histoire

2017-2018, d’Octobre à Mai, …en passant par Marx…, 3 anniversaires, un seul combat!

 

 

2017-2018 …3 ANNIVERSAIRES…

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/octobre-1917-2017-centenaire-de-la-russie-sovietique-pour-les-proletaires-lhistoire-comme-drapeau/

 

 

 

… D’OCTOBRE  A  MAI,

 

 

… EN PASSANT PAR MARX !!

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/05/17/marx-200-ans-quelle-signification-de-son-detour-russe/

 

 

 

2017-2018, deux années chargées de commémorations symboliques importantes et significatives pour le mouvement ouvrier, ou du moins, ce qu’il en reste… après plusieurs décennies de réaction anti-sociale acharnée de la bourgeoisie, et aujourd’hui encore exacerbée davantage par l’impasse totale de la crise… Pour arracher les derniers lambeaux des concessions faites aux temps de son essor, il lui faut aussi effacer la mémoire des luttes, et sinon, la dénigrer, la criminaliser, pour tenter de justifier sa propre politique criminelle actuelle, manipulant le terrorisme, le sionisme et une cohorte de milices supplétives là où ça ne suffit pas, en plus de ses interventions militaires directes.

La question fondamentale de ces 3 dates, c’est celle d’une alternative au capitalisme, et désormais, plus que jamais, à l’impérialisme, pour la majorité des peuples et des nations, asservies par la finance US.

Ces 3 dates ont évidemment un dénominateur commun, la pensée et l’œuvre de Marx, comme base essentielle de réflexion sur l’origine et sur la nature oppressive de ce système capitaliste-impérialiste.

Ce sont donc à la fois 3 approches de l’histoire concrète et vivante et de la pensée de Marx, non pas figée dans les livres, mais en action sur deux siècles !

Luniterre

 

Un demi-siècle après Mai 68 : En finir avec

la « gauche » Kollaborationniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

« Les rares personnes qui comprendront le système seront soit si intéressées par ses profits, soit si dépendantes de ses largesses qu’il n’y aura pas d’opposition à craindre de cette classe-là  ! La grande masse des gens, mentalement incapables de comprendre l’immense avantage retiré du système par le capital, porteront leur fardeau sans se plaindre et peut-être sans même remarquer que le système ne sert aucunement leurs intérêts. »

 

Rothschild Brothers of London, citant John Sherman,

communiqué aux associés, New York, le 25 juin 1863

 

 

Un demi-siècle après Mai 68, la question d’une alternative reste pourtant posée, et plus que jamais, avec la crise systémique…

 

« Ce que le socialisme prolétarien interroge, en réalité, ce n’est pas la forme, plus ou moins démocratique, ni du pouvoir d’État, ni même de la gestion des entreprises, mais la finalité sociale du travail lui-même. (…)

Ce que le socialisme interroge, en fin de compte, c’est la correspondance entre les valeurs d’usages crées par le travail et les besoins sociaux réels et urgents. Cette question, dans un premier temps, celui de la transition, non seulement n’exclut pas, mais implique la notion d’échange d’équivalents entre travailleurs producteurs, même si en tenant compte des besoins sociaux collectifs de l’ensemble de la population, y compris en dehors du secteur productif. Il y a donc là une notion collective d’utilisation de la valeur d’échange, et de la loi de la valeur, donc, telle que définie par Marx, au demeurant, dès les premières lignes du Capital, et telle que reprise dans sa non moins célèbre et controversée Critique du Programme de Gotha.

En dépit de ses litanies et rodomontades marxisantes, c’est donc l’ensemble du discours de la gauche française, même dite « extrême », anarcho-syndicaliste, trotskyste, maoïste, etc… qui se situe en dehors de toute critique réelle et sérieuse du capitalisme, et notamment en dehors de toute critique marxiste. »

 

Un demi-siècle après Mai 68, il est plus que temps

d’en revenir aux fondamentaux pour ouvrir enfin

une perspective politique réellement nouvelle et anticapitaliste…

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/04/29/un-demi-siecle-apres-mai-68-en-finir-avec-la-gauche-kollaborationniste/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com    

 

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Le « Big Mic-Mac », Stade suprême du « McDo-marxisme »…!

 Le « Big Mic-Mac »,

Stade suprême

du

« McDo-marxisme »

 

Dans le 5ème et dernier épisode de sa saga Otanesque (dite « La France et la trouée de Suwalki ») visant à décrire la Russie comme une «  menace impérialiste » pour l’« occident » libéral et « démocratique », qui serait donc tout à fait fondé à encercler militairement ce pays, selon lui, l’auteur envisage le plus sérieusement du monde et sans sourciller que cela devrait pratiquement amener l' »occident » à carrément organiser un nouveau blocus de l’économie russe, en plus des sanctions économiques déjà existantes et donc jugées «  inefficaces  » par cet auteur lui-même…  !

Mais tout cela se fait donc au nom d’un prétendu «  marxisme-léninisme  », maoïsme, en réalité, ce qui ramène donc cette prétention au niveau de la farce du «  McDo-marxisme  », à l’évidence, même si ici on atteint le stade suprême du confusionnisme, le «  Big Mic-Mac  », au top du menu kollaborationniste, avec des relents de regrets de la défaite nazie, si l’on suit les conséquences logiques de son exposé nauséabond.

Mais d’un point de vue ML et pour clarifier tout de suite la situation, venons en à la conclusion,  où ce «  communiste  », dans le style «  bouche en cœur  », tente d’atténuer le côté pour le moins unilatéral de son message et se présenter en «  pacifiste  », en quelque sorte  :

«  Communistes, nous sommes hostiles aux provocations militaires de l’occident contre la Russie, tout comme nous sommes hostiles à toute provocation militaire en général. Mais nous ne pouvons tracer une équivalence URSS – Russie, alors que, déjà, nous ne traçons pas une équivalence entre URSS jusqu’à 1956 et URSS de 1956 à 1991.  »

Ainsi l’auteur tente de se poser en défenseur de l’URSS socialiste, par opposition à la supposée URSS «  social-impérialiste  » et à son prolongement naturellement «  impérialiste  », selon lui, la Russie actuelle…

Alors que dans le corps du texte il n’hésite pas à nous servir précisément ce «  Big Mic-Mac  », selon lequel ceux qui refusent d’hurler avec la meute occidentale et refusent donc de condamner la stratégie de résistance de la Russie seraient, affirme-t-il, «  sous influence  » des médias russes….  :

« Ces agences jouent sur deux aspects : une russophilie nostalgique de l’époque soviétique, nostalgique de l’URSS -particulièrement brejnévienne- qui se retrouve chez les individus liés au PCF ou aux organisations qui en sont issu. Ceux-ci ont une sympathique plus ou moins inconsciente pour la Russie et pour son gouvernement, et son empreints d’un désir de revanche contre l’occident capitaliste. Ils ne comprennent pas le changement de nature progressif de l’URSS, entre 1956 et 1991 et ne parviennent pas à tirer un trait sur la fin de l’Union Soviétique. »

Quel aveu que ce «  communiste  » n’a précisément rien compris à la différence entre communisme et révisionnisme, rien compris à la nature de classe bourgeoise de ce dernier et à sa mutation, arrivé au pouvoir, en bourgeoisie nationale-bureaucratique, et non en un «  changement de nature progressif  de l’URSS, de 1956 à 1991 ». (sic)

Alors que l’effondrement de l’URSS en 1991 correspond à une mutation évidemment «  comprador  » de cette bourgeoisie, c’est à dire à un abandon provisoire de son caractère national et indépendant, et non à un changement réel de nature de classe.

Ce que nous avons encore vu dans notre étude récente  :

 https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

Et alors que la faction nationaliste, revenue au pouvoir sous la forme de la faction poutinienne, peine encore à reconstituer son potentiel de survie, face, précisément à l’agressivité US dont l’auteur se fait le grand justificateur, sinon carrément le chantre, en pratique.

Il ne s’agit donc pas pour les communistes ML d’entretenir la moindre confusion entre l’URSS révisionniste bourgeoise nationale-bureaucratique et l’URSS socialiste, morte avec la contre-révolution khrouchtchevienne, contrairement à ce qu’avance donc ce prétendu «  communiste  », qui assimile clairement la période révisionniste de l’URSS à un prolongement du socialisme  !

Dans le «  Big Mic-Mac  » de ce «  McDo-marxiste  » il y a donc à la fois une tranche de «  social-impérialisme soviétique  » pour justifier l’assimilation «  Russie = impérialisme  » et une tranche de «  nostalgie  » d’une URSS révisionniste, mais toujours «  socialiste  »  !!

Difficile de faire plus indigeste  !

Mais il y a encore une autre couche de sauce particulièrement peu ragoutante sur ce «  Big Mic-Mac  », à savoir que la Russie actuelle n’aurait pas le droit, légitimement, de chercher à briser l’encerclement dont elle est victime, et qu’en fin de compte l’  «  occident  » serait donc bien avisé de s’inspirer de la stratégie nazie…

« Même si la nature de l’Etat  a grandement changé depuis 1941, les dirigeants russes n’ont absolument pas oublié l’invasion germano-fasciste. Ils n’ont pas oublié que les Etats Baltes ont été l’autoroute de l’invasion. Ils n’ont pas oublié qu’il n’a fallu que deux mois pour atteindre Leningrad et l’encercler.   Eloigner la frontière des centres stratégiques à sous-tendu toute la diplomatie soviétique depuis la mi-1939. Elle explique la guerre avec la Finlande, pour quelques kilomètres salvateurs ; elle expliquait l’intervention en Bessarabie et dans les Etats Baltes. »

Et si l’on avait un doute sur l’ambiguïté de ses propos, il est clairement levé par l’affirmation suivante  :

« Aujourd’hui, les cent kilomètres qui séparent Narva, en Estonie, de Saint-Pétersbourg ne protégeraient guerre plus d’une journée d’une véritable offensive militaire de grande ampleur. Pour un Etat aussi méfiant vis-à-vis de sa situation géopolitique, une telle vulnérabilité est inacceptable. Cela explique également le verrouillage extrêmement ferme de Kaliningrad, véritable bastion sur la route du Nord. »

De quel «  verrouillage  » de Kaliningrad nous parle-t-il ici, sinon, celui, tout à fait imaginaire, invoqué dès la partie 1 de cette «  série  » pour justifier le dispositif d’agression stratégique mis en place par l’OTAN, dans cette région, aux portes, précisément, de la Russie  ?

Dans une intention «  pacifiste  », peut-être  ???

Ici l’auteur prend donc clairement ses fantasmes d’  «  impérialisme russe  » pour une réalité qui se serait déjà traduite par un tel «  verrouillage  » sur le terrain, alors que la situation de Kaliningrad est bien au contraire celle d’un ilot russe dans le monde «  occidental  » et donc particulièrement précaire, même si désormais d’importance d’autant plus stratégique pour la défense russe.

On passera, même si difficilement, sur le mépris à peine voilé avec lequel il considère les minorités russophones dans les pays baltes et on finira par ce morceau d’anthologie en matière de «  McDo-marxisme  » ou l’auteur tente de nous faire avaler que la reconstitution d’une économie russe nationale endogène serait une sorte de «  preuve  » de son «  impérialisme économique  »  :

« La Russie était un état rentier. Il exportait des armes, de la technologie -particulièrement militaire et spatiale- des denrées agricoles et minières, mais, surtout, du gaz et du pétrole. Un gaz et un pétrole dont les oligarques n’avaient qu’a ramasser les rentes, sans jamais investir dans le développement économique du pays. Les infrastructure et l’industrie du pays étaient en déliquescence plus ou moins complète.

L’occident, en bloquant les exportations de la Russie, pensait la contraindre, l’étrangler. Or, les sanctions économiques n’ont pas eu l’effet escompté. La Russie à souffert un temps de cette perte. Mais le choc passé, les sanctions se sont avérées un boomerang. »

Selon ce prétendu «  marxiste-léniniste  », l’exportation de matières premières et de produits agricoles ferait donc la base économique d’un «  impérialisme  » contre l’évidence même de ce qu’est la définition léniniste de l’impérialisme, et précisément d’un «  État rentier  » qui se caractérise par l’exportation massive de capitaux, alors que précisément on a vu, chiffres occidentaux officiels à l’appui, que le solde de la Russie, sur ce point est très largement négatif  !!

Mais la formule «  état rentier  », ici, est simplement révélatrice de l’ignorance et de la mauvaise foi de l’auteur, et sert à nous faire avaler ce dernier immondice selon lequel la résistance efficace de la Russie face à ce qui est déjà une sorte de blocus serait donc une manifestation de sa «  volonté impérialiste  »  !!!

Comme on l’a vu, il ne s’agit nullement de faire de la Russie actuelle un substitut de «  Patrie Socialiste  », qu’elle n’est plus depuis le milieu des années 50, déjà, mais de remettre à leur juste place le rôle des éléments de nationalisme bourgeois qui ont constitué un frein à la domination et à l’expansion de l’impérialisme sur la planète, et ainsi que leur rôle encore actuel.

Évidemment, cela n’a rien à voir avec la reconstruction vitalement nécessaire d’une force politique prolétarienne anticapitaliste et anti-impérialiste, mais dans cet objectif, précisément, il s’agit de ne pas se tromper d’adversaire.

Que ce soit en France, en Russie ou ailleurs, les prolétaires révolutionnaires combattent à la fois le capitalisme et l’impérialisme, qui sont les deux faces de la même pièce, et le plus souvent, du même dollar, mais il n’ont donc pas à servir la soupe à l’impérialisme, US, français ou autre !

Luniterre

LES ARTICLES CONNEXES RÉCEMMENT PARUS SUR TML :
(Dans l’ordre de parution)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

(Article où est analysé le début de cette consternante saga!)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/quelle-place-pour-la-russie-dans-la-mondialisation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/22/un-peuple-qui-en-opprime-dautres-ne-saurait-etre-libre/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/23/les-lecons-dafrin-pour-en-finir-avec-le-mcdo-marxisme/

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Source des citations:

http://unitecommuniste.fr/international/la-france-et-la-trouee-de-suwalki-partie-5-retour-a-la-baltique-et-conclusion/

 

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L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, à la base du capitalisme « mondialisé »

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https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2014/11/110114_1706_1.jpg?w=500&h=284&zoom=2

Lénine et l’impérialisme :

actualité

et éclaircissements.

SOURCE:             TRIBUNE MARXISTE-LENINISTE

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/20/limperialisme-nest-pas-un-complot-cest-un-systeme-economique-a-la-base-du-capitalisme-mondialise/

 

L’impérialisme n’est pas un « complot », c’est un système économique, et il est à la base du capitalisme « mondialisé ».

D’une manière générale, la situation actuelle de mondialisation économique, avec sa crise systémique liée à la domination de la sphère financière sur l’ensemble des conditions du développement économique, cela ne peut être une meilleure illustration de l’actualité de la pensée de Lénine sur la formation du stade impérialiste du capitalisme et la domination du capital financier sur l’ensemble des activités économiques, et en tout premier lieu, du secteur industriel. On ne peut plus spectaculaire concrétisation de la domination du capital financier sur le capital industriel et productif en général.

C’est clairement cette situation que Lénine a caractérisé par le lumineux passage suivant,

« Le propre du capitalisme est, en règle générale, de séparer la propriété du capital de son application à la production; de séparer le capital-argent du capital industriel ou productif; de séparer le rentier, qui ne vit que du revenu qu’il tire du capital-argent, de l’industriel, ainsi que de tous ceux qui participent directement à la gestion des capitaux. L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. La suprématie du capital financier sur toutes les autres formes du capital signifie l’hégémonie du rentier et de l’oligarchie financière; elle signifie une situation privilégiée pour un petit nombre d’Etats financièrement « puissants », par rapport a tous les autres. On peut juger de l’échelle de ce processus par la statistique des émissions, c’est-à-dire de la mise en circulation de valeurs de toute sorte. »

http://www.marx.be/fr/content/iii-le-capital-financier-et-loligarchie-financiere

Cette compréhension du phénomène impérialiste, qui devrait être une évidence pour tout le monde, ne l’est assurément pas pour la « culture » médiatique dominante, mais elle devrait au moins l’être pour les marxistes, et surtout pour ceux qui osent encore se proclamer « marxistes-léninistes »… Or ce n’est manifestement pas le cas…

Une difficulté d’interprétation subsiste pour certains autour de la notion de monopole et aboutit en pratique, dans leurs analyses, à escamoter complètement la domination du capital financier, et donc à vider, en fin de compte, la notion d’impérialisme de ce qui lui est particulier, comme forme du capitalisme.

Réduire la notion d’impérialisme à celle du monopole, et prétendre s’appuyer sur Lénine pour le faire, très formellement, cela reste possible si l’on en en évacue la signification essentielle et si l’on se contente de jouer sur les mots.

Cela implique d’évacuer complètement la notion de séparation du capital-argent d’avec le capital productif, qui est non seulement une notion propre à ce stade du capitalisme, où elle est donc poussée à l’extrême, mais une notion propre au capital « en général », comme nous l’indique Lénine. Ce n’est donc pas seulement un aveuglement scolastique face à la réalité du monde, selon lequel l’impérialisme se limiterait essentiellement à l’apparition des monopoles, mais c’est tout simplement, de plus, une révision fondamentale du marxisme.

Il est clair qu’à l’époque de Lénine l’apparition des monopoles et la formation du capitalisme monopoliste est bien le phénomène caractéristique de la domination du capital financier, mais non seulement il est basé, précisément, sur cette séparation, comme il nous l’indique, mais il l’accentue donc encore, au lieu de la réduire. C’est, plus que jamais, cette séparation qui permet la domination du capital financier sur le capital industriel et productif. En réalité, cette domination du financier sur le productif est carrément l’expression formelle actuelle, et depuis l’apparition du phénomène impérialiste, de cette séparation capital-argent/productif. Elle n’est pas une forme hasardeuse ou même spécialement « perverse » du capitalisme. Elle est tout simplement la forme moderne incontournable du capitalisme.

Mais elle ne doit donc pas nous faire oublier ce que nous explique Marx à propos du cycle d’élargissement du capital à travers le processus productif. Ce processus est encore le seul creuset réel de la valorisation du capital. C’est avec la révolution industrielle que ce cycle est apparu de manière évidente et visible, au premier degré, et clairement, pour la première fois, comme étant le rôle fondamental du capital productif. Avec la révolution industrielle le capital productif est devenu ouvertement et pour la première fois dans l’histoire économique, la forme dominante du capital. On comprend aujourd’hui qu’elle ne l’est devenue que pour un temps limité, en fait, même si le processus productif reste encore le creuset incontournable de la valorisation du capital, en dépit du rétrécissement de ce creuset, qui est bien l’une des causes majeures de la crise, ce que l’on a encore récemment vu à travers différents articles au sujet de la robotisation.

Mais le capital industriel et productif n’a pas surgi, avec ses usines modernes, remplaçant les ateliers artisanaux et les manufactures, comme un champignon après la pluie.

Si les capitalistes industriels ont pu dominer la scène économique dès les début de cette mutation économique gigantesque, il n’ont pu le faire que grâce l’existence de capitaux précédemment accumulés à travers les divers processus d’accumulation primitive du capital, et ayant abouti à une première strate, déjà très importante, de capital bancaire, qui s’est alors rapidement mise au service du développement industriel, même si elle n’y avait pas le premier rôle.

Ce qu’a apporté l’apparition des monopoles, c’est précisément l’inversion de ce rapport des rôles, et finalement, assez formellement, du rapport de forces entre ces deux formes du capital, ou plutôt, concrètement, de leurs détenteurs et acteurs.

Ce sont aussi bien les opérations de concentration des entreprises que les lourds investissement nécessaires à la modernisation des techniques de production qui ont transformé les acteurs bancaires et financiers en acteurs économiques, décidant finalement des stratégies industrielles et y trouvant directement leur intérêt.

Autrement dit, sans une masse de capitaux financiers préexistants et issus des formes primitives d’accumulation du capital, la formation des monopoles et leur extension à travers le monde n’eut point été possible.

Il est bien évident que cette masse s’est accrue considérablement au cours de ce processus, et que, avec Lénine, on peut parler de fusion, dans les monopoles, du capital bancaire et du capital industriel, mais il n’en ressort donc pas moins que la forme financière continue, de manière dialectique, à exister en tant que forme argent du capital et que cela lui donne une certaine autonomie par rapport au processus productif. C’est cette autonomie qui est à la fois le moyen par lequel elle assure sa domination sur la forme industrielle et sur le processus productif et le moyen par lequel elle continue d’assurer leurs développements réciproques.

Même si l’on voit bien que, globalement, la crise du capital vient de son incapacité, désormais, à se valoriser massivement à travers le processus productif, il n’en est, pas moins et pour autant, d’investissement réellement productif qui ne dépende, d’une manière ou d’une autre, du capital financier.

Les régions du monde ou le productivisme capitaliste apparaît encore comme sous-développé s’y trouvent progressivement soumises par le biais de l’investissement financier impérialiste, dans la plupart des cas.

Comme le rappelle constamment Lénine, il est également clair que si cet investissement est qualifié d’impérialiste, c’est bien parce qu’il vise d’abord à la valorisation du capital investi, tant par l’exportation massive de capitaux que par l’émission également massive de titres financiers.

Un investissement qui n’a pas pour but essentiel la valorisation du capital à travers le cycle productif ne peut réellement être qualifié d’impérialiste.

« Il n’y a jamais eu d’impérialisme pur, sans base capitaliste, il n’y en a jamais eu, il n’y en a nulle part et il n’y en aura jamais. »

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1919/03/d8c/vil19190300-04c8.htm

Pourtant, au départ, Lénine nous parle bien de deux formes d’impérialisme, dont une d’ordre strictement militaire, qu’il qualifie précisément de « romain » et porte sur la seule notion de conquête de territoires. Mais précisément, il la distingue de l’impérialisme moderne par ce but spécifié. Il est clair que dans les débuts de l’mpérialisme moderne, les deux formes se confondent encore, et notamment dans les entreprises coloniales au premier degré, où, néanmoins, la finalité est bien à court terme l’établissement d’entreprises industrielle productives et l’exploitation des ressources locales, notamment en matières premières. On a évidemment vu que cette forme ressurgit également en cas de crise aigue et de confrontation entre puissances impérialistes (2 guerres mondiales…). Elle ressurgit, également, en cas de résistance des peuples supposés faire l’objet d’entreprises de néo-colonisation, comme c’est actuellement le cas de la Syrie, entre autres.

Autrement, et notamment depuis la deuxième guerre mondiale, c’est donc le processus de néo-colonisation, par voie de domination financière, qui est le processus couramment appliqué.

Précisément, les choses ont changé, par rapport à l’époque de Lénine, sur le plan, à la foi, des formes de néo-colonisation et des formes de résistance économique à cette dernière.

A vrai dire la situation avait déjà essentiellement changé à partir de la Révolution d’Octobre et de l’émergence d’un premier état-continent, l’URSS, formé de plusieurs état entreprenant l’édification du socialisme sur 1/6ème de la planète.

Dans le sillage de ce séisme, une vague de luttes de libération nationale s’est soulevée dans les colonies détenues par les principales puissances impérialistes de l’époque. Un nombre important ont provisoirement triomphé, parfois même en se revendiquant d’options socialistes et se référant au marxisme-léninisme. En réalité, nombre de ces mouvements, même si formés dans le sillage de la IIIème internationale, étaient nés sous l’influence des bourgeoisies nationales-progressistes locales. Leurs capacités à demeurer dans la voie de l’édification du socialisme étaient très faibles, autant en raison de la base économique arriérée sur laquelle elle s’appuyait (ce qui n’était pas insurmontable, Cf. l’URSSS), que surtout par l’opportunisme nationaliste de leurs fractions dirigeantes. Bon nombre de ces régimes n’ont pas résisté longtemps aux sirènes de la corruption et sont rapidement passés du stade d’ancienne colonies à celui de néo-colonie… Mais un certain nombre ont fait de la résistance économique et politique, établissant des régimes indépendants, à vocation de développement économique endogène, à défaut de socialisme. Ces états ont hérité des infrastructures coloniales, qui comprenaient déjà parfois un niveau local de développement industriel calqué sur les monopoles des métropoles dont ils étaient issus. Même s’il s’agit donc, en réalité, de nouveaux états capitalistes, peut-on pour autant, et même s’ils comprennent des infrastructures économiques de type monopolistes, les qualifier d’impérialistes ? Et même si, de plus, dans nombre de cas ces infrastructures ont été nationalisées et sont demeurées parfois durablement la propriété de l’état ?

En quoi ces états répondent-ils donc à la définition léniniste de l’impérialisme ? Sont-ils des émetteurs massifs de titres financiers sur les places internationales ou même simplement chez eux ? Sont-ils des exportateurs massifs de capitaux financiers?

Assurément pas, et il faut donc bien admettre que des structures économiques de type monopoliste, et même des éléments de capitalisme d’état peuvent se trouver dans des états qui ne sont en rien des états impérialistes, mais sont simplement restés au stade de domination d’une bourgeoisie nationale et/ou nationale-bureaucratique, selon les cas, ce qui ne fait qu’une différence de forme, du reste, mais aucune quant à la nature de classe.

Peut-on parler pour autant de capitalisme « pré-monopoliste » ? Assurément, dans les cas où le développement est le plus arriéré, dans le cas des anciennes colonies les plus arriérées, de telles formes économiques s’y trouvent nécessairement encore, mais elles ne constituent pas, généralement, la base structurelle de ces états et le qualificatif de national bourgeois ou national-bureaucratique bourgeois, leur est mieux adapté, selon la part d’éléments de capitalisme d’état qui s’y sont constitués. C’est, notamment, le cas de la Chine maoïste, jusqu’en 1972, année où la jonction de la bureaucratie nationale-maoïste s’est rapidement effectuée avec le capital financier international, via la bourse de Hong-Kong.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2015/09/01/de-la-structuration-maoiste-de-la-bulle-chinoise/

Le cas de la Chine est particulièrement intéressant parce que de tous les pays du tiers-monde qui ont prétendu accéder au socialisme à partir d’une révolution de libération nationale, il est le plus important et celui où cette illusion s’est maintenue durablement, au point que la réalité, aussi bien de son histoire que de sa situation actuelle, est difficilement admise, pour ne pas dire, très rarement en fait, par les analystes de gauche, y compris et surtout, de la gauche occidentale, où il reste encore quelques maoïstes, et même,sans doute plus nombreux, de pseudos « marxistes-léninistes » qui avalisent le discours officiel chinois sur le « socialisme » actuel de la Chine, et sa très formelle référence au « marxisme-léninisme » !

En réalité, la lutte de libération qui se termine en 1949, sur la base d’une alliance entre bourgeoisie nationale rurale et paysannerie, où le prolétariat industriel ne joue sur le terrain plus aucun rôle politique depuis longtemps, en dehors des proclamations théoriques, aboutit donc à une « révolution démocratique bourgeoise de libération nationale », selon l’édition de 1955 du manuel de l’académie des sciences de l’URSS, et à une « révolution de démocratie nouvelle », selon Mao. Tant par celui-ci que par le Manuel, du reste, la propriété de la bourgeoisie nationale y est officiellement reconnue, y compris dans le domaine industriel, en fin de compte, alors même qu’est supposé commencer la phase du passage au socialisme. En réalité, l’intégration de la bourgeoisie industrielle supposée « nationale » se fait aussi avec force indemnisations et sinécures dans les ministères, à l’exemple de Rong Yren, fondateur d’une dynastie de milliardaires chinois encore présente dans les hautes sphères du capitalisme chinois actuel. C’est un cas typique où malgré la nationalisation progressive de la majeure partie de l’industrie, aucune forme de développement économique industriel socialiste n’a jamais vraiment eut lieu. Quant au développement agricole, après une répartition de la terre entre petits paysans, et la forme adoptée de prétendu « socialisme », à travers le système utopique des « communes populaires », il ne pouvait que mener à l’échec (catastrophe du « grand bond en avant ») déjà pourtant anticipé par Engels, dans son Anti-Dühring, à propos de ce type d’économie « communaliste » et du rétablissement tout aussi inévitable du capitalisme auquel elle ne pouvait donc que mener.

Pourtant, de l’échec tragique du « grand bond en avant » à l’émergence du capitalisme financier chinois comme l’une des forces dominantes de l’économie mondiale, il s’écoule plus de quatre décennies… De la vente des premiers titres financiers de la Chine maoïste à la bourse de Hong Kong, en Septembre 1972, à l’ouverture des places financières continentales, déjà près de deux décennies.

Dans les campagnes, les dernières communes populaires ne sont démantelées qu’au milieu des années 80, une seule étant conservée, pour le « folklore » touristique. Autrement dit, la période de domination du capitalisme national-maoïste peut être considérée comme ayant duré près de quatre décennies, également, si l’on tient compte que la période « Denguiste » est essentiellement une période comprador, de domination du capital financier étranger, et principalement US, mais où s’effectue, en quelque sorte, la plus grosse part de l’accumulation primitive nécessaire à la constitution du capital financier chinois, formant la base d’un capitalisme monopoliste d’État capable d’amorcer sa propre exportation significative de capitaux. Pour autant, à quel moment peut-on dire que cette exportation fait de la Chine une nation impérialiste ? Comme le dit Lénine :

« Inutile de dire, évidemment, que toutes les limites sont, dans la nature et dans la société, conventionnelles et mobiles; qu’il serait absurde de discuter, par exemple, sur la question de savoir en quelle année ou en quelle décennie se situe l’instauration « définitive » de l’impérialisme. »

http://marx.be/fr/content/vii-limperialisme-stade-particulier-du-capitalisme

Il en va de l’impérialisme chinois comme de l’impérialisme en général. Récemment, (2015-2016), les chinois se sont vantés que leurs exportations de capitaux étaient enfin supérieures à la masse des capitaux étrangers entrants, sur une année. Encore faut-il tenir compte qu’une partie des capitaux formellement « exportés » reviennent en réalité en Chine, via des places de transit genre Iles Caïman, pour bénéficier du statut spécial des zones franches… Quoi qu’il en soit, personne ne peut aujourd’hui nier que la Chine soit le deuxième poids lourd financier à l’échelle mondiale et le seul challenger réel de l’impérialisme US. Pour autant, l’impérialisme US possède encore plusieurs longueurs d’avance dans tous les domaines et, même s’il peut sembler « sur le déclin », tout est relatif et il a encore les moyens de se comporter en « gendarme de la planète », tant sur le plan militaire que financier, et, manifestement, il ne s’en prive pas.

Sur le plan « culturel » et idéologique, le fait que la Chine continue assez officiellement à donner des leçons de « marxisme-léninisme » au monde entier peu prêter à sourire et c’est bien là, du reste, encore un héritage de la « pensée » maoïste, qui se voulait plus « rouge » que toutes les autres et prétendait critiquer leur « révisionnisme »,et notamment le « social-impérialisme soviétique » qui serait né avec l’ère khrouchtchevienne. Cette posture « théorique » avait notamment atteint le paroxysme de l’hypocrisie et du cynisme avec la supposée « révolution culturelle », précédant précisément le basculement complet de la Chine dans le camp réellement impérialiste, celui là, des USA !! Ce que Mao lui-même a finalement formalisé à travers sa « théorie des trois mondes », prolongement conséquent de sa prétendue philosophie « de la contradiction », très prisée de nos « intellectuels » occidentaux, qui y ont trouvé une raison de plus de servir désormais la soupe aux maîtres du monde.

Cette « théorie » du « social-impérialisme soviétique » n’est pas sans avoir encore quelque écho, paradoxalement auprès de ceux qui voient en la Russie actuelle un prolongement de cet « impérialisme », soit éventuellement comme « allié » de l’impérialisme chinois, soit simplement pour son propre compte.

Ce syndrome affecte donc toujours une bonne partie des pseudos « marxistes-léninistes » français, qui le partagent, sous des formes à peine atténuées, avec une large frange de la gauche française, celle qui préfère encore le râtelier US à la soupe chinoise. Paradoxe ou retard à l’allumage, certains sont des maoïstes adepte du « Mao » de la période « révolution culturelle » !!

Il est vrai que selon la présentation actuelle qui en est faite par les médias du système, la Russie de Poutine serait donc le dernier « grand méchant loup » menaçant la quiétude de l’Occident, depuis le recul des « djihadistes » au Proche-Orient.

On a vu que le moindre de ses mouvements stratégiques est scruté et aussitôt interprété comme une « menace » et une intention agressive à l’égard de l’Occident, même lorsqu’il se déroule sur son propre territoire ou sur celui de ses alliés.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/08/tout-ca-pour-ca-ou-les-eternels-demons-kollabos-de-la-petite-bourgeoisie-maoiste/

L’épisode « Crimée » a été évidemment le pic symbolique de ce syndrome, en dépit de sa légitimité assez évidente et que l’Occident est bien dans l’incapacité de contester, du reste. Une « annexion » éventuelle du Donbass serait évidemment interprétée comme une nouvelle « agression » alors que ce rattachement est le souhait massif des populations locales et serait donc tout à fait conforme au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Si l’ambiguïté du régime Poutine doit être critiquée, au sujet de l’Ukraine, c’est bien plutôt dans le sens d’une temporisation diplomatique excessive qu’elle devrait l’être.

En Ukraine comme ailleurs, si l’on tient compte de l’épisode sanglant du Maïdan et de ses suites, c’est carrément d’une inversion des rôles qu’il s’agit, et c’est la stratégie de résistance de la Russie qui est systématiquement présentée comme une suite d’entreprises agressives supposément « impérialistes », donc, selon certains discours « de gauche » et même pseudos « marxistes-léninistes ».

Face au déferlement « préventif » du militarisme US et Otanesque sur l’essentiel des zones stratégiques jouxtant ses frontières, la stratégie de résistance et de désencerclement de la Russie surprend par son ampleur et sa relative efficacité, jusqu’à ce jour.

Au regard de l’Occident, cette efficacité est donc des plus « politiquement incorrecte » et semble seulement bien venue pour accréditer ce renversement des rôle, et attestant d’un hypothétique « équilibres des force », voire même d’une très théorique supériorité militaire, elle accréditerait donc la thèse d’un « impérialisme russe » renaissant de ses cendres, héritier en ligne directe du « social-impérialisme soviétique »…

Même si l’on se place du point de vue primitif d’un prétendu « impérialisme militaire », la réalité des chiffres devrait remettre les choses en proportions. Pour 2017, le budget de l’armée US représente à lui seul 40% du budget militaire total de la planète ! Et il est plus que douze fois supérieur à celui de la Russie ! Qui est lui-même inférieur à celui de la France, grande donneuse de leçons et pourvoyeuse de conflits à travers le monde, et en Afrique, notamment !

http://www.lepoint.fr/monde/budget-militaire-la-france-depensera-plus-que-la-russie-en-2017–12-12-2016-2089696_24.php

http://hist.science.online.fr/storie/politiq_incorrect/PaxAmericana/puissance-militaire.htm

La Russie a effectivement hérité du passé soviétique une industrie militaire d’un bon niveau et a réussi à la rendre à nouveau fonctionnelle, avec en réalité peu de moyens. Ce qui est simplement une nécessité pour sa survie, dans le contexte international actuel, et nullement une preuve de volonté « expansionniste ».

Ce meilleur rapport coût/efficacité est d’ailleurs reconnu et envié jusqu’au sein de l’armée US elle-même…

http://pqasb.pqarchiver.com/mca-members/doc/1868134384.html?FMT=TG

Le véritable impérialisme, effectivement, ne peut aller sans gâchis matériel, financier, et humain, en fin de compte !

Voilà donc pour l’ « impérialisme militaire »…

Quid de l’ « impérialisme financier » de la Russie ?

Si le budget militaire US représente à lui seul 40% du budget militaire mondial, il en va de même déjà simplement pour la capitalisation boursière située aux USA, qui représente donc également 40% du total mondial. Sur l’ensemble mondial des titres financiers, ce sont largement plus de 50% qui sont contrôlés par des américains…

Par comparaison, la capitalisation boursière de la Chine, son challenger, équivaut à 40% …de celle des USA, soit environ 16% du total mondial.

La capitalisation boursière de la Russie, pour sa part, représente seulement à peine 1,5% de la capitalisation US, soit aux environs de 0,006% du total mondial !

Une seule entreprise américaine, comme Apple, représente à elle seule plus du double de la capitalisation boursière totale en Russie… !

Et qu’en est-il de l’exportation « massive » de capitaux russes qui devrait être la manifestation essentielle de cet « expansionnisme » dévergondé… ?

Comparons les chiffres chinois et russes pour l’année 2016 :

La Chine a exporté en 2016 pour 183 Millards de Dollars de capitaux, et en a importé 133, soit un différentiel positif, pour l’export, de 50 Mds de Dollars.

https://www.tradesolutions.bnpparibas.com/fr/implanter/chine/investir

Cette même année, la Russie a importé en tout moins de 33 Milliards de Dollars, et n’en a exporté que 22, soit un solde NEGATIF de près de 11 Mds.

https://www.tresor.economie.gouv.fr/Ressources/File/438470

Et encore, selon la source, environ 70% de ces 22 Mds exportés le sont vers des « zones à fiscalité privilégiée », et ne sont donc pas réellement de l’investissement productif. Plutôt de l’évasion fiscale, en termes moins diplomatiques…

Autant dire, en dépit de quelques cas spectaculaires manifestement montés en épingle par la propagande médiatique occidentale, que l’ « exportation » de capitaux russes, déjà basicalement déficitaire, est donc en réalité carrément à considérer comme négligeable, du point de vue des critères qui en feraient l’expression d’un « impérialisme russe ».

Comment donc peut on considérer un pays, certes capitaliste, mais qui n’exporte quasiment pas de capitaux et dont la capitalisation boursière est des plus réduites, surtout en proportion de sa taille et de son importance géostratégique, à l’échelle d’un continent ?

Ses seules ressources économiques conséquentes reposent sur l’exportation de ses matières premières, et non sur leur transformation, et sur l’exportation d’armes, sa seule industrie réellement compétitive, à l’échelle internationale.

C’est en ce sens qu’elle se rapproche effectivement à nouveau de ce qu’était l’URSS des décennies Khrouchtchev-Brejnev, avant l’effondrement de la période Gorbatchev-Eltsine, de loin la plus noire.

On ne peut pas résumer en quelques lignes l’histoire économique de cette époque, mais elle peut effectivement se comparer à la période de transition « Deng Xiaoping » en Chine, en ce sens qu’il s’agit d’une période de transition de type « comprador », mais, en l’occurrence, totalement ratée, notamment en raison de l’importance prépondérante de l’économie mafieuse. Il n’y a donc pas eu d’accumulation primitive suffisante pour constituer un capital financier monopoliste russe capable de démarrer un cycle de développement basé sur l’exportation de capitaux, à partir de groupes industriels et financiers compétitifs à l’échelle internationale.

Seul le géant « Gazprom » peut sembler faire illusion, mais précisément il ne concerne que l’exploitation et l’exportation de matières premières, ne gérant donc en fait qu’une situation de dépendance de la Russie vis à vis de ce marché complexe, et de plus, majoritairement au mains de l’État russe, c’est le cas typique d’un élément de capitalisme d’État de type national-bureaucratique, et non pas la composante d’un pôle économique capitaliste au stade impérialiste, on vient de le voir.

En ce sens, en tant qu’héritier quasi direct de ce qu’était l’économie soviétique de la période Khrouchtchev-Brejnev, il nous renseigne sur ce qu’était la nature de classe de l’URSS à cette époque. On a déjà vu à quel point elle se trouvait dépendante de l’exportation des matières premières.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

La prise du pouvoir par la bureaucratie khrouchtchevienne s’est faite pratiquement en parallèle de l’installation au pouvoir, en Chine, de la bureaucratie nationale-maoïste. De plus, on a également déjà vu à quel point, à cette époque, ces deux fractions, russes et chinoises, partageaient les mêmes vues sur le démantèlement des infrastructures socialistes en URSS, et sur leurs propres modes de « développement », en dépit de leur conflit ultérieur et des légendes « théoriques » cultivées par la gauche française, surtout supposée « extrême », à ce sujet.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/11/02/maoisme-etou-marxisme-leninisme/

C’est pourquoi le programme de « réformes » initié par Khrouchtchev peut être qualifié de contre-révolution, précisément en ce qu’il change la nature de classe de l’État soviétique. D’État socialiste, il en fait une dictature bourgeoise nationale-bureaucratique. Ce qui pouvait encore être une révolution de libération nationale en Chine, après la colonisation et la dictature japonaise, était par contre nettement de nature réactionnaire et contre-révolutionnaire en URSS.

Le conflit, qui s’est développé entre eux, ensuite, principalement à partir du début des années 60, est donc un conflit entre deux fractions de la bourgeoisie nationale-bureaucratique, les deux plus importantes de cette époque là, qui tentaient en outre de se disputer le leadership des mouvements de libération nationaux, alors en plein essor.

C’est principalement au cours de cette décennie des années 60 que s’est forgé le lexique maoïste de base concernant la pseudo- « théorie du social-impérialisme soviétique », reprise, entre autres, par les « marxistes-léninistes » français, et encore jusqu’à aujourd’hui. Qu’ils aient largué ou non le maoïsme en cours de route, ils n’en continuent pas moins à tirer ce boulet théorique avec eux et même à le ressortir et à lui redonner un coup de « polish » pour établir un lien « impérialiste » entre l’URSS de cette époque et la Russie d’aujourd’hui… !

S’appuyant sur le fait que le capitalisme monopoliste d’État est la forme du capitalisme qui semble en quelque sorte être naturellement l’antichambre du socialisme, l’un de leurs adeptes nous écrit récemment :

« Le capital financier et le monopole socialiste sont la même chose, mais entre les mains de classes différentes”

Il s’appuie également sur cette première constatation que Lénine fait en « rectifiant » en quelque sorte, l’approche précédemment faite par Hilferding :

« Concentration de la production avec, comme conséquence, les monopoles; fusion ou interpénétration des banques et de l’industrie, voilà l’histoire de la formation du capital financier et le contenu de cette notion.  »

Or celle ci se trouve précisément au tout début du chapitre où Lénine démontre la domination du capital financier sur l’ensemble du processus impérialiste, résumée dans la première citation que nous avons faite en début de texte, et largement démontrée et explicitée par la suite.

Il est clair que cette fusion banques-industries est la forme concrète que prend le monopole, mais précisément en ce qu’elle permet d’accentuer encore le rôle dominant du capital-argent et d’accentuer également encore davantage sa séparation d’avec le capital productif.

«  L’impérialisme, ou la domination du capital financier, est ce stade suprême du capitalisme où cette séparation atteint de vastes proportions. »

C’est également ce que l’on constate, sur le terrain.

On ne saurait donc réduire l’impérialisme à la seule constitution des monopoles.

Il est clair que tout processus dialectique peut se transformer en son contraire, mais cette transformation est elle même un processus dialectique, et non une simple « inversion », un simple « retournement ». Un processus dialectique évolutif progressiste se transforme en son contraire par un processus dialectique régressif, une spirale ascendante par une spirale régressive descendante, etc… Entre les deux processus se trouve le point de bascule que l’on appelle généralement « saut qualitatif » ou révolution, mais il peut donc aussi s’agir d’un saut régressif, d’une contre-révolution, qui n’est pas non plus le reflet-miroir d’une révolution, mais bien le début d’un processus dialectique réactionnaire et donc régressif.

Alors que ce camarade n’hésite pas à affirmer :

L’impérialisme et le socialisme sont un peu comme le recto et le verso d’une feuille.”

« Il est évident que le capital financier disparaît sous le socialisme, non pas en étant supprimé, mais parce qu’il se convertit en propriété commune.

La concentration de la production, les monopoles et la fusion des différents secteurs économiques, c’est également vrai sous le socialisme, et même de façon encore plus importante. On appelle plus ça capital financier, puisqu’il n’y a plus de capitalisme. Mais si le capitalisme revient alors ça se reconvertit immédiatement en capitalisme monopoliste, en capital financier, etc.”

Alors que même si l’argent ne disparaît pas formellement tout de suite, avec le socialisme, il cesse d’être capital précisément en ce qu’il représente la valeur-travail, répartie entre les membres de la société selon la formule « de chacun selon ses besoins à chacun selon son travail » et qu’il ne peut se transformer en capital-argent séparé de la production, et ne peut donc plus être accumulé selon un processus capitaliste, et donc encore moins, dans les « vastes proportions » nécessaires à la reconstitution « immédiate » d’un processus impérialiste. Il est clair que dans le processus de lutte de classe continue qui se déroule, et encore longtemps, dans la phase de transition socialiste, les éléments réactionnaires et autres parasites bureaucratiques tentent de reformer localement des processus d’accumulation, et y arrivent donc malheureusement assez bien, mais même si la corruption peut gagner un niveau assez élevé dans la hiérarchie, il n’y a jamais d’accumulation suffisante pour un tel « retournement immédiat ».

Le processus d’accumulation quantitative arrive bien avant à être suffisant pour entraîner un « saut qualitatif » de type évidemment contre-révolutionnaire, et pour enclencher à grande échelle un processus de restauration du capitalisme, mais qui n’est en rien le simple « reflet-miroir » du passage du stade monopoliste-impérialiste au stade de la transition socialiste.

Et non seulement ce n’est pas le cas, mais les conditions même de la contre-révolution sont déjà un affaiblissement de la cohérence centralisatrice du socialisme sous l’effet centrifuge de la corruption et des baronnies bureaucratiques locales.

Et la situation ne va naturellement pas vers une reconstitution rapide de cette centralisation, bien au contraire. C’est l’émergence au grand jour des baronnies bureaucratiques locales et diverses, dans tous les rouages de l’État, qui poussent à sa déstructuration.

Faute de capital financier accumulé, le capitalisme national-bureaucratique qui émerge de la contre-révolution ne peut pas être un capitalisme monopoliste d’État au stade impérialiste, et il tend à se désagréger. C’est ce qui s’est passé en URSS.

Il se trouve donc même confronté à de grandes difficultés pour redémarrer un processus d’accumulation suffisant pour survivre en tant que bourgeoisie nationale-bureaucratique. C’est ce qui a engendré la phase mafieuse et comprador Gorbatchev-Eltsine. Un processus “normal” d’accumulation et de consolidation de cette bourgeoisie nationale-bureaucratique n’a recommencé, et très laborieusement, qu’avec Poutine, il n’y a pas encore deux décennies.

La “théorie” de la “restauration rapide” du capitalisme financier et du “social-impérialisme”, c’est carrément, il faut bien le redire, le “McDo du marxisme”!!!

(A suivre…)

Luniterre

Retrouvées sur TML…: les mémoires de Mounette Dutilleul!

Mounette Dutilleul,

ou la mémoire effacée :

« Parce qu’en définitive il faut bien appeler les choses par leur nom. »

Les mémoires de Mounette Dutilleul viennent d’être retirées du net… Par chance, nous en avions fait plusieurs copies, et nous avons encore retrouvé une trace du doc original, désormais imprimé en PDF, donc, en PJ dans l’article, avec les deux chapitres qui expliquent probablement cette « disparition »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/02/11/mounette-dutilleul-ou-la-memoire-effacee-comment-appeler-les-choses-par-leur-nom/

Solidarité avec la résistance anti-impérialiste en Iran !!

Solidarité avec la résistance

anti-impérialiste en Iran !!

https://avantgarde2009.files.wordpress.com/2018/01/92224261ab2c6fcc937305f3c075da94_xl.jpg?w=919&h=613

 

Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)

 

https://avantgarde2009.files.wordpress.com/2018/01/000_vm9pf-640x400.jpg?w=484&h=302

 

 

Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)…

Au moment où ces lignes sont écrites,[This article was originally published in Greek on January 7, 2018. By P. Pap for avantgarde. Translated by PK] des dizaines de milliers de personnes sont dans les rues d’Iran – exprimant leur détermination à défendre leur pays contre les plans des États-Unis et de leurs États clients. Le commandant en chef des Gardiens de la révolution a annoncé que le récent complot contre l’Iran avait été vaincu. (Par le mot « complot », il ne se référait pas aux manifestations, il se référait à ceux qui se cachent derrière les manifestants pour faire avancer leur agenda réactionnaire.)

Avant cela, l’Iran a vu quelque chose qui a été décrit par de nombreux médias occidentaux comme « une vague de manifestations anti-gouvernementales massives » ou même « une insurrection contre le régime ». Un examen plus attentif révèle une réalité quelque peu différente. Anthony Cordesman, analyste stratégique de haut niveau de l’important groupe de réflexion américain du CSIS, note avec justesse que « beaucoup voient ce qu’ils veulent voir dans les derniers troubles, en particulier ceux qui veulent que le régime tombe ». Le New York Times rapporte avec une grande tristesse que Téhéran est « particulièrement calme » et décrit la déception de (quelques douzaines) d’étudiants universitaires dont la manifestation n’a pas attiré grand monde. Ils décrivent les rassemblements comme « relativement peu nombreux … n’entraînant que quelques centaines à la fois ». Le Centre Wilson admet avec regret que « malgré les protestations, peu de choses vont changer en Iran ». Geopolitical Futures écrit que « à ce stade, compte tenu de leur format réduit et que l’économie iranienne a été bien pire que cela ces dernières années, nous ne pensons pas encore que la République islamique soit en danger de chuter ».

Bien sûr, un certain nombre de photos censées représenter des manifestations anti-gouvernementales massives ont circulé – des photos de différents endroits et à différentes époques. Les photos d’une manifestation pro-gouvernementale, le soulèvement à Bahreïn, même des scènes d’un film ont été abusivement présentées comme des photographies de manifestations anti-gouvernementales en Iran. Eh bien, au moins, ils n’utilisaient plus les photos de la place Tahrir …

Conclusion 1 : aucune manifestation anti-gouvernementale ou anti-régime massive n’a eu lieu en Iran. Les seuls qui ont « vu » de telles manifestations étaient le MEK, une organisation anti-régime de la diaspora iranienne et un animal de compagnie des services secrets de l’Empire, profondément ancré dans leurs plans ; le fils du Shah ; et une partie de la gauche trop excitée et rêveuse qui a célébré un « triomphe » après l’autre depuis les années 90.

Conclusion 2 : Aucune personne sérieuse ne s’attendait à ce que ce mouvement renverse un quelconque régime. En dehors de la « gauche » susmentionnée.

Conclusion 3 : Cette sorte de « gauche » semble vouloir prouver qu’elle est plus papiste que le pape. Nous nous demandons le pourquoi de cela.

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 Du déjà-vu…

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Mais si l’on prenait le sentiment général ici en Occident, il faudrait arriver à une conclusion qui ressemble à ceci :

Le peuple se lève et organise des rassemblements pacifiques massifs contre le régime. (Les rassemblements, de loin plus massifs qui ne sont pas contre le gouvernement, sont « oubliés ».)

Des préoccupations humanitaires surgissent tout autour du monde civilisé occidental, car les dictateurs n’ont pas été influencés par les Lumières et, par conséquent, sont enclins à commencer à massacrer leur propre peuple.

La violence éclate, des coups de feu sont tirés, des policiers et des civils tombent morts.

Avec des jeu de mots, les victimes sont toutes portées contre le régime.

Une opinion publique occidentale – qui pourrait être incapable de trouver le pays sur une carte du monde – s’arme de sa supériorité morale et se lance dans une autre mission civilisatrice afin de lui apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Et que penser si les dernières élections ont eu un taux de participation de 70% (beaucoup plus élevé que la plupart des pays occidentaux), avec 41 millions de personnes qui ont voté ? Ces gens, cela, ne veut rien dire ? Ils ne représentent pas Le Peuple ? Ceux qui vraiment disent quelque chose seraient donc les quelques dizaines qui ont déchiré l’affiche du « dictateur ». Ce sont ces gens qui exigent « la liberté, la démocratie » et d’autres mots gentils…

L’accompagnement habituel des gauchistes occidentaux – avec à leur actif combien de succès contre leur propre classe bourgeoise, en réalité ? – découvre l’internationalisme et prend la tâche de renverser la classe bourgeoise d’un autre pays, qui se trouve être un ennemi de son propre pays. (Peu de gens s’inquiètent que leur « internationalisme » soit aligné sur l’ « internationalisme » de Trump, Haley et Netanyahu – encore une fois.)

Ce jeu a été répété d’innombrables fois et le modèle est malheureusement prévisible. Une autre révolution de couleur a commencé, annonçant une nouvelle intervention impérialiste.

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 Un peu de sociologie (ce que les Marxistes de terrain appellent « Marxisme »)

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Étant donné l’agression occidentale contre l’Iran et les récentes campagnes de propagande honteuses et manifestement fausses contre la Syrie, il faut être très prudent quant à la validité des rapports des médias occidentaux. Cette fois, ils parlent de problèmes économiques qui ont amené les gens à sortir dans les rues. Inflation, chômage, inégalité, corruption.

Laissez-nous examiner ces revendications…

Source : FMI

La ligne bleue représente l’inflation, qui était proche de 50% en 1995 et de près de 35% en 2014. L’idée que l’inflation actuelle de 10,1% pourrait déclencher une sorte de rébellion est donc ridicule.

Voyons maintenant le chômage en Iran. C’est 11,4%. Seulement, ces taux n’ont rien d’inhabituel dans le pays : en 2010, le taux de chômage était de 13,5% et en 2015 de 11,1%. Donc, l’idée que le chômage actuel de 11,4% pourrait déclencher une sorte d’insurrection est également ridicule.

Source : Banque mondiale

Laissez-nous examiner l’inégalité. Il est mesuré avec l’indice de Gini (0 égalité absolue, 100 inégalité absolue). La République islamique d’Iran a un indice de Gini d’environ 37. La Grèce a un score similaire, tandis que les États-Unis ont un score de 41, l’État sioniste environ 43 et le Royaume-Uni 32,5. Les indices les plus élevés se trouvent en Afrique et en Amérique latine, avec des scores compris entre 50 et 60, tandis que les plus faibles sont autour de 25. Le niveau d’inégalité en République islamique n’est pas très élevé. (Source : Banque mondiale)

En ce qui concerne la corruption, il y a ce que l’on appelle « l’indice de perception de la corruption », sur la base duquel l’Iran occupe une place importante dans la corruption (il est le 131e moins transparent sur 176 pays). Mais cet indicateur est clairement biaisé. Afin d’obtenir une image de l’ampleur du parti pris, cette liste nomme la RPDC comme le pays le plus corrompu de la planète, alors que les 20 pays les plus corrompus comprennent le Venezuela, le Soudan, l’Irak, l’Afghanistan, la Somalie et la Libye.

Ce qui précède ne nie pas le fait que le gouvernement Ruhani est en effet un gouvernement libéral, qui a en effet pris des mesures antipopulaires. Et malgré le fait que les niveaux actuels de chômage et d’inflation ne sont pas sans précédent, les personnes qui en sont victimes ont effectivement le droit (et devraient) se battre contre cela. Les manifestations initiales ont en effet été provoquées par des griefs économiques légitimes. Il y a aussi un malaise parce que, avant les élections, Ruhani a attisé des espérances selon lesquelles l’accord nucléaire – avec l’assouplissement subséquent des sanctions – apporterait une revitalisation de l’économie et créerait plus d’emplois. Ces attentes n’ont pas été satisfaites jusqu’à présent.

Mais regardons quelques données sur l’économie et la société iraniennes qui ne sont pas susceptibles d’être mentionnées par les médias occidentaux. La chute des prix du pétrole, l’échec de la République islamique à protéger ses transactions par des produits dérivés et le coût de l’économie souterraine qui s’est développée sur la base des sanctions ont pesé sur l’économie iranienne, mais le principal problème est les sanctions. À titre indicatif, signalons que l’Iran a exporté 2,5 millions de barils de pétrole par jour en 2011 ; à la fin de 2013, ce nombre était tombé à 1,1 million.

Source : Council for Foreign Relations

En 2011, les recettes d’exportation iraniennes s’élevaient à 99 milliards de dollars. En 2012, ils sont tombés à 68,3 milliards de dollars, 48,8 milliards de dollars en 2013, 50,7 milliards de dollars en 2014, 29,4 milliards de dollars en 2015 (avec la chute des prix du pétrole) et en 2016, 36,2 milliards de dollars.

Ce qui retarde l’économie iranienne, ce sont les sanctions. Celles-ci ne sont pas causées par les dirigeants iraniens, mais par les impérialistes. Si l’on se préoccupe du niveau de vie et des griefs économiques du peuple iranien et si on veut se mobiliser pour cela, on devrait frapper à la porte de l’ambassade américaine et des bureaux de l’Union européenne – et exiger que toutes les sanctions contre l’Iran soient levées immédiatement.

Certaines autres données sociologiques que nous n’entendrons pas dans les médias occidentaux concernent les réalisations de la révolution iranienne. Un indicateur important de la qualité de vie d’une population est l’indice de développement humain (IDH), qui est fonction de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de l’éducation et de la qualité de vie. Or cet indice a explosé depuis la Révolution : de 0,542 en 1975, il était de 0,739 en 2012. C’est une formidable réussite pour une colonie qui n’a obtenu son indépendance que depuis 39 ans.

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Quelques notes sur l’action de l’impérialisme (que des « marxistes » de pacotille appellent «théories du complot»)

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Commençons par placer l’Iran sur la carte. L’image date de 2012, mais on peut facilement avoir une vue d’ensemble : l’Iran est un pays encerclé par des bases américaines.

Continuons avec les mémoires du général quatre étoiles Wesley Clark. Le général dit que dix jours après le 11 septembre, le Pentagone faisait déjà des plans pour l’invasion de l’Irak et invoque un document contenant le fameux plan « sept pays en cinq ans », l’Iran étant la cible finale. Il a dit plus ou moins la même chose à Democracy Now en 2007. Notons également que l’Iran a été inclus dans « l’Axe du Mal » de Bush en 2002 (avec l’Irak et la RPDC).

En 2009, le Brookings Institute a publié une brochure très intéressante et complète intitulée « Quel Chemin vers la Perse ? Options pour une nouvelle stratégie américaine vers l’Iran ». Notez que le chapitre 6 de cette étude s’intitule « La révolution de velours : soutenir un soulèvement populaire », et le chapitre 7 s’intitule « Inspirer une insurrection : soutenir les groupes minoritaires et d’opposition iraniens ».

En octobre 2017, l’Institut CATO a également publié une brochure intéressante sur le sujet, examinant des alternatives similaires.

L’administration Trump a fait tout ce qui était en son pouvoir pour forger un axe anti-iranien. En février, Trump a qualifié l’Iran de « plus grand sponsor du terrorisme dans le monde ». Puis est venu son voyage au Moyen-Orient en mai, après quoi Téhéran a été frappé par une attaque terroriste.

Le 2 juin 2017, le New York Times a écrit sur le « Prince noir » ou « L’Ayatollah Mike », les surnoms par lesquels Michael D’Andrea, le nouveau chef des opérations clandestines de la CIA contre l’Iran, est connu. Parmi ses nombreuses références figurent l’assassinat d’Imad Mughniyeh ( l’homme n ° 2 du Hezbollah ) en 2008 à Damas et des milliers d’exécutions extrajudiciaires par drones au Pakistan. Le journal a noté : « Le nouveau rôle de M. D’Andrea est celui de l’un des nombreux mouvements à l’intérieur de l’agence d’espionnage qui signalent une approche plus musclée des opérations secrètes … « Il peut mener un programme très agressif, mais très intelligemment », a déclaré Robert Eatinger, ancien avocat de la C.I.A. qui était profondément impliqué dans le programme de drones de l’agence. « 

Le même jour, le Wall Street Journal publiait un rapport sur le « nouveau centre de mission créé par la CIA pour faire monter la pression en Iran », indiquant que cette action reflétait la décision du gouvernement de faire du pays une cible prioritaire pour les espions Américains.

Mentionnons également que le chef de la CIA est Mike Pompeo, un faucon anti-iranien et l’un des adversaires les plus durs de l’approche d’Obama à ce sujet.

En outre, une réunion entre les responsables américains et israéliens a eu lieu en décembre 2017 pour discuter d’une « stratégie visant à contrer l’agression iranienne au Moyen-Orient ». Il s’est avéré que « les États-Unis et Israël sont d’accord sur les différents développements dans la région et en particulier ceux qui sont liés à l’Iran. Nous sommes parvenus à des accords sur la stratégie et la politique nécessaires pour contrer l’Iran. Notre entente porte sur la stratégie globale mais aussi sur les objectifs concrets, les moyens d’action et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs ». Le 1er janvier 2018, nous avons appris que les États-Unis avaient donné le feu vert à l’Etat sioniste pour assassiner le chef des gardes révolutionnaires.

Ce qui précède prouve hors de tout doute que l’Iran est dans la ligne de mire de l’impérialisme, et que la politique étrangère américaine est devenue encore plus dure à son égard. Nous ne savons pas s’il y a des escrocs qui veulent remettre en question ce fait, mais il nous semble nous souvenir de certains qui ont qualifié d ‘« imaginaire » l’agression impérialiste également bien connue et documentée contre la Syrie, prétendant même que les États-Unis étaient en … une sorte d’alliance avec Assad contre la … révolution.

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 Quelques éléments de politique

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Les révolutions ne se produisent pas sans leadership politique ou sans planification. Le fait qu’une personne soit affectée par un problème ne signifie pas nécessairement que cette personne connaît également la solution du problème – un chômeur grec peut penser que ce sont les immigrés qui sont responsables de son chômage. Quand on voit des gens descendre dans la rue, il faut d’abord demander sur quel programme ils se mobilisent ; qui conduit ; qui finance ; quelle idéologie prévaut. Ce qui précède est si simple qu’il devrait aller de soi. Hélas, ce n’est pas vraiment le cas.

Alors, que se passe-t-il en Iran ? Qui sont les gens qui manifestent ? Quel est ce mouvement que nous voyons dans les rues, avec lequel Trump, le MEK, les gauchistes de pacotille et divers idiots utiles se précipitent pour déclarer leur solidarité ?

En fait, il n’y a pas de mouvement unique. Il y en a au moins trois ou quatre. Le premier est constitué par les islamistes (inspirés des principes de la Révolution de 1979), des gens à principes qui se méfient des réformes libérales et de l’attitude pro-occidentale (selon les normes iraniennes) du président Hassan Ruhani. Il semble que ce sont eux qui ont dirigé le mouvement que nous avons vu dans les rues au cours des premiers jours. Ce mouvement exprimait des exigences économiques basées sur des problèmes réels et une opposition à une politique économique libérale existante du gouvernement, très probablement dans le contexte d’une lutte interne entre les deux principaux camps politiques dans le pays (une lutte qui ne se limite pas au niveau économique mais s’étend à la politique étrangère, au rôle de la religion, etc.). Le Kayhan, un journal de Principes proche du ministère du Renseignement, a reconnu que les gens ont des motifs pour leurs plaintes économiques et qu’ils ont raison d’être dans la rue. Même le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, critiquait la politique économique du gouvernement. Un jour avant le début des manifestations, il a déclaré que le pays faisait face à des prix élevés, à de l’inflation et à la récession, et a appelé les autorités à résoudre les problèmes. Il n’a pas parlé contre les protestations tant qu’elles étaient pacifiques ; il est intervenu seulement quelques jours après le début des violences, le 2 janvier (après cinq jours de protestations), affirmant que « les ennemis ont utilisé divers moyens pour infliger des coups à la nation iranienne et aux institutions islamiques au cours des derniers développements dans le pays ».

Le deuxième mouvement, les réformistes, est l’évolution du Mouvement Vert de 2009, qui a contribué à l’ascension de Ruhani à la présidence. Le mouvement réformiste pousse à une réforme libérale et a récemment contribué à la levée de l’obligation des femmes de porter le hijab. Ce mouvement n’a pas pris les rues cette fois, se distanciant des manifestations. Ruhani lui-même, cependant, a reconnu qu’il y avait de vrais problèmes économiques et des raisons de manifester, et a décrit les manifestations initiales (avant le déclenchement de la violence) comme « une opportunité, pas une menace ».

Pour avoir une idée des différences en termes de politique économique entre les fondamentalistes et les réformistes, on peut lire le passage suivant de Cordesman : « La Banque mondiale et le FMI ont tous deux trouvé qu’Ahmadinejad a quitté son poste après avoir créé un cauchemar et mal géré le gouvernement et le développement, la dette, les subventions alimentaires et énergétiques, l’expansion du secteur public et les obstacles à l’industrie privée et à un développement effectif devenant l’un des leaders les plus incompétents de l’histoire de l’Iran. » Les réformes de Ruhani vont dans la direction opposée.

Ces deux mouvements font pression pour les politiques qu’ils jugent appropriées dans le contexte de l’État iranien, mais ils ne sont pas intéressés à renverser la République islamique. Peu importe si l’on est d’accord ou pas avec leurs politiques, les gens ont le droit de sortir dans la rue et de faire pression pour ce qu’ils pensent être mieux. Le gouvernement iranien et la Constitution iranienne reconnaissent ce droit, après tout.

Il y a aussi un troisième mouvement qui, contrairement aux deux premiers, s’intéresse à cela : renverser le régime iranien avec l’aide de l’impérialisme et au service de l’impérialisme. Les leaders de ce mouvement sont basés principalement en dehors de l’Iran, et sont devenus les animaux de compagnie des services secrets des différents pays de l’Empire, entièrement intégrés dans leurs plans. Ils maintiennent un petit réseau de partisans en Iran, mais la majeure partie est à l’étranger. L’organisation de base de ce mouvement est le MEK, les « Moudjahidin du peuple », qui se cachent derrière le « Conseil national de la Résistance iranienne », basé en France. En 2012, Haaretz a écrit que l’organisation avait assassiné des scientifiques nucléaires iraniens au nom de l’Etat sioniste, le gouvernement américain en étant conscient. Le MEK peut être trouvé dans tous les documents sérieux de l’impérialisme, ils sont décrits comme une armée par procuration potentielle sur le terrain lors d’une attaque contre l’Iran et en tant que régime Kollabo à la « Quisling » potentiel pour le lendemain de l’agression.

( Sur l’image, Maryam Radjavi,Leader du MEK, avec McCain)

Un bref défilement vers le bas sur le site web du MEK révélera un certain nombre d’articles avec des titres tels que  » les Etats-Unis avec le peuple iranien « ,  » des manifestants iraniens prêts à mourir pour un changement de régime », « merci Trump mais nous avons besoin de plus de soutien », « Trump a raison sur l’Iran » etc. Et il y a aussi le fils du Shah, une figure politique active de la diaspora (basée sur – quelle surprise ! – Washington) avec ses partisans. Nous soutenons la répression impitoyable contre ces agents de l’impérialisme et nous nous réjouissons des nouvelles sur le démantèlement de leurs cellules.

Et puis il y a les différentes minorités d’Iran. Les manifestations dans les régions kurdes de l’Iran sont un mouvement différent qui n’est pas lié à ce qui précède. Par exemple, lorsque le Parti de la liberté du Kurdistan appelle la communauté internationale ( c’est-à-dire l’OTAN ) à l’aider contre le régime, tout le monde peut comprendre qu’il ne mobilise pas les gens dans un agenda lié aux problèmes économiques.

Il y a eu plusieurs reportages sur le fait que des slogans réactionnaires ont été chantés dans les manifestations. À côté des slogans exprimant la nostalgie de la monarchie dictatoriale du Shah, appelant à « Mort au dictateur » (apparemment Khamenei) et « Mort à Ruhani », il y a des vidéos montrant de petites foules scandant « Nous sommes de la race d’Aryaee [Aryens], nous ne vénérons pas les Arabes « ,  » Mort au Hezbollah « ,  » Quittons la Syrie, pensons à nous « , » Je donne ma vie pour l’Iran, pas pour Gaza et le Liban « . Qui a scandé ces slogans ? Et qui a ouvert le feu contre la police et les manifestants ?

Il est extrêmement improbable que le premier mouvement, celui des fondamentalistes, ait soulevé de tels slogans, car il reste attaché aux principes de la révolution de 1979. Le deuxième mouvement, celui des réformistes, ne devait en aucun cas psalmodier « Mort à Ruhani » ni appeler au renversement du régime. Les personnes qui ont soulevé ces slogans viennent probablement du troisième mouvement (pro-monarchistes et MEK), qui ont trouvé l’opportunité de se cacher derrière les manifestants afin de faire avancer leur programme réactionnaire. Dans toutes les vidéos liées, les foules qui chantent ces slogans sont petites ; mais manipuler des images pour fabriquer une « réalité » à présenter au monde extérieur n’est pas une tâche difficile pour quelqu’un ayant les moyens appropriés (accès aux médias occidentaux).

Il est révélateur que, lorsque les autorités ont demandé aux manifestants de quitter la rue après le déclenchement de la violence, les manifestants l’ont fait. Le peuple iranien a tiré des leçons de ce qui se passe dans la région. Ils ont vu ce qui s’est passé en Syrie, où l’insurrection islamiste s’est cachée sous un véritable mouvement de réforme politique qui se déroulait dans les rues à ce moment-là. Oui, un certain nombre de personnes sont mécontentes et ont des griefs économiques légitimes, mais elles n’ont pas pris la rue pour renverser leur gouvernement ou le régime iranien et ne sont pas devenues des idiots utiles du MEK, de l’Etat sioniste et des Etats-Unis. Ce sont probablement les mêmes personnes qui ont participé aux manifestations massives qui ont suivi, condamnant l’intervention des États-Unis et de l’État sioniste dans leur pays.

Si quelqu’un de la « Gauche trop excitée » veut préciser lequel de ces mouvements ils soutiennent, nous attendons avec intérêt d’en entendre parler. Mais gardons à l’esprit que la consigne « je soutiens le peuple iranien qui se lève pour renverser le régime » a déjà été prise par le MEK.

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Réactionnaires vs progressistes, ou comment les mots peuvent perdre tout leur sens

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Plusieurs « marxistes » occidentaux ont été en compétition les uns avec les autres en peignant le régime iranien avec des couleurs « réactionnaires ». Ils pensent probablement que l’insulte aux régimes des pays qui se trouvent être la cible de « leur » classe bourgeoise leur vaudra une médaille d’indépendance de classe. Ce qu’ils réussissent vraiment à faire, c’est soutenir leur propre bourgeoisie, en s’alignant sur elle au niveau de la propagande. Le mot « dictatorial » (qui vient de l’académie violemment anti-communiste de la guerre froide, qui a divisé la planète en démocraties libérales et en dictatures) est aussi largement utilisé.

Avec quoi exactement comparent-ils le régime politique iranien ? Le comparent-ils avec les régimes des pays voisins ? Essaient-ils de dire, par exemple, que l’Iran est réactionnaire par rapport à l’Arabie saoudite ? En comparaison avec l’état sioniste, peut-être ? Le comparent-ils avec les régimes de leurs propres pays, pour lesquels ils n’ont jamais utilisé de telles caractérisations ?

Nous demandons :

__Est-ce réactionnaire qu’une nation de 80 millions de personnes puisse ne plus vivre sous le joug impérialiste ?

__Est-ce réactionnaire que le surplus produit par la classe ouvrière iranienne ne soit pas volé par les impérialistes étrangers ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran n’ait pas de bases militaires américaines ? (C’est le seul pays de la région dans ce cas.)

Si l’on se penche sur les courants de l’Islam au Moyen-Orient, on verra essentiellement trois d’entre eux. Le wahhabisme d’Arabie saoudite, les Frères musulmans et l’islam chiite avec l’Iran comme centre politique et religieux. Les deux premiers courants utilisent le sectarisme et essaient de fomenter des divisions et des dissensions religieuses, et c’est précisément la raison pour laquelle ils ont une longue histoire de collaboration avec les impérialistes contre les nationalistes arabes laïques et le panarabisme. Le troisième courant prend fermement position contre le sectarisme et l’intolérance religieuse et appelle à l’unité des musulmans indépendamment de la doctrine contre l’Etat sioniste et l’Amérique.

Est-ce réactionnaire ?

__Est-ce réactionnaire que les arbres de Noël soient décorés à Bagdad et que les dirigeants de l’Axe de la Résistance félicitent les chrétiens à Noël ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran envoie des armes et de l’aide à la Palestine (sunnite) ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran ait contribué – pas seulement en paroles, mais en actes, et en actes qui ont coûté du sang – à l’écrasement de l’Etat Islamique et des autres « rebelles » djihadistes impériaux en Syrie ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne le Hezbollah, sans lequel le Liban serait désormais une province de l’Etat sioniste ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne les Ansarullah (Houthis) au Yémen ?

__Est-ce réactionnaire que l’Axe de la Résistance n’ait pas permis à l’impérialisme de faire du Moyen-Orient son terrain de jeu ?

OK, mais les femmes sont obligées de porter le hijab, et c’est réactionnaire, dirait un libéral. Hélas (pour les « libéraux » et les gauchistes de service…), ce n’est plus le cas, les femmes sont libres de ne pas porter de hijab si elles le souhaitent.

Le régime politique de l’Iran est bien sûr un régime bourgeois autoritaire, et si nous étions en Iran, nous serions dans l’opposition. Le programme communiste ne peut que se battre pour un Moyen-Orient socialiste sur les ruines de tous les régimes bourgeois. Mais la question au Moyen-Orient à ce stade n’est pas le socialisme ou le capitalisme (si quelqu’un pense que c’est la question, nous l’exhortons à nous montrer les forces politiques qui s’intéressent au socialisme, afin que nous puissions les soutenir aussi). La question est de savoir si le Moyen-Orient sera sous le talon de l’Empire ou non. Le dilemme est soit la résistance anti-impérialiste, soit la recolonisation.

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Réactionnaire vs progressiste

– restituer le sens des mots

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Voici une liste de choses qui sont vraiment réactionnaires :

__Les travailleurs des pays du Sud travaillant comme des esclaves et les surplus qu’ils produisent sont volés non seulement par leur propre bourgeoisie, mais aussi par Wall Street et la City.

__Plus d’un quart de siècle de croisade de l’Empire pour réaffirmer son hégémonie au Moyen-Orient et sur la planète, qui a fait des millions de morts, des destructions incalculables et menace désormais de mettre la planète en feu (nucléaire).

__Les États-Unis ont plus de 800 bases autour du globe, d’où les opérations de répression de tout mouvement progressiste – plus encore des mouvements révolutionnaires – vont commencer. (Soit dit en passant, que les camarades trop excités nous disent, est-ce que les Etats-Unis ont déjà soutenu un mouvement progressiste ?) Ils ne l’ont pas fait, n’est-ce pas ?

 __La doctrine diviser pour régner de l’Empire.

__Les forces que l’Empire utilise comme auxiliaires dans le contexte de sa doctrine de diviser pour régner : les factions les plus obscurantistes de l’islam politique qui utilisent le sectarisme et fomentent la division selon des principes religieux.

__L’Etat sioniste et la tactique de l’apartheid et du nettoyage ethnique qu’il emploie contre les Palestiniens.

__La monarchie la plus obscurantiste de la planète est un allié du monde occidental libre, l’Arabie Saoudite, qui mène depuis près de trois ans une guerre quasi-génocidaire contre le Yémen avec le soutien de l’Empire.

Un autre mot que nous entendons souvent est le mot « antidémocratique », utilisé en Occident pour décrire les « États voyous » (Iran, RPDC, Syrie, Cuba, Venezuela, etc.), comme si des pays se trouvant être la cible de l’impérialisme et sous un siège constant pouvaient survivre sans maintenir un état d’urgence.

Ce qui est vraiment antidémocratique, ce sont les fonctionnaires du Département d’Etat qui déclarent qu’ils ne respectent pas la souveraineté nationale d’un pays et qu’ils se réservent le droit d’intervenir où et quand ils le veulent – et de le faire effectivement.

C’est la grande image. C’est cela le vrai tableau, les États qui résistent sont en fait les vrais défenseurs de la démocratie contre le despotisme mondial de Wall Street, note le blogueur Gowans (*).

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Les tâches des communistes

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Les communistes en Iran ont un travail très difficile. D’une part, ils doivent maintenir leur indépendance politique et leur programme et ne pas capituler devant le clergé ou n’importe quelle partie de la bourgeoisie iranienne. En même temps, ils doivent reconnaître que leur ennemi numéro un est l’impérialisme qui menace à la fois le pays et les forces de résistance dans tout le Moyen-Orient. Nous sommes très réservés lorsque nous critiquons la gauche dans les pays qui se trouvent en ligne de mire de l’impérialisme – dans la mesure où elle ne s’est pas transformée en porte-parole de l’OTAN et n’a pas été formée pendant les troubles (comme cela a été le cas une soi-disant « gauche » syrienne que divers escrocs ont promu). Nous comprenons combien il est difficile de prendre la bonne position – internationaliste, c’est-à-dire correspondant aux intérêts de la révolution mondiale – face aux diverses pressions nationales.

Les communistes en Occident ont des tâches beaucoup plus simples. Nous avons la chance d’être confrontés à un seul ennemi, et celui qui se trouve à proximité : « la nôtre », la classe bourgeoise domestique. Nous devons défendre le droit de l’Iran à l’autodétermination contre l’agression impérialiste, à laquelle « notre » pays participe. Mais une intervention impérialiste ne commence pas de manière militaire directe. L’Empire a grandement amélioré ses méthodes. Avant les bombes vient une révolution colorée (généralement enracinée dans les problèmes réels de la population), suivie par les campagnes de diabolisation bien connues contre la direction et le peuple de « l’ennemi ». En Occident, cela a été historiquement lié aux missions et au devoir de « civiliser les barbares ». Le droit international a été façonné en conséquence, y compris des concepts tels que la « responsabilité de protéger » (R2P) et « l’intervention humanitaire ». Ce sont des idéologies profondément racistes qui empoisonnent l’esprit du prolétariat domestique, et nous devons nous y opposer totalement et activement. Nous devons également contrer les campagnes de propagande « humanitaire » qui suivront sans aucun doute. Nous devons saper le niveau de confiance que le prolétariat domestique éprouve à l’égard de sa bourgeoisie en exposant ses mensonges humanitaires tels qu’ils sont réellement : des prétextes pour le vol impérialiste et la soumission des autres peuples sous son joug. Nous devons exiger la levée immédiate des sanctions qui portent préjudice à nos frères et sœurs de classe en Iran, et sont responsables de leurs problèmes économiques et de leurs griefs.

En Grèce, [pays de l’auteur de l’article original**] nous devons lutter contre la politique étrangère du gouvernement, qui tente de moderniser stratégiquement le pays au détriment des peuples de la région, s’alliant à l’État sioniste, vendant des armes à l’Arabie Saoudite et intensifiant ses provocations contre la Turquie. Mentionnons ici que les navires qui ont bombardé la Syrie en avril dernier ont quitté un port grec. Mentionnons également que ce crime n’a pas suscité d’opposition ou de protestation significative. Bien sûr ! Avec une grande partie de la gauche qui paraphrase la propagande ennemie sur le « dictateur qui assassine son propre peuple », qui était là pour se mobiliser ?

Les divers communistes en Grèce et en Occident feraient bien de cesser de se cacher derrière les déclarations du Tudeh. Ils ont des tâches différentes de ce parti. Et s’ils ont, comme ils le prétendent, de bonnes suggestions sur ce que le prolétariat iranien doit faire, ils devraient les traduire en farsi et les y envoyer. Le prolétariat iranien ne peut pas les lire en grec, et c’est une honte terrible de manquer d’une telle sagesse …

Tout développement progressiste au Moyen-Orient et sur la planète exige la défaite et la dissolution de la Sainte-Alliance de nos jours, qui a son siège à Washington depuis 1945. Il y a des forces au Moyen-Orient qui font plus qu’assez à cette fin. L’Axe de Résistance (Muqawama), la principale force qui lutte pour libérer la Palestine et empêcher le Moyen-Orient de devenir une zone dominée par l’OTAN, se renforce après une dure bataille contre les forces de l’Empire. Les « rebelles » impérialistes « djihadistes » ont été écrasés en Syrie. L’EI a été anéanti en Syrie et en Irak ( au moins jusqu’à ce que l’Empire ait engendré la version 2 de l’EI). L’impérialisme est entravé par la discorde et la confusion et ses contradictions internes qui se creusent.

Il est temps que le prolétariat conscient de l’Occident soit enfin à la hauteur de ses tâches. Le premier pas dans cette direction consiste à tirer des conclusions du flot sanglant des opérations de changement de régime dont nous avons été témoins au cours des sept dernières années. Malheureusement, les articles écrits par la « gauche » sur l’Iran montrent que nous avons probablement encore un long chemin à parcourir ; néanmoins, nous sommes optimistes.

[Note des traducteurs français : on voudrait bien pouvoir l’être aussi… !]

[Viriato/Luniterre]

** Source grecque de la traduction anglaise :

https://avantgarde2009.wordpress.com/2018/01/11/iran-groundhog-day/

(* https://gowans.wordpress.com/ )

Source de la traduction française, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

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EN GUISE DE VŒUX, 4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…

 

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EN GUISE DE VŒUX,

 

4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…:

 

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo-  « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges

exorbitants et de son pouvoir… ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme »

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Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre, le capitalisme provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie. (…)

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

 

 

 

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De l’époque du Manifeste communiste

à nos jours…

Trois époques,

Trois évolutions de la stratégie

révolutionnaire

 Par notre camarade WH, du site « Les prolétaires de fer »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/trois-epoques-trois-evolutions-de-la-strategie-revolutionnaire/

 

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Le trotskysme est-il vraiment une idéologie révolutionnaire ?

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Le trotskysme

est-il vraiment

une idéologie révolutionnaire ?

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A lire sur

Tribune Marxiste-Léniniste

 

Une suite de d’échanges avec le camarade Viriato qui a tenté de se faire l’avocat de Trotsky et du trotskysme historique.

Un débat qui porte évidemment aussi sur les leçons à tirer de la Révolution d’Octobre et l’histoire de l’URSS jusque dans leurs conséquences dans le monde actuel, et notamment, en premier lieu, pour le mouvement ouvrier.

Un choix cornélien . . .

 

 

 

 

OU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de l’URSS :

Révolution politique ou économique ?

Un débat sur la pensée économique de Trotsky

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/28/histoire-de-lurss-revolution-politique-ou-economique-un-debat-sur-la-pensee-economique-de-trotsky/

 

 

Pour en finir avec Trotsky et le trotskysme, même sans pic à glace !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/28/pour-en-finir-avec-trotsky-et-le-trotskysme-meme-sans-pic-a-glace/

 

 

Trotsky contre Marx : Le Round Final ? (Sans pic à glace – Suite…)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/30/trotsky-contre-marx-le-round-final-sans-pic-a-glace-suite/

 

 

 

 

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