Solidarité

GJ AMNISTIE : LA PÉTITION !! Déjà plus de 13 000 signatures !!

 

 

 

Ils n’étaient pas venus à Paris, Bordeaux, Toulouse, et tant d’autres villes, pour en découdre avec les forces de l’ordre. Ils étaient venus pour défendre leurs vies menacées, dégradées par la précarité, mises en joue par un pouvoir prêt à faire les poches de leurs parents retraités comme de leurs enfants étudiants, afin de valoriser le patrimoine financier des plus riches. Ils étaient venus pour protéger leurs droits fondamentaux, et aussi une certaine conception de la justice sociale, qui a longtemps fait l’honneur de la France.

La stratégie de la tension, délibérément choisie par le pouvoir, ne leur a pas laissé la chance d’une protestation pacifique. Gazage, nassage et brimades en tout genre, puis au fil des semaines, matraquages, tirs de flashballs et grenades mutilantes, pour la première fois de leur existence, beaucoup de « Gilets jaunes » ont été confrontés à des brutalités policières indignes d’une démocratie, que des organisations comme Amnesty international ont elles-mêmes dénoncées.

On ne compte désormais plus le nombre de manifestants, au casier vierge, mis en garde à vue, condamnés en comparution immédiate, ou aujourd’hui en instance de jugement. Certains connaîtront la prison, qui détruit, qui humilie. D’autres ne retrouveront jamais d’emploi. Un grand nombre d’entre eux verront leurs vies brisées à jamais. Nous ne pouvons accepter qu’une protestation contre une politique massivement rejetée par la population détruise ainsi des êtres pris pour boucs émissaires. Nous ne pouvons accepter qu’un pouvoir, qui a sciemment fait le choix de la confrontation, se serve d’eux pour intimider tout un peuple. Nous ne pouvons accepter l’idée d’une vengeance d’Etat.

C’est pourquoi nous appelons le Président de la République, Emmanuel Macron, et son Premier Ministre, Edouard Philippe, à mettre à l’ordre du jour une loi d’amnistie en faveur des hommes et des femmes aujourd’hui persécutés, mis en examen, ou détenus pour avoir participé à ce mouvement social d’ampleur historique. C’est pourquoi nous appelons dès aujourd’hui à l’arrêt des procédures en cours, à l’effacement des peines prononcées, et à ce qu’une réponse enfin politique, et pas seulement sécuritaire et judiciaire, soit donnée aux événements hors du commun que la France est en train de vivre.

Une telle amnistie est prévue par l’article 133-9 du Code pénal et légitimée par la tradition française, de nombreuses lois d’amnistie ayant ainsi été votées depuis le début de la 5ème République, notamment dans le cadre d’activités protestataires.

Un tel geste serait seul en mesure de commencer à rendre au pays l’apaisement qu’il ne saurait retrouver sur fond de persécutions pour l’exemple. « Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies », disiez-vous Monsieur le Président, le 10 décembre 2018. Nous ne reprendrons pas le cours de nos vies tant que nos concitoyens n’auront pas pleinement retrouvé la leur.

https://amnistiegj.fr/

 

 

Quelques articles importants

pour comprendre le mouvement GJ  :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/20/ghosn-lantithese-du-gilet-jaune/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/

 

 

(Pour mémoire >>> 23 Mai 1968, Amnistie!

>>> 25 et 26 Mai, Accords de Grenelle!

>> SMIG + 35%! )

2019 …quelques revendications :

 

__SMIC à 1300 € NET.

 

__Minimum retraite à 1200 € net.

 

__Rétablissement de l’ISF.

 

__Contribution sociale sur les revenus du capital portée à 20% entièrement reversés au budget de la Sécu.

 

__Suppression réelle et immédiate du CICE et de son substitut en allègement de charges

 

>> + DEFAUT de remboursement du CICE >>> 40 Milliards économisés.

 

__ >>> Réduction correspondante de TVA sur les produits de première nécessité.

 

__Système progressif unique de répartition des charges sociales au prorata de la taille de l’entreprise (Chiffre d’affaires) et du nombre de salariés >>> allègement systémique pour les TPE & PME. 

 

et bien d’autres revendications à définir et à approfondir en se passant des centrales syndicales kollabo !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/

Le Rêve d’évolution devient Révolution!

 

(Proverbe GJ)

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Unité CGT-GJ : Le baiser qui tue ?

 

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2019/01/05/unite-cgt-gj-le-baiser-qui-tue/

 

 

Unité CGT-GJ :

Le baiser qui tue ?

On reproche assez souvent au mouvement GJ son manque d’unité et surtout, son manque de cohérence dans les revendications…

En étudiant la liste des 42 revendications, émise depuis le 29 Novembre, on a déjà vu que cette apparence hétéroclite tient plus à la formulation, parfois maladroite, il est vrai, qu’au fond, qui reflète fort bien, en réalité, la diversité des préoccupations sociales urgentes qui ont motivé le mouvement depuis son origine.

Dès le départ, l’hostilité manifestée par les confédérations syndicales n’a pas permis un débat réellement structuré sur ces revendications.

Dépassées par ce mouvement qu’elles n’ont pu endiguer, et cela au grand dam du gouvernement macronien, de plus, elle ont parfois tenté de prendre le train en marche, ici et là, le plus souvent poussées par la base, mais sans réellement investir leurs compétences pour aider les GJ à reformuler leurs revendications de manière appropriée, et dans le respect de leurs motivations. Bien au contraire, les rares fois où une ébauche de convergence se produit elles contribuent à brouiller l’originalité du message GJ et au lieu de l’éclairer, elles l’incitent hypocritement, par leurs manœuvres de récupération, à céder aux sirènes de la démagogie et de la surenchère verbale. En fait , tout en prétendant renforcer le mouvement elles contribuent à en donner une image réductrice et coïncidant, par contre, avec l’image que les médias au service du pouvoir s’acharnent déjà à donner de lui  !

Une nouvelle forme, particulièrement vicieuse, de kollaboration de classe et de liquidationnisme.

L’exemple nous en est donné par un tract CGT en provenance de Martigues et appelant à une manifestation commune CGT-GJ le Samedi 5 Janvier 2019.

En effet, qui ne souhaiterait pas à la fois une hausse de salaire, plus de service public, plus d’accès à la santé, plus de démocratie, et moins d’impôts ???

Mais en quoi ce genre de généralités constitueraient-elles une plate-forme revendicative cohérente, comme ose le prétendre le secrétaire général de l’Union Locale CGT sur France 3 ??? (1) En quoi seraient-elle un apport positif au mouvement GJ ?

Les deux seuls revendications assez clairement formulée sur ce tract sont, il est vrai, les deux premières :

_La suppression des taxes et de toutes TVA.

_Le retour de l’ISF.

Même si une autre ligne fait une allusion vague à une « fiscalité équitable », le seul processus proposé implicitement par ce tract est donc concrètement l’idée que le retour de l’ISF pourrait compenser à la fois la « suppression des taxes » et celle « de toutes TVA » !

Bien évidemment la revendication de rétablissement de l’ISF, emblématique en matière de justice fiscale, n’est pas que purement symbolique, et on comprend bien qu’elle soit reprise par le mouvement GJ. Toutefois, en faire une ressource majeure, sinon la ressource unique, comme dans ce tract CGT, d’une « fiscalité équitable », cela relève effectivement de la pure démagogie. Si l’on veut véritablement chercher à comprendre et à expliquer ce que pourrait être une fiscalité réellement plus équitable, il est donc absolument nécessaire de dénoncer cette démagogie.

C’est nécessaire autant pour poser les bases d’un débat utile au sein du mouvement GJ que pour renouer avec l’image extrêmement positive qui était la sienne à l’origine, et que le pouvoir, et ici, avec l’aide de la CGT, s’ingénie à détruire.

En effet, bon an mal an, l’ISF rapportait à l’Etat 4 à 5 Milliards d’Euros, au grand maximum.

« En 2008, il a rapporté 4,2 milliards d’euros, soit environ 1,5 % des recettes fiscales de l’État ou 0,5 % du total des prélèvements obligatoires. »

https://fr.wikipedia.org/wiki/Imp%C3%B4t_de_solidarit%C3%A9_sur_la_fortune

« Pour sa dernière année d’existence,[2017] l’ISF a été rentable. Selon un rapport d’information de la commission des Finances de l’Assemblée nationale, les recettes générées se sont élevées à 5,56 milliards d’euros. Un record. Initialement, la loi de finances 2017 ne tablait d’ailleurs que sur 5,4 milliards d’euros après les 5,2 milliards d’euros constatés en 2016. (…) L’Etat n’a toutefois pas réellement encaissé 5,56 milliards d’euros l’an passé. L’ISF était en effet plafonné afin que l’ensemble des impôts des redevables ne dépasse pas 75% de leurs revenus. Ainsi, le plafonnement a retiré 1,33 milliard d’euros de recettes en 2016. Le produit net de l’ISF a donc été de 4,23 milliards d’euros. »

https://argent.boursier.com/impots/actualites/pour-sa-derniere-annee-lisf-a-rapporte-4-23-milliards-deuros-5045.html

Ces 4,2 Milliards sont donc à comparer avec la nature des autres recettes fiscales, et notamment, avec la TVA, que la CGT voudrait donc, selon ce tract, voir disparaître et compenser essentiellement par le retour de l’ISF :

http://www.senat.fr/rap/l18-147-1/l18-147-130.png

http://www.senat.fr/rap/l18-147-1/l18-147-19.html

Comme on le voit, même si le montant total prévisionnel de la TVA collectée par l’Etat est en baisse pour 2019, avec 130,3 Milliards d’Euros, c’est tout de même plus de 31 fois le montant de l’ISF… !!!

De la part de responsables syndicaux supposés avoir une formation militante et donc au moins quelques notions rudimentaires d’économie, rédiger et diffuser un tract présenté ainsi, et voulant, de plus et très explicitement, avec la symbolique de l’image en tête, représenter l’alliance éventuelle du mouvement GJ et du syndicalisme, c’est délibérément à la fois manipuler les GJ locaux et donner d’eux une image particulièrement négative qui ne peut concourir qu’à enterrer leur mouvement tout en prétendant « être solidaires ».

Alors que dès le début du mouvement GJ, au moment où se construisait encore le rapport de force qui allait contraindre le pouvoir macronien à un recul tactique, le débat social a porté d’une manière générale sur la pression économique induite par l’ensemble des prélèvements obligatoires, une très grande confusion s’était établie sur toutes ces questions, et notamment celle de la frontière entre cotisations sociales (« charges sociales ») et taxes et impôts à proprement parler.

Le rôle des syndicats, et notamment de la CGT, aurait du être d’intervenir pour clarifier ces questions et proposer des solutions revendicatives à la hauteur des enjeux.

En effet il est clair qu’après la TVA, une taxe injuste parmi d’autres, mais de loin la plus massive, la pression la plus forte en termes de prélèvements obligatoires ne vient pas réellement d’un impôt puisqu’il s’agit de celle de la CSG, dont le produit est destiné à financer la protection sociale et qui reste donc, fondamentalement, une forme supplémentaire de cotisation sociale et donc de « charge sociale », mais entièrement assumée par le contribuable.

Et donc, cette confusion des genres, instituée par Michel Rocard, alors premier ministre du deuxième mandat de « Tonton » en 1991, nous ramène néanmoins en grande partie à un problème de justice et d’égalité fiscale…

…Ou d’injustice et d’inégalité, bien que selon les termes du dit Rocard ce devait être un instrument de « justice sociale »… !

http://discours.vie-publique.fr/notices/903372600.html

En effet, l’idée, pertinente dans son principe, consiste à faire « cotiser » tous ceux qui bénéficient de la Sécu sans pour autant cotiser via leur travail. Outre les salaires (« revenus d’activité »), cette « cotisation » supplémentaire, pour eux, s’étend donc aux revenus des retraites (« revenus de remplacement »), aux revenus du patrimoine (foncier, « revenu immobiliers » >>> loyers), aux revenus de placements (« revenus mobiliers » >>> capital >>> dividendes).

A l’origine, à sa fondation, en 1991, le taux unique s’élevait à 1,1% sur tous les types de revenus, du salarié au capital. La notion de progressivité était donc déjà absente, dès le départ, quoi qu’ait tenté de prétendre Rocard à ce sujet :

**************

« M. le Premier ministre. La contribution sociale généralisée est donc un impôt, c’est notre seul point d’accord. [ NDLR : A nouveau contesté par d’autres juristes, depuis] Plus exactement, c’est juridiquement une imposition car elle pèse sur l’ensemble des revenus sans contrepartie directe sous forme de prestation.

M. René Dosière. C’est clair !

M. le Premier ministre. La jurisprudence du Conseil constitutionnel est là pour le confirmer, et il ne m’appartient pas de la remettre en cause.

M. Jean-Marie Demange. C’est certain !

M. le Premier ministre. Il s’agit donc d’une forme d’imposition nouvelle directement affectée à la sécurité sociale. C’est une imposition plus juste.

Deuxièmement, la contribution sociale généralisée est non déductible.

M. Charles Ehrmann. Embêtant !

M. le Premier ministre. C’est ce qui fonde sa légère progressivité par rapport au revenu disponible et donc son caractère de justice sociale. (Rires et exclamations sur plusieurs bancs des groupes du Rassemblement pour la République et Union pour la démocratie française.)

M. Eric Raoult. il vaut mieux entendre ça qu’être sourd !

M. le Premier ministre. Retenir la déductibilité fiscale comme en matière de cotisations sociales serait, mesdames, messieurs les députés, confirmer l’inéquité actuelle. Je ne m’y résoudrai pas ! (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste)

M. Pierre Pasquini. Et nous non plus !

M. Jean-Marie Demange. Oui, quelle démagogie !

M. le Premier ministre. Troisièmement, la contribution sociale généralisée pèsera sur tous les revenus. Oui, les revenus du patrimoine y contribueront, et les revenus de remplacement également.

M. Jean-Claude Lefort. C’est le pâté de cheval et d’alouette !

M. le Premier ministre. Chacun paiera dorénavant les charges de solidarité nationale en fonction de son revenu et sur la base d’un principe fort simple : à revenu égal, prestations égales et contribution égale . (Applaudissements sur les bancs du groupe socialiste.)

Je crois pour ma part à ce vieux principe républicain qui veut que la contribution de tous aux dépenses de tous soit répartie en fonction des possibilités de chacun. Cela remonte à la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen.(…) »

*****************

Comme on peut le voir à travers ce fragment d’ « anthologie » du débat politique français, l’hypocrisie et le cynisme de la classe politique ne datent pas d’hier et Macron en remet une couche avec ses vœux 2019 :

« Vous le voyez, nous sommes en train de vivre plusieurs bouleversements inédits : le capitalisme ultralibéral et financier trop souvent guidé par le court terme et l’avidité de quelques-uns, va vers sa fin ; notre malaise dans la civilisation occidentale et la crise de notre rêve européen sont là.» (2 )

Dans un cas comme dans l’autre, c’est, selon l’expression populaire, « l’hôpital qui se moque de la charité » !

Depuis 1991 le taux de CSG n’a cessé d’augmenter, et vient de passer, en 2019, de 8,3% à 9,2% sur les revenus d’activité… !

Une certaine différenciation s’est toutefois opérée, et encore tout récemment, donc, sous la pression du mouvement des Gilets Jaunes, aboutissant à des taux différenciés en vue de soulager les retraites les plus modestes.

Des exonérations existaient déjà pour les très petites retraites depuis quelques années, mais l’annulation de la hausse pour certaines aboutit donc à une différenciation encore plus grande, évidemment bienvenue dans le cadre de la crise actuelle.

Rappelons tout de même qu’il s’agit là de cas de retraités qui se situent, le plus souvent, en dessous du seuil de pauvreté, à 1026 euros/mois pour une personne vivant seule, par exemple. (3)

Rappelons encore, précisément pour rester cohérents dans l’élaboration de nos revendications, que la liste du 29 Novembre (dite des 42 Revendications, ou « directives du peuple » – (4) posait 1200 euros net comme minimum de retraite.

Ce minimum doit donc soit être exonéré lui-même, soit être augmenté d’une quote-part reversée au titre de la CSG, ce qui serait évidemment, en réalité, encore plus cohérent !

Dans les conditions actuelles d’inégalité sociale extrême où l’Etat se voit dans la nécessité d’exonérer les plus faibles retraites, parler de contribution sociale « généralisée » n’est donc plus réellement le terme adapté. En serait-on pour autant arrivés à un état de « justice sociale » réelle, comme le prétendent nos politiciens de service depuis Rocard ?

Si le budget de la Sécu a quasiment atteint l’équilibre en 2018, ce n’est donc évidemment pas sans l’apport de la CSG, qui y contribue pour 23% :

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-11.gif

Si l’on s’en tient au résultat pour 2018, cela représente donc 114 Milliards d’euros (sur 498), franchissant ainsi la barre des 100 Milliards qui n’était que « frôlée » en 2017, avec 99,4 Milliards, déjà.

« En 2017 (avant l’augmentation des taux), pour l’ensemble des attributaires, le rendement de la CSG nette s’est élevé à 99,4 milliards d’euros. La composante la plus importante de la CSG est celle assise sur les revenus d’activités »(5)

Difficile d’anticiper ce qu’il en sera réellement en 2019, mais ces 114 Milliards sont donc à comparer, désormais, avec les 130 Milliards prévus au titre de la TVA. « Impôt » ou « cotisation sociale », quoi qu’il en soit, la CSG est devenue le deuxième prélèvement obligatoire, après la TVA, et loin devant l’impôt sur le revenu, qui ne représente plus, si l’on ose dire, « que » 70 Milliards d’euros… En est-on arrivés pour autant à plus de « justice sociale » dans la répartition des charges, avec ce système « hybride », mi-impôt mi-cotisation?

Dans le débat de 1991 un député rappelait déjà, à ce propos, la célèbre recette du pâté d’alouette, à savoir, une alouette pour un cheval… Voyons ce qu’il en était, en 2017, de l’origine de ces charges sociales…

https://fr.wikipedia.org/api/rest_v1/page/graph/png/Contribution_sociale_g%C3%A9n%C3%A9ralis%C3%A9e/0/5a3e8a3dfdebbcf78322bc0bc1b5bdf2e6aaf3dd.png

On n’a donc pas ici de chiffres exacts en pourcentages, mais le rapport de proportion visible montre que la plus grande partie des 99,4 Milliards d’euros de CSG de cette année là incombent au »cheval » des salariés et des retraités. De plus, il est à considérer que les revenus du patrimoine sont aussi parfois ceux de familles de classes moyennes et non réellement de capitalistes invétérés…

Au final, la part incombant réellement aux revenus du capital reste ultra-minoritaire. Une « alouette » très peu déplumée, en fait…

Bien évidemment, il faut tenir compte que cette somme globale, pour faramineuse qu’elle soit, n’est donc que pour 23% du budget de la Sécu, et que la répartition totale va peut être dans un sens différent… Or qu’en est-il réellement ?

En 2016, la répartition globale, incluant donc la CSG, se situait ainsi :

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-14.gif

Ici les critères retenus sont donc différents, mais on a, pour point de comparaison, la part des revenus d’activité (salaires), des revenus de remplacement (retraites), et des revenus du capital.

Or il se trouve que l’on a, pour 2018, et suite à l’augmentation de la CSG, la situation suivante :

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-15.gif

On constate ici, avec des critères identiques, les deux schémas se faisant suite dans le document d’origine (6), que la part imposée au capital a encore diminué, et que celle à la charge des salariés, par contre, a encore nettement augmenté.

Outre ce constat d’évidence, le document, issu du sénat, et qui n’a donc rien d’un pamphlet révolutionnaire, constate :

« Le résultat brut de la mesure d’augmentation de la CSG est négatif pour la sécurité sociale de 0,5 milliard d’euros et positif pour l’État de 5,94 milliards d’euros, via l’ajustement de la fraction de TVA et l’affectation du prélèvement de solidarité. »

http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-16.gif

Comme on peut le voir encore ici, l’ambivalence du statut de la CSG n’est, en pratique non plus, pas forcément levée. Et d’autant moins qu’on a déjà vu, à propos de la TICPE (3), que la destination finale des recettes fiscales est souvent loin de leur but originellement invoqué, et ce qui est étiqueté « social » dans les recettes du budget général de l’Etat, est en fait soumis au sort commun de ses dépenses et autres dettes dont l’aspect « social » est loin d’être le maître mot.

Autre exemple, en 2019, la CSG sur les revenus du capital continue, quant à elle, de baisser… ! (7) Le taux global d’imposition sur le capital, le PFU, dit « flat tax », reste certes constant, et son aspect « social », très formellement aussi, par l’instauration d’un « prélèvement de solidarité » qui remplace une série d’autres taxes préexistantes. Néanmoins, il s’agit là clairement encore d’un impôt et non d’une participation aux charges sociales :

« A compter du 1er janvier 2019, un prélèvement de solidarité sur les revenus du patrimoine et les produits de placement au taux de 7,50% est instauré. L’assiette du prélèvement est identique à celle de la CSG sans qu’il soit toutefois possible d’y échapper pour les non-résidents. Le produit du prélèvement est par ailleurs affecté au budget de l’Etat, et non à celui de la sécurité sociale, comme la CSG et la CRDS. » (7)

Du reste, l’instauration de cette « flat tax » elle-même, en remplacement, en 2018, de la fiscalité préexistante sur le capital, était évidemment loin d’être « mal vécue » par ce type de contribuable… :

https://youtu.be/l1oZeFFPMf8

Autrement dit, de la part de ce petit monde, c’est encore  …« Merci Macron, président des riches » !

En conclusion provisoire, ce qui ressort donc de la situation actuelle, ce n’est pas seulement l’accentuation de la pression fiscale mais l’accentuation globale de la pression induite par l’ensemble des prélèvements obligatoires, à la fois en charges, en taxes et en impôts.

Or, ce qui rend cette pression de plus en plus insupportable, en réalité, c’est précisément le mouvement de transfert des charges sociales vers le budget de l’Etat et la fiscalité. Et cela parce que ce mouvement, comme on vient de le voir, n’est pas neutre. Ce n’est pas une suite d’opérations « blanches » de transferts d’un compte sur un autre. C’est à travers toute l’évolution de ce processus, un transfert de plus en plus lourd de la part des charges sociales incombant au capital vers le monde du travail, vers l’ensemble des catégories populaires et prolétariennes, et de plus en plus, avec l’approfondissement de la crise, vers les classes moyennes.

Outre les processus liés à la CSG depuis 1991 et le gouvernement Rocard, il y a aussi, comme on l’a vu dans un précédent article(8), tous les processus complexes d’ « allègement » des charges sociales des entreprises dont le poids, en réalité, se retrouve systématiquement, via les méandres de la fiscalité, sur le dos des travailleurs, d’une manière ou d’une autre.

Commencée en 1993 avec le gouvernement Balladur, cette stratégie n’a pas cessé depuis, avec 82 vagues de « mesures » de ce type, au fil des dernières décennies (9), et poursuivie avec le gouvernement Macron, malgré son « arrêt » formel du CICE, remplacé par un « allègement » encore plus direct et qui sera donc directement compensé par une surcharge fiscale supplémentaire, de 40 Milliards, pour 2019.(8)

Bien entendu, la piste revendicative de réduction des impôts et taxes pesant sur le pouvoir d’achat est une piste pour améliorer celui-ci, et l’idée, émise par Priscillia Ludosky dans sa réponse à Emmanuel Macron, évoquant la solution d’allègement de la TVA sur les produits de première nécessité est bien à rajouter la liste des revendications utiles. En tous cas, plus utile et cohérente que les « solutions » déjà engagées par Macron et qui aboutissent à répondre à un mouvement de révolte contre la fiscalité par un alourdissement global de celle-ci.

Cependant, comme on l’a vu, ce qui est essentiel, pour la réussite de toute revendication immédiate sur le pouvoir d’achat, c’est de briser le mouvement de transfert des charges sociales sur la fiscalité. Faute de quoi, à l’évidence, une réduction, pourtant bien nécessaire, de celle-ci, sera nécessairement « compensée » au profit du système par une réduction de la protection sociale sur tous les plans, et dont les travailleurs feront encore les frais, dans tous les sens du terme !

C’est pourquoi l’élaboration d’une nouvelle liste de revendications mise à jour en fonction de l’expérience doit reprendre ces points et les développer dans toutes les directions possibles.

C’est cette orientation stratégique qu’indique ce point exprimé dans la liste du 29 Novembre :

« Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit. »

Orientation encore exprimée concrètement par la revendication d’abrogation du CICE : une abrogation réelle de cette « usine à gaz » fiscale pseudo « compétitive » et de son nouvel avatar permettrait donc immédiatement une économie budgétaire de 40 Milliards qui devrait donc être répercutée en baisses réelles de taxes, et évidemment, en premier lieu, en baisse de TVA sur les produits de premières nécessité !

40 Milliards, c’est aussi quatre fois la valeur du « plan Macron » édicté le 10 Décembre dernier, comme simple avance, en réalité, sur ses « promesses électorales » : une « promesse » qui consistait donc déjà à piocher encore une fois de plus dans la poche du contribuable pour créer l’illusion momentanée d’une « hausse du pouvoir d’achat » sans le moindre effort de la part du capitalisme financier dont il ose pourtant se faire le Tartuffe « pourfendeur » au soir du 31 Décembre…

Il est clair que pour le smicard, pour le retraité sous ou près du seuil de pauvreté, pour la ou le responsable d’une famille monoparentale en limite de survie, pour tous ceux dont les ressources sont simplement insuffisantes en regard des besoins incompressibles et incontournables de la vie quotidienne, il importe peu que le soulagement se présente sous la forme d’une réduction de TVA sur les produits de première nécessité ou sous la forme d’une augmentation de leur revenu de base.

Toutes les pistes revendicatives utiles sont à explorer, mais en tenant compte tant de l’expérience déjà acquise par le mouvement GJ que du bilan des luttes sociales du passé, le mouvement pourra donc éviter d’entériner des fausses solutions comme celles du 10 Décembre, tout comme de céder à la démagogie anarcho-syndicaliste du genre de celle exprimée par le tract CGT de Martigues.

On constate ainsi que la CSG, si elle ne correspond plus du tout à sa vocation de « justice sociale » et de plus « généralisée », doit donc au contraire être « différenciée » selon les inégalités entre catégories sociales et donc logiquement se transformer plutôt en une suite de « Contributions Sociales Différenciées », de façon à rétablir une ébauche réelle de « justice sociale »

Il n’est pas question, ici, de proposer des « solutions » toutes faites, mais simplement d’évoquer des pistes de réflexion en fonction à la fois de l’analyse globale de la situation et de la réalité du mouvement.

Comme exemple, on a vu que la somme « officielle » des prélèvements dits « sociaux » sur les revenus du capital, en cumulant CSG et impôt dit de « solidarité » reste plafonnée à 17,2% dont seulement 9,7 sont réellement reversés au financement de la sécu (CSG+CRDS)(7). Transformer l’ensemble des 17,2% en une « Contribution Sociale du Capital » peut être une piste, et voire même, porter le tout au taux de base actuel de la TVA, à savoir 20%… !

Autre exemple, on a évoqué le fait que les revenus du patrimoine sont parfois ceux de familles de classes moyennes qui investissent dans le logement locatif, qui manque tant sur le marché, pour d’autres familles encore plus modestes. En fonction des logements ainsi loués, et sous condition d’une limitation des loyers, dans un rapport loyer/surface à définir, une réduction de la CSG sur ces revenus du patrimoine pourrait donc avoir une réelle fonction sociale et donc se « différencier », comme « Contribution au Logement Social », du régime général actuel, utile par ailleurs pour resocialiser un tant soit peu l’argent de la spéculation immobilière.

Ce n’est que dans le débat sur des réalités concrètes, et non dans les proclamations démagogiques que des pistes revendicatives peuvent s’ouvrir pour mettre le pouvoir macronien devant les responsabilités sociales qu’il est incapable d’assumer et le contraindre à reculer réellement, et non à simplement feinter en puisant encore davantage dans la poche des contribuables, comme il l’a fait le 10 Décembre.

Si la feinte macronienne du 10 Décembre a pu avoir un début d’effet corrosif sur l’unité du mouvement, cela tient en grande partie au fait qu’il a réussi, et avec le silence complice des confédérations syndicales, à évacuer le problème fondamental de la répartition des charges sociales.

Il a pu contourner ainsi la revendication stratégique essentielle de l’augmentation du SMIC, dont la revendication est à 1300 euros en salaire net dans la liste du 29 Novembre.

Là encore on a déjà vu (8) que l’originalité d’une revendication en salaire net est essentielle en ce qu’elle peut aboutir à en faire un critère de définition légale du salaire de base, autour du quel peut s’articuler un système unique et progressif des charges sociales, aboutissant également à la fin de toutes les « usines à gaz » fiscales de dégrèvements arbitraires des charges, ayant tous abouti à des fiascos en matière d’emploi.

Un système unique et progressif de répartition des charges tiendra donc compte à la fois de la taille de l’entreprise en chiffre d’affaire et du nombre de salariés, avec clairement en vue d’aboutir à un soulagement des charges pour les plus petites et un report du poids sur les plus grosses, et donc sans altérer l’équilibre du budget de la Sécu. Les droits sociaux et l’accès aux soins des salariés étant conservés comme c’est déjà le cas actuellement, indépendamment de leur niveau de rémunération.

Là encore, il ne s’agit pas ici de proposer une « formule miracle » mais de poser ce problème comme essentiel dans les débats sur l’élaboration des revendications GJ, en vue non seulement de conserver l’unité sociale qui était celle du mouvement au matin du 17 Novembre, mais carrément de l’établir sur des fondations solides pour cette lutte sociale qui n’aboutira que par sa durée et sa résistance globale.

Comme le montre l’expérience actuelle, le mouvement GJ ne peut absolument pas compter, pour l’élaboration de ses propres revendications, sur les compétences des confédérations syndicales dont l’agenda est déjà fixé par leurs propres objectifs, de kollaboration de classe, en réalité. Il doit donc trouver en lui-même la force de le faire par ses débats internes et son contact avec la réalité sociale la plus large, sur le terrain.

Le mouvement GJ ne peut plus compter sur les confédérations syndicales, non plus, pour la lutte contre la répression, alors que la solidarité avec les victimes était l’un des points forts essentiels en Mai 68, aboutissant d’abord à l’amnistie du 23 Mai (10), quelques jours avant la conclusion des Accords de Grenelle.

Luniterre

NOTES:

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( __1 https://www.francetvinfo.fr/economie/automobile/essence/gilets-jaunes-tract-commun-avec-la-cgt_3132029.html )

( __2  verbatim macron voeux 2019 )

( __3  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/  )

( __4  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/ )

( __5  https://fr.wikipedia.org/wiki/Contribution_sociale_g%C3%A9n%C3%A9ralis%C3%A9e#Historique )

( __6  http://www.senat.fr/rap/l17-077-1/l17-077-16.html )

( __7  https://www.cbanque.com/placement/cotisations-sociales.php )

( __8  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/13/pourquoi-et-comment-une-augmentation-reelle-du-smic-doit-concretement-favoriser-lemploi/ )

( __9  http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/allegements-charges-sociales-manque-gagner-pour-securite-sociale.html )

( __10  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/31/gj-amnistie-une-idee-qui-fait-son-chemin/ )

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Noël en prison : pour combien de « Gilets Jaunes » et pour quel combat ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/26/noel-en-prison-pour-combien-de-gilets-jaunes-et-pour-quel-combat/

 

 

Si Eric Drouet a pu retrouver une liberté relative, en attendant son procès en Juin 2019, grâce à un nouvel élan de solidarité qui témoigne de la résistance latente et de la vitalité potentiellement intacte du mouvement, ce n’est pas le cas de dizaines d’autres GJ emprisonnés, et probablement même quelques centaines, semble-t-il, bien que l’on ne trouve évidemment pas de chiffres précis, à ce sujet.

Et certains GJ sont emprisonnés pour des peines allant jusqu’à deux ans, et ne verront donc ni ce Noël ni le suivant près de leurs proches.

Et bien évidemment, il ne faut pas oublier les victimes, une dizaine de morts, des centaines de blessés, certains mutilés à vie.

Il ne s’agit donc pas pour autant de gâcher les fêtes, ni même la « trêve » qu’elles représentent et qui n’avait pas aussi bien mérité son nom, en France, depuis longtemps.

Mais il reste utile non seulement de comprendre pourquoi tous ces gens se sont battus et donc parfois au prix du meilleur d’eux-même, mais de tenter de comprendre ce qu’est le bilan actuel du mouvement, au moment où le pouvoir tente de profiter de cette « trêve » pour étouffer ce qu’il espère en être les dernières flammes, quitte à les noyer à nouveau, comme il avait tenté de le faire au début, sous des tombereaux de mensonges et de calomnies (antisémitisme, xénophobie, homophobie, sexisme, etc…)

L’un des premiers mensonges médiatiques consistait à la fois à réduire le mouvement à sa dimension « automobilistes en colère » et à lui imputer une incohérence dans la diversité de ses revendications… En somme, vouloir tout et son contraire, et tout ramener à un problème de taxe sur les carburants…

A partir de ce moment, il y eut même des équipes de « chercheurs » pour se pencher gravement sur le phénomène « Gilets Jaunes »…

Pourtant, dès le 29 Novembre circulait une liste de 42 revendications qui reste toujours la référence la plus courante pour connaître l’historicité des revendications GJ…

Encore récemment republiée sur certains médias « mainstream »(1), en dépit d’un nouveau réductionnisme systématique, qui a remplacé la taxe des carburants par le RIC, elle fut, peu après son apparition, republiée ici même, également :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/02/gilets-jaunes-un-cahier-de-revendications-adresse-a-lassemblee-nationale/

Un mois plus tard, elle peut donc encore fort bien servir de « grille de lecture » pour une ébauche de bilan, même sans le secours « éclairé » de l’Université…

La revendication pour l’annulation de la hausse de la taxe TICPE sur les carburants fut la première victoire officielle de ce mouvement, mais en fait, elle ne figurait pas au premier rang de la liste, et ne fut donc qu’une étape dans le développement du mouvement, au grand dam du pouvoir…

La liste exprime en peu de mots, en fait, un souci de justice sociale, en commençant simplement avec deux :

« Zéro SDF », et résume ensuite un souci de plus de progressivité dans l ‘impôt, manifestement non satisfait à ce jour.

En trois vient l’augmentation du SMIC, et c’est là que l’on comprend l’enjeu vital et socialement stratégique de ce mouvement.

Ce fut en effet le point qui a obligé le pouvoir à de multiples contorsions pour contourner l’obstacle et donner suffisamment le change pour désamorcer cette revendication sans réellement céder sur l’essentiel, à savoir une véritable augmentation du SMIC, qui en eut fait un salaire simplement « décent », à peine suffisant pour en vivre sans aide sociale « gouvernementale » supplémentaire, c’est à dire, prise sur l’impôt.

Sur la liste, la revendication du SMIC est exprimée à 1300 € nets. La question de savoir s’il faut revendiquer en net ou en brut pose implicitement la question du rôle des charges sociales et n’est donc pas secondaire, et surtout dans le contexte spécifique de ce mouvement.

Le SMIC, en 2018, est à 1145 € nets ( 2 ) et même en prenant pour « argent comptant », c’est le cas de le dire, l’effet d’annonce du gouvernement, avec les hypothétiques 100 € « nets » de plus, il n’atteindrait donc toujours pas cette somme en 2019…

De plus, comme on a déjà vu d’entrée de jeu ( 3 ), l’essentiel de la « rallonge » provient d’une énième re-mouture de la « prime d’activité » qui était loin, au départ, de concerner tous les Smicards…

Pour contrebalancer ce démenti potentiel de la parole présidentielle, le pouvoir annonce finalement une extension de la dite prime à toutes les personnes, même célibataires, dont le revenu n’excède pas 1560 €…

Au jour d’aujourd’hui, le « simulateur » de la CAF, déjà non fiable en temps ordinaire, en regard des décisions finales concrètes, ne « fonctionne » encore que selon les anciennes normes… L’administration de la CAF elle-même s’est dite tout à fait non-préparée à cette mutation et pense au mieux à être fonctionnelle sur ce sujet …vers fin Juin ! Une « prime de vacances » encore hypothétique, donc, et l’on n’a concrètement à ce sujet que les promesses du pouvoir, qui s’engage évidemment à y mettre de l’ordre vers Février, dixit Philippe.

Mais on sait ce que vaut ce genre de parole…

Le président osait affirmer, au soir du 10 Décembre :

« Le salaire d’un travailleur au SMIC augmentera de 100 euros par mois dès 2019 sans qu’il en coûte un euros de plus pour l’employeur. » ( 4 )

C’était déjà, avant l’heure, la magie de Noël…

Eberlués par tant d’audace, il a fallu un temps aux téléspectateurs avant de reprendre leurs esprits…

Quelques trois heures avaient néanmoins suffi aux journalistes du « Parisien », pourtant pas forcément des aigles, à décrypter ce mensonge…( 3 )

Car une prime n’est pas juridiquement un salaire, et donc très formellement la parole du président ainsi prononcée constitue un mensonge pur et simple.

https://www.dictionnaire-juridique.com/definition/salaire.php

Et la « prime d’activité » est même encore d’autant moins un « salaire » qu’elle est et sera, même selon la nouvelle « formule promise », versée par le biais de la CAF et ne figurera donc évidemment pas sur la fiche de paye… !

Au jour d’aujourd’hui, le seul acquis concret, concernant le SMIC, se présente donc ainsi :

http://www.smic-horaire.com/

A comparer avec 2018 :

Soit une augmentation « royale » de 26 € !!!

Selon les promesses du pouvoir, toutefois, le chiffre en bas de la fiche de paye devrait se voir gratifié de 20 € supplémentaires, au titre d’un « allègement des cotisations sociales »…

Soit apparemment, une augmentation supplémentaire du « net », le portant ainsi à 1191 €, encore loin des 1300 revendiqués, donc…

Mais surtout, cela pose la question de l’origine réelle de ces 20 €…

 

« Mesures d’allègement des charges des entreprises » :

Usines à gaz en série… Qui les paye ?

Une énième « réduction » des charges sociales…

Comme le révèle assez ingénument un document d’ « information publique », ce ne sont pas moins de 82 mesures d’ « allègement » des charges sociales des entreprises qui se sont succédé, et souvent, cumulées, depuis les premiers pas d’Édouard Balladur sur cette voie, en 1993.( 5 )

Ici, avec ces 20 €, il s’agit donc d’une part d’allègement qui sera rétrocédée au salarié, sans pour autant que son salaire de base n’augmente donc réellement. Quelle est l’origine administrative précise de ces 20 € dans la litanie de ces mesures, mystère…

Mais tout comme le tour de passe-passe effectué avec la prime d’activité, et malgré la mise en scène « spectaculaire », au sens « debordien » du terme, de l’annonce du 10 Décembre dernier, ce n’était en rien une invention in extremis en réponse aux Gilets Jaunes, mais simplement une légère avance sur le calendrier macronien des promesses électorales, datant déjà de Février 2017 .

https://fr-fr.facebook.com/EmmanuelMacron/videos/1921229571442953/

« 13ème mois. Une personne au SMIC pourra gagner 100€ net en plus chaque mois grâce à la réduction des cotisations salariales et à l’augmentation de la prime d’activité. »

La motivation rituellement invoquée pour chacune de ces nouvelles usines à gaz, c’est la compétitivité des entreprises françaises, c’est à dire le « coût » du travail, qui serait trop élevé, dans un environnement économique mondialisé…

Or le principe même du SMIC, à l’origine, le SMIG ( 6 ), c’est bien de correspondre au moins aux besoins sociaux incompressibles du salarié, et pas seulement en termes de pouvoir d’achat immédiat, mais aussi de prestations sociales, de santé, de retraite, etc..

Tous ces services indispensables au moins au maintien en l’état de la force de travail ont effectivement un coût, qui est donc lui-même incompressible, tout comme le coût des biens de consommation courante utiles à la survie du travailleur, et tout comme les transports, individuels (automobile) ou collectifs, qui lui permettent de se rendre à son travail, tout comme le logement, même le plus modeste qui soit.

Or toute la richesse nationale produite tant en termes de biens que de services l’est par la communauté des travailleurs de toutes catégories sociales.

Le produit global de ce travail vise-t-il à répondre ou non aux besoins sociaux de la dite communauté de travailleurs, telle est la question de fond et la seule qui vaille vraiment, d’une manière ou d’une autre, pour comprendre les problèmes sociaux de plus en plus insolubles qui se posent, et singulièrement depuis la crise de 2008.

Telle est, au fond, la question qui a créé ce sentiment d’unanimité populaire autour du mouvement des Gilets Jaunes.

Sans doute ne fut-elle pas toujours clairement exprimée comme telle, mais le sentiment de vouloir vivre de son travail sans précisément être dépendant des subsides éventuelles de l’État, tout comme sans être victime de ses ponctions abusives, cela était clairement le cri unanime des premiers Gilets Jaunes sur les ronds-points, dès le 17 Novembre… !

En point 16 de la liste on trouve cette revendication qui a interpellé les « commentateurs » de la presse « mainstream » incapables de comprendre ce mouvement :

« __Fin du CICE. Utilisation de cet argent pour le lancement d’une Industrie Française de la voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.) »

La « fin du CICE » étant déjà officiellement prévue depuis plusieurs mois, cela ne leur paraît pas faire sens…

Or, qu’en est-il vraiment ?

Le CICE, ou « Crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi », est initié sous Hollande, par le gouvernement Ayrault, à la jointure 2012-13, et il est déjà néanmoins une invention de Macron, alors encore en coulisses, dans l’ « ombre » de Hollande, qu’il n’allait pas tarder à « éclipser »…

Il se trouve néanmoins que c’est le cas typique d’une « usine à gaz », particulièrement monumentale, coûteuse et en fin de compte tout à fait inutile, en rapport de son but initial affirmé, la compétitivité…

En effet de l’avis de tous les analystes, et une de leurs rares certitudes sur le sujet, les entreprises exportatrices, à haute technologie et à main d’œuvre hautement qualifiée sont celles qui en ont le moins « profité », d’une manière comme d’une autre…

Quand à savoir son impact sur l’emploi, deux équipes d’experts, dès les premières années, se sont lancées dans des études savantes sur le sujet et sont carrément arrivées à des conclusions diamétralement opposées… « Diamétralement » étant du reste relatif, car l’équipe aux conclusions « optimistes » ne les mettait pas moins entièrement au conditionnel, autour de 100 000 emplois, et avec une « marge d’erreur », elle même au conditionnel, fluctuant entre 10 000 et 200 000 ! …Une troisième équipe, de l’INSEE, s’est donc lancée dans l’aventure, pour tenter de recoller les morceaux, sans parvenir, non plus, à un résultat réellement affirmatif…( 7 )

Dans l’intervalle, les années ont passé, et seul résultat net, le chômage a continué de croître, même s’il connaît, de temps à autres, quelques « paliers » qui semblent plus être, du reste, des effets d’arrangements « statistiques » bureaucratiques qu’une réalité vécue sur le terrain…

Le CICE apparaît donc comme un échec monumental, à moins de considérer que la situation eut été pire sans lui : c’est ce que tentent d’avancer quelques « sauveurs » de l’idée, en admettant néanmoins que chacun de ces hypothétiques « 100 000 emplois sauvés » par le CICE aurait donc coûté annuellement aux contribuables la bagatelle de 200 000 €, soit le coût annuel du CICE, 20 Milliards/100 000 « emplois », en réalité toujours indiscernables à ce jour… !

La seule chose réelle et certaine est donc le coût, pour l’État, c’est à dire pour nous tous, de cette fabuleuse et mythique « compétitivité » …20 Milliards par an!

Le seul avantage formel de cette « usine à gaz », par rapport aux autres, c’est que les employeurs continuaient donc de cotiser à la Sécu, pendant ce temps, sur les salaires servant d’ « assiette » au calcul de ce « crédit d’impôts »… Ce n’en était donc pas moins une nouvelle forme de financement de la Sécu par l’État, et donc toujours, par le contribuable, ce qui n’était du reste nullement un mystère de la chose :

« Le crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE) est un avantage fiscal qui concerne les entreprises employant des salariés et équivaut à une baisse de leurs cotisations sociales. »

https://www.service-public.fr/professionnels-entreprises/vosdroits/F31326

Toujours est-il qu’il n’était assorti d’aucun contrôle réel de l’emploi des fonds et que les exemples de transferts quasi directs des poches de l’État, et donc des nôtres, vers les dividendes des actionnaires ont été nombreux et suffisamment documentés…

Mais à quoi bon en parler encore, qu’on soit GJ ou non, vu que le processus est déjà officiellement abrogé… ?

Juste un petit problème, ou plutôt deux, même en simplifiant, et qui s’ajoutent, particulièrement en cette période « charnière » :

__Le CICE est un processus fonctionnant pour chaque exercice sur plusieurs années, de sorte que les entreprises « ayants droit » en 2018 restent créancières pour 2019…

__Abrogé, il n’en est pas moins remplacé par un nouveau système, plus direct, celui-là, d’allègement des charges, pour le même coût global de 20 Milliards/an, toujours aux frais du contribuable, et attribuables aux entreprises à partir de 2019, et ce qui concerne donc, en fait, sensiblement, les mêmes entreprises !!!

Autrement dit, un des rares autres points qui mette tous les « experts » d’accord, c’est que l’ardoise totale, pour 2019, s’élèvera à la bagatelle de 40 Milliards d’euros…

Qui viennent évidemment s’ajouter à la ponction supplémentaire de 10 Milliards d’euros que Macron s’est vu obligé de faire pour « financer » son annonce télévisée mensongère mais astucieusement bricolée du 10 Décembre dernier, et sans oublier ce petit allègement de taxe de 4 Milliards de la TICPE justement honnie des GJ…

Ainsi rafistolé de tous les côtés, le mécano fiscal de Macron, même s’il ne s’enraye pas rapidement, ne peut évidemment plus rentrer dans les clous du déficit budgétaire « prévu », le « poids lourd » dans la balance étant encore bel et bien le CICE :

« Cette mesure, inscrite dans le PLFSS 2019, va obliger l’État à verser l’an prochain aux entreprises à la fois 20 milliards au titre du CICE, qui est remboursé au titre des années précédentes, et 20 milliards supplémentaires immédiatement au titre des baisses de charges de l’année en cours. Cela devrait peser à hauteur de 0,9 point sur les comptes publics, ce qui porterait le déficit à 3,4%, effectivement au-dessus du seuil. »

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2018/12/11/20002-20181211ARTFIG00085-les-annonces-de-macron-vont-plomber-le-deficit-public.php

…Contre les 2,8%, déjà initialement attendus en hausse par rapport à 2018 (2,6%). ( 8 )

Dans ces conditions, on comprend mieux la 16ème revendication des GJ… Une véritable abrogation du CICE, sous quelque forme qu’il apparaisse encore, ce n’est pas du tout une exigence superflue, quant au fond. A tel point, du reste, que même une partie des députés de la majorité a envisagé sérieusement de se prononcer pour un « défaut » de remboursement de l’exercice 2018 aux entreprises, pour éviter le « doublon » et limiter la « casse budgétaire ». ( 9 )

Quant à son remplacement par un financement de l’industrie automobile française, en faveur de la « voiture à hydrogène (qui est véritablement écologique, contrairement à la voiture électrique.) », au delà de l’aspect purement technique, qui n’est évidemment pas le sujet du présent article, le principe même de financer une production utile et répondant manifestement à une bonne partie des besoins sociaux et écologiques actuels, cela va donc tout à fait dans le sens d’une réappropriation populaire et démocratique de la finalité du travail productif, à contrario de sa finalité actuelle, essentiellement financière et ne répondant qu’aux besoins des catégories les plus aisées. ( 10 ).

Ce qui ressort déjà de cette première ébauche de bilan de la « Crise des Gilets Jaunes » et de son évolution telle que traitée par le gouvernement Macron, c’est la divergence des orientations concernant le rôle de l’Etat par rapport à l’économie. La réponse du gouvernement Macron ne va pas du tout dans le sens de soulager le contribuable, vu l’alourdissement du budget qui ressort de sa politique. Au lieu d’alléger le principe des ponctions, au delà de son recul bienvenu sur la TICPE, l’ensemble des mesures de Macron vise au contraire à transférer encore davantage vers les contribuables, et vers toutes les couches sociales populaires, en fin de comptes, via les impôts et taxes, une part toujours plus grande des charges incombant normalement aux groupes industriels et financiers les plus importants, et, en réalité, aux revenus du capital financier, ceux là même qui se sont vu augmentés, même si indirectement, par des manipulations grossières telles que le CICE.

C’est en ce sens que la revendication N°6 des Gilets Jaunes, « Que les GROS (Macdo, google, Amazon, Carrefour…) payent GROS et que les petits (artisans, TPE PME) payent petit. », garde donc, elle aussi, tout son sens !

Pourtant, on ne peut pas dire que l’ « action » du Gouvernement, dans ce domaine, soit tout à fait inexistante, depuis l’annonce du projet de taxe visant les GAFA, les « géants du net », dont précisément Google et Amazon… :

« La taxe s’appliquera en tout état de cause au 1er janvier 2019 et elle portera donc sur l’ensemble de l’année 2019 pour un montant que nous évaluons à 500 millions d’euros », a affirmé Bruno Le Maire »

https://www.lesechos.fr/politique-societe/politique/0600360939843-la-france-prelevera-la-taxe-gafa-des-le-1er-janvier-annonce-bruno-le-maire-2230645.php

…500 millions d’euros, c’est évidemment beaucoup, pour vous et moi, et plus fort même que le « loto », mais comme on vient de le voir, ce modeste ½ Milliard est finalement à mettre en rapport avec le nouveau gouffre de plus de 50 Milliards que l’on vient juste d’évoquer ci-dessus, au compte de notre gouvernement…

…et avec les centaines de milliards brassés par ces parasites géants de l’économie mondiale… !

Donc il reste clair que les « efforts » ne sont pas répartis en proportion des parts de ressources que se sont attribuées les principaux acteurs de l’économie…

Quant au fond il est clair que c’est la répartition des ressources et des forces productives, en regard des besoins, qui est en cause, avec la domination du capital financier.

A très court terme, avec la fin nécessaire des « usines à gaz » de transferts fiscaux des citoyens vers le capital financier, c’est donc aussi la survie, déjà précaire, de nombreuses TPE et PME, qui est en cause, alors qu’elles sont aussi en partie à l’origine du mouvement GJ. Contrairement à une idée reçue, leur volonté d’embaucher à un niveau salarial plus élevé n’est pas forcément en cause, alors même qu’elles sont directement les plus impactées par une augmentation du SMIC, et même en proportion, davantage que les grandes entreprises. Dans un article nettement orienté contre une augmentation du SMIC, le journal « Le Parisien » du 28/11/2018 affirmait pourtant :

« Les artisans ne seraient pas contre

Une chose est certaine, une hausse du smic fait davantage souffrir les TPE PME que les grands groupes, puisqu’un quart environ de leurs salariés touchent le smic (contre 4,5 % dans les grands groupes). Alain Griset, le président de l’U2P qui défend les intérêts des artisans et des commerçants, n’y est cependant pas opposé : « Beaucoup de nos salariés sont des Gilets jaunes, ils ont besoin de plus de pouvoir d’achat. »

Un coup de pouce au smic alors ? « Je ne suis pas contre, poursuit-il. À condition que cette mesure ait un coût neutre pour les entreprises. Il faudrait donc l’accompagner d’une baisse des cotisations sociales en parallèle. » Bref, la note s’alourdirait encore pour les caisses publiques. De quoi faire s’étrangler Édouard Philippe, qui a déjà dit non. »

http://www.leparisien.fr/economie/pourquoi-le-gouvernement-ne-veut-pas-de-hausse-du-smic-28-11-2018-7956471.php

Évidemment, vu ainsi, cela paraît être un cercle vicieux…

Or, en reprenant logiquement les éléments essentiels de notre constat, on peut voir en réalité qu’il n’en est rien.

La seule absurdité consiste précisément à reporter sur l’ensemble des contribuables et taxes-payeurs la répartition des charges sociales qui devrait être faite stricto sensu en proportion de la taille des entreprises et du nombre de leurs salariés.

Comme on l’a vu dans un précédent article ( 11 ), il se trouve que la Sécu a enfin atteint, en 2018, l’équilibre budgétaire. Plutôt que de détruire ce fragile acquis par de nouvelles ponctions, comme il s’apprête à le faire, le gouvernement devrait logiquement remplacer l’ensemble de ses « usines à gaz » fiscales à prétentions « sociales » plus que largement usurpées par un seul et unique mode de répartition progressif des charges sociales, géré par la Sécu, sans effet de seuil, calculé sur la base du budget actuel des besoins sociaux à charge de la Sécu, et permettant donc aux TPE et PME de bénéficier d’un réel avantage « compétitif » en regard des plus grandes entreprises, et sans qu’il en coûte, tant qu’à faire, un seul euro à L’Etat, hormis pour ce qui concerne, évidemment, son propre personnel.

En fonction des nouvelles ressources qu’il serait ainsi possible de dégager, et évidemment nettement plus importantes que le pathétique ½ Millard que Le Maire espère obtenir des GAFA, il deviendrait alors possible de remonter réellement le SMIC sans détruire des milliers d’emplois dans les TPE et PME, et même de revaloriser les minima sociaux les plus incontournables, tels que la revendication N°10 des GJ :

« Pas de retraite en dessous de 1 200 euros. »

Et d’autres, notamment en faveur des familles monoparentales, par exemple, pour lesquelles le niveau actuel du SMIC se situe carrément en dessous du seuil de pauvreté :

Quelle que soit la situation sociale et familiale, il est important, tant pour la motivation du travailleur que pour la justice sociale la plus élémentaire, que ceux qui travaillent puissent vivre de leur travail décemment, et non pas dépendre d’aides à quémander à l’État et à l’administration.

Incidemment et en toute logique se trouve ainsi résolue une des premières questions posée dans cette ébauche de bilan : faut-il revendiquer en « net », comme c’est déjà le cas dans la liste revendicative GJ ou en « brut », comme le fait traditionnellement la gauche bureaucratique ?

Assurément, la revendication actuelle en net est donc bien celle qui est adaptée à un pas en avant vers la justice sociale.

En effet, dans le système ancien, les travailleurs acquéraient des droits sociaux égaux par des cotisations inégales, fixées au prorata de leurs salaires. Jusqu’à un certain point cela a donc fonctionné, comme principe de justice sociale, même si approximative, in fine. A mesure que l’État s’est transformé de plus en plus en pompe fiscale pour transférer le fruit du travail de tous vers les dividendes du capital financier, cela a donc cessé de fonctionner, au point de générer la crise actuelle et la juste révolte qui en résulte.

Dans une répartition progressive des charges, les travailleurs acquièrent toujours des droits égaux, quel que soit leur rémunération en salaire net. Par contre le montant des charges varie, lui, non seulement en fonction du salaire, mais aussi de la taille de l’entreprise et du nombre de salariés qui y travaillent.

Il est donc important que le salaire de base soit défini en net et que le montant des charges, au prorata à la fois du salaire, de la taille de l’entreprise et du nombre de salariés soit calculé selon une formule identique et intangible pour toutes les entreprises, mettant fin aux « usines à gaz » des passe-droits, dérogations, etc…

Bien entendu, dans un premier tour d’horizon tel que celui-ci, il n’est pas possible de faire une revue exhaustive de toutes les revendications GJ, qu’elles soient déjà dans la liste ou non. Il s’agit simplement d’apporter quelques éléments au débat utiles pour souligner l’importance et la justesse fondamentale de ce combat.

La première revendication à ajouter à cette liste est donc désormais l’exigence d’une amnistie totale, non seulement pour Eric Drouet, mais pour l’ensemble des GJ condamnés et emprisonnés.

La cause de la violence actuelle réside dans l’injustice sociale instituée de longue date par le système et poussée à un point de plus en plus insupportable par les gouvernements successifs, de droite comme de gauche, et particulièrement par celui de Macron, qui rassemble les tares bureaucratiques et prédatrices des deux bords politiques.

La cause de la violence sociale réside donc dans le système actuel et singulièrement dans son pouvoir étatique actuel. Elle ne peut disparaître qu’avec la fin de l’injustice qu’il engendre, et donc avec la satisfaction des justes revendications des « Gilets Jaunes ». C’est pourquoi la lutte pour l’amnistie des GJ condamnés et emprisonnés et la lutte pour les revendications sociales sont un seul et même combat !

Luniterre

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NOTES:

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( __1  https://www.cnews.fr/france/2018-12-18/la-liste-des-revendications-des-gilets-jaunes-801586   )

( __2  https://www.net-iris.fr/indices-taux/paye/1-salaire-minimum-smic-horaire-smic-mensuel

__  https://www.service-public.fr/particuliers/actualites/A13113    )

( __3  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/11/non-le-smic-ne-va-pas-augmenter-de-100-euros/   )

( __4  https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/10/le-verbatim-de-l-allocution-televisee-du-president-de-la-republique_5395523_823448.html    )

( __5  http://www.vie-publique.fr/decouverte-institutions/finances-publiques/approfondissements/allegements-charges-sociales-manque-gagner-pour-securite-sociale.html    )

( __6  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/21/du-smig-au-smic-en-passant-par-tonton-ou-la-vraie-mort-de-mai-68/   )

( __7  https://www.strategie.gouv.fr/sites/strategie.gouv.fr/files/atoms/files/fs-_rapport_cice-2018-02-10.pdf    )

( __8  https://investir.lesechos.fr/marches/actualites/france-deficit-budgetaire-de-98-7-milliards-d-euros-attendu-en-2019-1793725.php

__  https://www.challenges.fr/economie/budget-le-deficit-de-l-etat-attendu-en-hausse-en-2019-a-98-7-milliards-d-euros_614880    )

( __ 9  http://www.francesoir.fr/politique-france/cice-des-deputes-lrem-et-modem-vont-ils-sopposer-au-gouvernement

__  https://www.atlantico.fr/decryptage/3560896/pas-verser-le-cice-2018-pour-retrouver-oxygene-budgetaire-quel-impact-tresorerie-tpe-pme-eric-verhaeghe  )

( __10  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/20/ghosn-lantithese-du-gilet-jaune/   )

( __11  https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/30/et-la-marquise-dansait-sur-les-champs-elysees-en-flammes-explication-de-texte/  )

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Contre Macron, Contre le terrorisme, Un seul front, RÉSISTANCE!!

 

 

 

Après sa nouvelle et pitoyable

arnaque fiscale télévisée de lundi,

Macron sera-t-il sauvé

par le coup de gong du terrorisme ?

Contre le terrorisme,

Contre Macron,

 

Un seul front !

RÉSISTANCE !!

 

https://i1.wp.com/lvdneng.rosselcdn.net/sites/default/files/dpistyles_v2/ena_16_9_extra_big/2018/12/12/node_505421/39922262/public/2018/12/12/B9717916491Z.1_20181212143954_000%2BGRECJQ9RT.1-0.jpg

Fusillade de Strasbourg: La détermination intacte des Gilets jaunes malgré les appels à la «responsabilité»

http://lavdn.lavoixdunord.fr/505421/article/2018-12-12/la-determination-intacte-des-gilets-jaunes-malgre-les-appels-la-responsabilite

Alors que le secrétaire d’Etat à l’Intérieur espère « qu’il y aura moins de manifestations » de Gilets jaunes ce week-end, son appel ne semble pas être entendu sur le terrain, au lendemain de l’attaque de Strasbourg.

L’acte V des Gilets jaunes sera-t-il maintenu samedi? Au lendemain de l’attaque de Strasbourg, le mouvement semblait décidé mercredi à poursuivre sa mobilisation malgré les appels du gouvernement à la « responsabilité », selon les mots de Laurent Nunez, le secrétaire d’Etat à l’Intérieur, mercredi. De Tours à Marseille en passant par Calais, de nombreux Gilets jaunes expriment leur solidarité avec les victimes de Strasbourg mais restent déterminés à faire entendre leur colère, dans la rue ou autour de ronds-points, après les mesures annoncées lundi soir par le chef de l’Etat.

Dans les Bouches-du-Rhône, le mouvement est « parti pour un acte V, en plus important même », affirme Thierry Marre, coordinateur des Gilets jaunes à Istres, jugeant « très peu probable » que l’attaque entraîne la suspension de la mobilisation. « Je ne pense pas qu’on reculera », poursuit-il, réclamant comme d’autres « la démission » d’Emmanuel Macron.

« En l’état actuel des choses, nous sommes toujours partis pour un acte V »

Même détermination à Marseille même si l’on reconnaît que le drame strasbourgeois ne peut être ignoré. « Nous verrons ce qui se passe, nous ne sommes pas des abrutis. Mais en l’état actuel des choses, nous sommes toujours partis pour un acte V, sur les mêmes revendications », assure sous couvert de l’anonymat une coordinatrice locale, citant notamment la dissolution de l’Assemblée nationale et la mise en œuvre d’un référendum d’initiative populaire.

Après l’attaque du marché de Noël de Strasbourg, de légers tiraillements traversent toutefois ce mouvement lancé le 17 novembre contre la hausse des prix du carburant avant de s’étendre à une dénonciation plus générale de la baisse du pouvoir d’achat et de la politique gouvernementale. A Strasbourg, « il faut que tout le monde stoppe au vu des événements », reconnaît Patrick, un Gilet jaune local, appelant à suspendre provisoirement la mobilisation. « On fait profil bas jusqu’à ce week-end et beaucoup vont monter à Paris et des actions sont à définir », a-t-il toutefois ajouté.

« comme par hasard ça a pété »

Le mouvement sans leader ni idéologie doit aussi faire face à la propagation par certains de ses membres de thèses complotistes selon lesquelles l’attaque de Strasbourg serait un « coup monté » destiné à éclipser la mobilisation et à faire retomber la colère sociale. Patrick, le Gilet jaune strasbourgeois, ne peut lui-même réprimer quelques doutes. « C’est bizarre, c’est un coup monté. On avait prévu de bloquer le Parlement européen, on savait dans quels hôtels étaient les députés, et comme par hasard ça a pété », dit-il. La coordinatrice marseillaise se dit elle « très, très sensible » à éviter toute récupération du drame « par des complotistes ou par ceux qui voudraient en profiter pour nous faire taire ».

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/12/10/gilets-jaunes-ce-que-nous-voulons-tout-mais-dabord-lessentiel/

 

Gilets Jaunes De Roanne à Paris : RÉSISTANCE !!

 

 

 

 

Gilets Jaunes

De Roanne à Paris

RÉSISTANCE !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/22/samedi-24-11-manif-au-champ-de-mars-a-paris-officiellement-autorisee/

Sur le même thème:

Gilets Jaunes : Roanne Mably RÉSISTANCE !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/21/gilets-jaunes-roanne-mably-resistance/

Du 17 au 24 Novembre, le combat continue… Vers une alternative anticapitaliste!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/11/21/du-17-au-24-novembre-le-combat-continue-vers-une-alternative-anticapitaliste/

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A propos du 17 Novembre… Lettre ouverte aux syndicats et partis « de gauche »

 

 

 

A propos du 17 Novembre...

Lettre ouverte

aux syndicats et partis « de gauche »

et à leurs avatars pseudos- « marxistes-léninistes »,

« marxistes révolutionnaires » et autres « syndicalistes révolutionnaires »…

 

En forme de rafraîchissement de mémoire historique…

Actuellement, l’unanimité est faite au moins sur un point entre toutes ces « élites » et « avant-gardes » autoproclamées de la « gauche » française : aucune n’apporte son soutien au mouvement du 17 Novembre, hormis Mélenchon et Ruffin, à titre « personnel » et du bout des lèvres (*), et, naturellement, sans engager leurs « troupes » en voie de déliquescence.

Plusieurs de ces « institutions », la CGT, le journal « l’Humanité », les syndicats « solidaires », le NPA, LO, etc…, se sont même très officiellement fendues d’articles et de communiqués pour condamner, en fait, toute participation  « de gauche » à ce mouvement.

Le prétexte affirmé est évidemment la tentative de « récupération » dont ce mouvement est l’objet par la droite nationaliste et l’extrême-droite, DLF, RN(ex FN), et d’autres activistes de ce bord.

En ce qui concerne l’origine réelle de ce mouvement, il n’a clairement, au départ, aucune coloration politique particulière et s’inscrit dans le fil de protestations populaires induites par la réalité de la crise économique et la brutalité des reculs économiques et sociaux imposés par le système capitaliste et son serviteur du moment, le gouvernement Macron.

De sorte que la vague de soutien qu’il semble actuellement soulever pose une question claire à la gauche :

La revendication immédiate qui le sous-tend, contre la hausse du prix des carburants, est-elle justifiée d’un point de vue social ?

Si la réponse est oui, la gauche doit donc reprendre cette revendication à son compte, et, d’une part, manifester son appui à cette initiative, et d’autre part, si elle estime avoir des critiques à formuler sur le mode d’action choisi, ce qui n’est pas forcément illégitime, comme on l’a déjà vu, proposer des actions complémentaires qui prolongeront cette première action d’origine spontanée.

Si elle estime la revendication injuste, et constate donc qu’elle sert uniquement de marche-pied à l’extrême-droite, elle doit non seulement la condamner carrément et ouvertement, mais encore, bien plus, faire également carrément et ouvertement campagne contre cette supposée « manœuvre » de l’extrême-droite…

Elle doit donc fournir un argumentaire convainquant qui puisse arracher ce mouvement populaire des « griffes » de l’extrême-droite.

Faute de quoi, non seulement elle légitimise cette récupération, abandonnant le terrain d’une revendication sociale justifiée à l’extrême-droite, mais elle lui fait carrément la courte échelle en vue de son accession éventuelle au pouvoir.

Le fait que l’extrême-droite ait réussi à prendre ce train en marche au bon moment est indéniable, le fait qu’il y eu un plan préconçu à ce sujet ne semble toujours pas avéré, mais cela ne changerait rien au problème, quant au fond.

Dans la Russie du début du XXème siècle, quant le prolétariat a commencé à s’organiser spontanément, le régime tsariste s’est dépêché d’y infiltrer des indicateurs et des provocateurs. Il est même allé, par ce biais, jusqu’à créer lui-même, via ses agents infiltrés, des organisations ouvrières complètes, sur la base des revendications populaires immédiates, dans le but de les canaliser et de les contrôler !

Pour autant, cela n’enlevait rien à la validité de ces revendications, et encore moins, au soutien populaire massif qu’elles rencontraient, au tournant de l’année 1905, déjà…

C’est là que se place l’épisode célèbre de la grande manifestation organisée par le Pope Gapone, à la fois agent tsariste occulte et leader charismatique du mouvement populaire de l’époque… Compte tenu des mœurs brutales de cette époque farouche l’affaire a évidemment tourné au tragique, mais elle a en fait mis complètement et définitivement à bas la légitimité du Tsar, qui avait en réalité signé là son propre arrêt de mort, en croyant arrêter l’Histoire en marche, littéralement et sans jeu de mots… !

On peut imaginer, à la lueur des « lumières » de la gauche française actuelle, ce qu’aurait été un cours de l’histoire « alternatif » si les bolcheviks, tout nouvellement organisés en parti suite à la rupture avec les mencheviks, s’étaient désolidarisés de ces revendications et de ces luttes !

Non seulement ce n’était pas le cas, mais tout en étant parfaitement conscients des probabilités d’infiltrations policières, qui n’ont été confirmées que par la suite, il faisaient, eux aussi, leur travail d’infiltration pour tenter de renforcer ce mouvement et de promouvoir des revendications de plus en plus radicales (**).

Sans ce travail, la légitimité politique n’eut point nécessairement changé de camp, ni à cette époque ni plus tard, et l’autocratie guerrière et meurtrière du tsar aurait certainement duré encore beaucoup plus longtemps, sinon encore aujourd’hui…

Bien évidemment, comparaison n’est pas raison, et il n’y a pas lieu de projeter cette situation ancienne sur la nôtre, mais néanmoins la question de légitimité sociale et politique d’une revendication demeure, quel que soit le contexte.

Refuser de légitimer socialement une revendication telle que celle du 17 Novembre, c’est, ipso facto, légitimer la politique de Macron et du système, et, quoi qu’il arrive, échec ou réussite, la main-mise de l’extrême-droite sur le mouvement populaire et prolétarien.

Dans l’état de faiblesse relative où il se trouve, et avec le peu de légitimité populaire qu’il reste à Macron, cela risque fort d’être, pour la « gauche » française, un choix historique dont elle n’est pas près de se remettre, tant il lui reste si peu de légitimité, également.

La pseudo « extrême-gauche », se posant « marxiste-léniniste » ou non, ferait bien de s’en aviser, également.

Luniterre

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(* http://www.regards.fr/politique/article/manif-du-17-novembre-la-gauche-peut-elle-sortir-de-l-embarras   )

(** Voir la documentation en PJ, PDF et ODT, en fin d’article  )

DERNIÈRE MINUTE:

Un sursaut, malgré tout, de la part du très minoritaire et pathétique « Front Social »… Mieux que rien, cependant, et donc nous relayons leur appel:

Appel du 10 novembre, regroupons-nous : Ne laissons pas l’extrême-droite récupérer la colère sociale

Date : 

A l’initiative de milieux populaires une mobilisation contre la hausse de l’essence a rencontré un large succès sur les réseaux sociaux.
La gauche syndicale et politique n’ayant pas d’autre projet contre Macron que les négociations ou les élections européennes n’a pas voulu se saisir de cette occasion pour porter la colère générale contre le pouvoir.
Du coup cette initiative qui percute toutes les colères actuelles contre les attaques gouvernementales depuis le Code du travail jusqu’à la Sécurité sociale a été l’objet d’une tentative de récupération par l’extrême droite, depuis M. Le Pen jusqu’aux groupes fascisants de la police en passant par les jeunesses des LR, un certain nombre de ses représentants et N. Dupont-Aignan.
La CGT a dénoncé cette récupération dans un communiqué mais elle n’offre en alternative que le dialogue social avec un gouvernement qui ne négocie rien mais cogne fort ; Mélenchon n’a su que dire « faites ce que vous voulez » à ses partisans en n’offrant comme option que le bon bulletin de vote dans plusieurs mois.
Seule la volonté affichée et déterminée d’unifier l’exaspération populaire par un plan de bataille clair, un agenda des luttes qui ne se limite pas à des journées d’action saute- mouton sans suite ou des combats professionnels dispersés peut arrêter Macron et stopper la démagogie d’extrême droite.

C’est pourquoi, devant le danger qui se profile où l’extrême droite pourrait récupérer la colère sociale, des secteurs en lutte, Mc Do en grève, livreurs de Deliveroo et autres du Clap en lutte, postiers du 92 en grève, étudiants de l’Unef Tacle de tous les combats, CGT Goodyear, CGT Geodis Calberson IDF, Sud Commerce, militants du Comité de mobilisation du travail social, le Front social…. et tous ceux qui voudraient s’adjoindre à ces premiers signataires, ont décidé d’appeler syndicats, associations, fronts de lutte, partis, militants et individus à une réunion le 10 novembre à Paris afin de débattre et décider ensemble dans cette situation d’une initiative et d’une politique alternative.

télécharger le texte d’appel en PDF

Se réunir le 10 novembre et préparer l’action contre la hausse des prix et la baisse des salaires. C’est notre champ d’action.
Nous ne laisserons pas l’extrême-droite prendre la tête de nos combats !
L’exaspération sur la hausse des carburants est générale. Elle s’étend à d’autres hausses – produits alimentaires, loyers, santé…
La colère monte, parce que cette hausse des prix percute la baisse des salaires, des pensions et des aides sociales.
Tout ça, c’est le fait des profits des patrons et de la prise des dividendes des actionnaires. Les taxes du gouvernement s’y additionnent.
Le prix du travail coule en raison de la politique d’un chômage tenu à très haut niveau, de licenciements permanents et massifs et de précarité.
La baisse du salaire est relayée par le démantèlement du salaire social, la Sécurité sociale.
La répression d’État relaie les attaques patronales contre les grèves, les grévistes et leur représentation syndicale.
Le Front social déclare en conséquence l’état d’urgence sur le pouvoir d’achat, les salaires et les pensions.
Le pouvoir d’achat est une chose trop sérieuse pour la laisser aux mains de l‘extrême droite.
Le pouvoir d’achat est une cause abandonnée par des institutions syndicales qui cherchent des strapontins dans les couloirs de ministères vides.
Qui ne contribue pas à la lutte commune, tous ensemble, pour le pouvoir d’achat, portera une part de responsabilité dans l’ascension de l’extrême droite vers le pouvoir.
Le Front social ne laissera pas le terrain d’une extrême droite qui veut faire du 17 novembre la date de sa récupération, pas plus qu’il reconnaît la moindre qualité à Macron pour lutter contre elle, car il en est le marchepied.

Nous appelons à la réunion du samedi 10 novembre des secteurs en lutte et de tous ceux qui se retrouvent dans ce combat de 10 h à 17 h à la salle Hénaff- Bourse du travail- Paris

https://www.frontsocialuni.fr/se-reunir-le-10-novembre-une-necessite/

Faisons entendre la voix de notre camp !

L’exaspération n’est pas que sur la hausse des carburants : elle est générale

Bien que fortement fragilisé depuis cet été, le gouvernement Macron continue a taper fort: droits des chômeurs, retraite à points,suppressions de postes et privatisation de nombreux secteurs publics. sélection des étudiants, attaques contre les migrants… sur un fond d’intense répression policière,judiciaire et disciplinaire. De son côté le patronat, malgré ses bénéfices considérables, continue à frauder le fisc comme jamais, licencier massivement bloquer les salaires tandis que l’inflation finit de ruiner les classes populaires.

La colère sur la hausse des carburants monte parce qu’elle percute la baisse des salaires, des pensions, des aides sociales, le démantèlement de la Sécurité sociale, des retraites, du chômage…

Nous devons faire entendre la voix de notre camp, au travers de ses revendications : la hausse des salaires, des pensions et des allocations. Ne laissons pas l’extrême droite détourner et récupérer la question du pouvoir d’achat.

Au contraire, prenons appui sur les résistances importantes qui existent : les Ford qui luttent depuis 10 ans contre la fermeture de leur entreprise, les Goodyear qui bien que leur entreprise ait fermé continuent la bagarre, les postiers et postières du 92 qui sont en grève depuis 7 mois, les agents de l’hôpital Pinel en lutte depuis 4 mois, les femmes de ménage de l’hôtel Park Hyatt Vendôme qui affirment leur volonté de tenir au moinsjusqu’à Noël, les cheminots qui, après 3 mois de grève au printemps, résistent et luttent encore aujourd’hui contre l’application de la réforme ferroviaire et la répression mais aussi les salariés de McDonald’s, de New Look, de Happychic, de Monoprix, les livreurs de Deliveroo, les étudiants qui résistent contre la sélections et tant d’autres qui partout se battent, résistent et ne renoncent pas.

Pour faire reculer un pouvoir centralisé doté d’un plan de bataille commun, il nous faut dépasser les journées d’actions éparpillées secteurs par secteurs. Nous aussi nous devons nous doter d’un plan de mobilisation. Nous aussi nous devons réfléchir a comment avancer vers la construction d’un mouvement d’ensemble capable de les stopper. Pour gagner : Faisons front ! Convergeons !

Les signataires de cet appel proposent donc aux secteurs en lutte, aux organisations syndicales, à tous les fronts de lutte à ceux et celles qui sont en bute à la répression et qui ne veulent pas laisser le terrain libre à l’extrême droite de se retrouver pour faire front et converger !

Ne laissons pas une minorité parasite continuer de nous précariser, nous appauvrir et détruire nos conquis!

Nous vous proposons pour cela de nous retrouver

le samedi 10 novembre salle Henaff à la Bourse du travail,

29 boulevard du Temple Paris, à 10h pour en discuter.

https://www.frontsocialuni.fr/le-10-novembre-regroupons-nous-ne-laissons-pas-lextreme-droite-recuperer-la-colere-sociale/

https://fr-fr.facebook.com/events/740025743029993

Deux pages d’Histoire,

Où Lénine évoque le rôle

du Pope Gapone en 1905 :

(Textes français suivis des originaux russes)

Lénine – 1er Mai 1905  ODT

Lenine – 1er Mai 1905 __  PDF

Lénine – Janvier 17 – Rapport sur Révolution de 1905   ODT

 

Lénine – Janvier 17 – Rapport sur Révolution de 1905 __  PDF

 

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