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Solidarité avec la résistance anti-impérialiste en Iran !!

Solidarité avec la résistance

anti-impérialiste en Iran !!

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)

 

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)…

Au moment où ces lignes sont écrites,[This article was originally published in Greek on January 7, 2018. By P. Pap for avantgarde. Translated by PK] des dizaines de milliers de personnes sont dans les rues d’Iran – exprimant leur détermination à défendre leur pays contre les plans des États-Unis et de leurs États clients. Le commandant en chef des Gardiens de la révolution a annoncé que le récent complot contre l’Iran avait été vaincu. (Par le mot « complot », il ne se référait pas aux manifestations, il se référait à ceux qui se cachent derrière les manifestants pour faire avancer leur agenda réactionnaire.)

Avant cela, l’Iran a vu quelque chose qui a été décrit par de nombreux médias occidentaux comme « une vague de manifestations anti-gouvernementales massives » ou même « une insurrection contre le régime ». Un examen plus attentif révèle une réalité quelque peu différente. Anthony Cordesman, analyste stratégique de haut niveau de l’important groupe de réflexion américain du CSIS, note avec justesse que « beaucoup voient ce qu’ils veulent voir dans les derniers troubles, en particulier ceux qui veulent que le régime tombe ». Le New York Times rapporte avec une grande tristesse que Téhéran est « particulièrement calme » et décrit la déception de (quelques douzaines) d’étudiants universitaires dont la manifestation n’a pas attiré grand monde. Ils décrivent les rassemblements comme « relativement peu nombreux … n’entraînant que quelques centaines à la fois ». Le Centre Wilson admet avec regret que « malgré les protestations, peu de choses vont changer en Iran ». Geopolitical Futures écrit que « à ce stade, compte tenu de leur format réduit et que l’économie iranienne a été bien pire que cela ces dernières années, nous ne pensons pas encore que la République islamique soit en danger de chuter ».

Bien sûr, un certain nombre de photos censées représenter des manifestations anti-gouvernementales massives ont circulé – des photos de différents endroits et à différentes époques. Les photos d’une manifestation pro-gouvernementale, le soulèvement à Bahreïn, même des scènes d’un film ont été abusivement présentées comme des photographies de manifestations anti-gouvernementales en Iran. Eh bien, au moins, ils n’utilisaient plus les photos de la place Tahrir …

Conclusion 1 : aucune manifestation anti-gouvernementale ou anti-régime massive n’a eu lieu en Iran. Les seuls qui ont « vu » de telles manifestations étaient le MEK, une organisation anti-régime de la diaspora iranienne et un animal de compagnie des services secrets de l’Empire, profondément ancré dans leurs plans ; le fils du Shah ; et une partie de la gauche trop excitée et rêveuse qui a célébré un « triomphe » après l’autre depuis les années 90.

Conclusion 2 : Aucune personne sérieuse ne s’attendait à ce que ce mouvement renverse un quelconque régime. En dehors de la « gauche » susmentionnée.

Conclusion 3 : Cette sorte de « gauche » semble vouloir prouver qu’elle est plus papiste que le pape. Nous nous demandons le pourquoi de cela.

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 Du déjà-vu…

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Mais si l’on prenait le sentiment général ici en Occident, il faudrait arriver à une conclusion qui ressemble à ceci :

Le peuple se lève et organise des rassemblements pacifiques massifs contre le régime. (Les rassemblements, de loin plus massifs qui ne sont pas contre le gouvernement, sont « oubliés ».)

Des préoccupations humanitaires surgissent tout autour du monde civilisé occidental, car les dictateurs n’ont pas été influencés par les Lumières et, par conséquent, sont enclins à commencer à massacrer leur propre peuple.

La violence éclate, des coups de feu sont tirés, des policiers et des civils tombent morts.

Avec des jeu de mots, les victimes sont toutes portées contre le régime.

Une opinion publique occidentale – qui pourrait être incapable de trouver le pays sur une carte du monde – s’arme de sa supériorité morale et se lance dans une autre mission civilisatrice afin de lui apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Et que penser si les dernières élections ont eu un taux de participation de 70% (beaucoup plus élevé que la plupart des pays occidentaux), avec 41 millions de personnes qui ont voté ? Ces gens, cela, ne veut rien dire ? Ils ne représentent pas Le Peuple ? Ceux qui vraiment disent quelque chose seraient donc les quelques dizaines qui ont déchiré l’affiche du « dictateur ». Ce sont ces gens qui exigent « la liberté, la démocratie » et d’autres mots gentils…

L’accompagnement habituel des gauchistes occidentaux – avec à leur actif combien de succès contre leur propre classe bourgeoise, en réalité ? – découvre l’internationalisme et prend la tâche de renverser la classe bourgeoise d’un autre pays, qui se trouve être un ennemi de son propre pays. (Peu de gens s’inquiètent que leur « internationalisme » soit aligné sur l’ « internationalisme » de Trump, Haley et Netanyahu – encore une fois.)

Ce jeu a été répété d’innombrables fois et le modèle est malheureusement prévisible. Une autre révolution de couleur a commencé, annonçant une nouvelle intervention impérialiste.

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 Un peu de sociologie (ce que les Marxistes de terrain appellent « Marxisme »)

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Étant donné l’agression occidentale contre l’Iran et les récentes campagnes de propagande honteuses et manifestement fausses contre la Syrie, il faut être très prudent quant à la validité des rapports des médias occidentaux. Cette fois, ils parlent de problèmes économiques qui ont amené les gens à sortir dans les rues. Inflation, chômage, inégalité, corruption.

Laissez-nous examiner ces revendications…

Source : FMI

La ligne bleue représente l’inflation, qui était proche de 50% en 1995 et de près de 35% en 2014. L’idée que l’inflation actuelle de 10,1% pourrait déclencher une sorte de rébellion est donc ridicule.

Voyons maintenant le chômage en Iran. C’est 11,4%. Seulement, ces taux n’ont rien d’inhabituel dans le pays : en 2010, le taux de chômage était de 13,5% et en 2015 de 11,1%. Donc, l’idée que le chômage actuel de 11,4% pourrait déclencher une sorte d’insurrection est également ridicule.

Source : Banque mondiale

Laissez-nous examiner l’inégalité. Il est mesuré avec l’indice de Gini (0 égalité absolue, 100 inégalité absolue). La République islamique d’Iran a un indice de Gini d’environ 37. La Grèce a un score similaire, tandis que les États-Unis ont un score de 41, l’État sioniste environ 43 et le Royaume-Uni 32,5. Les indices les plus élevés se trouvent en Afrique et en Amérique latine, avec des scores compris entre 50 et 60, tandis que les plus faibles sont autour de 25. Le niveau d’inégalité en République islamique n’est pas très élevé. (Source : Banque mondiale)

En ce qui concerne la corruption, il y a ce que l’on appelle « l’indice de perception de la corruption », sur la base duquel l’Iran occupe une place importante dans la corruption (il est le 131e moins transparent sur 176 pays). Mais cet indicateur est clairement biaisé. Afin d’obtenir une image de l’ampleur du parti pris, cette liste nomme la RPDC comme le pays le plus corrompu de la planète, alors que les 20 pays les plus corrompus comprennent le Venezuela, le Soudan, l’Irak, l’Afghanistan, la Somalie et la Libye.

Ce qui précède ne nie pas le fait que le gouvernement Ruhani est en effet un gouvernement libéral, qui a en effet pris des mesures antipopulaires. Et malgré le fait que les niveaux actuels de chômage et d’inflation ne sont pas sans précédent, les personnes qui en sont victimes ont effectivement le droit (et devraient) se battre contre cela. Les manifestations initiales ont en effet été provoquées par des griefs économiques légitimes. Il y a aussi un malaise parce que, avant les élections, Ruhani a attisé des espérances selon lesquelles l’accord nucléaire – avec l’assouplissement subséquent des sanctions – apporterait une revitalisation de l’économie et créerait plus d’emplois. Ces attentes n’ont pas été satisfaites jusqu’à présent.

Mais regardons quelques données sur l’économie et la société iraniennes qui ne sont pas susceptibles d’être mentionnées par les médias occidentaux. La chute des prix du pétrole, l’échec de la République islamique à protéger ses transactions par des produits dérivés et le coût de l’économie souterraine qui s’est développée sur la base des sanctions ont pesé sur l’économie iranienne, mais le principal problème est les sanctions. À titre indicatif, signalons que l’Iran a exporté 2,5 millions de barils de pétrole par jour en 2011 ; à la fin de 2013, ce nombre était tombé à 1,1 million.

Source : Council for Foreign Relations

En 2011, les recettes d’exportation iraniennes s’élevaient à 99 milliards de dollars. En 2012, ils sont tombés à 68,3 milliards de dollars, 48,8 milliards de dollars en 2013, 50,7 milliards de dollars en 2014, 29,4 milliards de dollars en 2015 (avec la chute des prix du pétrole) et en 2016, 36,2 milliards de dollars.

Ce qui retarde l’économie iranienne, ce sont les sanctions. Celles-ci ne sont pas causées par les dirigeants iraniens, mais par les impérialistes. Si l’on se préoccupe du niveau de vie et des griefs économiques du peuple iranien et si on veut se mobiliser pour cela, on devrait frapper à la porte de l’ambassade américaine et des bureaux de l’Union européenne – et exiger que toutes les sanctions contre l’Iran soient levées immédiatement.

Certaines autres données sociologiques que nous n’entendrons pas dans les médias occidentaux concernent les réalisations de la révolution iranienne. Un indicateur important de la qualité de vie d’une population est l’indice de développement humain (IDH), qui est fonction de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de l’éducation et de la qualité de vie. Or cet indice a explosé depuis la Révolution : de 0,542 en 1975, il était de 0,739 en 2012. C’est une formidable réussite pour une colonie qui n’a obtenu son indépendance que depuis 39 ans.

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Quelques notes sur l’action de l’impérialisme (que des « marxistes » de pacotille appellent «théories du complot»)

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Commençons par placer l’Iran sur la carte. L’image date de 2012, mais on peut facilement avoir une vue d’ensemble : l’Iran est un pays encerclé par des bases américaines.

Continuons avec les mémoires du général quatre étoiles Wesley Clark. Le général dit que dix jours après le 11 septembre, le Pentagone faisait déjà des plans pour l’invasion de l’Irak et invoque un document contenant le fameux plan « sept pays en cinq ans », l’Iran étant la cible finale. Il a dit plus ou moins la même chose à Democracy Now en 2007. Notons également que l’Iran a été inclus dans « l’Axe du Mal » de Bush en 2002 (avec l’Irak et la RPDC).

En 2009, le Brookings Institute a publié une brochure très intéressante et complète intitulée « Quel Chemin vers la Perse ? Options pour une nouvelle stratégie américaine vers l’Iran ». Notez que le chapitre 6 de cette étude s’intitule « La révolution de velours : soutenir un soulèvement populaire », et le chapitre 7 s’intitule « Inspirer une insurrection : soutenir les groupes minoritaires et d’opposition iraniens ».

En octobre 2017, l’Institut CATO a également publié une brochure intéressante sur le sujet, examinant des alternatives similaires.

L’administration Trump a fait tout ce qui était en son pouvoir pour forger un axe anti-iranien. En février, Trump a qualifié l’Iran de « plus grand sponsor du terrorisme dans le monde ». Puis est venu son voyage au Moyen-Orient en mai, après quoi Téhéran a été frappé par une attaque terroriste.

Le 2 juin 2017, le New York Times a écrit sur le « Prince noir » ou « L’Ayatollah Mike », les surnoms par lesquels Michael D’Andrea, le nouveau chef des opérations clandestines de la CIA contre l’Iran, est connu. Parmi ses nombreuses références figurent l’assassinat d’Imad Mughniyeh ( l’homme n ° 2 du Hezbollah ) en 2008 à Damas et des milliers d’exécutions extrajudiciaires par drones au Pakistan. Le journal a noté : « Le nouveau rôle de M. D’Andrea est celui de l’un des nombreux mouvements à l’intérieur de l’agence d’espionnage qui signalent une approche plus musclée des opérations secrètes … « Il peut mener un programme très agressif, mais très intelligemment », a déclaré Robert Eatinger, ancien avocat de la C.I.A. qui était profondément impliqué dans le programme de drones de l’agence. « 

Le même jour, le Wall Street Journal publiait un rapport sur le « nouveau centre de mission créé par la CIA pour faire monter la pression en Iran », indiquant que cette action reflétait la décision du gouvernement de faire du pays une cible prioritaire pour les espions Américains.

Mentionnons également que le chef de la CIA est Mike Pompeo, un faucon anti-iranien et l’un des adversaires les plus durs de l’approche d’Obama à ce sujet.

En outre, une réunion entre les responsables américains et israéliens a eu lieu en décembre 2017 pour discuter d’une « stratégie visant à contrer l’agression iranienne au Moyen-Orient ». Il s’est avéré que « les États-Unis et Israël sont d’accord sur les différents développements dans la région et en particulier ceux qui sont liés à l’Iran. Nous sommes parvenus à des accords sur la stratégie et la politique nécessaires pour contrer l’Iran. Notre entente porte sur la stratégie globale mais aussi sur les objectifs concrets, les moyens d’action et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs ». Le 1er janvier 2018, nous avons appris que les États-Unis avaient donné le feu vert à l’Etat sioniste pour assassiner le chef des gardes révolutionnaires.

Ce qui précède prouve hors de tout doute que l’Iran est dans la ligne de mire de l’impérialisme, et que la politique étrangère américaine est devenue encore plus dure à son égard. Nous ne savons pas s’il y a des escrocs qui veulent remettre en question ce fait, mais il nous semble nous souvenir de certains qui ont qualifié d ‘« imaginaire » l’agression impérialiste également bien connue et documentée contre la Syrie, prétendant même que les États-Unis étaient en … une sorte d’alliance avec Assad contre la … révolution.

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 Quelques éléments de politique

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Les révolutions ne se produisent pas sans leadership politique ou sans planification. Le fait qu’une personne soit affectée par un problème ne signifie pas nécessairement que cette personne connaît également la solution du problème – un chômeur grec peut penser que ce sont les immigrés qui sont responsables de son chômage. Quand on voit des gens descendre dans la rue, il faut d’abord demander sur quel programme ils se mobilisent ; qui conduit ; qui finance ; quelle idéologie prévaut. Ce qui précède est si simple qu’il devrait aller de soi. Hélas, ce n’est pas vraiment le cas.

Alors, que se passe-t-il en Iran ? Qui sont les gens qui manifestent ? Quel est ce mouvement que nous voyons dans les rues, avec lequel Trump, le MEK, les gauchistes de pacotille et divers idiots utiles se précipitent pour déclarer leur solidarité ?

En fait, il n’y a pas de mouvement unique. Il y en a au moins trois ou quatre. Le premier est constitué par les islamistes (inspirés des principes de la Révolution de 1979), des gens à principes qui se méfient des réformes libérales et de l’attitude pro-occidentale (selon les normes iraniennes) du président Hassan Ruhani. Il semble que ce sont eux qui ont dirigé le mouvement que nous avons vu dans les rues au cours des premiers jours. Ce mouvement exprimait des exigences économiques basées sur des problèmes réels et une opposition à une politique économique libérale existante du gouvernement, très probablement dans le contexte d’une lutte interne entre les deux principaux camps politiques dans le pays (une lutte qui ne se limite pas au niveau économique mais s’étend à la politique étrangère, au rôle de la religion, etc.). Le Kayhan, un journal de Principes proche du ministère du Renseignement, a reconnu que les gens ont des motifs pour leurs plaintes économiques et qu’ils ont raison d’être dans la rue. Même le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, critiquait la politique économique du gouvernement. Un jour avant le début des manifestations, il a déclaré que le pays faisait face à des prix élevés, à de l’inflation et à la récession, et a appelé les autorités à résoudre les problèmes. Il n’a pas parlé contre les protestations tant qu’elles étaient pacifiques ; il est intervenu seulement quelques jours après le début des violences, le 2 janvier (après cinq jours de protestations), affirmant que « les ennemis ont utilisé divers moyens pour infliger des coups à la nation iranienne et aux institutions islamiques au cours des derniers développements dans le pays ».

Le deuxième mouvement, les réformistes, est l’évolution du Mouvement Vert de 2009, qui a contribué à l’ascension de Ruhani à la présidence. Le mouvement réformiste pousse à une réforme libérale et a récemment contribué à la levée de l’obligation des femmes de porter le hijab. Ce mouvement n’a pas pris les rues cette fois, se distanciant des manifestations. Ruhani lui-même, cependant, a reconnu qu’il y avait de vrais problèmes économiques et des raisons de manifester, et a décrit les manifestations initiales (avant le déclenchement de la violence) comme « une opportunité, pas une menace ».

Pour avoir une idée des différences en termes de politique économique entre les fondamentalistes et les réformistes, on peut lire le passage suivant de Cordesman : « La Banque mondiale et le FMI ont tous deux trouvé qu’Ahmadinejad a quitté son poste après avoir créé un cauchemar et mal géré le gouvernement et le développement, la dette, les subventions alimentaires et énergétiques, l’expansion du secteur public et les obstacles à l’industrie privée et à un développement effectif devenant l’un des leaders les plus incompétents de l’histoire de l’Iran. » Les réformes de Ruhani vont dans la direction opposée.

Ces deux mouvements font pression pour les politiques qu’ils jugent appropriées dans le contexte de l’État iranien, mais ils ne sont pas intéressés à renverser la République islamique. Peu importe si l’on est d’accord ou pas avec leurs politiques, les gens ont le droit de sortir dans la rue et de faire pression pour ce qu’ils pensent être mieux. Le gouvernement iranien et la Constitution iranienne reconnaissent ce droit, après tout.

Il y a aussi un troisième mouvement qui, contrairement aux deux premiers, s’intéresse à cela : renverser le régime iranien avec l’aide de l’impérialisme et au service de l’impérialisme. Les leaders de ce mouvement sont basés principalement en dehors de l’Iran, et sont devenus les animaux de compagnie des services secrets des différents pays de l’Empire, entièrement intégrés dans leurs plans. Ils maintiennent un petit réseau de partisans en Iran, mais la majeure partie est à l’étranger. L’organisation de base de ce mouvement est le MEK, les « Moudjahidin du peuple », qui se cachent derrière le « Conseil national de la Résistance iranienne », basé en France. En 2012, Haaretz a écrit que l’organisation avait assassiné des scientifiques nucléaires iraniens au nom de l’Etat sioniste, le gouvernement américain en étant conscient. Le MEK peut être trouvé dans tous les documents sérieux de l’impérialisme, ils sont décrits comme une armée par procuration potentielle sur le terrain lors d’une attaque contre l’Iran et en tant que régime Kollabo à la « Quisling » potentiel pour le lendemain de l’agression.

( Sur l’image, Maryam Radjavi,Leader du MEK, avec McCain)

Un bref défilement vers le bas sur le site web du MEK révélera un certain nombre d’articles avec des titres tels que  » les Etats-Unis avec le peuple iranien « ,  » des manifestants iraniens prêts à mourir pour un changement de régime », « merci Trump mais nous avons besoin de plus de soutien », « Trump a raison sur l’Iran » etc. Et il y a aussi le fils du Shah, une figure politique active de la diaspora (basée sur – quelle surprise ! – Washington) avec ses partisans. Nous soutenons la répression impitoyable contre ces agents de l’impérialisme et nous nous réjouissons des nouvelles sur le démantèlement de leurs cellules.

Et puis il y a les différentes minorités d’Iran. Les manifestations dans les régions kurdes de l’Iran sont un mouvement différent qui n’est pas lié à ce qui précède. Par exemple, lorsque le Parti de la liberté du Kurdistan appelle la communauté internationale ( c’est-à-dire l’OTAN ) à l’aider contre le régime, tout le monde peut comprendre qu’il ne mobilise pas les gens dans un agenda lié aux problèmes économiques.

Il y a eu plusieurs reportages sur le fait que des slogans réactionnaires ont été chantés dans les manifestations. À côté des slogans exprimant la nostalgie de la monarchie dictatoriale du Shah, appelant à « Mort au dictateur » (apparemment Khamenei) et « Mort à Ruhani », il y a des vidéos montrant de petites foules scandant « Nous sommes de la race d’Aryaee [Aryens], nous ne vénérons pas les Arabes « ,  » Mort au Hezbollah « ,  » Quittons la Syrie, pensons à nous « , » Je donne ma vie pour l’Iran, pas pour Gaza et le Liban « . Qui a scandé ces slogans ? Et qui a ouvert le feu contre la police et les manifestants ?

Il est extrêmement improbable que le premier mouvement, celui des fondamentalistes, ait soulevé de tels slogans, car il reste attaché aux principes de la révolution de 1979. Le deuxième mouvement, celui des réformistes, ne devait en aucun cas psalmodier « Mort à Ruhani » ni appeler au renversement du régime. Les personnes qui ont soulevé ces slogans viennent probablement du troisième mouvement (pro-monarchistes et MEK), qui ont trouvé l’opportunité de se cacher derrière les manifestants afin de faire avancer leur programme réactionnaire. Dans toutes les vidéos liées, les foules qui chantent ces slogans sont petites ; mais manipuler des images pour fabriquer une « réalité » à présenter au monde extérieur n’est pas une tâche difficile pour quelqu’un ayant les moyens appropriés (accès aux médias occidentaux).

Il est révélateur que, lorsque les autorités ont demandé aux manifestants de quitter la rue après le déclenchement de la violence, les manifestants l’ont fait. Le peuple iranien a tiré des leçons de ce qui se passe dans la région. Ils ont vu ce qui s’est passé en Syrie, où l’insurrection islamiste s’est cachée sous un véritable mouvement de réforme politique qui se déroulait dans les rues à ce moment-là. Oui, un certain nombre de personnes sont mécontentes et ont des griefs économiques légitimes, mais elles n’ont pas pris la rue pour renverser leur gouvernement ou le régime iranien et ne sont pas devenues des idiots utiles du MEK, de l’Etat sioniste et des Etats-Unis. Ce sont probablement les mêmes personnes qui ont participé aux manifestations massives qui ont suivi, condamnant l’intervention des États-Unis et de l’État sioniste dans leur pays.

Si quelqu’un de la « Gauche trop excitée » veut préciser lequel de ces mouvements ils soutiennent, nous attendons avec intérêt d’en entendre parler. Mais gardons à l’esprit que la consigne « je soutiens le peuple iranien qui se lève pour renverser le régime » a déjà été prise par le MEK.

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Réactionnaires vs progressistes, ou comment les mots peuvent perdre tout leur sens

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Plusieurs « marxistes » occidentaux ont été en compétition les uns avec les autres en peignant le régime iranien avec des couleurs « réactionnaires ». Ils pensent probablement que l’insulte aux régimes des pays qui se trouvent être la cible de « leur » classe bourgeoise leur vaudra une médaille d’indépendance de classe. Ce qu’ils réussissent vraiment à faire, c’est soutenir leur propre bourgeoisie, en s’alignant sur elle au niveau de la propagande. Le mot « dictatorial » (qui vient de l’académie violemment anti-communiste de la guerre froide, qui a divisé la planète en démocraties libérales et en dictatures) est aussi largement utilisé.

Avec quoi exactement comparent-ils le régime politique iranien ? Le comparent-ils avec les régimes des pays voisins ? Essaient-ils de dire, par exemple, que l’Iran est réactionnaire par rapport à l’Arabie saoudite ? En comparaison avec l’état sioniste, peut-être ? Le comparent-ils avec les régimes de leurs propres pays, pour lesquels ils n’ont jamais utilisé de telles caractérisations ?

Nous demandons :

__Est-ce réactionnaire qu’une nation de 80 millions de personnes puisse ne plus vivre sous le joug impérialiste ?

__Est-ce réactionnaire que le surplus produit par la classe ouvrière iranienne ne soit pas volé par les impérialistes étrangers ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran n’ait pas de bases militaires américaines ? (C’est le seul pays de la région dans ce cas.)

Si l’on se penche sur les courants de l’Islam au Moyen-Orient, on verra essentiellement trois d’entre eux. Le wahhabisme d’Arabie saoudite, les Frères musulmans et l’islam chiite avec l’Iran comme centre politique et religieux. Les deux premiers courants utilisent le sectarisme et essaient de fomenter des divisions et des dissensions religieuses, et c’est précisément la raison pour laquelle ils ont une longue histoire de collaboration avec les impérialistes contre les nationalistes arabes laïques et le panarabisme. Le troisième courant prend fermement position contre le sectarisme et l’intolérance religieuse et appelle à l’unité des musulmans indépendamment de la doctrine contre l’Etat sioniste et l’Amérique.

Est-ce réactionnaire ?

__Est-ce réactionnaire que les arbres de Noël soient décorés à Bagdad et que les dirigeants de l’Axe de la Résistance félicitent les chrétiens à Noël ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran envoie des armes et de l’aide à la Palestine (sunnite) ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran ait contribué – pas seulement en paroles, mais en actes, et en actes qui ont coûté du sang – à l’écrasement de l’Etat Islamique et des autres « rebelles » djihadistes impériaux en Syrie ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne le Hezbollah, sans lequel le Liban serait désormais une province de l’Etat sioniste ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne les Ansarullah (Houthis) au Yémen ?

__Est-ce réactionnaire que l’Axe de la Résistance n’ait pas permis à l’impérialisme de faire du Moyen-Orient son terrain de jeu ?

OK, mais les femmes sont obligées de porter le hijab, et c’est réactionnaire, dirait un libéral. Hélas (pour les « libéraux » et les gauchistes de service…), ce n’est plus le cas, les femmes sont libres de ne pas porter de hijab si elles le souhaitent.

Le régime politique de l’Iran est bien sûr un régime bourgeois autoritaire, et si nous étions en Iran, nous serions dans l’opposition. Le programme communiste ne peut que se battre pour un Moyen-Orient socialiste sur les ruines de tous les régimes bourgeois. Mais la question au Moyen-Orient à ce stade n’est pas le socialisme ou le capitalisme (si quelqu’un pense que c’est la question, nous l’exhortons à nous montrer les forces politiques qui s’intéressent au socialisme, afin que nous puissions les soutenir aussi). La question est de savoir si le Moyen-Orient sera sous le talon de l’Empire ou non. Le dilemme est soit la résistance anti-impérialiste, soit la recolonisation.

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Réactionnaire vs progressiste

– restituer le sens des mots

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Voici une liste de choses qui sont vraiment réactionnaires :

__Les travailleurs des pays du Sud travaillant comme des esclaves et les surplus qu’ils produisent sont volés non seulement par leur propre bourgeoisie, mais aussi par Wall Street et la City.

__Plus d’un quart de siècle de croisade de l’Empire pour réaffirmer son hégémonie au Moyen-Orient et sur la planète, qui a fait des millions de morts, des destructions incalculables et menace désormais de mettre la planète en feu (nucléaire).

__Les États-Unis ont plus de 800 bases autour du globe, d’où les opérations de répression de tout mouvement progressiste – plus encore des mouvements révolutionnaires – vont commencer. (Soit dit en passant, que les camarades trop excités nous disent, est-ce que les Etats-Unis ont déjà soutenu un mouvement progressiste ?) Ils ne l’ont pas fait, n’est-ce pas ?

 __La doctrine diviser pour régner de l’Empire.

__Les forces que l’Empire utilise comme auxiliaires dans le contexte de sa doctrine de diviser pour régner : les factions les plus obscurantistes de l’islam politique qui utilisent le sectarisme et fomentent la division selon des principes religieux.

__L’Etat sioniste et la tactique de l’apartheid et du nettoyage ethnique qu’il emploie contre les Palestiniens.

__La monarchie la plus obscurantiste de la planète est un allié du monde occidental libre, l’Arabie Saoudite, qui mène depuis près de trois ans une guerre quasi-génocidaire contre le Yémen avec le soutien de l’Empire.

Un autre mot que nous entendons souvent est le mot « antidémocratique », utilisé en Occident pour décrire les « États voyous » (Iran, RPDC, Syrie, Cuba, Venezuela, etc.), comme si des pays se trouvant être la cible de l’impérialisme et sous un siège constant pouvaient survivre sans maintenir un état d’urgence.

Ce qui est vraiment antidémocratique, ce sont les fonctionnaires du Département d’Etat qui déclarent qu’ils ne respectent pas la souveraineté nationale d’un pays et qu’ils se réservent le droit d’intervenir où et quand ils le veulent – et de le faire effectivement.

C’est la grande image. C’est cela le vrai tableau, les États qui résistent sont en fait les vrais défenseurs de la démocratie contre le despotisme mondial de Wall Street, note le blogueur Gowans (*).

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Les tâches des communistes

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Les communistes en Iran ont un travail très difficile. D’une part, ils doivent maintenir leur indépendance politique et leur programme et ne pas capituler devant le clergé ou n’importe quelle partie de la bourgeoisie iranienne. En même temps, ils doivent reconnaître que leur ennemi numéro un est l’impérialisme qui menace à la fois le pays et les forces de résistance dans tout le Moyen-Orient. Nous sommes très réservés lorsque nous critiquons la gauche dans les pays qui se trouvent en ligne de mire de l’impérialisme – dans la mesure où elle ne s’est pas transformée en porte-parole de l’OTAN et n’a pas été formée pendant les troubles (comme cela a été le cas une soi-disant « gauche » syrienne que divers escrocs ont promu). Nous comprenons combien il est difficile de prendre la bonne position – internationaliste, c’est-à-dire correspondant aux intérêts de la révolution mondiale – face aux diverses pressions nationales.

Les communistes en Occident ont des tâches beaucoup plus simples. Nous avons la chance d’être confrontés à un seul ennemi, et celui qui se trouve à proximité : « la nôtre », la classe bourgeoise domestique. Nous devons défendre le droit de l’Iran à l’autodétermination contre l’agression impérialiste, à laquelle « notre » pays participe. Mais une intervention impérialiste ne commence pas de manière militaire directe. L’Empire a grandement amélioré ses méthodes. Avant les bombes vient une révolution colorée (généralement enracinée dans les problèmes réels de la population), suivie par les campagnes de diabolisation bien connues contre la direction et le peuple de « l’ennemi ». En Occident, cela a été historiquement lié aux missions et au devoir de « civiliser les barbares ». Le droit international a été façonné en conséquence, y compris des concepts tels que la « responsabilité de protéger » (R2P) et « l’intervention humanitaire ». Ce sont des idéologies profondément racistes qui empoisonnent l’esprit du prolétariat domestique, et nous devons nous y opposer totalement et activement. Nous devons également contrer les campagnes de propagande « humanitaire » qui suivront sans aucun doute. Nous devons saper le niveau de confiance que le prolétariat domestique éprouve à l’égard de sa bourgeoisie en exposant ses mensonges humanitaires tels qu’ils sont réellement : des prétextes pour le vol impérialiste et la soumission des autres peuples sous son joug. Nous devons exiger la levée immédiate des sanctions qui portent préjudice à nos frères et sœurs de classe en Iran, et sont responsables de leurs problèmes économiques et de leurs griefs.

En Grèce, [pays de l’auteur de l’article original**] nous devons lutter contre la politique étrangère du gouvernement, qui tente de moderniser stratégiquement le pays au détriment des peuples de la région, s’alliant à l’État sioniste, vendant des armes à l’Arabie Saoudite et intensifiant ses provocations contre la Turquie. Mentionnons ici que les navires qui ont bombardé la Syrie en avril dernier ont quitté un port grec. Mentionnons également que ce crime n’a pas suscité d’opposition ou de protestation significative. Bien sûr ! Avec une grande partie de la gauche qui paraphrase la propagande ennemie sur le « dictateur qui assassine son propre peuple », qui était là pour se mobiliser ?

Les divers communistes en Grèce et en Occident feraient bien de cesser de se cacher derrière les déclarations du Tudeh. Ils ont des tâches différentes de ce parti. Et s’ils ont, comme ils le prétendent, de bonnes suggestions sur ce que le prolétariat iranien doit faire, ils devraient les traduire en farsi et les y envoyer. Le prolétariat iranien ne peut pas les lire en grec, et c’est une honte terrible de manquer d’une telle sagesse …

Tout développement progressiste au Moyen-Orient et sur la planète exige la défaite et la dissolution de la Sainte-Alliance de nos jours, qui a son siège à Washington depuis 1945. Il y a des forces au Moyen-Orient qui font plus qu’assez à cette fin. L’Axe de Résistance (Muqawama), la principale force qui lutte pour libérer la Palestine et empêcher le Moyen-Orient de devenir une zone dominée par l’OTAN, se renforce après une dure bataille contre les forces de l’Empire. Les « rebelles » impérialistes « djihadistes » ont été écrasés en Syrie. L’EI a été anéanti en Syrie et en Irak ( au moins jusqu’à ce que l’Empire ait engendré la version 2 de l’EI). L’impérialisme est entravé par la discorde et la confusion et ses contradictions internes qui se creusent.

Il est temps que le prolétariat conscient de l’Occident soit enfin à la hauteur de ses tâches. Le premier pas dans cette direction consiste à tirer des conclusions du flot sanglant des opérations de changement de régime dont nous avons été témoins au cours des sept dernières années. Malheureusement, les articles écrits par la « gauche » sur l’Iran montrent que nous avons probablement encore un long chemin à parcourir ; néanmoins, nous sommes optimistes.

[Note des traducteurs français : on voudrait bien pouvoir l’être aussi… !]

[Viriato/Luniterre]

** Source grecque de la traduction anglaise :

https://avantgarde2009.wordpress.com/2018/01/11/iran-groundhog-day/

(* https://gowans.wordpress.com/ )

Source de la traduction française, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

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EN GUISE DE VŒUX, 4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…

 

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EN GUISE DE VŒUX,

 

4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…:

 

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo-  « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges

exorbitants et de son pouvoir… ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme »

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Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre, le capitalisme provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie. (…)

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

 

 

 

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De l’époque du Manifeste communiste

à nos jours…

Trois époques,

Trois évolutions de la stratégie

révolutionnaire

 Par notre camarade WH, du site « Les prolétaires de fer »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/trois-epoques-trois-evolutions-de-la-strategie-revolutionnaire/

 

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Le trotskysme est-il vraiment une idéologie révolutionnaire ?

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Le trotskysme

est-il vraiment

une idéologie révolutionnaire ?

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A lire sur

Tribune Marxiste-Léniniste

 

Une suite de d’échanges avec le camarade Viriato qui a tenté de se faire l’avocat de Trotsky et du trotskysme historique.

Un débat qui porte évidemment aussi sur les leçons à tirer de la Révolution d’Octobre et l’histoire de l’URSS jusque dans leurs conséquences dans le monde actuel, et notamment, en premier lieu, pour le mouvement ouvrier.

Un choix cornélien . . .

 

 

 

 

OU

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Histoire de l’URSS :

Révolution politique ou économique ?

Un débat sur la pensée économique de Trotsky

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/28/histoire-de-lurss-revolution-politique-ou-economique-un-debat-sur-la-pensee-economique-de-trotsky/

 

 

Pour en finir avec Trotsky et le trotskysme, même sans pic à glace !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/28/pour-en-finir-avec-trotsky-et-le-trotskysme-meme-sans-pic-a-glace/

 

 

Trotsky contre Marx : Le Round Final ? (Sans pic à glace – Suite…)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/30/trotsky-contre-marx-le-round-final-sans-pic-a-glace-suite/

 

 

 

 

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Deux articles importants récemment parus sur TML

 

Deux articles importants

récemment parus

sur   TML

 

Pour une approche méthodologique Marxiste-Léniniste dans l’analyse historique (nouvelle édition)

Pour lutter contre la reprise « à gauche » des ragots et calomnies anti-soviétiques courantes des médias occidentaux, bourgeois et trotskystes, avec une inclination sur leur étrange « concordance historique »!

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/18/pour-une-approche-methodologique-marxiste-leniniste-dans-lanalyse-historique-nouvelle-edition/

De Mao à Ma,

ou la « philosophie » chinoise

du capitalisme !!

A l’heure où certains pseudo-« marxistes » n’hésitent pas à nous présenter Jack Ma, le célèbre patron chinois du groupe financier « ALIBABA » comme un continuateur, non seulement de Mao, ce qu’il est effectivement, mais carrément de Marx et Lénine…

Une façon particulièrement révélatrice qu’ont les opportunistes et les sociaux-chauvins de « fêter » le Centenaire d’Octobre!!

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Philosophie chinoise

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La « contradiction » du maoïsme au microscope

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Par notre camarade WH du site « Les  prolétaires de fer »

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Une approche à a fois exhaustive et didactique…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/10/de-mao-a-ma-ou-la-philosophie-chinoise-du-capitalisme/

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D’autres articles d’actu sur TML et Solydairinfo:

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Lénine à Paris ? 100 ans après,

sur sa trace, encore vivante !!

Où quand la petite histoire rencontre la grande…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/07/lenine-a-paris-ou-quand-la-petite-histoire-rencontre-la-grande/

Et quand la grande nous interpelle encore…

(7 Novembre – Calendrier Julien)

1917-2017 Octobre est(…encore) là !!

…Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/01/1917-2017-octobre-est-la-et-si-le-bolchevisme-etait-encore-une-idee-neuve/

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Pour nous, célébrer Octobre, ce n’est pas une proclamation de pure forme, mais une continuation du combat pour en tirer les leçons, à travers toute l’histoire de l’URSS et ses différentes périodes.

Des leçons utiles pour comprendre le monde et les luttes d’aujourd’hui…

Comme on le verra, Octobre et ses conséquences, même lointaines, sont présents dans les différents débats et polémiques…

Sur le contexte actuel des luttes sociales en France, un débat avec nos camarades de l’UC-Lyon :

(articles reclassés dans l’ordre chronologique)

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/27/lutte-sociale-de-lerrance-du-maoisme-lyonnais/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/04/de-lerrance-du-maoisme-lyonnais-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/07/pour-une-approche-methodologique-marxiste-leniniste-dans-lanalyse-du-revisionnisme/

Syndicalisme et politique,c’est aussi le sujet d’un autre débat, suite à la critique du « nouvel évangile révolutionnaire »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/31/syndicalisme-etou-politique-une-seconde-critique-du-livre-levangile-de-la-philosophie-et-de-la-revolution/

Au delà de l’évolution des conditions historiques et des conditions spécifiques actuelles, le sujet est donc aussi, en résumé…

La fin des illusions !!

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/26/la-fin-des-illusions-reformistes/

La fin des illusions se passe même de mots, surtout quand ils sont censurés…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/29/macron-le-pere-noel-et-ses-amis-illusionnistes/

La fin des illusions, c’est déjà le cas depuis longtemps pour les victimes du mal logement et pour les sans abris

Avec la « trêve » du 1er Novembre, c’est parfois l’occasion d’un sursis, mais qui n’arrête pas les poursuites…

https://cdn.radiofrance.fr/s3/cruiser-production/2017/10/27c11183-efa7-44eb-8210-7153a521a8f3/640_maxnewsworldthree835736.jpg

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/02/droit-au-logement-et-capitalisme-incompatibilite-de-fait/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/02/droit-au-logement-et-capitalisme-incompatibilite-de-fait/

Enfin, calomnier et détruire l’héritage d’Octobre et de l’histoire de l’URSS, c’est le job quasi à plein temps d’un certain nombre d’ « historiens » et de plumitifs à la solde du système, mais ils sont secondés en cela par la plus grande partie de l’ « extrême-gauche », en France comme ailleurs, et jusqu’au Québec, où sévit M Bibeau, l’inénarrable chroniqueur avec lequel nous rompons à nouveau quelques lances polémiques…

En commençant par la simple présentation du premier ouvrage important de Lénine consacré à la question…

DU DROIT DES NATIONS A DISPOSER D’ELLES-MÊMES

Écrit en 1914 en réponse aux thèses de Rosa Luxemburg, un texte très polémique donc, qui n’épargne pas Trotsky non plus, et on comprend donc l’ « oubli » quasi total dans lequel il est tombé en France…

Mais M Bibeau vole au secours de son égérie « anti-léniniste »…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/04/une-bequille-de-gauche-de-lanticommunisme-et-de-lanti-sovietisme/

Et le débat continue donc…

De la IIIème Internationale à la crise actuelle du Capital…

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/05/de-la-iiieme-internationale-a-la-crise-actuelle-du-capital/

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N’en déplaise à ce genre nouveau de Kollabos, la résistance de l’URSS contre l’impérialisme US et ses laquais fascistes a encore quelques prolongements notables à travers le monde, et jusqu’au cœur de l’Europe, en Ukraine, où le vocable « fasciste hitlérien» n’est pas une clause de style…

https://dnipress.com/site/assets/files/6931/1179509.640x0-is.jpg

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/28/commandite-par-les-usa-le-fascisme-en-marche-au-coeur-de-leurope/

Une autre cause abondamment calomniée, celle de la RPDC, dite « Corée du Nord », qui trouve encore le moyen de tenir tête à toutes les grandes puissances de ce monde, comme elle l’a toujours fait, depuis plus d’un demi-siècle…

Comprendre la situation diplomatique de la RPDC: anti-impérialisme ou social-chauvinisme?

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/04/comprendre-la-situation-diplomatique-de-la-rpdc-anti-imperialisme-ou-social-chauvinisme/

Mais ce que l’on sait encore moins, en occident, c’est que…

Sud, Nord, Toute la Corée veut la Paix !!

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/11/06/sud-nord-toute-la-coree-veut-la-paix/

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Mais toute forme de nationalisme n’est pas nécessairement une forme d’anti-impérialisme. Le chauvinisme et le social-chauvinisme sont donc les moyens par lesquels la bourgeoisie tente d’entrainer le prolétariat comme masse de manœuvre, puis éventuellement, de chair à canons, dans ses règlements de comptes internes.Puigdemont et son équipe de pieds-nickelés, fers de lance d’une UE « régionaliste », ont tenté d’entrainer le prolétariat catalan et espagnol dans leur sillage affairiste, non sans un relatif succès… Mais là aussi, le soufflet des illusions retombe !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/31/republique-catalane-premier-et-dernier-jour-bilan/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/16/la-question-nationale-et-la-situation-actuelle-en-espagne/

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Pour l’opportunisme social-chauvin, peu importe le contenu de classe, c’est le nombre qui compte et toutes les coalitions les plus hétéroclites sont envisageables… Mais entre les cliques du genre, le nombre est réduit et la concurrence rude prévaut…révélant l’incohérence de cette démarche. 7Mois après leur campagne électorale, un « DIMITROV » de pacotille nous reproche encore de l’avoir démasqué !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/08/lutte-de-classe-ou-lutte-de-cliques-retour-sur-les-rivalites-upr-prcf/

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Lénine à Paris… Ou quand la petite histoire rencontre la grande…

https://i1.wp.com/rhapsody2000.free.fr/nc1/images/wallpapers/3000/i_3511_lenin_in_paris_lenine_a_paris.jpg

 

Reçus par e-mail, ces deux « instantanés » où la roue de la petite histoire rencontre celle de la grande, et de façon « percutante »…

Elle ne l’a pourtant pas empêché de continuer à tourner…

 

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IMAGE DU FILM « LÉNINE A PARIS »

https://fr.wikipedia.org/wiki/L%C3%A9nine_%C3%A0_Paris

100 ans avant la révolution Vélib, Lénine circulait à bicyclette à Paris…

Devant les trois appartements qu’il a occupés dans le 14ème arrondissement (c’est toujours émouvant pour des croyants comme nous d’y faire un pèlerinage, même une fois par an), on pouvait, il y a plus de 100 ans, voir Lénine entretenir ou réparer sa bicyclette sur le trottoir.

La préparation était nécessaire avant de se rendre ici ou là dans la capitale ou en banlieue pour étudier l’histoire de la révolution française à la bibliothèque, améliorer son français avec une amie, ou discuter dans les cafés du quartier dans lequel se tapissaient aussi des espions du Tsar…  

Voilà donc, non pas un médecin maoïste aux pieds nus, mais, un des rares philosophes au monde qui osait mettre ses mains dans le cambouis…  

Lénine ne se déplaçait qu’à bicyclette, parfois très loin dans l’Essonne où il a également vécu et travaillé (école des futurs cadres du Parti). Quand nous sommes allés faire un petit pèlerinage à Longjumeau, nous avons retrouvé sous son appartement un restaurant turc… aux employés duquel nous fîmes l’honneur de partager le pain quotidien. Très peu francophones, ils ne comprirent pas bien nos questions et remarques sur l’appartement :

-« Il y a un vieux monsieur là haut », nous dirent-ils…

-« Pouvons-nous monter le visiter ? »

-« Non, non, ce n’est pas possible… »

Alors un client bien francophone s’immisça dans notre discussion et nous demanda de la manière la plus stupide au monde:

-« Vous cherchez un hôtel ? »

Alors, ayant soudain la question kurde à l’esprit, sans savoir très bien pourquoi, nous répondîmes:

-« Non, Monsieur. Nous disions simplement que dans l’appartement du dessus, avait vécu un grand révolutionnaire »….

Et comment ne l’aurait-il pas été. Il y a quand même une plaque commémorative sur le mur extérieur qui dit: « Ici a vécu et travaillé en 1911 V. Lénine, théoricien et guide du mouvement communiste universel, fondateur de l’Union Soviétique » »

IMAGE (d’un film soviétique des années 80 sur son séjour à Paris): En revenant de Juvisy, et peut-être à Longjumeau (à vérifier), Lénine descendait à toute vitesse la rue de droite quand arriva une voiture en bas à gauche, au pied de l’établissement nommé « Le Singe Violet ». Elle le heurta et cassa sa bicyclette. On peut le voir tenant la roue arrière à la main et maudissant le propriétaire; en fait un vicomte: « Que le diable l’emporte », écrivit-il par la suie à sa sœur à qui il a raconta cet accident historique. Il aurait même porté plainte avec un avocat. Il serait intéressant, en cette veille ô c combien sacrée d’anniversaire de la Grande Révolution d’Octobre, si Lénine obtint effectivement des réparations de la justice bourgeoise de l’époque ou ce que cette affaire est devenue…

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Droit au Travail, Droit à la Paresse: L’Amour est plus fort que la mort…: Etapes méconnues du Pèlerinage aux Lieux Saints

Les chroniques historiques révèlent aussi que LENINE et NADEZHDA se rendirent un jour à bicyclette de Paris (donc de leur appartement du 14ème arrondissement – un modeste « Deux pièces-cuisine », peut-être même avec des toilettes sur le palier mais sans télévision et sans fibre optique révolutionnaire de type Orange…) à Draveil, à une vingtaine de kilomètres au sud de Paris, et à bicyclette…

Le but du déplacement était de rencontrer PAUL LAFARGUE et sa femme LAURA (MARX) chez eux dans leur propre maison…. Mon Dieu, quelle rencontre au sommet ce fut….

Le révolutionnaire qui, pour la première fois dans l’Histoire de l’Humanité, fit porter au pouvoir la classe ouvrière afin d’imposer dictatorialement le « Droit au Travail », s’entretenait avec celui qui écrirait le « Droit à la Paresse »…

La maison de Draveil est toujours debout. Une inscription en lettres de feu rappelle qui furent les deux hôtes:

-Paul Lafargue, mort en 1911: « Cofondateur du Parti Ouvrier Français, Député »

-Laura Marx Lafargue, morte en 1911: « Militante su socialisme scientifique et pour la défense de la classe ouvrière »

La tragédie veut qu’en 1911, les deux amoureux se suicidèrent d’un commun accord: pour ne pas, selon les mots du premier, devoir supporter leurs corps affaiblis par une vie de combat pour l’humanité. En fait, et Nadezhda l’aurait remarqué par l’expression même du visage de Laura, cette dernière ne l’aurait pas fait vraiment de son plein gré…

Il reste que l’inscription en lettres dorées sur la façade de leur demeure dit, de la manière la plus aragonaise qui soit :

« L’Amour est plus fort que la mort »

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LENIN?

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STILL ALIVE!!

 

Centenaire d’Octobre: …vers un sursaut unitaire ??

 

Nouveau  sur   TML

 

 

 

 

Centenaire d’Octobre:

 

 …vers un sursaut unitaire

 

du Mouvement ML en France?

 

 

 En préambule d’un de nos articles sur le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS, nous écrivions :

« Un siècle après Octobre, et à la veille de son centenaire, il semble impossible, même pour les communistes marxistes-léninistes, de le célébrer avec un minimum de consensus, sinon d’unité, sur sa signification et surtout, sur ses conséquences…

Le fait qu’Octobre ait ouvert une période de transformations sociales radicales en Russie et dans les pays qui allaient devenir l’Union Soviétique, c’est le seul point qui permette à tous ceux qui se réclament du communisme de pouvoir, à la rigueur, être d’accord avec la première phrase d’un texte sur le sujet, et encore, à condition de ne pas s’éloigner de considérations très générales…  »

 

Or il se trouve que les camarades d’un autre blog ML lyonnais, « Unité Communiste-Lyon », ont entrepris précisément une initiative qui semble répondre exactement à cette considération…

 

Proposer un communiqué unitaire s’en tenant à des considérations d’ordre le plus général possible sur le sujet « Centenaire d’Octobre » et avec lesquelles il est par conséquent à peu près impossible d’être en désaccord, à moins d’être sectaire au dernier degré dans l’échelle de la bêtise… !

 

Un autre blog, «Éditions Prolétariennes », en quelque sorte héritier et dépositaire des traces les plus anciennes du mouvement ML français depuis la fin des années 60, a également décidé d’apporter son soutien à cette initiative.

 

Pour qui connait aussi bien l’histoire du mouvement ML lyonnais ces dernières années, que l’histoire, plus ancienne, du courant principal dont les « Éditions Prolétariennes » sont en quelque sorte la succession, il n’est pas difficile de comprendre l’abime qui sépare nos analyses, aussi bien d’un côté que de l’autre…

 

Néanmoins, sur TML, nous apportons également notre soutien à cette initiative, dont les auteurs admettent eux-même qu’elle peut avoir un aspect presque naïf, à l’évidence, dans le contexte actuel.

 

Elle a plutôt, à notre sens, un aspect carrément idéaliste, dans tous les sens du terme, y compris d’un point de vue critique marxiste, mais il se trouve qu’elle correspond malgré tout à ce que le mouvement ML français est actuellement capable de produire de meilleur, le reste étant essentiellement l’expression du sectarisme, du dogmatisme, et encore plus souvent, de l’opportunisme social-chauvin, sinon une combinaison plus ou moins alambiquée de ces diverses tares… !

 

VOICI DONC , EN L’ÉTAT ACTUEL, republié sur TML, LE PROJET DE COMMUNIQUÉ PROPOSÉ PAR CES CAMARADES…

(A la suite les liens vers les sites parties prenantes, ainsi qu’un récapitulatif des principaux articles parus sur TML, concernant le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS.)

Centenaire d’Octobre:

…vers un sursaut unitaire ??

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/16/centenaire-doctobre-vers-un-sursaut-unitaire/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/08/train-sovietique-affiche.jpg?w=534&h=254

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Catalogne – Espagne : jaune et rouge ou bien Rouge ou Jaune ???

 

 

 

 

 

 

Un article initialement publié sur…

 

 

Solydairinfo

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/

 

Drapeau de l'Espagne

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2 COULEURS…

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Mais 1 seule est la bonne…!

 

 

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Contrairement à une idée répandue

dans l' »extrême-gauche » française,

le mouvement ouvrier catalan n’est ni inféodé

ni à la remorque de la bourgeoisie nationaliste…

 

« Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens. »

Thomas Lanssens (Syndicaliste CGT)

 

Depuis plusieurs semaines, l’utilisation de la force par le gouvernement de Mariano Rajoy contre la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne a plongé l’Espagne dans la crise. La tension était maximale Dimanche 1er octobre, jour du vote. La CGT avait, le jour même, lancé un appel à la grève générale pour le 3 octobre dans toute la Catalogne. Interview avec Thomas Lanssens, représentant de la centrale anarcho-syndicaliste, au Comité d’entreprise d’AtoS Spain à Barcelone.

 

LE CONTEXTE: Le gouvernement régional catalan, dominé par une alliance de trois partis indépendantistes, a lancé l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le dimanche 1er octobre. Jugé illégal par la Cour constitutionnelle espagnole, ce référendum est l’objet d’une crise majeure entre le gouvernement central et la Catalogne.

Depuis mi-septembre, Madrid a choisi d’intervenir par la force pour empêcher sa tenue. Arrestation par la Guardia civil de 14 membres de l’exécutif catalan, saisie de millions de bulletins de vote, mise sous tutelle de la région font partie des mesures de rétorsion prise par l’État. Avec pour résultat de déclencher des manifestations massives, l’occupation de l’université et de multiples actes de désobéissance dans toute la région. Parmi ces derniers, le refus des dockers de Barcelone et de Tarragone de décharger le matériel destiné aux forces de répression venues de Madrid.

C’est dans ce contexte que la CGT — troisième force syndicale en Espagne — a appelé à une grève générale le mardi 3 octobre en Catalogne. Thomas Lanssens, représentant syndical CGT au Comité d’entreprise d’AtoS Spain à Barcelone, a répondu aux questions de Rapports de force.

 

La rédaction : Pourquoi la CGT appelle-t-elle à une grève générale le 3 octobre ?

Thomas Lanssens (CGT) : Ces dernières années, les travailleurs en Catalogne ont subi une détérioration significative de leurs conditions de vie. Nous avons connu une baisse générale des salaires. Nous avons vu comment les réformes du Code du travail des années 2010 et 2012 ont réduit nos possibilités d’actions face aux employeurs. Cela a entraîné une précarité accrue et une aggravation générale de nos conditions de travail.

Parallèlement, nous avons assisté à une augmentation de la répression, contre les grévistes et les militants sociaux avec des condamnations et des amendes dans le cadre de la « Llei Mordassa » (la loi bâillon).

Enfin, au cours des derniers jours et semaines, nous avons également observé comment cette répression s’est étendue à de nombreux autres secteurs de notre société. Cela ressemble à un processus général de suspension des droits civils par l’État.

La rédaction : Est-ce aussi une réponse à la réaction du gouvernement espagnol face au référendum en Catalogne ?

Thomas Lanssens (CGT) : Nous refusons la présence policière et militaire (la Guardia civil est un corps militaire correspondant à la gendarmerie) que nous avons dû subir ces dernières semaines dans de nombreux lieux de travail. Nous voulons mettre fin à la suspension des droits civils survenue ces derniers jours en Catalogne : perquisitions, fermeture de pages web, violation des correspondances, interdiction d’actes collectifs. Cette grève générale s’inscrit aussi dans l’appel général, de notre organisation et d’autres mouvements et groupes sociaux, à défendre les libertés publiques. En ce sens, il vise à stimuler et à protéger une large mobilisation sociale.

La rédaction : Comment va se passer la grève du 3 octobre ?

Thomas Lanssens (CGT) : La grève générale est convoquée uniquement pour le 3 octobre. Mais devant l’impossibilité de prévoir le déroulement des événements après le 1er octobre (jour du référendum pour l’indépendance) et en tenant compte de la législation sur le droit de grève, la CGT a déposé un préavis jusqu’au 9 octobre. Trois autres organisations appellent à la grève générale en Catalogne : l’intersyndical CSC, l’Intersyndical alternativa de Catalunya (IAC) et la Coordinadora obrera syndical (COS), proche du parti indépendantiste et anticapitaliste la CUP.

C’est une occasion pour les travailleurs de montrer que s’ils sont prêts à manifester pour pouvoir voter un référendum ou pour réclamer l’indépendance, ils sont là aussi pour défendre leurs droits civils et un travail digne.

La rédaction : Quel regard la CGT porte-t-elle sur le référendum et l’indépendance ?

Thomas Lanssens (CGT) : Les décisions au sein de la CGT se prennent par votation depuis la base jusqu’au plus haut niveau. Ainsi, nous sommes pour l’autodétermination des peuples, même s’il est vrai que ce référendum n’offre pas toutes les garanties nécessaires. La CGT n’a pas de position définie vis à vis de l’indépendance parce que son objectif, comme syndicat, est la défense des droits de tous les travailleurs.

Par contre, notre organisation juge intolérable la réponse autoritaire donnée par le gouvernement central et les administrations de l’État. Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens.

La rédaction : Comment imaginez-vous la suite des événements ?

Thomas Lanssens (CGT) : L’impossibilité des politiques à résoudre un conflit politique, social et économique a conduit une partie chaque fois plus prononcée des Catalans à chercher d’autres voies pour les résoudre. L’indépendantisme leur promet une solution. S’il y a une progression du nationalisme en Catalogne, à la différence d’autres pays, il n’est pas accompagné de discours xénophobes.

La situation est assez complexe et change chaque jour. Il est donc très difficile de prévoir comment cela va évoluer. Personnellement, je pense que cela va finir en de nouvelles élections principalement centrées sur le thème de l’indépendance.

https://rapportsdeforce.fr/linternationale/linternationalereferendum-et-repression-en-catalogne-la-cgt-appelle-a-la-greve-generale-1001904-1001904

 

 

A la suite, une autre approche, assez similaire, de cette situation, par un groupe anarcho-syndicaliste français, mais qui semble avoir une bonne connaissance du terrain…

Catalogne : la stratégie de la matraque

Publié le 3 octobre 2017

(par le groupe anarcho-syndicaliste Salvador-Seguí )

« Il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne. » Par cette déclaration, Mariano Rajoy fait un peu plus étalage de sa stupidité politique. Les images qui défilent en boucle sur tous les écrans TV et réseaux sociaux le contredisent : il s’est bien passé « quelque chose » ce dimanche 1er octobre, en Catalogne. Plus de 2 millions de personnes se sont exprimées sur l’autodétermination, malgré la brutalité, pour ne pas dire la sauvagerie, de la Garde civile, qui a tout fait pour les empêcher d’accéder aux bureaux de vote. On a pu voir aussi des anti-indépendantistes manifester (y compris à Barcelone), brandissant le drapeau national et entonnant Cara al Sol, chant cher à Franco. La coupure est nette et souligne, si besoin était, la « différence » catalane (langue, culture, traditions…). Le spectacle des violences policières a finalement renforcé les indépendantistes et affaibli l’autorité d’un Rajoy qui, en guise d’arguments, a surtout la matraque.

Et, maintenant, vers quoi va-t-on ? Un État catalan indépendant ? Mais pour quoi faire ? Une république catalane en lieu et place d’une monarchie espagnole ? Oui, mais quelle république ? Traditionnelle, comme ici en France ? Avec des exploiteurs et des exploités, des riches et des pauvres ? Bref, une démocratie bourgeoise avec ses possédants et ses possédés (dans tous les sens du terme) ? État catalan ou État espagnol ? Nous défendons évidemment le droit des peuples à l’autodétermination, les frontières étant plutôt tracées par les vainqueurs de l’Histoire que par les peuples. Demain, le gouvernement de la Generalitat sera-t-il plus aux mains du peuple, ou sera-t-il toujours sous la coupe d’une oligarchie semblable à celle de Madrid ? Pour reprendre la main, les organisations de classe doivent impérativement rappeler quels sont les intérêts des travailleurs.

C’est le sens de l’appel à la grève générale en Catalogne lancé par la CGT catalane, la CSC (Confédération syndicale catalane), l’IAC (Intersyndicale alternative de Catalogne), la COS (Coordination ouvrière syndicale) et la CNT (Confédération nationale du travail). Ces organisations ne se prononcent pas quant à l’indépendance ou non de la Catalogne, tout en rappelant que leurs adhérents sont libres de leur choix. Toutefois, elles dénoncent unanimement les violences policières de ces derniers jours et les attaques contre les droits civiques. Le comité confédéral de la CGT de Catalogne rappelle, lui, que ces attaques et violences existent depuis déjà longtemps. La grève générale en Catalogne déclenchée ce mardi 3 octobre a pour objet d’exiger l’abrogation des « réformes » du travail de 2010 et 2012, de dénoncer la précarité grandissante, la baisse générale des salaires, la dégradation des conditions de travail, la répression exercée contre les grévistes et les militants syndicaux, les amendes administrées au nom de la loi Baillon (Ley Mordaza).

Il s’agit d’un seul jour de grève. Au cas où, la CGT à déposé son préavis jusqu’au 9 octobre. À suivre, donc.

Ramón Pino
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

_https://salvador-segui.org/2017/10/03/catalogne-referendum-repression-violences/

Catalogne : du respect des aspirations démocratiques

à… l’autonomie ouvrière

( Publié le 1 octobre 2017 par le groupe anarcho-syndicaliste Salvador-Seguí )

Panique en Ibérie : le gouvernement central de Madrid n’est pas disposé à laisser s’échapper la riche région de Catalogne. La Generalitat (gouvernement catalan) rêve de délimiter officiellement son territoire par de véritables frontières (un mur, peut-être ?)

Bref, ces dernières semaines ont été plus qu’agitées et celles qui viennent ne le seront pas moins. Il faut dire que, plus bête que Mariano Rajoy, ça doit être dur à trouver, lui qui est un digne relais de la pensée du généralissime Franco qui voulait une « Espagne une » (et ne parlant que le castillan). Les diverses opérations policières menées contre les institutions catalanes n’ont fait que renforcer la cause des indépendantistes.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Qui dirige et qui contrôle ? Sûrement pas le prolétariat. Car on assiste quand même à de bizarres prises de positions dans les milieux radicaux (ou prétendus tels). S’opposer à l’autoritarisme de l’État central et sa brutalité, oui, bien sûr, mais il ne s’agit pas de tomber dans le  dilemme simpliste « pour un bon État catalan, contre un méchant État espagnol ». Les deux gouvernements ont autant de casseroles au c…, autant d’impliqués dans les scandales de corruption, autant de méthodes musclées pour réprimer les mouvements sociaux de leurs régions respectives. La brutalité des mossos d’escuadra (policiers catalans) n’a rien à envier à celle des gardes civils. Les uns et les autres ont la même mission : défendre les pouvoirs en place et pas les travailleurs. Et on assiste pourtant à ce spectacle étonnant de militants radicalisés prompts à défendre l’autonomie des flics de la Generalitat menacés de passer sous le contrôle du gouvernement de Madrid. Eux aussi vont-ils « embrasser un flic » ?

Où sont passés tous ces « indignés » qui, il y a six ans, voulaient prendre d’assaut le Parlement et qui scandaient : « Ils ne nous représentent pas » ? Se sentent-ils représentés aujourd’hui ? Les coupes budgétaires, les mesures antisociales, les 22 % de chômeurs, les expulsions de celles et ceux qui ne peuvent payer leur hypothèque, tout cela serait-il devenu acceptable si ça émanait du gouvernement d’une Catalogne indépendante ? Sommes-nous devant une sainte alliance du genre des Bonnets rouges en France : exploiteurs et exploités catalans tous unis ? Et lutte des classes aux oubliettes ?

On se souvient que, bien avant 1936, les catalanistes, dans le but d’obtenir l’indépendance, ne cessaient (sans résultat) de solliciter l’aide des militants de la CNT anarcho-syndicaliste alors toute-puissante en Catalogne. On se souvient aussi du traitement qu’ils leur réservèrent pendant la contre-révolution de mai 1937…

Il s’agit aujourd’hui de ne pas se tromper de combat. La lutte indépendantiste n’est pas la lutte des classes. Le patronat catalan n’est pas plus tendre que le patronat espagnol, et, comme le disait en son temps Salvador Seguí, leadeur de la CNT (et accessoirement catalan) : « Le seul ennemi qu’il y a en Catalogne est le même qu’il y a à Madrid : le capitalisme. »

La leçon a été retenue par nos camarades ibères : mieux qu’un référendum le 1er octobre, la CNT et la CGT espagnoles appellent à une grève générale le 3 octobre contre les interventions policières dans de nombreuses entreprises et imprimeries, sans oublier la fermeture de sites Web, la confiscation d’urnes, la fermeture d’écoles, etc. Car, au-delà de la seule question indépendantiste et du résultat du référendum, c’est celle, plus large, du respect des aspirations démocratiques d’une population qui se pose, dans l’urgence.

Pas de paix entre les classes.

_https://salvador-segui.org/2017/10/01/catalogne-autonomie-ouvriere/

Ramón Pino
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

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Un rappel historique de la situation, depuis ses origines au début du XXème siècle, assez long mais assez utilement détaillé a été publié sur « Révolution », blog d’une des tendances trotskystes qui font de l' »entrisme » au sein de la pseudo « gauche » du PCF. En voici une édition PDF:

HISTO CATALOGNE TMI-PCF

 

 

Dans le même ordre d’idée, parmi les « tendances de gauche » du PCF, (mais « non trotskyste », celle là…) a été récemment publié cet autre témoignage encore relativement assez avisé, par sa connaissance du terrain:

 

Sur la situation en Catalogne par Andres B. Alonso, ancien militant des JC d’Aragon et secrétaire des Jeunesses communistes de Saint-Martin-d’Hères, 3 octobre 2017

Ce dimanche 1er octobre, le gouvernement régional de la Catalogne (région de plus de 8 millions d’habitants – la plus riche d’Espagne) a appelé les Catalans à voter pour l’indépendance. L’Etat central espagnol avait décrété ce referendum illégal.  Depuis des semaines, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait affirmé que ce vote n’allait pas se tenir. Sa promesse s’est matérialisée le matin même par l’intervention de l’ensemble des forces de police (police nationale et « Guardia Civil » – équivalent espagnol de la gendarmerie), qui ont délogé avec une grande violence les occupants des bureaux de vote.

L’intransigeance d’un disciple du franquisme.

Des jeunes, des parents d’élève, des travailleurs et des retraités avaient occupé dès vendredi soir les écoles où était censé avoir lieu le référendum. Les policiers les ont sortis de force à coups de matraque. En faisant cela, Mariano Rajoy continue à s’ériger en bon disciple de Franco, réglant les différends nationaux en faisant charger la police. Rajoy est bien mal placé pour donner des leçons de démocratie partout dans le monde, spécialement quand il se réfère au Venezuela.

En effet, si la situation en est venue à ce point, c’est premièrement le fait de l’intransigeance de Mariano Rajoy et de la droite du PP (Parti populaire) sur la question catalane.

L’expression nationaliste des intérêts de la bourgeoisie catalane.

Le mouvement indépendantiste catalan, s’appuyant sur une langue et une culture catalanes voisines mais différentes de celles de la Castille, existe depuis plusieurs siècles. Le mouvement indépendantiste et nationaliste moderne  a pris ses formes au XIXème siècle, lorsque la Catalogne est devenue un des trois pôles industriels majeurs de l’Espagne.

Les intérêts de la bourgeoisie industrielle catalane se sont développés dans un autre sens que les intérêts de la bourgeoisie rentière de Madrid. C’est cette divergence qui a donné naissance au mouvement nationaliste qui a perduré au long du XXème siècle. La répression primaire de Franco contre la langue et la culture catalanes l’ont alimenté.

Après la mort de Franco, ce mouvement politique a pris une autre forme. L’avènement de la démocratie espagnole a amené une décentralisation de l’Etat. A l’image des nationalistes du Pays Basque, la bourgeoisie catalane s’est dit qu’elle pouvait obtenir plus de privilèges, vis-à-vis des autres régions du pays, en s’organisant en force politique nationaliste. Sur une justification culturelle, deux organisations  nationalistes majeures se sont ainsi constituées dans les années 70 : la CDC (Convergence Démocratique de Catalogne, devenue PDeCAT en 2016), de droite, et l’ERC (« Esquerra Replublicana de Cataluña », gauche républicaine de Catalogne).

Ces relais politiques sont un levier pour la bourgeoisie catalane pour faire pression sur le gouvernement espagnol. Ils se montrés efficaces lors de la négociation des financements régionaux. Ils ont aussi permis de faire céder au gouvernement socialiste de Zapatero, en 2006, un statut d’autonomie encore plus important, reconnaissant entre autres, la Catalogne comme une nation, statut qui sera invalidé en 2010. En 2011, l’arrivée au pouvoir de la droite de Mariano Rajoy a marqué la fin de toute négociation en vue de plus d’autonomie à la Catalogne. Les parties sont rentrées dans une impasse.

Le contexte du show de Puigdemont et Junqueras (dirigeants nationalistes catalans).

Le nationalisme catalan a toujours été « sage » en Espagne. Du moins en comparaison avec le nationalisme basque, plus médiatisé, plus polarisé, et violent avec l’ETA, durant le dernier quart du XXème. Les nationalistes catalans, eux, sont restés en bons termes avec les partis espagnols. Ils ont notamment permis en 1996, avec les voix de leurs députés au Parlement, de faire élire le chef de file de la droite du PP de l’époque, José Maria Aznar, président du gouvernement. Tout ceci, dans la logique évoquée précédemment.

Mais la situation se précipite lorsque, en 2010-2011, la droite nationaliste catalane (la CDC) enchaîne les succès électoraux, profitant de l’écroulement des socialistes du PSOE. Elle s’empare du gouvernement régional et de plusieurs municipalités dont Barcelone. Tout cela dans un contexte de profonde crise économique au niveau du pays. Dès 2011-2012, la région et les municipalités doivent appliquer des coupes budgétaires énormes. Elles coupent notamment dans l’éducation et la santé, gérées, en Espagne, entièrement par les régions. Des mouvements de contestation très larges émergent pour tenter de faire barrage à ces politiques qui provoquent la colère de tous les travailleurs d’Espagne.

Dans ce contexte, où les nationalistes de droite doivent ouvertement mener une politique rejetée par l’ensemble des travailleurs, s’ajoutent plusieurs scandales de corruption, remontant à loin. Le cas du « 3% » est le plus emblématique. Il touche directement des membres de CDC, qui s’étaient enrichis en prenant des commissions (de 3% – mais, en fait, c’était même plus) lors de l’attribution de marchés publics.

Pour sauver sa situation politique, la droite nationaliste s’est mise à agiter plus fort que jamais le drapeau de l’indépendance : une diversion en direction des travailleurs de la Catalogne qu’elle a si durement frappés avec ses politiques antipopulaires. Une consultation sur l’avenir politique de la Catalogne s’en est suivie en 2014, à l’initiative du président nationaliste CDC, Artur Mas, demandant si la Catalogne devait être indépendante. Elle déclenchera l’invalidation politique de Mas par Madrid. Mais le mouvement indépendantiste est lancé. Aux élections régionales de 2015, la droite nationaliste réussit à gagner l’appui de la gauche nationaliste sous le drapeau du « oui » à l’indépendance. Elles remportent les élections, et la droite et la gauche nationalistes forment ensemble un gouvernement grâce au soutien de l’extrême-gauche indépendantiste de la CUP. Cette victoire électorale est à l’origine du référendum du 1er octobre 2017, ressuscitant le spectre politique de l’indépendance de la Catalogne.

Contrer la division des travailleurs.

Communistes, nous condamnons les violences policières de ce dimanche 1er octobre. Elles en sont un signe du caractère autoritaire du gouvernement de Madrid. Pour autant, nous ne suivons pas les bourgeoisies catalane et espagnole sur l’opération de diversion que représente la question de l’indépendance.

Ainsi, l’actualité politique de l’Espagne des dernier mois a été polarisée sur le référendum en Catalogne. Elle a permis d’évacuer des questions fondamentales et graves de la vie politique espagnole, comme la baisse des salaires, la précarisation de l’emploi, la montée du chômage après la saison d’été, les problèmes issus du tourisme de masse (sociaux, environnementaux…), l’avenir bouché pour la jeunesse, etc.

De plus, cette diversion sert à monter les travailleurs les uns contre les autres, à raviver l’extrême-droite qui voit clairement la devise franquiste (« Una, grande y libre », une [Espagne] grande et libre) menacée. 

Communistes, nous pensons qu’au moment où nos acquis sociaux sont remis en cause en Europe et dans le monde, 25 ans après la chute de l’URSS, ce n’est pas le moment de se laisser diviser par la classe dominante et par le venin du nationalisme qu’elle diffuse.

Unité de tous les travailleurs face à leur adversaire de classe !

http://vivelepcf.fr/6383/sur-la-situation-en-catalogne-nationalisme-bourgeois-resurgences-franquistes-quelques-rappels-unite-des-travailleurs/

 

 

Enfin, ce qui aurait pu être en quelque sorte « le meilleur pour la fin », cette prise de posi­tion à prétention « marxiste-léniniste » exprimée par le PCPE en Juin dernier et seulement traduite récemment par ses « amis » français du « PCRF » (les parties soulignées en rouge le sont par nous, et on verra rapidement pourquoi ensuite, en guise de conclusion…)

 

Le Président de la Generalitat (Gouvernement auto­nome cata­lan, ) a concré­tisé la date et la ques­tion du réfé­ren­dum sur l’indé­pen­dance de la Catalogne.
Face à ceci, nous expri­mons nos réser­ves 
 :

1. La classe ouvrière ne tire aucun profit du débat sur le type de ges­tion capi­ta­liste ni sur les cadres dans les­quels celle-ci est struc­tu­rée. Ce sont les dif­fé­ren­tes cou­ches de la bour­geoi­sie qui, dans leur lutte per­ma­nente pour la répar­ti­tion des fruits de notre tra­vail, ont un inté­rêt dans cette bataille. Malheureusement, le manque de cons­cience et d’orga­ni­sa­tion de notre classe amène celle-ci à adop­ter des posi­tions étrangères à leurs inté­rêts, qu’elles soient indé­pen­dan­tis­tes ou anti-indé­pen­dan­tis­tes. Aucune de ces deux options ne repré­sente un futur sou­hai­ta­ble pour notre classe. Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière.

2. Ce réfé­ren­dum, avec des garan­ties et la pos­si­bi­lité d’appli­quer le résul­tat, ne se pro­duira pas. La recher­che de recoins légaux pour réa­li­ser le réfé­ren­dum est basée sur une illu­sion, celle qu’on vit dans un État démo­cra­ti­que où opère la sépa­ra­tion de pou­voirs. En réa­lité, nous vivons dans un État qui est l’outil de domi­na­tion d’un bloc oli­gar­chi­que-bour­geois et qui main­tient le mono­pole de la vio­lence pour s’assu­rer ses inté­rêts. Les inté­rêts de cette oli­gar­chie para­si­taire ne pas­sent pas par le sup­port du pro­ces­sus indé­pen­dan­tiste, donc le pro­ces­sus est voué à l’échec, si cette classe n’est pas déga­gée du pou­voir.

3. La recher­che d’alliés inter­na­tio­naux pour attein­dre l’objec­tif indé­pen­dan­tiste va contre la réa­lité. L’Espagne est un fidèle sou­tien des États au sommet de la chaîne impé­ria­liste, contri­buant à sta­bi­li­ser des allian­ces inter-étatiques comme l’UE ou l’OTAN. Aucun de ces États n’est inté­ressé par l’affai­blis­se­ment et la rup­ture de l’Espagne. Il n’existe donc aucune base maté­rielle du sup­port des prin­ci­paux pays occi­den­taux au pro­ces­sus indé­pen­dan­tiste.

4. Les prin­ci­pa­les forces gou­ver­ne­men­ta­les (Parti Populaire au gou­ver­ne­ment cen­tral et Junts pel Sí – Ensemble pour le oui en cata­lan, NDT – en Catalogne) ont un grand inté­rêt à main­te­nir vive la confron­ta­tion en termes natio­naux, faci­li­tant ainsi sa ges­tion et la paix sociale. Il est ainsi empê­ché que la classe ouvrière s’orga­nise et lutte pour ses prin­ci­pa­les préoc­cu­pa­tions comme le chô­mage, la pré­ca­rité, la dis­pa­ri­tion des négo­cia­tions col­lec­ti­ves, les bais­ses des budget des ser­vi­ces sociaux, etc.

5. Nous sommes alors dans un pro­ces­sus qui n’a aucune pos­si­bi­lité de triom­pher, mais qui est vivant grâce à son uti­lité. Communistes Catalans – PCPE appelle la classe ouvrière à ne pas lutter sous un dra­peau étranger à elle, ni pour la cause indé­pen­dan­tiste ni, encore moins, contre elle. La seule voie que l’oli­gar­chie nous montre pour appli­quer le droit à l’auto­dé­ter­mi­na­tion du peuple de Catalogne passe par l’unité de notre classe avec celle du reste de l’État pour abat­tre le pou­voir établi.

Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière !

Comunistas Catalanes – PCPE

http://www.pcrf-ic.fr/Referendum-en-Catalogne-la-position-du-PCPE

 

Publiée le 25 Septembre en France, par le « PCRF », cette déclaration a suscité l’approbation de diverses tendances, dont le blog « Les-7-du-Québec », de l’inénarrable Robert Bibeau…

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/independance-de-la-catalogne-ou-independance-de-classe/

Manque de chance pour cet emballement de sympathie « de gauche », le retour de flamme du social-chauvinisme n’était pas loin, et il s’est produit dès le « succès » très relatif du referendum, suivi de contre-manifestations réactionnaires tout aussi massives que celle des « indépendantistes »…

Le prétexte de ce retournement de veste est la violence de la répression, qui aboutirait, un fine et malgré l’impasse qu’il représente toujours, à « légitimer » le processus enclenché par la bourgeoisie nationaliste réactionnaire…

Difficile de faire plus confus et contradictoire… Extraits :

« La répres­sion exer­cée par le Gouvernement espa­gnol contre les ins­ti­tu­tions cata­la­nes est une agres­sion sans pré­cé­dent dans l’Histoire récente, qui va à l’encontre du dis­cours offi­ciel sur l’inva­li­dité et l’inu­ti­lité du réfé­ren­dum du 1er octo­bre 2017. »

(…)« Nous avons été inca­pa­bles de pro­po­ser une alter­na­tive indé­pen­dante qui mette l’accent sur les ques­tions qui nous ras­sem­blent en tant que classe, et non pas sur celles qui nous sépa­rent par rap­port à la cons­cience natio­nale. C’est pour cela que la classe ouvrière est pri­son­nière de l’idéo­lo­gie domi­nante, c’est pour cela que la défense des aspi­ra­tions natio­na­les du peuple cata­lan est diri­gée par des forces bour­geoi­ses et que la classe ouvrière espa­gnole se laisse entraî­ner par un Gouvernement bour­geois qui ne com­prend que le lan­gage de la vio­lence et la répres­sion. Pour toutes ces rai­sons, il est d’autant plus néces­saire que les com­mu­nis­tes cla­ri­fient publi­que­ment leurs posi­tions. »

Clarifier ?? Ici, c’est carrément « l’hôpital qui se moque de la charité », car ce qui était « le chemin de l’indépendance de la classe ouvrière » est devenu :

« Nous appe­lons à par­ti­ci­per aux mobi­li­sa­tions contre la répres­sion, et à incor­po­rer plei­ne­ment la lutte de clas­ses, les reven­di­ca­tions de notre classe, à la lutte démo­cra­ti­que. Elles doi­vent néces­sai­re­ment être unies pour donner tout son sens à la mobi­li­sa­tion ouvrière et popu­laire. »

Une « lutte démocratique » qui est donc désormais tout à fait à la remorque de la bourgeoisie nationaliste réactionnaire, dont le processus « indépendantiste » vient juste encore, dans ce même texte, d’être décrit comme une impasse…

A noter que si le « PCRF » a pu republier, à quelques jours d’intervalle et sans sourciller, ces deux aspects d’un revirement « gauche-droite », son compère en social-chauvinisme, le « PRCF  (P-R-CF><P-C-RF, pour ceux qui ont du mal à s’y retrouver…), le « PRCF », donc, plus prudent, et surtout, plus cohérent, apparemment, dans son social-chauvinisme, s’était, semble-t-il, habilement abstenu de publier le premier communiqué, ce qui lui permet, en outre, de « revendiquer » actuellement, quasiment et implicitement, « l’amitié » du PCPE :

« Les communistes d’Espagne (PCPE), expliquent les tenants et aboutissants de la situation dans un communiqué qu’ils ont adressé à la commission internationale du PRCF »

Pour nous, le véritable honneur, c’est celui qui consiste à ne pas être de ces « amis » là…

Pour mémoire, d’un point de vue réellement ML, une lutte démocratique suppose une majorité populaire réelle et implique que que le parti prolétarien puisse y intervenir de façon réellement autonome, c’est à dire, précisément, sans brader sa propre indépendance, comme c’est le cas actuellement pour tous ces pseudos « partis »…

Luniterre

 

 

Sur le même sujet, à voir également,

Sur Tribune Marxiste-Léniniste:

Un plaidoyer pour l’indépendance catalane, par le camarade Do, sur son site VLR – Mai 68, et notre réponse…

Un échange qui fait suite à la publication de notre « revue de presse » sur le sujet, et au débat qu’y s’en est également suivi…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

Le plaidoyer du camarade Do, extrait:

« L’indépendance de la Catalogne profitera au prolétariat en général et catalan en particulier

« …l’indépendance de la Catalogne ne se fera pas sans une très grande mobilisation du prolétariat catalan. Celui-ci en profitera pour avancer ses pions et obtenir divers avantages, comme l’avait fait le prolétariat Français grâce à la résistance lors de la deuxième guerre mondiale (acquis du CNR – Conseil National de la Résistance). »

 

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Dans notre réponse…

 

« …En effet, tu parles également d’« impérialisme espagnol », qui exploiterait la nation catalane… Un peu dans le rapport Allemagne nazie/France « gaulliste » résistante…

 

Mais précisément, ta comparaison avec le CNR ne tient pas… »

 

« …Il est clair (en 1945) que, outre la capitulation des maquis, cette reconstitution (de l’Empire colonial français), avec son cortège de misères et d’assassinats, était le prix à payer pour les « avantages sociaux » concédés par la bourgeoisie française à la bureaucratie collabo-révisionniste montante du PCF (Thorez-Duclos-Frachon et Cie…).

 

Non seulement ils en étaient le prix, mais ils en étaient d’abord la base économique sans laquelle ces « concessions » eussent été impossibles… »

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Le plaidoyer pro « indépendance » du camarade et notre réponse, ainsi que deux articles republiés concernant les ravages du social-chauvinisme en France, c’est sur TML:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/14/sur-la-catalogne-un-nouvel-echange-avec-le-camarade-do-du-site-vlr-mai-68/

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Commentaires déjà parus sur SOLYDAIRINFO… !

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

 

 

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Viriato

12 octobre 2017 à 7 h 13 min 

Pour compléter le tableau,voici la déclaration de Socialist Fight, groupe orthodoxe trotskiste. Bien sur elle ne sera pas publié en « grand » mais elle est largement plus correcte, trotskisme à part, que les autres.
Ils ne tombent dans aucun des travers pointés par la rédaction même s’ils tendent à farcir les excellents analyses de polémiques britannico-britanniques entre leurs tendances plus ou moins trotskistes. Je suis d’accord avec le fond idéologique de l’article et même avec beaucoup des choses des PCRF.
Le morcellement de l’Europe n’aide pas la lutte des travailleurs européens.

Ma « traduction ».

« Le référendum de la Catalogne et l’État espagnol.
Les droits des nations à l’autodétermination.
06/10/2017 par Socialist Fight

 

Quelle est la position marxiste sur le référendum catalan le 1er octobre 2017 ?

La violence policière en Catalogne le 1er octobre et l’impasse politique entre Madrid et Barcelone ouvrent une situation très dangereuse en Espagne. Le taux de OUI de 90% déclaré avec une participation de 43% de la population malgré une intervention massive de la Guardia Civil signifie que la crise va maintenant s’accroître. La vue de la police entraînant les femmes par les cheveux, les 800 blessés, 2 dans un état sérieux, enflammeront les émotions séparatistes. Nous condamnons tout à fait cette brutale violence d’état, qui peut conduire à une guerre civile si la crise s’aggrave. Les positions intransigeantes du premier ministre espagnol Mariano Rajoy et du roi Felipe IV et du président catalan Carles Puigdemont, qui a déclaré qu’il est sur le point de faire une déclaration unilatérale d’indépendance, ont une logique mortelle.

La Catalogne, Madrid, le Pays Basque et les Baléares sont les régions les plus prospères d’Espagne. La Catalogne ne représente que 6% du territoire du pays et 16% de sa population, mais elle représente un cinquième de la production économique, un quart des exportations et plus de la moitié des nouveaux investissements en 2016. Mesuré en PIB par habitant, la Catalogne se compare favorablement aux régions les plus prospères d’Europe continentale, comme Rhône-Alpes en France, la Lombardie en Italie et le Bade-Wurtemberg dans le sud-ouest de l’Allemagne.

Il serait économiquement et politiquement désastreux pour la classe ouvrière espagnole si la Catalogne et / ou la totalité ou l’une des autres régions se séparaient totalement. Comme anecdote, l’histoire de la confrontation entre une femme catalane et une andalouse qui travaillent pour la British First Great Western Train résume la situation. La catalane a déclaré son droit de se séparer du reste d’Espagne. L’autre femme espagnole a déclaré : « vous voulez retirer les ordinateurs de l’école de mes enfants ». Il n’y a aucune preuve d’un soutien du reste de l’Espagne pour la séparation de la Catalogne, en dehors des petits mouvements séparatistes ailleurs.

Produit Interne Brut Régional
Les autonomies espagnoles par produit régional brut (nominal) en dollars de 2010. [5]

# Communauté autonome Int $ (MM, 2010) Pays comparable
1 Catalogne 262,388 Afrique du Sud
2 Communauté de Madrid 252 407 Grèce
3 Andalousie 189 978 République tchèque
4 Communauté valencienne 135 310 Ukraine
5 Pays Basque 88 692 Slovaquie
6 Castille et León 75 937 Syrie
7 Galice 73,752 Syrie
8 Îles Canaries 54,737 Biélorussie
9 Castille-La Manche 47 611 Bulgarie
10 Aragon 43 294 Tunisie
11 Région de Murcie 36 225 Lituanie
2 Îles Baleares 35 304 Costa Rica
13 Asturias 30,645 Ghana
14 Navarre 24 654 Lettonie
15 Estrémadure 24 130 Lettonie
16 Cantabrie 18 000 Paraguay
17 La Rioja 10 432 Brunei
18 Ceuta 2,194 Lesotho
19 Melilla 2,037 Sierra Leone
Total: Espagne 1 408 711 Canada

Conséquences économiques

En tant que république indépendante, la Catalogne serait confrontée à de grands problèmes.

En 1931, Trotski posa la question de cette façon:

« Qu’est-ce que signifie le programme de séparatisme (pour la Catalogne) ? – le démembrement économique et politique de l’Espagne, ou en d’autres termes, la transformation de la péninsule ibérique en une sorte de péninsule balkanique, avec des états indépendants divisés par des barrières douanières et des armées indépendantes menant des guerres hispaniques indépendantes « . [1]
Le 25 septembre, El País, qui représente les perspectives politiques de la social-démocratie, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a analysé le pari catalan pour l’indépendance. Parmi les nombreuses choses qu’ils proclament comme es mythes, il y a « l’Espagne nous dépouille », ou « nous serons plus riches par nous-mêmes », et «nous ne quitterons pas l’UE».

« En réalité, il y a un certain consensus selon lequel la Catalogne contribue en fonction de sa propre capacité et de sa richesse … Les budgets officiels du gouvernement pour 2014 ont indiqué que la Catalogne n’était pas le principal contributeur net (déficit budgétaire de 9,892 milliards d’euros, 5,02% du PIB), mais le second, après Madrid (19,205 milliards d’euros, soit 9,8% de son PIB). Bien que ces déséquilibres n’éloignent pas la croissance des territoires les plus prospères, leur plus grande contribution nette découle du principe de l’imposition progressive (plus de richesse, taxes plus élevées), comme c’est le cas pour les individus.
De plus, le déficit budgétaire compense son excédent commercial (l’occupation industrielle des régions moins développées): c’est le cas dans l’UE entre le nord et le sud. Lorsque les « contributeurs nets [européens] se sont rebellés et ont exigé de payer moins dans le budget commun, les autorités catalanes ne se sont pas alignées avec eux. C’est la même chose !
En tant que tel, les publicistes du sécessionnisme font valoir que, une fois indépendante, la Catalogne serait beaucoup plus riche qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il verrait son PIB augmenter et ses niveaux d’emploi augmenteraient, ce qui améliorerait ses niveaux d’endettement, ses retraites et ses services sociaux. Mais un scénario sombre émerge de cette position. Le ministère de l’économie garantit que la sécession réduirait le PIB de 25% à 30%, ce qui peut coûter jusqu’à 63 milliards d’euros. Une étude distincte du ministère des Affaires étrangères met l’impacte négatif sur la Catalogne à près de 37 milliards d’euros, soit près de 19% de son PIB (Conséquences d’une indépendance hypothétique pour la Catalogne, 17/2/2014).

Le précédent de la partition de la Tchécoslovaquie (1993) interdit de minimiser le ralentissement commercial des ruptures (même si elles sont d’un mutuel accord, comme c’était le cas). Depuis lors à 2011, les exportations tchèques vers la Slovaquie sont passées de 22% à 9%, et les importations de 42% à 15% (La fábrica de España, EL PAÍS, 22/11/2012). Et la séparation de la Slovénie a vu ses exportations totales diminuer de 23,5% en 1992 soit 5,5% de son PIB, selon une étude de la Chambre de commerce de Barcelone (El sector empresarial a Catalunya i Espanya, 5/6/2014). [2]

La nouvelle république espère rejoindre l’UE et la zone euro dès le premier jour, ou au moins prétend qu’elle peut et le sera, même sachant que ce sera bien différent. Les banques et les principaux politiciens de l’UE ont clairement souligné que cela n’arrivera pas, notamment parce qu’ils n’ont pas l’intention d’alimenter les mouvements séparatistes dans leur propre pays. Sans parler de la perte intellectuelle et politique, qu’amène l’idéologie isolationniste, cela va alimenter la montée inévitable de la droite et de l’extrême droite dans ces circonstances.

Les conséquences politiques de la séparation

Il y a clairement des forces réactionnaires dans la politique montante en Catalogne en ce moment même. Les principales forces pro-séparation en Catalogne sont la coalition néolibérale de droite Junts pel Sí (Ensemble pour le ‘Oui »), dont les composantes principales sont le Partit Demòcrata Europeu Català (Parti démocratique européen catalan, PDeCAT) et Esquerra Republicana de Catalunya ( Gauche républicaine de Catalogne, ERC) qui a eu 62 sièges du parlement des 135 places aux élections de 2015. Ils ont formé une coalition avec la candidature faussement de gauche de l’Unité Populaire ( en catalan: Candidatura d’Unitat Popular, CUP), qui a gagné 10 sièges. Les négociations ont abouti au remplacement du président Artur Mas partisan de l’austérité avec Carles Puigdemont, un presque inconnu…qui a ensuite imposé deux autres budgets d’austérité en 2016 et 2017 avec le soutien de la CUP de gauche. Il fut reconnaissant pour cette défense de son flanc gauche par la CUP et ils ont tous deux cherché à couvrir les attaques contre la classe ouvrière et les pauvres en proclamant que « aucun politicien ou tribunal à Madrid ne pouvait arrêter le référendum » prévu pour le 1er octobre 2017.

Trotsky pose la question ainsi en 1931:

« Les travailleurs et les paysans des différents parts d’Espagne sont-ils intéressés par le démembrement économique de l’Espagne? Pas du tout. C’est pourquoi identifier la lutte décisive pour le droit à l’autodétermination avec la propagande pour le séparatisme signifie accomplir une tâche mortelle (se tirer une balle dans le pieds). Notre programme s’adresse à une fédération hispanique avec le maintien indispensable de son unité économique. Nous n’avons aucune intention d’imposer ce programme aux nationalités opprimées d’Espagne avec l’aide des armes de la bourgeoisie. Dans ce sens, nous sommes sincèrement pour le droit à l’autodétermination. Si la Catalogne se sépare, la minorité communiste de Catalogne, ainsi que d’Espagne, devront lutter pour la fédération « [3].
Esquerra Revolucionària, la section espagnole du Comité pour une Internationale des Travailleurs (CWI), a soutenu fermement l’indépendance de la Catalogne, défendant ainsi le flanc gauche de la CUP. Il se plaint vivement que les partis organisés en Espagne s’opposent à la séparation. De manière correcte, ils se plaignent de l’imposition bureaucratique de Madrid et des arrestations et manifestations de force par lesquelles le parti populaire du gouvernement (Partido Popular, PP) dirigé par Mariano Rajoy traite la situation.

Mais il note que le PSOE et Podemos s’opposent également à la séparation. En outre, ils soulignent que les affiliés régionaux de ces partis soutiennent la séparation ou au moins beaucoup plus d’autonomie que leurs partis nationaux ; « Parler d’imposition, de coup à la démocratie et des choses comme ça, suffit à montrer jusqu’à quel point vous pouvez aller lorsque vous abandonnez une perspective anticapitaliste axée sur les classes dans la question nationale », disent-ils. Le fait que «la gauche» ne mène pas ce mouvement de masse est la raison pour laquelle il n’est pas devenu «une rébellion sociale pour vaincre l’État, le PP et ses politiques capitalistes»:

« La seule chose qui a empêché (jusqu’à présent) d’énormes troubles sociaux qui existent en Catalogne faisant partie d’une rébellion sociale pour vaincre l’Etat, le PP et ses politiques capitalistes, c’est que la gauche a refusé de se mettre à la tête de ce grand mouvement de masse avec un programme qui unit la lutte pour l’autodétermination avec les exigences économiques et sociales nécessaires à la majorité de la classe ouvrière, de la jeunesse et des couches intermédiaires. Le fait que le leadership formel de cette lutte contre l’État et le gouvernement du PP a été remis à PDeCAT a permis à ces politiciens bourgeois réactionnaires d’apparaître comme des martyrs de la « démocratie » et cela leur a permis de maintenir des divisions parmi la classe ouvrière.
La direction du « processus » de la PDECAT, telle que défendue par les dirigeants de CUP et ERC, n’assiste pas à la lutte mais la retient. Même du point de vue de la défense des droits nationaux, les dirigeants du PDECAT ont recherché toutes les excuses possibles pour reporter le référendum ou non pour le convoquer. En fin de compte, c’était la pression du mouvement et la perspective qu’ils perdaient massivement les élections qui les amenèrent à fixer une date pour le référendum (avec de nombreuses divisions internes). »[4]

Ainsi, les forces de droite manqueraient à leur devoir de diriger la lutte pour la libération nationale, que seule la classe ouvrière peut faire cela et dont l’objectif est «une république socialiste catalane qui arrête les mesures d’austérité». Et qu’en est-il du reste de l’Espagne ?

« Une république socialiste catalane produirait un soutien accablant parmi les travailleurs du reste de l’Etat espagnol (qui ont le même ennemi, la bourgeoisie et subissent les mêmes attaques et coupures) et dans tous les autres pays d’Europe, ouvrant un chemin puissant pour la transformation sociale et la libération de tous les peuples opprimés « .
Nulle part ne nous est dit que la Catalogne est la province la plus riche d’Espagne, que derrière cette mobilisation de masse se trouve la notion très arriérée ; « Pourquoi devrions-nous subventionner le reste de l’Espagne pauvre comme l’Extremadura et La Mancha ? »

Mais la répression pourrait faire l’affaire : « Mais même cela pourrait changer si le PP opte pour la répression massive : la quantité peut être transformée en qualité et provoquer une rébellion sociale qui va au-delà du cadre de la question nationale ». Nous suggérons fortement qu’un leadership politique est nécessaire dans cette crise constitutionnelle pour s’opposer politiquement aux illusions des masses sur les bénéfices de la séparation et les transformer en solidarité consciente de classe avec les régions les plus pauvres et les plus opprimées d’Espagne, d’Europe et du monde. La proximité politique de la CWI au PCB / Morning Star en Grande-Bretagne au sujet de la crise du Brexit, leur adoption d’une version gauche du « British Road to Socialism », écrite par Staline lui-même en 1951, les conduit à proposer une république catalane indépendante, « Cela doit se faire autour d’un programme qui relie inséparablement, comme les deux côtés d’une même pièce, la lutte pour l’autodétermination et la lutte contre le capitalisme. Il est impossible de réaliser une véritable libération sociale et nationale de la Catalogne aux mains de la bourgeoisie catalane. Même si l’indépendance était atteinte, une république capitaliste catalane signifierait que les coupures et les attaques contre la classe ouvrière se poursuivraient « .

Voilà ! le socialisme serait possible dans une seule province. Pas d’internationalisme ou de socialisme pour le reste de l’Espagne ou le monde, seulement en Catalogne toute seule !

Cela ne résout pas la question de savoir comment gérer la situation actuelle. Bien sûr, aucun soutien à l’oppression de Madrid et à la répression physique du scrutin. Ils sont une nation avec droit à l’autodétermination. Nous devrions prendre l’idée de Trotski de lutter pour une fédération socialiste espagnole ou ibérique. Mais l’approche de la CWI seulement renforcera la prise en main de la classe capitaliste à Madrid et à Barcelone au cours de ce mouvement.

Et regardez comment ils se posent en super révolutionnaires, ils préconisent même une version d’un programme de révolution permanente trotskyste pour la seule Catalogne en associant la question sociale à la question nationale, en ignorant que c’est un mouvement de masse pour des privilèges. Mais quand il s’agit de défier les nations capitalistes impérialistes dominantes en Irlande, en Palestine, dans les Malvinas, en Libye, en Syrie, en Ukraine, etc., c’est-à-dire lorsque les nations opprimées ou semi-coloniales les affrontent, les CWI utilisent toutes sortes d’arguments faussement ouvriéristes pour refuser aux opprimés le soutien inconditionnel mais essentiel que le marxisme exige dans ces circonstances.

( J’ai coupé une longue tirade trotskiste qui a peu de rapport avec la question et qui développe des arguments historiques classiques du trotskisme. Pour ceux qui voudraient les lire, voici le lien https://socialistfight.com/2017/10/06/the-rights-of-nations-to-self-determination-catalonias-referendum-and-the-spanish-state/ )

La classe ouvrière espagnole aujourd’hui

Josep María Antentas accumule confusion sur confusion dans son analyse. Il cherche à prouver que, juste parce que la classe ouvrière en Catalogne ne fait pas partie de ce mouvement d’indépendance (nous supposons qu’il veut dire comme force organisée), il ne comprend pas où résident les vrais intérêts de la classe et simplement parce que la droite nationaliste catalane, Convergència Democràtica de Catalunya (CDC), qui en 2016 est devenue la Partit Demòcrata Europeu Català (PDECAT), est pour l’indépendance, elle ne représente pas ses propres intérêts de classe parce que le «grand capital» et la «haute bourgeoisie» (nous présumons en Catalogne) s’opposent à l’indépendance. Quelques extraits de ces méandres confus démontreront où il essaie d’aller avec cet argument :

« Le mouvement de l’indépendance traverse les lignes de classe et de génération, mais les classes moyennes et les jeunes dominent. La haute bourgeoisie s’est opposée au processus d’indépendance dès le début et tentait constamment à le dérailler depuis les coulisses. La classe ouvrière traditionnelle – historiquement, les immigrants qui sont venus à Catalogne du sud de l’Espagne dans les années soixante-années – ont été moins impliqués. »
Donc, même si une grande partie de cette classe ouvrière est venue en Catalogne dans les années 60, nous pouvons logiquement supposer qu’ils ont des familles en Andalousie et en Estrémadure, etc. et ne peuvent donc pas être attirés par des demandes que la riche province catalane arrête de subventionner leurs familles et leurs proches restés à la maison. Mais Antentas a une autre explication qui n’admet pas au contenu de droite des demandes d’indépendance d’exiger de garder leur richesse pour eux-mêmes et dit qu’ils « ne considèrent pas un état indépendant comme un horizon futur », vraisemblablement parce qu’ils ne sont pas aussi éclairés que lui-même :

« Nous pouvons expliquer l’absence de la classe ouvrière traditionnelle par deux phénomènes différents mais apparentés : le manque d’identification de cette classe avec la question nationale catalane et la décomposition du mouvement ouvrier. Les travailleurs en Catalogne restent divisés sur l’indépendance et une partie importante d’entre eux ne considèrent pas un état indépendant comme une perspective à futur. »

Et maintenant, nous venons à peu près aux représentants politiques de la « haute bourgeoisie » agissant contre les intérêts de la « haute bourgeoisie » dans un passage comique:

« Un paradoxe du mouvement d’indépendance est que la force politique dominante depuis son départ a été la droite nationaliste catalane, Convergència Democràtica de Catalunya (CDC), historiquement le parti qui représente le grand capital malgré leur opposition à l’indépendance »
Il n’a pas besoin de prouver l’opposition de la « haute bourgeoisie » à la séparation car, vraisemblablement, tout le monde en Espagne le donne pour un fait. Mais les choses étaient meilleures dans les années 60 et 70, il nous dit, parce qu’ils ont tous combattu Franco en reliant les revendications nationales catalanes aux droits du travail sous le Parti communiste unifié socialiste de Catalogne (PSUC), qui semblait même être « convaincu avec succès les travailleurs d’origine espagnol d’accepter les exigences nationales (catalanes ?). Ou peut-être qu’ils voulaient se débarrasser du fascisme et personne ne suggérait que la Catalogne cesserait de subventionner les régions les plus pauvres si le fascisme partait et elle devenait indépendante.

Ainsi, le scénario « réactionnaire réticent » est fixé : « Lorsque le mouvement de l’indépendance a éclaté, le président Artur Mas n’a eu d’autre choix que de le diriger », dit-il. Bien loin des gauchistes suggérer que Mas utilisait les revendications d’indépendance d’apparence radicales pour imposer l’austérité à la classe ouvrière et détourner leur colère. Et dommage pour notre bon professeur, cette tactique ne fonctionne pas vraiment et les travailleurs ne se sont pas trompés, mais il fait de son mieux pour nous du côté progressiste des nationalistes de droite parce qu’ils n’attaquent que la classe ouvrière et les pauvres « car ils n’ont aucune autre option « .

Alors « Depuis lors, les pouvoirs financiers et commerciaux se sont politiquement largement éloignés (par eux-mêmes ?) des CDC, qui cependant continue de représenter leurs intérêts de classe ». S’ils se sont éloignés politiquement de leur propre parti politique, ils doivent trouver un autre, on pourrait penser. Oui, cela s’est produit : « Au cours des cinq années où ils ont été au gouvernement, les nationalistes de droite ont connu un déclin sérieux en faveur du centre pro-indépendance laissé autour d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). Cela les oblige à relancer CDC en tant que nouveau parti en 2016 sous le nom de Partit Demòcrata Europeu Català (PDECAT) « . Ainsi, l’austérité provoque que les partis politiques deviennent impopulaires et ils doivent alors trouver la couverture de la gauche. Et c’est un long processus avec chaque flanc gauche successif protégé par d’autres partis de gauche, apparemment plus radicaux. C’est ce qui s’est passé en Catalogne en 1936, chaque flanc gauche étant protégé par des gauchistes plus radicaux jusqu’à ce que nous arrivions aux « révolutionnaires » du POUM et de la FAI dans le gouvernement du Front populaire de 1936.
Mais il y a encore des mouvements anti-austérités dans toute l’Espagne, le Mouvement 15-M (Movimiento 15-M), le Mouvement Indignados et Prenez les Places qui a débuté avec les manifestations du 15 mai 2011. Alors, comment ces mouvements de la classe moyenne et pourtant militants se rapportent-ils au mouvement d’indépendance en Catalogne, qui est si évidemment pro-austérité? Bien, notre bon professeur nous dit que :

« En Catalogne, l’inconfort (sic) avec les politiques d’austérité et la collusion entre les élites financières et politiques a été exprimé en premier dans le mouvement des 15M. Mais, bien qu’il ne soit pas dirigé contre l’austérité, le mouvement d’indépendance a également pu bénéficier de ce mécontentement de la situation économique et a proposé une proposition concrète – indépendance de l’Espagne – comme moyen de sortir de la situation actuelle « .

CQFD; nous pouvons contrecarrer par, «une proposition concrète – indépendance de l’Espagne» en tant qu’une «issue de la situation actuelle», c’est-à-dire continuer avec une austérité sans fin et vous pouvez vous en sortir parce que vous faites quelque chose de «concret» est certainement mieux que l’abstraction et la futilité d’exiger que l’Etat cesse d’imposer l’austérité. Encore une fois, aucun indice n’indique que les nationalistes de droite pourraient faire avancer le « concret » pour détourner la colère du capitalisme lui-même.

Mais en ce qui concerne les conclusions, nous voyons que Antentas a une perspective très réformiste et inutile pour l’avenir :

« Les courants de gauche fédéralistes espagnols (et catalans) et les mouvements d’indépendance en Catalogne, Pays Basque et Galice doivent articuler une stratégie commune qui résiste au régime de 1978 et aux puissances économiques. Cela nécessite une dialectique centrale et périphérique complexe qui ne considère pas les questions de l’arène politique espagnole ni se verrouille dans une perspective de combattre uniquement de la périphérie. Cette question stratégique cruciale ne semble pas intéresser soit Podemos (en dehors de son courant de gauche Anticapitalista) et IU, soit le CUP et le mouvement indépendant principal « .
Donc, il y a simplement un problème avec la façon dont le « régime de 1978 » a été fondé et les « puissances économiques – qui-existent » (le système capitaliste peut-être ?) qui peut être résolu en raison de la bonne volonté de tous les côtés par un « centre-dialectique de la périphérie qui ne voit pas les questions seulement depuis l’arène politique espagnole ni se verrouille dans une perspective de se battre uniquement par la périphérie.  » Bonne chance avec ça. Qu’un courant politique pourrait réellement chercher à mettre en avant un programme de renversement du capitalisme en 2017, une perspective qui a été réalisée dans une partie de la Catalogne en 1936, c’est apparemment impensable. [6] Que cette opportunité politique de répéter la grande révolution de 1917 en Russie a été perdue par l’opportunisme politique des dirigeants du POUM et de la FAI et écrasée par l’alliance entre le bourgeois catalane et le stalinisme contre-révolutionnaire n’entre jamais dans la tête de notre bon professeur.

Mais il finit par un florilège :

« La majeure partie de l’opposition ne reconnaît pas la légitimité du référendum et appelle à un boycott. Podem (la section catalane de Podemos, qui est beaucoup plus douce sur le séparatisme que son corps parent) est la principale exception : son secrétaire général défend le vote mais fait campagne contre l’indépendance (correctement, disons-nous) « .
Mais le bon professeur doit avoir son front populaire avec ses aspirations vagues pour « un meilleur cadre politique et social » qui exclut la révolution socialiste :

« Cependant, défendre un » oui « est le meilleur choix stratégique, même pour ceux qui veulent une coexistence fédérale volontaire entre les peuples catalans et espagnol. Ceux qui sont en faveur de cet horizon fédéral devraient reconnaître qu’il ne peut être construit que sur la base de la souveraineté catalane. Le résultat est loin d’être garanti, mais ce « oui » stratégique pourrait porter un coup majeur au régime de 1978 et libérer le potentiel démocratique de la Catalogne pour créer un meilleur cadre politique et social. C’est précisément le défi stratégique pour l’avenir.  »
Le professeur a commencé son article d’un ton très radical :

« Les partisans de gauche ont complété cette focalisation sur la nation et l’état avec une perspective par étapes qui appelle l’indépendance d’abord et à réformer les politiques économiques et sociales plus tard. Mais cette approche ignore le fait que quiconque contrôle le processus de transition détermine ce qui se passe plus tard. Les concessions et les démobilisations d’aujourd’hui ne peuvent être récupérées demain « .
Cela nous a amené à penser qu’il était sur le point de livrer un excellent document révolutionnaire et son analyse de la constitution simulée de 1978 qui a mis fin à la dictature franquiste l’amènerait à demander le renversement du capitalisme. Mais tout ce qu’il veut, c’est un meilleur cadre (un mot qu’il utilise six fois) pour administrer le capitalisme.

Reconnaître le droit à l’autodétermination mais s’opposer politiquement à son exercice

Reconnaitre le droit à l’autodétermination et que ce sont des pays historiques ne nous oblige pas à plaider en faveur d’une séparation complète. Nous devrions défendre la Fédération Hispano-Socialiste (y compris le Portugal). La séparation totale laisserait ces nations en tant que pions d’autres puissances impérialistes (les nationalistes de droite du Pays Basque et de la Catalogne s’en moquent) et tendraient à affaiblir la solidarité de classe avec les travailleurs en Castille, en Andalousie, en Galice, etc. d’autre part, ne pas reconnaître le droit à l’autodétermination, apparaitrait aux travailleurs comme un soutien de l’appareil central répressif de l’État central réactionnaire de Madrid contre eux.

Le pays basque du nord de l’Espagne et le sud de la France ont une revendication plus forte de séparatisme, ou au moins beaucoup plus d’autonomie, compte tenu de l’histoire de la répression sévère sous la dictature de Franco et des luttes persistantes de son mouvement de libération, de l’ETA et du nombre de prisonniers politiques tenus en Espagne et en France.

Dans ce sens, c’est plus comme l’Irlande que l’Écosse ou la Catalogne. Mais ce n’est pas une nation économiquement opprimée comme l’Irlande et maintenant il est évident avec le début de la récession et l’austérité, de payer les dettes des banquiers étrangers et autochtones. Les deux demandes de séparation ont donc le ton d’une rébellion contre le subventionnement des régions plus pauvres et les plus opprimées d’Espagne et le maintien de leur richesse pour eux-mêmes. Il s’agit d’un jeu conjoint, en réalité, les classes dirigeantes en Catalogne et dans le Pays Basque souhaitent s’allier avec les États-Unis et d’autres impérialistes européens pour mieux exploiter leur propre classe ouvrière et leurs pauvres. Et des motifs de profit similaires régissent le désir d’indépendance de la bourgeoisie écossaise et galloise, quelles que soient les illusions que les pauvres et les travailleurs ont dans ces mouvements.

Histoire d’une crise constitutionnelle

La crise constitutionnelle qui s’est développée maintenant lors du référendum catalan du 1er octobre a une longue histoire. Outre l’histoire ancienne, à partir du Statut de 1919, la seconde République espagnole de 1931 a abouti au Statut de 1932 que Franco a renversé après la défaite de la République en 1939. Avec la mort de Franco en 1976, une nouvelle constitution espagnole a été proclamée en 1978 où la Catalogne, le Pays Basque et la Galice sont devenues des nationalités autonomes. L’autonomie catalane a été reconnue dans le Statut d’Autonomie de Catalogne en 1979.

Dans le Statut d’Autonomie en 2006, la Catalogne a obtenu de plus grandes puissances régionales, mais la Haute Cour de Justice espagnole a statué que certains des articles étaient inconstitutionnels. En signe de protestation, quelque 550 référendums locaux symboliques exigeant une indépendance totale se sont déroulés entre 2009 et 2011, ce qui a donné de gros « oui » lors de votes mais avec peu de participation : près de 30%. Rapport de Wikipédia : « Le mouvement populaire nourrit les politiciens ; une deuxième manifestation de masse le 11 septembre 2012 (la fête nationale de Catalogne) a explicitement demandé au gouvernement catalan de commencer le processus vers l’indépendance. Le président catalan Artur Mas a appelé une élection générale, qui a abouti à la majorité pour l’indépendance pour la première fois dans l’histoire de la région. Le nouveau parlement a adopté la Déclaration de Souveraineté de Catalogne début 2013, affirmant que le peuple catalan avait le droit de décider de son avenir politique « [7].

Le référendum de 2014 avait deux questions : « voulez-vous que la Catalogne devienne un État ?» Et (si oui) « Voulez-vous que cet État soit indépendant ? » La Cour constitutionnelle espagnole a déclaré le référendum inconstitutionnel, mais il a été réalisé en tant que « consultation » ; obtenant un vote de 81% pour « oui-oui », mais à un taux de participation de seulement 35%.
Artur Mas, président de la Generalitat (parlement catalan), a ensuite appelé une élection pour septembre 2015, qui, selon lui, serait un plébiscite sur l’indépendance. Les partis indépendantistes sont restés à la limite de la majorité des voix lors des élections de septembre, bien qu’ils aient gagné la majorité des sièges. Le nouveau parlement a adopté une résolution déclarant le début du processus d’indépendance en novembre 2015 et l’année suivante, le nouveau président Carles Puigdemont a annoncé un référendum contraignant sur l’indépendance, qui se tiendra le 1er octobre 2017.

La crise prend son essor

Le gouvernement espagnol continue de s’opposer à tout mouvement vers l’indépendance catalane. Mais peut-être que leur police pourrait arrêter le mouvement. En mars 2017, Madrid a imposé une amende à Artur Mas et l’a empêché d’occuper son poste pendant deux ans après qu’un tribunal l’a jugé coupable d’avoir organisé le référendum de l’indépendance de 2014 et a intensifié la répression depuis.

La force de police nationale ; la Guardia Civil, a confisqué des millions de bulletins de vote et d’autres documents électoraux et a arrêté de nombreux fonctionnaires par mandat d’un juge à la mi-septembre. Et des navires contenant des renforts de police furent amarrés dans les ports catalans. Le Premier ministre Mariano Rajoy a menacé d’utiliser l’article 155 de la Constitution ; ce qui permet à Madrid de suspendre la Constitution dans les communautés autonomes. Madrid dit qu’elle, « peut adopter les mesures nécessaires pour obliger [ les régions] à se conformer à ses devoirs par la force ou à protéger l’intérêt général susmentionné ».

Gagnant ou perdant, les séparatistes pourraient encore prendre la rue, a averti Francesc de Carreras, un avocat constitutionnel qui a aidé à lancer Ciudadanos, un parti fermement opposé à l’indépendance. « Nous devrions au moins être prêts pour une version catalane de Maidan », at-il dit, se référant à la place de Kiev qui est devenu le centre de la révolution ukrainienne en février 2014. « Cela pourrait créer une situation encore plus imprévisible et tendue,  » a-t-il dit. « Mais le droit de protester doit également être respecté dans une démocratie » [8].

Et là, vous avez l’essence droitière du mouvement, comme dans Maidan, où quelques gauchistes stupides ont été balayés par ce mouvement en février 2014, comme quand ils étaient pour la « révolution » contre Morsi en Egypte un an plus tôt. Lorsque tous ces mouvements de masse de droite ont si horriblement révélé leur essence et les résultats qu’ils ont produit, nos « marxistes » étaient totalement incapables de l’expliquer et refusaient d’examiner leurs propres erreurs.

Remarques
[1] Leon Trotsky, (juillet 1931), la question nationale en Catalogne,

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1931/07/spain01.htm

[2] El País, Mythes et mensonges du mouvement d’indépendance catalan, https://elpais.com/elpais/2017/09/25/inenglish/1506339116_980655.html

[3] Leon Trotsky, (juillet 1931), la Question nationale en Catalogne.

[4] Parti socialiste écossais, 18 septembre 2017, Catalogne: la répression de l’État espagnol à l’approche de l’indépendance référendaire, Déclaration de Esquerra Revolucionària (révolutionnaire de gauche), http://socialistpartyscotland.org.uk/2017/09/18/catalonia-spanish- l’état-répression-augmente-indépendance-référendum /

[5] Josep María Antentas, The Jacobin Magazine, 2 octobre 2017, Décision de Catalogne, https://jacobinmag.com/2017/09/catalonia-independence-referendum-spain-podemos

[6] Voir Wikipedia, Catalogne révolutionnaire pour un compte de ces événements, https://en.wikipedia.org/wiki/Revolutionary_Catalonia. L’hommage de George Orwell à la Catalogne raconte l’histoire du point de vue d’un libéral anglais et de la révolution et de la révolution en Espagne par Felix Morrow donne le compte trotskyste, https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution- Espagne/

[7] Wikipedia, indépendance catalane, https://en.wikipedia.org/wiki/Catalan_independence

[8] Raphael Minder, 8 septembre 2017, New York Times, la demande d’indépendance de Catalogne pousse l’Espagne vers la crise »

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tribunemlreypa

12 octobre 2017 à 10 h 19 min 

Bonjour, camarade !

Je me suis permis de corriger le résultat qui indiquait 90% de participation, alors qu’il s’agit du taux (supposé…) des OUI… !

Pour le reste, Trotsky faisait donc, pour une fois, une analyse correcte des données de départ du problème catalan….

L ‘article original, sur Socialist Fight mélange donc des considérations fondamentalement judicieuses avec celles d’une « relecture » trotskyste assez classique, par ailleurs, de la tragique Guerre d’Espagne.

Voici le lien vers l’original :

https://socialistfight.com/2017/10/06/the-rights-of-nations-to-self-determination-catalonias-referendum-and-the-spanish-state/

Par ailleurs, « les PCRF », comme tu dis, ne font que suivre les méandres du PCPE, dans cette affaire… Ils n’ont pas vraiment d’analyse qui leur soit propre, vu qu’ils n’en perçoivent déjà pas les contradictions !

Ils cherchent seulement à se justifier de leur « amitié » avec ce PCPE, réelle ou supposée (PRCF >> <<PCRF), pour rajouter une plume au chapeau de leur social-chauvinisme…

Une plume qui, en fait, se balade au gré des courants d’air catalans…

Je ne vois pas vraiment l’intérêt…

En fait, en France, si ce n’était le battage médiatique, le sujet ne semble pas du tout intéresser le public, même à l’ »extrême-gauche »…

C’est dire l’état du niveau de conscience dans lequel il nous faut tenter d’avancer, ou à tout le moins, de ne pas sombrer complètement.

Merci pour ton post,

Luniterre

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Karl Martel

13 octobre 2017 à 14 h 12 min

A reblogué ceci sur Reconstruction communiste Québecet a ajouté:
TML présente une série de textes de différentes organisations de « gauche » portant sur la crise espagnole et le processus d’accession à l’indépendance de la Catalogne.

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M.L.

13 octobre 2017 à 14 h 53 min

Vous trouverez ci-après un lien hypertexte qui mène à une anlayse qui rejoint un peu la tienne sur la question nationale en Catalogne. https://reconstructioncommuniste.wordpress.com/2017/10/13/sur-la-situation-en-catalogne/

Extrait: « Que se passe-t-il en Catalogne ? Cette nation présente sur plusieurs territoires de culture catalane (Valence, Baléares, Andorre,…), située principalement dans l’Etat espagnol, et en partie dans l’Etat français, a une situation politique qui évolue rapidement : une crise politique sans précédent s’est déclarée. Le gouvernement de la Generalitat (l’organisation politique détenant les pouvoirs exécutifs et législatifs régionaux de cette « communauté autonome », intégré il y a plusieurs siècles dans l’Etat espagnol) a promis depuis 2015 d’avancer vers la voie de l’indépendance. Pour cela, la Generalitat a convoqué un référendum pour le 1er octobre 2017.

Le gouvernement espagnol conservateur de Mariano Rajoy (dirigeant du Partido Popular, représentant la droite issue du franquisme) semble prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour empêcher la tenue du référendum, que la Cour constitutionnelle a jugé illégal. Il faut rappeler que la police a quand même mené des perquisitions au siège du gouvernement régional catalan et a saisi les 19 et 20 septembre près de 10 millions de bulletins de vote, que 14 hauts responsables du gouvernement régional ont été arrêtés et le 21 septembre, que la justice a cité à comparaître plus de 700 maires catalans, que des entreprises privées ayant contribué à la propagande indépendantiste ont été perquisitionnées, que la Cour constitutionnelle a annoncé infliger des amendes de 6000 à 12 000€ tous les jours à 24 organisateurs du référendum jusqu’à ce qu’ils se plient aux résolutions de la « Justice ». 60 sites faisant la promotion du référendum ont été fermés, la campagne électorale est illégale et donc le collage d’affiches pour l’indépendance se fait dans l’illégalité, et Madrid a mis sous tutelle les finances de la région pour empêcher les financement illégaux.

(…)

NDLR: ICI, NOUS NOUS PERMETTONS DE COUPER LA CITATION, DE TOUTE FAÇON INCOMPLÈTE, POUR LA REMPLACER PAR LA CONCLUSION DE L’ARTICLE CITÉ, AVEC LE LIEN VERS L’ARTICLE D’ORIGINE, CE QUI NOUS PERMET D’Y RÉPONDRE PLUS FRANCHEMENT…:

« Le nationalisme bourgeois de toute nation opprimée possède un contenu démocratique qui est dirigé contre l’oppression, c’est celui-là que nous soutenons. En revanche nous ne soutenons pas le contenu qui vise à renforcer le nationalisme et les privilèges de la bourgeoisie nationale et qui casse la conscience de classe du prolétariat en effaçant les distinctions de classes entre bourgeois, petits-bourgeois et prolétaires.

« Sous prétexte que ses demandes sont « pratiques », la bourgeoisie des nations opprimées va appeler le prolétariat à soutenir ses aspirations sans condition… Le prolétariat est opposé à une telle pratique. Tout en reconnaissant l’égalité des droits à un Etat national, il valorise surtout et avant tout l’alliance des prolétaires de tous les pays, et évalue toute demande nationale, toute séparation nationale, sous l’angle de la lutte de classe des travailleurs. Pour les travailleurs, la chose importante est de distinguer les principes des deux tendances. Dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée combat l’oppresseur, nous sommes toujours, dans tous les cas, et plus fortement que quiconque en sa faveur, car nous sommes les ennemis les plus constants et les plus fervents de l’oppression. Mais dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée est favorable à son propre nationalisme bourgeois nous somme contre. » (Lénine, cité par Ibrahim Kaypakkaya dans La Question Nationale en Turquie, 1971)

Nous soutenons donc le droit à l’autodétermination de la nation catalane. Et nous soutenons l’unité du prolétariat catalan et espagnol contre les intérêts de la bourgeoisie et des propriétaires. »

Source: http://www.pcmaoiste.org/communique/sur-la-situation-en-catalogne/

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tribunemlreypa

13 octobre 2017 à 16 h 13 min 

En tenant compte de la citation de Lénine, d’une part, et des passages soulignés en gras par nous dans cette conclusion, ne vois tu pas la contradiction, camarade ?

C’est à dire la pirouette pseudo « théorique » pour pouvoir adhérer au consensus vaguement « de gauche », et en réalité, tout à fait social-chauvin que certains «ML », maoïstes,trotskystes (NPA), et autres supposés « gauchistes » s’empressent de tisser autour de ce mouvement tout à fait réac, sous le juste prétexte, par contre, de protester contre la répression ?

Protester contre la répression est une chose, être solidaire de cette pseudo « lutte de libération », une autre… ! En effet, où sont les critères qui définiraient une « oppression » de la nation catalane ? Nulle part ! Où sont les critères qui définissent l’oppression du prolétariat catalan et espagnol œuvrant pour la bourgeoisie « nationaliste » catalane ? Ils sont précisément d’abord dans la politique de cette bourgeoisie « nationale » catalane et de son embryon d’État, sa « Generalitat », et nulle part ailleurs !

C’est ce qui ressort de toutes les études économiques sur le sujet, et c’est pourquoi je n’ai pas jugé utile d’y revenir dans cette revue de presse, tant le fait paraît déjà évident, à travers les témoignages cités.

Il n’y a rien d’une « lutte de libération », là dedans, et contrairement également à ce que tente d’accréditer le groupuscule d’activistes catalans tout à fait « bobocratique » de la « CUP », en réalité une officine de collaboration de classe avec le nationalisme, entièrement pilotée par la petite bourgeoisie, tout comme notre « FI » ou notre « NPA » et autres « verts-rouges », en France !

Luniterre

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tribunemlreypa

13 octobre 2017 à 19 h 30 min 

REÇU DE LA PART DU CAMARADE VIRIATO, CE MAIL EN RÉPONSE:

Ils sont rigolos les « M.L. », ils « déplacent » la Catalogne partout…ils auraient pu mettre la Sicile aussi et autre endroits de la Méditerranée, le Roussillon inclus.
Les Vêpres Siciliennes ont eu beaucoup de « catalanes », non?
Cette habitude des « gauchistes  » (qui passent à droite avec une facilité déconcertante) « d’appuyer » n’importe quel soulèvement réactionnaire ça fait un moment qu’elle ne fait plus rire.
En Yougoslavie ils étaient aussi pour la partition, suivant de près les plans impérialistes avec les citations de Lénine sur les nationalités et leur auto détermination à la bouche…En Libye pareil, en Ukraine de même, en Syrie kif-kif, partout soutenant-volens-nolens- les plans …de l’impérialisme US.
En Catalogne ils « avancent », ils soutiennent l’égoïsme forcené de la droite catalane qui ne veut pas donner un sou pour les autres espagnols tout en exploitant allègrement les travailleurs Andalous tout comme les capitalistes du Nord de l’Italie (la dite « Padana ») exploitent les prolétaires du Mezzogiorno. Et il faudrait appuyer « ça »?

Quand la Belgique sera partagée, l’Italie (la Padana doit être encore une « lutte d’indépendance nationale » …de droite, mussoliniene), l’Ukraine, et on peut continuer en direction du Moyen Âge, les imbéciles gauchistes vont tout confondre, tout mélanger, semer bêtise et confusion dans leurs « rangs » et finir comme toujours par se taire (car ils n’ont même pas le courage de reconnaitre leurs conneries) et la prochaine fois…se placer encore derrière l’impérialisme et les réactionnaires. Seule la lutte internationale des travailleurs sera entravée, dévié vers des « combats » nationalistes, chauvins, rétrogrades. Mais les tarés gauchistes continueront à débiter leurs âneries; les attends pour la République Démocratique de Corée, l’Iran.
Vaut-il la peine de polémiquer avec ces personnes?
Seulement pour exposer ce qui devrait être connu depuis des décennies.
V.

Réponse

Aujourd’hui, 15/10/2017, 10 commentaires de plus à lire sur…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments