’y a évidemment pas le moindre progressisme à imaginer plus d’ « indépendance » pour le pôle impérialiste français, qui ne serait jamais qu’une restauration et/ou une extension de son pouvoir néo-colonisateur.

De plus, la bourgeoisie elle-même n’y voit aucun intérêt et cherche plutôt une meilleure intégration dans le maillage impérialiste US. Sa conception « nationale » n’est jamais que celle de ses intérêts financiers et ils ne concordent jamais, en fin de compte, avec ceux des travailleurs, systématiquement sacrifiés sur l’autel de la mondialisation.

Il ne reste donc rien d’une « indépendance nationale » française qui serait encore à « défendre », ou même à reconquérir dans le cadre du système capitaliste.

L’intégration de la France dans l’UE n’est qu’un aspect du maillage qui la relie à l’impérialisme US. C’est même un aspect par lequel elle y défend relativement sa place et ses intérêts, avec ses autres comparses européens, par rapport à leur suzerain US, et il n’y a pas le moindre avantage social à gagner, pas la moindre parcelle d’indépendance à « reconquérir » à l’en faire sortir, dans le cadre du capitalisme.

Par contre il apparaît évident qu’une tentative de construire une alternative réellement socialiste et prolétarienne suppose un développement économique suffisamment endogène et autonome par rapport à l’impérialisme et donc une réelle indépendance nationale.

De sorte que si le mot d’ordre d’indépendance nationale a un sens, ce ne peut être que comme complément et condition de la construction d’une alternative socialiste.

Dans ce cadre il est indispensable, mais dans ce cadre seulement. Il devrait donc faire partie intégrante d’un programme d’alternative socialiste prolétarienne, reposant sur une planification économique équilibrée entre forces productives et besoins sociaux réels.

Le fait qu’un tel développement économique rende nécessaire l’utilisation d’une unité de compte monétaire évaluée en valeur-travail, c’est aussi ce que l’on a vu au cours d’études et de débats précédents. Cela entraînera donc, de fait, comme conséquence, mais seulement comme conséquence, une rupture avec le système monétaire européen.

Poser le principe de cette rupture comme mot d’ordre préalable, parler de « sortie de l’Euro » comme condition préalable ou comme une avancée en soi, et non comme conséquence d’une réalisation économique socialiste, cela n’a aucun sens, sauf à engendrer des désordres économiques supplémentaires et inutiles, par dessus la crise.

Il en va de même, comme on l’a vu, pour tous les mots d’ordres tendant à faire croire qu’il serait possible de regagner une indépendance quelconque, dans le cadre du capitalisme, par la rupture avec tel ou tel organisme ou institution internationale. Ce genre de rupture formelle ne réduirait en rien, quoiqu’il en soit, la capacité répressive de l’impérialisme.

La seule rupture utile, pour les prolétaires de France, est celle d’avec le capitalisme, pour la construction du socialisme prolétarien.

Néanmoins, le développement d’une économie socialiste ne signifie pas pour autant un système totalement autarcique, qui n’est ni possible ni souhaitable. La construction du socialisme nécessite et implique échange et solidarité avec les autres peuples en lutte contre l’impérialisme. Cela peut donc aussi concerner des nations en voie de résistance contre l’impérialisme, même si pas nécessairement déjà engagées sur la voie prolétarienne du socialisme.

C’est en ce sens qu’il peut y avoir, à l’échelle internationale un front commun de fait entre le prolétariat des métropoles impérialistes et la partie la plus avancée des bourgeoisies nationales et nationales-bureaucratiques. L’affaiblissement des métropoles impérialistes est leur intérêt commun.

De plus, bon nombre de prolétaires de France ont des origines où des liens avec des pays où se déroulent des conflits attisés par l’impérialisme, et notamment l’impérialisme français. Il y a donc souvent un lien direct entre leur situation de prolétaire et les ravages de l’impérialisme. Ils sont donc les mieux placés pour comprendre qu’impérialisme et capitalisme sont les deux faces d’une même pièce.

C’est aussi par le biais des guerres impérialistes que se trouve maintenue la pression terroriste sur les métropoles. Loin de desservir les intérêts des impérialistes cette pression leur est utile à tous points de vue, à la fois comme prétexte pour leurs guerres et comme moyen de dominer, aussi bien par cette terreur elle-même que par les lois d’exception qui en découlent, le prolétariat et les couches populaires des métropoles.

C’est aussi une autre façon de comprendre qu’impérialisme et capitalisme sont les deux faces d’une même pièce et que l’on ne peut, d’un point de vue marxiste-léniniste, combattre l’un sans combattre l’autre.

Il fut longtemps considéré que la lutte de solidarité anti-impérialiste était en quelque sorte une activité d’un niveau politique inférieur à la lutte anti-capitaliste et au mieux un moyen d’avancer de la première à la seconde.

Ce qui est carrément, en réalité, faire bon marché de l’enseignement de Lénine sur le stade encore actuel du capitalisme qui est précisément celui de l’impérialisme.

Alors que c’est évidemment d’abord dans ses formes arrivées à ce stade que le capitalisme doit être combattu, fondamentalement, à notre époque, en comprenant qu’à partir de là les formes moins évoluée s’effondreront d’autant plus facilement sous la poussée du mouvement général qui emportera le tout.

Alors que tant que les citadelles et bases impérialistes des métropoles resteront debout elles auront les moyens de faire régner leur ordre sur la planète et de réprimer la moindre tentative d’indépendance, ou à tout le moins d’essayer avec la dernière énergie, comme on le voit déjà aujourd’hui par leur acharnement à se maintenir en Syrie en dépit de leur défaite sur l’essentiel des fronts.

Les luttes de libération nationale dans le tiers monde ont bien un rôle stratégique essentiel, mais elles ne pourront aboutir pleinement et durablement qu’en arrivant au stade de la transition socialiste, également. Et cela n’est réellement possible que si au moins un maillon essentiel des citadelles impérialistes commence à céder sous la poussée du prolétariat organisé autour d’une alternative révolutionnaire socialiste.

Ce n’est donc que dans la perspective du socialisme prolétarien que les luttes anti-impérialistes prennent véritablement leur sens, même si les stratégies sont différentes entre métropoles et pays du tiers-monde.

De même, sans y intégrer les luttes de solidarité anti-impérialistes, sans mettre en évidence dans notre agit-prop le lien qui les unit aux objectifs sociaux anti-capitalistes, les luttes anti-capitalistes elles-mêmes perdent leur signification et ne sont plus perceptibles comme ouvrant réellement une alternative politique dans la situation de crise systémique actuelle et de guerre impérialiste rampante sur la planète.

Ce que nous devons développer, c’est un processus de résistance globale, intégrant ces diverses aspects de la lutte, où il apparaît donc constamment que capitalisme et impérialisme sont les deux faces d’une même pièce, et le plus souvent, actuellement, du même dollar !

La question de passer de la résistance à la contre-offensive se posera donc ensuite, si, et seulement si, ce premier pas est effectué.

« C’est pourquoi l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle peut résoudre, car, à y regarder de plus près, il se trouvera toujours, que le problème lui-même ne surgit que là où les conditions matérielles pour le résoudre existent déjà ou du moins sont en voie de devenir. »

https://www.marxists.org/francais/marx/works/1859/01/km18590100b.htm

 

Actuellement, la question du premier pas de la résistance globale est celle qui se pose, concrètement.

Luniterre

 

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En réponse à une question posée sur Bellaciao, portant sur l' »ultra-capitalisme chinois » et les « actions impérialiste chinoises en Mer de Chine du Sud », postée sous le pseudo « Albert 1 »:

Réponse de Lepotier:

(NDLR: Question et réponse ont été “effacées”, depuis, par la “modération” du site Bellaciao… WHY ???)

Ce sont évidemment des symptômes de la mutation du capitalisme chinois en nouvelle puissance impérialiste, et donc la seconde, après les USA, d’après sa capacité financière, soit pès de 17% du total de la capitalisation boursière mondiale, quand les USA font à eux seuls 40%.

Par comparaison, la France c’est 2,3% et la Russie à peine 0,5%.

La finance US reste donc hégémonique, même si la Chine continue de monter.

France, Allemagne et Grande-Bretagne restent des satellites des USA mais ils sont aussi exportateurs de capitaux et ont donc leurs propres zones d’influence impérialiste, tout comme la Chine, qui concurrence notamment la France en Afrique.

Ce n’est pas le cas de la Russie, qui exporte très peu de capitaux productifs, et encore même moins qu’elle n’en importe.

Ce qui fait que l' »alliance » Chine-Russie est totalement déséquilibrée et tend à faire de la Russie une semi-colonie chinoise, en réalité.

C’est pourquoi les efforts stratégiques actuels de la Russie pour résister à l’encerclement militaire et économique US doivent être soutenus.

Il s’agit d’une résistance de type national bourgeois, mais qui reste progressiste, dans le contexte actuel, face aussi bien à l’agressivité US que face à la montée de la puissance économique et financière chinoise.

De ce côté, une bonne part des défenses russes restent braquées vers la Chine, contrairement à ce que l’on pourrait penser d’après les sourires diplomatiques:

https://youtu.be/dKWTllDcuH0

La Russie est constamment obligée de chercher des « compromis » avec les uns et les autres, pour simplement survivre.

Elle essaye simplement de le faire en position relativement bonne, en utilisant ses seuls atouts valides, à savoir forces armées et matière premières. Elle s’allie par priorité aux autres bourgeoisies nationales qui sont en situation similaire, comme l’Iran.

De fait elle se trouve devenir l’épine dorsale d’un axe de résistance des bourgeoisies nationales qui survivent encore sur la planète, y compris celles qui sont les héritières de l’URSS, comme Cuba ou la Corée du Nord, ou celles qui s’en sont inspiré, comme le Venezuela.

Cet axe de résistance n’est pas à confondre avec ce que devrait être la résistance prolétarienne, mais actuellement, de résistance prolétarienne réellement organisée et efficace, il n’y en a point!

Le cas échéant, si elle parvient à se constituer, la question de son rapport avec cet axe de résistance nationale bourgeoise se posera, mais le premier pas d’une telle résistance prolétarienne reste à faire.

C’est le sens de cet article.

Lepotier

Voir aussi:

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2018/02/21/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

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Le « Big Mic-Mac », Stade suprême du « McDo-marxisme »…!

 Le « Big Mic-Mac »,

Stade suprême

du

« McDo-marxisme »

 

Dans le 5ème et dernier épisode de sa saga Otanesque (dite « La France et la trouée de Suwalki ») visant à décrire la Russie comme une «  menace impérialiste » pour l’« occident » libéral et « démocratique », qui serait donc tout à fait fondé à encercler militairement ce pays, selon lui, l’auteur envisage le plus sérieusement du monde et sans sourciller que cela devrait pratiquement amener l' »occident » à carrément organiser un nouveau blocus de l’économie russe, en plus des sanctions économiques déjà existantes et donc jugées «  inefficaces  » par cet auteur lui-même…  !

Mais tout cela se fait donc au nom d’un prétendu «  marxisme-léninisme  », maoïsme, en réalité, ce qui ramène donc cette prétention au niveau de la farce du «  McDo-marxisme  », à l’évidence, même si ici on atteint le stade suprême du confusionnisme, le «  Big Mic-Mac  », au top du menu kollaborationniste, avec des relents de regrets de la défaite nazie, si l’on suit les conséquences logiques de son exposé nauséabond.

Mais d’un point de vue ML et pour clarifier tout de suite la situation, venons en à la conclusion,  où ce «  communiste  », dans le style «  bouche en cœur  », tente d’atténuer le côté pour le moins unilatéral de son message et se présenter en «  pacifiste  », en quelque sorte  :

«  Communistes, nous sommes hostiles aux provocations militaires de l’occident contre la Russie, tout comme nous sommes hostiles à toute provocation militaire en général. Mais nous ne pouvons tracer une équivalence URSS – Russie, alors que, déjà, nous ne traçons pas une équivalence entre URSS jusqu’à 1956 et URSS de 1956 à 1991.  »

Ainsi l’auteur tente de se poser en défenseur de l’URSS socialiste, par opposition à la supposée URSS «  social-impérialiste  » et à son prolongement naturellement «  impérialiste  », selon lui, la Russie actuelle…

Alors que dans le corps du texte il n’hésite pas à nous servir précisément ce «  Big Mic-Mac  », selon lequel ceux qui refusent d’hurler avec la meute occidentale et refusent donc de condamner la stratégie de résistance de la Russie seraient, affirme-t-il, «  sous influence  » des médias russes….  :

« Ces agences jouent sur deux aspects : une russophilie nostalgique de l’époque soviétique, nostalgique de l’URSS -particulièrement brejnévienne- qui se retrouve chez les individus liés au PCF ou aux organisations qui en sont issu. Ceux-ci ont une sympathique plus ou moins inconsciente pour la Russie et pour son gouvernement, et son empreints d’un désir de revanche contre l’occident capitaliste. Ils ne comprennent pas le changement de nature progressif de l’URSS, entre 1956 et 1991 et ne parviennent pas à tirer un trait sur la fin de l’Union Soviétique. »

Quel aveu que ce «  communiste  » n’a précisément rien compris à la différence entre communisme et révisionnisme, rien compris à la nature de classe bourgeoise de ce dernier et à sa mutation, arrivé au pouvoir, en bourgeoisie nationale-bureaucratique, et non en un «  changement de nature progressif  de l’URSS, de 1956 à 1991 ». (sic)

Alors que l’effondrement de l’URSS en 1991 correspond à une mutation évidemment «  comprador  » de cette bourgeoisie, c’est à dire à un abandon provisoire de son caractère national et indépendant, et non à un changement réel de nature de classe.

Ce que nous avons encore vu dans notre étude récente  :

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Et alors que la faction nationaliste, revenue au pouvoir sous la forme de la faction poutinienne, peine encore à reconstituer son potentiel de survie, face, précisément à l’agressivité US dont l’auteur se fait le grand justificateur, sinon carrément le chantre, en pratique.

Il ne s’agit donc pas pour les communistes ML d’entretenir la moindre confusion entre l’URSS révisionniste bourgeoise nationale-bureaucratique et l’URSS socialiste, morte avec la contre-révolution khrouchtchevienne, contrairement à ce qu’avance donc ce prétendu «  communiste  », qui assimile clairement la période révisionniste de l’URSS à un prolongement du socialisme  !

Dans le «  Big Mic-Mac  » de ce «  McDo-marxiste  » il y a donc à la fois une tranche de «  social-impérialisme soviétique  » pour justifier l’assimilation «  Russie = impérialisme  » et une tranche de «  nostalgie  » d’une URSS révisionniste, mais toujours «  socialiste  »  !!

Difficile de faire plus indigeste  !

Mais il y a encore une autre couche de sauce particulièrement peu ragoutante sur ce «  Big Mic-Mac  », à savoir que la Russie actuelle n’aurait pas le droit, légitimement, de chercher à briser l’encerclement dont elle est victime, et qu’en fin de compte l’  «  occident  » serait donc bien avisé de s’inspirer de la stratégie nazie…

« Même si la nature de l’Etat  a grandement changé depuis 1941, les dirigeants russes n’ont absolument pas oublié l’invasion germano-fasciste. Ils n’ont pas oublié que les Etats Baltes ont été l’autoroute de l’invasion. Ils n’ont pas oublié qu’il n’a fallu que deux mois pour atteindre Leningrad et l’encercler.   Eloigner la frontière des centres stratégiques à sous-tendu toute la diplomatie soviétique depuis la mi-1939. Elle explique la guerre avec la Finlande, pour quelques kilomètres salvateurs ; elle expliquait l’intervention en Bessarabie et dans les Etats Baltes. »

Et si l’on avait un doute sur l’ambiguïté de ses propos, il est clairement levé par l’affirmation suivante  :

« Aujourd’hui, les cent kilomètres qui séparent Narva, en Estonie, de Saint-Pétersbourg ne protégeraient guerre plus d’une journée d’une véritable offensive militaire de grande ampleur. Pour un Etat aussi méfiant vis-à-vis de sa situation géopolitique, une telle vulnérabilité est inacceptable. Cela explique également le verrouillage extrêmement ferme de Kaliningrad, véritable bastion sur la route du Nord. »

De quel «  verrouillage  » de Kaliningrad nous parle-t-il ici, sinon, celui, tout à fait imaginaire, invoqué dès la partie 1 de cette «  série  » pour justifier le dispositif d’agression stratégique mis en place par l’OTAN, dans cette région, aux portes, précisément, de la Russie  ?

Dans une intention «  pacifiste  », peut-être  ???

Ici l’auteur prend donc clairement ses fantasmes d’  «  impérialisme russe  » pour une réalité qui se serait déjà traduite par un tel «  verrouillage  » sur le terrain, alors que la situation de Kaliningrad est bien au contraire celle d’un ilot russe dans le monde «  occidental  » et donc particulièrement précaire, même si désormais d’importance d’autant plus stratégique pour la défense russe.

On passera, même si difficilement, sur le mépris à peine voilé avec lequel il considère les minorités russophones dans les pays baltes et on finira par ce morceau d’anthologie en matière de «  McDo-marxisme  » ou l’auteur tente de nous faire avaler que la reconstitution d’une économie russe nationale endogène serait une sorte de «  preuve  » de son «  impérialisme économique  »  :

« La Russie était un état rentier. Il exportait des armes, de la technologie -particulièrement militaire et spatiale- des denrées agricoles et minières, mais, surtout, du gaz et du pétrole. Un gaz et un pétrole dont les oligarques n’avaient qu’a ramasser les rentes, sans jamais investir dans le développement économique du pays. Les infrastructure et l’industrie du pays étaient en déliquescence plus ou moins complète.

L’occident, en bloquant les exportations de la Russie, pensait la contraindre, l’étrangler. Or, les sanctions économiques n’ont pas eu l’effet escompté. La Russie à souffert un temps de cette perte. Mais le choc passé, les sanctions se sont avérées un boomerang. »

Selon ce prétendu «  marxiste-léniniste  », l’exportation de matières premières et de produits agricoles ferait donc la base économique d’un «  impérialisme  » contre l’évidence même de ce qu’est la définition léniniste de l’impérialisme, et précisément d’un «  État rentier  » qui se caractérise par l’exportation massive de capitaux, alors que précisément on a vu, chiffres occidentaux officiels à l’appui, que le solde de la Russie, sur ce point est très largement négatif  !!

Mais la formule «  état rentier  », ici, est simplement révélatrice de l’ignorance et de la mauvaise foi de l’auteur, et sert à nous faire avaler ce dernier immondice selon lequel la résistance efficace de la Russie face à ce qui est déjà une sorte de blocus serait donc une manifestation de sa «  volonté impérialiste  »  !!!

Comme on l’a vu, il ne s’agit nullement de faire de la Russie actuelle un substitut de «  Patrie Socialiste  », qu’elle n’est plus depuis le milieu des années 50, déjà, mais de remettre à leur juste place le rôle des éléments de nationalisme bourgeois qui ont constitué un frein à la domination et à l’expansion de l’impérialisme sur la planète, et ainsi que leur rôle encore actuel.

Évidemment, cela n’a rien à voir avec la reconstruction vitalement nécessaire d’une force politique prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, mais dans cet objectif, précisément, il s’agit de ne pas se tromper d’adversaire.

Que ce soit en France, en Russie ou ailleurs, les prolétaires révolutionnaires combattent à la fois le capitalisme et l’impérialisme, qui sont les deux faces de la même pièce, et le plus souvent, du même dollar, mais il n’ont donc pas à servir la soupe à l’impérialisme, US, français ou autre !

Luniterre

LES ARTICLES CONNEXES RÉCEMMENT PARUS SUR TML :
(Dans l’ordre de parution)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

(Article où est analysé le début de cette consternante saga!)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/quelle-place-pour-la-russie-dans-la-mondialisation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/22/un-peuple-qui-en-opprime-dautres-ne-saurait-etre-libre/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

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Source des citations:

http://unitecommuniste.fr/international/la-france-et-la-trouee-de-suwalki-partie-5-retour-a-la-baltique-et-conclusion/

 

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L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, à la base du capitalisme « mondialisé »

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https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/11/110114_1706_1.jpg?w=500&h=284&zoom=2

Lénine et l’impérialisme :

actualité

et éclaircissements.

SOURCE:             TRIBUNE MARXISTE-LENINISTE

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, et il est à la base du capitalisme « mondialisé ».

D’une manière générale, la situation actuelle de mondialisation économique, avec sa crise systémique liée à la domination de la sphère financière sur l’ensemble des conditions du développement économique, cela ne peut être une meilleure illustration de l’actualité de la pensée de Lénine sur la formation du stade impérialiste du capitalisme et la domination du capital financier sur l’ensemble des activités économiques, et en tout premier lieu, du secteur industriel. On ne peut plus spectaculaire concrétisation de la domination du capital financier sur le capital industriel et productif en général.

C’est clairement cette situation que Lénine a caractérisé par le lumineux passage suivant,

« Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement « puissants », par rapport a tous les autres. On peut juger de l’échelle de ce processus par la statistique des émissions, c’est-à-dire de la mise en circulation de valeurs de toute sorte. »

http://www.marx.be/fr/content/iii-le-capital-financier-et-loligarchie-financiere

Cette compréhension du phénomène impérialiste, qui devrait être une évidence pour tout le monde, ne l’est assurément pas pour la « culture » médiatique dominante, mais elle devrait au moins l’être pour les marxistes, et surtout pour ceux qui osent encore se proclamer « marxistes-léninistes »… Or ce n’est manifestement pas le cas…

Une difficulté d’interprétation subsiste pour certains autour de la notion de monopole et aboutit en pratique, dans leurs analyses, à escamoter complètement la domination du capital financier, et donc à vider, en fin de compte, la notion d’impérialisme de ce qui lui est particulier, comme forme du capitalisme.

Réduire la notion d’impérialisme à celle du monopole, et prétendre s’appuyer sur Lénine pour le faire, très formellement, cela reste possible si l’on en en évacue la signification essentielle et si l’on se contente de jouer sur les mots.

Cela implique d’évacuer complètement la notion de séparation du capital-argent d’avec le capital productif, qui est non seulement une notion propre à ce stade du capitalisme, où elle est donc poussée à l’extrême, mais une notion propre au capital « en général », comme nous l’indique Lénine. Ce n’est donc pas seulement un aveuglement scolastique face à la réalité du monde, selon lequel l’impérialisme se limiterait essentiellement à l’apparition des monopoles, mais c’est tout simplement, de plus, une révision fondamentale du marxisme.

Il est clair qu’à l’époque de Lénine l’apparition des monopoles et la formation du capitalisme monopoliste est bien le phénomène caractéristique de la domination du capital financier, mais non seulement il est basé, précisément, sur cette séparation, comme il nous l’indique, mais il l’accentue donc encore, au lieu de la réduire. C’est, plus que jamais, cette séparation qui permet la domination du capital financier sur le capital industriel et productif. En réalité, cette domination du financier sur le productif est carrément l’expression formelle actuelle, et depuis l’apparition du phénomène impérialiste, de cette séparation capital-argent/productif. Elle n’est pas une forme hasardeuse ou même spécialement « perverse » du capitalisme. Elle est tout simplement la forme moderne incontournable du capitalisme.

Mais elle ne doit donc pas nous faire oublier ce que nous explique Marx à propos du cycle d’élargissement du capital à travers le processus productif. Ce processus est encore le seul creuset réel de la valorisation du capital. C’est avec la révolution industrielle que ce cycle est apparu de manière évidente et visible, au premier degré, et clairement, pour la première fois, comme étant le rôle fondamental du capital productif. Avec la révolution industrielle le capital productif est devenu ouvertement et pour la première fois dans l’histoire économique, la forme dominante du capital. On comprend aujourd’hui qu’elle ne l’est devenue que pour un temps limité, en fait, même si le processus productif reste encore le creuset incontournable de la valorisation du capital, en dépit du rétrécissement de ce creuset, qui est bien l’une des causes majeures de la crise, ce que l’on a encore récemment vu à travers différents articles au sujet de la robotisation.

Mais le capital industriel et productif n’a pas surgi, avec ses usines modernes, remplaçant les ateliers artisanaux et les manufactures, comme un champignon après la pluie.

Si les capitalistes industriels ont pu dominer la scène économique dès les début de cette mutation économique gigantesque, il n’ont pu le faire que grâce l’existence de capitaux précédemment accumulés à travers les divers processus d’accumulation primitive du capital, et ayant abouti à une première strate, déjà très importante, de capital bancaire, qui s’est alors rapidement mise au service du développement industriel, même si elle n’y avait pas le premier rôle.

Ce qu’a apporté l’apparition des monopoles, c’est précisément l’inversion de ce rapport des rôles, et finalement, assez formellement, du rapport de forces entre ces deux formes du capital, ou plutôt, concrètement, de leurs détenteurs et acteurs.

Ce sont aussi bien les opérations de concentration des entreprises que les lourds investissement nécessaires à la modernisation des techniques de production qui ont transformé les acteurs bancaires et financiers en acteurs économiques, décidant finalement des stratégies industrielles et y trouvant directement leur intérêt.

Autrement dit, sans une masse de capitaux financiers préexistants et issus des formes primitives d’accumulation du capital, la formation des monopoles et leur extension à travers le monde n’eut point été possible.

Il est bien évident que cette masse s’est accrue considérablement au cours de ce processus, et que, avec Lénine, on peut parler de fusion, dans les monopoles, du capital bancaire et du capital industriel, mais il n’en ressort donc pas moins que la forme financière continue, de manière dialectique, à exister en tant que forme argent du capital et que cela lui donne une certaine autonomie par rapport au processus productif. C’est cette autonomie qui est à la fois le moyen par lequel elle assure sa domination sur la forme industrielle et sur le processus productif et le moyen par lequel elle continue d’assurer leurs développements réciproques.

Même si l’on voit bien que, globalement, la crise du capital vient de son incapacité, désormais, à se valoriser massivement à travers le processus productif, il n’en est, pas moins et pour autant, d’investissement réellement productif qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du capital financier.

Les régions du monde ou le productivisme capitaliste apparaît encore comme sous-développé s’y trouvent progressivement soumises par le biais de l’investissement financier impérialiste, dans la plupart des cas.

Comme le rappelle constamment Lénine, il est également clair que si cet investissement est qualifié d’impérialiste, c’est bien parce qu’il vise d’abord à la valorisation du capital investi, tant par l’exportation massive de capitaux que par l’émission également massive de titres financiers.

Un investissement qui n’a pas pour but essentiel la valorisation du capital à travers le cycle productif ne peut réellement être qualifié d’impérialiste.

« Il n’y a jamais eu d’impérialisme pur, sans base capitaliste, il n’y en a jamais eu, il n’y en a nulle part et il n’y en aura jamais. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/d8c/vil19190300-04c8.htm

Pourtant, au départ, Lénine nous parle bien de deux formes d’impérialisme, dont une d’ordre strictement militaire, qu’il qualifie précisément de « romain » et porte sur la seule notion de conquête de territoires. Mais précisément, il la distingue de l’impérialisme moderne par ce but spécifié. Il est clair que dans les débuts de l’mpérialisme moderne, les deux formes se confondent encore, et notamment dans les entreprises coloniales au premier degré, où, néanmoins, la finalité est bien à court terme l’établissement d’entreprises industrielle productives et l’exploitation des ressources locales, notamment en matières premières. On a évidemment vu que cette forme ressurgit également en cas de crise aigue et de confrontation entre puissances impérialistes (2 guerres mondiales…). Elle ressurgit, également, en cas de résistance des peuples supposés faire l’objet d’entreprises de néo-colonisation, comme c’est actuellement le cas de la Syrie, entre autres.

Autrement, et notamment depuis la deuxième guerre mondiale, c’est donc le processus de néo-colonisation, par voie de domination financière, qui est le processus couramment appliqué.

Précisément, les choses ont changé, par rapport à l’époque de Lénine, sur le plan, à la foi, des formes de néo-colonisation et des formes de résistance économique à cette dernière.

A vrai dire la situation avait déjà essentiellement changé à partir de la Révolution d’Octobre et de l’émergence d’un premier état-continent, l’URSS, formé de plusieurs état entreprenant l’édification du socialisme sur 1/6ème de la planète.

Dans le sillage de ce séisme, une vague de luttes de libération nationale s’est soulevée dans les colonies détenues par les principales puissances impérialistes de l’époque. Un nombre important ont provisoirement triomphé, parfois même en se revendiquant d’options socialistes et se référant au marxisme-léninisme. En réalité, nombre de ces mouvements, même si formés dans le sillage de la IIIème internationale, étaient nés sous l’influence des bourgeoisies nationales-progressistes locales. Leurs capacités à demeurer dans la voie de l’édification du socialisme étaient très faibles, autant en raison de la base économique arriérée sur laquelle elle s’appuyait (ce qui n’était pas insurmontable, Cf. l’URSSS), que surtout par l’opportunisme nationaliste de leurs fractions dirigeantes. Bon nombre de ces régimes n’ont pas résisté longtemps aux sirènes de la corruption et sont rapidement passés du stade d’ancienne colonies à celui de néo-colonie… Mais un certain nombre ont fait de la résistance économique et politique, établissant des régimes indépendants, à vocation de développement économique endogène, à défaut de socialisme. Ces états ont hérité des infrastructures coloniales, qui comprenaient déjà parfois un niveau local de développement industriel calqué sur les monopoles des métropoles dont ils étaient issus. Même s’il s’agit donc, en réalité, de nouveaux états capitalistes, peut-on pour autant, et même s’ils comprennent des infrastructures économiques de type monopolistes, les qualifier d’impérialistes ? Et même si, de plus, dans nombre de cas ces infrastructures ont été nationalisées et sont demeurées parfois durablement la propriété de l’état ?

En quoi ces états répondent-ils donc à la définition léniniste de l’impérialisme ? Sont-ils des émetteurs massifs de titres financiers sur les places internationales ou même simplement chez eux ? Sont-ils des exportateurs massifs de capitaux financiers?

Assurément pas, et il faut donc bien admettre que des structures économiques de type monopoliste, et même des éléments de capitalisme d’état peuvent se trouver dans des états qui ne sont en rien des états impérialistes, mais sont simplement restés au stade de domination d’une bourgeoisie nationale et/ou nationale-bureaucratique, selon les cas, ce qui ne fait qu’une différence de forme, du reste, mais aucune quant à la nature de classe.

Peut-on parler pour autant de capitalisme « pré-monopoliste » ? Assurément, dans les cas où le développement est le plus arriéré, dans le cas des anciennes colonies les plus arriérées, de telles formes économiques s’y trouvent nécessairement encore, mais elles ne constituent pas, généralement, la base structurelle de ces états et le qualificatif de national bourgeois ou national-bureaucratique bourgeois, leur est mieux adapté, selon la part d’éléments de capitalisme d’état qui s’y sont constitués. C’est, notamment, le cas de la Chine maoïste, jusqu’en 1972, année où la jonction de la bureaucratie nationale-maoïste s’est rapidement effectuée avec le capital financier international, via la bourse de Hong-Kong.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Le cas de la Chine est particulièrement intéressant parce que de tous les pays du tiers-monde qui ont prétendu accéder au socialisme à partir d’une révolution de libération nationale, il est le plus important et celui où cette illusion s’est maintenue durablement, au point que la réalité, aussi bien de son histoire que de sa situation actuelle, est difficilement admise, pour ne pas dire, très rarement en fait, par les analystes de gauche, y compris et surtout, de la gauche occidentale, où il reste encore quelques maoïstes, et même,sans doute plus nombreux, de pseudos « marxistes-léninistes » qui avalisent le discours officiel chinois sur le « socialisme » actuel de la Chine, et sa très formelle référence au « marxisme-léninisme » !

En réalité, la lutte de libération qui se termine en 1949, sur la base d’une alliance entre bourgeoisie nationale rurale et paysannerie, où le prolétariat industriel ne joue sur le terrain plus aucun rôle politique depuis longtemps, en dehors des proclamations théoriques, aboutit donc à une « révolution démocratique bourgeoise de libération nationale », selon l’édition de 1955 du manuel de l’académie des sciences de l’URSS, et à une « révolution de démocratie nouvelle », selon Mao. Tant par celui-ci que par le Manuel, du reste, la propriété de la bourgeoisie nationale y est officiellement reconnue, y compris dans le domaine industriel, en fin de compte, alors même qu’est supposé commencer la phase du passage au socialisme. En réalité, l’intégration de la bourgeoisie industrielle supposée « nationale » se fait aussi avec force indemnisations et sinécures dans les ministères, à l’exemple de Rong Yren, fondateur d’une dynastie de milliardaires chinois encore présente dans les hautes sphères du capitalisme chinois actuel. C’est un cas typique où malgré la nationalisation progressive de la majeure partie de l’industrie, aucune forme de développement économique industriel socialiste n’a jamais vraiment eut lieu. Quant au développement agricole, après une répartition de la terre entre petits paysans, et la forme adoptée de prétendu « socialisme », à travers le système utopique des « communes populaires », il ne pouvait que mener à l’échec (catastrophe du « grand bond en avant ») déjà pourtant anticipé par Engels, dans son Anti-Dühring, à propos de ce type d’économie « communaliste » et du rétablissement tout aussi inévitable du capitalisme auquel elle ne pouvait donc que mener.

Pourtant, de l’échec tragique du « grand bond en avant » à l’émergence du capitalisme financier chinois comme l’une des forces dominantes de l’économie mondiale, il s’écoule plus de quatre décennies… De la vente des premiers titres financiers de la Chine maoïste à la bourse de Hong Kong, en Septembre 1972, à l’ouverture des places financières continentales, déjà près de deux décennies.

Dans les campagnes, les dernières communes populaires ne sont démantelées qu’au milieu des années 80, une seule étant conservée, pour le « folklore » touristique. Autrement dit, la période de domination du capitalisme national-maoïste peut être considérée comme ayant duré près de quatre décennies, également, si l’on tient compte que la période « Denguiste » est essentiellement une période comprador, de domination du capital financier étranger, et principalement US, mais où s’effectue, en quelque sorte, la plus grosse part de l’accumulation primitive nécessaire à la constitution du capital financier chinois, formant la base d’un capitalisme monopoliste d’État capable d’amorcer sa propre exportation significative de capitaux. Pour autant, à quel moment peut-on dire que cette exportation fait de la Chine une nation impérialiste ? Comme le dit Lénine :

« Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration « définitive » de l’impérialisme. »

http://marx.be/fr/content/vii-limperialisme-stade-particulier-du-capitalisme

Il en va de l’impérialisme chinois comme de l’impérialisme en général. Récemment, (2015-2016), les chinois se sont vantés que leurs exportations de capitaux étaient enfin supérieures à la masse des capitaux étrangers entrants, sur une année. Encore faut-il tenir compte qu’une partie des capitaux formellement « exportés » reviennent en réalité en Chine, via des places de transit genre Iles Caïman, pour bénéficier du statut spécial des zones franches… Quoi qu’il en soit, personne ne peut aujourd’hui nier que la Chine soit le deuxième poids lourd financier à l’échelle mondiale et le seul challenger réel de l’impérialisme US. Pour autant, l’impérialisme US possède encore plusieurs longueurs d’avance dans tous les domaines et, même s’il peut sembler « sur le déclin », tout est relatif et il a encore les moyens de se comporter en « gendarme de la planète », tant sur le plan militaire que financier, et, manifestement, il ne s’en prive pas.

Sur le plan « culturel » et idéologique, le fait que la Chine continue assez officiellement à donner des leçons de « marxisme-léninisme » au monde entier peu prêter à sourire et c’est bien là, du reste, encore un héritage de la « pensée » maoïste, qui se voulait plus « rouge » que toutes les autres et prétendait critiquer leur « révisionnisme »,et notamment le « social-impérialisme soviétique » qui serait né avec l’ère khrouchtchevienne. Cette posture « théorique » avait notamment atteint le paroxysme de l’hypocrisie et du cynisme avec la supposée « révolution culturelle », précédant précisément le basculement complet de la Chine dans le camp réellement impérialiste, celui là, des USA !! Ce que Mao lui-même a finalement formalisé à travers sa « théorie des trois mondes », prolongement conséquent de sa prétendue philosophie « de la contradiction », très prisée de nos « intellectuels » occidentaux, qui y ont trouvé une raison de plus de servir désormais la soupe aux maîtres du monde.

Cette « théorie » du « social-impérialisme soviétique » n’est pas sans avoir encore quelque écho, paradoxalement auprès de ceux qui voient en la Russie actuelle un prolongement de cet « impérialisme », soit éventuellement comme « allié » de l’impérialisme chinois, soit simplement pour son propre compte.

Ce syndrome affecte donc toujours une bonne partie des pseudos « marxistes-léninistes » français, qui le partagent, sous des formes à peine atténuées, avec une large frange de la gauche française, celle qui préfère encore le râtelier US à la soupe chinoise. Paradoxe ou retard à l’allumage, certains sont des maoïstes adepte du « Mao » de la période « révolution culturelle » !!

Il est vrai que selon la présentation actuelle qui en est faite par les médias du système, la Russie de Poutine serait donc le dernier « grand méchant loup » menaçant la quiétude de l’Occident, depuis le recul des « djihadistes » au Proche-Orient.

On a vu que le moindre de ses mouvements stratégiques est scruté et aussitôt interprété comme une « menace » et une intention agressive à l’égard de l’Occident, même lorsqu’il se déroule sur son propre territoire ou sur celui de ses alliés.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

L’épisode « Crimée » a été évidemment le pic symbolique de ce syndrome, en dépit de sa légitimité assez évidente et que l’Occident est bien dans l’incapacité de contester, du reste. Une « annexion » éventuelle du Donbass serait évidemment interprétée comme une nouvelle « agression » alors que ce rattachement est le souhait massif des populations locales et serait donc tout à fait conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si l’ambiguïté du régime Poutine doit être critiquée, au sujet de l’Ukraine, c’est bien plutôt dans le sens d’une temporisation diplomatique excessive qu’elle devrait l’être.

En Ukraine comme ailleurs, si l’on tient compte de l’épisode sanglant du Maïdan et de ses suites, c’est carrément d’une inversion des rôles qu’il s’agit, et c’est la stratégie de résistance de la Russie qui est systématiquement présentée comme une suite d’entreprises agressives supposément « impérialistes », donc, selon certains discours « de gauche » et même pseudos « marxistes-léninistes ».

Face au déferlement « préventif » du militarisme US et Otanesque sur l’essentiel des zones stratégiques jouxtant ses frontières, la stratégie de résistance et de désencerclement de la Russie surprend par son ampleur et sa relative efficacité, jusqu’à ce jour.

Au regard de l’Occident, cette efficacité est donc des plus « politiquement incorrecte » et semble seulement bien venue pour accréditer ce renversement des rôle, et attestant d’un hypothétique « équilibres des force », voire même d’une très théorique supériorité militaire, elle accréditerait donc la thèse d’un « impérialisme russe » renaissant de ses cendres, héritier en ligne directe du « social-impérialisme soviétique »…

Même si l’on se place du point de vue primitif d’un prétendu « impérialisme militaire », la réalité des chiffres devrait remettre les choses en proportions. Pour 2017, le budget de l’armée US représente à lui seul 40% du budget militaire total de la planète ! Et il est plus que douze fois supérieur à celui de la Russie ! Qui est lui-même inférieur à celui de la France, grande donneuse de leçons et pourvoyeuse de conflits à travers le monde, et en Afrique, notamment !

http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017–12-12-2016-2089696_24.php

http://hist.science.online.fr/storie/politiq_incorrect/PaxAmericana/puissance-militaire.htm

La Russie a effectivement hérité du passé soviétique une industrie militaire d’un bon niveau et a réussi à la rendre à nouveau fonctionnelle, avec en réalité peu de moyens. Ce qui est simplement une nécessité pour sa survie, dans le contexte international actuel, et nullement une preuve de volonté « expansionniste ».

Ce meilleur rapport coût/efficacité est d’ailleurs reconnu et envié jusqu’au sein de l’armée US elle-même…

http://pqasb.pqarchiver.com/mca-members/doc/1868134384.html?FMT=TG

Le véritable impérialisme, effectivement, ne peut aller sans gâchis matériel, financier, et humain, en fin de compte !

Voilà donc pour l’ « impérialisme militaire »…

Quid de l’ « impérialisme financier » de la Russie ?

Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente seulement à peine 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,006% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Millards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel positif, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NEGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques…

Autant dire, en dépit de quelques cas spectaculaires manifestement montés en épingle par la propagande médiatique occidentale, que l’ « exportation » de capitaux russes, déjà basicalement déficitaire, est donc en réalité carrément à considérer comme négligeable, du point de vue des critères qui en feraient l’expression d’un « impérialisme russe ».

Comment donc peut on considérer un pays, certes capitaliste, mais qui n’exporte quasiment pas de capitaux et dont la capitalisation boursière est des plus réduites, surtout en proportion de sa taille et de son importance géostratégique, à l’échelle d’un continent ?

Ses seules ressources économiques conséquentes reposent sur l’exportation de ses matières premières, et non sur leur transformation, et sur l’exportation d’armes, sa seule industrie réellement compétitive, à l’échelle internationale.

C’est en ce sens qu’elle se rapproche effectivement à nouveau de ce qu’était l’URSS des décennies Khrouchtchev-Brejnev, avant l’effondrement de la période Gorbatchev-Eltsine, de loin la plus noire.

On ne peut pas résumer en quelques lignes l’histoire économique de cette époque, mais elle peut effectivement se comparer à la période de transition « Deng Xiaoping » en Chine, en ce sens qu’il s’agit d’une période de transition de type « comprador », mais, en l’occurrence, totalement ratée, notamment en raison de l’importance prépondérante de l’économie mafieuse. Il n’y a donc pas eu d’accumulation primitive suffisante pour constituer un capital financier monopoliste russe capable de démarrer un cycle de développement basé sur l’exportation de capitaux, à partir de groupes industriels et financiers compétitifs à l’échelle internationale.

Seul le géant « Gazprom » peut sembler faire illusion, mais précisément il ne concerne que l’exploitation et l’exportation de matières premières, ne gérant donc en fait qu’une situation de dépendance de la Russie vis à vis de ce marché complexe, et de plus, majoritairement au mains de l’État russe, c’est le cas typique d’un élément de capitalisme d’État de type national-bureaucratique, et non pas la composante d’un pôle économique capitaliste au stade impérialiste, on vient de le voir.

En ce sens, en tant qu’héritier quasi direct de ce qu’était l’économie soviétique de la période Khrouchtchev-Brejnev, il nous renseigne sur ce qu’était la nature de classe de l’URSS à cette époque. On a déjà vu à quel point elle se trouvait dépendante de l’exportation des matières premières.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

La prise du pouvoir par la bureaucratie khrouchtchevienne s’est faite pratiquement en parallèle de l’installation au pouvoir, en Chine, de la bureaucratie nationale-maoïste. De plus, on a également déjà vu à quel point, à cette époque, ces deux fractions, russes et chinoises, partageaient les mêmes vues sur le démantèlement des infrastructures socialistes en URSS, et sur leurs propres modes de « développement », en dépit de leur conflit ultérieur et des légendes « théoriques » cultivées par la gauche française, surtout supposée « extrême », à ce sujet.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

C’est pourquoi le programme de « réformes » initié par Khrouchtchev peut être qualifié de contre-révolution, précisément en ce qu’il change la nature de classe de l’État soviétique. D’État socialiste, il en fait une dictature bourgeoise nationale-bureaucratique. Ce qui pouvait encore être une révolution de libération nationale en Chine, après la colonisation et la dictature japonaise, était par contre nettement de nature réactionnaire et contre-révolutionnaire en URSS.

Le conflit, qui s’est développé entre eux, ensuite, principalement à partir du début des années 60, est donc un conflit entre deux fractions de la bourgeoisie nationale-bureaucratique, les deux plus importantes de cette époque là, qui tentaient en outre de se disputer le leadership des mouvements de libération nationaux, alors en plein essor.

C’est principalement au cours de cette décennie des années 60 que s’est forgé le lexique maoïste de base concernant la pseudo- « théorie du social-impérialisme soviétique », reprise, entre autres, par les « marxistes-léninistes » français, et encore jusqu’à aujourd’hui. Qu’ils aient largué ou non le maoïsme en cours de route, ils n’en continuent pas moins à tirer ce boulet théorique avec eux et même à le ressortir et à lui redonner un coup de « polish » pour établir un lien « impérialiste » entre l’URSS de cette époque et la Russie d’aujourd’hui… !

S’appuyant sur le fait que le capitalisme monopoliste d’État est la forme du capitalisme qui semble en quelque sorte être naturellement l’antichambre du socialisme, l’un de leurs adeptes nous écrit récemment :

« Le capital financier et le monopole socialiste sont la même chose, mais entre les mains de classes différentes”

Il s’appuie également sur cette première constatation que Lénine fait en « rectifiant » en quelque sorte, l’approche précédemment faite par Hilferding :

« Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.  »

Or celle ci se trouve précisément au tout début du chapitre où Lénine démontre la domination du capital financier sur l’ensemble du processus impérialiste, résumée dans la première citation que nous avons faite en début de texte, et largement démontrée et explicitée par la suite.

Il est clair que cette fusion banques-industries est la forme concrète que prend le monopole, mais précisément en ce qu’elle permet d’accentuer encore le rôle dominant du capital-argent et d’accentuer également encore davantage sa séparation d’avec le capital productif.

«  L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. »

C’est également ce que l’on constate, sur le terrain.

On ne saurait donc réduire l’impérialisme à la seule constitution des monopoles.

Il est clair que tout processus dialectique peut se transformer en son contraire, mais cette transformation est elle même un processus dialectique, et non une simple « inversion », un simple « retournement ». Un processus dialectique évolutif progressiste se transforme en son contraire par un processus dialectique régressif, une spirale ascendante par une spirale régressive descendante, etc… Entre les deux processus se trouve le point de bascule que l’on appelle généralement « saut qualitatif » ou révolution, mais il peut donc aussi s’agir d’un saut régressif, d’une contre-révolution, qui n’est pas non plus le reflet-miroir d’une révolution, mais bien le début d’un processus dialectique réactionnaire et donc régressif.

Alors que ce camarade n’hésite pas à affirmer :

L’impérialisme et le socialisme sont un peu comme le recto et le verso d’une feuille.”

« Il est évident que le capital financier disparaît sous le socialisme, non pas en étant supprimé, mais parce qu’il se convertit en propriété commune.

La concentration de la production, les monopoles et la fusion des différents secteurs économiques, c’est également vrai sous le socialisme, et même de façon encore plus importante. On appelle plus ça capital financier, puisqu’il n’y a plus de capitalisme. Mais si le capitalisme revient alors ça se reconvertit immédiatement en capitalisme monopoliste, en capital financier, etc.”

Alors que même si l’argent ne disparaît pas formellement tout de suite, avec le socialisme, il cesse d’être capital précisément en ce qu’il représente la valeur-travail, répartie entre les membres de la société selon la formule « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail » et qu’il ne peut se transformer en capital-argent séparé de la production, et ne peut donc plus être accumulé selon un processus capitaliste, et donc encore moins, dans les « vastes proportions » nécessaires à la reconstitution « immédiate » d’un processus impérialiste. Il est clair que dans le processus de lutte de classe continue qui se déroule, et encore longtemps, dans la phase de transition socialiste, les éléments réactionnaires et autres parasites bureaucratiques tentent de reformer localement des processus d’accumulation, et y arrivent donc malheureusement assez bien, mais même si la corruption peut gagner un niveau assez élevé dans la hiérarchie, il n’y a jamais d’accumulation suffisante pour un tel « retournement immédiat ».

Le processus d’accumulation quantitative arrive bien avant à être suffisant pour entraîner un « saut qualitatif » de type évidemment contre-révolutionnaire, et pour enclencher à grande échelle un processus de restauration du capitalisme, mais qui n’est en rien le simple « reflet-miroir » du passage du stade monopoliste-impérialiste au stade de la transition socialiste.

Et non seulement ce n’est pas le cas, mais les conditions même de la contre-révolution sont déjà un affaiblissement de la cohérence centralisatrice du socialisme sous l’effet centrifuge de la corruption et des baronnies bureaucratiques locales.

Et la situation ne va naturellement pas vers une reconstitution rapide de cette centralisation, bien au contraire. C’est l’émergence au grand jour des baronnies bureaucratiques locales et diverses, dans tous les rouages de l’État, qui poussent à sa déstructuration.

Faute de capital financier accumulé, le capitalisme national-bureaucratique qui émerge de la contre-révolution ne peut pas être un capitalisme monopoliste d’État au stade impérialiste, et il tend à se désagréger. C’est ce qui s’est passé en URSS.

Il se trouve donc même confronté à de grandes difficultés pour redémarrer un processus d’accumulation suffisant pour survivre en tant que bourgeoisie nationale-bureaucratique. C’est ce qui a engendré la phase mafieuse et comprador Gorbatchev-Eltsine. Un processus “normal” d’accumulation et de consolidation de cette bourgeoisie nationale-bureaucratique n’a recommencé, et très laborieusement, qu’avec Poutine, il n’y a pas encore deux décennies.

La “théorie” de la “restauration rapide” du capitalisme financier et du “social-impérialisme”, c’est carrément, il faut bien le redire, le “McDo du marxisme”!!!

(A suivre…)

Luniterre

EN GUISE DE VŒUX, 4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…

 

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EN GUISE DE VŒUX,

 

4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…:

 

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo-  « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges

exorbitants et de son pouvoir… ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme »

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Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre, le capitalisme provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie. (…)

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

 

 

 

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De l’époque du Manifeste communiste

à nos jours…

Trois époques,

Trois évolutions de la stratégie

révolutionnaire

 Par notre camarade WH, du site « Les prolétaires de fer »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/trois-epoques-trois-evolutions-de-la-strategie-revolutionnaire/

 

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Une monnaie réellement socialiste sera-t-elle forcément dévalorisée ?

 

 

Une monnaie réellement socialiste

sera-t-elle forcément dévalorisée ?

A l’occasion des réactions suscitées par la republication de l’article

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

sur divers sites, dont

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

« Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous (…)

1564 visites 13 déc. 2017 | 8 réactions | Luniterre   + Partager

ET SUR LE SITE VLR/ MAI 68 :

 

se trouve donc posée la question de la relation entre politique monétaire et politique économique.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

Les médias au service du système ne manquent pas une occasion de rappeler le lien à établir, selon eux, entre orientation politique sociale et dévaluation monétaire, voire carrément, faillite économique…

L’effondrement de l’URSS et du « Bloc de l’Est » étant pour eux l’illustration et la consécration de cette « thèse incontournable ».

« Thèse » renforcée par les diverses tentatives réformistes à prétentions sociales effectuées par les sociaux-démocrates et les « socialistes » occidentaux, aboutissant à des fiascos à peine moins spectaculaires…

Selon ce « principe » ce sont les choix économiques, en l’occurrence, mener une politique supposément « sociale », qui entraîne une défaillance d’abord économique et finalement monétaire…

Mais selon d’autres thèses, plus originales, ce sont les choix de politique monétaire qui conditionnent entièrement les politiques économiques.

Autrement dit, les choix de politique économique n’ont de sens que s’ils sont cohérents avec une politique monétaire pré-établie…

Ce qui pourrait passer pour une lapalissade, car effectivement on ne voit pas bien l’intérêt de mener une politique monétaire et une politique économique qui soient contradictoires !!

Mais là où ça n’est pas le cas, en fait, c’est qu’au delà de la cohérence qui s’impose, ce point de vue, considéré de façon univoque, implique que la politique économique n’a pas de possibilité réelle d’influer sur la fonction et le rôle économique de la monnaie, mais lui est au contraire totalement inféodée.

Par contre, elle vise à suggérer qu’un simple choix de politique monétaire différent pourrait ouvrir des possibilités économiques autrement inexistantes par elles mêmes, du point de vue des forces productives, et pourrait amener, par ce simple choix, un nouveau type de développement économique, éventuellement à tendance plus « sociale »…

C’est ce qui nous a été fortement suggéré, à l’occasion des « primaires de gauche », avec la « victoire » de Benoit Hamon, bâtie sur le mythe du « Revenu Universel »… Mythe étrangement sponsorisé par d’importants lobbys médiatiques, pour en arriver à ce résultat.

Mythe qui s’est fort heureusement finalement effondré avec la campagne du premier tour « pour de vrai », et avec sa « caravane du RU » supposé tester la formule, sur le modèle d’un « simulateur » qui n’ a fait que mettre en évidence l’absurdité du système.

Avec « seulement » 100 milliards d’euros supposément empruntés à la BCE, contre un coût de 400 à 600 milliards pour le « RU » (… selon ses différentes « formules » avancées au cours de la campagne électorales…), le programme de Mélenchon n’en ressort pas moins de ce type de choix politique…

Bien évidemment, en cas de « souci », en réalité plus que probable, il lui serait resté l’issue d’un « replis stratégique » à la Tsipras… Bonjour le « progrès social » !

De l’autre côté, rappelons que les lobbys ayant fait la campagne de Benoît Hamon étaient ceux qui avaient déjà fait la campagne de Hollande, cinq ans plus tôt… :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/L-integralite-du-discours-de-Francois-Hollande-au-Bourget-467953

Alors qu’à l’évidence, avec tous les emplâtres déjà essayés depuis des décennies, si la crise du capitalisme pouvait se régler par un tour de « magie monétaire », ça se saurait…

Quand à l’ « effondrement » de l’URSS, si la liquidation totale est bien l’œuvre de Gorbatchev, elle n’en est pas moins l’aboutissement de plus de trois décennies de destruction systématique de ses bases socialistes, depuis l’avènement du khrouchtchevisme, et sa « consécration », saluée par l’Occident, y compris « à gauche », lors du XXème Congrès du PCUS, en 1956.

Alors que quatre ans plus tôt, au XIXème Congrès, et dernier du Parti Bolchévique, à proprement parler, c’est un nouveau pas en avant de la construction socialiste qui était proposé, faisant le bilan des acquis et des difficultés passées, l’URSS étant néanmoins à l’apogée de sa puissance, malgré les destructions et les sacrifices consentis pour vaincre le nazisme.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Et alors qu’en Occident, jusque dans les partis «communistes » français et italiens, alors les premiers partis dans leurs pays respectifs, on avait capitulé devant le roi dollar et son expansionniste « Plan Marshall »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

l’URSS, non seulement ne renonçait pas à son indépendance monétaire, mais se préparait bel et bien, selon les recherches actuelles des historiens russes, à se séparer carrément du dollar comme monnaie de réserve, pour lui substituer une « zone rouble » dépassant déjà les frontières, non seulement de l’URSS, mais aussi de l’Europe de l’Est, pour s’étendre à d’autres nations « occidentales », mais désireuses d’échapper aux griffes de l’Oncle Sam…

ЗА ЧТО УБИЛИ СТАЛИНА

http://www.specnaz.ru/articles/195/27/1743.htm

Il est plus clair ainsi qu’un retour aux fondamentaux du marxisme concernant l’utilisation maîtrisée de la loi de la valeur pour la période de transition n’était non seulement pas un handicap économique d’aucune sorte, mais au contraire une base solide pour établir le rouble à la fois comme unité de compte de la valeur-travail en URSS et comme monnaie de réserve, adossée à un développement économique endogène, indépendant et équilibré, permettant de négocier sur une base bilatérale équitable, aussi bien avec les autres nations socialistes qu’avec toutes celles réellement éprises d’indépendance.

Dès sa prise de pouvoir en 1953, et avant même de commencer ses « réformes » contre-révolutionnaires et néo-trotskystes de type « socialisme de marché », c’est ce premier volet de la nouvelle politique économique socialiste que Khrouchtchev s’est empressé de liquider, donnant des gages à l’Oncle Sam de sa fidélité au roi dollar comme monnaie de réserve…

Concernant les « mystères » historiques encore réellement assez opaques de cette étonnante prise de pouvoir, une bonne partie des historiens russes, aujourd’hui, n’hésitent pas à y voir une relation de cause à effet… !

Concernant les considérations « économiques » développées par de pseudos « marxistes-léninistes » français, on se rappellera, à ce propos, la désopilante « avancée théorique » du pathétique « Collectif Défense » :

« Lorsque, sous le socialisme, les prix des marchandises diminuent sous l’effet de la loi de la valeur à cause de la diminution des coûts de production, les salaires sont valorisés, le pouvoir d’achat augmente et la loi de la valeur perd de son intensité et finit par disparaître à terme, car le pouvoir d’achat augmente alors que la monnaie se dévalorise. Ainsi, soit c’est la force de travail qui se dévalorise avec le capitalisme à cause de la diminution des coûts de production et de l’augmentation de la productivité, soit c’est la monnaie avec le socialisme pour les mêmes causes et avec les mêmes lois, mais avec un objectif différent, celui de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

On avait déjà vu, précédemment, la grande nouveauté « gauchiste » de la Wertkritik selon laquelle le développement du chômage massif menait tout droit à « l’abolition du travail », et dans la foulée, de la loi de la valeur et de l’argent, tant qu’à faire…

On avait alors rappelé le comique ancien Ferdinand Lop, qui, à la suite de Rochefort, avait mis à son programme « l’extinction du paupérisme après dix heures du soir »…

Et on avait donc redécouvert, avec le « Collectif Défense » et ses semblables, que selon leur prétendu « socialisme » la monnaie se dévalorise, avec pour objectif « de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

A tous points de vues, et d’abord idéologique, une véritable « monnaie de singes »…

Luniterre

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ANNEXE:

L’édition de 1955 du Manuel de l’Académie des Sciences de l’URSS est la dernière à contenir encore des traces de l’orientation issue des débats du XIXème Congrès. Toutefois le principe des échanges directs, sans utilisation de la monnaie, et qui avaient été un des enjeux de ces débats, n’y figure déjà plus de manière explicite. L’année suivante, au XXème Congrès, c’est l’ensemble qui est remis en cause par les khrouchtcheviens. La liquidation totale des SMT et donc de ces échanges sera bientôt engagée, et définitive, à partir de 1959.

 A la suite, quelques extraits significatifs de l’édition 1955, ainsi que de l’ouvrage de préparation du XIXème Congrès, « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » :

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32.4. La monnaie et ses fonctions dans l’économie socialiste.

Dans la société socialiste, la monnaie est une nécessité puis qu’existent une production marchande et la loi de la valeur.

« Avant la révolution socialiste, les socialistes écrivaient qu’il serait impossible de le supprimer immédiatement [l’argent], […] Il faut de très nombreuses conquêtes techniques et, ce qui est beaucoup plus difficile et plus important, des progrès dans l’organisation, pour supprimer l’argent ; […]

Pour le supprimer, on doit organiser la répartition des produits alimentaires pour des centaines de millions d’hommes ; c’est une affaire de longue haleine. »

V. Lénine, « Comment on trompe le peuple avec les mots d’ordre de liberté et d’égalité », Discours prononcé au 1er Congrès de l’enseignement extra-scolaire de Russie, Œuvres, t. 29, p. 361.

P. 371.

En régime socialiste, la monnaie change complètement de nature conformément aux besoins du développement de l’économie socialiste. À la différence de ce qui se passe en régime capitaliste, où elle se transforme en capital et est un moyen de s’approprier le travail non rémunéré d’autrui, la monnaie, dans la société socialiste, est un moyen d’organiser l’édification économique dans l’intérêt des masses populaires conformément aux exigences de la loi économique fondamentale du socialisme. Elle exprime les rapports de production socialistes.

En régime socialiste, la monnaie joue le rôle d’équivalent général dans l’ensemble de l’économie nationale. La forme monétaire est utilisée non seulement pour la circulation des articles de consommation et des moyens de production qui sont des marchandises, mais aussi pour la circulation économique des moyens de production qui, n’étant pas au fond des marchandises, conservent néanmoins la forme marchandise. L’unité de l’économie nationale de la société socialiste, la liaison indissoluble et l’interdépendance de la production des moyens de production et de celle des articles de consommation, ainsi que de l’industrie d’État et de la production kolkhozienne, exigent une mesure unique pour l’expression et le calcul du travail social dépensé dans la production. Dans la société socialiste, où existent deux formes de propriété socialiste, cette mesure universelle du travail social ne peut être que la monnaie.

Si, en régime capitaliste, la monnaie est l’instrument d’un recensement spontané du travail social, qui s’effectue à l’insu des producteurs par l’intermédiaire des fluctuations du marché, dans l’économie socialiste la monnaie est l’instrument économique de la gestion planifiée de l’économie ; elle sert la production et la répartition du produit social.

Par conséquent, dans la société socialiste, la monnaie est l’équivalent général, l’instrument économique de la planification de l’économie nationale, le moyen permettant d’assurer un recensement et un contrôle d’ensemble de la production et de la répartition du produit social, ainsi que de la mesure du travail et de la rémunération.

La nouvelle nature de la monnaie en régime socialiste s’exprime par le fait qu’en conservant son ancienne forme, elle change de contenu social et de destination par rapport aux fonctions de la monnaie en régime capitaliste.

La monnaie remplit avant tout la fonction de mesure de la valeur des marchandises, c’est-à-dire qu’elle sert à mesurer la quantité de travail social qu’elles renferment. En régime socialiste, l’existence de deux formes principales de production socialiste fait que le bilan de l’activité économique d’une entreprise, la comparaison des résultats du travail des entreprises et des branches fournissant des produits différents, le volume de la production de diverses branches de l’économie nationale et de l’économie nationale dans son ensemble ne peuvent être exprimés qu’en monnaie. Comme les moyens de production, sans être des marchandises, gardent la forme marchandises et la forme valeur, la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur permet aussi de calculer le travail social dépensé pour produire les moyens de production.

On sait que seule une marchandise-monnaie, ayant une valeur propre, peut remplir le rôle de mesure de la valeur. Cette marchandise-monnaie, c’est l’or.

En Union soviétique comme dans les autres pays du camp socialiste, c’est l’or qui joue le rôle d’équivalent général. La monnaie soviétique a une teneur en or et est une monnaie-or. Dans la société socialiste, la monnaie ne peut remplir sa fonction de mesure de la valeur des marchandises qu’en vertu de cette liaison avec l’or. Lénine rattachait l’abolition de la monnaie-or à la victoire du socialisme à l’échelle mondiale.

Pour le moment, disait-il, il faut nous montrer ménagers de l’or en R.S.F.S.R., le vendre aussi cher que possible et acheter avec cet or des marchandises aussi bon marché que possible.

V. Lénine, « Sur le rôle de l’or aujourd’hui et après la victoire complète du socialisme », Œuvres, t. 33, p. 109.

Partant du fait que l’or se présente comme un équivalent général, l’État soviétique a, lors de la réforme monétaire de 1922-1924, fixé la teneur en or du rouble. Par la suite, celle-ci a été fixée d’une manière indirecte en établissant le cours du rouble soviétique par rapport au franc, puis au dollar. En 1950, l’augmentation du pouvoir d’achat du rouble et la diminution du pouvoir d’achat du dollar et des autres monnaies capitalistes ont incité l’État soviétique à fixer directement à 0,222 168 gramme d’or la teneur en or du rouble. Le cours de celui-ci par rapport aux monnaies étrangères a été relevé en conséquence.

L’État soviétique extrait et accumule l’or en tant que monnaie mondiale pour le commerce avec les pays du marché mondial capitaliste, comme avec les pays du marché mondial du camp socialiste.

Il utilise la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur comme le moyen d’assurer la direction planifiée, le recensement et le contrôle de la production et de la répartition du produit social, comme l’instrument permettant de réaliser la gestion équilibrée. Ainsi, la confrontation des prix de revient planifiée et réels permet d’élucider les raisons pour lesquelles le prix de revient planifié a été dépassé et d’arrêter les mesures nécessaires pour abaisser le prix de revient et accroître la rentabilité de l’entreprise.

Comme mesure de la valeur, la monnaie est pour l’État socialiste un élément de la planification des prix. Dans l’économie socialiste, le prix est l’expression monétaire, déterminée par le plan, de la valeur d’une marchandise.

Dans l’économie socialiste, la monnaie sert aussi d’étalon des prix. En U.R.S.S., l’étalon des prix est le rouble.

En régime socialiste la monnaie est un moyen de circulation. C’est en cette qualité qu’elle intervient lors de la vente et de l’achat des articles de consommation courante et qu’elle est mise à profit pour développer la circulation des marchandises.

Dans l’économie socialiste, la monnaie est un moyen de paiement, quand il s’agit, par exemple, de payer leur salaire aux ouvriers et aux employés, et aussi de verser leur revenu en argent aux kolkhoziens, quand les entreprises socialistes obtiennent des avances ou les remboursent, quand on acquitte les impôts. L’État socialiste utilise la monnaie, moyen de paiement, pour contrôler l’activité des entreprises socialistes. Ainsi, les banques ne délivrent de l’argent à ces dernières que dans la mesure où elles ont exécuté leur plan de production. En exigeant le remboursement des prêts à la date prévue, la banque stimule l’accomplissement du plan par l’entreprise, faute de quoi celle-ci ne peut réunir les fonds nécessaires pour se libérer de sa dette.

En régime socialiste, la monnaie est un moyen d’accumulation socialiste et d’épargne. Les entreprises d’État et les kolkhoz déposent leur argent en banque. Les revenus, sous leur forme monétaire, et l’argent liquide des entreprises et des organisations sont utilisés pour concourir à l’accumulation socialiste, développer la production, constituer des réserves, satisfaire les besoins matériels et culturels de la population. Le bien-être croissant des travailleurs entraîne une augmentation de leurs économies, qui sont déposées à la caisse d’épargne.

Dans la société socialiste, l’or est une monnaie universelle. La réserve-or est avant tout une réserve de monnaie universelle dont l’État dispose, en tant que moyen d’achat et de paiement, pour le règlement de ses comptes internationaux en matière de commerce extérieur.

La stabilité de la monnaie soviétique est garantie non seulement par une réserve en or, mais encore et surtout par l’énorme quantité de marchandises concentrées entre les mains de l’État et mises en circulation aux prix fermes fixés par le plan. Aucune monnaie capitaliste ne possède une couverture aussi solide.

(NDLR: A cette époque, la garantie or d’une monnaie était encore une sécurité importante, mais déjà plus essentielle, par rapport à l’équilibre économique du pays. Cette dernière clause était donc clairement une anticipation sur la nécessité de faire face au dollar. Résistance aussitôt abandonnée par l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev…)

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect04.html    )

 

 

 

32.1. La nécessité de la production marchande en régime socialiste ; ses particularités.

La nécessité de la production marchande en régime socialiste résulte de l’existence de deux formes essentielles de production socialiste : la forme étatique et la forme kolkhozienne. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets produits sont propriété du peuple tout entier. Dans les kolkhoz, les moyens de production (bêtes de trait et bétail de rapport, matériel agricole, bâtiments d’exploitation, semences, etc.) et les produits obtenus sont propriété d’un groupe, propriété coopérative-kolkhozienne. Les moyens principaux, déterminants de la production agricole (la terre et les machines des S.M.T.), sont propriété d’État. La production des entreprises d’État appartenant à l’État socialiste, alors que celle des kolkhoz appartient à ces derniers, les relations économiques entre l’industrie et l’agriculture prennent nécessairement la forme d’échanges de marchandises par achat et vente. Et comme toujours quand il s’agit d’achat et de vente, le producteur de marchandises perd son droit de propriété sur la marchandise au profit de celui qui l’a acquise.

Lénine a indiqué que « échange des produits de la grande industrie (“socialisée”) contre les produits paysans, telle est la substance économique du socialisme » (V. Lénine, « Plan de la brochure L’Impôt en nature », Œuvres, t. 32, p. 342) ; que l’échange des marchandises permet de vérifier la justesse des rapports qui existent entre l’industrie et l’agriculture, entre la classe ouvrière et la paysannerie. Cette thèse de Lénine reste vraie pour toute la première phase du communisme. C’est avant tout dans les kolkhoz et chez les kolkhoziens, par la circulation marchande, par voie de stockage et d’achats, que l’État soviétique se procure des denrées alimentaires pour la population des villes et des matières premières pour l’industrie. À leur tour, les kolkhoz et les kolkhoziens ne peuvent se procurer l’argent dont ils ont besoin pour acquérir des produits industriels qu’en vendant leur production marchande à l’État, aux coopératives et sur les marchés kolkhoziens.

Ainsi, les produits agricoles et les matières premières que l’État et les coopératives reçoivent du secteur kolkhozien par voie de stockage et d’achats, aussi bien que les denrées agricoles vendues sur les marchés kolkhoziens par les kolkhoz et les kolkhoziens, sont des marchandises. Il en est de même pour les articles industriels, et surtout les objets de consommation individuelle, produits par les entreprises d’État et achetés par les kolkhoz et les kolkhoziens. Étant des marchandises, les produits industriels et agricoles de consommation courante parviennent à la population urbaine également par l’achat et la vente. Dans ce cas, les marchandises cessent d’être la propriété de l’État ou des coopératives ou la propriété personnelle des kolkhoziens pour devenir la propriété personnelle des ouvriers et des employés.

La production marchande est, en régime socialiste, une production marchande d’un type à part, une production marchande sans propriété privée des moyens de production, sans capitalistes. Elle est, dans l’essentiel, le fait de producteurs socialistes collectifs (État, kolkhoz, coopératives). Grâce à ces conditions économiques déterminantes que sont la propriété sociale des moyens de production, l’abolition du salariat et de l’exploitation de l’homme par l’homme, elle se trouve placée, en régime socialiste, dans des limites déterminées. Elle ne peut se transformer en production capitaliste ; elle est au service de la société socialiste.

La production marchande n’a pas ici une extension aussi illimitée et universelle qu’en régime capitaliste. En régime socialiste, la sphère de la production et de la circulation marchandes est limitée principalement aux objets de consommation individuelle ; la force de travail n’est pas une marchandise ; la terre et le sous-sol sont la propriété de l’État et ne peuvent être ni vendus, ni achetés. Les entreprises d’État — usines, fabriques, mines, centrales électriques avec leurs fonds fixes essentiels (instruments de production, bâtiments, installations, etc.) — ne sauraient être vendues ou achetées ; elles ne peuvent être remises par une organisation d’État à une autre qu’en vertu d’une autorisation spéciale, et ne sont donc pas des marchandises susceptibles d’être vendues et achetées.

Les moyens de production fabriqués dans le secteur d’État : machines, métaux, charbon, pétrole, etc., sont répartis pour la plupart entre les entreprises d’État. Les plans de l’économie nationale prévoient l’attribution à chaque entreprise de fonds matériels dont le montant est déterminé par son programme de production. Ces fonds sont fournis par les entreprises productrices aux entreprises consommatrices en vertu de contrats passés entre elles. Quand des moyens de production sont livrés à telle ou telle entreprise, l’État socialiste en conserve l’entière propriété. Lorsque des directeurs d’entreprise ont reçu de l’État socialiste des moyens de production, ils n’en deviennent pas pour autant les propriétaires ; ils sont les représentants de l’État, chargés par lui de les utiliser conformément aux plans qu’il a établis. Les machines agricoles essentielles : tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc., ne sont pas vendues aux kolkhoz mais concentrées dans des entreprises d’État : les stations de machines et de tracteurs, qui les utilisent pour desservir les kolkhoz.

Les moyens de production achetés par les coopératives de production, les kolkhoz et les kolkhoziens : véhicules automobiles, équipements destinés à l’exploitation collective du kolkhoz, ciment, fer, briques, charbon, bois de charpente, machines agricoles simples et matériel divers, sont des marchandises. Les moyens de production vendus aux États étrangers le sont également. Dans ces cas, il y a vente et achat ; les marchandises changent de propriétaires.

Ainsi, les moyens de production fabriqués par des entreprises d’État et répartis à l’intérieur du secteur d’État ne sont pas, en fait, des marchandises. Mais étant donné que les objets de consommation, les matières premières agricoles et une partie des moyens de production sont des marchandises et que l’économie socialiste forme un tout dont les parties constituantes sont étroitement liées, les moyens de production circulant à l’intérieur du secteur d’État conservent, eux aussi, la forme marchandise. Ils sont donc exprimés en valeur et évalués en termes monétaires, ce qui est indispensable pour la réalisation de la gestion équilibrée, pour le recensement et la comptabilité.

( http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect01.html  )

 

 

 

35.3. L’exploitation collective des kolkhoz. La planification de la production kolkhozienne.

Libérés de la nécessité de dépenser des sommes considérables pour acheter ou louer de la terre, ainsi que pour se procurer les principaux moyens de production, les kolkhoz peuvent utiliser leurs revenus croissants pour développer leur exploitation collective. L’exploitation collective du kolkhoze, organisée sur des terres appartenant à l’État, met en œuvre l’outillage moderne concentré dans les S.M.T. et qui est la propriété du peuple entier. Les moyens de production de l’artel et les produits obtenus par lui sont propriété coopérative-kolkhozienne.

Conformément à la nature de l’artel agricole, entreprise de type coopératif, les moyens de production socialisés font partie du fonds indivis du kolkhoz. Le fonds indivis du kolkhoz comprend les instruments de travail du kolkhoz, le bétail de trait et le bétail de rapport, les bâtiments, les moyens de transport, les entreprises auxiliaires, les plantations diverses, les ouvrages d’irrigation, les matériaux et l’argent destinés à développer l’économie collective. Il convient d’y ajouter les bâtiments à destination sociale et culturelle (clubs kolkhoziens, salles de lecture, jardins d’enfants, etc.) L’augmentation constante de fonds indivis est la condition essentielle du développement de l’économie collective des kolkhoz, de l’accroissement de la richesse kolkhozienne.

Les kolkhoz consacrent leurs ressources à construire des locaux d’exploitation, des étables, des canaux d’irrigation et d’assèchement, des réservoirs d’eau, à défricher le sol, à édifier des centrales électriques kolkhoziennes et d’autres ouvrages. Les fonds investis par eux dans l’économie collective, qu’il s’agisse de leurs ressources propres ou du travail des kolkhoziens, sans compter les dépenses effectuées pour augmenter le cheptel, se sont élevés à environ 40 milliards de roubles en 1946-1950 et à 52 milliards en 1951-1954. Les kolkhoz ont en outre dépensé plus de 11 milliards de roubles en 1946-1950, et 6 milliards en 1951-1954 pour accroître leur bétail collectif et leur volaille.

Grandes entreprises socialistes, les kolkhoz doivent être gérés selon un plan ; ils ne sauraient exister et se développer spontanément. Le développement planifié de l’économie collective des kolkhoz dans la voie d’un essor continu est la base de l’élévation du niveau de vie matérielle et culturelle des kolkhoziens. Faisant partie du système de l’économie socialiste, les kolkhoz doivent, en développant le plus possible leur exploitation collective, accroître toujours plus leur production marchande dans la proportion nécessaire à l’approvisionnement des villes et des centres industriels, aux besoins du commerce extérieur et à la création de réserves. On applique dans les kolkhoz une planification à long terme visant à promouvoir un essor rapide de l’agriculture dans les délais les plus brefs et en fonction de laquelle sont dressés les plans annuels.

Le point de départ de la planification par l’État de la production kolkhozienne est la planification de la production marchande mise par les kolkhoz à la disposition de l’État.

La production marchande des kolkhoz s’accroît en même temps que l’économie collective. La gestion planifiée de l’agriculture prévoit la nécessité d’une utilisation plus productive des terres cultivées. L’indice le plus important des résultats de l’activité économique des kolkhoz est l’obtention du maximum de production globale de l’agriculture et de l’élevage pour 100 hectares de terre (labours, prés, pâturages) et par journée-travail dépensée.

Le plan d’État de développement de l’économie rurale prévoit un accroissement des livraisons à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage au titre des stockages obligatoires d’État, du paiement en nature des S.M.T., du règlement des contrats et des achats. Les S.M.T. se voient fixer le volume des travaux à effectuer à l’aide de tracteurs dans les kolkhoz. Les kolkhoz doivent, avec le concours des S.M.T., prévoir dans leur plan un niveau de production qui assure l’exécution intégrale des tâches assignées par le plan d’État pour la livraison et la vente à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage, et l’entière satisfaction des besoins de l’économie collective et des kolkhoziens eux-mêmes. Ils déterminent à cet effet, comme ils l’entendent, la superficie des emblavures, le niveau des rendements, le cheptel par espèces et la productivité de l’élevage, le système des mesures agrotechniques et zootechniques. Les plans d’ensemencement et d’élevage sont discutés et ratifiés par les assemblées générales des kolkhoziens.

Ce mode de planification développe l’initiative des kolkhoz en vue d’obtenir le maximum de produits par hectare de terrain. Il renforce en même temps la responsabilité des kolkhoz et des S.M.T. quant à la livraison à l’État de la quantité nécessaire de produits de l’agriculture et de l’élevage.

Ce mode de planification est appelé à accroître chez les kolkhoziens et les travailleurs des S.M.T. l’intérêt pour un développement dans les kolkhoz d’une économie à branches multiples, compte tenu des conditions naturelles et économiques des diverses régions du pays, et à multiplier les initiatives en ce sens.

L’un des grands avantages des entreprises agricoles socialistes est qu’elles peuvent développer une économie à branches multiples qui permet d’associer rationnellement les différentes branches de la production rurale, avant tout l’agriculture et l’élevage et d’obtenir le maximum de production à l’hectare. Dans les kolkhoz qui combinent judicieusement, en conformité avec les conditions naturelles et économiques de la région, la production des céréales, des plantes industrielles, des fourrages et des légumes, ainsi que l’élevage, la main-d’œuvre est utilisée de façon plus complète et plus régulière au cours de l’année, les indices de productivité du travail et les revenus sont plus élevés. Les rentrées de fonds se font plus régulièrement tout au long de l’année, ce qui permet de financer en temps voulu les mesures économiques appliquées.

L’économie à branches multiples n’abolit pas, mais suppose au contraire la spécialisation des régions, des districts et des exploitations elles-mêmes par branche, par culture et par espèce de bétail. Une gestion rationnelle de l’exploitation rurale socialiste exclut aussi bien l’universalisme de la petite agriculture où l’on cultive de tout, principalement en vue de la consommation propre, que le développement unilatéral des exploitations capitalistes, qui se spécialisent généralement dans une culture déterminée (monoculture).

La spécialisation de l’économie rurale socialiste signifie, premièrement, l’utilisation la plus complète des conditions naturelles et économiques concrètes propres à chaque région et district pour obtenir méthodiquement un produit nécessaire à la société (tel le coton dans les républiques soviétiques d’Asie centrale) ; deuxièmement, une combinaison judicieuse des branches économiques d’activité fondamentales et complémentaires et avant tout de l’agriculture et de l’élevage, des cultures céréalières, industrielles et potagères ; troisièmement, selon les particularités régionales, un choix de cultures et de bétail tel qu’il assure le maximum de produits de haute qualité avec le minimum de dépenses en travail et en moyens par unité de produit.

La répartition planifiée de la production rurale dans le pays doit répondre, elle aussi, à ces exigences. Tout schématisme dans la répartition géographique des cultures et des variétés de bétail, toute application uniforme des assolements et de l’agrotechnique ne tenant pas compte des particularités naturelles et économiques de la région va à l’encontre des principes d’une gestion rationnelle de l’économie socialiste planifiée.

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap35sect03.html  )

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« LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES DU SOCIALISME EN URSS »

Le texte intégral en PDF:

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

Pages 7 à 10_

« On ne peut pas non plus considérer comme une réponse l’opinion d’autres pseudo marxistes qui pensent qu’il conviendrait peut-être de prendre le pouvoir, de procéder à l’expropriation des petits et moyens producteurs à la campagne et de socialiser leurs moyens de production. Les marxistes ne peuvent pas non plus s’engager dans cette voie insensée et criminelle qui enlèverait à la révolution prolétarienne toute possibilité de victoire et rejetterait pour longtemps la paysannerie dans le camp des ennemis du prolétariat.

Lénine a répondu à cette question dans ses ouvrages sur « l’impôt en nature » et dans son fameux « plan coopératif ». La réponse de Lénine se ramène brièvement à ceci :

a) ne pas laisser échapper les conditions favorables à la prise du pouvoir ; le prolétariat prendra le pouvoir sans attendre le moment où le capitalisme sera en mesure de ruiner les millions de petits et moyens producteurs individuels ;

b) exproprier les moyens de production dans l’industrie et les remettre en possession du peuple ;

c)pour les petits et moyens producteurs individuels, on les groupera progressivement en des coopératives de production, c’est-à-dire en de grosses entreprises agricoles, les kolkhozes ;

d)développer par tous les moyens l’industrie et assigner aux kolkhozes une base technique moderne, celle de la grande production ; ne pas les exproprier mais, au contraire, les fournir abondamment de tracteurs et autres machines de premier ordre ;

e) pour assurer l’alliance économique de la ville et des campagnes, de l’industrie et de l’agriculture, on maintiendra pour un temps la production marchande (échange par achat et vente), comme la forme la seule acceptable pour les paysans des relations économiques avec la ville, et on développera à fond le commerce soviétique, le commerce d’État et le commerce coopératif et kolkhozien, en éliminant du commerce tous les capitalistes.

L’histoire de notre édification socialiste montre que cette voie de développement, tracée par Lénine, s’est entièrement vérifiée.

Il ne peut faire de doute que pour tous les pays capitalistes qui possèdent une classe plus on moins nombreuse de petits et moyens producteurs, cette voie de développement est la seule possible et rationnelle pour la victoire du socialisme.

On dit que la production marchande doit néanmoins, en toutes circonstances, aboutir et aboutira absolument au capitalisme. Cela est faux. Pas toujours ni en toutes circonstances ! On ne peut identifier la production marchande à la production capitaliste. Ce sont deux choses différentes. La production capitaliste est la forme supérieure de la production marchande. La production marchande ne conduit au capitalisme que si la propriété privée des moyens de production existe ; que si la force de travail apparaît sur le marché comme une marchandise que le capitaliste peut acheter et exploiter pour la production ; que si, par conséquent, il existe au pays un système d’exploitation des ouvriers salariés par les capitalistes. La production capitaliste commence là où les moyens de production sont détenus par des particuliers, tandis que les ouvriers, dépourvus des moyens de production, sont obligés de vendre leur force de travail comme une marchandise. Sans cela, il n’y a pas de production capitaliste.

Et bien, si ces conditions ne sont pas réunies, qui transforment la production marchande en production capitaliste, si les moyens de production ne sont plus une propriété privée, mais la propriété socialiste, si le salariat n’existe pas et la force de travail n’est plus une marchandise, si le système d’exploitation a été depuis longtemps aboli, comment faire alors : peut-on considérer que la production marchande aboutira quand même au capitalisme ? Évidemment non. Or, notre société est précisément une société où la propriété privée des moyens de production, le salariat et l’exploitation n’existent plus depuis longtemps.

On ne peut pas considérer la production marchande comme une chose se suffisant à elle-même, indépendante de l’ambiance économique. La production marchande est plus vieille que la production capitaliste. Elle existait sous le régime d’esclavage et le servait, mais n’a pas abouti au capitalisme. Elle existait sous le féodalisme et le servait, sans toutefois aboutir au capitalisme, bien qu’elle ait préparé certaines conditions pour la production capitaliste. La question se pose : pourquoi la production marchande ne peut-elle pas de même, pour un temps, servir notre société socialiste sans aboutir au capitalisme, si l’on tient compte que la production marchande n’a pas chez nous une diffusion aussi illimitée et universelle que dans les conditions capitalistes ; qu’elle est placée chez nous dans un cadre rigoureux grâce à des conditions économiques décisives comme la propriété sociale des moyens de production, la liquidation du salariat et du système d’exploitation ?

On dit qu’après que la propriété sociale des moyens de production s’est installée dans notre pays et que le salariat et l’exploitation ont été liquidés, la production marchande n’a plus de sens, qu’il faudrait pas conséquent l’éliminer.

Cela est également faux. A l’heure actuelle, il existe chez nous deux formes essentielles de production socialiste : celle de l’État, c’est-à-dire du peuple entier, et la forme kolkhozienne, que l’on ne peut pas appeler commune au peuple entier. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets fabriqués constituent la propriété du peuple entier. Dans les entreprises kolkhoziennes, bien que les moyens de production (la terre, les machines) appartiennent à l’État, les produits obtenus sont la propriété des différents kolkhozes qui fournissent le travail de même que les semences ; les kolkhozes disposent pratiquement de la terre qui leur a été remise à perpétuité comme de leur bien propre, quoiqu’ils ne puissent pas la vendre, l’acheter, la donner à bail ou la mettre en gage.

L’État ne peut donc disposer que de la production des entreprises d’État, les kolkhozes bénéficiant de leur production comme de leur bien propre. Mais les kolkhozes ne veulent pas aliéner leurs produits autrement que sous la forme de marchandises, en échange de celles dont ils ont besoin. Les kolkhozes n’acceptent pas aujourd’hui d’autres relations économiques avec la ville que celles intervenant dans les échanges par achat et vente de marchandises. Aussi la production marchande et les échanges sont-ils chez nous, à l’heure actuelle, une nécessité pareille à celle d’il y a trente ans, par exemple, époque à laquelle Lénine proclamait la nécessité de développer par tous les moyens les échanges.

Certes, lorsqu’au lieu de deux principaux secteurs de production, État et kolkhozes, il se formera un seul secteur universel investi du droit de disposer de tous les produits de consommation du pays, la circulation des marchandises avec son « économie monétaire » aura disparu comme un élément inutile de l’économie nationale. D’ici là, aussi longtemps que les deux principaux secteurs de production existeront, la production marchande et la circulation des marchandises resteront en vigueur comme un élément nécessaire et très utile dans le système de notre économie nationale. Comment sera-t-il procédé à la formation d’un seul secteur universel ? Par simple absorption du secteur kolkhozien dans le secteur d’État, ce qui est peu probable (ceci pouvant être considéré comme une expropriation des kolkhozes), ou par la constitution d’un seul organisme économique national (avec des représentants de l’industrie d’État et des kolkhozes), ayant le droit d’abord de recenser tous les produits de consommation du pays et, avec le temps, de répartir la production, par exemple, sous forme d’échange des produits ? C’est là une autre question qui demande un examen à part.

Par conséquent, notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (État, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste.

Aussi ont-ils absolument tort, ceux qui déclarent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu, soit-disant, de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme : la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu’il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme.

Bien plus, je pense qu’il faut renoncer à certaines autres notions empruntées au Capital , où Marx se livrait à l’analyse du capitalisme, et artificiellement accolées à nos rapports socialistes. Je veux parler entre autres de notions telles que le travail « nécessaire » et le « surtravail », le produit « nécessaire » et le « surproduit », le temps « nécessaire » et le « temps extra ». Marx a analysé le capitalisme afin d’établir l’origine de l’exploitation de la classe ouvrière, la plus-value, et de fournir à la classe ouvrière privée des moyens de production une arme spirituelle pour renverser le capitalisme. On comprend que Marx se sert ici de notions (catégories) qui répondent parfaitement aux rapports capitalistes. Mais il serait plus qu’étrange de se servir actuellement de ces notions, alors que la classe ouvrière, loin d’être privée du pouvoir et des moyens de production, détient au contraire le pouvoir et possède les moyens de production. Les propos sur la force de travail comme marchandise et sur le « salariat » des ouvriers sonnent d’une façon assez absurde sous notre régime : comme si la classe ouvrière, possédant les moyens de production, se salariait elle-même et se vendait à elle-même sa force de travail. Il n’est pas moins étrange de parler aujourd’hui de travail « nécessaire » et de « surtravail » : comme si dans nos conditions, le travail des ouvriers donné à la société en vue d’élargir la production, de développer l’instruction, la santé publique, d’organiser la défense nationale, etc., n’était pas aussi nécessaire à la classe ouvrière, aujourd’hui au pouvoir, que le travail dépensé pour subvenir aux besoins personnels de l’ouvrier et de sa famille.

Il est à noter que Marx dans sa Critique du programme de Gotha , où il analyse non plus le capitalisme, mais entre autres la première phase de la société communiste, reconnaît que le travail consacré à la société pour élargir la production, pour l’instruction, la santé publique, les frais d’administration, la constitution de réserves, etc., est aussi nécessaire que le travail dépensé pour subvenir aux besoins de consommation de la classe ouvrière.

Je pense que nos économistes doivent en finir avec ce défaut de concordance entre les vieilles notions et le nouvel état de choses dans notre pays socialiste, en substituant aux notions anciennes des notions appropriées à la nouvelle situation.

Nous avons pu tolérer ce défaut de concordance un certain temps. Mais l’heure est venue où nous devons enfin remédier à ce défaut. »

CONCLUSION DU LIVRE:


« La question se pose : qu’Est-ce donc que le kolkhoze possède en propre, où est la propriété kolkhozienne dont il peut disposer eu toute liberté, comme il l’entend ? Cette propriété, c’est la production du kolkhoze, le fruit de la production kolkhozienne : blé, viande, beurre, légumes, coton, betterave, lin, etc., sans compter les bâtiments et les exploitations personnelles des kolkhoziens dans leurs enclos. Le fait est qu’une partie considérable de cette production, les excédents de la production kolkhozienne arrivent sur le marché (*) et s’intègrent de cette façon au système de la circulation des marchandises. C’est ce qui empêcha actuellement d’élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale. C’est donc de ce côté là qu’il faut activer le travail pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale.

(* NDTML: Une précision utile: ici se trouve donc la seule et unique mention du « marché » en lien avec l’économie socialiste de l’URSS à cette époque!)

Pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale, il faut que les excédents de la production kolkhozienne soient éliminés de la circulation des marchandises et intégrés au système d’échange de produits entre l’industrie d’État et les kolkhozes. Là est l’essentiel.

Nous n’avons pas encore de système développé d’échange de produits, mais il existe des embryons de cet échange sous forme de « paiement en marchandises » pour les produits agricoles. On sait que la production des kolkhozes cultivant le coton, le lin, la betterave, etc., est depuis longtemps « payée en marchandises » ; il est vrai que cela ne se fait que partiellement, pas en totalité, mais cela se fait tout de même. Remarquons en passant que le terme « paiements en marchandises », n’est pas heureux, qu’il faudrait le remplacer par « échange de produits ». La tâche est d’organiser dans toutes les branches de l’agriculture ces embryons d’échanges de produits et de les développer pour en faire un vaste système d’échange, de façon que les kolkhozes reçoivent pour leur production de l’argent, mais surtout les articles dont ils ont besoin. Ce système nécessitera un accroissement considérable de la production livrée par la ville au village ; il faudra donc l’introduire sans trop de précipitation au fur et à mesure de l’accumulation des articles produits par la ville. Mais il faut l’introduire méthodiquement, sans hésiter, en restreignant pas à pas la sphère de la circulation des marchandises et en élargissant la sphère des échanges de produits.

Ce système, en restreignant la sphère de la circulation des marchandises, aidera à passer du socialisme au communisme. En outre, il permettra d’inclure la propriété essentielle des kolkhozes, la production kolkhozienne, dans le système d’ensemble de la planification nationale.

Ceci sera un moyen réel et décisif pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale dans nos conditions actuelles.

Ce système est-il avantageux pour la paysannerie kolkhozienne ?

Il l’est incontestablement. Avantageux parce que la paysannerie kolkhozienne recevra de l’État des produits en quantité beaucoup plus grande et à des prix meilleur marché qu’avec le système de circulation des marchandises. Tout le monde sait que les kolkhozes qui ont passé des contrats avec le Gouvernement pour des échanges de produits (« paiement en marchandises ») bénéficient d’avantages infiniment plus grands que les kolkhozes qui n’en ont pas conclu. Si l’on étend le système d’échanges des produits à tous les kolkhozes du pays, toute notre paysannerie kolkhozienne bénéficiera de ces avantages.» 

28 septembre 1952. » 

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