anti-impérialisme

Centenaire d’Octobre: …vers un sursaut unitaire ??

 

Nouveau  sur   TML

 

 

 

 

Centenaire d’Octobre:

 

 …vers un sursaut unitaire

 

du Mouvement ML en France?

 

 

 En préambule d’un de nos articles sur le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS, nous écrivions :

« Un siècle après Octobre, et à la veille de son centenaire, il semble impossible, même pour les communistes marxistes-léninistes, de le célébrer avec un minimum de consensus, sinon d’unité, sur sa signification et surtout, sur ses conséquences…

Le fait qu’Octobre ait ouvert une période de transformations sociales radicales en Russie et dans les pays qui allaient devenir l’Union Soviétique, c’est le seul point qui permette à tous ceux qui se réclament du communisme de pouvoir, à la rigueur, être d’accord avec la première phrase d’un texte sur le sujet, et encore, à condition de ne pas s’éloigner de considérations très générales…  »

 

Or il se trouve que les camarades d’un autre blog ML lyonnais, « Unité Communiste-Lyon », ont entrepris précisément une initiative qui semble répondre exactement à cette considération…

 

Proposer un communiqué unitaire s’en tenant à des considérations d’ordre le plus général possible sur le sujet « Centenaire d’Octobre » et avec lesquelles il est par conséquent à peu près impossible d’être en désaccord, à moins d’être sectaire au dernier degré dans l’échelle de la bêtise… !

 

Un autre blog, «Éditions Prolétariennes », en quelque sorte héritier et dépositaire des traces les plus anciennes du mouvement ML français depuis la fin des années 60, a également décidé d’apporter son soutien à cette initiative.

 

Pour qui connait aussi bien l’histoire du mouvement ML lyonnais ces dernières années, que l’histoire, plus ancienne, du courant principal dont les « Éditions Prolétariennes » sont en quelque sorte la succession, il n’est pas difficile de comprendre l’abime qui sépare nos analyses, aussi bien d’un côté que de l’autre…

 

Néanmoins, sur TML, nous apportons également notre soutien à cette initiative, dont les auteurs admettent eux-même qu’elle peut avoir un aspect presque naïf, à l’évidence, dans le contexte actuel.

 

Elle a plutôt, à notre sens, un aspect carrément idéaliste, dans tous les sens du terme, y compris d’un point de vue critique marxiste, mais il se trouve qu’elle correspond malgré tout à ce que le mouvement ML français est actuellement capable de produire de meilleur, le reste étant essentiellement l’expression du sectarisme, du dogmatisme, et encore plus souvent, de l’opportunisme social-chauvin, sinon une combinaison plus ou moins alambiquée de ces diverses tares… !

 

VOICI DONC , EN L’ÉTAT ACTUEL, republié sur TML, LE PROJET DE COMMUNIQUÉ PROPOSÉ PAR CES CAMARADES…

(A la suite les liens vers les sites parties prenantes, ainsi qu’un récapitulatif des principaux articles parus sur TML, concernant le centenaire d’Octobre et l’histoire de l’URSS.)

Centenaire d’Octobre:

…vers un sursaut unitaire ??

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/10/16/centenaire-doctobre-vers-un-sursaut-unitaire/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/08/train-sovietique-affiche.jpg?w=534&h=254

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Assassinat de Khadafi, démantèlement de la Libye, l’Afrique réclame justice devant la CPI

 

 

2011

L’intervention de Sarkozy en Libye :

Un crime

contre l’humanité !

 

Mort de Kadhafi : Sarkozy visé par une plainte pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité

 

 

Mort de Kadhafi : Sarkozy visé par une plainte pour crimes de guerre et crimes contre l'humanité

 

 

Une quinzaine d’associations africaines a déposé une plainte auprès de la CPI à La Haye contre l’ex-président français, Nicolas Sarkozy. Elles estiment qu’il est responsable de la mort de Mouammar Kadhafi et de la déstabilisation de l’Afrique.

Une quinzaine d’associations africaines viennent de déposer une plainte auprès de la Cour pénale internationale (CPI) contre l’ancien président de la République française, Nicolas Sarkozy. Elles soutiennent que l’ex-chef de l’Etat serait à l’origine de l’assassinat, en 2011, de Mouammar Kadhafi, l’ancien président de la Jamahiriya libyenne.

Le Balai Citoyen, association du Burkina Faso, Y’en a marre, basée au Sénégal ou encore Le Peuple n’en veut plus, de Guinée… quinze associations issues de différents pays africains ont saisi la CPI le 7 octobre. Elles accusent Nicolas Sarkozy d’avoir déclenché une opération militaire française en Libye avec entre autres objectifs celui de faire assassiner le colonel Kadhafi. Selon leur analyse, ce bouleversement politique, dont elles attribuent à Nicolas Sarkozy la responsabilité, serait à la base de la mort de 50 000 personnes et de désordres majeurs dans la région.

Le chanteur Tiken Jah Fakoly en porte-parole

Réunis à Bamako, au Mali, pour l’occasion du dépôt de la plainte, le week-end des 7 et 8 octobre, les représentants de ces associations se sont regroupés sous le nom de Front international des sociétés civiles panafricaines (Fispa) pour donner de la résonance à leur action en justice. Ils se sont choisis comme porte-parole le médiatique chanteur de reggae ivoirien, Tiken Jah Fakoly.

«Nous portons cette plainte contre Nicolas Sarkozy pour l’assassinat de Kadhafi parce que cela a des conséquences dramatiques et néfastes sur le continent africain, et sur les populations africaines», explique auprès de RFI le militant guinéen Elie Kamano, membre du Fispa. Il ne s’agit donc pas tant d’une démarche judiciaire que politique, qu’Elie Kamano n’hésite pas à qualifier de «combat».

La plainte, déposée pour crimes de guerre et crimes contre l’humanité par l’avocat du Fispa, doit désormais être examinée par la CPI. Si les membres du Fispa doutent que leur démarche aboutisse, ils estiment que cela permettra au moins de clarifier la situation. «Si la CPI ne réagit pas, cela veut dire qu’elle choisit ses clients», résume Tiken Jah Fakoly interrogé par RFI

La France a participé activement à l’intervention de l’OTAN en Libye, lancée en mars 2011, et qui a pris fin le 31 octobre de la même année, quelques jours après la mort de Mouammar Kadhafi, le 20 octobre 2011. Cette intervention militaire était initialement conçue comme un dispositif de protection des populations civiles, mais Vladimir Poutine, ainsi que d’autres personnalités, avaient estimé que les frappes sortaient du cadre de la résolution décidée par le Conseil de sécurité des Nations unies. L’opération de l’OTAN avait ainsi été qualifiée de «croisade» par le président russe.

Après la mort du colonel Kadhafi à Syrte dans des circonstances encore non élucidées, l’effondrement de l’Etat libyen a donné l’opportunité à Daesh de s’implanter en Libye. Depuis, outre les affrontements politiques et la partition du pays, la présence de groupes terroristes islamistes s’est accrue dans le pays.

 

https://francais.rt.com/international/44366-mort-kadhafi-sarkozy-vise-par-plainte-crimes-guerre-humanite

 

 

 

 

 

1917-2017 Octobre est là !! …Et si le bolchévisme était encore une idée neuve ?

NDLR: Cet article étant naturellement appelé à rester à la Une au moins pour toute la durée d’Octobre et Novembre, d’autres articles d’actu et études plus récentes se trouveront donc publiés à la suite…!!

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1917-2017

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Octobre

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est là !!

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Et si le bolchévisme

 

 

était encore

 

 

une idée neuve ?

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Célébrer Octobre, ce n’est pas célébrer n’importe quelle révolution…

C’est célébrer la première alternative au capitalisme enfin réalisée et construite durablement, sur une période et une étendue suffisamment vaste, à l’échelle d’un continent, et largement influente au delà, pour avoir marqué profondément l’histoire de l’humanité.

La question est donc de savoir si l’on veut se contenter de célébrer les « 10 jours qui ébranlèrent le monde », comme un événement folklorique sur lequel on peut broder n’importe quelle légende de circonstance, au gré des obsessions politiciennes intéressées des uns ou des autres, ou bien si l’on considère que cette voie ouverte vers le socialisme, durant plusieurs décennies, est une première tentative humaine d’envergure et qu’il y a des leçons positives à en tirer pour tenter et réussir une nouvelle…

La Révolution d’Octobre s’est réclamée du Marxisme, dans un premier temps, puis du Marxisme-Léninisme, par la suite, assez logiquement, compte tenu à la fois du rôle décisif de Lénine et de son œuvre dans cette période historique, et évidemment, de sa disparition prématurée.

Pourtant, dans cette commémoration, il ne s’agit pas de dépoussiérer les vieux livres, mais au contraire, de chercher à comprendre de quelle façon et dans quelles conditions concrètes les théories ont été mises à l’épreuve de la pratique.

C’est un regard critique sur l’histoire, simplement nécessaire pour déterminer quels sont nos critères d’évaluation.

Ce sont ces critères d’évaluation qui donneront le sens et la portée politique de notre célébration militante éventuelle.

Le fait que le marxisme et le marxisme-léninisme aient été l’idéologie officielle de la Russie Soviétique et de l’URSS sur toute sa durée est un fait qui ne peut pas être considéré de manière univoque, si l’on considère que le « marxisme-léninisme » est encore formellement l’idéologie officielle de la seconde puissance boursière et financière mondiale actuelle, la Chine…

C’est Marx lui-même, dans l’exposé de sa méthode, qui nous invite à considérer qu’on ne peut pas essentiellement juger d’une époque par ce qu’en disent les protagonistes eux-même…

«   De même qu’on ne juge pas un individu sur l’idée qu’il se fait de lui, de même on ne peut juger une telle époque de bouleversement sur sa conscience de soi ; il faut, au contraire, expliquer cette conscience par les contradictions de la vie matérielle, par le conflit qui existe entre les forces productives sociales et les rapports de production. »

Karl Marx Préface à la Contribution à la critique de l’économie politique, 1859.

C’est donc là encore une occasion utile de rappeler ce qui est un élément essentiel de sa méthode dialectique, à savoir la prépondérance du rôle des infrastructures, de la base sociale et économique, sur celui des superstructures, des institutions politiques, des idéologies, surtout «officielles »…

D’un point de vue communiste marxiste-léniniste Il est clair que le sens d’Octobre ne change pas, que ce soit au 99ème anniversaire, au 101ème ou n’importe quand, du reste, mais le 100ème, c’est bien une occasion incontournable de débats, de médiatisations diverses, dont il reste possible de faire, à l’occasion, une arme politique.

Et une telle arme politique n’a évidemment de sens que dans le contexte présent…

Tenter de porter, en quelque sorte, la parole d’Octobre parmi les masses prolétariennes c’est se confronter à la fois à l’image que le système a réussi à forger de cet événement historique et de ses conséquences, et à la réalité actuelle de la crise à laquelle les prolétaires sont eux-mêmes directement et quotidiennement confrontés.

L’image que le système renvoie de l’URSS, c’est aussi l’image qu’il renvoie de la Révolution d’Octobre, l’une étant inséparable de l’autre. Il est donc vain de vouloir célébrer dignement le centenaire d’Octobre sans rendre sa dignité à l’histoire de l’URSS.

Selon l’image qu’ont réussi à en populariser les médias occidentaux et la culture officielle du système capitaliste, l’URSS et l’ensemble du monde communiste sont vus comme une vaste prison qui se serait effondrée comme un château de carte.

C’est donc cette image d’un échec irrémédiable et irréversible de la première tentative de construction du socialisme prolétarien que la bourgeoisie a besoin de forger pour sa propre survie, car plus d’un quart de siècle après cet effondrement, elle n’a toujours pas résolu sa propre crise et se trouve confrontée à la nécessité d’en faire supporter les conséquences au prolétariat et à l’ensemble des couches populaires.

Et plus elle a besoin de durcir les conditions de vie de la majeure partie du corps social, et du prolétariat en premier lieu, et plus elle a besoin de cette image dégradée du socialisme, de l’URSS, et de la Révolution d’Octobre.

Or une telle image dégradée de la Russie Soviétique et de l’influence de l’URSS, ce n’est pas celle qu’en a conservé la mémoire populaire de ceux qui sont concernés en premier lieu, à savoir les Russes eux-même !

Selon l’Occident, l’effondrement de l’URSS devait être la «fin de l’histoire», la «libération des peuples de l’Est», le «développement économique par le capitalisme», etc…

Aujourd’hui, plus d’un quart de siècle après cette « libération », plus de 55% des Russes, même selon les instituts de sondage US, s’affirment nostalgiques de l’URSS, et Lénine et Staline y sont encore considérés parmi les chefs d’État russes les plus populaires, avec Poutine, alors que Gorbatchev et Eltsine sont carrément honnis, que cela « choque » l’Occident ou non!

Pourtant, le retour au pouvoir d’un parti communiste, même s’il en est d’influents, n’y semble pas imminent.

Gorbatchev, liquidateur de l’URSS en 1991, avait déjà depuis des années livré officiellement l’économie de son pays aux bandes maffieuses constituées par les gangs de racketteurs tout droit sortis des anciens goulags. C’était ce qu’il prétendait être la « perestroïka » (reconstruction) !! Parachevant cette ruine économique tragique et entraînant un appauvrissement généralisé de la population, sous l’ère Eltsine, ces gangs, les futurs « oligarques », se sont affrontés de manière sanglante pendant des années, jusqu’à ce que le clan Poutine, issu du KGB, prenne le dessus et impose son ordre, toujours en place, depuis 1999. Aujourd’hui, la Russie reste un état capitaliste «  émergent  », capable de défendre militairement son indépendance, mais d’une puissance financière à peu près équivalente à celle de l’Espagne, infiniment plus petite…

>>>Aujourd’hui la Russie Soviétique qui suscite la nostalgie n’est donc pas celle, dégénérée, de Gorbatchev, déjà ravagée depuis longtemps par le capitalisme, …mais bien celle qui est sortie de terre à l’issue de la Grande Révolution d’Octobre, il y a cent ans.

>>>Celle qui a émergé du néant, saignée à blanc par la 1ère guerre mondiale, puis par la guerre « civile », guerre soutenue en fait par toutes les puissances impérialistes occidentales, dont la France.

>>>Celle qui, dès 1917, organisait le pouvoir des Soviets, assemblées ouvrières et paysannes sur la société, alors que chez nous « démocratie » rime encore avec ploutocratie, oligarchie et surtout duperie !

>>>Celle qui, en 20 ans, est devenue, à partir d’un pays totalement ruiné, une puissance économique industrielle capable de résister à l’Allemagne Nazie, puissance dominante en Europe, et de la vaincre!

>>>Celle qui, une nouvelle fois ruinée par cet effort immense, s’est relevée à nouveau en quelques années, sans déchoir de son rang de deuxième puissance mondiale

Mais à partir de 1956, avec les « réformes économiques » de Khrouchtchev, en fait déjà un rétablissement déguisé du capitalisme, s’ouvrira une ère de stagnation économique et de recul social, parachevée sous la « perestroïka » de Gorbatchev.

Néanmoins, de nombreux acquis sociaux de la première période y ont longtemps perduré, et suffisamment pour que l’on puisse comprendre à la fois la nostalgie actuelle et la méfiance à l’égard des divers «communistes», héritiers de l’ère Gorbatchev, bien qu’ils fassent mine de s’en défendre et n’hésitent pas à se référer formellement à Lénine et à Staline pour tenter de récupérer leur prestige de leaders historiques.

Ce n’est pas là, comme on l’a vu, un point de vue réellement marxiste-léniniste, qui ne consiste pas à se contenter de proclamations nostalgiques, mais cherche à analyser ce qui se passe en profondeur, dans les infrastructures, aussi bien de la société capitaliste, pour comprendre sa crise actuelle, que de celle du socialisme, pour comprendre les causes de sa disparition, alors que l’URSS avait rayonné quasiment sur un tiers de la planète, à son apogée.

C’est pourquoi, si l’on sent bien, aujourd’hui, avec la crise chronique du capital, même avec ses quelques courtes périodes de « rebonds », en faits autant de sursauts stériles, que l’évolution de cette « civilisation » mondialisée, littéralement « contre nature », ne peut plus être que régressive, l’effacement brutal et spectaculaire du « continent socialiste » peut apparaître, lui aussi, comme l’engloutissement d’une autre civilisation, ce qu’il fut, pour partie, en réalité.

Pourtant, si l’on veut comparer historiquement le destin des sociétés et des civilisations, il faut rappeler que la bourgeoisie, apparue en tant que classe avec le tournant de l’an mille, a encore mis plus de huit siècles avant de s’imposer radicalement comme classe politiquement dominante, en France, malgré sa domination économique déjà progressivement acquise au cours des siècles et définitivement réaffirmée avec les prémisses de la révolution industrielle.

Là peut s’arrêter cette comparaison, car chaque mutation profonde de société a ses propres caractéristiques, à nulle autre pareille.

Néanmoins, les convulsions révolutionnaires, de la fin du XVIIIème siècle au début du XXème, montrent que ces processus de transformation ne sont pas linéaires, mais comportent des sauts brusques, des retours en arrière, des situations que l’on peut qualifier d’ »hybrides », etc…

De l’an mille à aujourd’hui, la bourgeoisie a constamment évolué, et tente de le faire encore, même si elle apparait comme en bout de course, dans ses possibilités de régler la crise…

Le prolétariat moderne, né avec la révolution industrielle, a déjà beaucoup changé, et change encore radicalement, sous l’effet de la « mondialisation », résultante de la domination impérialiste actuellement sans partage, autre qu’entre rapaces impérialistes eux-même, et sans résistance, autre que très locale ou très partielle.

Mais de même que la bourgeoisie tenait entre ses mains, depuis le cœur du moyen-âge, les clefs de l’avenir, c’est, aujourd’hui encore, et depuis son apparition en tant que classe industrielle, le prolétariat qui les détient, désormais.

Cela peut paraitre moins évident, aujourd’hui, en Occident, mais le prolétariat industriel mondial continue de croitre, et ici, l’extension du secteur tertiaire, combinée avec la paupérisation des classes moyennes et la marchandisation des services, crée, avec la crise, une nouvelle extension du prolétariat.

Au cours des trois derniers siècles, les plus grandes révolutions, bourgeoises comme prolétariennes, et presque simultanément dans certains cas, ont connu leurs lots d’épopées, de tragédies et d’errements, mais dans tous les cas, l’histoire est écrite par les vainqueurs.

Actuellement, c’est la bourgeoisie qui a nettement repris le dessus, à l’échelle mondiale, même si tout le monde comprend bien que cette « domination » repose sur les sables mouvants et boueux de sa propre crise.

Même dans ses tentatives vaines de raffermir sa base instable, la bourgeoisie n’en continue donc pas moins de proclamer haut et fort, et même d’autant plus fort, ses prétendues « valeurs éthiques », y comprit à grands renforts, précisément, de rappels « historiques », pourtant parfois nauséabonds, comme celui du colonialisme, puisant ses racines dans l’esclavagisme.

Et même si la bourgeoisie n’affirme pas plus vouloir rétablir l’esclavagisme que l’échafaud ou la guillotine, elle n’en continue pas moins à vouloir nous faire entonner ce couplet selon lequel un sang « impur » abreuve son sillon, qu’elle continue très concrètement et quasi quotidiennement d’irriguer , par ses opérations militaires aux quatre coins du monde.

Et lorsqu’elle prétend critiquer la « violence répressive » du bolchévisme elle omet de rappeler que sa propre survie ne tient qu’aux bains de sang et à la furia destructrice qu’elle impose régulièrement aux peuples du monde, et encore aujourd’hui, même si de façon plus « diffuse » que pendant les deux guerres mondiales.

Très récemment, dans la première phase de la campagne électorale française, on a vu ressurgir, derrière les costumes à 7000 euros pièce du « Très Honorable François Fillon », l’ombre de la « Françafrique », fer de lance néocolonialiste sanguinolent de notre « très démocratique » bourgeoisie française…

Rappelons en deux mots l’un des « exploits » les plus saillants de la dite « Françafrique », en 1994, en seulement 3 mois, le génocide rwandais a fait très « officiellement » 800 000 victimes, le plus souvent massacrées à la machette, jusque dans les églises… 800 000, et beaucoup plus, selon d’autres sources, peu suspectes de partialité:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Genocide-au-Rwanda-un-million-de-morts-en-100-jours-2014-04-10-1134203

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9nocide_des_Tutsis_au_Rwanda

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/24/1994-2017-collaboration-droite-gauche-un-heritage-sanglant-et-mortifere/

Même si cela reste regrettable et considérable, sur trente années, la répression politique en URSS « stalinienne » n’en a pas fait autant, selon les sources originales, telles qu’examinées à la loupe par les historiens chercheurs US, à l’ouverture des archives soviétiques…

Mais si les 800 000 morts du Rwanda ont à peine le droit à des procédures symboliques concernant leurs bourreaux directs, et pratiquement aucune, concernant les complices français des commanditaires du massacre, les malheureuses victimes de la répression en URSS se sont, elles, mystérieusement « multipliées », et de façon exponentielle, pour devenir 100 millions et plus, sous la plume des scribes médiatiques au service du capitalisme!

Et c’est, quotidiennement, cette armée de 100 millions de fantômes qui pilonne les consciences populaires, via les médias du système, à la moindre occasion où il est question de communisme ou d’URSS !!

Tandis que les amis de la « Françafrique » se taillent, eux, des costumes de luxe dans les dépouilles de leurs massacres.

Il ne s’agit justement pas, ici, d’ébaucher une sordide « échelle de valeur » entre les origines des victimes de l’histoire.

Les victimes du Génocide des Tutsis au Rwanda ont toutes autant droit à notre respect humain que les victimes des exécutions et massacres de la Grande Révolution Française, et tout autant que celles de la Révolution Soviétique.

Dans le cas du Rwanda, il s’agissait très « officiellement » d’une contre-révolution, mais quoi qu’il en soit, le but d’une révolution n’est jamais, fondamentalement, de massacrer ses ennemis. Il est d’abord et toujours de lutter contre une oppression, quelle qu’en soit la nature, et d’établir des rapports humains plus sociaux et plus justes.

Dans la Résistance, le but des Partisans n’était pas d’abord de tuer des allemands, mais de libérer le monde de la barbarie fasciste.

Rappelons encore, à cette occasion, que c’est à l’URSS et à ses Partisans, sur tout le continent eurasiatique, que l’on doit, et de loin, le plus gros effort et les plus grands sacrifices pour en finir avec le nazisme.

Or cette capacité de résistance n’est pas le fruit du hasard, mais bien l’héritage le plus direct du Grand Octobre!

Elle repose sur l’édification de la Russie Socialiste Soviétique, à partir d’un pays-continent complètement ruiné par la guerre de 1914-18 et les armées blanches, ensuite, elles-même soutenues directement par toutes les puissances impérialistes de l’Occident, au cours de la dite « Guerre Civile ».

C’est donc en à peine 20 ans qu’a surgi  de ce champ de ruines la puissance socialiste soviétique avec la capacité de défaire le nazisme, première puissance capitaliste industrielle européenne.

Non seulement il est donc impossible de parler d’échec du socialisme et de la Révolution d’Octobre, mais c’est ce sursaut de la volonté créatrice de tout un peuple, et du prolétariat russe à son avant-garde, qui doit être mis en valeur et en évidence comme le fait essentiel de cette histoire et la conséquence historique la plus importante de la Révolution d’Octobre. Même si cela n’empêche pas un regard historique critique et analytique.

Il est également notable que le même élan de reconstruction s’est reproduit après guerre, maintenant l’URSS au rang de très grande puissance mondiale, seule capable de tenir tête à l’impérialisme US, qui commence alors à étendre son emprise sur le reste du monde.

Si cette résistance anti-impérialiste a finalement été vaincue, ce n’est en réalité que par le retournement des fondamentaux économiques du socialisme, essentiellement opéré sous l’ère Khrouchtchev, et parachevé sous l’ère Gorbatchev. Un lent déclin de 35 ans, pour arriver à saper jusqu’à sa base l’héritage des générations héroïques d’Octobre!

Sans doute, en notre début de XXIème siècle, même si nous n’avons pas nécessairement besoin d’un tel développement exponentiel des forces productives, tel que celui de ces premières générations, mais de plus de démocratie et d’un développement respectueux de l’environnement, il n’en reste pas moins qu’en tirant les leçons utiles du socialisme prolétarien, pour en reprendre les fondamentaux économiques, il y a là l’alternative potentielle à la déchéance économique et sociale dans laquelle s’enfonce notre société « mondialisée ».

Qui peut le plus, peut le moins, et si l’Union Soviétique a su ressurgir plusieurs fois du néant où les agresseurs impérialistes et fascistes ont tenté de la plonger, il n’est donc pas douteux que le socialisme prolétarien puisse être la seule alternative efficace et incontournable à l’incapacité du capitalisme à produire un développement économique et social équilibré et harmonieux.

Remettre en lumière les fondamentaux de l’économie socialiste, c’est comprendre les lois économiques fondamentales qui se sont dégagées de la confrontation entre la théorie marxiste et sa mise en pratique sur le terrain.

Cela ne peut partir, même et surtout d’un point de vue marxiste, que de l’analyse des infrastructures de l’URSS et de leur évolution au fil de l’histoire de leur développement et des conflits entre les différents groupes de dirigeants qui ont agit sur cette évolution.

Partir de l’analyse des infrastructures de l’URSS, c’est aussi chercher à comprendre la cohérence entre les principes et lois économiques considérés utiles par les économistes soviétiques et la réalité sur le terrain, selon les époques.

 

Dans les années 20 le débat a porté sur l’articulation entre secteur privé et secteur d’État.

 

L’une des questions essentielles était de savoir ce que devenait la loi de la valeur, principe de base de l’économie classique et marxiste, et où s’arrêtait, éventuellement, son influence.

 

Une question liée de près à celle-ci était le rôle du marché comme régulateur, ou non, de l’équilibre des prix entre offre et demande.

Et donc, également, le rôle de l’intervention, plus ou moins autoritaire, de l’État sur la régulation des prix.

 

Autrement dit, il y a donc deux questions importantes à considérer en premier,

__la loi de la valeur

__la loi du marché

 

Et qui en amènent trois autres :

__leur interaction

__leurs domaines respectifs

__le rôle du plan

 

Ce débat, en réalité, et contrairement à ce que prétend l’historiographie la plus courante en France, tant « à gauche » qu’à droite, n’a pas suivi forcément les clivages de factions supposées « gauches » et « droites ».

 

Aussi bien Boukharine que Preobrajensky ont affirmé que le domaine d’influence de la loi de la valeur ne concernait plus le secteur socialiste et cela est resté largement l’opinion dominante jusqu’au lendemain de la seconde guerre mondiale.

On peut donc dire que l’influence « gauchiste », sur cette question, a prévalu dans la gestion du secteur d’État en général, puis dans celle du secteur socialiste, quasiment jusqu’à la préparation du XIXème Congrès, en 1952, où le débat à seulement commencé à prendre un tour nouveau.

 

Trotsky, quant à lui, tout en étant allié, en réalité uniquement tactiquement, avec l’ « opposition de gauche », a constamment défendu le rôle du marché comme régulateur, y compris pour le secteur d’État planifié. Incidemment, ce point de vue, clairement explicité par le trotskyste Michel Raptis, d’après les textes mêmes de son « maître-à-penser », c’est à dire de Trotsky lui-même, et qui consiste à considérer le marché comme régulateur, même dans l’économie capitaliste, c’est tout à fait le point de vue d’un économiste bourgeois, et non d’un marxiste…!

 

Trotsky, en ce sens, est le véritable précurseur du « réformisme » contre-révolutionnaire de Khrouchtchev. Dans ce cas, loi de la valeur et loi du marché interagissent exactement comme dans le régime capitaliste classique et la distinction entre secteur privé et secteur d’État tend à disparaître.

 

On a affaire, dans ce cas, et selon l’ouverture plus ou moins grande aux capitaux étrangers, à un vague « socialisme de marché » (type actuel>>>Chine) qui est en fait une forme de capitalisme plus ou moins « nationale » ou classique, voire comprador (« Zones économiques spéciales », en Chine).

 

Fort heureusement pour la survie de l’URSS, l’influence de Trotsky s’est considérablement réduite, dès le milieux des années 20, mais celle des économistes « de gauche » est restée prépondérante, même sous Boukharine.

 

A noter que, vers la fin des années 30, alors que l’URSS s’apprêtait à affronter l’Allemagne nazie, les trois, Boukharine, Preobrajensky, et Trotsky, se sont retrouvés sur les positions les plus droitistes de ce dernier, mais sans aucun succès, non plus, fort heureusement, non seulement pour l’URSS, mais aussi pour le reste du monde.

 

Néanmoins, à la veille de la seconde guerre mondiale, le débat n’était donc toujours pas tranché, et il faut considérer que la gestion de l’économie planifiée en a nécessairement souffert, malgré ses grands succès.

 

Il n’est pas douteux que des améliorations de gestion considérables auraient été possibles si la clarification avait pu avoir lieu au tournant des années 30.

 

Le XIXème Congrès de 1952 a donc enfin apporté un jour nouveau sur ces questions, et tranché, du reste, et même si à posteriori, la question de la relation entre secteur d’État socialiste et secteur privé.

 

Dans le secteur privé la relation Loi de la valeur/Loi du marché reste assez classique, mais l’État peut y intervenir pour contrôler les prix.

 

Dans la relation entre secteur socialiste et privé, le contrôle du plan, en plus de celui des prix, peut et doit intervenir. L’action des deux lois économiques y persiste, tout en étant très réduite.

 

Dans le secteur socialiste, c’est la planification qui est la règle, et la Loi de la valeur peut et doit y être utilisée, de manière contrôlée, pour ajuster les prix en fonction de la valeur-travail, et donc pour arriver à un équilibre économique et budgétaire satisfaisant et conforme au plan.

 

L’influence de la Loi du marché, dans le secteur socialiste planifié, est, par contre, tout à fait exclue.

 

A l’époque du XIXème Congrès, le secteur privé a tout à fait disparu, mais les relations entre secteur d’État socialiste et secteur coopératif (kolkhozes), s’apparentent, du point de vue des principes économiques, aux relations entre secteur d’État et secteur privé.

 

Il y a donc persistance de l’interaction « valeur-travail/marché », dans ce domaine, même si largement contrôlé par l’État.

 

Et il y a encore également possibilité d’utiliser la loi de la valeur et la notion de valeur-travail, pour améliorer la gestion du secteur économique socialiste entièrement planifié, et où, par contre, l’influence de la loi du marché reste donc totalement exclue.

 

Néanmoins, dès 1953, prenant appui sur le retour partiel de la loi de la valeur, les révisionnistes khrouchtcheviens vont s’efforcer, et malheureusement avec succès, cette fois ci, de réintégrer la loi du marché à tous les niveaux.

 

C’est pourquoi il nous faut bien comprendre la ligne du XIXème Congrès, et l’utilisation marxiste enfin correcte qu’elle propose pour la Loi de la valeur et la valeur-travail, telle qu’abordée par Marx, pour la période de transition, dans la Critique du Programme de Gotha, cité par Staline, du reste, dans son ouvrage de préparation à ce Congrès.

 

Ces principes économiques sont également les principes fondamentaux rappelés par Lénine, en Septembre 1917, au Chapitre 5, consacré à ce sujet, dans son ouvrage L’État et la Révolution.

Loin d’être contradictoires avec les mesures proposées pour le capitalisme d’État en 1918, et mises en œuvres plus tard, avec la NEP, en 1921, il en sont le complément indispensable, pour l’interaction entre les deux secteurs, selon le schéma résumé ci-dessus.

 

Certainement difficile à mettre en œuvre dans les conditions concrètes de l’époque, l’utilisation de ces principes, autour de la valeur-travail, est aujourd’hui potentiellement grandement facilitée avec les méthodes modernes de gestion informatique, qui permettent, en outre, l’exercice d’une démocratie participative directe, également grandement facilitée.

 

Cela peut et doit être notre guide, dans l’élaboration d’un nouveau programme communiste, pour la phase de transition de notre époque, en lien avec les masses prolétariennes et populaires.

A partir des leçons d’Octobre, avancer l’ébauche d’un tel programme et la populariser comme thème du débat public, c’est l’un des travaux essentiels de recherche, d’analyse, et en fin de compte, d’agit-prop,  que doivent faire les marxistes-léninistes du XXIème siècle, à l’occasion de ce centenaire, et que nous pouvons considérer comme un élément de la Révolution du Retour au Réel!

 

Si nous savons les comprendre dans leur dimension historique et dans leur actualité, c’est à dire, sans dogmatisme, nous pouvons faire en sorte que les idées du XIXème Congrès, dernier Congrès du Parti Bolchévique, soient un point de départ pour faire le bilan de l’expérience soviétique et en tirer enfin les leçons vraiment utiles pour notre époque. Considéré ainsi, d’un point de vue vraiment marxiste, le bolchévisme est, plus que jamais, une idée neuve !

 

 Lucien LUNITERRE

Pierre GRINDSABLE

Sur le Centenaire d’Octobre

et l’histoire de l’URSS,

une liste de liens

vers des articles de fond,

des débats, des documents :

Sous forme d’articles de fond :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/18/doctobre-a-la-chute-de-lurss-problematique-du-rapport-de-force-et-de-la-superstructure/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/14/un-siecle-apres-la-revolution-doctobre-1917-comprendre-lhistoire-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/06/de-la-nature-de-classe-de-la-contre-revolution-khrouchtchevienne-nouveau-debat-avec-locf/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/05/prix-du-petrole-effondrement-des-cours-et-effondrement-dune-theorie-pseudo-marxiste-leniniste/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/15/de-juillet-a-octobre-ou-comment-la-petite-bourgeoisie-voit-les-revolutions/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

 

 

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Sur les origines maffieuses anciennes de la classe actuelle des « oligarques » russes, voir :

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2017/10/lenfer-des-gangs-de-la-fin-de-lurss-a-la-russie-actuelle.pdf

 

 

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Sous forme de débats :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/23/rouge-a-levres-bas-nylon-et-philo-du-diamat-ou-letrange-suite-dun-debat-sur-leconomie-sovietique/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/21/ce-que-javoue-franchement-et-revendique-meme-sans-le-moindre-detour/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/20/retour-sur-les-mensonges-du-rcc-chb-a-propos-de-lhistoire-economique-de-lurss/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/16/heritiers-doctobre-quelques-elements-au-debat/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/26/que-faire-doctobre-elements-du-debat-sur-le-blog-vlr/

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Documents et études de documents :

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/01/rapport-jdanov-1947-un-message-dalexandra-kollontai/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/08/17/heritage-doctobre-sur-le-front-anti-imperialiste-encore-du-lenine-sans-poussiere/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

http://michel.delord.free.fr/jstal-probecosoc.pdf

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/29/e-ou-a-une-seule-lettre-peut-elle-changer-le-cours-de-lhistoire/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/en-provenance-presque-directe-des-archives-russes-le-texte-original-de-preobrajensky/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/20/histoire-de-leconomie-sovietique-preobrajensky-le-chainon-manquant/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/10/01/lenine-un-laic-toujours-dactu/

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Sur des sujets connexes :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/09/07/marx-marxisme-cui-bono/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/07/02/marx-capital-iii-9-et10-note-de-lecture-en-marge-de-trotsky-contre-marx/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/17/trotsky-contre-marx-1-objet-et-pertinence-du-propos/

https://tribunemlreypa.files.wordpress.com/2016/09/marx-au-banc-dessai-de-lhistoire_vf.pdf

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

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L’URSS en musique… !

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/05/09/журавли-et-autres-chansons-du-regiment-immortel-a-lyon-venissieux-ce-8-mai-2017/

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Où en est l’Amérique… Et comment nous y allons…!!

 

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Où en est l’Amérique

Et comment nous y allons…!!

(+Vidéo)

There Are Large Parts Of America Being Left Behind…

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(Version française)

Précarisation US : 4,3% de chômeurs… mais 53,4% d’Américains précarisés !

On s’en doutait un peu, mais ça va mieux en le démontrant : selon un rapport de The Economic Innovation Group, la précarisation économique de la population américaine ne cesse de s’aggraver et de s’étendre.

Ce rapport, intitulé « Distressed communities », a évalué la situation économique de la population américaine selon sept critères :

  • absence de diplôme d’études secondaires
  • taux d’inoccupation des logements
  • adultes sans emploi
  • taux de pauvreté
  • revenu médian
  • évolution de l’emploi
  • changement dans les établissements d’affaires

Quatre constats impitoyables

  1. la répartition géographique entre les précaires (distressed), ceux qui sont en voie de le devenir (at risk to mid-tier) et ceux qui sont à l’abri du besoin (comfortable) est irrégulière, mais manifeste :
Répartition géographique de la richesse aux États-Unis
Répartition géographique de la richesse (ou de la pauvreté !) aux États-Unis

2. La précarisation des populations américaines a énormément augmenté depuis 2000.

Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000
Augmentation de la précarisation par États américains depuis 2000 (en pourcentage)

3. Le pourcentage de la population vivant en état de total détresse (distressed) diffèrent selon les États, mais peut atteindre des pourcentages impressionnants. Exemple : 43% des habitants de l’État du Mississipi sont en situation de détresse absolue.

Pourcentage de la population vivant en situation de détresse dans chaque État américain

4. 54,3% de la population des États-Unis est aujourd’hui en voie de précarisation ou en détresse. NB : vous constaterez la différence entre ce taux de précarisation et le taux officiel de chômage annoncé par les autorités américaines – 4,3% ! – ce qui en dit long sur la valeur du travail dans ce pays des « droits de l’homme ».

Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)
Répartition de la population selon la situation économique (en pourcentage)

=> Source de l’info : Zero Hedge

Source VF: https://yetiblog.org/usa-precarisation-population/

 

 

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(Vidéo-France)

 

MACRON OFFRE UNE PORSCHE À 280000 FRANÇAIS !

Macron offre une Porsche à 280000 Français ! Vraiment ? Et oui, le budget validé par Macron, c’est 92500 euros en plus pour les 1% des Français les plus riches en 5 ans. En moyenne, c’est 1500 euros en plus par mois en plus pour les plus riches, nous révèle un rapport d’Oxfam. L’Etat n’a plus d’argent ? Alors pourquoi ces cadeaux massifs ? Même le FMI dit qu’enrichir les plus riches maintenant DIMINUE la croissance, et c’est pourtant pas des critiques sévères…!

 

 

 

 

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Lénine, un laïc toujours d’actu !!

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Encore un texte lumineux

de Lénine ,

qui semble avoir été

spécialement écrit

pour nous aider à avancer

sur la voie du Socialisme,

par la construction

d’un Front unique, Laïc,

anti-impérialiste et anticapitaliste, 

 

 

 

 

Lénine

 

 De l’attitude du parti ouvrier

à l’égard de la religion

 13 Mai 1909

 

  Le discours que le député Sourkov a prononcé à la Douma d’Etat lors de la discussion du budget du synode, et les débats exposés ci après, qui se sont institués au sein de notre fraction parlementaire autour du projet de ce discours, ont soulevé une question d’une importance extrême et on ne peut plus actuelle. Il est hors de doute que l’intérêt pour tout ce qui touche à la religion s’est, aujourd’hui, emparé de larges sections de la « société » et a pénétré dans les milieux intellectuels proches du mouvement ouvrier, ainsi que dans certains milieux ouvriers.

 

La social démocratie [Essentiellement communiste, marxiste révolutionnaire, à l’époque! NDLR] se doit absolument d’intervenir pour faire connaître son point de vue en matière de religion.


La social démocratie fait reposer toute sa conception sur le socialisme scientifique, c’est à dire sur le marxisme. La base philosophique du marxisme, ainsi que l’ont proclamé maintes fois Marx et Engels, est le matérialisme dialectique qui a pleinement fait siennes les traditions historiques du matérialisme du XVIII° siècle en France et de Feuerbach (première moitié du XIX° siècle) en Allemagne, matérialisme incontestablement athée, résolument hostile à toute religion. Rappelons que tout l’ Anti Dühring d’Engels, dont le manuscrit a été lu par Marx, accuse le matérialiste et athée Dühring de manquer de fermeté idéologique dans son matérialisme, de ménager des biais à la religion et à la philosophie religieuse. Rappelons que dans son ouvrage sur Ludwig Feuerbach, Engels lui reproche d’avoir combattu la religion non pas dans le but de la détruire, mais dans celui de la replâtrer, d’inventer une religion nouvelle, « élevée », etc. « La religion est l’opium du peuple [1] . » Cette sentence de Marx constitue la pierre angulaire de toute la conception marxiste en matière de religion. Le marxisme considère toujours la religion et les églises, les organisations religieuses de toute sorte existant actuellement comme des organes de réaction bourgeoise, servant à défendre l’exploitation et à intoxiquer la classe ouvrière.

 

Et, cependant, Engels a condamné maintes fois les tentatives de ceux qui, désireux de se montrer « plus à gauche » ou « plus révolutionnaires » que les social démocrates, voulaient introduire dans le programme du parti ouvrier la franche reconnaissance de l’athéisme en lui donnant le sens d’une déclaration de guerre à la religion. En 1874, parlant du fameux manifeste des réfugiés de la Commune, des blanquistes émigrés à Londres, Engels traite de sottise leur tapageuse déclaration de guerre à la religion ; il affirme qu’une telle déclaration de guerre est le meilleur moyen d’aviver l’intérêt pour la religion et de rendre plus difficile son dépérissement effectif. Engels impute aux blanquistes de ne pas comprendre que seule la lutte de classe des masses ouvrières, amenant les plus larges couches du prolétariat à pratiquer à fond l’action sociale, consciente et révolutionnaire, peut libérer en fait les masses opprimées du joug de la religion, et que proclamer la guerre à la religion, tâche politique du parti ouvrier, n’est qu’une phrase anarchique [2] . En 1877, dans l’Anti Dühring, s’attaquant violemment aux moindres concessions de Dühring philosophe à l’idéalisme et à la religion, Engels condamne avec non moins de force l’idée pseudo révolutionnaire de Dühring relative à l’interdiction de la religion dans la société socialiste. Déclarer une telle guerre à la religion, c’est, dit Engels, «être plus Bismarck que Bismarck lui même », c’est à dire reprendre la sottise de la lutte bismarckienne contre les cléricaux (la fameuse « lutte pour la culture », le Kulturkampf, c’est à dire la lutte que Bismarck mena après 1870 contre le Parti catholique allemand du Zentrum, au moyen de persécutions policières dirigées contre le catholicisme). Par cette lutte, Bismarck n’a fait que raffermir le cléricalisme militant des catholiques ; il n’a fait que nuire à la cause de la véritable culture, en mettant au premier plan les divisions religieuses, au lieu des divisions politiques, il a fait dévier l’attention de certaines couches de la classe ouvrière et de la démocratie, des tâches essentielles que comporte la lutte de classes et révolutionnaire, vers l’anticléricalisme le plus superficiel et le plus bourgeoisement mensonger. En accusant Dühring, qui désirait se montrer ultra révolutionnaire, de vouloir reprendre sous une autre forme cette même bêtise de Bismarck, Engels exigeait que le parti ouvrier travaillât patiemment à l’œuvre d’organisation et d’éducation du prolétariat, qui aboutit au dépérissement de la religion, au lieu de se jeter dans les aventures d’une guerre politique contre la religion [3] . Ce point de vue est entré dans la chair et dans le sang de la social démocratie allemande, qui s’est prononcé, par exemple, en faveur de la liberté pour les jésuites, pour leur admission en Allemagne, pour l’abolition de toutes mesures de lutte policière contre telle ou telle religion. « Proclamer la religion une affaire privée. » Ce point célèbre du programme d’Erfurt (1891) a consacré cette tactique politique de la social démocratie.

 


Cette tactique est devenue désormais routinière ; elle a engendré une nouvelle déformation du marxisme en sens inverse, dans le sens de l’opportunisme. On s’est mis à interpréter les principes du programme d’Erfurt en ce sens que nous, social démocrates, que notre parti considère la religion comme une affaire privée, que pour nous, social-démocrates, pour nous en tant que parti, la religion est une affaire privée. Sans engager une polémique ouverte contre ce point de vue opportuniste, Engels a jugé nécessaire, après 1890, de s’élever résolument contre lui, non sous forme de polémique, mais sous une forme positive. En effet, Engels, l’a fait sous la forme d’une déclaration qu’il a soulignée à dessein, disant que la social démocratie considère la religion comme une affaire privée en face de l’Etat, mais non envers elle même, non envers le marxisme, non envers le parti ouvrier.

 


Tel est le côté extérieur de l’histoire des déclarations de Marx et d’Engels en matière de religion. Pour ceux qui traitent le marxisme par dessous la jambe, pour ceux qui ne savent ou ne veulent pas réfléchir, cette histoire est un nœud d’absurdes contradictions et d’hésitations du marxis­me : une sorte de macédoine, si vous voulez savoir, d’athéisme « conséquent » et de « complaisances » pour la religion, une sorte de flottement « sans principes » entre la guerre r r révolutionnaire contre Dieu et le désir peureux de « se mettre à la portée » des ouvriers croyants, la crainte de les heurter, etc. Dans la littérature des phraseurs anar­chistes, on peut trouver nombre de réquisitoires de ce genre contre le marxisme.

 


Mais quiconque est un tant soit peu capable d’envisager le marxisme de façon sérieuse, de méditer ses principes philosophiques et l’expérience de la social démocratie internationale, verra aisément que la tactique du marxisme à l’égard de la religion est profondément conséquente et mûrement réfléchie par Marx et Engels ; que ce que les dilettantes ou les ignorants prennent pour des flottements n’est que la résultante directe et inéluctable du matérialisme dialectique. Ce serait une grosse erreur de croire que la « modération » apparente du marxisme à l’égard de la religion s’explique par des considérations dites « tactiques », comme le désir de « ne pas heurter », etc. Au contraire, la ligne politique du marxisme, dans cette question également, est indissolublement liée à ses principes philosophiques.

 


Le marxisme est un matérialisme. A ce titre il est aussi implacablement hostile à la religion que le matérialisme des encyclopédistes du XVIII° siècle ou le matérialisme de Feuerbach. Voilà qui est indéniable. Mais le matérialisme dialectique de Marx et d’Engels va plus loin que les encyclopédistes et Feuerbach en ce qu’il applique la philosophie matérialiste au domaine de l’histoire, au domaine des sciences sociales. Nous devons combattre la religion ; c’est l’a b c de tout le matérialisme et, partant, du marxisme. Mais le marxisme n’est pas un matérialisme qui s’en tient à l’a b c. Le marxisme va plus loin. Il dit : il faut savoir lutter contre la religion ; or, pour cela, il faut expliquer d’une façon matérialiste la source de la foi et de la religion des masses. On ne doit pas confiner la lutte contre la religion dans une prédication idéologique abstraite ; on ne doit pas l’y réduire ; il faut lier cette lutte à la pratique concrète du mouvement de classe visant à faire disparaître les racines sociales de la religion. Pourquoi la religion se maintient elle dans les couches arriérées du prolétariat des villes, dans les vastes couches du semi-prolétariat, ainsi que dans la masse des paysans ? Par suite de l’ignorance du peuple, répond le progressiste bourgeois, le radical ou le matérialiste bourgeois. Et donc, à bas la religion, vive l’athéisme, la diffusion des idées athées est notre tâche principale. Les marxistes disent : c’est faux. Ce point de vue traduit l’idée superficielle, étroitement bourgeoise d’une action de la culture par elle-même. Un tel point de vue n’explique pas assez complètement, n’explique pas dans un sens matérialiste, mais dans un sens idéaliste, les racines de la religion. Dans les pays capitalistes actuels, ces racines sont surtout sociales. La situation sociale défavorisée des masses travailleuses, leur apparente impuissance totale devant les forces aveugles du capitalisme, qui causent, chaque jour et à toute heure, mille fois plus de souffrances horribles, de plus sauvages tourments aux humbles travailleurs, que les événements exceptionnels tels que guerres, tremblements de terre, etc., c’est là qu’il faut rechercher aujourd’hui les racines les plus profondes de la religion. « La peur a créé les dieux. » La peur devant la force aveugle du capital, aveugle parce que ne pouvant être prévue des masses populaires, qui, à chaque instant de la vie du prolétaire et du petit patron, menace de lui apporter et lui apporte la ruine « subite », « inattendue », « accidentelle », qui cause sa perte, qui en fait un mendiant, un déclassé, une prostituée, le réduit à mourir de faim, voilà les racines de la religion moderne que le matérialiste doit avoir en vue, avant tout et par dessus tout, s’il ne veut pas demeurer un matérialiste primaire. Aucun livre de vulgarisation n’expurgera la religion des masses abruties par le bagne capitaliste, assujetties aux forces destructrices aveugles du capitalisme, aussi longtemps que ces masses n’auront pas appris à lutter de façon cohérente, organisée, systématique et consciente contre ces racines de la religion, contre le règne du capital sous toutes ses formes.

 


Est ce à dire que le livre de vulgarisation contre la religion soit nuisible ou inutile ? Non. La conclusion qui s’impose est tout autre. C’est que la propagande athée de la social­-démocratie doit être subordonnée à sa tâche fondamentale, à savoir : au développement de la lutte de classe des masses exploitées contre les exploiteurs.

 


Un homme qui n’a pas médité sur les fondements du matérialisme dialectique, c’est à dire de la philosophie de Marx et d’Engels, peut ne pas comprendre (ou du moins peut ne pas comprendre du premier coup) cette thèse. Comment cela ? Subordonner la propagande idéologique, la diffusion de certaines idées, la lutte contre un ennemi de la culture et du progrès qui sévit depuis des millénaires (à savoir la religion), à la lutte de classe, c’est à dire à la lutte pour des objectifs pratiques déterminés dans le domaine économique et politique ?

 


Cette objection est du nombre de celles que l’on fait couramment au marxisme ; elles témoignent d’une incompréhension totale de la dialectique marxiste. La contradiction qui trouble ceux qui font ces objections n’est autre que la vivante contradiction de la réalité vivante, c’est à dire une contradiction dialectique non verbale, ni inventée. Séparer par une barrière absolue, infranchissable, la propagande théorique de l’athéisme, c’est à dire la destruction des croyances religieuses chez certaines couches du prolétariat d’avec le succès, la marche, les conditions de la lutte de classe de ces couches, c’est raisonner sur un mode qui n’est pas dialectique ; c’est faire une barrière absolue de ce qui est une barrière mobile, relative, c’est rompre violemment ce qui est indissolublement lié dans la réalité vivante. Prenons un exemple. Le prolétariat d’une région ou d’une branche d’industrie est formé, disons, d’une couche de social démocrates assez conscients qui sont, bien entendu, athées, et d’ouvriers assez arriérés ayant encore des attaches au sein de la paysannerie, croyant en Dieu, fréquentant l’église ou même soumis à l’influence directe du prêtre de l’endroit qui, admettons, a entrepris de fonder une association ouvrière chrétienne. Supposons encore que la lutte économique dans cette localité ait abouti à la grève. Un marxiste est forcément tenu de placer le succès du mouvement de grève au premier plan, de réagir résolument contre la division des ouvriers, dans cette lutte, entre athées et chrétiens, de combattre résolument cette division. Dans ces circonstances, la propagande athée peut s’avérer superflue et nuisible, non pas du point de vue banal de la crainte d’effaroucher les couches retardataires, de perdre un mandat aux élections, etc., mais du point de vue du progrès réel de la lutte de classe qui, dans les conditions de la société capitaliste moderne, amènera les ouvriers chrétiens à la social démocratie et à l’athéisme cent fois mieux qu’un sermon athée pur et simple. Dans un tel moment, et dans ces conditions, le prédicateur de l’athéisme ferait le jeu du pope, de tous les popes, qui ne désirent rien autant que remplacer la division des ouvriers en grévistes et non grévistes par la division en croyants et incroyants. L’anarchiste qui prêcherait la guerre contre Dieu à tout prix, aiderait en fait les popes et la bourgeoisie (comme du reste les anarchistes aident toujours, en fait, la bourgeoisie). Le marxiste doit être un matérialiste, c’est à dire un ennemi de la religion, mais un matérialiste dialectique, c’est à dire envisageant la lutte contre la religion, non pas de façon spéculative, non pas sur le terrain abstrait et purement théorique d’une propagande toujours identique à elle même mais de façon concrète, sur le terrain de la lutte, de classe réellement en cours, qui éduque les masses plus que tout et mieux que tout. Le marxiste doit savoir tenir compte de l’ensemble de la situation concrète ; il doit savoir toujours trouver le point d’équilibre entre l’anarchisme et l’opportunisme (cet équilibre est relatif, souple, variable, mais il existe), ne tomber ni dans le « révolutionnarisme » abstrait, verbal et pratiquement vide de l’anarchiste, ni dans le philistinisme et l’opportunisme du petit bourgeois ou de l’intellectuel libéral, qui redoute la lutte contre la religion, oublie la mission qui lui incombe dans ce domaine, s’accommode de la foi en Dieu, s’inspire non pas des intérêts de la lutte de classe, mais d’un mesquin et misérable petit calcul : ne pas heurter, ne pas repousser, ne pas effaroucher, d’une maxime sage entre toutes : « Vivre et laisser vivre les autres », etc.

 


C’est de ce point de vue qu’il faut résoudre toutes les questions particulières touchant l’attitude de la social démocratie envers la religion. Par exemple, on pose souvent la question de savoir si un prêtre peut être membre du parti social démocrate. A cette question, on répond d’ordinaire par l’affirmative, sans réserve aucune, en invoquant l’expérience des partis social démocrates européens. Mais cette expérience est née non seulement de l’application du marxisme au mouvement ouvrier, mais aussi des conditions historiques particulières de l’Occident, inexistantes en Russie (nous parlons plus bas de ces conditions), de sorte qu’ici une réponse absolument affirmative est fausse. On ne saurait une fois pour toutes, et quelles que soient les conditions, proclamer que les prêtres ne peuvent être membres du parti social­-démocrate, mais on ne saurait davantage une fois pour toutes, faire jouer l’inverse. Si un prêtre vient à nous pour militer à nos côtés et qu’il s’acquitte consciencieusement de sa tâche dans le parti sans s’élever contre le programme du parti, nous pouvons l’admettre dans les rangs de la social démocratie, car la contradiction de l’esprit et des principes de notre programme avec les convictions religieuses du prêtre, pourrait, dans ces conditions, demeurer sa contradiction à lui, le concernant personnellement ; quant à faire subir à ses membres un examen pour savoir s’il y a chez eux absence de contradiction entre leurs opinions et le programme du parti, une organisation politique ne peut s’y livrer. Mais il va de soi qu’un cas analogue ne pourrait être qu’une rare exception même en Europe ; en Russie, à plus forte raison, il est tout à fait improbable. Et si, par exemple, un prêtre entrait au parti social démocrate et engageait à l’intérieur de ce parti, comme action principale et presque exclusive, la propagande active de conceptions religieuses, le parti devrait nécessairement l’exclure de son sein. Nous devons non seulement admettre, mais travailler à attirer au parti social-démocrate tous les ouvriers qui conservent encore la foi en Dieu ; nous sommes absolument contre la moindre injure à leurs convictions religieuses, mais nous les attirons pour les éduquer dans l’esprit de notre programme, et non pour qu’ils combattent activement ce dernier. Nous autorisons à l’intérieur du parti la liberté d’opinion, mais seulement dans certaines limites, déterminées par la liberté de tendances : nous ne sommes pas tenus de marcher la main dans la main avec les propagateurs actifs de points de vue écartés par la majorité du parti.

 


Autre exemple : peut on condamner à titre égal et en tout état de cause, les membres du parti social démocrate, pour avoir déclaré : « Le socialisme est ma religion » et pour avoir diffusé des points de vue conformes à cette déclaration ? Non. L’écart à l’égard du marxisme (et, partant, du socialisme) est ici incontestable, mais la portée de cet écart, son importance relative peuvent différer suivant les conditions. Si l’agitateur ou l’homme qui intervient devant la masse ouvrière s’exprime ainsi pour être mieux compris, pour amorcer son exposé, pour souligner avec plus de réalité ses opinions dans les termes les plus accessibles pour la masse inculte, c’est une chose. Si un écrivain commence à prêcher la « construction de Dieu » ou le socialisme constructeur de Dieu (dans le sens, par exemple, de nos Lounatcharski et consorts) c’en est une autre. Autant la condamnation, dans le premier cas, pourrait être une chicane ou même une atteinte déplacée à la liberté d’agitation, à la liberté des méthodes « pédagogiques », autant, dans le second cas, la condamnation par le parti est indispensable et obligatoire. La thèse « le socialisme est une religion » est pour les uns une forme de transition de la religion au socialisme, pour les autres, du socialisme à la religion.

 


Passons maintenant aux conditions qui ont donné lieu, en Occident, à l’interprétation opportuniste de la thèse « la religion est une affaire privée ». Evidemment, il y a là l’influence de causes générales qui enfantent l’opportunisme en général, comme de sacrifier les intérêts fondamentaux du mouvement ouvrier à des avantages momentanés. Le parti du prolétariat exige que l’Etat proclame la religion affaire privée, sans pour cela le moins du monde considérer comme une « affaire privée » la lutte contre l’opium du peuple, la lutte contre les superstitions religieuses, etc. Les opportunistes déforment les choses de façon à faire croire que le parti social démocrate tenait la religion pour une affaire privée !

 


Mais outre la déformation opportuniste ordinaire (qui n’a, pas du tout été élucidée dans les débats suscités par notre groupe parlementaire autour de l’intervention sur la religion), il est des conditions historiques particulières qui ont provoqué actuellement l’indifférence, si l’on peut dire, excessive, des social démocrates européens envers la question de la religion. Ces conditions sont de deux ordres. En premier lieu, la lutte contre la religion est la tâche historique de la bourgeoisie révolutionnaire ; et, en Occident, la démocratie bourgeoise, à l’époque de ses révolutions ou de ses attaques contre le féodalisme et les pratiques moyenâgeuses, a pour une bonne part rempli (ou tente de remplir) cette tâche. En France comme en Allemagne il y a une tradition de guerre bourgeoise contre la religion, engagée bien avant le socialisme (encyclopédistes, Feuerbach). En Russie, conformément aux conditions de notre révolution démocratique bourgeoise, cette tâche échoit presque entièrement elle aussi à la classe ouvrière. A cet égard, la démocratie petite bourgeoise (populiste), chez nous, n’a pas fait beaucoup trop (comme le pensent les néo cadets Cent Noirs ou les Cent Noirs cadets des Vékhi [4] ), mais trop peu comparativement à l’Europe.

 


D’un autre côté, la tradition de la guerre bourgeoise contre la religion a créé en Europe une déformation spécifiquement bourgeoise de cette guerre par l’anarchisme, qui, comme les marxistes l’ont depuis longtemps et maintes fois expliqué, s’en tient à la conception bourgeoise du monde malgré toute la « rage » de ses attaques contre la bourgeoisie. Les anarchistes et les blanquistes des pays latins, Most (qui fut entre autres, l’élève de Dühring) et consorts en Allemagne, les anarchistes de 1880 et des années suivantes en Autriche, ont poussé jusqu’au nec plus ultra la phrase révolutionnaire dans la lutte contre la religion. Rien d’étonnant que maintenant les social démocrates européens prennent le contrepied des anarchistes. Cela se comprend et c’est légitime dans une certaine mesure ; mais nous autres, social démocrates russes, ne devons pas oublier les conditions historiques particulières de l’Occident.

 


En second lieu, en Occident, après la fin des révolutions bourgeoises nationales, après l’institution d’une liberté plus ou moins complète de conscience, la question de la lutte démocratique contre la religion a été, historiquement, refoulée au second plan par la lutte menée par la démocratie bourgeoise contre le socialisme, au point que les gouvernements bourgeois ont essayé à dessein de détourner du socialisme l’attention des masses en organisant une « croisade » pseudo libérale contre le cléricalisme. Le Kulturkampf en Allemagne et la lutte des républicains bourgeois contre le cléricalisme en France ont revêtu un caractère identique. L’anticléricalisme bourgeois, comme moyen de détourner l’attention des masses ouvrières du socialisme, voilà ce qui, en Occident, a précédé la diffusion, parmi les social démocrates, de leur actuelle « indifférence » envers la lutte contre la religion. Là encore cela se conçoit et c’est légitime, car à l’anticléricalisme bourgeois et bismarckien, les social démocrates devaient opposer précisément la subordination de la lutte contre la religion à la lutte pour le socialisme.

 


En Russie, les conditions sont tout autres. Le prolétariat est le chef de notre révolution démocratique bourgeoise. Son parti doit être le chef idéologique de la lutte contre toutes les pratiques moyenâgeuses, y compris la vieille religion officielle et toutes les tentatives de la rénover ou de lui donner une assise nouvelle, différente, etc. C’est pourquoi, si Engels corrigeait, en termes relativement doux, l’opportunisme des social démocrates allemands   qui substituaient à la revendication du parti ouvrier exigeant que l’Etat proclamât que la religion est une affaire privée, la proclamation de la religion comme affaire privée pour les social-démocrates eux mêmes et pour le parti social démocrate, on conçoit que la reprise de cette déformation allemande par les opportunistes russes aurait mérité une condamnation cent fois plus violente de la part d’Engels.

 


En proclamant du haut de la tribune parlementaire que la religion est l’opium du peuple, notre fraction a agi de façon parfaitement juste ; elle a créé de la sorte un précédent qui doit servir de base à toutes les interventions des social démocrates russes sur la question de la religion. Fallait il aller plus loin et développer plus à fond les conclusions athées ? Nous ne le croyons pas. Car cela menacerait de porter le parti politique du prolétariat à exagérer la lutte contre la religion ; cela conduirait à effacer la ligne de démarcation entre la lutte bourgeoise et la lutte socialiste contre la religion. La première tâche, dont la fraction social démocrate à la Douma Cent Noirs devait s’acquitter a été remplie avec honneur.

 


La deuxième, et à peu de chose près la plus importante pour la social démocratie, était d’expliquer le rôle social joué par l’Eglise et le clergé comme soutiens du gouvernement ultra réactionnaire et de la bourgeoisie dans sa lutte contre la classe ouvrière ; elle aussi a été accomplie avec honneur. Certes, il y a encore beaucoup à dire sur ce sujet, et les interventions ultérieures des social­-démocrates sauront trouver de quoi compléter le discours du camarade Sourkov ; mais il n’en reste pas moins que son discours a été excellent et sa diffusion par toutes les organisations qui le composent est du ressort direct de notre parti.

 


La troisième tâche consistait à expliquer de la façon la plus précise le sens exact de la thèse si souvent dénaturée par les opportunistes allemands : « proclamation de la religion affaire privée ». Cela, le camarade Sourkov ne l’a malheureusement pas fait. C’est d’autant plus regrettable que dans son activité précédente, la fraction avait déjà laissé passer l’erreur commise dans cette question par le camarade Bélooussov [5] , erreur qui a été relevée en son temps par le Prolétari . Les débats au sein du groupe montrent que la discussion sur l’athéisme a masqué à ses regards la nécessité d’exposer exactement la fameuse revendication qui veut que la religion soit proclamée affaire privée. Nous n’allons pas imputer cette erreur de toute la fraction au seul camarade Sourkov. Au contraire. Nous reconnaissons franchement que la faute est imputable à tout notre parti, qui n’avait pas suffisamment élucidé cette question, qui n’avait pas suffisamment fait pénétrer dans la conscience des social démocrates la portée de la remarque faite par Engels à l’adresse des opportunistes allemands. Les débats au sein de la fraction prouvent que c’était justement un manque de compréhension et non point l’absence du désir de tenir compte de la doctrine de Marx. Nous sommes sûrs que l’erreur sera redressée au cours des prochaines interventions du groupe.

 


Dans l’ensemble le discours du camarade Sourkov, nous insistons là dessus, est excellent et doit être répandu par toutes les organisations. La discussion de ce discours, au sein du groupe, a montré qu’il s’acquittait consciencieusement de son devoir social démocrate. Il reste à souhaiter que les comptes rendus des débats à l’intérieur de la fraction paraissent plus souvent dans la presse du parti pour rapprocher la fraction de ce dernier, pour montrer au parti le dur travail fait par la fraction dans son propre sein pour que l’unité idéologique s’établisse dans l’activité du parti et de son groupe parlementaire.

 

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Notes :


[1] K. Marx : « Contribution à la critique de la philosophie du droit de Hegel. » (Introduction).


[2] F. Engels : « Le programme des émigrés blanquistes de la Commune ».


[3] Voir F. Engels : Introduction à « La guerre civile en France ».


[4] « Vékhi » [Jalons], recueil édité par les cadets à Moscou à partir du printemps de 1909 ; il comprenait des articles de Berdiaev, Boulgakov, Strouvé, Herschensohn et autres représentants de la bourgeoisie libérale. Dans ces articles consacrés aux intellectuels russes, les auteurs tentaient de discréditer les traditions démocratiques révolutionnaires du mouvement de libération du peuple russe telles que les avaient fondées Biélinski, Tchernychevski, Dobrolioubov, Pissarev ; ils dénigraient le mouvement révolutionnaire de 1905 et remerciaient le gouvernement tsariste d’avoir sauvé la bourgeoisie « de la fureur du peuple grâce à ses baïonnettes et à ses prisons ». Lénine a donné une analyse critique, assortie d’un jugement politique, de ce recueil des cadets Cent Noirs, dans son article « A propos des Vékhi » (Œuvres, 4° éd. russe, t. 16, pp. 106-114).


[5] L’erreur du député Bélooussov consistait en ce que, lors de la discussion du budget du Synode à la séance de la III° Douma du 22 mars (4 avril) 1908 il avait déposé une proposition de passage au point suivant de l’ordre du jour, reconnaissant dans la religion « l’affaire privée de chaque personne privée ». L’insuffisance de cette formule avait été relevée dans l’éditorial du n° 28 du Prolétari du 2 (15) avril 1908.

 

Source:

https://www.marxists.org/francais/lenin/works/1909/05/vil19090513.htm

 

 

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A l’ONU, une voix inattendue pour l’honneur et le bon sens, celle de la RPDC

 

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A l’occasion de sa première prise de parole à la tribune de l’ONU, Trump a carrément mis les pieds dans le plat en rappelant que les USA veulent, dans chacun des cas cités, un monde à leur botte !

 

Une manière à peine déguisée, de la part de Trump, de rappeler qu’un monde en réalité systématiquement à la botte de l’impérialisme US, c’est la véritable règle qu’il entend faire admettre à l’ONU !

Et tout cela en tentant encore de se présenter comme un « modèle » et comme le « champion » de la liberté dans le monde…

Mais pour ce qui concerne la RPDC, la « liberté », vue par les USA, c’est, en pratique, l’anéantissement, avec une menace affirmée de « destruction totale » !

Une quasi déclaration de guerre, qui ne pouvait pas rester sans une réponse diplomatique appropriée, rappelant ce que devrait être le véritable rôle de l’ONU.

La voici :

 

 

 

 

 

NDLR: Il ne s’agit pas ici d’apporter une caution à tel ou tel régime politique, vu que Trump s’en est également pris violemment à des pays aussi divers que le Vénézuela, l’Iran, etc…, mais simplement de rappeler ce que signifie le droit des nations et des peuples à disposer d’eux-même!

Pierre GRINDSABLE

 

SUR LE MÊME THÈME:

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/08/12/coree-solidarite-avec-la-resistance-de-la-rpdc/

https://frontdeslaics.wordpress.com/2017/07/05/de-la-station-f-a-la-station-r-reussite-de-la-resistance/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/04/18/agression-us-en-coree-le-point-de-la-situation-actuelle/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/27/en-reponse-a-un-ami-ecologiste-sur-le-nucleaire-militaire-coreen/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/03/01/debat-sur-le-nucleaire-coreen-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/19/a-lassaut-du-ciel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2016/02/21/a-lassaut-du-ciel-suite/

 

 

 

 

THE KILLING OF HISTORY

 

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THE KILLING OF HISTORY

21 September 2017

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The lone survivor of an all-women anti-aircraft battery

near Hanoi. Most were teenagers. (Photo: John Pilger 1975)

By John Pilger

One of the most hyped « events » of American television, The Vietnam War, has started on the PBS network. The directors are Ken Burns and Lynn Novick. Acclaimed for his documentaries on the Civil War, the Great Depression and the history of jazz, Burns says of his Vietnam films, « They will inspire our country to begin to talk and think about the Vietnam war in an entirely new way ».

In a society often bereft of historical memory and in thrall to the propaganda of its « exceptionalism », Burns’ « entirely new » Vietnam war is presented as « epic, historic work ». Its lavish advertising campaign promotes its biggest backer, Bank of America, which in 1971 was burned down by students in Santa Barbara, California, as a symbol of the hated war in Vietnam.

Burns says he is grateful to « the entire Bank of America family » which « has long supported our country’s veterans ».  Bank of America was a corporate prop to an invasion that killed perhaps as many as four million Vietnamese and ravaged and poisoned a once bountiful land. More than 58,000 American soldiers were killed, and around the same number are estimated to have taken their own lives.

I watched the first episode in New York. It leaves you in no doubt of its intentions right from the start. The narrator says the war « was begun in good faith by decent people out of fateful misunderstandings, American overconfidence and Cold War misunderstandings ».

The dishonesty of this statement is not surprising. The cynical fabrication of « false flags » that led to the invasion of Vietnam is a matter of record – the Gulf of Tonkin « incident » in 1964, which Burns promotes as true, was just one. The lies litter a multitude of official documents, notably the Pentagon Papers, which the great whistleblower Daniel Ellsberg released in 1971.

There was no good faith. The faith was rotten and cancerous. For me – as it must be for many Americans – it is difficult to watch the film’s jumble of « red peril » maps, unexplained interviewees, ineptly cut archive and maudlin American battlefield sequences.

In the series’ press release in Britain – the BBC will show it – there is no mention of Vietnamese dead, only Americans. « We are all searching for some meaning in this terrible tragedy, » Novick is quoted as saying.  How very post-modern.

All this will be familiar to those who have observed how the American media and popular culture behemoth has revised and served up the great crime of the second half of the twentieth century: from The Green Berets and The Deer Hunter to Rambo and, in so doing, has legitimised subsequent wars of aggression. The revisionism never stops and the blood never dries. The invader is pitied and purged of guilt, while « searching for some meaning in this terrible tragedy ». Cue Bob Dylan: « Oh, where have you been, my blue-eyed son? »

I thought about the « decency » and « good faith » when recalling my own first experiences as a young reporter in Vietnam: watching hypnotically as the skin fell off Napalmed peasant children like old parchment, and the ladders of bombs that left trees petrified and festooned with human flesh. General William Westmoreland, the American commander, referred to people as « termites ».

In the early 1970s, I went to Quang Ngai province, where in the village of My Lai, between 347 and 500 men, women and infants were murdered by American troops (Burns prefers « killings »). At the time, this was presented as an aberration: an « American tragedy » (Newsweek ). In this one province, it was estimated that 50,000 people had been slaughtered during the era of American « free fire zones ». Mass homicide. This was not news.

To the north, in Quang Tri province, more bombs were dropped than in all of Germany during the Second World War. Since 1975, unexploded ordnance has caused more than 40,000 deaths in mostly « South Vietnam », the country America claimed to « save » and, with France, conceived as a singularly imperial ruse.

The « meaning » of the Vietnam war is no different from the meaning of the genocidal campaign against the Native Americans, the colonial massacres in the Philippines, the atomic bombings of Japan, the levelling of every city in North Korea. The aim was described by Colonel Edward Lansdale, the famous CIA man on whom Graham Greene based his central character in The Quiet American.

Quoting Robert Taber’s The War of the Flea, Lansdale said, « There is only one means of defeating an insurgent people who will not surrender, and that is extermination. There is only one way to control a territory that harbours resistance, and that is to turn it into a desert. »

Nothing has changed. When Donald Trump addressed the United Nations on 19 September – a body established to spare humanity the « scourge of war » – he declared he was « ready, willing and able » to « totally destroy » North Korea and its 25 million people. His audience gasped, but Trump’s language was not unusual.

His rival for the presidency, Hillary Clinton, had boasted she was prepared to « totally obliterate » Iran, a nation of more than 80 million people. This is the American Way; only the euphemisms are missing now.

Returning to the US, I am struck by the silence and the absence of an opposition – on the streets, in journalism and the arts, as if dissent once tolerated in the « mainstream » has regressed to a dissidence: a metaphoric underground.

There is plenty of sound and fury at Trump the odious one, the « fascist », but almost none at Trump the symptom and caricature of an enduring system of conquest and extremism.

Where are the ghosts of the great anti-war demonstrations that took over Washington in the 1970s? Where is the equivalent of the Freeze Movement that filled the streets of Manhattan in the 1980s, demanding that President Reagan withdraw battlefield nuclear weapons from Europe?

The sheer energy and moral persistence of these great movements largely succeeded; by 1987 Reagan had negotiated with Mikhail Gorbachev an Intermediate-Range Nuclear Forces Treaty (INF) that effectively ended the Cold War.

Today, according to secret Nato documents obtained by the German newspaper, Suddeutsche Zetung, this vital treaty is likely to be abandoned as « nuclear targeting planning is increased ». The German Foreign Minister Sigmar Gabriel has warned against « repeating the worst mistakes of the Cold War… All the good treaties on disarmament and arms control from Gorbachev and Reagan are in acute peril. Europe is threatened again with becoming a military training ground for nuclear weapons. We must raise our voice against this. »

But not in America. The thousands who turned out for Senator Bernie Sanders’ « revolution » in last year’s presidential campaign are collectively mute on these dangers. That most of America’s violence across the world has been perpetrated not by Republicans, or mutants like Trump, but by liberal Democrats, remains a taboo.

Barack Obama provided the apotheosis, with seven simultaneous wars, a presidential record, including the destruction of Libya as a modern state. Obama’s overthrow of Ukraine’s elected government has had the desired effect: the massing of American-led Nato forces on Russia’s western borderland through which the Nazis invaded in 1941.

Obama’s « pivot to Asia » in 2011 signalled the transfer of the majority of America’s naval and air forces to Asia and the Pacific for no purpose other than to confront and provoke China. The Nobel Peace Laureate’s worldwide campaign of assassinations is arguably the most extensive campaign of terrorism since 9/11.

What is known in the US as « the left » has effectively allied with the darkest recesses of institutional power, notably the Pentagon and the CIA, to see off a peace deal between Trump and Vladimir Putin and to reinstate Russia as an enemy, on the basis of no evidence of its alleged interference in the 2016 presidential election.

The true scandal is the insidious assumption of power by sinister war-making vested interests for which no American voted. The rapid ascendancy of the Pentagon and the surveillance agencies under Obama represented an historic shift of power in Washington. Daniel Ellsberg rightly called it a coup. The three generals running Trump are its witness.

All of this fails to penetrate those « liberal brains pickled in the formaldehyde of identity politics », as Luciana Bohne noted memorably. Commodified and market-tested, « diversity » is the new liberal brand, not the class people serve regardless of their gender and skin colour: not the responsibility of all to stop a barbaric war to end all wars.

« How did it fucking come to this? » says Michael Moore in his Broadway show, Terms of My Surrender, a vaudeville for the disaffected set against a backdrop of Trump as Big Brother.

I admired Moore’s film, Roger & Me, about the economic and social devastation of his hometown of Flint, Michigan, and Sicko, his investigation into the corruption of healthcare in America.   

The night I saw his show, his happy-clappy audience cheered his reassurance that « we are the majority! » and calls to « impeach Trump, a liar and a fascist! » His message seemed to be that had you held your nose and voted for Hillary Clinton, life would be predictable again.

He may be right. Instead of merely abusing the world, as Trump does, the Great Obliterator might have attacked Iran and lobbed missiles at Putin, whom she likened to Hitler: a particular profanity given the 27 million Russians who died in Hitler’s invasion.

« Listen up, » said Moore, « putting aside what our governments do, Americans are really loved by the world! »

There was a silence.

http://johnpilger.com/articles/the-killing-of-history

Note du camarade Do, sur son site VLR :

La photo qui illustre le paquet contenant les 3 DVD de propagande pro-américaine montre bien le but de cette série : le Vietnamien est le reflet de l’américain, ils sont donc à égalité dans la saloperie, les tords sont soit-disant partagés. Cependant, si le vietnamien Marche sur la tête, l’américain se tient bien droit sur ses pieds, donnant ainsi finalement raison à l’impérialisme américain.

Il s’agit avant tout de faire oublier que ce ne sont pas les Vietnamiens qui ont bombardé l’Amérique du Nord mais les Américains qui ont bombardé le Nord-Vietnam avec des bombes, du napalm et des dioxines renommées « agent orange » par leur fabriquant Monsanto, .

« On » essaie de nous faire croire aussi qu’Ho Chi Min était une ordure, ce qui est évidemment faux, puisque si c’était vrai il n’aurait jamais été rejoint par l’ensemble du peuple Vietnamien pour gagner cette horrible guerre impérialiste américaine.

http://mai68.org/spip2/spip.php?article767

 

Là où

le

Complotisme

a

commencé…

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WHY 3

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WHY 4

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And so on …

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