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Centenaire d’Octobre: …vers un sursaut unitaire ??

 

Nouveau  sur   TML

 

 

 

 

Centenaire d’Octobre:

 

 …vers un sursaut unitaire

 

du Mouvement ML en France?

 

 

 En préambule d’un de nos articles sur le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS, nous écrivions :

« Un siècle après Octobre, et à la veille de son centenaire, il semble impossible, même pour les communistes marxistes-léninistes, de le célébrer avec un minimum de consensus, sinon d’unité, sur sa signification et surtout, sur ses conséquences…

Le fait qu’Octobre ait ouvert une période de transformations sociales radicales en Russie et dans les pays qui allaient devenir l’Union Soviétique, c’est le seul point qui permette à tous ceux qui se réclament du communisme de pouvoir, à la rigueur, être d’accord avec la première phrase d’un texte sur le sujet, et encore, à condition de ne pas s’éloigner de considérations très générales…  »

 

Or il se trouve que les camarades d’un autre blog ML lyonnais, « Unité Communiste-Lyon », ont entrepris précisément une initiative qui semble répondre exactement à cette considération…

 

Proposer un communiqué unitaire s’en tenant à des considérations d’ordre le plus général possible sur le sujet « Centenaire d’Octobre » et avec lesquelles il est par conséquent à peu près impossible d’être en désaccord, à moins d’être sectaire au dernier degré dans l’échelle de la bêtise… !

 

Un autre blog, «Éditions Prolétariennes », en quelque sorte héritier et dépositaire des traces les plus anciennes du mouvement ML français depuis la fin des années 60, a également décidé d’apporter son soutien à cette initiative.

 

Pour qui connait aussi bien l’histoire du mouvement ML lyonnais ces dernières années, que l’histoire, plus ancienne, du courant principal dont les « Éditions Prolétariennes » sont en quelque sorte la succession, il n’est pas difficile de comprendre l’abime qui sépare nos analyses, aussi bien d’un côté que de l’autre…

 

Néanmoins, sur TML, nous apportons également notre soutien à cette initiative, dont les auteurs admettent eux-même qu’elle peut avoir un aspect presque naïf, à l’évidence, dans le contexte actuel.

 

Elle a plutôt, à notre sens, un aspect carrément idéaliste, dans tous les sens du terme, y compris d’un point de vue critique marxiste, mais il se trouve qu’elle correspond malgré tout à ce que le mouvement ML français est actuellement capable de produire de meilleur, le reste étant essentiellement l’expression du sectarisme, du dogmatisme, et encore plus souvent, de l’opportunisme social-chauvin, sinon une combinaison plus ou moins alambiquée de ces diverses tares… !

 

VOICI DONC , EN L’ÉTAT ACTUEL, republié sur TML, LE PROJET DE COMMUNIQUÉ PROPOSÉ PAR CES CAMARADES…

(A la suite les liens vers les sites parties prenantes, ainsi qu’un récapitulatif des principaux articles parus sur TML, concernant le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS.)

Centenaire d’Octobre:

…vers un sursaut unitaire ??

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/16/centenaire-doctobre-vers-un-sursaut-unitaire/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/08/train-sovietique-affiche.jpg?w=534&h=254

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Catalogne – Espagne : jaune et rouge ou bien Rouge ou Jaune ???

 

 

 

 

 

 

Un article initialement publié sur…

 

 

Solydairinfo

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/

 

Drapeau de l'Espagne

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2 COULEURS…

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Mais 1 seule est la bonne…!

 

 

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Contrairement à une idée répandue

dans l' »extrême-gauche » française,

le mouvement ouvrier catalan n’est ni inféodé

ni à la remorque de la bourgeoisie nationaliste…

 

« Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens. »

Thomas Lanssens (Syndicaliste CGT)

 

Depuis plusieurs semaines, l’utilisation de la force par le gouvernement de Mariano Rajoy contre la tenue du référendum sur l’indépendance de la Catalogne a plongé l’Espagne dans la crise. La tension était maximale Dimanche 1er octobre, jour du vote. La CGT avait, le jour même, lancé un appel à la grève générale pour le 3 octobre dans toute la Catalogne. Interview avec Thomas Lanssens, représentant de la centrale anarcho-syndicaliste, au Comité d’entreprise d’AtoS Spain à Barcelone.

 

LE CONTEXTE: Le gouvernement régional catalan, dominé par une alliance de trois partis indépendantistes, a lancé l’organisation d’un référendum d’autodétermination pour le dimanche 1er octobre. Jugé illégal par la Cour constitutionnelle espagnole, ce référendum est l’objet d’une crise majeure entre le gouvernement central et la Catalogne.

Depuis mi-septembre, Madrid a choisi d’intervenir par la force pour empêcher sa tenue. Arrestation par la Guardia civil de 14 membres de l’exécutif catalan, saisie de millions de bulletins de vote, mise sous tutelle de la région font partie des mesures de rétorsion prise par l’État. Avec pour résultat de déclencher des manifestations massives, l’occupation de l’université et de multiples actes de désobéissance dans toute la région. Parmi ces derniers, le refus des dockers de Barcelone et de Tarragone de décharger le matériel destiné aux forces de répression venues de Madrid.

C’est dans ce contexte que la CGT — troisième force syndicale en Espagne — a appelé à une grève générale le mardi 3 octobre en Catalogne. Thomas Lanssens, représentant syndical CGT au Comité d’entreprise d’AtoS Spain à Barcelone, a répondu aux questions de Rapports de force.

 

La rédaction : Pourquoi la CGT appelle-t-elle à une grève générale le 3 octobre ?

Thomas Lanssens (CGT) : Ces dernières années, les travailleurs en Catalogne ont subi une détérioration significative de leurs conditions de vie. Nous avons connu une baisse générale des salaires. Nous avons vu comment les réformes du Code du travail des années 2010 et 2012 ont réduit nos possibilités d’actions face aux employeurs. Cela a entraîné une précarité accrue et une aggravation générale de nos conditions de travail.

Parallèlement, nous avons assisté à une augmentation de la répression, contre les grévistes et les militants sociaux avec des condamnations et des amendes dans le cadre de la « Llei Mordassa » (la loi bâillon).

Enfin, au cours des derniers jours et semaines, nous avons également observé comment cette répression s’est étendue à de nombreux autres secteurs de notre société. Cela ressemble à un processus général de suspension des droits civils par l’État.

La rédaction : Est-ce aussi une réponse à la réaction du gouvernement espagnol face au référendum en Catalogne ?

Thomas Lanssens (CGT) : Nous refusons la présence policière et militaire (la Guardia civil est un corps militaire correspondant à la gendarmerie) que nous avons dû subir ces dernières semaines dans de nombreux lieux de travail. Nous voulons mettre fin à la suspension des droits civils survenue ces derniers jours en Catalogne : perquisitions, fermeture de pages web, violation des correspondances, interdiction d’actes collectifs. Cette grève générale s’inscrit aussi dans l’appel général, de notre organisation et d’autres mouvements et groupes sociaux, à défendre les libertés publiques. En ce sens, il vise à stimuler et à protéger une large mobilisation sociale.

La rédaction : Comment va se passer la grève du 3 octobre ?

Thomas Lanssens (CGT) : La grève générale est convoquée uniquement pour le 3 octobre. Mais devant l’impossibilité de prévoir le déroulement des événements après le 1er octobre (jour du référendum pour l’indépendance) et en tenant compte de la législation sur le droit de grève, la CGT a déposé un préavis jusqu’au 9 octobre. Trois autres organisations appellent à la grève générale en Catalogne : l’intersyndical CSC, l’Intersyndical alternativa de Catalunya (IAC) et la Coordinadora obrera syndical (COS), proche du parti indépendantiste et anticapitaliste la CUP.

C’est une occasion pour les travailleurs de montrer que s’ils sont prêts à manifester pour pouvoir voter un référendum ou pour réclamer l’indépendance, ils sont là aussi pour défendre leurs droits civils et un travail digne.

La rédaction : Quel regard la CGT porte-t-elle sur le référendum et l’indépendance ?

Thomas Lanssens (CGT) : Les décisions au sein de la CGT se prennent par votation depuis la base jusqu’au plus haut niveau. Ainsi, nous sommes pour l’autodétermination des peuples, même s’il est vrai que ce référendum n’offre pas toutes les garanties nécessaires. La CGT n’a pas de position définie vis à vis de l’indépendance parce que son objectif, comme syndicat, est la défense des droits de tous les travailleurs.

Par contre, notre organisation juge intolérable la réponse autoritaire donnée par le gouvernement central et les administrations de l’État. Le refus du gouvernement central de négocier la possibilité d’un référendum et l’application disproportionnée et autoritaire de la loi a poussé de nombreux citoyens, qui étaient relativement indifférents, à réclamer maintenant ce référendum à cor et à cri. Indépendamment de leurs positons pour ou contre a l’indépendance. Les adhérents de la CGT sont le reflet de la société catalane. En ce sens, nous respectons l’opinion de chacun d’entre eux.

Mais nous ne soutenons pas le gouvernement catalan contre celui de Madrid. En tant qu’organisation syndicale, nos objectifs et préoccupations sont la défense des intérêts et des droits des travailleurs et des citoyens.

La rédaction : Comment imaginez-vous la suite des événements ?

Thomas Lanssens (CGT) : L’impossibilité des politiques à résoudre un conflit politique, social et économique a conduit une partie chaque fois plus prononcée des Catalans à chercher d’autres voies pour les résoudre. L’indépendantisme leur promet une solution. S’il y a une progression du nationalisme en Catalogne, à la différence d’autres pays, il n’est pas accompagné de discours xénophobes.

La situation est assez complexe et change chaque jour. Il est donc très difficile de prévoir comment cela va évoluer. Personnellement, je pense que cela va finir en de nouvelles élections principalement centrées sur le thème de l’indépendance.

https://rapportsdeforce.fr/linternationale/linternationalereferendum-et-repression-en-catalogne-la-cgt-appelle-a-la-greve-generale-1001904-1001904

 

 

A la suite, une autre approche, assez similaire, de cette situation, par un groupe anarcho-syndicaliste français, mais qui semble avoir une bonne connaissance du terrain…

Catalogne : la stratégie de la matraque

Publié le 3 octobre 2017

(par le groupe anarcho-syndicaliste Salvador-Seguí )

« Il n’y a pas eu de référendum d’autodétermination en Catalogne. » Par cette déclaration, Mariano Rajoy fait un peu plus étalage de sa stupidité politique. Les images qui défilent en boucle sur tous les écrans TV et réseaux sociaux le contredisent : il s’est bien passé « quelque chose » ce dimanche 1er octobre, en Catalogne. Plus de 2 millions de personnes se sont exprimées sur l’autodétermination, malgré la brutalité, pour ne pas dire la sauvagerie, de la Garde civile, qui a tout fait pour les empêcher d’accéder aux bureaux de vote. On a pu voir aussi des anti-indépendantistes manifester (y compris à Barcelone), brandissant le drapeau national et entonnant Cara al Sol, chant cher à Franco. La coupure est nette et souligne, si besoin était, la « différence » catalane (langue, culture, traditions…). Le spectacle des violences policières a finalement renforcé les indépendantistes et affaibli l’autorité d’un Rajoy qui, en guise d’arguments, a surtout la matraque.

Et, maintenant, vers quoi va-t-on ? Un État catalan indépendant ? Mais pour quoi faire ? Une république catalane en lieu et place d’une monarchie espagnole ? Oui, mais quelle république ? Traditionnelle, comme ici en France ? Avec des exploiteurs et des exploités, des riches et des pauvres ? Bref, une démocratie bourgeoise avec ses possédants et ses possédés (dans tous les sens du terme) ? État catalan ou État espagnol ? Nous défendons évidemment le droit des peuples à l’autodétermination, les frontières étant plutôt tracées par les vainqueurs de l’Histoire que par les peuples. Demain, le gouvernement de la Generalitat sera-t-il plus aux mains du peuple, ou sera-t-il toujours sous la coupe d’une oligarchie semblable à celle de Madrid ? Pour reprendre la main, les organisations de classe doivent impérativement rappeler quels sont les intérêts des travailleurs.

C’est le sens de l’appel à la grève générale en Catalogne lancé par la CGT catalane, la CSC (Confédération syndicale catalane), l’IAC (Intersyndicale alternative de Catalogne), la COS (Coordination ouvrière syndicale) et la CNT (Confédération nationale du travail). Ces organisations ne se prononcent pas quant à l’indépendance ou non de la Catalogne, tout en rappelant que leurs adhérents sont libres de leur choix. Toutefois, elles dénoncent unanimement les violences policières de ces derniers jours et les attaques contre les droits civiques. Le comité confédéral de la CGT de Catalogne rappelle, lui, que ces attaques et violences existent depuis déjà longtemps. La grève générale en Catalogne déclenchée ce mardi 3 octobre a pour objet d’exiger l’abrogation des « réformes » du travail de 2010 et 2012, de dénoncer la précarité grandissante, la baisse générale des salaires, la dégradation des conditions de travail, la répression exercée contre les grévistes et les militants syndicaux, les amendes administrées au nom de la loi Baillon (Ley Mordaza).

Il s’agit d’un seul jour de grève. Au cas où, la CGT à déposé son préavis jusqu’au 9 octobre. À suivre, donc.

Ramón Pino
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

_https://salvador-segui.org/2017/10/03/catalogne-referendum-repression-violences/

Catalogne : du respect des aspirations démocratiques

à… l’autonomie ouvrière

( Publié le 1 octobre 2017 par le groupe anarcho-syndicaliste Salvador-Seguí )

Panique en Ibérie : le gouvernement central de Madrid n’est pas disposé à laisser s’échapper la riche région de Catalogne. La Generalitat (gouvernement catalan) rêve de délimiter officiellement son territoire par de véritables frontières (un mur, peut-être ?)

Bref, ces dernières semaines ont été plus qu’agitées et celles qui viennent ne le seront pas moins. Il faut dire que, plus bête que Mariano Rajoy, ça doit être dur à trouver, lui qui est un digne relais de la pensée du généralissime Franco qui voulait une « Espagne une » (et ne parlant que le castillan). Les diverses opérations policières menées contre les institutions catalanes n’ont fait que renforcer la cause des indépendantistes.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Qui dirige et qui contrôle ? Sûrement pas le prolétariat. Car on assiste quand même à de bizarres prises de positions dans les milieux radicaux (ou prétendus tels). S’opposer à l’autoritarisme de l’État central et sa brutalité, oui, bien sûr, mais il ne s’agit pas de tomber dans le  dilemme simpliste « pour un bon État catalan, contre un méchant État espagnol ». Les deux gouvernements ont autant de casseroles au c…, autant d’impliqués dans les scandales de corruption, autant de méthodes musclées pour réprimer les mouvements sociaux de leurs régions respectives. La brutalité des mossos d’escuadra (policiers catalans) n’a rien à envier à celle des gardes civils. Les uns et les autres ont la même mission : défendre les pouvoirs en place et pas les travailleurs. Et on assiste pourtant à ce spectacle étonnant de militants radicalisés prompts à défendre l’autonomie des flics de la Generalitat menacés de passer sous le contrôle du gouvernement de Madrid. Eux aussi vont-ils « embrasser un flic » ?

Où sont passés tous ces « indignés » qui, il y a six ans, voulaient prendre d’assaut le Parlement et qui scandaient : « Ils ne nous représentent pas » ? Se sentent-ils représentés aujourd’hui ? Les coupes budgétaires, les mesures antisociales, les 22 % de chômeurs, les expulsions de celles et ceux qui ne peuvent payer leur hypothèque, tout cela serait-il devenu acceptable si ça émanait du gouvernement d’une Catalogne indépendante ? Sommes-nous devant une sainte alliance du genre des Bonnets rouges en France : exploiteurs et exploités catalans tous unis ? Et lutte des classes aux oubliettes ?

On se souvient que, bien avant 1936, les catalanistes, dans le but d’obtenir l’indépendance, ne cessaient (sans résultat) de solliciter l’aide des militants de la CNT anarcho-syndicaliste alors toute-puissante en Catalogne. On se souvient aussi du traitement qu’ils leur réservèrent pendant la contre-révolution de mai 1937…

Il s’agit aujourd’hui de ne pas se tromper de combat. La lutte indépendantiste n’est pas la lutte des classes. Le patronat catalan n’est pas plus tendre que le patronat espagnol, et, comme le disait en son temps Salvador Seguí, leadeur de la CNT (et accessoirement catalan) : « Le seul ennemi qu’il y a en Catalogne est le même qu’il y a à Madrid : le capitalisme. »

La leçon a été retenue par nos camarades ibères : mieux qu’un référendum le 1er octobre, la CNT et la CGT espagnoles appellent à une grève générale le 3 octobre contre les interventions policières dans de nombreuses entreprises et imprimeries, sans oublier la fermeture de sites Web, la confiscation d’urnes, la fermeture d’écoles, etc. Car, au-delà de la seule question indépendantiste et du résultat du référendum, c’est celle, plus large, du respect des aspirations démocratiques d’une population qui se pose, dans l’urgence.

Pas de paix entre les classes.

_https://salvador-segui.org/2017/10/01/catalogne-autonomie-ouvriere/

Ramón Pino
Groupe anarchiste Salvador-Seguí

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Un rappel historique de la situation, depuis ses origines au début du XXème siècle, assez long mais assez utilement détaillé a été publié sur « Révolution », blog d’une des tendances trotskystes qui font de l' »entrisme » au sein de la pseudo « gauche » du PCF. En voici une édition PDF:

HISTO CATALOGNE TMI-PCF

 

 

Dans le même ordre d’idée, parmi les « tendances de gauche » du PCF, (mais « non trotskyste », celle là…) a été récemment publié cet autre témoignage encore relativement assez avisé, par sa connaissance du terrain:

 

Sur la situation en Catalogne par Andres B. Alonso, ancien militant des JC d’Aragon et secrétaire des Jeunesses communistes de Saint-Martin-d’Hères, 3 octobre 2017

Ce dimanche 1er octobre, le gouvernement régional de la Catalogne (région de plus de 8 millions d’habitants – la plus riche d’Espagne) a appelé les Catalans à voter pour l’indépendance. L’Etat central espagnol avait décrété ce referendum illégal.  Depuis des semaines, le président du gouvernement espagnol, Mariano Rajoy, avait affirmé que ce vote n’allait pas se tenir. Sa promesse s’est matérialisée le matin même par l’intervention de l’ensemble des forces de police (police nationale et « Guardia Civil » – équivalent espagnol de la gendarmerie), qui ont délogé avec une grande violence les occupants des bureaux de vote.

L’intransigeance d’un disciple du franquisme.

Des jeunes, des parents d’élève, des travailleurs et des retraités avaient occupé dès vendredi soir les écoles où était censé avoir lieu le référendum. Les policiers les ont sortis de force à coups de matraque. En faisant cela, Mariano Rajoy continue à s’ériger en bon disciple de Franco, réglant les différends nationaux en faisant charger la police. Rajoy est bien mal placé pour donner des leçons de démocratie partout dans le monde, spécialement quand il se réfère au Venezuela.

En effet, si la situation en est venue à ce point, c’est premièrement le fait de l’intransigeance de Mariano Rajoy et de la droite du PP (Parti populaire) sur la question catalane.

L’expression nationaliste des intérêts de la bourgeoisie catalane.

Le mouvement indépendantiste catalan, s’appuyant sur une langue et une culture catalanes voisines mais différentes de celles de la Castille, existe depuis plusieurs siècles. Le mouvement indépendantiste et nationaliste moderne  a pris ses formes au XIXème siècle, lorsque la Catalogne est devenue un des trois pôles industriels majeurs de l’Espagne.

Les intérêts de la bourgeoisie industrielle catalane se sont développés dans un autre sens que les intérêts de la bourgeoisie rentière de Madrid. C’est cette divergence qui a donné naissance au mouvement nationaliste qui a perduré au long du XXème siècle. La répression primaire de Franco contre la langue et la culture catalanes l’ont alimenté.

Après la mort de Franco, ce mouvement politique a pris une autre forme. L’avènement de la démocratie espagnole a amené une décentralisation de l’Etat. A l’image des nationalistes du Pays Basque, la bourgeoisie catalane s’est dit qu’elle pouvait obtenir plus de privilèges, vis-à-vis des autres régions du pays, en s’organisant en force politique nationaliste. Sur une justification culturelle, deux organisations  nationalistes majeures se sont ainsi constituées dans les années 70 : la CDC (Convergence Démocratique de Catalogne, devenue PDeCAT en 2016), de droite, et l’ERC (« Esquerra Replublicana de Cataluña », gauche républicaine de Catalogne).

Ces relais politiques sont un levier pour la bourgeoisie catalane pour faire pression sur le gouvernement espagnol. Ils se montrés efficaces lors de la négociation des financements régionaux. Ils ont aussi permis de faire céder au gouvernement socialiste de Zapatero, en 2006, un statut d’autonomie encore plus important, reconnaissant entre autres, la Catalogne comme une nation, statut qui sera invalidé en 2010. En 2011, l’arrivée au pouvoir de la droite de Mariano Rajoy a marqué la fin de toute négociation en vue de plus d’autonomie à la Catalogne. Les parties sont rentrées dans une impasse.

Le contexte du show de Puigdemont et Junqueras (dirigeants nationalistes catalans).

Le nationalisme catalan a toujours été « sage » en Espagne. Du moins en comparaison avec le nationalisme basque, plus médiatisé, plus polarisé, et violent avec l’ETA, durant le dernier quart du XXème. Les nationalistes catalans, eux, sont restés en bons termes avec les partis espagnols. Ils ont notamment permis en 1996, avec les voix de leurs députés au Parlement, de faire élire le chef de file de la droite du PP de l’époque, José Maria Aznar, président du gouvernement. Tout ceci, dans la logique évoquée précédemment.

Mais la situation se précipite lorsque, en 2010-2011, la droite nationaliste catalane (la CDC) enchaîne les succès électoraux, profitant de l’écroulement des socialistes du PSOE. Elle s’empare du gouvernement régional et de plusieurs municipalités dont Barcelone. Tout cela dans un contexte de profonde crise économique au niveau du pays. Dès 2011-2012, la région et les municipalités doivent appliquer des coupes budgétaires énormes. Elles coupent notamment dans l’éducation et la santé, gérées, en Espagne, entièrement par les régions. Des mouvements de contestation très larges émergent pour tenter de faire barrage à ces politiques qui provoquent la colère de tous les travailleurs d’Espagne.

Dans ce contexte, où les nationalistes de droite doivent ouvertement mener une politique rejetée par l’ensemble des travailleurs, s’ajoutent plusieurs scandales de corruption, remontant à loin. Le cas du « 3% » est le plus emblématique. Il touche directement des membres de CDC, qui s’étaient enrichis en prenant des commissions (de 3% – mais, en fait, c’était même plus) lors de l’attribution de marchés publics.

Pour sauver sa situation politique, la droite nationaliste s’est mise à agiter plus fort que jamais le drapeau de l’indépendance : une diversion en direction des travailleurs de la Catalogne qu’elle a si durement frappés avec ses politiques antipopulaires. Une consultation sur l’avenir politique de la Catalogne s’en est suivie en 2014, à l’initiative du président nationaliste CDC, Artur Mas, demandant si la Catalogne devait être indépendante. Elle déclenchera l’invalidation politique de Mas par Madrid. Mais le mouvement indépendantiste est lancé. Aux élections régionales de 2015, la droite nationaliste réussit à gagner l’appui de la gauche nationaliste sous le drapeau du « oui » à l’indépendance. Elles remportent les élections, et la droite et la gauche nationalistes forment ensemble un gouvernement grâce au soutien de l’extrême-gauche indépendantiste de la CUP. Cette victoire électorale est à l’origine du référendum du 1er octobre 2017, ressuscitant le spectre politique de l’indépendance de la Catalogne.

Contrer la division des travailleurs.

Communistes, nous condamnons les violences policières de ce dimanche 1er octobre. Elles en sont un signe du caractère autoritaire du gouvernement de Madrid. Pour autant, nous ne suivons pas les bourgeoisies catalane et espagnole sur l’opération de diversion que représente la question de l’indépendance.

Ainsi, l’actualité politique de l’Espagne des dernier mois a été polarisée sur le référendum en Catalogne. Elle a permis d’évacuer des questions fondamentales et graves de la vie politique espagnole, comme la baisse des salaires, la précarisation de l’emploi, la montée du chômage après la saison d’été, les problèmes issus du tourisme de masse (sociaux, environnementaux…), l’avenir bouché pour la jeunesse, etc.

De plus, cette diversion sert à monter les travailleurs les uns contre les autres, à raviver l’extrême-droite qui voit clairement la devise franquiste (« Una, grande y libre », une [Espagne] grande et libre) menacée. 

Communistes, nous pensons qu’au moment où nos acquis sociaux sont remis en cause en Europe et dans le monde, 25 ans après la chute de l’URSS, ce n’est pas le moment de se laisser diviser par la classe dominante et par le venin du nationalisme qu’elle diffuse.

Unité de tous les travailleurs face à leur adversaire de classe !

http://vivelepcf.fr/6383/sur-la-situation-en-catalogne-nationalisme-bourgeois-resurgences-franquistes-quelques-rappels-unite-des-travailleurs/

 

 

Enfin, ce qui aurait pu être en quelque sorte « le meilleur pour la fin », cette prise de posi­tion à prétention « marxiste-léniniste » exprimée par le PCPE en Juin dernier et seulement traduite récemment par ses « amis » français du « PCRF » (les parties soulignées en rouge le sont par nous, et on verra rapidement pourquoi ensuite, en guise de conclusion…)

 

Le Président de la Generalitat (Gouvernement auto­nome cata­lan, ) a concré­tisé la date et la ques­tion du réfé­ren­dum sur l’indé­pen­dance de la Catalogne.
Face à ceci, nous expri­mons nos réser­ves 
 :

1. La classe ouvrière ne tire aucun profit du débat sur le type de ges­tion capi­ta­liste ni sur les cadres dans les­quels celle-ci est struc­tu­rée. Ce sont les dif­fé­ren­tes cou­ches de la bour­geoi­sie qui, dans leur lutte per­ma­nente pour la répar­ti­tion des fruits de notre tra­vail, ont un inté­rêt dans cette bataille. Malheureusement, le manque de cons­cience et d’orga­ni­sa­tion de notre classe amène celle-ci à adop­ter des posi­tions étrangères à leurs inté­rêts, qu’elles soient indé­pen­dan­tis­tes ou anti-indé­pen­dan­tis­tes. Aucune de ces deux options ne repré­sente un futur sou­hai­ta­ble pour notre classe. Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière.

2. Ce réfé­ren­dum, avec des garan­ties et la pos­si­bi­lité d’appli­quer le résul­tat, ne se pro­duira pas. La recher­che de recoins légaux pour réa­li­ser le réfé­ren­dum est basée sur une illu­sion, celle qu’on vit dans un État démo­cra­ti­que où opère la sépa­ra­tion de pou­voirs. En réa­lité, nous vivons dans un État qui est l’outil de domi­na­tion d’un bloc oli­gar­chi­que-bour­geois et qui main­tient le mono­pole de la vio­lence pour s’assu­rer ses inté­rêts. Les inté­rêts de cette oli­gar­chie para­si­taire ne pas­sent pas par le sup­port du pro­ces­sus indé­pen­dan­tiste, donc le pro­ces­sus est voué à l’échec, si cette classe n’est pas déga­gée du pou­voir.

3. La recher­che d’alliés inter­na­tio­naux pour attein­dre l’objec­tif indé­pen­dan­tiste va contre la réa­lité. L’Espagne est un fidèle sou­tien des États au sommet de la chaîne impé­ria­liste, contri­buant à sta­bi­li­ser des allian­ces inter-étatiques comme l’UE ou l’OTAN. Aucun de ces États n’est inté­ressé par l’affai­blis­se­ment et la rup­ture de l’Espagne. Il n’existe donc aucune base maté­rielle du sup­port des prin­ci­paux pays occi­den­taux au pro­ces­sus indé­pen­dan­tiste.

4. Les prin­ci­pa­les forces gou­ver­ne­men­ta­les (Parti Populaire au gou­ver­ne­ment cen­tral et Junts pel Sí – Ensemble pour le oui en cata­lan, NDT – en Catalogne) ont un grand inté­rêt à main­te­nir vive la confron­ta­tion en termes natio­naux, faci­li­tant ainsi sa ges­tion et la paix sociale. Il est ainsi empê­ché que la classe ouvrière s’orga­nise et lutte pour ses prin­ci­pa­les préoc­cu­pa­tions comme le chô­mage, la pré­ca­rité, la dis­pa­ri­tion des négo­cia­tions col­lec­ti­ves, les bais­ses des budget des ser­vi­ces sociaux, etc.

5. Nous sommes alors dans un pro­ces­sus qui n’a aucune pos­si­bi­lité de triom­pher, mais qui est vivant grâce à son uti­lité. Communistes Catalans – PCPE appelle la classe ouvrière à ne pas lutter sous un dra­peau étranger à elle, ni pour la cause indé­pen­dan­tiste ni, encore moins, contre elle. La seule voie que l’oli­gar­chie nous montre pour appli­quer le droit à l’auto­dé­ter­mi­na­tion du peuple de Catalogne passe par l’unité de notre classe avec celle du reste de l’État pour abat­tre le pou­voir établi.

Notre chemin est celui de l’indé­pen­dance de la classe ouvrière !

Comunistas Catalanes – PCPE

http://www.pcrf-ic.fr/Referendum-en-Catalogne-la-position-du-PCPE

 

Publiée le 25 Septembre en France, par le « PCRF », cette déclaration a suscité l’approbation de diverses tendances, dont le blog « Les-7-du-Québec », de l’inénarrable Robert Bibeau…

http://www.les7duquebec.com/7-de-garde-2/independance-de-la-catalogne-ou-independance-de-classe/

Manque de chance pour cet emballement de sympathie « de gauche », le retour de flamme du social-chauvinisme n’était pas loin, et il s’est produit dès le « succès » très relatif du referendum, suivi de contre-manifestations réactionnaires tout aussi massives que celle des « indépendantistes »…

Le prétexte de ce retournement de veste est la violence de la répression, qui aboutirait, un fine et malgré l’impasse qu’il représente toujours, à « légitimer » le processus enclenché par la bourgeoisie nationaliste réactionnaire…

Difficile de faire plus confus et contradictoire… Extraits :

« La répres­sion exer­cée par le Gouvernement espa­gnol contre les ins­ti­tu­tions cata­la­nes est une agres­sion sans pré­cé­dent dans l’Histoire récente, qui va à l’encontre du dis­cours offi­ciel sur l’inva­li­dité et l’inu­ti­lité du réfé­ren­dum du 1er octo­bre 2017. »

(…)« Nous avons été inca­pa­bles de pro­po­ser une alter­na­tive indé­pen­dante qui mette l’accent sur les ques­tions qui nous ras­sem­blent en tant que classe, et non pas sur celles qui nous sépa­rent par rap­port à la cons­cience natio­nale. C’est pour cela que la classe ouvrière est pri­son­nière de l’idéo­lo­gie domi­nante, c’est pour cela que la défense des aspi­ra­tions natio­na­les du peuple cata­lan est diri­gée par des forces bour­geoi­ses et que la classe ouvrière espa­gnole se laisse entraî­ner par un Gouvernement bour­geois qui ne com­prend que le lan­gage de la vio­lence et la répres­sion. Pour toutes ces rai­sons, il est d’autant plus néces­saire que les com­mu­nis­tes cla­ri­fient publi­que­ment leurs posi­tions. »

Clarifier ?? Ici, c’est carrément « l’hôpital qui se moque de la charité », car ce qui était « le chemin de l’indépendance de la classe ouvrière » est devenu :

« Nous appe­lons à par­ti­ci­per aux mobi­li­sa­tions contre la répres­sion, et à incor­po­rer plei­ne­ment la lutte de clas­ses, les reven­di­ca­tions de notre classe, à la lutte démo­cra­ti­que. Elles doi­vent néces­sai­re­ment être unies pour donner tout son sens à la mobi­li­sa­tion ouvrière et popu­laire. »

Une « lutte démocratique » qui est donc désormais tout à fait à la remorque de la bourgeoisie nationaliste réactionnaire, dont le processus « indépendantiste » vient juste encore, dans ce même texte, d’être décrit comme une impasse…

A noter que si le « PCRF » a pu republier, à quelques jours d’intervalle et sans sourciller, ces deux aspects d’un revirement « gauche-droite », son compère en social-chauvinisme, le « PRCF  (P-R-CF><P-C-RF, pour ceux qui ont du mal à s’y retrouver…), le « PRCF », donc, plus prudent, et surtout, plus cohérent, apparemment, dans son social-chauvinisme, s’était, semble-t-il, habilement abstenu de publier le premier communiqué, ce qui lui permet, en outre, de « revendiquer » actuellement, quasiment et implicitement, « l’amitié » du PCPE :

« Les communistes d’Espagne (PCPE), expliquent les tenants et aboutissants de la situation dans un communiqué qu’ils ont adressé à la commission internationale du PRCF »

Pour nous, le véritable honneur, c’est celui qui consiste à ne pas être de ces « amis » là…

Pour mémoire, d’un point de vue réellement ML, une lutte démocratique suppose une majorité populaire réelle et implique que que le parti prolétarien puisse y intervenir de façon réellement autonome, c’est à dire, précisément, sans brader sa propre indépendance, comme c’est le cas actuellement pour tous ces pseudos « partis »…

Luniterre

 

 

Sur le même sujet, à voir également,

Sur Tribune Marxiste-Léniniste:

Un plaidoyer pour l’indépendance catalane, par le camarade Do, sur son site VLR – Mai 68, et notre réponse…

Un échange qui fait suite à la publication de notre « revue de presse » sur le sujet, et au débat qu’y s’en est également suivi…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

Le plaidoyer du camarade Do, extrait:

« L’indépendance de la Catalogne profitera au prolétariat en général et catalan en particulier

« …l’indépendance de la Catalogne ne se fera pas sans une très grande mobilisation du prolétariat catalan. Celui-ci en profitera pour avancer ses pions et obtenir divers avantages, comme l’avait fait le prolétariat Français grâce à la résistance lors de la deuxième guerre mondiale (acquis du CNR – Conseil National de la Résistance). »

 

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Dans notre réponse…

 

« …En effet, tu parles également d’« impérialisme espagnol », qui exploiterait la nation catalane… Un peu dans le rapport Allemagne nazie/France « gaulliste » résistante…

 

Mais précisément, ta comparaison avec le CNR ne tient pas… »

 

« …Il est clair (en 1945) que, outre la capitulation des maquis, cette reconstitution (de l’Empire colonial français), avec son cortège de misères et d’assassinats, était le prix à payer pour les « avantages sociaux » concédés par la bourgeoisie française à la bureaucratie collabo-révisionniste montante du PCF (Thorez-Duclos-Frachon et Cie…).

 

Non seulement ils en étaient le prix, mais ils en étaient d’abord la base économique sans laquelle ces « concessions » eussent été impossibles… »

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Le plaidoyer pro « indépendance » du camarade et notre réponse, ainsi que deux articles republiés concernant les ravages du social-chauvinisme en France, c’est sur TML:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/14/sur-la-catalogne-un-nouvel-echange-avec-le-camarade-do-du-site-vlr-mai-68/

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Commentaires déjà parus sur SOLYDAIRINFO… !

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

 

 

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Viriato

12 octobre 2017 à 7 h 13 min 

Pour compléter le tableau,voici la déclaration de Socialist Fight, groupe orthodoxe trotskiste. Bien sur elle ne sera pas publié en « grand » mais elle est largement plus correcte, trotskisme à part, que les autres.
Ils ne tombent dans aucun des travers pointés par la rédaction même s’ils tendent à farcir les excellents analyses de polémiques britannico-britanniques entre leurs tendances plus ou moins trotskistes. Je suis d’accord avec le fond idéologique de l’article et même avec beaucoup des choses des PCRF.
Le morcellement de l’Europe n’aide pas la lutte des travailleurs européens.

Ma « traduction ».

« Le référendum de la Catalogne et l’État espagnol.
Les droits des nations à l’autodétermination.
06/10/2017 par Socialist Fight

 

Quelle est la position marxiste sur le référendum catalan le 1er octobre 2017 ?

La violence policière en Catalogne le 1er octobre et l’impasse politique entre Madrid et Barcelone ouvrent une situation très dangereuse en Espagne. Le taux de OUI de 90% déclaré avec une participation de 43% de la population malgré une intervention massive de la Guardia Civil signifie que la crise va maintenant s’accroître. La vue de la police entraînant les femmes par les cheveux, les 800 blessés, 2 dans un état sérieux, enflammeront les émotions séparatistes. Nous condamnons tout à fait cette brutale violence d’état, qui peut conduire à une guerre civile si la crise s’aggrave. Les positions intransigeantes du premier ministre espagnol Mariano Rajoy et du roi Felipe IV et du président catalan Carles Puigdemont, qui a déclaré qu’il est sur le point de faire une déclaration unilatérale d’indépendance, ont une logique mortelle.

La Catalogne, Madrid, le Pays Basque et les Baléares sont les régions les plus prospères d’Espagne. La Catalogne ne représente que 6% du territoire du pays et 16% de sa population, mais elle représente un cinquième de la production économique, un quart des exportations et plus de la moitié des nouveaux investissements en 2016. Mesuré en PIB par habitant, la Catalogne se compare favorablement aux régions les plus prospères d’Europe continentale, comme Rhône-Alpes en France, la Lombardie en Italie et le Bade-Wurtemberg dans le sud-ouest de l’Allemagne.

Il serait économiquement et politiquement désastreux pour la classe ouvrière espagnole si la Catalogne et / ou la totalité ou l’une des autres régions se séparaient totalement. Comme anecdote, l’histoire de la confrontation entre une femme catalane et une andalouse qui travaillent pour la British First Great Western Train résume la situation. La catalane a déclaré son droit de se séparer du reste d’Espagne. L’autre femme espagnole a déclaré : « vous voulez retirer les ordinateurs de l’école de mes enfants ». Il n’y a aucune preuve d’un soutien du reste de l’Espagne pour la séparation de la Catalogne, en dehors des petits mouvements séparatistes ailleurs.

Produit Interne Brut Régional
Les autonomies espagnoles par produit régional brut (nominal) en dollars de 2010. [5]

# Communauté autonome Int $ (MM, 2010) Pays comparable
1 Catalogne 262,388 Afrique du Sud
2 Communauté de Madrid 252 407 Grèce
3 Andalousie 189 978 République tchèque
4 Communauté valencienne 135 310 Ukraine
5 Pays Basque 88 692 Slovaquie
6 Castille et León 75 937 Syrie
7 Galice 73,752 Syrie
8 Îles Canaries 54,737 Biélorussie
9 Castille-La Manche 47 611 Bulgarie
10 Aragon 43 294 Tunisie
11 Région de Murcie 36 225 Lituanie
2 Îles Baleares 35 304 Costa Rica
13 Asturias 30,645 Ghana
14 Navarre 24 654 Lettonie
15 Estrémadure 24 130 Lettonie
16 Cantabrie 18 000 Paraguay
17 La Rioja 10 432 Brunei
18 Ceuta 2,194 Lesotho
19 Melilla 2,037 Sierra Leone
Total: Espagne 1 408 711 Canada

Conséquences économiques

En tant que république indépendante, la Catalogne serait confrontée à de grands problèmes.

En 1931, Trotski posa la question de cette façon:

« Qu’est-ce que signifie le programme de séparatisme (pour la Catalogne) ? – le démembrement économique et politique de l’Espagne, ou en d’autres termes, la transformation de la péninsule ibérique en une sorte de péninsule balkanique, avec des états indépendants divisés par des barrières douanières et des armées indépendantes menant des guerres hispaniques indépendantes « . [1]
Le 25 septembre, El País, qui représente les perspectives politiques de la social-démocratie, le Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE), a analysé le pari catalan pour l’indépendance. Parmi les nombreuses choses qu’ils proclament comme es mythes, il y a « l’Espagne nous dépouille », ou « nous serons plus riches par nous-mêmes », et «nous ne quitterons pas l’UE».

« En réalité, il y a un certain consensus selon lequel la Catalogne contribue en fonction de sa propre capacité et de sa richesse … Les budgets officiels du gouvernement pour 2014 ont indiqué que la Catalogne n’était pas le principal contributeur net (déficit budgétaire de 9,892 milliards d’euros, 5,02% du PIB), mais le second, après Madrid (19,205 milliards d’euros, soit 9,8% de son PIB). Bien que ces déséquilibres n’éloignent pas la croissance des territoires les plus prospères, leur plus grande contribution nette découle du principe de l’imposition progressive (plus de richesse, taxes plus élevées), comme c’est le cas pour les individus.
De plus, le déficit budgétaire compense son excédent commercial (l’occupation industrielle des régions moins développées): c’est le cas dans l’UE entre le nord et le sud. Lorsque les « contributeurs nets [européens] se sont rebellés et ont exigé de payer moins dans le budget commun, les autorités catalanes ne se sont pas alignées avec eux. C’est la même chose !
En tant que tel, les publicistes du sécessionnisme font valoir que, une fois indépendante, la Catalogne serait beaucoup plus riche qu’elle ne l’est aujourd’hui. Il verrait son PIB augmenter et ses niveaux d’emploi augmenteraient, ce qui améliorerait ses niveaux d’endettement, ses retraites et ses services sociaux. Mais un scénario sombre émerge de cette position. Le ministère de l’économie garantit que la sécession réduirait le PIB de 25% à 30%, ce qui peut coûter jusqu’à 63 milliards d’euros. Une étude distincte du ministère des Affaires étrangères met l’impacte négatif sur la Catalogne à près de 37 milliards d’euros, soit près de 19% de son PIB (Conséquences d’une indépendance hypothétique pour la Catalogne, 17/2/2014).

Le précédent de la partition de la Tchécoslovaquie (1993) interdit de minimiser le ralentissement commercial des ruptures (même si elles sont d’un mutuel accord, comme c’était le cas). Depuis lors à 2011, les exportations tchèques vers la Slovaquie sont passées de 22% à 9%, et les importations de 42% à 15% (La fábrica de España, EL PAÍS, 22/11/2012). Et la séparation de la Slovénie a vu ses exportations totales diminuer de 23,5% en 1992 soit 5,5% de son PIB, selon une étude de la Chambre de commerce de Barcelone (El sector empresarial a Catalunya i Espanya, 5/6/2014). [2]

La nouvelle république espère rejoindre l’UE et la zone euro dès le premier jour, ou au moins prétend qu’elle peut et le sera, même sachant que ce sera bien différent. Les banques et les principaux politiciens de l’UE ont clairement souligné que cela n’arrivera pas, notamment parce qu’ils n’ont pas l’intention d’alimenter les mouvements séparatistes dans leur propre pays. Sans parler de la perte intellectuelle et politique, qu’amène l’idéologie isolationniste, cela va alimenter la montée inévitable de la droite et de l’extrême droite dans ces circonstances.

Les conséquences politiques de la séparation

Il y a clairement des forces réactionnaires dans la politique montante en Catalogne en ce moment même. Les principales forces pro-séparation en Catalogne sont la coalition néolibérale de droite Junts pel Sí (Ensemble pour le ‘Oui »), dont les composantes principales sont le Partit Demòcrata Europeu Català (Parti démocratique européen catalan, PDeCAT) et Esquerra Republicana de Catalunya ( Gauche républicaine de Catalogne, ERC) qui a eu 62 sièges du parlement des 135 places aux élections de 2015. Ils ont formé une coalition avec la candidature faussement de gauche de l’Unité Populaire ( en catalan: Candidatura d’Unitat Popular, CUP), qui a gagné 10 sièges. Les négociations ont abouti au remplacement du président Artur Mas partisan de l’austérité avec Carles Puigdemont, un presque inconnu…qui a ensuite imposé deux autres budgets d’austérité en 2016 et 2017 avec le soutien de la CUP de gauche. Il fut reconnaissant pour cette défense de son flanc gauche par la CUP et ils ont tous deux cherché à couvrir les attaques contre la classe ouvrière et les pauvres en proclamant que « aucun politicien ou tribunal à Madrid ne pouvait arrêter le référendum » prévu pour le 1er octobre 2017.

Trotsky pose la question ainsi en 1931:

« Les travailleurs et les paysans des différents parts d’Espagne sont-ils intéressés par le démembrement économique de l’Espagne? Pas du tout. C’est pourquoi identifier la lutte décisive pour le droit à l’autodétermination avec la propagande pour le séparatisme signifie accomplir une tâche mortelle (se tirer une balle dans le pieds). Notre programme s’adresse à une fédération hispanique avec le maintien indispensable de son unité économique. Nous n’avons aucune intention d’imposer ce programme aux nationalités opprimées d’Espagne avec l’aide des armes de la bourgeoisie. Dans ce sens, nous sommes sincèrement pour le droit à l’autodétermination. Si la Catalogne se sépare, la minorité communiste de Catalogne, ainsi que d’Espagne, devront lutter pour la fédération « [3].
Esquerra Revolucionària, la section espagnole du Comité pour une Internationale des Travailleurs (CWI), a soutenu fermement l’indépendance de la Catalogne, défendant ainsi le flanc gauche de la CUP. Il se plaint vivement que les partis organisés en Espagne s’opposent à la séparation. De manière correcte, ils se plaignent de l’imposition bureaucratique de Madrid et des arrestations et manifestations de force par lesquelles le parti populaire du gouvernement (Partido Popular, PP) dirigé par Mariano Rajoy traite la situation.

Mais il note que le PSOE et Podemos s’opposent également à la séparation. En outre, ils soulignent que les affiliés régionaux de ces partis soutiennent la séparation ou au moins beaucoup plus d’autonomie que leurs partis nationaux ; « Parler d’imposition, de coup à la démocratie et des choses comme ça, suffit à montrer jusqu’à quel point vous pouvez aller lorsque vous abandonnez une perspective anticapitaliste axée sur les classes dans la question nationale », disent-ils. Le fait que «la gauche» ne mène pas ce mouvement de masse est la raison pour laquelle il n’est pas devenu «une rébellion sociale pour vaincre l’État, le PP et ses politiques capitalistes»:

« La seule chose qui a empêché (jusqu’à présent) d’énormes troubles sociaux qui existent en Catalogne faisant partie d’une rébellion sociale pour vaincre l’Etat, le PP et ses politiques capitalistes, c’est que la gauche a refusé de se mettre à la tête de ce grand mouvement de masse avec un programme qui unit la lutte pour l’autodétermination avec les exigences économiques et sociales nécessaires à la majorité de la classe ouvrière, de la jeunesse et des couches intermédiaires. Le fait que le leadership formel de cette lutte contre l’État et le gouvernement du PP a été remis à PDeCAT a permis à ces politiciens bourgeois réactionnaires d’apparaître comme des martyrs de la « démocratie » et cela leur a permis de maintenir des divisions parmi la classe ouvrière.
La direction du « processus » de la PDECAT, telle que défendue par les dirigeants de CUP et ERC, n’assiste pas à la lutte mais la retient. Même du point de vue de la défense des droits nationaux, les dirigeants du PDECAT ont recherché toutes les excuses possibles pour reporter le référendum ou non pour le convoquer. En fin de compte, c’était la pression du mouvement et la perspective qu’ils perdaient massivement les élections qui les amenèrent à fixer une date pour le référendum (avec de nombreuses divisions internes). »[4]

Ainsi, les forces de droite manqueraient à leur devoir de diriger la lutte pour la libération nationale, que seule la classe ouvrière peut faire cela et dont l’objectif est «une république socialiste catalane qui arrête les mesures d’austérité». Et qu’en est-il du reste de l’Espagne ?

« Une république socialiste catalane produirait un soutien accablant parmi les travailleurs du reste de l’Etat espagnol (qui ont le même ennemi, la bourgeoisie et subissent les mêmes attaques et coupures) et dans tous les autres pays d’Europe, ouvrant un chemin puissant pour la transformation sociale et la libération de tous les peuples opprimés « .
Nulle part ne nous est dit que la Catalogne est la province la plus riche d’Espagne, que derrière cette mobilisation de masse se trouve la notion très arriérée ; « Pourquoi devrions-nous subventionner le reste de l’Espagne pauvre comme l’Extremadura et La Mancha ? »

Mais la répression pourrait faire l’affaire : « Mais même cela pourrait changer si le PP opte pour la répression massive : la quantité peut être transformée en qualité et provoquer une rébellion sociale qui va au-delà du cadre de la question nationale ». Nous suggérons fortement qu’un leadership politique est nécessaire dans cette crise constitutionnelle pour s’opposer politiquement aux illusions des masses sur les bénéfices de la séparation et les transformer en solidarité consciente de classe avec les régions les plus pauvres et les plus opprimées d’Espagne, d’Europe et du monde. La proximité politique de la CWI au PCB / Morning Star en Grande-Bretagne au sujet de la crise du Brexit, leur adoption d’une version gauche du « British Road to Socialism », écrite par Staline lui-même en 1951, les conduit à proposer une république catalane indépendante, « Cela doit se faire autour d’un programme qui relie inséparablement, comme les deux côtés d’une même pièce, la lutte pour l’autodétermination et la lutte contre le capitalisme. Il est impossible de réaliser une véritable libération sociale et nationale de la Catalogne aux mains de la bourgeoisie catalane. Même si l’indépendance était atteinte, une république capitaliste catalane signifierait que les coupures et les attaques contre la classe ouvrière se poursuivraient « .

Voilà ! le socialisme serait possible dans une seule province. Pas d’internationalisme ou de socialisme pour le reste de l’Espagne ou le monde, seulement en Catalogne toute seule !

Cela ne résout pas la question de savoir comment gérer la situation actuelle. Bien sûr, aucun soutien à l’oppression de Madrid et à la répression physique du scrutin. Ils sont une nation avec droit à l’autodétermination. Nous devrions prendre l’idée de Trotski de lutter pour une fédération socialiste espagnole ou ibérique. Mais l’approche de la CWI seulement renforcera la prise en main de la classe capitaliste à Madrid et à Barcelone au cours de ce mouvement.

Et regardez comment ils se posent en super révolutionnaires, ils préconisent même une version d’un programme de révolution permanente trotskyste pour la seule Catalogne en associant la question sociale à la question nationale, en ignorant que c’est un mouvement de masse pour des privilèges. Mais quand il s’agit de défier les nations capitalistes impérialistes dominantes en Irlande, en Palestine, dans les Malvinas, en Libye, en Syrie, en Ukraine, etc., c’est-à-dire lorsque les nations opprimées ou semi-coloniales les affrontent, les CWI utilisent toutes sortes d’arguments faussement ouvriéristes pour refuser aux opprimés le soutien inconditionnel mais essentiel que le marxisme exige dans ces circonstances.

( J’ai coupé une longue tirade trotskiste qui a peu de rapport avec la question et qui développe des arguments historiques classiques du trotskisme. Pour ceux qui voudraient les lire, voici le lien https://socialistfight.com/2017/10/06/the-rights-of-nations-to-self-determination-catalonias-referendum-and-the-spanish-state/ )

La classe ouvrière espagnole aujourd’hui

Josep María Antentas accumule confusion sur confusion dans son analyse. Il cherche à prouver que, juste parce que la classe ouvrière en Catalogne ne fait pas partie de ce mouvement d’indépendance (nous supposons qu’il veut dire comme force organisée), il ne comprend pas où résident les vrais intérêts de la classe et simplement parce que la droite nationaliste catalane, Convergència Democràtica de Catalunya (CDC), qui en 2016 est devenue la Partit Demòcrata Europeu Català (PDECAT), est pour l’indépendance, elle ne représente pas ses propres intérêts de classe parce que le «grand capital» et la «haute bourgeoisie» (nous présumons en Catalogne) s’opposent à l’indépendance. Quelques extraits de ces méandres confus démontreront où il essaie d’aller avec cet argument :

« Le mouvement de l’indépendance traverse les lignes de classe et de génération, mais les classes moyennes et les jeunes dominent. La haute bourgeoisie s’est opposée au processus d’indépendance dès le début et tentait constamment à le dérailler depuis les coulisses. La classe ouvrière traditionnelle – historiquement, les immigrants qui sont venus à Catalogne du sud de l’Espagne dans les années soixante-années – ont été moins impliqués. »
Donc, même si une grande partie de cette classe ouvrière est venue en Catalogne dans les années 60, nous pouvons logiquement supposer qu’ils ont des familles en Andalousie et en Estrémadure, etc. et ne peuvent donc pas être attirés par des demandes que la riche province catalane arrête de subventionner leurs familles et leurs proches restés à la maison. Mais Antentas a une autre explication qui n’admet pas au contenu de droite des demandes d’indépendance d’exiger de garder leur richesse pour eux-mêmes et dit qu’ils « ne considèrent pas un état indépendant comme un horizon futur », vraisemblablement parce qu’ils ne sont pas aussi éclairés que lui-même :

« Nous pouvons expliquer l’absence de la classe ouvrière traditionnelle par deux phénomènes différents mais apparentés : le manque d’identification de cette classe avec la question nationale catalane et la décomposition du mouvement ouvrier. Les travailleurs en Catalogne restent divisés sur l’indépendance et une partie importante d’entre eux ne considèrent pas un état indépendant comme une perspective à futur. »

Et maintenant, nous venons à peu près aux représentants politiques de la « haute bourgeoisie » agissant contre les intérêts de la « haute bourgeoisie » dans un passage comique:

« Un paradoxe du mouvement d’indépendance est que la force politique dominante depuis son départ a été la droite nationaliste catalane, Convergència Democràtica de Catalunya (CDC), historiquement le parti qui représente le grand capital malgré leur opposition à l’indépendance »
Il n’a pas besoin de prouver l’opposition de la « haute bourgeoisie » à la séparation car, vraisemblablement, tout le monde en Espagne le donne pour un fait. Mais les choses étaient meilleures dans les années 60 et 70, il nous dit, parce qu’ils ont tous combattu Franco en reliant les revendications nationales catalanes aux droits du travail sous le Parti communiste unifié socialiste de Catalogne (PSUC), qui semblait même être « convaincu avec succès les travailleurs d’origine espagnol d’accepter les exigences nationales (catalanes ?). Ou peut-être qu’ils voulaient se débarrasser du fascisme et personne ne suggérait que la Catalogne cesserait de subventionner les régions les plus pauvres si le fascisme partait et elle devenait indépendante.

Ainsi, le scénario « réactionnaire réticent » est fixé : « Lorsque le mouvement de l’indépendance a éclaté, le président Artur Mas n’a eu d’autre choix que de le diriger », dit-il. Bien loin des gauchistes suggérer que Mas utilisait les revendications d’indépendance d’apparence radicales pour imposer l’austérité à la classe ouvrière et détourner leur colère. Et dommage pour notre bon professeur, cette tactique ne fonctionne pas vraiment et les travailleurs ne se sont pas trompés, mais il fait de son mieux pour nous du côté progressiste des nationalistes de droite parce qu’ils n’attaquent que la classe ouvrière et les pauvres « car ils n’ont aucune autre option « .

Alors « Depuis lors, les pouvoirs financiers et commerciaux se sont politiquement largement éloignés (par eux-mêmes ?) des CDC, qui cependant continue de représenter leurs intérêts de classe ». S’ils se sont éloignés politiquement de leur propre parti politique, ils doivent trouver un autre, on pourrait penser. Oui, cela s’est produit : « Au cours des cinq années où ils ont été au gouvernement, les nationalistes de droite ont connu un déclin sérieux en faveur du centre pro-indépendance laissé autour d’Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). Cela les oblige à relancer CDC en tant que nouveau parti en 2016 sous le nom de Partit Demòcrata Europeu Català (PDECAT) « . Ainsi, l’austérité provoque que les partis politiques deviennent impopulaires et ils doivent alors trouver la couverture de la gauche. Et c’est un long processus avec chaque flanc gauche successif protégé par d’autres partis de gauche, apparemment plus radicaux. C’est ce qui s’est passé en Catalogne en 1936, chaque flanc gauche étant protégé par des gauchistes plus radicaux jusqu’à ce que nous arrivions aux « révolutionnaires » du POUM et de la FAI dans le gouvernement du Front populaire de 1936.
Mais il y a encore des mouvements anti-austérités dans toute l’Espagne, le Mouvement 15-M (Movimiento 15-M), le Mouvement Indignados et Prenez les Places qui a débuté avec les manifestations du 15 mai 2011. Alors, comment ces mouvements de la classe moyenne et pourtant militants se rapportent-ils au mouvement d’indépendance en Catalogne, qui est si évidemment pro-austérité? Bien, notre bon professeur nous dit que :

« En Catalogne, l’inconfort (sic) avec les politiques d’austérité et la collusion entre les élites financières et politiques a été exprimé en premier dans le mouvement des 15M. Mais, bien qu’il ne soit pas dirigé contre l’austérité, le mouvement d’indépendance a également pu bénéficier de ce mécontentement de la situation économique et a proposé une proposition concrète – indépendance de l’Espagne – comme moyen de sortir de la situation actuelle « .

CQFD; nous pouvons contrecarrer par, «une proposition concrète – indépendance de l’Espagne» en tant qu’une «issue de la situation actuelle», c’est-à-dire continuer avec une austérité sans fin et vous pouvez vous en sortir parce que vous faites quelque chose de «concret» est certainement mieux que l’abstraction et la futilité d’exiger que l’Etat cesse d’imposer l’austérité. Encore une fois, aucun indice n’indique que les nationalistes de droite pourraient faire avancer le « concret » pour détourner la colère du capitalisme lui-même.

Mais en ce qui concerne les conclusions, nous voyons que Antentas a une perspective très réformiste et inutile pour l’avenir :

« Les courants de gauche fédéralistes espagnols (et catalans) et les mouvements d’indépendance en Catalogne, Pays Basque et Galice doivent articuler une stratégie commune qui résiste au régime de 1978 et aux puissances économiques. Cela nécessite une dialectique centrale et périphérique complexe qui ne considère pas les questions de l’arène politique espagnole ni se verrouille dans une perspective de combattre uniquement de la périphérie. Cette question stratégique cruciale ne semble pas intéresser soit Podemos (en dehors de son courant de gauche Anticapitalista) et IU, soit le CUP et le mouvement indépendant principal « .
Donc, il y a simplement un problème avec la façon dont le « régime de 1978 » a été fondé et les « puissances économiques – qui-existent » (le système capitaliste peut-être ?) qui peut être résolu en raison de la bonne volonté de tous les côtés par un « centre-dialectique de la périphérie qui ne voit pas les questions seulement depuis l’arène politique espagnole ni se verrouille dans une perspective de se battre uniquement par la périphérie.  » Bonne chance avec ça. Qu’un courant politique pourrait réellement chercher à mettre en avant un programme de renversement du capitalisme en 2017, une perspective qui a été réalisée dans une partie de la Catalogne en 1936, c’est apparemment impensable. [6] Que cette opportunité politique de répéter la grande révolution de 1917 en Russie a été perdue par l’opportunisme politique des dirigeants du POUM et de la FAI et écrasée par l’alliance entre le bourgeois catalane et le stalinisme contre-révolutionnaire n’entre jamais dans la tête de notre bon professeur.

Mais il finit par un florilège :

« La majeure partie de l’opposition ne reconnaît pas la légitimité du référendum et appelle à un boycott. Podem (la section catalane de Podemos, qui est beaucoup plus douce sur le séparatisme que son corps parent) est la principale exception : son secrétaire général défend le vote mais fait campagne contre l’indépendance (correctement, disons-nous) « .
Mais le bon professeur doit avoir son front populaire avec ses aspirations vagues pour « un meilleur cadre politique et social » qui exclut la révolution socialiste :

« Cependant, défendre un » oui « est le meilleur choix stratégique, même pour ceux qui veulent une coexistence fédérale volontaire entre les peuples catalans et espagnol. Ceux qui sont en faveur de cet horizon fédéral devraient reconnaître qu’il ne peut être construit que sur la base de la souveraineté catalane. Le résultat est loin d’être garanti, mais ce « oui » stratégique pourrait porter un coup majeur au régime de 1978 et libérer le potentiel démocratique de la Catalogne pour créer un meilleur cadre politique et social. C’est précisément le défi stratégique pour l’avenir.  »
Le professeur a commencé son article d’un ton très radical :

« Les partisans de gauche ont complété cette focalisation sur la nation et l’état avec une perspective par étapes qui appelle l’indépendance d’abord et à réformer les politiques économiques et sociales plus tard. Mais cette approche ignore le fait que quiconque contrôle le processus de transition détermine ce qui se passe plus tard. Les concessions et les démobilisations d’aujourd’hui ne peuvent être récupérées demain « .
Cela nous a amené à penser qu’il était sur le point de livrer un excellent document révolutionnaire et son analyse de la constitution simulée de 1978 qui a mis fin à la dictature franquiste l’amènerait à demander le renversement du capitalisme. Mais tout ce qu’il veut, c’est un meilleur cadre (un mot qu’il utilise six fois) pour administrer le capitalisme.

Reconnaître le droit à l’autodétermination mais s’opposer politiquement à son exercice

Reconnaitre le droit à l’autodétermination et que ce sont des pays historiques ne nous oblige pas à plaider en faveur d’une séparation complète. Nous devrions défendre la Fédération Hispano-Socialiste (y compris le Portugal). La séparation totale laisserait ces nations en tant que pions d’autres puissances impérialistes (les nationalistes de droite du Pays Basque et de la Catalogne s’en moquent) et tendraient à affaiblir la solidarité de classe avec les travailleurs en Castille, en Andalousie, en Galice, etc. d’autre part, ne pas reconnaître le droit à l’autodétermination, apparaitrait aux travailleurs comme un soutien de l’appareil central répressif de l’État central réactionnaire de Madrid contre eux.

Le pays basque du nord de l’Espagne et le sud de la France ont une revendication plus forte de séparatisme, ou au moins beaucoup plus d’autonomie, compte tenu de l’histoire de la répression sévère sous la dictature de Franco et des luttes persistantes de son mouvement de libération, de l’ETA et du nombre de prisonniers politiques tenus en Espagne et en France.

Dans ce sens, c’est plus comme l’Irlande que l’Écosse ou la Catalogne. Mais ce n’est pas une nation économiquement opprimée comme l’Irlande et maintenant il est évident avec le début de la récession et l’austérité, de payer les dettes des banquiers étrangers et autochtones. Les deux demandes de séparation ont donc le ton d’une rébellion contre le subventionnement des régions plus pauvres et les plus opprimées d’Espagne et le maintien de leur richesse pour eux-mêmes. Il s’agit d’un jeu conjoint, en réalité, les classes dirigeantes en Catalogne et dans le Pays Basque souhaitent s’allier avec les États-Unis et d’autres impérialistes européens pour mieux exploiter leur propre classe ouvrière et leurs pauvres. Et des motifs de profit similaires régissent le désir d’indépendance de la bourgeoisie écossaise et galloise, quelles que soient les illusions que les pauvres et les travailleurs ont dans ces mouvements.

Histoire d’une crise constitutionnelle

La crise constitutionnelle qui s’est développée maintenant lors du référendum catalan du 1er octobre a une longue histoire. Outre l’histoire ancienne, à partir du Statut de 1919, la seconde République espagnole de 1931 a abouti au Statut de 1932 que Franco a renversé après la défaite de la République en 1939. Avec la mort de Franco en 1976, une nouvelle constitution espagnole a été proclamée en 1978 où la Catalogne, le Pays Basque et la Galice sont devenues des nationalités autonomes. L’autonomie catalane a été reconnue dans le Statut d’Autonomie de Catalogne en 1979.

Dans le Statut d’Autonomie en 2006, la Catalogne a obtenu de plus grandes puissances régionales, mais la Haute Cour de Justice espagnole a statué que certains des articles étaient inconstitutionnels. En signe de protestation, quelque 550 référendums locaux symboliques exigeant une indépendance totale se sont déroulés entre 2009 et 2011, ce qui a donné de gros « oui » lors de votes mais avec peu de participation : près de 30%. Rapport de Wikipédia : « Le mouvement populaire nourrit les politiciens ; une deuxième manifestation de masse le 11 septembre 2012 (la fête nationale de Catalogne) a explicitement demandé au gouvernement catalan de commencer le processus vers l’indépendance. Le président catalan Artur Mas a appelé une élection générale, qui a abouti à la majorité pour l’indépendance pour la première fois dans l’histoire de la région. Le nouveau parlement a adopté la Déclaration de Souveraineté de Catalogne début 2013, affirmant que le peuple catalan avait le droit de décider de son avenir politique « [7].

Le référendum de 2014 avait deux questions : « voulez-vous que la Catalogne devienne un État ?» Et (si oui) « Voulez-vous que cet État soit indépendant ? » La Cour constitutionnelle espagnole a déclaré le référendum inconstitutionnel, mais il a été réalisé en tant que « consultation » ; obtenant un vote de 81% pour « oui-oui », mais à un taux de participation de seulement 35%.
Artur Mas, président de la Generalitat (parlement catalan), a ensuite appelé une élection pour septembre 2015, qui, selon lui, serait un plébiscite sur l’indépendance. Les partis indépendantistes sont restés à la limite de la majorité des voix lors des élections de septembre, bien qu’ils aient gagné la majorité des sièges. Le nouveau parlement a adopté une résolution déclarant le début du processus d’indépendance en novembre 2015 et l’année suivante, le nouveau président Carles Puigdemont a annoncé un référendum contraignant sur l’indépendance, qui se tiendra le 1er octobre 2017.

La crise prend son essor

Le gouvernement espagnol continue de s’opposer à tout mouvement vers l’indépendance catalane. Mais peut-être que leur police pourrait arrêter le mouvement. En mars 2017, Madrid a imposé une amende à Artur Mas et l’a empêché d’occuper son poste pendant deux ans après qu’un tribunal l’a jugé coupable d’avoir organisé le référendum de l’indépendance de 2014 et a intensifié la répression depuis.

La force de police nationale ; la Guardia Civil, a confisqué des millions de bulletins de vote et d’autres documents électoraux et a arrêté de nombreux fonctionnaires par mandat d’un juge à la mi-septembre. Et des navires contenant des renforts de police furent amarrés dans les ports catalans. Le Premier ministre Mariano Rajoy a menacé d’utiliser l’article 155 de la Constitution ; ce qui permet à Madrid de suspendre la Constitution dans les communautés autonomes. Madrid dit qu’elle, « peut adopter les mesures nécessaires pour obliger [ les régions] à se conformer à ses devoirs par la force ou à protéger l’intérêt général susmentionné ».

Gagnant ou perdant, les séparatistes pourraient encore prendre la rue, a averti Francesc de Carreras, un avocat constitutionnel qui a aidé à lancer Ciudadanos, un parti fermement opposé à l’indépendance. « Nous devrions au moins être prêts pour une version catalane de Maidan », at-il dit, se référant à la place de Kiev qui est devenu le centre de la révolution ukrainienne en février 2014. « Cela pourrait créer une situation encore plus imprévisible et tendue,  » a-t-il dit. « Mais le droit de protester doit également être respecté dans une démocratie » [8].

Et là, vous avez l’essence droitière du mouvement, comme dans Maidan, où quelques gauchistes stupides ont été balayés par ce mouvement en février 2014, comme quand ils étaient pour la « révolution » contre Morsi en Egypte un an plus tôt. Lorsque tous ces mouvements de masse de droite ont si horriblement révélé leur essence et les résultats qu’ils ont produit, nos « marxistes » étaient totalement incapables de l’expliquer et refusaient d’examiner leurs propres erreurs.

Remarques
[1] Leon Trotsky, (juillet 1931), la question nationale en Catalogne,

https://www.marxists.org/archive/trotsky/1931/07/spain01.htm

[2] El País, Mythes et mensonges du mouvement d’indépendance catalan, https://elpais.com/elpais/2017/09/25/inenglish/1506339116_980655.html

[3] Leon Trotsky, (juillet 1931), la Question nationale en Catalogne.

[4] Parti socialiste écossais, 18 septembre 2017, Catalogne: la répression de l’État espagnol à l’approche de l’indépendance référendaire, Déclaration de Esquerra Revolucionària (révolutionnaire de gauche), http://socialistpartyscotland.org.uk/2017/09/18/catalonia-spanish- l’état-répression-augmente-indépendance-référendum /

[5] Josep María Antentas, The Jacobin Magazine, 2 octobre 2017, Décision de Catalogne, https://jacobinmag.com/2017/09/catalonia-independence-referendum-spain-podemos

[6] Voir Wikipedia, Catalogne révolutionnaire pour un compte de ces événements, https://en.wikipedia.org/wiki/Revolutionary_Catalonia. L’hommage de George Orwell à la Catalogne raconte l’histoire du point de vue d’un libéral anglais et de la révolution et de la révolution en Espagne par Felix Morrow donne le compte trotskyste, https://www.marxists.org/archive/morrow-felix/1938/revolution- Espagne/

[7] Wikipedia, indépendance catalane, https://en.wikipedia.org/wiki/Catalan_independence

[8] Raphael Minder, 8 septembre 2017, New York Times, la demande d’indépendance de Catalogne pousse l’Espagne vers la crise »

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tribunemlreypa

12 octobre 2017 à 10 h 19 min 

Bonjour, camarade !

Je me suis permis de corriger le résultat qui indiquait 90% de participation, alors qu’il s’agit du taux (supposé…) des OUI… !

Pour le reste, Trotsky faisait donc, pour une fois, une analyse correcte des données de départ du problème catalan….

L ‘article original, sur Socialist Fight mélange donc des considérations fondamentalement judicieuses avec celles d’une « relecture » trotskyste assez classique, par ailleurs, de la tragique Guerre d’Espagne.

Voici le lien vers l’original :

https://socialistfight.com/2017/10/06/the-rights-of-nations-to-self-determination-catalonias-referendum-and-the-spanish-state/

Par ailleurs, « les PCRF », comme tu dis, ne font que suivre les méandres du PCPE, dans cette affaire… Ils n’ont pas vraiment d’analyse qui leur soit propre, vu qu’ils n’en perçoivent déjà pas les contradictions !

Ils cherchent seulement à se justifier de leur « amitié » avec ce PCPE, réelle ou supposée (PRCF >> <<PCRF), pour rajouter une plume au chapeau de leur social-chauvinisme…

Une plume qui, en fait, se balade au gré des courants d’air catalans…

Je ne vois pas vraiment l’intérêt…

En fait, en France, si ce n’était le battage médiatique, le sujet ne semble pas du tout intéresser le public, même à l’ »extrême-gauche »…

C’est dire l’état du niveau de conscience dans lequel il nous faut tenter d’avancer, ou à tout le moins, de ne pas sombrer complètement.

Merci pour ton post,

Luniterre

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Karl Martel

13 octobre 2017 à 14 h 12 min

A reblogué ceci sur Reconstruction communiste Québecet a ajouté:
TML présente une série de textes de différentes organisations de « gauche » portant sur la crise espagnole et le processus d’accession à l’indépendance de la Catalogne.

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M.L.

13 octobre 2017 à 14 h 53 min

Vous trouverez ci-après un lien hypertexte qui mène à une anlayse qui rejoint un peu la tienne sur la question nationale en Catalogne. https://reconstructioncommuniste.wordpress.com/2017/10/13/sur-la-situation-en-catalogne/

Extrait: « Que se passe-t-il en Catalogne ? Cette nation présente sur plusieurs territoires de culture catalane (Valence, Baléares, Andorre,…), située principalement dans l’Etat espagnol, et en partie dans l’Etat français, a une situation politique qui évolue rapidement : une crise politique sans précédent s’est déclarée. Le gouvernement de la Generalitat (l’organisation politique détenant les pouvoirs exécutifs et législatifs régionaux de cette « communauté autonome », intégré il y a plusieurs siècles dans l’Etat espagnol) a promis depuis 2015 d’avancer vers la voie de l’indépendance. Pour cela, la Generalitat a convoqué un référendum pour le 1er octobre 2017.

Le gouvernement espagnol conservateur de Mariano Rajoy (dirigeant du Partido Popular, représentant la droite issue du franquisme) semble prêt à utiliser tous les moyens à sa disposition pour empêcher la tenue du référendum, que la Cour constitutionnelle a jugé illégal. Il faut rappeler que la police a quand même mené des perquisitions au siège du gouvernement régional catalan et a saisi les 19 et 20 septembre près de 10 millions de bulletins de vote, que 14 hauts responsables du gouvernement régional ont été arrêtés et le 21 septembre, que la justice a cité à comparaître plus de 700 maires catalans, que des entreprises privées ayant contribué à la propagande indépendantiste ont été perquisitionnées, que la Cour constitutionnelle a annoncé infliger des amendes de 6000 à 12 000€ tous les jours à 24 organisateurs du référendum jusqu’à ce qu’ils se plient aux résolutions de la « Justice ». 60 sites faisant la promotion du référendum ont été fermés, la campagne électorale est illégale et donc le collage d’affiches pour l’indépendance se fait dans l’illégalité, et Madrid a mis sous tutelle les finances de la région pour empêcher les financement illégaux.

(…)

NDLR: ICI, NOUS NOUS PERMETTONS DE COUPER LA CITATION, DE TOUTE FAÇON INCOMPLÈTE, POUR LA REMPLACER PAR LA CONCLUSION DE L’ARTICLE CITÉ, AVEC LE LIEN VERS L’ARTICLE D’ORIGINE, CE QUI NOUS PERMET D’Y RÉPONDRE PLUS FRANCHEMENT…:

« Le nationalisme bourgeois de toute nation opprimée possède un contenu démocratique qui est dirigé contre l’oppression, c’est celui-là que nous soutenons. En revanche nous ne soutenons pas le contenu qui vise à renforcer le nationalisme et les privilèges de la bourgeoisie nationale et qui casse la conscience de classe du prolétariat en effaçant les distinctions de classes entre bourgeois, petits-bourgeois et prolétaires.

« Sous prétexte que ses demandes sont « pratiques », la bourgeoisie des nations opprimées va appeler le prolétariat à soutenir ses aspirations sans condition… Le prolétariat est opposé à une telle pratique. Tout en reconnaissant l’égalité des droits à un Etat national, il valorise surtout et avant tout l’alliance des prolétaires de tous les pays, et évalue toute demande nationale, toute séparation nationale, sous l’angle de la lutte de classe des travailleurs. Pour les travailleurs, la chose importante est de distinguer les principes des deux tendances. Dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée combat l’oppresseur, nous sommes toujours, dans tous les cas, et plus fortement que quiconque en sa faveur, car nous sommes les ennemis les plus constants et les plus fervents de l’oppression. Mais dans la mesure où la bourgeoisie de la nation opprimée est favorable à son propre nationalisme bourgeois nous somme contre. » (Lénine, cité par Ibrahim Kaypakkaya dans La Question Nationale en Turquie, 1971)

Nous soutenons donc le droit à l’autodétermination de la nation catalane. Et nous soutenons l’unité du prolétariat catalan et espagnol contre les intérêts de la bourgeoisie et des propriétaires. »

Source: http://www.pcmaoiste.org/communique/sur-la-situation-en-catalogne/

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tribunemlreypa

13 octobre 2017 à 16 h 13 min 

En tenant compte de la citation de Lénine, d’une part, et des passages soulignés en gras par nous dans cette conclusion, ne vois tu pas la contradiction, camarade ?

C’est à dire la pirouette pseudo « théorique » pour pouvoir adhérer au consensus vaguement « de gauche », et en réalité, tout à fait social-chauvin que certains «ML », maoïstes,trotskystes (NPA), et autres supposés « gauchistes » s’empressent de tisser autour de ce mouvement tout à fait réac, sous le juste prétexte, par contre, de protester contre la répression ?

Protester contre la répression est une chose, être solidaire de cette pseudo « lutte de libération », une autre… ! En effet, où sont les critères qui définiraient une « oppression » de la nation catalane ? Nulle part ! Où sont les critères qui définissent l’oppression du prolétariat catalan et espagnol œuvrant pour la bourgeoisie « nationaliste » catalane ? Ils sont précisément d’abord dans la politique de cette bourgeoisie « nationale » catalane et de son embryon d’État, sa « Generalitat », et nulle part ailleurs !

C’est ce qui ressort de toutes les études économiques sur le sujet, et c’est pourquoi je n’ai pas jugé utile d’y revenir dans cette revue de presse, tant le fait paraît déjà évident, à travers les témoignages cités.

Il n’y a rien d’une « lutte de libération », là dedans, et contrairement également à ce que tente d’accréditer le groupuscule d’activistes catalans tout à fait « bobocratique » de la « CUP », en réalité une officine de collaboration de classe avec le nationalisme, entièrement pilotée par la petite bourgeoisie, tout comme notre « FI » ou notre « NPA » et autres « verts-rouges », en France !

Luniterre

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tribunemlreypa

13 octobre 2017 à 19 h 30 min 

REÇU DE LA PART DU CAMARADE VIRIATO, CE MAIL EN RÉPONSE:

Ils sont rigolos les « M.L. », ils « déplacent » la Catalogne partout…ils auraient pu mettre la Sicile aussi et autre endroits de la Méditerranée, le Roussillon inclus.
Les Vêpres Siciliennes ont eu beaucoup de « catalanes », non?
Cette habitude des « gauchistes  » (qui passent à droite avec une facilité déconcertante) « d’appuyer » n’importe quel soulèvement réactionnaire ça fait un moment qu’elle ne fait plus rire.
En Yougoslavie ils étaient aussi pour la partition, suivant de près les plans impérialistes avec les citations de Lénine sur les nationalités et leur auto détermination à la bouche…En Libye pareil, en Ukraine de même, en Syrie kif-kif, partout soutenant-volens-nolens- les plans …de l’impérialisme US.
En Catalogne ils « avancent », ils soutiennent l’égoïsme forcené de la droite catalane qui ne veut pas donner un sou pour les autres espagnols tout en exploitant allègrement les travailleurs Andalous tout comme les capitalistes du Nord de l’Italie (la dite « Padana ») exploitent les prolétaires du Mezzogiorno. Et il faudrait appuyer « ça »?

Quand la Belgique sera partagée, l’Italie (la Padana doit être encore une « lutte d’indépendance nationale » …de droite, mussoliniene), l’Ukraine, et on peut continuer en direction du Moyen Âge, les imbéciles gauchistes vont tout confondre, tout mélanger, semer bêtise et confusion dans leurs « rangs » et finir comme toujours par se taire (car ils n’ont même pas le courage de reconnaitre leurs conneries) et la prochaine fois…se placer encore derrière l’impérialisme et les réactionnaires. Seule la lutte internationale des travailleurs sera entravée, dévié vers des « combats » nationalistes, chauvins, rétrogrades. Mais les tarés gauchistes continueront à débiter leurs âneries; les attends pour la République Démocratique de Corée, l’Iran.
Vaut-il la peine de polémiquer avec ces personnes?
Seulement pour exposer ce qui devrait être connu depuis des décennies.
V.

Réponse

Aujourd’hui, 15/10/2017, 10 commentaires de plus à lire sur…

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/10/11/catalogne-espagne-jaune-et-rouge-ou-bien-rouge-ou-jaune/#comments

 

 

 

 

1917-2017 Octobre est là !! …Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

NDLR: Cet article étant naturellement appelé à rester à la Une au moins pour toute la durée d’Octobre et Novembre, d’autres articles d’actu et études plus récentes se trouveront donc publiés à la suite…!!

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1917-2017

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Octobre

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est là !!

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Et si le bolchévisme

 

 

était encore

 

 

une idée neuve ?

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Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour tenter et réussir une nouvelle…

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Le fait que le marxisme et le marxisme-léninisme aient été l’idéologie officielle de la Russie Soviétique et de l’URSS sur toute sa durée est un fait qui ne peut pas être considéré de manière univoque, si l’on considère que le « marxisme-léninisme » est encore formellement l’idéologie officielle de la seconde puissance boursière et financière mondiale actuelle, la Chine…

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

«   De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

C’est donc là encore une occasion utile de rappeler ce qui est un élément essentiel de sa méthode dialectique, à savoir la prépondérance du rôle des infrastructures, de la base sociale et économique, sur celui des superstructures, des institutions politiques, des idéologies, surtout «officielles »…

D’un point de vue communiste marxiste-léniniste Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, que ce soit au 99ème anniversaire, au 101ème ou n’importe quand, du reste, mais le 100ème, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il reste possible de faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Tenter de porter, en quelque sorte, la parole d’Octobre parmi les masses prolétariennes c’est se confronter à la fois à l’image que le système a réussi à forger de cet événement historique et de ses conséquences, et à la réalité actuelle de la crise à laquelle les prolétaires sont eux-mêmes directement et quotidiennement confrontés.

L’image que le système renvoie de l’URSS, c’est aussi l’image qu’il renvoie de la Révolution d’Octobre, l’une étant inséparable de l’autre. Il est donc vain de vouloir célébrer dignement le centenaire d’Octobre sans rendre sa dignité à l’histoire de l’URSS.

Selon l’image qu’ont réussi à en populariser les médias occidentaux et la culture officielle du système capitaliste, l’URSS et l’ensemble du monde communiste sont vus comme une vaste prison qui se serait effondrée comme un château de carte.

C’est donc cette image d’un échec irrémédiable et irréversible de la première tentative de construction du socialisme prolétarien que la bourgeoisie a besoin de forger pour sa propre survie, car plus d’un quart de siècle après cet effondrement, elle n’a toujours pas résolu sa propre crise et se trouve confrontée à la nécessité d’en faire supporter les conséquences au prolétariat et à l’ensemble des couches populaires.

Et plus elle a besoin de durcir les conditions de vie de la majeure partie du corps social, et du prolétariat en premier lieu, et plus elle a besoin de cette image dégradée du socialisme, de l’URSS, et de la Révolution d’Octobre.

Or une telle image dégradée de la Russie Soviétique et de l’influence de l’URSS, ce n’est pas celle qu’en a conservé la mémoire populaire de ceux qui sont concernés en premier lieu, à savoir les Russes eux-même !

Selon l’Occident, l’effondrement de l’URSS devait être la «fin de l’histoire», la «libération des peuples de l’Est», le «développement économique par le capitalisme», etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non!

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

>>>Celle qui, une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, s’est relevée à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais à partir de 1956, avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «communistes», héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Ce n’est pas là, comme on l’a vu, un point de vue réellement marxiste-léniniste, qui ne consiste pas à se contenter de proclamations nostalgiques, mais cherche à analyser ce qui se passe en profondeur, dans les infrastructures, aussi bien de la société capitaliste, pour comprendre sa crise actuelle, que de celle du socialisme, pour comprendre les causes de sa disparition, alors que l’URSS avait rayonné quasiment sur un tiers de la planète, à son apogée.

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec ses quelques courtes périodes de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaître, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIème siècle au début du XXème, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d’ »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’entre rapaces impérialistes eux-même, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque simultanément dans certains cas, ont connu leurs lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui a nettement repris le dessus, à l’échelle mondiale, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y comprit à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer , par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Et lorsqu’elle prétend critiquer la « violence répressive » du bolchévisme elle omet de rappeler que sa propre survie ne tient qu’aux bains de sang et à la furia destructrice qu’elle impose régulièrement aux peuples du monde, et encore aujourd’hui, même si de façon plus « diffuse » que pendant les deux guerres mondiales.

Très récemment, dans la première phase de la campagne électorale française, on a vu ressurgir, derrière les costumes à 7000 euros pièce du « Très Honorable François Fillon », l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste sanguinolent de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/24/1994-2017-collaboration-droite-gauche-un-heritage-sanglant-et-mortifere/

Même si cela reste regrettable et considérable, sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, telles qu’examinées à la loupe par les historiens chercheurs US, à l’ouverture des archives soviétiques…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et pratiquement aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les malheureuses victimes de la répression en URSS se sont, elles, mystérieusement « multipliées », et de façon exponentielle, pour devenir 100 millions et plus, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme!

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait très « officiellement » d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme.

Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre!

Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guerre de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, elles-même soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi  de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Non seulement il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, mais c’est ce sursaut de la volonté créatrice de tout un peuple, et du prolétariat russe à son avant-garde, qui doit être mis en valeur et en évidence comme le fait essentiel de cette histoire et la conséquence historique la plus importante de la Révolution d’Octobre. Même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Si cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue, ce n’est en réalité que par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à sa base l’héritage des générations héroïques d’Octobre!

Sans doute, en notre début de XXIème siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un développement respectueux de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

Qui peut le plus, peut le moins, et si l’Union Soviétique a su ressurgir plusieurs fois du néant où les agresseurs impérialistes et fascistes ont tenté de la plonger, il n’est donc pas douteux que le socialisme prolétarien puisse être la seule alternative efficace et incontournable à l’incapacité du capitalisme à produire un développement économique et social équilibré et harmonieux.

Remettre en lumière les fondamentaux de l’économie socialiste, c’est comprendre les lois économiques fondamentales qui se sont dégagées de la confrontation entre la théorie marxiste et sa mise en pratique sur le terrain.

Cela ne peut partir, même et surtout d’un point de vue marxiste, que de l’analyse des infrastructures de l’URSS et de leur évolution au fil de l’histoire de leur développement et des conflits entre les différents groupes de dirigeants qui ont agit sur cette évolution.

Partir de l’analyse des infrastructures de l’URSS, c’est aussi chercher à comprendre la cohérence entre les principes et lois économiques considérés utiles par les économistes soviétiques et la réalité sur le terrain, selon les époques.

 

Dans les années 20 le débat a porté sur l’articulation entre secteur privé et secteur d’État.

 

L’une des questions essentielles était de savoir ce que devenait la loi de la valeur, principe de base de l’économie classique et marxiste, et où s’arrêtait, éventuellement, son influence.

 

Une question liée de près à celle-ci était le rôle du marché comme régulateur, ou non, de l’équilibre des prix entre offre et demande.

Et donc, également, le rôle de l’intervention, plus ou moins autoritaire, de l’État sur la régulation des prix.

 

Autrement dit, il y a donc deux questions importantes à considérer en premier,

__la loi de la valeur

__la loi du marché

 

Et qui en amènent trois autres :

__leur interaction

__leurs domaines respectifs

__le rôle du plan

 

Ce débat, en réalité, et contrairement à ce que prétend l’historiographie la plus courante en France, tant « à gauche » qu’à droite, n’a pas suivi forcément les clivages de factions supposées « gauches » et « droites ».

 

Aussi bien Boukharine que Preobrajensky ont affirmé que le domaine d’influence de la loi de la valeur ne concernait plus le secteur socialiste et cela est resté largement l’opinion dominante jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

On peut donc dire que l’influence « gauchiste », sur cette question, a prévalu dans la gestion du secteur d’État en général, puis dans celle du secteur socialiste, quasiment jusqu’à la préparation du XIXème Congrès, en 1952, où le débat à seulement commencé à prendre un tour nouveau.

 

Trotsky, quant à lui, tout en étant allié, en réalité uniquement tactiquement, avec l’ « opposition de gauche », a constamment défendu le rôle du marché comme régulateur, y compris pour le secteur d’État planifié. Incidemment, ce point de vue, clairement explicité par le trotskyste Michel Raptis, d’après les textes mêmes de son « maître-à-penser », c’est à dire de Trotsky lui-même, et qui consiste à considérer le marché comme régulateur, même dans l’économie capitaliste, c’est tout à fait le point de vue d’un économiste bourgeois, et non d’un marxiste…!

 

Trotsky, en ce sens, est le véritable précurseur du « réformisme » contre-révolutionnaire de Khrouchtchev. Dans ce cas, loi de la valeur et loi du marché interagissent exactement comme dans le régime capitaliste classique et la distinction entre secteur privé et secteur d’État tend à disparaître.

 

On a affaire, dans ce cas, et selon l’ouverture plus ou moins grande aux capitaux étrangers, à un vague « socialisme de marché » (type actuel>>>Chine) qui est en fait une forme de capitalisme plus ou moins « nationale » ou classique, voire comprador (« Zones économiques spéciales », en Chine).

 

Fort heureusement pour la survie de l’URSS, l’influence de Trotsky s’est considérablement réduite, dès le milieux des années 20, mais celle des économistes « de gauche » est restée prépondérante, même sous Boukharine.

 

A noter que, vers la fin des années 30, alors que l’URSS s’apprêtait à affronter l’Allemagne nazie, les trois, Boukharine, Preobrajensky, et Trotsky, se sont retrouvés sur les positions les plus droitistes de ce dernier, mais sans aucun succès, non plus, fort heureusement, non seulement pour l’URSS, mais aussi pour le reste du monde.

 

Néanmoins, à la veille de la seconde guerre mondiale, le débat n’était donc toujours pas tranché, et il faut considérer que la gestion de l’économie planifiée en a nécessairement souffert, malgré ses grands succès.

 

Il n’est pas douteux que des améliorations de gestion considérables auraient été possibles si la clarification avait pu avoir lieu au tournant des années 30.

 

Le XIXème Congrès de 1952 a donc enfin apporté un jour nouveau sur ces questions, et tranché, du reste, et même si à posteriori, la question de la relation entre secteur d’État socialiste et secteur privé.

 

Dans le secteur privé la relation Loi de la valeur/Loi du marché reste assez classique, mais l’État peut y intervenir pour contrôler les prix.

 

Dans la relation entre secteur socialiste et privé, le contrôle du plan, en plus de celui des prix, peut et doit intervenir. L’action des deux lois économiques y persiste, tout en étant très réduite.

 

Dans le secteur socialiste, c’est la planification qui est la règle, et la Loi de la valeur peut et doit y être utilisée, de manière contrôlée, pour ajuster les prix en fonction de la valeur-travail, et donc pour arriver à un équilibre économique et budgétaire satisfaisant et conforme au plan.

 

L’influence de la Loi du marché, dans le secteur socialiste planifié, est, par contre, tout à fait exclue.

 

A l’époque du XIXème Congrès, le secteur privé a tout à fait disparu, mais les relations entre secteur d’État socialiste et secteur coopératif (kolkhozes), s’apparentent, du point de vue des principes économiques, aux relations entre secteur d’État et secteur privé.

 

Il y a donc persistance de l’interaction « valeur-travail/marché », dans ce domaine, même si largement contrôlé par l’État.

 

Et il y a encore également possibilité d’utiliser la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, pour améliorer la gestion du secteur économique socialiste entièrement planifié, et où, par contre, l’influence de la loi du marché reste donc totalement exclue.

 

Néanmoins, dès 1953, prenant appui sur le retour partiel de la loi de la valeur, les révisionnistes khrouchtcheviens vont s’efforcer, et malheureusement avec succès, cette fois ci, de réintégrer la loi du marché à tous les niveaux.

 

C’est pourquoi il nous faut bien comprendre la ligne du XIXème Congrès, et l’utilisation marxiste enfin correcte qu’elle propose pour la Loi de la valeur et la valeur-travail, telle qu’abordée par Marx, pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, cité par Staline, du reste, dans son ouvrage de préparation à ce Congrès.

 

Ces principes économiques sont également les principes fondamentaux rappelés par Lénine, en Septembre 1917, au Chapitre 5, consacré à ce sujet, dans son ouvrage L’État et la Révolution.

Loin d’être contradictoires avec les mesures proposées pour le capitalisme d’État en 1918, et mises en œuvres plus tard, avec la NEP, en 1921, il en sont le complément indispensable, pour l’interaction entre les deux secteurs, selon le schéma résumé ci-dessus.

 

Certainement difficile à mettre en œuvre dans les conditions concrètes de l’époque, l’utilisation de ces principes, autour de la valeur-travail, est aujourd’hui potentiellement grandement facilitée avec les méthodes modernes de gestion informatique, qui permettent, en outre, l’exercice d’une démocratie participative directe, également grandement facilitée.

 

Cela peut et doit être notre guide, dans l’élaboration d’un nouveau programme communiste, pour la phase de transition de notre époque, en lien avec les masses prolétariennes et populaires.

A partir des leçons d’Octobre, avancer l’ébauche d’un tel programme et la populariser comme thème du débat public, c’est l’un des travaux essentiels de recherche, d’analyse, et en fin de compte, d’agit-prop,  que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIème siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel!

 

Si nous savons les comprendre dans leur dimension historique et dans leur actualité, c’est à dire, sans dogmatisme, nous pouvons faire en sorte que les idées du XIXème Congrès, dernier Congrès du Parti Bolchévique, soient un point de départ pour faire le bilan de l’expérience soviétique et en tirer enfin les leçons vraiment utiles pour notre époque. Considéré ainsi, d’un point de vue vraiment marxiste, le bolchévisme est, plus que jamais, une idée neuve !

 

 Lucien LUNITERRE

Pierre GRINDSABLE

Sur le Centenaire d’Octobre

et l’histoire de l’URSS,

une liste de liens

vers des articles de fond,

des débats, des documents :

Sous forme d’articles de fond :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

 

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Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

 

 

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Sous forme de débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/23/rouge-a-levres-bas-nylon-et-philo-du-diamat-ou-letrange-suite-dun-debat-sur-leconomie-sovietique/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/21/ce-que-javoue-franchement-et-revendique-meme-sans-le-moindre-detour/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/20/retour-sur-les-mensonges-du-rcc-chb-a-propos-de-lhistoire-economique-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/16/heritiers-doctobre-quelques-elements-au-debat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/26/que-faire-doctobre-elements-du-debat-sur-le-blog-vlr/

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Documents et études de documents :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/01/rapport-jdanov-1947-un-message-dalexandra-kollontai/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/en-provenance-presque-directe-des-archives-russes-le-texte-original-de-preobrajensky/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/histoire-de-leconomie-sovietique-preobrajensky-le-chainon-manquant/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/10/01/lenine-un-laic-toujours-dactu/

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Sur des sujets connexes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/07/marx-marxisme-cui-bono/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/02/marx-capital-iii-9-et10-note-de-lecture-en-marge-de-trotsky-contre-marx/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/17/trotsky-contre-marx-1-objet-et-pertinence-du-propos/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

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L’URSS en musique… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/09/журавли-et-autres-chansons-du-regiment-immortel-a-lyon-venissieux-ce-8-mai-2017/

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Lénine, un laïc toujours d’actu !!

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Encore un texte lumineux

de Lénine ,

qui semble avoir été

spécialement écrit

pour nous aider à avancer

sur la voie du Socialisme,

par la construction

d’un Front unique, Laïc,

anti-impérialiste et anticapitaliste, 

 

 

 

 

Lénine

 

 De l’attitude du parti ouvrier

à l’égard de la religion

 13 Mai 1909

 

  Le discours que le député Sourkov a prononcé à la Douma d’Etat lors de la discussion du budget du synode, et les débats exposés ci après, qui se sont institués au sein de notre fraction parlementaire autour du projet de ce discours, ont soulevé une question d’une importance extrême et on ne peut plus actuelle. Il est hors de doute que l’intérêt pour tout ce qui touche à la religion s’est, aujourd’hui, emparé de larges sections de la « société » et a pénétré dans les milieux intellectuels proches du mouvement ouvrier, ainsi que dans certains milieux ouvriers.

 

La social démocratie [Essentiellement communiste, marxiste révolutionnaire, à l’époque! NDLR] se doit absolument d’intervenir pour faire connaître son point de vue en matière de religion.


La social démocratie fait reposer toute sa conception sur le socialisme scientifique, c’est à dire sur le marxisme. La base philosophique du marxisme, ainsi que l’ont proclamé maintes fois Marx et Engels, est le matérialisme dialectique qui a pleinement fait siennes les traditions historiques du matérialisme du XVIII° siècle en France et de Feuerbach (première moitié du XIX° siècle) en Allemagne, matérialisme incontestablement athée, résolument hostile à toute religion. Rappelons que tout l’ Anti Dühring d’Engels, dont le manuscrit a été lu par Marx, accuse le matérialiste et athée Dühring de manquer de fermeté idéologique dans son matérialisme, de ménager des biais à la religion et à la philosophie religieuse. Rappelons que dans son ouvrage sur Ludwig Feuerbach, Engels lui reproche d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire, mais dans celui de la replâtrer, d’inventer une religion nouvelle, « élevée », etc. « La religion est l’opium du peuple [1] . » Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

 

Et, cependant, Engels a condamné maintes fois les tentatives de ceux qui, désireux de se montrer « plus à gauche » ou « plus révolutionnaires » que les social démocrates, voulaient introduire dans le programme du parti ouvrier la franche reconnaissance de l’athéisme en lui donnant le sens d’une déclaration de guerre à la religion. En 1874, parlant du fameux manifeste des réfugiés de la Commune, des blanquistes émigrés à Londres, Engels traite de sottise leur tapageuse déclaration de guerre à la religion ; il affirme qu’une telle déclaration de guerre est le meilleur moyen d’aviver l’intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement effectif. Engels impute aux blanquistes de ne pas comprendre que seule la lutte de classe des masses ouvrières, amenant les plus larges couches du prolétariat à pratiquer à fond l’action sociale, consciente et révolutionnaire, peut libérer en fait les masses opprimées du joug de la religion, et que proclamer la guerre à la religion, tâche politique du parti ouvrier, n’est qu’une phrase anarchique [2] . En 1877, dans l’Anti Dühring, s’attaquant violemment aux moindres concessions de Dühring philosophe à l’idéalisme et à la religion, Engels condamne avec non moins de force l’idée pseudo révolutionnaire de Dühring relative à l’interdiction de la religion dans la société socialiste. Déclarer une telle guerre à la religion, c’est, dit Engels, «être plus Bismarck que Bismarck lui même », c’est à dire reprendre la sottise de la lutte bismarckienne contre les cléricaux (la fameuse « lutte pour la culture », le Kulturkampf, c’est à dire la lutte que Bismarck mena après 1870 contre le Parti catholique allemand du Zentrum, au moyen de persécutions policières dirigées contre le catholicisme). Par cette lutte, Bismarck n’a fait que raffermir le cléricalisme militant des catholiques ; il n’a fait que nuire à la cause de la véritable culture, en mettant au premier plan les divisions religieuses, au lieu des divisions politiques, il a fait dévier l’attention de certaines couches de la classe ouvrière et de la démocratie, des tâches essentielles que comporte la lutte de classes et révolutionnaire, vers l’anticléricalisme le plus superficiel et le plus bourgeoisement mensonger. En accusant Dühring, qui désirait se montrer ultra révolutionnaire, de vouloir reprendre sous une autre forme cette même bêtise de Bismarck, Engels exigeait que le parti ouvrier travaillât patiemment à l’œuvre d’organisation et d’éducation du prolétariat, qui aboutit au dépérissement de la religion, au lieu de se jeter dans les aventures d’une guerre politique contre la religion [3] . Ce point de vue est entré dans la chair et dans le sang de la social démocratie allemande, qui s’est prononcé, par exemple, en faveur de la liberté pour les jésuites, pour leur admission en Allemagne, pour l’abolition de toutes mesures de lutte policière contre telle ou telle religion. « Proclamer la religion une affaire privée. » Ce point célèbre du programme d’Erfurt (1891) a consacré cette tactique politique de la social démocratie.

 


Cette tactique est devenue désormais routinière ; elle a engendré une nouvelle déformation du marxisme en sens inverse, dans le sens de l’opportunisme. On s’est mis à interpréter les principes du programme d’Erfurt en ce sens que nous, social démocrates, que notre parti considère la religion comme une affaire privée, que pour nous, social-démocrates, pour nous en tant que parti, la religion est une affaire privée. Sans engager une polémique ouverte contre ce point de vue opportuniste, Engels a jugé nécessaire, après 1890, de s’élever résolument contre lui, non sous forme de polémique, mais sous une forme positive. En effet, Engels, l’a fait sous la forme d’une déclaration qu’il a soulignée à dessein, disant que la social démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier.

 


Tel est le côté extérieur de l’histoire des déclarations de Marx et d’Engels en matière de religion. Pour ceux qui traitent le marxisme par dessous la jambe, pour ceux qui ne savent ou ne veulent pas réfléchir, cette histoire est un nœud d’absurdes contradictions et d’hésitations du marxis­me : une sorte de macédoine, si vous voulez savoir, d’athéisme « conséquent » et de « complaisances » pour la religion, une sorte de flottement « sans principes » entre la guerre r r révolutionnaire contre Dieu et le désir peureux de « se mettre à la portée » des ouvriers croyants, la crainte de les heurter, etc. Dans la littérature des phraseurs anar­chistes, on peut trouver nombre de réquisitoires de ce genre contre le marxisme.

 


Mais quiconque est un tant soit peu capable d’envisager le marxisme de façon sérieuse, de méditer ses principes philosophiques et l’expérience de la social démocratie internationale, verra aisément que la tactique du marxisme à l’égard de la religion est profondément conséquente et mûrement réfléchie par Marx et Engels ; que ce que les dilettantes ou les ignorants prennent pour des flottements n’est que la résultante directe et inéluctable du matérialisme dialectique. Ce serait une grosse erreur de croire que la « modération » apparente du marxisme à l’égard de la religion s’explique par des considérations dites « tactiques », comme le désir de « ne pas heurter », etc. Au contraire, la ligne politique du marxisme, dans cette question également, est indissolublement liée à ses principes philosophiques.

 


Le marxisme est un matérialisme. A ce titre il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIII° siècle ou le matérialisme de Feuerbach. Voilà qui est indéniable. Mais le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels va plus loin que les encyclopédistes et Feuerbach en ce qu’il applique la philosophie matérialiste au domaine de l’histoire, au domaine des sciences sociales. Nous devons combattre la religion ; c’est l’a b c de tout le matérialisme et, partant, du marxisme. Mais le marxisme n’est pas un matérialisme qui s’en tient à l’a b c. Le marxisme va plus loin. Il dit : il faut savoir lutter contre la religion ; or, pour cela, il faut expliquer d’une façon matérialiste la source de la foi et de la religion des masses. On ne doit pas confiner la lutte contre la religion dans une prédication idéologique abstraite ; on ne doit pas l’y réduire ; il faut lier cette lutte à la pratique concrète du mouvement de classe visant à faire disparaître les racines sociales de la religion. Pourquoi la religion se maintient elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans ? Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise d’une action de la culture par elle-même. Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc., c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. « La peur a créé les dieux. » La peur devant la force aveugle du capital, aveugle parce que ne pouvant être prévue des masses populaires, qui, à chaque instant de la vie du prolétaire et du petit patron, menace de lui apporter et lui apporte la ruine « subite », « inattendue », « accidentelle », qui cause sa perte, qui en fait un mendiant, un déclassé, une prostituée, le réduit à mourir de faim, voilà les racines de la religion moderne que le matérialiste doit avoir en vue, avant tout et par dessus tout, s’il ne veut pas demeurer un matérialiste primaire. Aucun livre de vulgarisation n’expurgera la religion des masses abruties par le bagne capitaliste, assujetties aux forces destructrices aveugles du capitalisme, aussi longtemps que ces masses n’auront pas appris à lutter de façon cohérente, organisée, systématique et consciente contre ces racines de la religion, contre le règne du capital sous toutes ses formes.

 


Est ce à dire que le livre de vulgarisation contre la religion soit nuisible ou inutile ? Non. La conclusion qui s’impose est tout autre. C’est que la propagande athée de la social­-démocratie doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs.

 


Un homme qui n’a pas médité sur les fondements du matérialisme dialectique, c’est à dire de la philosophie de Marx et d’Engels, peut ne pas comprendre (ou du moins peut ne pas comprendre du premier coup) cette thèse. Comment cela ? Subordonner la propagande idéologique, la diffusion de certaines idées, la lutte contre un ennemi de la culture et du progrès qui sévit depuis des millénaires (à savoir la religion), à la lutte de classe, c’est à dire à la lutte pour des objectifs pratiques déterminés dans le domaine économique et politique ?

 


Cette objection est du nombre de celles que l’on fait couramment au marxisme ; elles témoignent d’une incompréhension totale de la dialectique marxiste. La contradiction qui trouble ceux qui font ces objections n’est autre que la vivante contradiction de la réalité vivante, c’est à dire une contradiction dialectique non verbale, ni inventée. Séparer par une barrière absolue, infranchissable, la propagande théorique de l’athéisme, c’est à dire la destruction des croyances religieuses chez certaines couches du prolétariat d’avec le succès, la marche, les conditions de la lutte de classe de ces couches, c’est raisonner sur un mode qui n’est pas dialectique ; c’est faire une barrière absolue de ce qui est une barrière mobile, relative, c’est rompre violemment ce qui est indissolublement lié dans la réalité vivante. Prenons un exemple. Le prolétariat d’une région ou d’une branche d’industrie est formé, disons, d’une couche de social démocrates assez conscients qui sont, bien entendu, athées, et d’ouvriers assez arriérés ayant encore des attaches au sein de la paysannerie, croyant en Dieu, fréquentant l’église ou même soumis à l’influence directe du prêtre de l’endroit qui, admettons, a entrepris de fonder une association ouvrière chrétienne. Supposons encore que la lutte économique dans cette localité ait abouti à la grève. Un marxiste est forcément tenu de placer le succès du mouvement de grève au premier plan, de réagir résolument contre la division des ouvriers, dans cette lutte, entre athées et chrétiens, de combattre résolument cette division. Dans ces circonstances, la propagande athée peut s’avérer superflue et nuisible, non pas du point de vue banal de la crainte d’effaroucher les couches retardataires, de perdre un mandat aux élections, etc., mais du point de vue du progrès réel de la lutte de classe qui, dans les conditions de la société capitaliste moderne, amènera les ouvriers chrétiens à la social démocratie et à l’athéisme cent fois mieux qu’un sermon athée pur et simple. Dans un tel moment, et dans ces conditions, le prédicateur de l’athéisme ferait le jeu du pope, de tous les popes, qui ne désirent rien autant que remplacer la division des ouvriers en grévistes et non grévistes par la division en croyants et incroyants. L’anarchiste qui prêcherait la guerre contre Dieu à tout prix, aiderait en fait les popes et la bourgeoisie (comme du reste les anarchistes aident toujours, en fait, la bourgeoisie). Le marxiste doit être un matérialiste, c’est à dire un ennemi de la religion, mais un matérialiste dialectique, c’est à dire envisageant la lutte contre la religion, non pas de façon spéculative, non pas sur le terrain abstrait et purement théorique d’une propagande toujours identique à elle même mais de façon concrète, sur le terrain de la lutte, de classe réellement en cours, qui éduque les masses plus que tout et mieux que tout. Le marxiste doit savoir tenir compte de l’ensemble de la situation concrète ; il doit savoir toujours trouver le point d’équilibre entre l’anarchisme et l’opportunisme (cet équilibre est relatif, souple, variable, mais il existe), ne tomber ni dans le « révolutionnarisme » abstrait, verbal et pratiquement vide de l’anarchiste, ni dans le philistinisme et l’opportunisme du petit bourgeois ou de l’intellectuel libéral, qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s’accommode de la foi en Dieu, s’inspire non pas des intérêts de la lutte de classe, mais d’un mesquin et misérable petit calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d’une maxime sage entre toutes : « Vivre et laisser vivre les autres », etc.

 


C’est de ce point de vue qu’il faut résoudre toutes les questions particulières touchant l’attitude de la social démocratie envers la religion. Par exemple, on pose souvent la question de savoir si un prêtre peut être membre du parti social démocrate. A cette question, on répond d’ordinaire par l’affirmative, sans réserve aucune, en invoquant l’expérience des partis social démocrates européens. Mais cette expérience est née non seulement de l’application du marxisme au mouvement ouvrier, mais aussi des conditions historiques particulières de l’Occident, inexistantes en Russie (nous parlons plus bas de ces conditions), de sorte qu’ici une réponse absolument affirmative est fausse. On ne saurait une fois pour toutes, et quelles que soient les conditions, proclamer que les prêtres ne peuvent être membres du parti social­-démocrate, mais on ne saurait davantage une fois pour toutes, faire jouer l’inverse. Si un prêtre vient à nous pour militer à nos côtés et qu’il s’acquitte consciencieusement de sa tâche dans le parti sans s’élever contre le programme du parti, nous pouvons l’admettre dans les rangs de la social démocratie, car la contradiction de l’esprit et des principes de notre programme avec les convictions religieuses du prêtre, pourrait, dans ces conditions, demeurer sa contradiction à lui, le concernant personnellement ; quant à faire subir à ses membres un examen pour savoir s’il y a chez eux absence de contradiction entre leurs opinions et le programme du parti, une organisation politique ne peut s’y livrer. Mais il va de soi qu’un cas analogue ne pourrait être qu’une rare exception même en Europe ; en Russie, à plus forte raison, il est tout à fait improbable. Et si, par exemple, un prêtre entrait au parti social démocrate et engageait à l’intérieur de ce parti, comme action principale et presque exclusive, la propagande active de conceptions religieuses, le parti devrait nécessairement l’exclure de son sein. Nous devons non seulement admettre, mais travailler à attirer au parti social-démocrate tous les ouvriers qui conservent encore la foi en Dieu ; nous sommes absolument contre la moindre injure à leurs convictions religieuses, mais nous les attirons pour les éduquer dans l’esprit de notre programme, et non pour qu’ils combattent activement ce dernier. Nous autorisons à l’intérieur du parti la liberté d’opinion, mais seulement dans certaines limites, déterminées par la liberté de tendances : nous ne sommes pas tenus de marcher la main dans la main avec les propagateurs actifs de points de vue écartés par la majorité du parti.

 


Autre exemple : peut on condamner à titre égal et en tout état de cause, les membres du parti social démocrate, pour avoir déclaré : « Le socialisme est ma religion » et pour avoir diffusé des points de vue conformes à cette déclaration ? Non. L’écart à l’égard du marxisme (et, partant, du socialisme) est ici incontestable, mais la portée de cet écart, son importance relative peuvent différer suivant les conditions. Si l’agitateur ou l’homme qui intervient devant la masse ouvrière s’exprime ainsi pour être mieux compris, pour amorcer son exposé, pour souligner avec plus de réalité ses opinions dans les termes les plus accessibles pour la masse inculte, c’est une chose. Si un écrivain commence à prêcher la « construction de Dieu » ou le socialisme constructeur de Dieu (dans le sens, par exemple, de nos Lounatcharski et consorts) c’en est une autre. Autant la condamnation, dans le premier cas, pourrait être une chicane ou même une atteinte déplacée à la liberté d’agitation, à la liberté des méthodes « pédagogiques », autant, dans le second cas, la condamnation par le parti est indispensable et obligatoire. La thèse « le socialisme est une religion » est pour les uns une forme de transition de la religion au socialisme, pour les autres, du socialisme à la religion.

 


Passons maintenant aux conditions qui ont donné lieu, en Occident, à l’interprétation opportuniste de la thèse « la religion est une affaire privée ». Evidemment, il y a là l’influence de causes générales qui enfantent l’opportunisme en général, comme de sacrifier les intérêts fondamentaux du mouvement ouvrier à des avantages momentanés. Le parti du prolétariat exige que l’Etat proclame la religion affaire privée, sans pour cela le moins du monde considérer comme une « affaire privée » la lutte contre l’opium du peuple, la lutte contre les superstitions religieuses, etc. Les opportunistes déforment les choses de façon à faire croire que le parti social démocrate tenait la religion pour une affaire privée !

 


Mais outre la déformation opportuniste ordinaire (qui n’a, pas du tout été élucidée dans les débats suscités par notre groupe parlementaire autour de l’intervention sur la religion), il est des conditions historiques particulières qui ont provoqué actuellement l’indifférence, si l’on peut dire, excessive, des social démocrates européens envers la question de la religion. Ces conditions sont de deux ordres. En premier lieu, la lutte contre la religion est la tâche historique de la bourgeoisie révolutionnaire ; et, en Occident, la démocratie bourgeoise, à l’époque de ses révolutions ou de ses attaques contre le féodalisme et les pratiques moyenâgeuses, a pour une bonne part rempli (ou tente de remplir) cette tâche. En France comme en Allemagne il y a une tradition de guerre bourgeoise contre la religion, engagée bien avant le socialisme (encyclopédistes, Feuerbach). En Russie, conformément aux conditions de notre révolution démocratique bourgeoise, cette tâche échoit presque entièrement elle aussi à la classe ouvrière. A cet égard, la démocratie petite bourgeoise (populiste), chez nous, n’a pas fait beaucoup trop (comme le pensent les néo cadets Cent Noirs ou les Cent Noirs cadets des Vékhi [4] ), mais trop peu comparativement à l’Europe.

 


D’un autre côté, la tradition de la guerre bourgeoise contre la religion a créé en Europe une déformation spécifiquement bourgeoise de cette guerre par l’anarchisme, qui, comme les marxistes l’ont depuis longtemps et maintes fois expliqué, s’en tient à la conception bourgeoise du monde malgré toute la « rage » de ses attaques contre la bourgeoisie. Les anarchistes et les blanquistes des pays latins, Most (qui fut entre autres, l’élève de Dühring) et consorts en Allemagne, les anarchistes de 1880 et des années suivantes en Autriche, ont poussé jusqu’au nec plus ultra la phrase révolutionnaire dans la lutte contre la religion. Rien d’étonnant que maintenant les social démocrates européens prennent le contrepied des anarchistes. Cela se comprend et c’est légitime dans une certaine mesure ; mais nous autres, social démocrates russes, ne devons pas oublier les conditions historiques particulières de l’Occident.

 


En second lieu, en Occident, après la fin des révolutions bourgeoises nationales, après l’institution d’une liberté plus ou moins complète de conscience, la question de la lutte démocratique contre la religion a été, historiquement, refoulée au second plan par la lutte menée par la démocratie bourgeoise contre le socialisme, au point que les gouvernements bourgeois ont essayé à dessein de détourner du socialisme l’attention des masses en organisant une « croisade » pseudo libérale contre le cléricalisme. Le Kulturkampf en Allemagne et la lutte des républicains bourgeois contre le cléricalisme en France ont revêtu un caractère identique. L’anticléricalisme bourgeois, comme moyen de détourner l’attention des masses ouvrières du socialisme, voilà ce qui, en Occident, a précédé la diffusion, parmi les social démocrates, de leur actuelle « indifférence » envers la lutte contre la religion. Là encore cela se conçoit et c’est légitime, car à l’anticléricalisme bourgeois et bismarckien, les social démocrates devaient opposer précisément la subordination de la lutte contre la religion à la lutte pour le socialisme.

 


En Russie, les conditions sont tout autres. Le prolétariat est le chef de notre révolution démocratique bourgeoise. Son parti doit être le chef idéologique de la lutte contre toutes les pratiques moyenâgeuses, y compris la vieille religion officielle et toutes les tentatives de la rénover ou de lui donner une assise nouvelle, différente, etc. C’est pourquoi, si Engels corrigeait, en termes relativement doux, l’opportunisme des social démocrates allemands   qui substituaient à la revendication du parti ouvrier exigeant que l’Etat proclamât que la religion est une affaire privée, la proclamation de la religion comme affaire privée pour les social-démocrates eux mêmes et pour le parti social démocrate, on conçoit que la reprise de cette déformation allemande par les opportunistes russes aurait mérité une condamnation cent fois plus violente de la part d’Engels.

 


En proclamant du haut de la tribune parlementaire que la religion est l’opium du peuple, notre fraction a agi de façon parfaitement juste ; elle a créé de la sorte un précédent qui doit servir de base à toutes les interventions des social démocrates russes sur la question de la religion. Fallait il aller plus loin et développer plus à fond les conclusions athées ? Nous ne le croyons pas. Car cela menacerait de porter le parti politique du prolétariat à exagérer la lutte contre la religion ; cela conduirait à effacer la ligne de démarcation entre la lutte bourgeoise et la lutte socialiste contre la religion. La première tâche, dont la fraction social démocrate à la Douma Cent Noirs devait s’acquitter a été remplie avec honneur.

 


La deuxième, et à peu de chose près la plus importante pour la social démocratie, était d’expliquer le rôle social joué par l’Eglise et le clergé comme soutiens du gouvernement ultra réactionnaire et de la bourgeoisie dans sa lutte contre la classe ouvrière ; elle aussi a été accomplie avec honneur. Certes, il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, et les interventions ultérieures des social­-démocrates sauront trouver de quoi compléter le discours du camarade Sourkov ; mais il n’en reste pas moins que son discours a été excellent et sa diffusion par toutes les organisations qui le composent est du ressort direct de notre parti.

 


La troisième tâche consistait à expliquer de la façon la plus précise le sens exact de la thèse si souvent dénaturée par les opportunistes allemands : « proclamation de la religion affaire privée ». Cela, le camarade Sourkov ne l’a malheureusement pas fait. C’est d’autant plus regrettable que dans son activité précédente, la fraction avait déjà laissé passer l’erreur commise dans cette question par le camarade Bélooussov [5] , erreur qui a été relevée en son temps par le Prolétari . Les débats au sein du groupe montrent que la discussion sur l’athéisme a masqué à ses regards la nécessité d’exposer exactement la fameuse revendication qui veut que la religion soit proclamée affaire privée. Nous n’allons pas imputer cette erreur de toute la fraction au seul camarade Sourkov. Au contraire. Nous reconnaissons franchement que la faute est imputable à tout notre parti, qui n’avait pas suffisamment élucidé cette question, qui n’avait pas suffisamment fait pénétrer dans la conscience des social démocrates la portée de la remarque faite par Engels à l’adresse des opportunistes allemands. Les débats au sein de la fraction prouvent que c’était justement un manque de compréhension et non point l’absence du désir de tenir compte de la doctrine de Marx. Nous sommes sûrs que l’erreur sera redressée au cours des prochaines interventions du groupe.

 


Dans l’ensemble le discours du camarade Sourkov, nous insistons là dessus, est excellent et doit être répandu par toutes les organisations. La discussion de ce discours, au sein du groupe, a montré qu’il s’acquittait consciencieusement de son devoir social démocrate. Il reste à souhaiter que les comptes rendus des débats à l’intérieur de la fraction paraissent plus souvent dans la presse du parti pour rapprocher la fraction de ce dernier, pour montrer au parti le dur travail fait par la fraction dans son propre sein pour que l’unité idéologique s’établisse dans l’activité du parti et de son groupe parlementaire.

 

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Notes :


[1] K. Marx : « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel. » (Introduction).


[2] F. Engels : « Le programme des émigrés blanquistes de la Commune ».


[3] Voir F. Engels : Introduction à « La guerre civile en France ».


[4] « Vékhi » [Jalons], recueil édité par les cadets à Moscou à partir du printemps de 1909 ; il comprenait des articles de Berdiaev, Boulgakov, Strouvé, Herschensohn et autres représentants de la bourgeoisie libérale. Dans ces articles consacrés aux intellectuels russes, les auteurs tentaient de discréditer les traditions démocratiques révolutionnaires du mouvement de libération du peuple russe telles que les avaient fondées Biélinski, Tchernychevski, Dobrolioubov, Pissarev ; ils dénigraient le mouvement révolutionnaire de 1905 et remerciaient le gouvernement tsariste d’avoir sauvé la bourgeoisie « de la fureur du peuple grâce à ses baïonnettes et à ses prisons ». Lénine a donné une analyse critique, assortie d’un jugement politique, de ce recueil des cadets Cent Noirs, dans son article « A propos des Vékhi » (Œuvres, 4° éd. russe, t. 16, pp. 106-114).


[5] L’erreur du député Bélooussov consistait en ce que, lors de la discussion du budget du Synode à la séance de la III° Douma du 22 mars (4 avril) 1908 il avait déposé une proposition de passage au point suivant de l’ordre du jour, reconnaissant dans la religion « l’affaire privée de chaque personne privée ». L’insuffisance de cette formule avait été relevée dans l’éditorial du n° 28 du Prolétari du 2 (15) avril 1908.

 

Source:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm

 

 

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THE KILLING OF HISTORY

 

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THE KILLING OF HISTORY

21 September 2017

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The lone survivor of an all-women anti-aircraft battery

near Hanoi. Most were teenagers. (Photo: John Pilger 1975)

By John Pilger

One of the most hyped « events » of American television, The Vietnam War, has started on the PBS network. The directors are Ken Burns and Lynn Novick. Acclaimed for his documentaries on the Civil War, the Great Depression and the history of jazz, Burns says of his Vietnam films, « They will inspire our country to begin to talk and think about the Vietnam war in an entirely new way ».

In a society often bereft of historical memory and in thrall to the propaganda of its « exceptionalism », Burns’ « entirely new » Vietnam war is presented as « epic, historic work ». Its lavish advertising campaign promotes its biggest backer, Bank of America, which in 1971 was burned down by students in Santa Barbara, California, as a symbol of the hated war in Vietnam.

Burns says he is grateful to « the entire Bank of America family » which « has long supported our country’s veterans ».  Bank of America was a corporate prop to an invasion that killed perhaps as many as four million Vietnamese and ravaged and poisoned a once bountiful land. More than 58,000 American soldiers were killed, and around the same number are estimated to have taken their own lives.

I watched the first episode in New York. It leaves you in no doubt of its intentions right from the start. The narrator says the war « was begun in good faith by decent people out of fateful misunderstandings, American overconfidence and Cold War misunderstandings ».

The dishonesty of this statement is not surprising. The cynical fabrication of « false flags » that led to the invasion of Vietnam is a matter of record – the Gulf of Tonkin « incident » in 1964, which Burns promotes as true, was just one. The lies litter a multitude of official documents, notably the Pentagon Papers, which the great whistleblower Daniel Ellsberg released in 1971.

There was no good faith. The faith was rotten and cancerous. For me – as it must be for many Americans – it is difficult to watch the film’s jumble of « red peril » maps, unexplained interviewees, ineptly cut archive and maudlin American battlefield sequences.

In the series’ press release in Britain – the BBC will show it – there is no mention of Vietnamese dead, only Americans. « We are all searching for some meaning in this terrible tragedy, » Novick is quoted as saying.  How very post-modern.

All this will be familiar to those who have observed how the American media and popular culture behemoth has revised and served up the great crime of the second half of the twentieth century: from The Green Berets and The Deer Hunter to Rambo and, in so doing, has legitimised subsequent wars of aggression. The revisionism never stops and the blood never dries. The invader is pitied and purged of guilt, while « searching for some meaning in this terrible tragedy ». Cue Bob Dylan: « Oh, where have you been, my blue-eyed son? »

I thought about the « decency » and « good faith » when recalling my own first experiences as a young reporter in Vietnam: watching hypnotically as the skin fell off Napalmed peasant children like old parchment, and the ladders of bombs that left trees petrified and festooned with human flesh. General William Westmoreland, the American commander, referred to people as « termites ».

In the early 1970s, I went to Quang Ngai province, where in the village of My Lai, between 347 and 500 men, women and infants were murdered by American troops (Burns prefers « killings »). At the time, this was presented as an aberration: an « American tragedy » (Newsweek ). In this one province, it was estimated that 50,000 people had been slaughtered during the era of American « free fire zones ». Mass homicide. This was not news.

To the north, in Quang Tri province, more bombs were dropped than in all of Germany during the Second World War. Since 1975, unexploded ordnance has caused more than 40,000 deaths in mostly « South Vietnam », the country America claimed to « save » and, with France, conceived as a singularly imperial ruse.

The « meaning » of the Vietnam war is no different from the meaning of the genocidal campaign against the Native Americans, the colonial massacres in the Philippines, the atomic bombings of Japan, the levelling of every city in North Korea. The aim was described by Colonel Edward Lansdale, the famous CIA man on whom Graham Greene based his central character in The Quiet American.

Quoting Robert Taber’s The War of the Flea, Lansdale said, « There is only one means of defeating an insurgent people who will not surrender, and that is extermination. There is only one way to control a territory that harbours resistance, and that is to turn it into a desert. »

Nothing has changed. When Donald Trump addressed the United Nations on 19 September – a body established to spare humanity the « scourge of war » – he declared he was « ready, willing and able » to « totally destroy » North Korea and its 25 million people. His audience gasped, but Trump’s language was not unusual.

His rival for the presidency, Hillary Clinton, had boasted she was prepared to « totally obliterate » Iran, a nation of more than 80 million people. This is the American Way; only the euphemisms are missing now.

Returning to the US, I am struck by the silence and the absence of an opposition – on the streets, in journalism and the arts, as if dissent once tolerated in the « mainstream » has regressed to a dissidence: a metaphoric underground.

There is plenty of sound and fury at Trump the odious one, the « fascist », but almost none at Trump the symptom and caricature of an enduring system of conquest and extremism.

Where are the ghosts of the great anti-war demonstrations that took over Washington in the 1970s? Where is the equivalent of the Freeze Movement that filled the streets of Manhattan in the 1980s, demanding that President Reagan withdraw battlefield nuclear weapons from Europe?

The sheer energy and moral persistence of these great movements largely succeeded; by 1987 Reagan had negotiated with Mikhail Gorbachev an Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty (INF) that effectively ended the Cold War.

Today, according to secret Nato documents obtained by the German newspaper, Suddeutsche Zetung, this vital treaty is likely to be abandoned as « nuclear targeting planning is increased ». The German Foreign Minister Sigmar Gabriel has warned against « repeating the worst mistakes of the Cold War… All the good treaties on disarmament and arms control from Gorbachev and Reagan are in acute peril. Europe is threatened again with becoming a military training ground for nuclear weapons. We must raise our voice against this. »

But not in America. The thousands who turned out for Senator Bernie Sanders’ « revolution » in last year’s presidential campaign are collectively mute on these dangers. That most of America’s violence across the world has been perpetrated not by Republicans, or mutants like Trump, but by liberal Democrats, remains a taboo.

Barack Obama provided the apotheosis, with seven simultaneous wars, a presidential record, including the destruction of Libya as a modern state. Obama’s overthrow of Ukraine’s elected government has had the desired effect: the massing of American-led Nato forces on Russia’s western borderland through which the Nazis invaded in 1941.

Obama’s « pivot to Asia » in 2011 signalled the transfer of the majority of America’s naval and air forces to Asia and the Pacific for no purpose other than to confront and provoke China. The Nobel Peace Laureate’s worldwide campaign of assassinations is arguably the most extensive campaign of terrorism since 9/11.

What is known in the US as « the left » has effectively allied with the darkest recesses of institutional power, notably the Pentagon and the CIA, to see off a peace deal between Trump and Vladimir Putin and to reinstate Russia as an enemy, on the basis of no evidence of its alleged interference in the 2016 presidential election.

The true scandal is the insidious assumption of power by sinister war-making vested interests for which no American voted. The rapid ascendancy of the Pentagon and the surveillance agencies under Obama represented an historic shift of power in Washington. Daniel Ellsberg rightly called it a coup. The three generals running Trump are its witness.

All of this fails to penetrate those « liberal brains pickled in the formaldehyde of identity politics », as Luciana Bohne noted memorably. Commodified and market-tested, « diversity » is the new liberal brand, not the class people serve regardless of their gender and skin colour: not the responsibility of all to stop a barbaric war to end all wars.

« How did it fucking come to this? » says Michael Moore in his Broadway show, Terms of My Surrender, a vaudeville for the disaffected set against a backdrop of Trump as Big Brother.

I admired Moore’s film, Roger & Me, about the economic and social devastation of his hometown of Flint, Michigan, and Sicko, his investigation into the corruption of healthcare in America.   

The night I saw his show, his happy-clappy audience cheered his reassurance that « we are the majority! » and calls to « impeach Trump, a liar and a fascist! » His message seemed to be that had you held your nose and voted for Hillary Clinton, life would be predictable again.

He may be right. Instead of merely abusing the world, as Trump does, the Great Obliterator might have attacked Iran and lobbed missiles at Putin, whom she likened to Hitler: a particular profanity given the 27 million Russians who died in Hitler’s invasion.

« Listen up, » said Moore, « putting aside what our governments do, Americans are really loved by the world! »

There was a silence.

http://johnpilger.com/articles/the-killing-of-history

Note du camarade Do, sur son site VLR :

La photo qui illustre le paquet contenant les 3 DVD de propagande pro-américaine montre bien le but de cette série : le Vietnamien est le reflet de l’américain, ils sont donc à égalité dans la saloperie, les tords sont soit-disant partagés. Cependant, si le vietnamien Marche sur la tête, l’américain se tient bien droit sur ses pieds, donnant ainsi finalement raison à l’impérialisme américain.

Il s’agit avant tout de faire oublier que ce ne sont pas les Vietnamiens qui ont bombardé l’Amérique du Nord mais les Américains qui ont bombardé le Nord-Vietnam avec des bombes, du napalm et des dioxines renommées « agent orange » par leur fabriquant Monsanto, .

« On » essaie de nous faire croire aussi qu’Ho Chi Min était une ordure, ce qui est évidemment faux, puisque si c’était vrai il n’aurait jamais été rejoint par l’ensemble du peuple Vietnamien pour gagner cette horrible guerre impérialiste américaine.

http://mai68.org/spip2/spip.php?article767

 

Là où

le

Complotisme

a

commencé…

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why 1&1..

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WHY 3

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WHY 4

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And so on …

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1917-2017 …Centenaire Révolutionnaire !! …Octobre vu de Russie …et vu d’ici !! (Nouvelle édition)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En cette année 2017, en Octobre,

la Russie Soviétique aurait pu avoir 100 ans…

Les capitalistes occidentaux ont réussi à persuader leurs peuples que l’URSS fut un échec d’un bout à l’autre, comme modèle de développement…

Alors que potentiellement, lors de sa dissolution, en 1991, elle était encore la seconde puissance mondiale.

Son effondrement devait être la «fin de l’histoire», la «libération des peuples de l’Est», le «développement économique par le capitalisme», etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non!

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

>>>Une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, l’URSS se releva à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «communistes», héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Les véritables communistes sont parfaitement conscients des légendes noires, mensonges et calomnies déversées par la bourgeoisie pendant des dizaines d’années sur leur propre histoire. Ils ne se contentent pas de proclamations nostalgiques mais tirent, dans un esprit critique constructif, les leçons utiles de l’histoire de l’édification de l’Union Soviétique, qui a rayonné un temps sur le tiers de la planète.

Leur but n’est pas de la reconstituer en l’état, mais de construire un nouveau projet d’alternative prolétarienne, à la fois digne du Grand Octobre et capable de répondre, en 2017, au chaos de la crise du capitalisme ainsi qu’à sa mascarade de démocratie, et notamment en Macronie !

« NOUS NE SOMMES RIEN ? SOYONS TOUT ! »

Eugène POTTIER – « L’Internationale »

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POUR DÉBATTRE D’UNE ALTERNATIVE POLITIQUE

ET ÉCONOMIQUE A LA CRISE!

Toutes les richesses créées, en biens et services socialement utiles, sont le fruit du travail, devenu précaire et de plus en plus mal payé, des forces vives productives qui sont la force essentielle de la société.

Leur fonction naturelle est de répondre aux besoins sociaux des travailleurs et de leurs familles.

Avec la crise, le fait qu’elles soient détournées au profit de l’accumulation du capital apparait de plus en plus flagrant.

Les besoins sociaux les plus élémentaires d’une part croissante de la population ne sont plus satisfaits, alors que prolifèrent les services et productions superfétatoires et de luxe, gaspillant les ressources de la planète.

Rendre aux forces productives vives leur fonction sociale première, c’est l’exigence de l’heure!

Dans ce but, il est nécessaire de rendre à chacun le pouvoir de s’y impliquer, en y participant par son travail, afin de recevoir en échange la juste part qui lui en revient, pour soi-même et sa famille.

8 points du débat de fond :

___1_Refonte complète des institutions politiques et de l’état, en donnant tout le pouvoir aux travailleurs, qui doivent être représentés par eux-mêmes et avoir le droit de révoquer leurs élus. Donner à la démocratie prolétarienne la direction de l’économie.
Électivité et révocabilité du personnel de l’appareil d’état (police, armée, justice, responsables administratifs).
Élus politiques, cadres et officiers, dont le salaire est ramené au salaire des ouvriers et ouvriers qualifiés, selon grade et responsabilités.
(Fourchette de 1 à 3)

__2_Créer un nouvel équilibre économique où les forces productives sont employées pour répondre aux besoins sociaux réels, et non à l’accumulation du capital. Cela seulement rendra possible le partage du travail entre tous, éliminant ainsi le chômage et la précarité.

L’avenir du mouvement social n’existe donc concrètement qu’autour des revendications pour un tel partage véritablement socialiste prolétarien du travail, impliquant la socialisation des moyens de production et des services essentiels.

__3_Recensement des besoins sociaux urgents actuellement non satisfaits, notamment en matière de logement et de santé.

__4_Recensement des forces productives disponibles et nécessaires à développer pour satisfaire ces besoins réels.

__5_Redéfinition d’un budget en équilibre, en base valeur-travail, entre ces forces productives et ces besoins.

__6_Redéfinition, dans cet équilibre, de la durée moyenne hebdomadaire de travail, nécessaire pour atteindre cet objectif.

__7_Réajustement, dans le cadre de cet équilibre, du SMIC à un niveau permettant d’accéder au moins à la satisfaction pour tous des besoins sociaux essentiels, notamment en matière de logement, éducation, culture, sport, etc…

__8_Prise en compte, dans cet équilibre, de l’effort collectif nécessaire aux objectifs de sécurité, de développement social et de solidarité.

Célébrons OCTOBRE !

tml-info@laposte.net

https://tribunemlreypa.wordpress.com/

Le texte en version PDF 21 x 29,7 recto-verso:

TRACT VF OCTOBRE

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SOURCE: 

Tribune Marxiste-Léniniste

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/22/1917-2017-centenaire-revolutionnaire-octobre-vu-de-russie-et-vu-dici-nouvelle-edition/

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ÉGALEMENT REPUBLIÉ SUR…

https://nousnesommesriensoyonstout.wordpress.com/2017/08/23/1917-2017-centenaire-revolutionnaire-octobre-vu-de-russie-et-vu-dici-nouvelle-edition/

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ET AUSSI SUR:

 

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/08/23/1917-2017-centenaire-revolutionnaire-octobre-vu-de-russie-et-vu-dici-nouvelle-edition/

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Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

Prix du pétrole :

Effondrement des cours

et effondrement d’une théorie

pseudo « marxiste-léniniste » !

L’effondrement récent des cours du brut, ces dernières années, a remis en lumière la capacité de l’impérialisme US à manipuler le cours des matières premières à l’échelle mondiale en vue de contrôler ses alliés, de neutraliser une partie importante de ses adversaires et de tenter d’en réduire d’autres brutalement à merci…

Aujourd’hui cette stratégie est largement utilisée contre la Russie de Poutine et le Vénézuéla de Maduro, entrainant néanmoins de fortes résistances.

La Russie a prouvé une capacité d’autonomisation économique déjà suffisante pour imposer aux USA de renouveler et d’augmenter les « sanctions économiques » déjà établies en vue d’affaiblir ce pays.

Cette stratégie n’est pas nouvelle, et avait déjà été un des facteurs aboutissant à l’effondrement de l’URSS dans la deuxième moitié des années 80.

Elle repose sur un axe USA-Arabie Saoudite où ce dernier pays fait en apparence le « sacrifice » provisoire de ses marges extensives sur le prix du baril… En réalité c’est précisément le caractère extensif de ces marges par rapport à ses coûts de production réduits, exceptionnellement bas du fait de ses facilités d’exploitation, qui lui permet de suivre son « allié », en réalité son suzerain, dans cette stratégie.

A terme la « perte » sera compensée par la reconquête de nouveaux marchés, perdus par certains producteurs faillis du fait de leurs coûts de production prohibitifs.

Impérialisme US et dumping commercial saoudien font, aujourd’hui comme hier, très bon ménage.

Aux USA eux-mêmes il peut y avoir une perte de revenus sur les ressources naturelles locales, du fait de ce « dumping », mais elle est largement compensée par la baisse des cours du brut à l’importation.

Les revenus de l’industrie US s’en trouvant même globalement améliorés, une bonne partie de leur « compétitivité » est retrouvée, à l’export, sur le marché mondial.

C’est précisément toute la différence entre une métropole impérialiste capable d’agir par le poids de sa finance mondialisée et une nation capitaliste « émergente » comme le Venezuela, la Russie ou d’autres, qui ont connu des sorts encore moins enviables !

Dans cette affaire la Chine se trouve relativement « neutralisée » vu qu’elle a elle-même besoin d’un cours des matières premières le plus bas possible, en vue de relancer ses exportations, également en berne, tout étant relatif…

On a déjà vu dans d’autres articles, plus approfondis sur le sujet, que son « développement » continue de dépendre de ses exportations, même s’il tend à s’autonomiser en tant que pôle financier, désormais exportateur de capitaux lui-même et donc maintenant le principal challenger impérialiste de l’expansionnisme US.

La seule pirouette, de pure façade, que la Chine puisse se permettre à ce propos, c’est de contraindre en plus la Russie à accepter de faire les transaction dans cette monnaie de singe qu’est le yuan chinois…

Malgré l’immensité des deux pays, le rapport de force est loin d’être égalitaire et l’ »amitié » n’est donc que de pure façade diplomatique, contrainte et forcée. Ce n’est pas un hasard si une partie de la défense stratégique russe est toujours orientée contre son « allié » chinois…

Pour fixer les idées, chacune des deux plus grandes grandes firmes US, Apple et Google, possède à elle seule un capital financier largement supérieur à la totalité du capital financier de la Russie…

Le rapport de proportion Chine/Russie, dans ce domaine, en milliards de dollars, tourne autour de 11000/ 300…

Le fait de présenter les BRICS comme une sorte d’ « alliance anti-impérialiste » relève soit de la duperie, soit de la farce, à moins qu’il ne relève de la complicité stipendiée avec l’impérialisme chinois…

C’est pourtant cette illusion grotesque que défendent divers groupements et tendances françaises se réclamant du « communisme », et même du « marxisme-léninisme » !!

Les BRICS ne sont que l’un des biais par lesquels l’impérialisme chinois tente de se créer une zone de suzeraineté sur un ensemble de vassaux, fondamentalement de la même manière que les USA ont créé la leur, même si avec plus de « diplomatie » dans la forme…

Une autre aberration, apparemment contradictoire, consiste, pour certains gauchistes, trotskystes, maoïstes, et également certains qui se prétendent « marxistes-léninistes », à présenter la Russie comme une puissance « impérialiste »…

Le fait que la Russie soit une nation capitaliste « émergente » et développe une certaine puissance militaire pour survivre n’en fait pas pour autant une puissance impérialiste, à moins de revoir complètement la définition léniniste de l’impérialisme, basée précisément sur la domination du capital financier.

Mais le comble du raffinement « théorique », pour ceux-ci qui se prétendent « marxistes-léninistes », est de chercher à prouver que le prétendu « impérialisme » russe actuel serait l’héritier direct d’un non moins prétendu « social-impérialisme soviétique », datant des dernières décennies de l’URSS…

Or, dans la dernière décennie de l’URSS, et en plein milieu, 1985, peu avant la plongée vers l’effondrement final, se trouve précisément le premier épisode de « contre-choc » pétrolier, c’est à dire de baisse brutale des cours du brut, déjà tout à fait orchestrée par l’axe USA-Arabie Saoudite, dans des conditions très similaires à l’actuelle, et qui a mis en lumière, dès cette époque, la dépendance de l’économie russe à l’égard de la rente pétrolière. Cette chute a également mis en lumière le fait que cette rente soit utilisée non seulement pour les besoins intérieurs de la Russie, mais également pour l’entretien dispendieux de sa zone d’influence, notamment sur l’Europe de l’Est, qui avait donc tout d’une coûteuse « danseuse » et rien d’une rente financière impérialiste telle que définie par Lénine dans son célèbre ouvrage…

Il en allait de même pour les rapports de l’URSS avec de nombreux pays du tiers-monde, et notamment avec Cuba.

Parler d’impérialisme ou de « social-impérialisme », à propos de la Russie et de l’URSS, c’est, aujourd’hui comme hier, un grossier déni du marxisme-léninisme.

Utilisée par les chinois dans leur propagande pseudo « marxiste-léniniste », et en réalité purement nationaliste et anti-soviétique, cette formule n’a abouti à rien d’autre qu’à leur collaboration avec l’impérialisme US.

Reprise par les albanais aux même fins nationalistes et isolationnistes, elle n’a abouti qu’au fiasco final de ce petit pays qui avait pourtant une capacité de résistance relativement extensive, du fait de ses ressources naturelles.

En URSS, la période « Brejnevienne », terminée en apparence avec la mort de Brejnev lui-même, se prolonge, en quelque sorte avec l’intermède gérontocratique Andopov-Tchernenko. C’est dans ce contexte instable en URSS que survient le « contre-choc » pétrolier, paralysant toute chance de nouveau développement économique de l’URSS, et même toute chance de survie, probablement.

Les « réformes » de Gorbatchev, à partir de 1985, ne feront qu’officialiser le retour à l’économie capitaliste déjà initié par les « réformes » de même nature de Khrouchtchev, dès la fin des années cinquante, en les amplifiant dans un sens ouvertement « libéral », déchainant une nouvelle vague d’accumulation primitive du capital de type maffieuse, mais incapable de relancer le développement global de l’activité économique.

Par comparaison, la période « brejnevienne », se caractérisant par une grande stabilité, comme corollaire de sa relative stagnation économique, est restée dans le souvenir de nombreux russes un peu comme celui de nos « trente glorieuses » en France…

Évidemment, cela n’a rien à voir avec la nature de classe du régime, considéré du point de vue de l’analyse marxiste-léniniste, et il n’y avait aucune illusion à ce sujet, pas plus que les Français ne pensent avoir vécu sous le « socialisme » des « trente glorieuses »…

Toutefois, les « acquis sociaux » de l’URSS étaient bel et bien un héritage lointain des conquêtes du socialisme et de la Révolution d’Octobre, même s’ils étaient, à ce moment précis, essentiellement entretenus par la rente pétrolière.

C’est pourquoi la nostalgie de l’URSS qui perdure actuellement et semble même étrangement se renouveler avec les générations, et cela même selon les observateurs occidentaux, qui n’y comprennent rien, présente un caractère ambigu où les souvenirs, la mémoire populaire des acquis, des faits historiques, de la victoire contre le fascisme, de la grandeur de l’URSS, jusque et y compris, à la veille de sa chute, tout cela se confond donc dans ce phénomène global de nostalgie populaire.

Pour autant de nombreux russes se penchent désormais sur leur propre histoire et cherchent à en démêler les arcanes à partir des documentations d’époque maintenant accessibles.

La seule période qui semble universellement exécrée est bien celle de Gorbatchev, qui a précipité, et semble-t-il, délibérément, le syndrome de la chute, par ses « réformes » aux effets désastreux et de toutes façons, absolument incontrôlables.

Bien évidemment, l’analyse historique marxiste-léniniste doit porter sur l’ensemble de la période soviétique pour en distinguer les différentes phases et leur nature de classe, mais elle ne peut se contenter de reprendre celles qui ont abouti aux formules inappropriées et grossièrement fausses de « social-impérialisme », qu’elles soient héritées de Chine ou d’Albanie.

Il s’avère pourtant évident qu’on ne peut pas à la fois parler de « social-impérialisme soviétique » et s’appuyer sur le fait que ce prétendu « empire » était entièrement dépendant de sa « rente pétrolière » pour sa survie économique, et surtout pour acheter une « paix sociale » à la manière du Vénézuela de Chavez-Maduro, aujourd’hui en faillite…

Aujourd’hui, pour tenter de redonner une certaine « actualité » à ces « théories », de prétendus « marxistes-léninistes » avancent ce mensonge grossier que la nostalgie russe pour l’URSS ne porterait que sur la période Lénine-Staline, et non sur l’ensemble. Même si les causes de cette nostalgie sont multiples et en grande partie confuses, le fait qu’elle soit globale est bien la réalité, que cela nous plaise ou non, et prétendre le contraire, c’est, notamment à l’occasion du centenaire d’Octobre, vouloir baser l’action d’agit-prop sur un mensonge  !

Cette attitude mensongère est à la fois grossièrement en contradiction avec le matérialisme dialectique et historique, avec le marxisme-léninisme, et avec le simple respect, du tant au peuple russe qu’au prolétariat français auquel ils prétendent s’adresser.

Alors que partir du niveau de conscience réel des masse populaires russes peut être un moyen, sinon de les faire avancer, ce qui appartient aux camarades russes eux-mêmes, du moins un moyen de faire avancer le niveau de conscience des masses prolétariennes et populaires françaises, et en partant de ce constat et en commençant à aborder la différenciation des périodes de l’histoire de l’URSS et leur signification.

C’est la démarche choisie et initiée par Tribune Marxiste-Léniniste,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/03/100-ans-apres-octobre-vu-par-les-russes/

même si elle est rejetée, aujourd’hui, tant par ceux qui restent dans l’optique anti-soviétique traditionnelle et/ou gauchisante que par ceux-là même qui avaient prétendu y participer au départ, au nom du Marxisme-Léninisme !!

Luniterre

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Prix du pétrole : Effondrement des cours et effondrement d’une théorie pseudo « marxiste-léniniste » !

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