Syrie

Le « Big Mic-Mac », Stade suprême du « McDo-marxisme »…!

 Le « Big Mic-Mac »,

Stade suprême

du

« McDo-marxisme »

 

Dans le 5ème et dernier épisode de sa saga Otanesque (dite « La France et la trouée de Suwalki ») visant à décrire la Russie comme une «  menace impérialiste » pour l’« occident » libéral et « démocratique », qui serait donc tout à fait fondé à encercler militairement ce pays, selon lui, l’auteur envisage le plus sérieusement du monde et sans sourciller que cela devrait pratiquement amener l' »occident » à carrément organiser un nouveau blocus de l’économie russe, en plus des sanctions économiques déjà existantes et donc jugées «  inefficaces  » par cet auteur lui-même…  !

Mais tout cela se fait donc au nom d’un prétendu «  marxisme-léninisme  », maoïsme, en réalité, ce qui ramène donc cette prétention au niveau de la farce du «  McDo-marxisme  », à l’évidence, même si ici on atteint le stade suprême du confusionnisme, le «  Big Mic-Mac  », au top du menu kollaborationniste, avec des relents de regrets de la défaite nazie, si l’on suit les conséquences logiques de son exposé nauséabond.

Mais d’un point de vue ML et pour clarifier tout de suite la situation, venons en à la conclusion,  où ce «  communiste  », dans le style «  bouche en cœur  », tente d’atténuer le côté pour le moins unilatéral de son message et se présenter en «  pacifiste  », en quelque sorte  :

«  Communistes, nous sommes hostiles aux provocations militaires de l’occident contre la Russie, tout comme nous sommes hostiles à toute provocation militaire en général. Mais nous ne pouvons tracer une équivalence URSS – Russie, alors que, déjà, nous ne traçons pas une équivalence entre URSS jusqu’à 1956 et URSS de 1956 à 1991.  »

Ainsi l’auteur tente de se poser en défenseur de l’URSS socialiste, par opposition à la supposée URSS «  social-impérialiste  » et à son prolongement naturellement «  impérialiste  », selon lui, la Russie actuelle…

Alors que dans le corps du texte il n’hésite pas à nous servir précisément ce «  Big Mic-Mac  », selon lequel ceux qui refusent d’hurler avec la meute occidentale et refusent donc de condamner la stratégie de résistance de la Russie seraient, affirme-t-il, «  sous influence  » des médias russes….  :

« Ces agences jouent sur deux aspects : une russophilie nostalgique de l’époque soviétique, nostalgique de l’URSS -particulièrement brejnévienne- qui se retrouve chez les individus liés au PCF ou aux organisations qui en sont issu. Ceux-ci ont une sympathique plus ou moins inconsciente pour la Russie et pour son gouvernement, et son empreints d’un désir de revanche contre l’occident capitaliste. Ils ne comprennent pas le changement de nature progressif de l’URSS, entre 1956 et 1991 et ne parviennent pas à tirer un trait sur la fin de l’Union Soviétique. »

Quel aveu que ce «  communiste  » n’a précisément rien compris à la différence entre communisme et révisionnisme, rien compris à la nature de classe bourgeoise de ce dernier et à sa mutation, arrivé au pouvoir, en bourgeoisie nationale-bureaucratique, et non en un «  changement de nature progressif  de l’URSS, de 1956 à 1991 ». (sic)

Alors que l’effondrement de l’URSS en 1991 correspond à une mutation évidemment «  comprador  » de cette bourgeoisie, c’est à dire à un abandon provisoire de son caractère national et indépendant, et non à un changement réel de nature de classe.

Ce que nous avons encore vu dans notre étude récente  :

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Et alors que la faction nationaliste, revenue au pouvoir sous la forme de la faction poutinienne, peine encore à reconstituer son potentiel de survie, face, précisément à l’agressivité US dont l’auteur se fait le grand justificateur, sinon carrément le chantre, en pratique.

Il ne s’agit donc pas pour les communistes ML d’entretenir la moindre confusion entre l’URSS révisionniste bourgeoise nationale-bureaucratique et l’URSS socialiste, morte avec la contre-révolution khrouchtchevienne, contrairement à ce qu’avance donc ce prétendu «  communiste  », qui assimile clairement la période révisionniste de l’URSS à un prolongement du socialisme  !

Dans le «  Big Mic-Mac  » de ce «  McDo-marxiste  » il y a donc à la fois une tranche de «  social-impérialisme soviétique  » pour justifier l’assimilation «  Russie = impérialisme  » et une tranche de «  nostalgie  » d’une URSS révisionniste, mais toujours «  socialiste  »  !!

Difficile de faire plus indigeste  !

Mais il y a encore une autre couche de sauce particulièrement peu ragoutante sur ce «  Big Mic-Mac  », à savoir que la Russie actuelle n’aurait pas le droit, légitimement, de chercher à briser l’encerclement dont elle est victime, et qu’en fin de compte l’  «  occident  » serait donc bien avisé de s’inspirer de la stratégie nazie…

« Même si la nature de l’Etat  a grandement changé depuis 1941, les dirigeants russes n’ont absolument pas oublié l’invasion germano-fasciste. Ils n’ont pas oublié que les Etats Baltes ont été l’autoroute de l’invasion. Ils n’ont pas oublié qu’il n’a fallu que deux mois pour atteindre Leningrad et l’encercler.   Eloigner la frontière des centres stratégiques à sous-tendu toute la diplomatie soviétique depuis la mi-1939. Elle explique la guerre avec la Finlande, pour quelques kilomètres salvateurs ; elle expliquait l’intervention en Bessarabie et dans les Etats Baltes. »

Et si l’on avait un doute sur l’ambiguïté de ses propos, il est clairement levé par l’affirmation suivante  :

« Aujourd’hui, les cent kilomètres qui séparent Narva, en Estonie, de Saint-Pétersbourg ne protégeraient guerre plus d’une journée d’une véritable offensive militaire de grande ampleur. Pour un Etat aussi méfiant vis-à-vis de sa situation géopolitique, une telle vulnérabilité est inacceptable. Cela explique également le verrouillage extrêmement ferme de Kaliningrad, véritable bastion sur la route du Nord. »

De quel «  verrouillage  » de Kaliningrad nous parle-t-il ici, sinon, celui, tout à fait imaginaire, invoqué dès la partie 1 de cette «  série  » pour justifier le dispositif d’agression stratégique mis en place par l’OTAN, dans cette région, aux portes, précisément, de la Russie  ?

Dans une intention «  pacifiste  », peut-être  ???

Ici l’auteur prend donc clairement ses fantasmes d’  «  impérialisme russe  » pour une réalité qui se serait déjà traduite par un tel «  verrouillage  » sur le terrain, alors que la situation de Kaliningrad est bien au contraire celle d’un ilot russe dans le monde «  occidental  » et donc particulièrement précaire, même si désormais d’importance d’autant plus stratégique pour la défense russe.

On passera, même si difficilement, sur le mépris à peine voilé avec lequel il considère les minorités russophones dans les pays baltes et on finira par ce morceau d’anthologie en matière de «  McDo-marxisme  » ou l’auteur tente de nous faire avaler que la reconstitution d’une économie russe nationale endogène serait une sorte de «  preuve  » de son «  impérialisme économique  »  :

« La Russie était un état rentier. Il exportait des armes, de la technologie -particulièrement militaire et spatiale- des denrées agricoles et minières, mais, surtout, du gaz et du pétrole. Un gaz et un pétrole dont les oligarques n’avaient qu’a ramasser les rentes, sans jamais investir dans le développement économique du pays. Les infrastructure et l’industrie du pays étaient en déliquescence plus ou moins complète.

L’occident, en bloquant les exportations de la Russie, pensait la contraindre, l’étrangler. Or, les sanctions économiques n’ont pas eu l’effet escompté. La Russie à souffert un temps de cette perte. Mais le choc passé, les sanctions se sont avérées un boomerang. »

Selon ce prétendu «  marxiste-léniniste  », l’exportation de matières premières et de produits agricoles ferait donc la base économique d’un «  impérialisme  » contre l’évidence même de ce qu’est la définition léniniste de l’impérialisme, et précisément d’un «  État rentier  » qui se caractérise par l’exportation massive de capitaux, alors que précisément on a vu, chiffres occidentaux officiels à l’appui, que le solde de la Russie, sur ce point est très largement négatif  !!

Mais la formule «  état rentier  », ici, est simplement révélatrice de l’ignorance et de la mauvaise foi de l’auteur, et sert à nous faire avaler ce dernier immondice selon lequel la résistance efficace de la Russie face à ce qui est déjà une sorte de blocus serait donc une manifestation de sa «  volonté impérialiste  »  !!!

Comme on l’a vu, il ne s’agit nullement de faire de la Russie actuelle un substitut de «  Patrie Socialiste  », qu’elle n’est plus depuis le milieu des années 50, déjà, mais de remettre à leur juste place le rôle des éléments de nationalisme bourgeois qui ont constitué un frein à la domination et à l’expansion de l’impérialisme sur la planète, et ainsi que leur rôle encore actuel.

Évidemment, cela n’a rien à voir avec la reconstruction vitalement nécessaire d’une force politique prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, mais dans cet objectif, précisément, il s’agit de ne pas se tromper d’adversaire.

Que ce soit en France, en Russie ou ailleurs, les prolétaires révolutionnaires combattent à la fois le capitalisme et l’impérialisme, qui sont les deux faces de la même pièce, et le plus souvent, du même dollar, mais il n’ont donc pas à servir la soupe à l’impérialisme, US, français ou autre !

Luniterre

LES ARTICLES CONNEXES RÉCEMMENT PARUS SUR TML :
(Dans l’ordre de parution)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

(Article où est analysé le début de cette consternante saga!)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/quelle-place-pour-la-russie-dans-la-mondialisation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/22/un-peuple-qui-en-opprime-dautres-ne-saurait-etre-libre/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

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Source des citations:

http://unitecommuniste.fr/international/la-france-et-la-trouee-de-suwalki-partie-5-retour-a-la-baltique-et-conclusion/

 

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Les leçons d’Afrin :Pour en finir avec le « McDo-marxisme » !

Les leçons d’Afrin :

Pour en finir avec le « McDo-marxisme » !

 

«  …certains de ces combattants affirment eux-mêmes être « fichés S ». Interrogé par France Info sur son retour en France, avant qu’il ne soit tué sur le front à Afrin le 10 février, « Kendal Breizh », un Français de 40 ans, disait vouloir rentrer l’été prochain. Il n’était pas inquiet quant à une éventuelle condamnation dans l’Hexagone pour ses activités armées. « Il y a peu de conséquences pour les gens qui ont déjà eu l’occasion de retourner [en France] pour une raison très simple  : il serait un peu hypocrite de la part de la France de poursuivre des gens qui combattent avec les Unités de protection du peuple (YPG) [milice kurde, NDLR], alors qu’à quelques kilomètres d’ici les forces françaises font de même. »

Quel meilleur aveu que les «  fichés S  » sont un vivier de pions disponibles et utilisables par les «  forces spéciales  » et autres barbouzes de tous poils de l’impérialisme français  ?

Dans ce contexte nauséabond, ( de la bataille d’Afrin) le fait que la Russie ait quelque peu «  favorisé  » ce règlement de comptes «  entre amis  », cela se comprend aisément. S’étant, comme alliée officielle de la Syrie portée garante de son intégrité territoriale, elle n’avait donc pas à faire de différence entre la partition déjà imposée par les forces Otanesques directement contrôlées par les USA et la France et celle effectuée par les forces, non moins Otanesques, contrôlées par la Turquie.

Les forces kurdes, principalement visées à Afrin, quant à elles, ont préféré depuis longtemps pactiser directement avec l’impérialisme US et la France, pour s’arroger un droit d’expansionnisme sur près d’un tiers du territoire syrien, contre toute logique de leur influence ethnique réelle, historiquement limitée à quelques enclaves, même si très peuplées et assez riches, près des frontières nord.

En fin de compte, une «  utopie sociale  » qui serait créée par des forces d’occupation armées par l’impérialisme US…

Quelle «  utopie  », effectivement  !

Le fait que nos «  gauchistes  » français aient tenu à s’ «  illustrer  » dans cette entreprise plus que douteuse en dit long sur le niveau d’élucubrations «  théoriques  » auquel ils en sont arrivés pour justifier de telles contorsions et même les faire passer pour le nec plus ultra de l’ avant-gardisme «  révolutionnaire  »  !!

Les leçons d’Afrin :Pour en finir avec le « McDo-marxisme » !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

SUR LE SUJET, UNE SUITE D’ARTICLES RÉCENTS PARUS SUR TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

( Ou comment la « théorie » maoïste du « social-impérialisme soviétique » s’est transformée en concept US d’un imaginaire « impérialisme russe »…)

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/quelle-place-pour-la-russie-dans-la-mondialisation-actuelle/

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/22/un-peuple-qui-en-opprime-dautres-ne-saurait-etre-libre/

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SYRIE : Réveillons-nous, ils sont devenus fous !

 

 

 

 

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Réveillons-nous,

ils sont devenus fous !

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Par Michel Raimbaud, Ancien ambassadeur, Professeur et conférencier

 

 

 

19 février, 2018
Tribune libre

Michel Raimbaud

Depuis maintenant sept ans, la Syrie est en guerre. Ce pays aimable, tolérant, hautement civilisé que même ses détracteurs ne pouvaient s’empêcher de trouver beau et attachant est d’ores et déjà confronté à un formidable défi, celui de l’après-guerre. Les assaillants barbares venus de cent pays, atlantistes comme islamistes, se sont acharnés à vouloir en détruire les richesses, les infrastructures, les capacités, les monuments, les beautés naturelles afin de le rayer de la carte. Ils ont aussi et surtout tenté de broyer le peuple syrien, d’effacer sa mémoire et son identité afin de l’anéantir. 

vec la complicité d’une soi-disant « communauté internationale » en trompe-l’œil, ils s’emploient maintenant à le priver, autant qu’il sera possible, de toute perspective d’avenir, en lui volant ses droits imprescriptibles : disposer de lui-même, décider, sans ingérence étrangère, de son destin et de son régime politique. Sans pudeur et sans vergogne, les mêmes assaillants ne cachent pas leurs velléités de replacer l’avenir, notamment constitutionnel, de la Syrie sous « tutelle onusienne », c’est-à-dire sous mandat, autant dire sous le joug colonial.

Afin d’effacer l’empreinte géographique d’une Syrie mère de la civilisation (y compris la nôtre), peut-il y avoir un moyen plus efficace que de disperser un peuple et surtout de briser un Etat qui a commis le crime de lèse-majesté ? En effet, au final, l’entreprise est destinée à faire de ce qui fut jadis une grande Syrie un archipel de mini-entités, et de son peuple une mosaïque tribalisée ayant vocation à être vaporisée en une vaste diaspora : dans une première approche, ce crime inqualifiable mérite la double qualification de « politicide » – la dissolution d’un Etat qui dérange – et d’ethnocide – l’anéantissement d’un peuple qui résiste.

C’est ce qui est inscrit dans le « grand dessein » néoconservateur. Ce dernier, notons-le au passage, reviendrait à infliger à la Syrie le destin réservé depuis 70 ans à la Palestine, pan de terre volé sous l’égide du colonialisme triomphant. Le sort des Syriens pourrait alors ressembler à celui des Palestiniens, irrémédiablement spoliés au nom d’une « mission divine ». Le sinistre destin des peuples amérindiens, éliminés de l’histoire, est là pour rappeler de quoi sont capables les colons venus d’ailleurs.

Les dégâts sont immenses, se chiffrant en centaines de milliards de dollars, auquel il conviendrait d’ajouter – mais c’est leur problème – les millions, billions ou trillions dépensés par les « puissances » assaillantes pour conduire leurs batailles « pour la démocratisation ».

Il ne sert à rien d’invoquer les valeurs de la morale, naturelle ou religieuse, le droit international et la légalité onusienne, voire la simple décence, face à des agresseurs sans foi ni loi. On ne peut attendre d’Etats qui s’érigent en gendarmes de la planète tout en se comportant comme des régimes voyous une quelconque logique. Il est paradoxal, après tout ce temps, ces horreurs, ces massacres, ces actes de sauvagerie, cette barbarie, que l’on trouve encore dans le grand Occident « démocratique » tant de défenseurs de l’indéfendable, tant d’admirateurs des djihadistes présentés comme démocrates ou « modérés ». Les intellectuels sont piégés par leur aveuglement initial, les médias sont plombés par l’omerta, les politiques sont otages de leur doxa néoconservatrice, dans l’Hexagone comme dans tout le monde judéo-chrétien.

Pourquoi un tel acharnement, une telle obstination dans le mensonge ? C’est que la Syrie est depuis longtemps dans le collimateur de l’Amérique, de la Grande-Bretagne et d’Israël. La Syrie historique est le centre de gravité du Proche-Orient, le lieu de naissance des trois religions révélées, le cœur battant de l’arabisme, symbole de l’islam moderne et tolérant, siège des premiers califes : un héritage très lourd à assumer, mais qui a assuré à ce « phare de l’Orient » un prestige indéniable auprès des Arabes et une aura de sympathie chez les Musulmans.

Tolérante, multiconfessionnelle, moderne, républicaine, forte de son identité et de sa conscience historique, elle représente ce que les extrémistes de tout bord exècrent par-dessus tout.

Depuis son indépendance et la création d’Israël, la Syrie n’a cessé d’apporter un soutien indéfectible à la cause palestinienne et est toujours apparue comme un Etat rebelle à l’ordre israélo-atlantique. Face au délabrement du monde arabe, la Syrie s’est inscrite dans l’axe de la résistance et elle résiste. Son armée nationale a tenu le coup seule contre tous durant quatre ans, puis, aidée de ses alliés, a entamé la reconquête, s’affirmant au passage comme le principal artisan de l’éradication de Da’esh, malgré les mensonges et prétentions des usurpateurs fanfarons. L’Etat syrien contrôle désormais les quatre cinquièmes du territoire national, ayant mis en échec, par sa résilience, les plans des agresseurs.

Pour ceux-ci, la Syrie de 2018, après tant de batailles et tant d’essais non transformés, constitue une réalité impensable et intolérable. Il faut donc la faire disparaître de la carte, ne serait-ce qu’en l’ignorant. Il convient pour cela de délégitimer l’Etat, présenté systématiquement comme un « régime », ses institutions, sa constitution, son gouvernement, diaboliser son Président, ignorer les volontés de son peuple, les succès de son armée en les attribuant à ses alliés, voire à ses ennemis.

Il faut dénier au Président et à son entourage tout pouvoir, tout rôle à venir, tout droit de véto, et faire en sorte qu’il ne puisse y avoir de solution politique « syrienne » issue d’un dialogue national, sous l’égide de ses alliés et de ses amis. Il faut au contraire que son sort soit décidé par ses ennemis, par la « communauté internationale » aux aguets, par trois Etats représentant 470 millions de personnes soit 6 à 7% de l’humanité, lesquels pestent de ne plus pouvoir imposer leur loi au Conseil de Sécurité

Décidément, le monde est tombé sur la tête puisqu’il n’y a plus de légalité internationale, plus de respect du droit onusien, censé être la bible des diplomates. Les faux gendarmes du monde qui en sont les fauteurs de désordre, les cambrioleurs qui crient au vol, les violeurs de la légalité qui crient au viol, les agresseurs qui s’indignent des agressions de l’armée syrienne, les pratiquants d’ingérences illégales qui s’indignent de l’intervention légale des alliés et partenaires de l’Etat, tout ce beau monde s’agite et manœuvre au grand jour.

Exit les comparses et les forces écran, voilà que les commanditaires et les parrains véritables ont jeté le masque et s’emploient à réaliser ouvertement ce qu’ils ont échoué à faire par procuration durant sept ans. Israël au Sud, l’Amérique et ses affidés européens au nord–est en appui des forces kurdes portées aux nues, la Turquie au nord-ouest contre les projets des Kurdes et tous contre Bachar al-Assad. Le prétexte de la lutte contre Da’esh et le terrorisme apparaît maintenant pour ce qu’il était, une fumisterie que défendent les ennemis de la Syrie légale et à laquelle ne croient plus que les imbéciles.

Jean-Yves Le Drian exige (sic) « le retrait de tous ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ». Il ose. Devinez qui sont pour lui ceux qui n’ont rien à faire en Syrie ? Oui, vous avez gagné : l’Iran, le nouveau diable à la mode, le Hezbollah terreur d’Israël, la Russie, les forces « chiites » d’Irak.

Vous savez donc quels sont les pays qui ont à y faire : les trois obsédés du bombardement humanitaire, ceux qui possèdent des armes de destruction massive, violent systématiquement le droit international, soutiennent le terrorisme quand ils ne l’ont pas créé, ceux qui souhaitent piller tranquillement les ressources pétrolières et gazières de la Syrie et de la région : en d’autres mots, l’Amérique et ses fidèles. Pour faire bon poids bonne mesure, ajoutons Israël, ami des « révolutions arabes » qui détruisent les Etats du même nom, la Saoudie, grande démocratie devant l’éternel et spécialiste en constitutions, en droits de l’homme et de la femme, et en tolérance religieuse, la Turquie membre éminent de l’OTAN, ennemie des turcs des montagnes, mais amie des séparatistes kurdes de Syrie ou d’Irak et soutien des djihadistes, le Qatar à condition qu’il continue à acheter tout et n’importe quoi dans notre pays en difficulté.

Pour le reste, la Syrie a tenu bon pendant de longues années, son armée est capable de soutenir les assauts d’Israël et d’abattre les avions qui l’attaquent. Elle est solidement ancrée dans un axe de la résistance résolu et bien coordonné, soutenue par des alliés fiables, à commencer par la Russie. La Syrie n’est pas un figurant, elle est au centre d’une guerre globale. Combien d’Etats auraient résisté comme elle l’a fait ?

Messieurs les « amis de la Syrie », ennemis de son « régime » et de son Président, vous avez maintenu la fiction d’un soulèvement populaire contre un « tyran massacreur ». En quoi cela vous regarde-t-il ? Vous avez d’ailleurs tout faux et le savez bien puisqu’en réalité le pays qui vous obsède est avant tout victime d’une guerre d’agression qui met en danger son existence.

L’Etat syrien a sûrement le droit de piloter les négociations qui décideront de son avenir et de récuser toute ingérence des agresseurs. Il a le droit de refuser vos ingérences, vos plans de partition et vos projets tordus. Les guerres de Syrie sont depuis belle lurette les composantes d’une guerre universelle en passe de devenir « mondiale ». Si cette agression regarde la « communauté internationale », c’est selon les critères du droit international, codifiés par la Charte des Nations-Unies, qu’elle doit être considérée… Là, on comprendra très bien que cette approche, la seule envisageable, vous pose un léger problème. Ce problème n’est pas celui du pays agressé. Il est celui de l’agresseur que vous êtes et qui traite la Syrie comme un « pays ouvert » à toutes les aventures et à toutes les entreprises hostiles.

Messieurs les agresseurs, n’oubliez jamais que votre présence en Syrie est illégitime et illégale, y compris s’agissant de vos barbouzes, de vos conseillers spéciaux ou de vos forces-au-sol. Et s’il y a une présence légitime par excellence, ce n’est pas la vôtre, c’est celle de l’Etat syrien, celle des alliés et partenaires du gouvernement de Bachar al-Assad, dont vous exigiez le départ. S’il y a un retrait qu’impose le respect du droit international, c’est celui des pays qui n’ont rien à faire en Syrie, vos pays.

Michel Raimbaud
Ancien ambassadeur
Professeur et conférencier

SOURCE:

https://www.iveris.eu/list/tribunes_libres/312-reveillonsnous_ils_sont_devenus_fous_

Brève réponse à un ami sur la Palestine et la Syrie

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Lettre à un ami

sur la Palestine

et la Syrie

Tu t’affliges du malheur qui frappe le peuple syrien, et tu te demandes si tu ne dois pas condamner la politique du gouvernement syrien pour les mêmes raisons qui te poussent à condamner celle du gouvernement israélien. Je te réponds que cette analogie est totalement trompeuse. Car le peuple syrien est majoritairement du côté de son gouvernement et de son armée qui luttent contre une invasion orchestrée de l’étranger. Sinon, comment expliquer la résistance victorieuse de cette armée de conscrits sur des mercenaires issus de 110 pays ? Et comment expliquer que les populations se réfugient, dès qu’elles le peuvent, dans les zones tenues par les forces gouvernementales ?

La guerre est toujours sale, et il y a des victimes innocentes des deux côtés. Mais si Bachar Al-Assad était vraiment le boucher sanguinaire que décrit la presse occidentale et saoudienne, crois-tu que l’Etat syrien et ses institutions, dont le président est la clé de voûte, ne se seraient pas effondrés depuis longtemps comme un château de cartes ? Ceux qui accréditaient la thèse ridicule du “méchant dictateur qui extermine son peuple à l’arme chimique”, les Filiu, les Hénin et autres Burgat, ces affabulateurs professionnels en sont pour leurs frais. Les faits parlent d’eux-mêmes, et lorsque l’interprétation est erronée, ce ne sont pas les faits qu’il faut changer, mais l’interprétation. Aujourd’hui cette “narrative” simpliste n’abuse plus que ceux qui ont renoncé, par paresse intellectuelle, à l’usage de leur propre raison.

Mais comme ton engagement pour la cause palestinienne est solide, tu dois aussi prendre en considération d’autres faits que tu connais. Ils montrent que les ennemis de la Syrie sont les ennemis de la Palestine, et que la défaite de la Syrie serait aussi la défaite de la Palestine. Car elle mettrait fin, à la fois, à la lutte séculaire du peuple palestinien pour son autodétermination et à la lutte séculaire de la nation arabe contre l’impérialisme occidental.

Résumons les faits, et rien que les faits.

En Syrie, des dizaines de milliers de combattants affluent de la planète entière, depuis six ans, pour aller combattre le “méchant Assad”. Ils passent par la Turquie, pays-membre de l’OTAN et allié des USA, comme à travers une passoire. Ces mercenaires sont payés par les pétromonarchies, souvent entraînés par la CIA et parfois soignés en Israël. Avec la Turquie, Israël et l’Arabie saoudite sont les deux principaux alliés des USA dans la région. La Syrie baasiste, elle, est le seul Etat arabe de la ligne de front à n’avoir jamais pactisé avec l’envahisseur sioniste. Allié de la Syrie, le Hezbollah libanais est la seule organisation à avoir battu l’armée israélienne en la chassant du Liban “manu militari”.

Les USA veulent dépecer la Syrie pour affaiblir l’Iran et le Hezbollah. Ce n’est pas moi qui le dis, mais Hillary Clinton dans un email révélé par Julian Assange. En Syrie, depuis 2011, l’aviation israélienne bombarde régulièrement l’armée syrienne et le Hezbollah. Elle ne bombarde jamais les organisations qui combattent l’armée syrienne, et ces organisations n’attaquent jamais Israël. Basma Kodmani, l’égérie de l’opposition syrienne, a déclaré en 2012 : “Nous avons besoin d’Israël”. Un ministre israélien vient de déclarer qu’il fallait éliminer Bachar Al-Assad. “L’armée syrienne libre”, c’est ainsi qu’elle prétend se nommer, offre à Israël une zone-tampon, côté syrien, qui protège le Golan occupé. Comme tu le sais, l’annexion illégale du Golan syrien par Israël constitue légitimement un “casus belli” pour Damas.

Voilà, ce sont des faits.

Prétendre soutenir la lutte des Palestiniens en rêvant de la destruction de l’Etat syrien, cela a un nom : c’est de l’imposture. Imagines-tu ce qui se passerait si la Syrie et le Hezbollah étaient vaincus par cette alliance mortifère qui réunit Israël, les USA et les wahhabites ? Au lendemain de cette ultime reddition de la résistance arabe, je ne donnerais pas cher des Palestiniens. Et il n’est pas nécessaire d’être un expert pour comprendre que ceux qui soutiennent la “rébellion” en Syrie sont les idiots utiles de Washington et de Tel Aviv.

Bruno GUIGUE

http://mai68.org/spip2/spip.php?article347

« Fake news » de la vraie guerre… « gaz syrien » ou écran de fumée occidental ?

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« Fake news » de la vraie guerre…

« gaz syrien » ou écran

de fumée occidental ?

 

 

Suite à la publication de :

 

POUR LA SYRIE, une question urgente :
d’où proviennent les gaz mortels ?

 

 

  POUR LA SYRIE, une question urgente : d'où proviennent les gaz mortels ?

Le prétendu « retournement » de la politique de Trump arrive étrangement en même temps que la visite du chef d’État chinois, et à un moment où les USA ont besoin (…)

3921 visites 10 avr. 2017 | 57 réactions | Luniterre   + Partager

 

un lecteur nous alerte sur la vacuité des bases matérielles de l’accusation et des allégations présentées comme provenant d’« experts impartiaux ».

Alors que l’armée syrienne s’approche de Khan Cheikhoun, les occidentaux s’opposent toujours à ce que leurs prétendus « experts » de l’OIAC aillent eux-même directement sur le terrain. Dans ces conditions, on ne peut que s’interroger sur l’origine réelle des « preuves irréfutables » sur lesquelles ils basent leurs accusations contre la Syrie… !

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Le ministère russe de la Défense a adressé à Damas une demande d’arrêter les actions militaire dans la région de Khan Cheikhoun et de garantir aux experts internationaux un accès sécurisé sur les lieux de l’attaque chimique présumée.

L’armée syrienne se dit prête à décréter un moratoire complet sur les actions militaires dans la région de Khan Cheikhoun, afin d’assurer l’accès de la mission de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) chargée d’enquêter sur les événements du 4 avril, a annoncé ce lundi le ministère russe de la Défense.

Les troupes de Damas s’engagent également à garantir la sécurité des experts sur la base de Shayrat, où, d’après Washington, l’armée syrienne aurait stocké des armes chimiques.

« À la demande du ministère russe de la Défense, le commandement des forces armées syriennes s’est dit disposé à suspendre les hostilités dans la région concernée en cas d’envoi de la mission d’experts chargés d’enquêter sur les événements du 4 avril », a indiqué l’armée russe.

Selon elle, le moratoire syrien concernera les manœuvres de ses troupes, de l’aviation ainsi que de l’artillerie dans la région. Ces mesures concerneront également l’aérodrome de Shayrat.

Mardi 4 avril, une frappe aérienne sur la ville de Khan Cheikhoun dans la province d’Idlib, en Syrie, a été suivie par l’intoxication aux produits chimiques de nombreux habitants.

Des sources locales proches de l’opposition font état de 80 morts et de 200 blessés et en imputent la responsabilité aux forces gouvernementales syriennes. Celles-ci rejettent ces accusations et expliquent que le bombardement aérien sur Khan Cheikhoun a touché un entrepôt d’armes chimiques de groupes terroristes, dont les agents actifs ont alors contaminé la population.

Les autorités russes demandent une enquête impartiale sur cette affaire avec l’implication de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC). En l’absence d’une telle enquête, l’origine de l’intoxication aux produits chimiques des habitants de Khan Cheikhoun reste donc controversée.

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Source:

https://fr.sputniknews.com/international/201704241031067433-damas-oiac-enquete-actions-militaires/

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La presse occidentale dissimule ce fait pour pouvoir relayer les accusations contre la Syrie comme émanant d’organismes indépendants et objectifs, ce qui n’est donc pas le cas…

Nous avons néanmoins retrouvé trace de cette réalité, tout à fait en fin d’article, sur « La Croix », mais donc présentée après le discours habituel destiné à accréditer les prétendues « preuves » de l’attaque comme de provenance syrienne.

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Nouvelle enquête demandée par la Russie et l’Iran

Si elle n’a désigné aucun coupable, l’OIAC voit, de son côté, sa fiabilité mise en cause par la Russie et l’Iran, les deux soutiens majeurs de Damas. Ceux-ci ont introduit auprès de l’OIAC une demande, jeudi 20 avril, en vue de la constitution d’une nouvelle équipe d’investigation, censée établir « si des armes chimiques ont été utilisées (…) et comment elles ont été livrées sur le site de l’incident présumé ». Ils souhaitent également que l’équipe se rende sur la base aérienne de Shayrat (le site frappé par les États-Unis le 6 avril) pour « vérifier les allégations concernant le stockage d’armes chimiques à cet endroit ».

Les demandes de Moscou et de Téhéran ont entraîné des déclarations de soutien à l’enquête actuelle. Celle-ci « mérite notre confiance », a indiqué le représentant belge auprès de l’OIAC, ajoutant ne pas voir « dès lors la nécessité de mettre en place une nouvelle structure ». La requête russo-iranienne a finalement été rejetée.

Marianne Meunier

http://www.la-croix.com/Monde/Moyen-Orient/Malgre-preuves-irrefutables-debat-armes-chimiques-Syrie-continue-2017-04-20-1200841084

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Dès le lendemain, le ministre russe Lavrov dénonçait fort justement cette attitude absurde de l’occident qui discrédite, en réalité, la parole de ses propres experts :

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Lavrov : l’OIAC refuse d’enquêter sur l’attaque chimique dans le but de «renverser el-Assad»

Source: Reuters

Moscou a fustigé la décision de l’OIAC de ne pas envoyer d’experts à Khan Cheikhoun pour y enquêter sur l’attaque chimique présumée. Ce refus pourrait «discréditer» l’organisation à cause du manque des preuves de la culpabilité de Damas.

«Je considère  que c’est une  situation très sérieuse, parce qu’il est désormais évident  que l’information mensongère selon laquelle  l’arme chimique  aurait été employée par le gouvernement syrien est utilisée pour contourner la résolution 2254 qui prévoit un règlement politique du conflit avec la participation de toutes les parties syriennes pour se rabattre sur  l’idée d’un changement de régime, si longtemps prônée», a déclaré le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov.

Il intervenait après le blocage par les pays occidentaux de la proposition de Moscou d’envoyer des experts de l’Organisation pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) dans la province d’Idlib pour y enquêter sur la  soi-disant «attaque chimique» perpétrée par Damas.

«Nos homologues occidentaux ont ainsi montré la fragilité de leur position», a estimé le chef de la diplomatie russe. Il a notamment rappelé que les demandes de la Russie de révéler les sources que la France et l’Angleterre avaient utilisées pour tirer leurs conclusions de l’utilisation du gaz sarin à Khan Cheikhoun restaient sans réponse. Moscou leur a aussi demandé  d’expliquer quand ils avaient reçu ces échantillons. «Nous sommes proches d’une  situation dans laquelle cette organisation [l’OIAC] pourrait se discréditer», a conclu Sergueï Lavrov.

Plutôt,  Jean-Marc Ayrault avait assuré que les services de renseignement français diffuseraient dans quelques jours la «preuve» démontrant que l’armée syrienne était à l’origine de l’attaque chimique présumée de Khan Cheikoun.

Un porte-parole du ministère de la Défense britannique avait aussi déclaré sur CNN que des analyses portant sur des échantillons de cheveux et de sang des victimes avaient été menées dans des laboratoires britanniques. Les résultats révèlent la présence de «sarin ou [d’]une substance proche du sarin».

Le 20 avril, la Russie et l’Iran ont soumis au vote de l’OIAC de nouvelles propositions concernant l’attaque chimique présumée perpétrée le 4 avril dans la ville syrienne de Khan Cheikhoun. Moscou et Téhéran ont demandé aux enquêteurs de se rendre non seulement à Khan Cheikhoun, pour vérifier l’utilisation présumée d’armes chimiques, mais aussi de visiter la base aérienne d’Al-Chaayrate d’où, selon Washington, auraient décollé des avions syriens chargés de bombes chimiques. Pourtant, 21 pays occidentaux, notamment la France et l’Angleterre, se sont exprimés contre cette  proposition.

Assad  : les Etats-Unis empêchent l’arrivée des délégations internationales à Khan Cheikhoun

Le président syrien a également écrit une lettre à l’ONU avec une demande d’envoyer une délégation d’experts à Khan Cheikhoun.

«Personne n’a été envoyé parce que les pays occidentaux et les Etats-Unis s’y opposent. Car s’ils viennent, ils verront que toute leur rhétorique sur ce qu’il s’est passé à Khan Cheikhoun, et ensuite à la base aérienne d’Al-Chaayrate, n’est basée que sur des mensonges», a-t-il précisé.

La communauté internationale accuse Damas d’avoir utilisé des armes chimiques pour frapper le village de Khan Cheikhoun, tuant 72 personnes, sans présenter de preuves. D’après Moscou et Damas,  la contamination chimique aurait eu lieu à la suite d’un bombardement par l’aviation syrienne d’un dépôt d’armes  contenant des gaz de combat appartenant aux djihadistes qui contrôlent la zone. 

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Source :

https://francais.rt.com/international/37240-lavrov-oiac-refuse-enqueter-chimique-bus-renverser-assad

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Néanmoins, le jour même, les russes faisaient une nouvelle tentative diplomatique auprès de leurs homologues US, sans plus d’écho positif :

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Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov s’est entretenu le 21 avril avec son homologue américain Rex Tillerson, regrettant l’opposition de Washington à la proposition russo-iranienne d’enquêter sur l’attaque chimique présumée en Syrie.

«Une conversation téléphonique entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le secrétaire d’Etat américain Rex Tillerson a eu lieu à l’initiative des Etats-Unis», a indiqué la diplomatie russe dans un communiqué.

Lors de cet entretien, Sergueï Lavrov a notamment «exprimé ses regrets face à l’opposition des Etats-Unis au sein de l’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques (OIAC) à l’initiative […] d’envoyer en Syrie des inspecteurs pour vérifier les informations sur le recours au gaz sarin à Khan Cheikhoun», précise le communiqué.

Lire aussi

Lavrov : l’OIAC refuse d’enquêter sur l’attaque chimique dans le but de «renverser el-Assad»

Sergueï Lavrov et Rex Tillerson «se sont mis d’accord pour […] examiner de nouveau une possibilité d’ouvrir une enquête objective sur cet incident sous l’égide de l’OIAC», selon la même source. Ils ont également convenu de lancer «le plus vite possible un groupe de travail […] chargé de chercher des solutions pour lever les points de friction des relations bilatérales», au plus bas depuis la fin de la guerre froide en raison notamment de la crise ukrainienne et du conflit en Syrie, ajoute le communiqué.

Le département d’Etat a publié un communiqué en début de soirée du 21 avril, précisant que les deux hommes avaient évoqué «la poursuite [de discussions] sur des problèmes bilatéraux» et des sujets «incluant l’enquête de l’OIAC sur l’utilisation par la Syrie d’armes chimiques le 4 avril». Rex Tillerson a d’après le communiqué réitéré son soutien au mécanisme d’enquête existant de l’OIAC, sans fournir d’autres précisions.

L’Organisation internationale pour l’interdiction des armes chimiques a rejeté le 20 avril lors d’un vote la proposition de Moscou et de Téhéran de mettre en place une nouvelle équipe chargée d’enquêter sur l’attaque chimique présumée en Syrie début avril. Le projet de texte russo-iranien, dont l’AFP a pris connaissance, appelait à la mise sur pied d’une investigation pour établir si des armes chimiques avaient été utilisées à Khan Cheikhoun et comment elles avaient été livrées sur le site de l’incident présumé. 

Lire aussi : Bachar el-Assad : la soi-disant attaque chimique du 4 avril était «une opération déguisée»

Moscou et Téhéran demandaient également aux enquêteurs de se rendre sur la base aérienne d’Al-Chaayrate, frappée par les Etats-Unis dans la foulée du drame, pour «vérifier les allégations concernant le stockage d’armes chimiques [à cet endroit]».

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Source :

https://francais.rt.com/international/37272-khan-cheikhoun-moscou-envoyer-inspecteurs-washington-reticent

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Aujourd’hui, l’armée syrienne est à 30 km du lieu de l’ »attaque au gaz » supposée… Si Khan Cheikhoun tombe, l’occident n’aura plus de prétexte pour refuser de faire une enquête sérieuse sur ses propres allégations… !

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En Syrie, l’armée gouvernementale soutenue par l’aviation russe a repoussé les rebelles dans la province centrale de Hama et repris toutes les positions occupées par les insurgés lors d’une vaste offensive, lancée début mars.

Avec notre correspondant à Beyrouth Paul Khalifeh

A la faveur d’une offensive éclair, les rebelles étaient parvenus, en mars, à bousculer l’armée syrienne et à progresser rapidement dans la province centrale de Hama. Les insurgés ont pris une dizaine de localités et n’étaient plus qu’à cinq kilomètres de la capitale provinciale qui porte le même nom. Ils étaient à deux doigts d’atteindre l’un de leurs principaux objectifs, qui est de prendre l’aéroport militaire situé non loin de la ville.

Les troupes gouvernementales, appuyées par des chars et des centaines de raids de l’aviation russe, ont lancé une vaste contre-attaque. Après des combats acharnés, elles ont repris toutes les positions perdues dans cette province-carrefour qui relie Damas à Lattaquié et Tartous, sur le littoral méditerranéen, et à la ville d’Alep dans le nord.

Ces dernières 24 heures, l’armée syrienne a consolidé ses positions dans la localité de Halfaya, reconquise en début de semaine. Repoussés à 15 kilomètres au nord de la ville de Hama, les rebelles auraient perdu dans cette contre-offensive toujours en cours près de 7 000 hommes, selon le général Sergueï Roudskoï, de l’état-major des forces armées russes. L’armée syrienne se trouve désormais à 30 kilomètres de Khan Cheikhoun, visé le 4 avril par une attaque chimique, qui a fait plus de 80 morts.

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Source :

http://www.rfi.fr/moyen-orient/20170427-syrie-armee-repousse-rebelles-province-hama

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RÉCAPITULATIF DES ARTICLES RÉCENTS SUR SOLYDAIRINFO, FRONT DES LAÏCS, ET TML…

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RÉCAPITULATIF

DES ARTICLES RÉCENTS

SUR SOLYDAIRINFO, FRONT DES LAÏCS,

ET TRIBUNE MARXISTE-LÉNINISTE

 
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 https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

 
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Suite à la publication récente de l’article:

POUR LA SYRIE, une question urgente :

d’où proviennent les gaz mortels ?

Un important complément d’info:

Le président al-Assad: Nous ne possédons pas d’armes chimiques et nous avons renoncé à tout notre arsenal

 https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/04/20/bachar-al-assad-interview-a-lafp-au-sujet-des-supposes-gaz-syriens/

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Vers un Premier Mai consacré à la lutte  

contre l’impérialisme

et le danger de guerre

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/17/pour-le-1er-mai-un-projet-de-tract-propose-en-debat-par-tml/

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Loi de la valeur,

(Après la fin du débat

du « Collectif Défense »…)

Sur le même thème essentiel,

Une autre suite au débat… !

Ce nouveau débat

… le nombre de marxistes-léninistes dignes de ce nom est certainement tout à fait dérisoire, même en comparaison de l’influence du social-chauvinisme du PRCF, sans parler du social-chauvinisme dans son ensemble, qui inclut l’extrême-droite sociale-fasciste, dont certains fondamentaux idéologiques, dans les rapports socio-économiques sont quasi-identiques.

On retrouve les mêmes de « Mein kampf » à la sociale-démocratie « de gauche »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/16/en-reponse-aux-delires-sociaux-chauvins-de-lupr-au-prcf-et-consorts/

 

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« …Même si l’on considère qu’une fois au pouvoir Marine Le Pen serait ramenée à des réalités pragmatiques, il n’en reste pas moins que l’on ne peut pas vraiment la considérer comme une sorte de Charlot féminin jouant pathétiquement avec un ballon France percé de toutes parts et jusqu’à son dégonflement total. » (…)

 

« C’est, typiquement, un aller simple pour une aventure de type sociale-fasciste dont nul ne connait l’issue, nécessairement désastreuse et possiblement très lointaine. Un voyage qui ne vaut nullement d’être tenté, même pour ses éventuelles « leçons de l’expérience », comme certains « gauchistes » le prétendent. Celles du passé nous suffisent plus que largement, en la matière ! »…

 

 

 

 

Catch à 4 pour l’Élysée

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/13/catch-a-4-pour-lelysee-chronique-du-pire-et-du-moins-pire-du-pire-nouvelle-edition/

 

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 POUR LA SYRIE, une question urgente : d’où proviennent les gaz mortels ?

 

Le prétendu « retournement » de la politique de Trump arrive étrangement en même temps que la visite du chef d’État chinois, et à un moment où les USA ont besoin de moyens de pression plus forts pour rétablir le rapport de force qui tourne à leur désavantage en Syrie, soutenue concrètement par la Russie, mais aussi, même si plus discrètement, par la Chine…


On se rappellera que Trump a d’abord été élu dans l’objectif de rabaisser la puissance de la Chine et de ses alliés.


Quand on connait le machiavélisme traditionnel des USA pour monter des plans de manipulations guerrières partout à travers le monde, on comprendra également pourquoi la version russe des évènements est probablement la plus véridique.
En effet, cet article nous rappelle, entre autres, que les infos sur les raids aériens sont échangées à l’avance entre russes et américains, pour des raisons diplomatiques évidentes, et donc la possibilité que la Russie ait été piégée dans ce cas est bien réelle.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/08/pour-la-syrie-une-question-urgente-dou-proviennent-les-gaz-mortels/

 

 

Sur le même sujet :

Poutine répond sur les gaz utilisés comme provocation par les USA

Avec le commentaire d’un lecteur apportant un complément d’info documenté sur une première menace similaire dès 2012, relatée à l’époque par le quotidien britannique Daily Mail.

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/12/poutine-repond-sur-les-gaz-utilises-comme-provocation-par-les-usa/

 

Voir aussi, sur TML, la première réaction au bombardement US, avec, en liens, des analyses connexes:

Acte de guerre impérialiste à grande échelle

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/07/acte-de-guerre-imperialiste-a-grande-echelle/

 

 

 

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La Guyane en marche …vers la liberté !!

Analysée par un militant ayant vécu en Guyane, la situation actuelle et les forces sociales en présence et en action sur le terrain…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/la-guyane-en-marche-vers-la-liberte/

 

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Loi de la valeur,

Débat du « Collectif Défense »

(Suite et fin… !?)

 

 Ce débat, voulu par le groupe « Collectif Défense », dans une perspective d’unification des Marxistes-Léninistes, n’a pas réellement abouti, faute d’avoir déjà remis en lumière, pour commencer, les fondamentaux du problème. Néanmoins, quelques efforts ont été tentés dans ce sens, et cela valait donc la peine de s’y intéresser…

 

Récapitulatif des articles du débat :

 

DEBAT SUR L’ACTION DE LA LOI DE LA VALEUR
EN RÉGIME SOCIALISTE

  

 

 

Loi de la valeur : pour éclaircir le débat du Collectif Défense

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/03/30/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense/

 

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Loi de la valeur : pour éclaircir le débat du Collectif Défense ( 2ème volet )

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

 

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Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le premier volet.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/06/loi-de-la-valeur-debat-du-collectif-defense-un-nouvel-eclaircissement-sur-le-premier-volet/

 

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 Loi de la valeur, débat du Collectif Défense, un nouvel éclaircissement sur le 2ème volet.

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/07/loi-de-la-valeur-debat-du-collectif-defense-un-nouvel-eclaircissement-sur-le-2eme-volet/

 

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Loi de la valeur, « Collectif Défense », FIN DU DÉBAT !?

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/08/loi-de-la-valeur-collectif-defense-fin-du-debat/

 

 

 

« Sans théorie révolutionnaire,

 

il ne peut y avoir de mouvement révolutionnaire »

 

V.I. Lénine

 

 


 

 

 

 

 

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Bachar al-Assad : interview à l’AFP au sujet des supposés « gaz syriens »

 

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Suite à la publication

récente de l’article:

 

POUR LA SYRIE, une question urgente : d’où proviennent les gaz mortels ?

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/04/09/pour-la-syrie-une-question-urgente-dou-proviennent-les-gaz-mortels/



Un important complément d’info:

Le président al-Assad: Nous ne possédons pas d’armes chimiques et nous avons renoncé à tout notre arsenal

14/04/2017

Damas / Le président Bachar al-Assad a affirmé que la Syrie ne possède pas d’armes chimiques et qu’elle a renoncé à tout son arsenal.

Dans une interview qu’il a accordée à l’AFP, le président al-Assad a fait savoir que l’OIAC a déclaré que la Syrie est vide de toute matière chimique.

Le président al-Assad a considéré que les allégations sur une attaque chimique menée par l’armée arabe syrienne contre Khan Cheikhoun sont fabriquées, assurant que cette zone n’est pas stratégique du point de vue militaire et que l’armée n’avait visé aucun objectif dans cette zone.

Et voici le texte intégral de l’interview:

AFP (1): Monsieur le président, je voudrais d’abord vous remercier de nous avoir reçus pour nous accorder cette interview. Monsieur le président, avez-vous donné l’ordre d’attaquer Khan Cheikhoun aux armes chimiques?

Le président Al-Assad:

En fait, personne jusqu’à maintenant n’a enquêté sur ce qui s’était passé ce jour-là à Khan Cheikhoun. Comme vous le savez, Khan Cheikhoun est sous le contrôle du «Front al Nosra» qui est une branche d’Al-Qaïda. Les seules informations dont dispose le monde jusqu’à présent sont donc celles publiées par la branche d’Al-Qaïda. Personne n’a d’autres informations. Nous ne savons pas si toutes les photos ou les images vidéos que nous avons vues sont vraies ou truquées. C’est la raison pour laquelle nous avons demandé qu’une enquête soit menée à Khan Cheikhoun.

Ensuite, selon les sources d’Al-Qaïda, l’attaque a eu lieu entre 6h. et 6h.30, alors que l’attaque syrienne a été déclenchée sur la même région entre 11h.30 et midi. Ils parlent donc de deux événements différents. Aucun ordre n’a été donné de déclencher une attaque; et d’ailleurs nous ne possédons pas d’armes chimiques, car nous avons renoncé à notre arsenal depuis plusieurs années. Et même si nous possédions de telles armes , nous ne les aurions jamais utilisées. Tout au long de notre histoire, nous n’avons jamais utilisé notre arsenal chimique.

AFP (2): Alors, qu’est- ce qui s’est passé ce jour-là?

Le président Al-Assad:

Comme je viens de le dire,  l’unique source de ces informations c’est Al-Qaïda, chose que nous ne pouvons pas prendre au sérieux. Notre impression est, cependant, que l’Occident, notamment les Etats-Unis sont les complices des terroristes, et qu’ils ont monté toute cette histoire pour s’en servir de prétexte à l’attaque. L’attaque n’a pas eu lieu à cause de ce qui s’est passé à Khan Cheikhoun. Nous sommes devant un seul et même événement: la première étape en était le spectacle auquel nous avons assisté sur les réseaux sociaux et les chaînes de télévision, et la campagne médiatique déclenchée. La seconde étape était l’agression militaire. C’est bien ce qui s’est produit à notre sens. Car, quelques jours seulement, voire 48 heures ont séparé la campagne médiatique de l’attaque américaine, sans la moindre enquête, sans les moindres preuves tangibles de quoi que ce soit. Rien que des allégations et des campagnes médiatiques. Puis l’attaque a eu lieu.

AFP (3): Donc, d’après vous, qui serait responsable de cette attaque chimique présumée?

Le président Al-Assad:

Les allégations en soient viennent d’Al-Qaïda. Nous n’avons donc pas besoin de mener une enquête pour en savoir l’origine. Ils l’ont eux-mêmes déclaré: la région est sous leur contrôle, et il n’y a personne d’autre. Quant à l’attaque, je viens de le dire, il n’est pas encore clair si elle a eu lieu ou non. Car, comment peut-on vérifier une vidéo? Il y a tellement de vidéos truquées en ce moment, et il y a des preuves qu’elles étaient fausses, comme celles des casques blancs par exemple. Ce sont des membres d’Al-Qaïda, des membres du «Front Al-Nosra». Ils ont rasé leurs barbes, porté des casques blancs, et sont apparus comme des héros de l’humanité. Ce qui n’est pas vrai, car ces mêmes personnes tuaient les soldats syriens. Les preuves se trouvent d’ailleurs sur Internet. La même chose s’applique à cette attaque chimique: Nous ne savons pas si ces enfants étaient tués à Khan Cheikhoun. Nous ne savons même pas d’ailleurs s’ils étaient vraiment morts. Et s’il y a eu une attaque, qui l’a lancée? Et avec quels matériels? Aucune information, rien du tout, et personne n’a enquêté.

AFP (4):   Vous pensez donc que c’est une fabrication?

Le président Al-Assad:

Bien sûr, il s’agit pour nous une fabrication à cent pour cent. Nous ne possédons pas un arsenal chimique. Et même si nous l’avons, nous ne l’utiliserons jamais. Il existe plusieurs indices, même avec l’absence de preuve, car personne ne possède d’informations certaines ni de preuves tangibles. Par exemple, deux semaines ou environ dix jours avant l’attaque, les terroristes avançaient sur plusieurs fronts, y compris dans la banlieue de Damas, et dans  la campagne de Hama non loin de Khan Cheikhoun. Supposons que nous disposons d’un tel arsenal, supposons que nous nous voulons l’utiliser, pourquoi n’y avons-nous pas eu recours au moment où nos troupes reculaient et les terroristes gagnaient du terrain? En fait, cette prétendue attaque coïncide avec la période durant laquelle l’armée syrienne progressait rapidement, et où on assistait à la débâcle des terroristes qui s’effondraient. Pourquoi donc utiliser de telles armes, si d’ailleurs on les possède vraiment, et on a la volonté de les utiliser? Logiquement parlant, pourquoi les utiliser en ce moment précis et non au moment où on traverse une situation difficile?

Par ailleurs, et supposer encore une fois que vous possédez de telles armes, et que vous voulez les utiliser, pourquoi les utiliser contre les civils et non contre les terroristes que vous combattez?

Troisièmement, l’armée syrienne n’est pas présente dans cette zone. Nous n’y menons pas de batailles, et nous ne visons aucun objectif à Khan Cheikhoun qui n’est pas une zone stratégique. Je parle d’un point de vue militaire: pourquoi l’attaquer?! Pour quelle raison? Evidemment, il s’agit essentiellement pour nous d’une question d’éthique, c’est-à-dire que nous n’aurions pas utilisé l’arme chimique même si nous la possédions. Nous n’avons aucune volonté de l’utiliser, car ce serait intolérable et immoral, et on perdrait le cas échéant notre soutien populaire. Tous les indices vont donc à l’encontre de toute cette histoire. Vous pouvez donc dire que c’est une pièce qu’ils ont montée. L’histoire n’est nullement convaincante.

AFP (5): Avec la frappe aérienne américaine, Trump semble avoir changé dramatiquement de position à votre égard et à l’égard de la Syrie. Avez-vous le sentiment d’avoir perdu celui que vous avez auparavant qualifié d’éventuel ami?

Le président Al-Assad:

J’avais bien si, je parlais donc au conditionnel: s’ils sont sérieux à combattre les terroristes, nous deviendront des partenaires. J’ai dit aussi que cela ne concernait pas seulement les Etats-Unis, car nous sommes les partenaires de tous ceux qui veulent combattre les terroristes. C’est là pour nous un principe fondamental. Mais il s’est avéré dernièrement, comme je l’ai dit tout à l’heure, qu’ils sont les complices de ces terroristes, je veux dire les Etats-Unis et l’Occident. Ils ne sont pas sérieux à combattre les terroristes. Hier encore certains de leurs responsables défendaient «Daech»… en disant que «Daech» ne possédait pas d’armes chimiques. C’est bien défendre «Daech» contre le gouvernement syrien et contre l’armée syrienne. En fait, vous ne pouvez pas parler de partenariat entre nous deux, nous qui luttons contre le terrorisme et combattons les terroristes, et ceux qui les soutiennent ouvertement.

AFP (6): Pouvez-vous donc dire que la frappe américaine vous a fait changer d’avis au sujet de Trump?

Le président Al-Assad:

De toute manière, J’étais très prudent à exprimer toute opinion à son sujet, avant ou après qu’il ne devienne président. Je disais toujours: “Attendons voir ce qu’il va faire. Nous ne commenterons pas les déclarations”. En effet, cette attaque est la première preuve qu’il ne s’agit pas du président des Etats-Unis, mais du système, du fond même du régime aux Etats-Unis. Il est le même. Il ne change pas. Le président y est l’un des acteurs sur la scène américaine. S’il veut être un leader, et c’est vrai pour tout président là-bas qui veut être un leader, il ne le pourra pas. Certains disent que Trump a voulu être un leader. Tout président là-bas qui veut devenir un vrai leader doit ultérieurement avaler ses mots, passer outre son orgueil, au cas où il en a, et doit tourner 180 degré, sinon il le payera en politique.

AFP (7): Mais pensez-vous qu’il y aura une deuxième attaque?

Le président Al-Assad:

Tant que les Etats-Unis resteront gouvernés par ce rassemblement de complexe d’industrie  militaire,  d’entreprises financières et bancaires, ce qu’on peut appeler le régime profond qui œuvre dans l’intérêt de ces groupes, bien sûre que cela peut se reproduire n’importe quand et n’importe où, et pas seulement en Syrie.

AFP (8): Et votre armée et les Russes réagiront-ils en représailles si cela se reproduit?

Le président Al-Assad:

Si vous voulez parler de représailles, nous parlons de missiles qui parcourent des centaines de kilomètres, chose que nous ne pouvons pas atteindre. Mais la vraie guerre en Syrie ne dépend pas de ces missiles, mais du soutien apporté aux terroristes. C’est la partie la plus dangereuse dans cette guerre. Notre riposte sera la même qu’au premier jour: écraser les terroristes partout en Syrie. Lorsque nous nous en débarrasserons, rien ne nous inquiètera plus jamais. Telle est donc notre riposte, et ce n’est pas une réaction à un événement précis.

AFP (9): Vous dites donc que la riposte par l’armée syrienne ou par les Russes sera très difficiles car les navires sont très éloignés.

Le président Al-Assad:

C’est tout à fait vrai pour nous qui sommes un petit pays, tout le monde le sait d’ailleurs. Nous ne pouvons pas atteindre ces navires. C’est-à-dire qu’ils peuvent lancer des missiles à partir d’un  autre continent, tout le monde le sait. C’est une grande puissance, nous ne le sommes pas. Quant aux Russes, c’est une autre affaire.

AFP (10): Allez-vous accepter les résultats d’une enquête menée par l’OPCW?

Le président Al-Assad:

Dès 2013, lorsque les terroristes ont lancé  leurs premières attaques contre l’armée syrienne en utilisant des missiles chimiques, nous avons réclamé une enquête. C’était nous qui avons demandé que des enquêtes soient menées. Cette fois-ci nous avons discuté hier avec les Russes, et durant les quelques derniers jours qui suivirent l’attaque, que nous allons œuvrer ensemble en vue d’une enquête internationale. Mais cette enquête doit être impartiale. Nous pouvons permettre toute enquête si et seulement si elle est impartiale, et en s’assurant que des pays impartiaux y prendront part, pour être sûre qu’elle ne sera pas utilisée à des fins politiques.

AFP (11): Et s’ils accusent le gouvernement, renoncerez-vous au pouvoir?

Le président Al-Assad:

S’ils accusent ou s’ils le prouvent? Il y a une grande différence. Car déjà ils accusent le gouvernement. Et si vous voulez dire “ils” l’Occident, non, car l’Occident ne nous intéresse pas. Si vous parlez de l’OIAC,  s’ils arrivent à prouver qu’une attaque a eu lieu, il faudra enquêter pour savoir qui a donné l’ordre de lancer une telle attaque. Mais pour ce qui est de l’armée syrienne, une chose est à cent pour cent certaine: nous ne possédons pas de telles armes, et nous ne pouvons pas, même si on le voulait, nous ne pouvons pas et nous n’avons pas les moyens nécessaires de lancer une telle attaque, ni la volonté de le faire.

AFP (12): Vous voulez dire que vous ne possédez pas d’armes chimiques?

Le président Al-Assad:

Non, absolument pas. Il y a plusieurs années, en 2013, nous avons renoncé à tout notre arsenal. l’OIAC a déclaré que la Syrie est vide de toute matière chimique.

AFP (13): Je pose la question parce que les Américains ont dit qu’il y avait des armes chimiques dans la base aérienne, le niez-vous?

Le président Al-Assad:

Ils ont attaqué la base et détruit les dépôts qui contiennent de différents matériels, mais il n’y avait pas du gaz sarin. Comment donc? S’ils disent que nous avons lancé notre attaque au sarin à partir de cette même base aérienne? Qu’est-il arrivé au sarin quand ils ont attaqué les dépôts? A-t-on entendu parler du sarin? Notre chef d’Etat-major est arrivé dans la base quelques heures seulement après l’attaque. Comment il a pu y aller s’il y avait du sarin? Comment le nombre de martyres était six, sur des centaines de soldats et d’officiers présents sur les lieux. S’il y avait du sarin dans la base, comment se fait-il que les autres n’en sont-ils pas mort. Sur les mêmes images vidéos truquées sur Khan Cheikhoun, lorsque les secouristes essayaient de venir en aide aux victimes ou aux personnes supposées affectées, ils ne portaient ni masques ni gants de protection. Comment donc? Où est donc le sarin? Ils auraient dû en être directement affectés. Tout cela n’est donc qu’allégations. Je veux dire que cette attaque américaine et ces allégations constituent une preuve supplémentaire sur la fabrication et le fait qu’il n’y avait pas de sarin nulle part.

AFP (14): Si vous dites ne pas avoir donné l’ordre, est-il possible que des éléments dévoyés aient lancé cette attaque chimique?

Le président Al-Assad:

Même s’il y a un élément incontrôlé, l’armée ne possède pas de matières chimiques. Ensuite, un élément dévoyé ne peut pas envoyer un avion de son propre chef, même s’il le veut. C’est un avion et non pas un petit véhicule ni une mitrailleuse. Ce serait  possible si on parlait d’un pistolet que quelqu’un manipule à sa guise et utilise pour violer la loi, chose qui peut arriver partout dans le monde, mais c’est impossible lorsqu’il s’agit d’un avion. Et troisièmement, l’armée syrienne est une armée régulière et non pas de milices. Elle est structurée et hiérarchisée, avec des mécanismes très clairs pour donner des ordres. Il n’est donc jamais arrivé durant les six dernières années de guerre en Syrie qu’un élément rebelle ait tenté d’agir contre la volonté de ses supérieurs.

AFP (15): Les Russes vous ont-ils mis en garde avant la frappe américaine? Etaient-ils présents à la base aérienne?

Le président Al-Assad:

Non, ils ne nous ont avertis parce qu’ils n’en ont pas eu le temps. Les américains les avaient avertis quelques minutes seulement avant l’attaque, ou comme certains le disent “après l’attaque”. Les missiles prennent quelque temps pour arriver jusqu’à la base. Mais en fait nous disposions de quelques indices, et nous avons pris certaines mesures.

AFP (16): Est-ce que vous confirmez que 20% de votre force aérienne a été détruite dans cette attaque, comme le disent les Américains?

Le président Al-Assad:

Je ne connais pas le cadre référentiel de ces 20%. C’est quoi les 100% pour eux? Est-ce que ça correspond au nombre des appareils? Ou à la qualité? Ce taux renvoie-t-il aux appareils  opérationnels ou stockés? Je ne sais pas ce qu’ils veulent dire par là. Non, en fait, comme les Russes l’ont déclaré, quelques vieux appareils ont été détruits, dont certains n’étaient pas opérationnels de toute manière. C’est la vérité, la preuve est que depuis cette attaque , nous n’avons pas arrêté d’attaquer les terroristes partout en Syrie. Nous n’avons pas eu l’impression d’avoir été réellement affectés par cette frappe.

AFP (17): Votre gouvernement a déclaré au début que vous aviez frappé un dépôt d’armes chimiques. Est-ce vrai?

Le président Al-Assad:

C’est un possibilité parmi d’autres, car lorsque vous attaquez une cible des terroristes, vous ignorez ce qu’il y en a. vous savez que c’est une cible, ça peut être un dépôt, ou un camp, ou un siège, vous n’en savez rien. Mais vous savez que les terroristes l’utilise, alors vous l’attaquez, comme toute autre cible. C’est ce que nous faisons quotidiennement, et parfois au fil des heures, depuis le début de la guerre. Mais vous ne pouvez pas savoir ce qu’il y a dedans.  Que les frappes aériennes aient visé un dépôt d’armes chimiques était donc une possibilité parmi d’autres. Mais encore une fois, cela ne correspond pas au timing de l’annonce, non seulement parce que les terroristes seuls l’ont annoncé le matin, mais aussi parce que leurs organes d’informations, et leurs pages sur Twitter et sur Internet ont annoncé l’attaque quelques heures avant l’attaque présumée, c’est-à-dire à 4h. du matin. A 4h. du matin ils ont annoncé qu’il y aurait une attaque chimique, et qu’il fallait s’y préparer. Comment l’ont-ils su?

AFP (18): Ne pensez-vous pas que Khan Cheikhoun représente un revers pour vous? Pour la première fois depuis six ans, les Etats-Unis attaquent votre armée. Hier, après une courte lune de miel, Tillerson a dit que le règne de la famille Al-Assad va bientôt prendre fin. Ne pensez-vous pas que Khan Cheikhoun constitue pour vous un grand revers?

Le président Al-Assad:

Il n’y en a aucun cas en Syrie d’un règne pour la famille Al-Assad. Il rêve. Ou disons qu’il divague. Nous ne perdons pas notre temps sur sa déclaration. En fait, les Etats-Unis  étaient durant les six dernières années profondément impliqués dans le soutien des terroristes partout en Syrie, y compris «Daech» et «Al-Nosra», ainsi que de toutes les factions qui partagent la même mentalité en Syrie. C’est une chose claire et prouvée. Mais si vous voulez parler des attaques directes, il y a quelques mois une attaque plus grave que cette dernière avait eu lieu, et ce tout avant qu’Obama aurait quitté ses fonctions. Je pense que cela a eu lieu à Deir Ezzor à l’Est de la Syrie, lorsqu’ils ont attaqué une montagne qui revêt une grande importance stratégique. Ils ont attaqué une base de l’armée syrienne régulière. Si l’armée syrienne n’était pas alors assez forte pour repousser l’attaque de «Daech», la ville de Deir Ezzor serait tombée, et Deir Ezzor serait alors liées avec Mossoul en Irak. Cela aurait constitué une victoire très stratégique pour «Daech». Le gouvernement américain y était donc directement impliqué. Mais pourquoi ont-ils eu recours cette fois-ci à l’attaque directe? Parce que, comme je viens de le dire, les terroristes dans cette région étaient en pleine débâcle. Les Etats-Unis n’avaient donc aucun autre choix sauf celui de soutenir leurs agents, à savoir les terroristes, et ce en attaquant directement l’armée syrienne. Ils leur avaient fourni toutes sortes d’armes, mais ça n’avait pas réussi.

AFP (19): Vous ne pensez donc pas que ce soit un revers pour vous?

Le président Al-Assad:

Non. Cela fait partie du même contexte qui dure depuis six ans, et qui a pris de multiples formes, alors que la politique américaine et occidentale vis-à-vis de la Syrie n’a nullement changé au fond. Laissons de côté les déclarations, certaines le font avec un ton élevé, d’autres sont moins fortes, mais la politique reste la même.

AFP (20): Vous avez envoyé la plupart des rebelles à Idleb. Entendez-vous les attaquer la prochaine fois?

Le président Al-Assad:

Nous attaquerons les groupes armés n’importe où en Syrie, à Idleb, ou partout ailleurs. Quant à l’heure et à la priorité, c’est une question militaire qui se discute au niveau militaire.

AFP (21): Vous avez dit auparavant que Raqqa était pour votre gouvernement une priorité. Cependant, les forces qui avancent vers la ville se constituent dans leur majorité de Kurdes appuyés par les Etats-Unis. Ne craignez-vous pas qu’on vous écarte de la libération de Raqqa.

Le président Al-Assad:

Non, car nous soutenons quiconque veut libérer n’importe quelle ville des terroristes. Cela ne veut pas dire cependant la libérer des terroristes pour qu’elle soit occupée par les forces américaines, par exemple, ou par un autre agent, ou un autre terroriste. Il n’est donc pas clair qui va libérer Raqqa: des forces syriennes qui la remettront ensuite à l’armée syrienne? Est-ce que ce sera en collaboration avec l’armée syrienne? Ce n’est pas encore clair. C’est ce que nous entendons depuis un an environ, ou un peu moins, mais rien ne s’est produit sur le terrain. Tout reste donc virtuel, car rien n’est tangible sur le terrain.

AFP (22): Les Etats-Unis et la Russie sont les parrains du processus de Genève. Etant donné la tension existant entre les deux pays, pensez-vous que ce processus se poursuivra?

Le président Al-Assad:

Il y a une grande différence entre le fait que le processus soit actif, ce qui pourrait se produire à tout moment, et le fait qu’il soit efficace. Jusqu’à présent le processus n’est pas efficace. La raison en est que les Etats-Unis ne sont pas sérieux pour parvenir à une solution politique quelconque. Ils veulent utiliser le processus politique comme un parapluie pour les terroristes, ou ils cherchent à obtenir à travers cette tribune ce qu’ils n’ont pas pu réaliser dans le champ de bataille. Raison pour laquelle le processus n’était pas du tout efficace. Nous nous retrouvons maintenant dans la même situation, et nous n’estimons pas que cette administration est sérieuse sur ce plan, car ils soutiennent les mêmes terroristes. Nous pouvons donc dire: oui, nous pouvons réactiver le processus, mais nous ne pouvons pas dire que nous nous attendons à ce qu’il soit efficace ou fructueux.

AFP (23): Après six ans , Monsieur le président, n’êtes-vous pas fatigués?

Le président Al-Assad:

A vrai dire, la seule chose qui peut faire pression sur vous ce n’est ni la conjoncture politique, ni la posture militaire, mais c’est la situation humanitaire en Syrie, l’effusion quotidienne du sang, l’endurance, les souffrances ressenties dans chaque foyer en Syrie. C’est la seule chose pénible et fatigante, si on peut parler de “fatigue”. Mais si vous vouliez parler de la guerre, de la politique, des rapports avec l’occident, non, je ne suis pas du tout fatigué, car nous défendons notre pays, et on ne se lassera jamais de le défendre.

AFP (24): Qu’est-ce qui vous empêche de dormir?

Le président Al-Assad:

Encore une fois la souffrance du peuple syrien que je constate au contact humain que j’entreprends avec chaque famille syrienne, directement ou indirectement. C’est la seule chose qui peut m’empêcher de dormir de temps en temps. Mais ni les déclarations ni les menaces occidentales de soutenir les terroristes.

AFP (25): Aujourd’hui, il y a des gens de Foua et de Kafraya qui seront déplacés vers Damas et Alep. Ne craignez-vous pas que cela puisse représenter un déplacement de la population, et que la  Syrie d’après la guerre ne sera plus comme celle qui existait avant la guerre?

Le président Al-Assad:

Le déplacement qui se fait dans ce contexte est obligatoire. Nous ne l’avons pas choisi, et nous souhaitons que toute personne puisse rester dans son village et sa ville. Mais ces gens-là, comme beaucoup d’autres civils dans les diverses régions étaient entourés et assiégés par les terroristes. Ils ont été quotidiennement tués. Ils devaient donc quitter. Ils rentreront bien sûre chez eux après la libération. C’est ce qui s’est produit dans plusieurs autres régions où les gens sont rentrés chez eux. C’est une situation provisoire. Parler de changements démographiques n’est certainement pas dans l’intérêt de la société syrienne si c’est permanent, mais puisque c’est temporaire ça ne nous inquiète pas.

AFP : Monsieur le président, merci infiniment de nous avoir  accordé cette interview.

Le président Al-Assad:

Merci à vous

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Source:

http://sana.sy/fr/?p=87849

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