anti-impérialisme

Solidarité avec la résistance anti-impérialiste en Iran !!

Solidarité avec la résistance

anti-impérialiste en Iran !!

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)

 

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Le « printemps perse » est terminé (au moins sa première étape)…

Au moment où ces lignes sont écrites,[This article was originally published in Greek on January 7, 2018. By P. Pap for avantgarde. Translated by PK] des dizaines de milliers de personnes sont dans les rues d’Iran – exprimant leur détermination à défendre leur pays contre les plans des États-Unis et de leurs États clients. Le commandant en chef des Gardiens de la révolution a annoncé que le récent complot contre l’Iran avait été vaincu. (Par le mot « complot », il ne se référait pas aux manifestations, il se référait à ceux qui se cachent derrière les manifestants pour faire avancer leur agenda réactionnaire.)

Avant cela, l’Iran a vu quelque chose qui a été décrit par de nombreux médias occidentaux comme « une vague de manifestations anti-gouvernementales massives » ou même « une insurrection contre le régime ». Un examen plus attentif révèle une réalité quelque peu différente. Anthony Cordesman, analyste stratégique de haut niveau de l’important groupe de réflexion américain du CSIS, note avec justesse que « beaucoup voient ce qu’ils veulent voir dans les derniers troubles, en particulier ceux qui veulent que le régime tombe ». Le New York Times rapporte avec une grande tristesse que Téhéran est « particulièrement calme » et décrit la déception de (quelques douzaines) d’étudiants universitaires dont la manifestation n’a pas attiré grand monde. Ils décrivent les rassemblements comme « relativement peu nombreux … n’entraînant que quelques centaines à la fois ». Le Centre Wilson admet avec regret que « malgré les protestations, peu de choses vont changer en Iran ». Geopolitical Futures écrit que « à ce stade, compte tenu de leur format réduit et que l’économie iranienne a été bien pire que cela ces dernières années, nous ne pensons pas encore que la République islamique soit en danger de chuter ».

Bien sûr, un certain nombre de photos censées représenter des manifestations anti-gouvernementales massives ont circulé – des photos de différents endroits et à différentes époques. Les photos d’une manifestation pro-gouvernementale, le soulèvement à Bahreïn, même des scènes d’un film ont été abusivement présentées comme des photographies de manifestations anti-gouvernementales en Iran. Eh bien, au moins, ils n’utilisaient plus les photos de la place Tahrir …

Conclusion 1 : aucune manifestation anti-gouvernementale ou anti-régime massive n’a eu lieu en Iran. Les seuls qui ont « vu » de telles manifestations étaient le MEK, une organisation anti-régime de la diaspora iranienne et un animal de compagnie des services secrets de l’Empire, profondément ancré dans leurs plans ; le fils du Shah ; et une partie de la gauche trop excitée et rêveuse qui a célébré un « triomphe » après l’autre depuis les années 90.

Conclusion 2 : Aucune personne sérieuse ne s’attendait à ce que ce mouvement renverse un quelconque régime. En dehors de la « gauche » susmentionnée.

Conclusion 3 : Cette sorte de « gauche » semble vouloir prouver qu’elle est plus papiste que le pape. Nous nous demandons le pourquoi de cela.

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 Du déjà-vu…

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Mais si l’on prenait le sentiment général ici en Occident, il faudrait arriver à une conclusion qui ressemble à ceci :

Le peuple se lève et organise des rassemblements pacifiques massifs contre le régime. (Les rassemblements, de loin plus massifs qui ne sont pas contre le gouvernement, sont « oubliés ».)

Des préoccupations humanitaires surgissent tout autour du monde civilisé occidental, car les dictateurs n’ont pas été influencés par les Lumières et, par conséquent, sont enclins à commencer à massacrer leur propre peuple.

La violence éclate, des coups de feu sont tirés, des policiers et des civils tombent morts.

Avec des jeu de mots, les victimes sont toutes portées contre le régime.

Une opinion publique occidentale – qui pourrait être incapable de trouver le pays sur une carte du monde – s’arme de sa supériorité morale et se lance dans une autre mission civilisatrice afin de lui apporter la démocratie et les droits de l’homme.

Et que penser si les dernières élections ont eu un taux de participation de 70% (beaucoup plus élevé que la plupart des pays occidentaux), avec 41 millions de personnes qui ont voté ? Ces gens, cela, ne veut rien dire ? Ils ne représentent pas Le Peuple ? Ceux qui vraiment disent quelque chose seraient donc les quelques dizaines qui ont déchiré l’affiche du « dictateur ». Ce sont ces gens qui exigent « la liberté, la démocratie » et d’autres mots gentils…

L’accompagnement habituel des gauchistes occidentaux – avec à leur actif combien de succès contre leur propre classe bourgeoise, en réalité ? – découvre l’internationalisme et prend la tâche de renverser la classe bourgeoise d’un autre pays, qui se trouve être un ennemi de son propre pays. (Peu de gens s’inquiètent que leur « internationalisme » soit aligné sur l’ « internationalisme » de Trump, Haley et Netanyahu – encore une fois.)

Ce jeu a été répété d’innombrables fois et le modèle est malheureusement prévisible. Une autre révolution de couleur a commencé, annonçant une nouvelle intervention impérialiste.

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 Un peu de sociologie (ce que les Marxistes de terrain appellent « Marxisme »)

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Étant donné l’agression occidentale contre l’Iran et les récentes campagnes de propagande honteuses et manifestement fausses contre la Syrie, il faut être très prudent quant à la validité des rapports des médias occidentaux. Cette fois, ils parlent de problèmes économiques qui ont amené les gens à sortir dans les rues. Inflation, chômage, inégalité, corruption.

Laissez-nous examiner ces revendications…

Source : FMI

La ligne bleue représente l’inflation, qui était proche de 50% en 1995 et de près de 35% en 2014. L’idée que l’inflation actuelle de 10,1% pourrait déclencher une sorte de rébellion est donc ridicule.

Voyons maintenant le chômage en Iran. C’est 11,4%. Seulement, ces taux n’ont rien d’inhabituel dans le pays : en 2010, le taux de chômage était de 13,5% et en 2015 de 11,1%. Donc, l’idée que le chômage actuel de 11,4% pourrait déclencher une sorte d’insurrection est également ridicule.

Source : Banque mondiale

Laissez-nous examiner l’inégalité. Il est mesuré avec l’indice de Gini (0 égalité absolue, 100 inégalité absolue). La République islamique d’Iran a un indice de Gini d’environ 37. La Grèce a un score similaire, tandis que les États-Unis ont un score de 41, l’État sioniste environ 43 et le Royaume-Uni 32,5. Les indices les plus élevés se trouvent en Afrique et en Amérique latine, avec des scores compris entre 50 et 60, tandis que les plus faibles sont autour de 25. Le niveau d’inégalité en République islamique n’est pas très élevé. (Source : Banque mondiale)

En ce qui concerne la corruption, il y a ce que l’on appelle « l’indice de perception de la corruption », sur la base duquel l’Iran occupe une place importante dans la corruption (il est le 131e moins transparent sur 176 pays). Mais cet indicateur est clairement biaisé. Afin d’obtenir une image de l’ampleur du parti pris, cette liste nomme la RPDC comme le pays le plus corrompu de la planète, alors que les 20 pays les plus corrompus comprennent le Venezuela, le Soudan, l’Irak, l’Afghanistan, la Somalie et la Libye.

Ce qui précède ne nie pas le fait que le gouvernement Ruhani est en effet un gouvernement libéral, qui a en effet pris des mesures antipopulaires. Et malgré le fait que les niveaux actuels de chômage et d’inflation ne sont pas sans précédent, les personnes qui en sont victimes ont effectivement le droit (et devraient) se battre contre cela. Les manifestations initiales ont en effet été provoquées par des griefs économiques légitimes. Il y a aussi un malaise parce que, avant les élections, Ruhani a attisé des espérances selon lesquelles l’accord nucléaire – avec l’assouplissement subséquent des sanctions – apporterait une revitalisation de l’économie et créerait plus d’emplois. Ces attentes n’ont pas été satisfaites jusqu’à présent.

Mais regardons quelques données sur l’économie et la société iraniennes qui ne sont pas susceptibles d’être mentionnées par les médias occidentaux. La chute des prix du pétrole, l’échec de la République islamique à protéger ses transactions par des produits dérivés et le coût de l’économie souterraine qui s’est développée sur la base des sanctions ont pesé sur l’économie iranienne, mais le principal problème est les sanctions. À titre indicatif, signalons que l’Iran a exporté 2,5 millions de barils de pétrole par jour en 2011 ; à la fin de 2013, ce nombre était tombé à 1,1 million.

Source : Council for Foreign Relations

En 2011, les recettes d’exportation iraniennes s’élevaient à 99 milliards de dollars. En 2012, ils sont tombés à 68,3 milliards de dollars, 48,8 milliards de dollars en 2013, 50,7 milliards de dollars en 2014, 29,4 milliards de dollars en 2015 (avec la chute des prix du pétrole) et en 2016, 36,2 milliards de dollars.

Ce qui retarde l’économie iranienne, ce sont les sanctions. Celles-ci ne sont pas causées par les dirigeants iraniens, mais par les impérialistes. Si l’on se préoccupe du niveau de vie et des griefs économiques du peuple iranien et si on veut se mobiliser pour cela, on devrait frapper à la porte de l’ambassade américaine et des bureaux de l’Union européenne – et exiger que toutes les sanctions contre l’Iran soient levées immédiatement.

Certaines autres données sociologiques que nous n’entendrons pas dans les médias occidentaux concernent les réalisations de la révolution iranienne. Un indicateur important de la qualité de vie d’une population est l’indice de développement humain (IDH), qui est fonction de l’espérance de vie, de l’alphabétisation, de l’éducation et de la qualité de vie. Or cet indice a explosé depuis la Révolution : de 0,542 en 1975, il était de 0,739 en 2012. C’est une formidable réussite pour une colonie qui n’a obtenu son indépendance que depuis 39 ans.

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Quelques notes sur l’action de l’impérialisme (que des « marxistes » de pacotille appellent «théories du complot»)

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Commençons par placer l’Iran sur la carte. L’image date de 2012, mais on peut facilement avoir une vue d’ensemble : l’Iran est un pays encerclé par des bases américaines.

Continuons avec les mémoires du général quatre étoiles Wesley Clark. Le général dit que dix jours après le 11 septembre, le Pentagone faisait déjà des plans pour l’invasion de l’Irak et invoque un document contenant le fameux plan « sept pays en cinq ans », l’Iran étant la cible finale. Il a dit plus ou moins la même chose à Democracy Now en 2007. Notons également que l’Iran a été inclus dans « l’Axe du Mal » de Bush en 2002 (avec l’Irak et la RPDC).

En 2009, le Brookings Institute a publié une brochure très intéressante et complète intitulée « Quel Chemin vers la Perse ? Options pour une nouvelle stratégie américaine vers l’Iran ». Notez que le chapitre 6 de cette étude s’intitule « La révolution de velours : soutenir un soulèvement populaire », et le chapitre 7 s’intitule « Inspirer une insurrection : soutenir les groupes minoritaires et d’opposition iraniens ».

En octobre 2017, l’Institut CATO a également publié une brochure intéressante sur le sujet, examinant des alternatives similaires.

L’administration Trump a fait tout ce qui était en son pouvoir pour forger un axe anti-iranien. En février, Trump a qualifié l’Iran de « plus grand sponsor du terrorisme dans le monde ». Puis est venu son voyage au Moyen-Orient en mai, après quoi Téhéran a été frappé par une attaque terroriste.

Le 2 juin 2017, le New York Times a écrit sur le « Prince noir » ou « L’Ayatollah Mike », les surnoms par lesquels Michael D’Andrea, le nouveau chef des opérations clandestines de la CIA contre l’Iran, est connu. Parmi ses nombreuses références figurent l’assassinat d’Imad Mughniyeh ( l’homme n ° 2 du Hezbollah ) en 2008 à Damas et des milliers d’exécutions extrajudiciaires par drones au Pakistan. Le journal a noté : « Le nouveau rôle de M. D’Andrea est celui de l’un des nombreux mouvements à l’intérieur de l’agence d’espionnage qui signalent une approche plus musclée des opérations secrètes … « Il peut mener un programme très agressif, mais très intelligemment », a déclaré Robert Eatinger, ancien avocat de la C.I.A. qui était profondément impliqué dans le programme de drones de l’agence. « 

Le même jour, le Wall Street Journal publiait un rapport sur le « nouveau centre de mission créé par la CIA pour faire monter la pression en Iran », indiquant que cette action reflétait la décision du gouvernement de faire du pays une cible prioritaire pour les espions Américains.

Mentionnons également que le chef de la CIA est Mike Pompeo, un faucon anti-iranien et l’un des adversaires les plus durs de l’approche d’Obama à ce sujet.

En outre, une réunion entre les responsables américains et israéliens a eu lieu en décembre 2017 pour discuter d’une « stratégie visant à contrer l’agression iranienne au Moyen-Orient ». Il s’est avéré que « les États-Unis et Israël sont d’accord sur les différents développements dans la région et en particulier ceux qui sont liés à l’Iran. Nous sommes parvenus à des accords sur la stratégie et la politique nécessaires pour contrer l’Iran. Notre entente porte sur la stratégie globale mais aussi sur les objectifs concrets, les moyens d’action et les moyens à mettre en œuvre pour atteindre ces objectifs ». Le 1er janvier 2018, nous avons appris que les États-Unis avaient donné le feu vert à l’Etat sioniste pour assassiner le chef des gardes révolutionnaires.

Ce qui précède prouve hors de tout doute que l’Iran est dans la ligne de mire de l’impérialisme, et que la politique étrangère américaine est devenue encore plus dure à son égard. Nous ne savons pas s’il y a des escrocs qui veulent remettre en question ce fait, mais il nous semble nous souvenir de certains qui ont qualifié d ‘« imaginaire » l’agression impérialiste également bien connue et documentée contre la Syrie, prétendant même que les États-Unis étaient en … une sorte d’alliance avec Assad contre la … révolution.

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 Quelques éléments de politique

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Les révolutions ne se produisent pas sans leadership politique ou sans planification. Le fait qu’une personne soit affectée par un problème ne signifie pas nécessairement que cette personne connaît également la solution du problème – un chômeur grec peut penser que ce sont les immigrés qui sont responsables de son chômage. Quand on voit des gens descendre dans la rue, il faut d’abord demander sur quel programme ils se mobilisent ; qui conduit ; qui finance ; quelle idéologie prévaut. Ce qui précède est si simple qu’il devrait aller de soi. Hélas, ce n’est pas vraiment le cas.

Alors, que se passe-t-il en Iran ? Qui sont les gens qui manifestent ? Quel est ce mouvement que nous voyons dans les rues, avec lequel Trump, le MEK, les gauchistes de pacotille et divers idiots utiles se précipitent pour déclarer leur solidarité ?

En fait, il n’y a pas de mouvement unique. Il y en a au moins trois ou quatre. Le premier est constitué par les islamistes (inspirés des principes de la Révolution de 1979), des gens à principes qui se méfient des réformes libérales et de l’attitude pro-occidentale (selon les normes iraniennes) du président Hassan Ruhani. Il semble que ce sont eux qui ont dirigé le mouvement que nous avons vu dans les rues au cours des premiers jours. Ce mouvement exprimait des exigences économiques basées sur des problèmes réels et une opposition à une politique économique libérale existante du gouvernement, très probablement dans le contexte d’une lutte interne entre les deux principaux camps politiques dans le pays (une lutte qui ne se limite pas au niveau économique mais s’étend à la politique étrangère, au rôle de la religion, etc.). Le Kayhan, un journal de Principes proche du ministère du Renseignement, a reconnu que les gens ont des motifs pour leurs plaintes économiques et qu’ils ont raison d’être dans la rue. Même le guide suprême de l’Iran, l’ayatollah Khamenei, critiquait la politique économique du gouvernement. Un jour avant le début des manifestations, il a déclaré que le pays faisait face à des prix élevés, à de l’inflation et à la récession, et a appelé les autorités à résoudre les problèmes. Il n’a pas parlé contre les protestations tant qu’elles étaient pacifiques ; il est intervenu seulement quelques jours après le début des violences, le 2 janvier (après cinq jours de protestations), affirmant que « les ennemis ont utilisé divers moyens pour infliger des coups à la nation iranienne et aux institutions islamiques au cours des derniers développements dans le pays ».

Le deuxième mouvement, les réformistes, est l’évolution du Mouvement Vert de 2009, qui a contribué à l’ascension de Ruhani à la présidence. Le mouvement réformiste pousse à une réforme libérale et a récemment contribué à la levée de l’obligation des femmes de porter le hijab. Ce mouvement n’a pas pris les rues cette fois, se distanciant des manifestations. Ruhani lui-même, cependant, a reconnu qu’il y avait de vrais problèmes économiques et des raisons de manifester, et a décrit les manifestations initiales (avant le déclenchement de la violence) comme « une opportunité, pas une menace ».

Pour avoir une idée des différences en termes de politique économique entre les fondamentalistes et les réformistes, on peut lire le passage suivant de Cordesman : « La Banque mondiale et le FMI ont tous deux trouvé qu’Ahmadinejad a quitté son poste après avoir créé un cauchemar et mal géré le gouvernement et le développement, la dette, les subventions alimentaires et énergétiques, l’expansion du secteur public et les obstacles à l’industrie privée et à un développement effectif devenant l’un des leaders les plus incompétents de l’histoire de l’Iran. » Les réformes de Ruhani vont dans la direction opposée.

Ces deux mouvements font pression pour les politiques qu’ils jugent appropriées dans le contexte de l’État iranien, mais ils ne sont pas intéressés à renverser la République islamique. Peu importe si l’on est d’accord ou pas avec leurs politiques, les gens ont le droit de sortir dans la rue et de faire pression pour ce qu’ils pensent être mieux. Le gouvernement iranien et la Constitution iranienne reconnaissent ce droit, après tout.

Il y a aussi un troisième mouvement qui, contrairement aux deux premiers, s’intéresse à cela : renverser le régime iranien avec l’aide de l’impérialisme et au service de l’impérialisme. Les leaders de ce mouvement sont basés principalement en dehors de l’Iran, et sont devenus les animaux de compagnie des services secrets des différents pays de l’Empire, entièrement intégrés dans leurs plans. Ils maintiennent un petit réseau de partisans en Iran, mais la majeure partie est à l’étranger. L’organisation de base de ce mouvement est le MEK, les « Moudjahidin du peuple », qui se cachent derrière le « Conseil national de la Résistance iranienne », basé en France. En 2012, Haaretz a écrit que l’organisation avait assassiné des scientifiques nucléaires iraniens au nom de l’Etat sioniste, le gouvernement américain en étant conscient. Le MEK peut être trouvé dans tous les documents sérieux de l’impérialisme, ils sont décrits comme une armée par procuration potentielle sur le terrain lors d’une attaque contre l’Iran et en tant que régime Kollabo à la « Quisling » potentiel pour le lendemain de l’agression.

( Sur l’image, Maryam Radjavi,Leader du MEK, avec McCain)

Un bref défilement vers le bas sur le site web du MEK révélera un certain nombre d’articles avec des titres tels que  » les Etats-Unis avec le peuple iranien « ,  » des manifestants iraniens prêts à mourir pour un changement de régime », « merci Trump mais nous avons besoin de plus de soutien », « Trump a raison sur l’Iran » etc. Et il y a aussi le fils du Shah, une figure politique active de la diaspora (basée sur – quelle surprise ! – Washington) avec ses partisans. Nous soutenons la répression impitoyable contre ces agents de l’impérialisme et nous nous réjouissons des nouvelles sur le démantèlement de leurs cellules.

Et puis il y a les différentes minorités d’Iran. Les manifestations dans les régions kurdes de l’Iran sont un mouvement différent qui n’est pas lié à ce qui précède. Par exemple, lorsque le Parti de la liberté du Kurdistan appelle la communauté internationale ( c’est-à-dire l’OTAN ) à l’aider contre le régime, tout le monde peut comprendre qu’il ne mobilise pas les gens dans un agenda lié aux problèmes économiques.

Il y a eu plusieurs reportages sur le fait que des slogans réactionnaires ont été chantés dans les manifestations. À côté des slogans exprimant la nostalgie de la monarchie dictatoriale du Shah, appelant à « Mort au dictateur » (apparemment Khamenei) et « Mort à Ruhani », il y a des vidéos montrant de petites foules scandant « Nous sommes de la race d’Aryaee [Aryens], nous ne vénérons pas les Arabes « ,  » Mort au Hezbollah « ,  » Quittons la Syrie, pensons à nous « , » Je donne ma vie pour l’Iran, pas pour Gaza et le Liban « . Qui a scandé ces slogans ? Et qui a ouvert le feu contre la police et les manifestants ?

Il est extrêmement improbable que le premier mouvement, celui des fondamentalistes, ait soulevé de tels slogans, car il reste attaché aux principes de la révolution de 1979. Le deuxième mouvement, celui des réformistes, ne devait en aucun cas psalmodier « Mort à Ruhani » ni appeler au renversement du régime. Les personnes qui ont soulevé ces slogans viennent probablement du troisième mouvement (pro-monarchistes et MEK), qui ont trouvé l’opportunité de se cacher derrière les manifestants afin de faire avancer leur programme réactionnaire. Dans toutes les vidéos liées, les foules qui chantent ces slogans sont petites ; mais manipuler des images pour fabriquer une « réalité » à présenter au monde extérieur n’est pas une tâche difficile pour quelqu’un ayant les moyens appropriés (accès aux médias occidentaux).

Il est révélateur que, lorsque les autorités ont demandé aux manifestants de quitter la rue après le déclenchement de la violence, les manifestants l’ont fait. Le peuple iranien a tiré des leçons de ce qui se passe dans la région. Ils ont vu ce qui s’est passé en Syrie, où l’insurrection islamiste s’est cachée sous un véritable mouvement de réforme politique qui se déroulait dans les rues à ce moment-là. Oui, un certain nombre de personnes sont mécontentes et ont des griefs économiques légitimes, mais elles n’ont pas pris la rue pour renverser leur gouvernement ou le régime iranien et ne sont pas devenues des idiots utiles du MEK, de l’Etat sioniste et des Etats-Unis. Ce sont probablement les mêmes personnes qui ont participé aux manifestations massives qui ont suivi, condamnant l’intervention des États-Unis et de l’État sioniste dans leur pays.

Si quelqu’un de la « Gauche trop excitée » veut préciser lequel de ces mouvements ils soutiennent, nous attendons avec intérêt d’en entendre parler. Mais gardons à l’esprit que la consigne « je soutiens le peuple iranien qui se lève pour renverser le régime » a déjà été prise par le MEK.

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Réactionnaires vs progressistes, ou comment les mots peuvent perdre tout leur sens

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Plusieurs « marxistes » occidentaux ont été en compétition les uns avec les autres en peignant le régime iranien avec des couleurs « réactionnaires ». Ils pensent probablement que l’insulte aux régimes des pays qui se trouvent être la cible de « leur » classe bourgeoise leur vaudra une médaille d’indépendance de classe. Ce qu’ils réussissent vraiment à faire, c’est soutenir leur propre bourgeoisie, en s’alignant sur elle au niveau de la propagande. Le mot « dictatorial » (qui vient de l’académie violemment anti-communiste de la guerre froide, qui a divisé la planète en démocraties libérales et en dictatures) est aussi largement utilisé.

Avec quoi exactement comparent-ils le régime politique iranien ? Le comparent-ils avec les régimes des pays voisins ? Essaient-ils de dire, par exemple, que l’Iran est réactionnaire par rapport à l’Arabie saoudite ? En comparaison avec l’état sioniste, peut-être ? Le comparent-ils avec les régimes de leurs propres pays, pour lesquels ils n’ont jamais utilisé de telles caractérisations ?

Nous demandons :

__Est-ce réactionnaire qu’une nation de 80 millions de personnes puisse ne plus vivre sous le joug impérialiste ?

__Est-ce réactionnaire que le surplus produit par la classe ouvrière iranienne ne soit pas volé par les impérialistes étrangers ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran n’ait pas de bases militaires américaines ? (C’est le seul pays de la région dans ce cas.)

Si l’on se penche sur les courants de l’Islam au Moyen-Orient, on verra essentiellement trois d’entre eux. Le wahhabisme d’Arabie saoudite, les Frères musulmans et l’islam chiite avec l’Iran comme centre politique et religieux. Les deux premiers courants utilisent le sectarisme et essaient de fomenter des divisions et des dissensions religieuses, et c’est précisément la raison pour laquelle ils ont une longue histoire de collaboration avec les impérialistes contre les nationalistes arabes laïques et le panarabisme. Le troisième courant prend fermement position contre le sectarisme et l’intolérance religieuse et appelle à l’unité des musulmans indépendamment de la doctrine contre l’Etat sioniste et l’Amérique.

Est-ce réactionnaire ?

__Est-ce réactionnaire que les arbres de Noël soient décorés à Bagdad et que les dirigeants de l’Axe de la Résistance félicitent les chrétiens à Noël ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran envoie des armes et de l’aide à la Palestine (sunnite) ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran ait contribué – pas seulement en paroles, mais en actes, et en actes qui ont coûté du sang – à l’écrasement de l’Etat Islamique et des autres « rebelles » djihadistes impériaux en Syrie ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne le Hezbollah, sans lequel le Liban serait désormais une province de l’Etat sioniste ?

__Est-ce réactionnaire que l’Iran soutienne les Ansarullah (Houthis) au Yémen ?

__Est-ce réactionnaire que l’Axe de la Résistance n’ait pas permis à l’impérialisme de faire du Moyen-Orient son terrain de jeu ?

OK, mais les femmes sont obligées de porter le hijab, et c’est réactionnaire, dirait un libéral. Hélas (pour les « libéraux » et les gauchistes de service…), ce n’est plus le cas, les femmes sont libres de ne pas porter de hijab si elles le souhaitent.

Le régime politique de l’Iran est bien sûr un régime bourgeois autoritaire, et si nous étions en Iran, nous serions dans l’opposition. Le programme communiste ne peut que se battre pour un Moyen-Orient socialiste sur les ruines de tous les régimes bourgeois. Mais la question au Moyen-Orient à ce stade n’est pas le socialisme ou le capitalisme (si quelqu’un pense que c’est la question, nous l’exhortons à nous montrer les forces politiques qui s’intéressent au socialisme, afin que nous puissions les soutenir aussi). La question est de savoir si le Moyen-Orient sera sous le talon de l’Empire ou non. Le dilemme est soit la résistance anti-impérialiste, soit la recolonisation.

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Réactionnaire vs progressiste

– restituer le sens des mots

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Voici une liste de choses qui sont vraiment réactionnaires :

__Les travailleurs des pays du Sud travaillant comme des esclaves et les surplus qu’ils produisent sont volés non seulement par leur propre bourgeoisie, mais aussi par Wall Street et la City.

__Plus d’un quart de siècle de croisade de l’Empire pour réaffirmer son hégémonie au Moyen-Orient et sur la planète, qui a fait des millions de morts, des destructions incalculables et menace désormais de mettre la planète en feu (nucléaire).

__Les États-Unis ont plus de 800 bases autour du globe, d’où les opérations de répression de tout mouvement progressiste – plus encore des mouvements révolutionnaires – vont commencer. (Soit dit en passant, que les camarades trop excités nous disent, est-ce que les Etats-Unis ont déjà soutenu un mouvement progressiste ?) Ils ne l’ont pas fait, n’est-ce pas ?

 __La doctrine diviser pour régner de l’Empire.

__Les forces que l’Empire utilise comme auxiliaires dans le contexte de sa doctrine de diviser pour régner : les factions les plus obscurantistes de l’islam politique qui utilisent le sectarisme et fomentent la division selon des principes religieux.

__L’Etat sioniste et la tactique de l’apartheid et du nettoyage ethnique qu’il emploie contre les Palestiniens.

__La monarchie la plus obscurantiste de la planète est un allié du monde occidental libre, l’Arabie Saoudite, qui mène depuis près de trois ans une guerre quasi-génocidaire contre le Yémen avec le soutien de l’Empire.

Un autre mot que nous entendons souvent est le mot « antidémocratique », utilisé en Occident pour décrire les « États voyous » (Iran, RPDC, Syrie, Cuba, Venezuela, etc.), comme si des pays se trouvant être la cible de l’impérialisme et sous un siège constant pouvaient survivre sans maintenir un état d’urgence.

Ce qui est vraiment antidémocratique, ce sont les fonctionnaires du Département d’Etat qui déclarent qu’ils ne respectent pas la souveraineté nationale d’un pays et qu’ils se réservent le droit d’intervenir où et quand ils le veulent – et de le faire effectivement.

C’est la grande image. C’est cela le vrai tableau, les États qui résistent sont en fait les vrais défenseurs de la démocratie contre le despotisme mondial de Wall Street, note le blogueur Gowans (*).

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Les tâches des communistes

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Les communistes en Iran ont un travail très difficile. D’une part, ils doivent maintenir leur indépendance politique et leur programme et ne pas capituler devant le clergé ou n’importe quelle partie de la bourgeoisie iranienne. En même temps, ils doivent reconnaître que leur ennemi numéro un est l’impérialisme qui menace à la fois le pays et les forces de résistance dans tout le Moyen-Orient. Nous sommes très réservés lorsque nous critiquons la gauche dans les pays qui se trouvent en ligne de mire de l’impérialisme – dans la mesure où elle ne s’est pas transformée en porte-parole de l’OTAN et n’a pas été formée pendant les troubles (comme cela a été le cas une soi-disant « gauche » syrienne que divers escrocs ont promu). Nous comprenons combien il est difficile de prendre la bonne position – internationaliste, c’est-à-dire correspondant aux intérêts de la révolution mondiale – face aux diverses pressions nationales.

Les communistes en Occident ont des tâches beaucoup plus simples. Nous avons la chance d’être confrontés à un seul ennemi, et celui qui se trouve à proximité : « la nôtre », la classe bourgeoise domestique. Nous devons défendre le droit de l’Iran à l’autodétermination contre l’agression impérialiste, à laquelle « notre » pays participe. Mais une intervention impérialiste ne commence pas de manière militaire directe. L’Empire a grandement amélioré ses méthodes. Avant les bombes vient une révolution colorée (généralement enracinée dans les problèmes réels de la population), suivie par les campagnes de diabolisation bien connues contre la direction et le peuple de « l’ennemi ». En Occident, cela a été historiquement lié aux missions et au devoir de « civiliser les barbares ». Le droit international a été façonné en conséquence, y compris des concepts tels que la « responsabilité de protéger » (R2P) et « l’intervention humanitaire ». Ce sont des idéologies profondément racistes qui empoisonnent l’esprit du prolétariat domestique, et nous devons nous y opposer totalement et activement. Nous devons également contrer les campagnes de propagande « humanitaire » qui suivront sans aucun doute. Nous devons saper le niveau de confiance que le prolétariat domestique éprouve à l’égard de sa bourgeoisie en exposant ses mensonges humanitaires tels qu’ils sont réellement : des prétextes pour le vol impérialiste et la soumission des autres peuples sous son joug. Nous devons exiger la levée immédiate des sanctions qui portent préjudice à nos frères et sœurs de classe en Iran, et sont responsables de leurs problèmes économiques et de leurs griefs.

En Grèce, [pays de l’auteur de l’article original**] nous devons lutter contre la politique étrangère du gouvernement, qui tente de moderniser stratégiquement le pays au détriment des peuples de la région, s’alliant à l’État sioniste, vendant des armes à l’Arabie Saoudite et intensifiant ses provocations contre la Turquie. Mentionnons ici que les navires qui ont bombardé la Syrie en avril dernier ont quitté un port grec. Mentionnons également que ce crime n’a pas suscité d’opposition ou de protestation significative. Bien sûr ! Avec une grande partie de la gauche qui paraphrase la propagande ennemie sur le « dictateur qui assassine son propre peuple », qui était là pour se mobiliser ?

Les divers communistes en Grèce et en Occident feraient bien de cesser de se cacher derrière les déclarations du Tudeh. Ils ont des tâches différentes de ce parti. Et s’ils ont, comme ils le prétendent, de bonnes suggestions sur ce que le prolétariat iranien doit faire, ils devraient les traduire en farsi et les y envoyer. Le prolétariat iranien ne peut pas les lire en grec, et c’est une honte terrible de manquer d’une telle sagesse …

Tout développement progressiste au Moyen-Orient et sur la planète exige la défaite et la dissolution de la Sainte-Alliance de nos jours, qui a son siège à Washington depuis 1945. Il y a des forces au Moyen-Orient qui font plus qu’assez à cette fin. L’Axe de Résistance (Muqawama), la principale force qui lutte pour libérer la Palestine et empêcher le Moyen-Orient de devenir une zone dominée par l’OTAN, se renforce après une dure bataille contre les forces de l’Empire. Les « rebelles » impérialistes « djihadistes » ont été écrasés en Syrie. L’EI a été anéanti en Syrie et en Irak ( au moins jusqu’à ce que l’Empire ait engendré la version 2 de l’EI). L’impérialisme est entravé par la discorde et la confusion et ses contradictions internes qui se creusent.

Il est temps que le prolétariat conscient de l’Occident soit enfin à la hauteur de ses tâches. Le premier pas dans cette direction consiste à tirer des conclusions du flot sanglant des opérations de changement de régime dont nous avons été témoins au cours des sept dernières années. Malheureusement, les articles écrits par la « gauche » sur l’Iran montrent que nous avons probablement encore un long chemin à parcourir ; néanmoins, nous sommes optimistes.

[Note des traducteurs français : on voudrait bien pouvoir l’être aussi… !]

[Viriato/Luniterre]

** Source grecque de la traduction anglaise :

https://avantgarde2009.wordpress.com/2018/01/11/iran-groundhog-day/

(* https://gowans.wordpress.com/ )

Source de la traduction française, sur TML :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/15/solidarite-avec-la-resistance-anti-imperialiste-en-iran/

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EN GUISE DE VŒUX, 4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…

 

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EN GUISE DE VŒUX,

 

4 THÈMES DE RÉFLEXION POUR 2018…:

 

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   «  La Société de l’Arnaque,

ou « fake-capitalism », c’est le stade suprême

de la Société spectaculaire marchande,

celui où le Spectacle de la monnaie de singe

(QE, DTS, Revenu Universel, etc…),

a totalement fini de remplacer

la marchandise, dont la valeur tend vers zéro

(production robotisée)… »

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Avec la robotisation et l’automatisation de la production, et même, de plus en plus, des services, les possibilités d’élargissement du capital s’en trouvent-elles augmentées ou au contraire, réduites ?

La baisse tendancielle du taux de profit, dans le processus d’élargissement « productif », amène inexorablement à la deuxième réponse, la réduction… La domination de classe des capitalistes prendra-t-elle fin « naturellement », par un simple tarissement des sources de profits du secteur « productif », cédant « généreusement » la place aux rêveurs gauchistes et autres pseudo-  « communistes prolétariens » ou bien la classe dominante a-t-elle déjà une stratégie en œuvre pour « ne rien lâcher » de ses privilèges

exorbitants et de son pouvoir… ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/03/la-societe-de-larnaque-un-theme-de-reflexion-pour-2018/

 

 

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

 

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

Une étude en réponse

aux allégations mensongères du type

« capitalisme=socialisme »

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Comme on l’a rappelé à l’occasion du centenaire d’Octobre, le capitalisme provisoirement vaincu, pendant quelques décennies, par cette Révolution en Russie puis dans l’ensemble des pays qui ont formé l’URSS et quelques autres, à la suite, est un type de relation économique lié à l’histoire de la bourgeoisie, une classe sociale qui a déjà 1000 ans d’existence et dont l’expérience économique et politique est à la fois multiséculaire et multiforme, avec une grande faculté d’adaptation et une grande capacité de se « conserver » et de « réagir », au sens précisément « réactionnaire » contre tout ce qui la menace, avec à la fois une férocité implacable dans la répression et une grande rouerie pour renverser les rôles et se poser dans le rôle de la « victime » des révolutionnaires qui veulent se libérer de sa domination.

Ceci dit, mille ans d’histoire, ce n’est pas mille ans au pouvoir et il lui a fallu près des trois-quarts de ce temps, soit plus de 7 siècles pour devenir tout à fait la classe dominante, après de nombreuses tentatives insuffisantes et rechutes sous la coupe de l’aristocratie. (…)

L’idée même de socialisme n’a quant à elle guère plus d’un siècle et demi, et ses premières concrétisations sur le terrain, encore moins.

Si Marx a eu mille ans d’histoire de la bourgeoisie à étudier pour en déduire les lois fondamentales du capitalisme, il n’avait pas même un siècle de développement du prolétariat industriel à étudier pour comprendre ses possibilités de réorganisation de l’économie et les fondamentaux d’un nouveau développement économique qui pourrait s’en dégager. Il n’a pu progresser, dans ce domaine, que par approches successives et par déductions prospectives, au fur et à mesure des questions qui se posaient aux partis prolétariens…

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https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

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Le marxisme était-il à la base

du socialisme en URSS,

et quelles leçons peut-on en tirer ?

 

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/06/le-marxisme-etait-il-a-la-base-du-socialisme-en-urss-et-quelles-lecons-peut-on-en-tirer/

 

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Démocratie prolétarienne

et planification socialiste :

 

le rôle de l’informatique

et de l’interactivité

Équilibrer une économie socialiste, cela signifie faire correspondre l’organisation et le développement des forces productives aux besoins sociaux réels de la population, en commençant par ceux qui sont absolument vitaux, et cela inclut aussi la détermination et le choix des besoins collectifs, dans tous les domaines.

Évidemment, c’est l’ensemble qui doit tenir compte des ressources disponibles, qui ne sont pas illimitées. Il y a donc des choix à faire, des choix collectifs, bien évidemment, mais qui doivent aussi tenir compte des besoins pour la consommation individuelle.

(…)

Ce qui tenait de la gageure, mais n’a pas empêché l’URSS de se développer, tant qu’elle a tenté de s’en tenir aux fondamentaux du socialisme, tout cela peut être désormais grandement facilité par les nouvelles technologies et le développement de l’interactivité qui fait de la démocratie directe une application pratique…

La cohérence des principes fondamentaux du marxisme pour la phase de transition avec ces développements technologiques, c’est le thème principal de nos études, sur TML, depuis l’échec des luttes contre la Loi El Khomri, et les leçons que nous avons tenté d’en tirer… Un message difficilement reçu par la plupart des pseudos- »marxistes », plutôt désireux de protéger leur petit cocon gaucho-utopiste et idéaliste bourgeois, en réalité.

Pourtant, une telle réflexion avait déjà été tentée, dès les années 90, et assez paradoxalement, en Grande Bretagne, par un économiste (Cockshott) et un informaticien (Cottrell), restés associés depuis, pour ce combat !

 

 

 

 

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De l’époque du Manifeste communiste

à nos jours…

Trois époques,

Trois évolutions de la stratégie

révolutionnaire

 Par notre camarade WH, du site « Les prolétaires de fer »

 

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2018/01/12/trois-epoques-trois-evolutions-de-la-strategie-revolutionnaire/

 

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Urgent : Pétition Millas, et d’autres articles récents sur TML et Solydairinfo

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Clarisse était à bord du bus qui suivait celui qui a été fauché par un TER jeudi 14 décembre à Millas (Pyrénées-Orientales) et a donc assisté à l’accident. « On sortait du bus et c’est là qu’on a vu que le train arrivait, les barrières ne se sont pas baissées, il n’y avait pas de feu clignotant et le train a percuté le bus. Ça a fait un gros bruit. »

Soutien à Nadine conductrice du car

Déjà plus de 53 000 Signatures

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/29/soutien-a-nadine-deja-plus-de-53-000-signatures/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/27/millas-la-verite-sortirait-elle-de-la-bouche-des-enfants/

Également sur SOLYDAIRINFO:

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/29/soutien-a-nadine-deja-plus-de-53-000-signatures/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/27/millas-la-verite-sortirait-elle-de-la-bouche-des-enfants/

La pétition sur  Change.org

https://www.change.org/p/justice-fran%C3%A7aise-soutien-%C3%A0-nadine-conductrice-du-car-drame-de-millas

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D’autres articles sur  TML  et Solydairinfo

Les aléas de l’IA,

de Marx à « Terminator »,

en passant par Benoît Hamon…

Intelligence Artificielle, robotisation, quelles évolutions possibles

pour le capitalisme en crise ?

Et comment développer une stratégie révolutionnaire au XXIème siècle ?

Quelles perspectives concrètes pour le mouvement ouvrier ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/26/les-aleas-de-lia-de-marx-a-terminator-en-passant-par-benoit-hamon/

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Construire une alternative…

Une véritable monnaie socialiste peut elle exister durablement sans être dévalorisée?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/17/une-monnaie-reellement-socialiste-sera-t-elle-forcement-devalorisee/

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Le vrai visage de l’oncle Sam

Bombardements US en Corée : le vrai visage de l’Oncle Sam

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/18/bombardements-us-en-coree-le-vrai-visage-de-loncle-sam/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/07/le-droit-divin-au-service-de-limperialisme-allegeance-de-washington-a-letat-colon/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/07/colonialisme-esclavagisme-heros-de-france-et-dailleurs/

https://solydairinfo.wordpress.com/2017/12/03/disrael-lettre-de-prison/

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Une monnaie réellement socialiste sera-t-elle forcément dévalorisée ?

 

 

Une monnaie réellement socialiste

sera-t-elle forcément dévalorisée ?

A l’occasion des réactions suscitées par la republication de l’article

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

sur divers sites, dont

https://www.agoravox.fr/local/cache-vignettes/L335xH95/siteon0-e5814.png

Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

 Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

« Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous (…)

1564 visites 13 déc. 2017 | 8 réactions | Luniterre   + Partager

ET SUR LE SITE VLR/ MAI 68 :

 

se trouve donc posée la question de la relation entre politique monétaire et politique économique.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

Les médias au service du système ne manquent pas une occasion de rappeler le lien à établir, selon eux, entre orientation politique sociale et dévaluation monétaire, voire carrément, faillite économique…

L’effondrement de l’URSS et du « Bloc de l’Est » étant pour eux l’illustration et la consécration de cette « thèse incontournable ».

« Thèse » renforcée par les diverses tentatives réformistes à prétentions sociales effectuées par les sociaux-démocrates et les « socialistes » occidentaux, aboutissant à des fiascos à peine moins spectaculaires…

Selon ce « principe » ce sont les choix économiques, en l’occurrence, mener une politique supposément « sociale », qui entraîne une défaillance d’abord économique et finalement monétaire…

Mais selon d’autres thèses, plus originales, ce sont les choix de politique monétaire qui conditionnent entièrement les politiques économiques.

Autrement dit, les choix de politique économique n’ont de sens que s’ils sont cohérents avec une politique monétaire pré-établie…

Ce qui pourrait passer pour une lapalissade, car effectivement on ne voit pas bien l’intérêt de mener une politique monétaire et une politique économique qui soient contradictoires !!

Mais là où ça n’est pas le cas, en fait, c’est qu’au delà de la cohérence qui s’impose, ce point de vue, considéré de façon univoque, implique que la politique économique n’a pas de possibilité réelle d’influer sur la fonction et le rôle économique de la monnaie, mais lui est au contraire totalement inféodée.

Par contre, elle vise à suggérer qu’un simple choix de politique monétaire différent pourrait ouvrir des possibilités économiques autrement inexistantes par elles mêmes, du point de vue des forces productives, et pourrait amener, par ce simple choix, un nouveau type de développement économique, éventuellement à tendance plus « sociale »…

C’est ce qui nous a été fortement suggéré, à l’occasion des « primaires de gauche », avec la « victoire » de Benoit Hamon, bâtie sur le mythe du « Revenu Universel »… Mythe étrangement sponsorisé par d’importants lobbys médiatiques, pour en arriver à ce résultat.

Mythe qui s’est fort heureusement finalement effondré avec la campagne du premier tour « pour de vrai », et avec sa « caravane du RU » supposé tester la formule, sur le modèle d’un « simulateur » qui n’ a fait que mettre en évidence l’absurdité du système.

Avec « seulement » 100 milliards d’euros supposément empruntés à la BCE, contre un coût de 400 à 600 milliards pour le « RU » (… selon ses différentes « formules » avancées au cours de la campagne électorales…), le programme de Mélenchon n’en ressort pas moins de ce type de choix politique…

Bien évidemment, en cas de « souci », en réalité plus que probable, il lui serait resté l’issue d’un « replis stratégique » à la Tsipras… Bonjour le « progrès social » !

De l’autre côté, rappelons que les lobbys ayant fait la campagne de Benoît Hamon étaient ceux qui avaient déjà fait la campagne de Hollande, cinq ans plus tôt… :

« Dans cette bataille qui s’engage, je vais vous dire qui est mon adversaire, mon véritable adversaire. Il n’a pas de nom, pas de visage, pas de parti, il ne présentera jamais sa candidature, il ne sera donc pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance. »

http://www.lejdd.fr/Election-presidentielle-2012/Actualite/L-integralite-du-discours-de-Francois-Hollande-au-Bourget-467953

Alors qu’à l’évidence, avec tous les emplâtres déjà essayés depuis des décennies, si la crise du capitalisme pouvait se régler par un tour de « magie monétaire », ça se saurait…

Quand à l’ « effondrement » de l’URSS, si la liquidation totale est bien l’œuvre de Gorbatchev, elle n’en est pas moins l’aboutissement de plus de trois décennies de destruction systématique de ses bases socialistes, depuis l’avènement du khrouchtchevisme, et sa « consécration », saluée par l’Occident, y compris « à gauche », lors du XXème Congrès du PCUS, en 1956.

Alors que quatre ans plus tôt, au XIXème Congrès, et dernier du Parti Bolchévique, à proprement parler, c’est un nouveau pas en avant de la construction socialiste qui était proposé, faisant le bilan des acquis et des difficultés passées, l’URSS étant néanmoins à l’apogée de sa puissance, malgré les destructions et les sacrifices consentis pour vaincre le nazisme.

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/06/20/le-dernier-congres-bolchevique-ou-sest-exprimee-la-ligne-marxiste-leniniste/

Et alors qu’en Occident, jusque dans les partis «communistes » français et italiens, alors les premiers partis dans leurs pays respectifs, on avait capitulé devant le roi dollar et son expansionniste « Plan Marshall »,

https://tribunemlreypa.wordpress.com/doctrine-jdanov-les-bonnes-feuilles-commentees-selon-eduscol-du-rapport-jdanov-de-1947/

l’URSS, non seulement ne renonçait pas à son indépendance monétaire, mais se préparait bel et bien, selon les recherches actuelles des historiens russes, à se séparer carrément du dollar comme monnaie de réserve, pour lui substituer une « zone rouble » dépassant déjà les frontières, non seulement de l’URSS, mais aussi de l’Europe de l’Est, pour s’étendre à d’autres nations « occidentales », mais désireuses d’échapper aux griffes de l’Oncle Sam…

ЗА ЧТО УБИЛИ СТАЛИНА

http://www.specnaz.ru/articles/195/27/1743.htm

Il est plus clair ainsi qu’un retour aux fondamentaux du marxisme concernant l’utilisation maîtrisée de la loi de la valeur pour la période de transition n’était non seulement pas un handicap économique d’aucune sorte, mais au contraire une base solide pour établir le rouble à la fois comme unité de compte de la valeur-travail en URSS et comme monnaie de réserve, adossée à un développement économique endogène, indépendant et équilibré, permettant de négocier sur une base bilatérale équitable, aussi bien avec les autres nations socialistes qu’avec toutes celles réellement éprises d’indépendance.

Dès sa prise de pouvoir en 1953, et avant même de commencer ses « réformes » contre-révolutionnaires et néo-trotskystes de type « socialisme de marché », c’est ce premier volet de la nouvelle politique économique socialiste que Khrouchtchev s’est empressé de liquider, donnant des gages à l’Oncle Sam de sa fidélité au roi dollar comme monnaie de réserve…

Concernant les « mystères » historiques encore réellement assez opaques de cette étonnante prise de pouvoir, une bonne partie des historiens russes, aujourd’hui, n’hésitent pas à y voir une relation de cause à effet… !

Concernant les considérations « économiques » développées par de pseudos « marxistes-léninistes » français, on se rappellera, à ce propos, la désopilante « avancée théorique » du pathétique « Collectif Défense » :

« Lorsque, sous le socialisme, les prix des marchandises diminuent sous l’effet de la loi de la valeur à cause de la diminution des coûts de production, les salaires sont valorisés, le pouvoir d’achat augmente et la loi de la valeur perd de son intensité et finit par disparaître à terme, car le pouvoir d’achat augmente alors que la monnaie se dévalorise. Ainsi, soit c’est la force de travail qui se dévalorise avec le capitalisme à cause de la diminution des coûts de production et de l’augmentation de la productivité, soit c’est la monnaie avec le socialisme pour les mêmes causes et avec les mêmes lois, mais avec un objectif différent, celui de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/04/02/loi-de-la-valeur-pour-eclaircir-le-debat-du-collectif-defense-2eme-volet/

On avait déjà vu, précédemment, la grande nouveauté « gauchiste » de la Wertkritik selon laquelle le développement du chômage massif menait tout droit à « l’abolition du travail », et dans la foulée, de la loi de la valeur et de l’argent, tant qu’à faire…

On avait alors rappelé le comique ancien Ferdinand Lop, qui, à la suite de Rochefort, avait mis à son programme « l’extinction du paupérisme après dix heures du soir »…

Et on avait donc redécouvert, avec le « Collectif Défense » et ses semblables, que selon leur prétendu « socialisme » la monnaie se dévalorise, avec pour objectif « de libérer les travailleurs au lieu de les asservir. »

A tous points de vues, et d’abord idéologique, une véritable « monnaie de singes »…

Luniterre

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ANNEXE:

L’édition de 1955 du Manuel de l’Académie des Sciences de l’URSS est la dernière à contenir encore des traces de l’orientation issue des débats du XIXème Congrès. Toutefois le principe des échanges directs, sans utilisation de la monnaie, et qui avaient été un des enjeux de ces débats, n’y figure déjà plus de manière explicite. L’année suivante, au XXème Congrès, c’est l’ensemble qui est remis en cause par les khrouchtcheviens. La liquidation totale des SMT et donc de ces échanges sera bientôt engagée, et définitive, à partir de 1959.

 A la suite, quelques extraits significatifs de l’édition 1955, ainsi que de l’ouvrage de préparation du XIXème Congrès, « Les problèmes économiques du socialisme en URSS » :

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32.4. La monnaie et ses fonctions dans l’économie socialiste.

Dans la société socialiste, la monnaie est une nécessité puis qu’existent une production marchande et la loi de la valeur.

« Avant la révolution socialiste, les socialistes écrivaient qu’il serait impossible de le supprimer immédiatement [l’argent], […] Il faut de très nombreuses conquêtes techniques et, ce qui est beaucoup plus difficile et plus important, des progrès dans l’organisation, pour supprimer l’argent ; […]

Pour le supprimer, on doit organiser la répartition des produits alimentaires pour des centaines de millions d’hommes ; c’est une affaire de longue haleine. »

V. Lénine, « Comment on trompe le peuple avec les mots d’ordre de liberté et d’égalité », Discours prononcé au 1er Congrès de l’enseignement extra-scolaire de Russie, Œuvres, t. 29, p. 361.

P. 371.

En régime socialiste, la monnaie change complètement de nature conformément aux besoins du développement de l’économie socialiste. À la différence de ce qui se passe en régime capitaliste, où elle se transforme en capital et est un moyen de s’approprier le travail non rémunéré d’autrui, la monnaie, dans la société socialiste, est un moyen d’organiser l’édification économique dans l’intérêt des masses populaires conformément aux exigences de la loi économique fondamentale du socialisme. Elle exprime les rapports de production socialistes.

En régime socialiste, la monnaie joue le rôle d’équivalent général dans l’ensemble de l’économie nationale. La forme monétaire est utilisée non seulement pour la circulation des articles de consommation et des moyens de production qui sont des marchandises, mais aussi pour la circulation économique des moyens de production qui, n’étant pas au fond des marchandises, conservent néanmoins la forme marchandise. L’unité de l’économie nationale de la société socialiste, la liaison indissoluble et l’interdépendance de la production des moyens de production et de celle des articles de consommation, ainsi que de l’industrie d’État et de la production kolkhozienne, exigent une mesure unique pour l’expression et le calcul du travail social dépensé dans la production. Dans la société socialiste, où existent deux formes de propriété socialiste, cette mesure universelle du travail social ne peut être que la monnaie.

Si, en régime capitaliste, la monnaie est l’instrument d’un recensement spontané du travail social, qui s’effectue à l’insu des producteurs par l’intermédiaire des fluctuations du marché, dans l’économie socialiste la monnaie est l’instrument économique de la gestion planifiée de l’économie ; elle sert la production et la répartition du produit social.

Par conséquent, dans la société socialiste, la monnaie est l’équivalent général, l’instrument économique de la planification de l’économie nationale, le moyen permettant d’assurer un recensement et un contrôle d’ensemble de la production et de la répartition du produit social, ainsi que de la mesure du travail et de la rémunération.

La nouvelle nature de la monnaie en régime socialiste s’exprime par le fait qu’en conservant son ancienne forme, elle change de contenu social et de destination par rapport aux fonctions de la monnaie en régime capitaliste.

La monnaie remplit avant tout la fonction de mesure de la valeur des marchandises, c’est-à-dire qu’elle sert à mesurer la quantité de travail social qu’elles renferment. En régime socialiste, l’existence de deux formes principales de production socialiste fait que le bilan de l’activité économique d’une entreprise, la comparaison des résultats du travail des entreprises et des branches fournissant des produits différents, le volume de la production de diverses branches de l’économie nationale et de l’économie nationale dans son ensemble ne peuvent être exprimés qu’en monnaie. Comme les moyens de production, sans être des marchandises, gardent la forme marchandises et la forme valeur, la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur permet aussi de calculer le travail social dépensé pour produire les moyens de production.

On sait que seule une marchandise-monnaie, ayant une valeur propre, peut remplir le rôle de mesure de la valeur. Cette marchandise-monnaie, c’est l’or.

En Union soviétique comme dans les autres pays du camp socialiste, c’est l’or qui joue le rôle d’équivalent général. La monnaie soviétique a une teneur en or et est une monnaie-or. Dans la société socialiste, la monnaie ne peut remplir sa fonction de mesure de la valeur des marchandises qu’en vertu de cette liaison avec l’or. Lénine rattachait l’abolition de la monnaie-or à la victoire du socialisme à l’échelle mondiale.

Pour le moment, disait-il, il faut nous montrer ménagers de l’or en R.S.F.S.R., le vendre aussi cher que possible et acheter avec cet or des marchandises aussi bon marché que possible.

V. Lénine, « Sur le rôle de l’or aujourd’hui et après la victoire complète du socialisme », Œuvres, t. 33, p. 109.

Partant du fait que l’or se présente comme un équivalent général, l’État soviétique a, lors de la réforme monétaire de 1922-1924, fixé la teneur en or du rouble. Par la suite, celle-ci a été fixée d’une manière indirecte en établissant le cours du rouble soviétique par rapport au franc, puis au dollar. En 1950, l’augmentation du pouvoir d’achat du rouble et la diminution du pouvoir d’achat du dollar et des autres monnaies capitalistes ont incité l’État soviétique à fixer directement à 0,222 168 gramme d’or la teneur en or du rouble. Le cours de celui-ci par rapport aux monnaies étrangères a été relevé en conséquence.

L’État soviétique extrait et accumule l’or en tant que monnaie mondiale pour le commerce avec les pays du marché mondial capitaliste, comme avec les pays du marché mondial du camp socialiste.

Il utilise la monnaie dans sa fonction de mesure de la valeur comme le moyen d’assurer la direction planifiée, le recensement et le contrôle de la production et de la répartition du produit social, comme l’instrument permettant de réaliser la gestion équilibrée. Ainsi, la confrontation des prix de revient planifiée et réels permet d’élucider les raisons pour lesquelles le prix de revient planifié a été dépassé et d’arrêter les mesures nécessaires pour abaisser le prix de revient et accroître la rentabilité de l’entreprise.

Comme mesure de la valeur, la monnaie est pour l’État socialiste un élément de la planification des prix. Dans l’économie socialiste, le prix est l’expression monétaire, déterminée par le plan, de la valeur d’une marchandise.

Dans l’économie socialiste, la monnaie sert aussi d’étalon des prix. En U.R.S.S., l’étalon des prix est le rouble.

En régime socialiste la monnaie est un moyen de circulation. C’est en cette qualité qu’elle intervient lors de la vente et de l’achat des articles de consommation courante et qu’elle est mise à profit pour développer la circulation des marchandises.

Dans l’économie socialiste, la monnaie est un moyen de paiement, quand il s’agit, par exemple, de payer leur salaire aux ouvriers et aux employés, et aussi de verser leur revenu en argent aux kolkhoziens, quand les entreprises socialistes obtiennent des avances ou les remboursent, quand on acquitte les impôts. L’État socialiste utilise la monnaie, moyen de paiement, pour contrôler l’activité des entreprises socialistes. Ainsi, les banques ne délivrent de l’argent à ces dernières que dans la mesure où elles ont exécuté leur plan de production. En exigeant le remboursement des prêts à la date prévue, la banque stimule l’accomplissement du plan par l’entreprise, faute de quoi celle-ci ne peut réunir les fonds nécessaires pour se libérer de sa dette.

En régime socialiste, la monnaie est un moyen d’accumulation socialiste et d’épargne. Les entreprises d’État et les kolkhoz déposent leur argent en banque. Les revenus, sous leur forme monétaire, et l’argent liquide des entreprises et des organisations sont utilisés pour concourir à l’accumulation socialiste, développer la production, constituer des réserves, satisfaire les besoins matériels et culturels de la population. Le bien-être croissant des travailleurs entraîne une augmentation de leurs économies, qui sont déposées à la caisse d’épargne.

Dans la société socialiste, l’or est une monnaie universelle. La réserve-or est avant tout une réserve de monnaie universelle dont l’État dispose, en tant que moyen d’achat et de paiement, pour le règlement de ses comptes internationaux en matière de commerce extérieur.

La stabilité de la monnaie soviétique est garantie non seulement par une réserve en or, mais encore et surtout par l’énorme quantité de marchandises concentrées entre les mains de l’État et mises en circulation aux prix fermes fixés par le plan. Aucune monnaie capitaliste ne possède une couverture aussi solide.

(NDLR: A cette époque, la garantie or d’une monnaie était encore une sécurité importante, mais déjà plus essentielle, par rapport à l’équilibre économique du pays. Cette dernière clause était donc clairement une anticipation sur la nécessité de faire face au dollar. Résistance aussitôt abandonnée par l’arrivée au pouvoir de Khrouchtchev…)

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect04.html    )

 

 

 

32.1. La nécessité de la production marchande en régime socialiste ; ses particularités.

La nécessité de la production marchande en régime socialiste résulte de l’existence de deux formes essentielles de production socialiste : la forme étatique et la forme kolkhozienne. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets produits sont propriété du peuple tout entier. Dans les kolkhoz, les moyens de production (bêtes de trait et bétail de rapport, matériel agricole, bâtiments d’exploitation, semences, etc.) et les produits obtenus sont propriété d’un groupe, propriété coopérative-kolkhozienne. Les moyens principaux, déterminants de la production agricole (la terre et les machines des S.M.T.), sont propriété d’État. La production des entreprises d’État appartenant à l’État socialiste, alors que celle des kolkhoz appartient à ces derniers, les relations économiques entre l’industrie et l’agriculture prennent nécessairement la forme d’échanges de marchandises par achat et vente. Et comme toujours quand il s’agit d’achat et de vente, le producteur de marchandises perd son droit de propriété sur la marchandise au profit de celui qui l’a acquise.

Lénine a indiqué que « échange des produits de la grande industrie (“socialisée”) contre les produits paysans, telle est la substance économique du socialisme » (V. Lénine, « Plan de la brochure L’Impôt en nature », Œuvres, t. 32, p. 342) ; que l’échange des marchandises permet de vérifier la justesse des rapports qui existent entre l’industrie et l’agriculture, entre la classe ouvrière et la paysannerie. Cette thèse de Lénine reste vraie pour toute la première phase du communisme. C’est avant tout dans les kolkhoz et chez les kolkhoziens, par la circulation marchande, par voie de stockage et d’achats, que l’État soviétique se procure des denrées alimentaires pour la population des villes et des matières premières pour l’industrie. À leur tour, les kolkhoz et les kolkhoziens ne peuvent se procurer l’argent dont ils ont besoin pour acquérir des produits industriels qu’en vendant leur production marchande à l’État, aux coopératives et sur les marchés kolkhoziens.

Ainsi, les produits agricoles et les matières premières que l’État et les coopératives reçoivent du secteur kolkhozien par voie de stockage et d’achats, aussi bien que les denrées agricoles vendues sur les marchés kolkhoziens par les kolkhoz et les kolkhoziens, sont des marchandises. Il en est de même pour les articles industriels, et surtout les objets de consommation individuelle, produits par les entreprises d’État et achetés par les kolkhoz et les kolkhoziens. Étant des marchandises, les produits industriels et agricoles de consommation courante parviennent à la population urbaine également par l’achat et la vente. Dans ce cas, les marchandises cessent d’être la propriété de l’État ou des coopératives ou la propriété personnelle des kolkhoziens pour devenir la propriété personnelle des ouvriers et des employés.

La production marchande est, en régime socialiste, une production marchande d’un type à part, une production marchande sans propriété privée des moyens de production, sans capitalistes. Elle est, dans l’essentiel, le fait de producteurs socialistes collectifs (État, kolkhoz, coopératives). Grâce à ces conditions économiques déterminantes que sont la propriété sociale des moyens de production, l’abolition du salariat et de l’exploitation de l’homme par l’homme, elle se trouve placée, en régime socialiste, dans des limites déterminées. Elle ne peut se transformer en production capitaliste ; elle est au service de la société socialiste.

La production marchande n’a pas ici une extension aussi illimitée et universelle qu’en régime capitaliste. En régime socialiste, la sphère de la production et de la circulation marchandes est limitée principalement aux objets de consommation individuelle ; la force de travail n’est pas une marchandise ; la terre et le sous-sol sont la propriété de l’État et ne peuvent être ni vendus, ni achetés. Les entreprises d’État — usines, fabriques, mines, centrales électriques avec leurs fonds fixes essentiels (instruments de production, bâtiments, installations, etc.) — ne sauraient être vendues ou achetées ; elles ne peuvent être remises par une organisation d’État à une autre qu’en vertu d’une autorisation spéciale, et ne sont donc pas des marchandises susceptibles d’être vendues et achetées.

Les moyens de production fabriqués dans le secteur d’État : machines, métaux, charbon, pétrole, etc., sont répartis pour la plupart entre les entreprises d’État. Les plans de l’économie nationale prévoient l’attribution à chaque entreprise de fonds matériels dont le montant est déterminé par son programme de production. Ces fonds sont fournis par les entreprises productrices aux entreprises consommatrices en vertu de contrats passés entre elles. Quand des moyens de production sont livrés à telle ou telle entreprise, l’État socialiste en conserve l’entière propriété. Lorsque des directeurs d’entreprise ont reçu de l’État socialiste des moyens de production, ils n’en deviennent pas pour autant les propriétaires ; ils sont les représentants de l’État, chargés par lui de les utiliser conformément aux plans qu’il a établis. Les machines agricoles essentielles : tracteurs, moissonneuses-batteuses, etc., ne sont pas vendues aux kolkhoz mais concentrées dans des entreprises d’État : les stations de machines et de tracteurs, qui les utilisent pour desservir les kolkhoz.

Les moyens de production achetés par les coopératives de production, les kolkhoz et les kolkhoziens : véhicules automobiles, équipements destinés à l’exploitation collective du kolkhoz, ciment, fer, briques, charbon, bois de charpente, machines agricoles simples et matériel divers, sont des marchandises. Les moyens de production vendus aux États étrangers le sont également. Dans ces cas, il y a vente et achat ; les marchandises changent de propriétaires.

Ainsi, les moyens de production fabriqués par des entreprises d’État et répartis à l’intérieur du secteur d’État ne sont pas, en fait, des marchandises. Mais étant donné que les objets de consommation, les matières premières agricoles et une partie des moyens de production sont des marchandises et que l’économie socialiste forme un tout dont les parties constituantes sont étroitement liées, les moyens de production circulant à l’intérieur du secteur d’État conservent, eux aussi, la forme marchandise. Ils sont donc exprimés en valeur et évalués en termes monétaires, ce qui est indispensable pour la réalisation de la gestion équilibrée, pour le recensement et la comptabilité.

( http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap32sect01.html  )

 

 

 

35.3. L’exploitation collective des kolkhoz. La planification de la production kolkhozienne.

Libérés de la nécessité de dépenser des sommes considérables pour acheter ou louer de la terre, ainsi que pour se procurer les principaux moyens de production, les kolkhoz peuvent utiliser leurs revenus croissants pour développer leur exploitation collective. L’exploitation collective du kolkhoze, organisée sur des terres appartenant à l’État, met en œuvre l’outillage moderne concentré dans les S.M.T. et qui est la propriété du peuple entier. Les moyens de production de l’artel et les produits obtenus par lui sont propriété coopérative-kolkhozienne.

Conformément à la nature de l’artel agricole, entreprise de type coopératif, les moyens de production socialisés font partie du fonds indivis du kolkhoz. Le fonds indivis du kolkhoz comprend les instruments de travail du kolkhoz, le bétail de trait et le bétail de rapport, les bâtiments, les moyens de transport, les entreprises auxiliaires, les plantations diverses, les ouvrages d’irrigation, les matériaux et l’argent destinés à développer l’économie collective. Il convient d’y ajouter les bâtiments à destination sociale et culturelle (clubs kolkhoziens, salles de lecture, jardins d’enfants, etc.) L’augmentation constante de fonds indivis est la condition essentielle du développement de l’économie collective des kolkhoz, de l’accroissement de la richesse kolkhozienne.

Les kolkhoz consacrent leurs ressources à construire des locaux d’exploitation, des étables, des canaux d’irrigation et d’assèchement, des réservoirs d’eau, à défricher le sol, à édifier des centrales électriques kolkhoziennes et d’autres ouvrages. Les fonds investis par eux dans l’économie collective, qu’il s’agisse de leurs ressources propres ou du travail des kolkhoziens, sans compter les dépenses effectuées pour augmenter le cheptel, se sont élevés à environ 40 milliards de roubles en 1946-1950 et à 52 milliards en 1951-1954. Les kolkhoz ont en outre dépensé plus de 11 milliards de roubles en 1946-1950, et 6 milliards en 1951-1954 pour accroître leur bétail collectif et leur volaille.

Grandes entreprises socialistes, les kolkhoz doivent être gérés selon un plan ; ils ne sauraient exister et se développer spontanément. Le développement planifié de l’économie collective des kolkhoz dans la voie d’un essor continu est la base de l’élévation du niveau de vie matérielle et culturelle des kolkhoziens. Faisant partie du système de l’économie socialiste, les kolkhoz doivent, en développant le plus possible leur exploitation collective, accroître toujours plus leur production marchande dans la proportion nécessaire à l’approvisionnement des villes et des centres industriels, aux besoins du commerce extérieur et à la création de réserves. On applique dans les kolkhoz une planification à long terme visant à promouvoir un essor rapide de l’agriculture dans les délais les plus brefs et en fonction de laquelle sont dressés les plans annuels.

Le point de départ de la planification par l’État de la production kolkhozienne est la planification de la production marchande mise par les kolkhoz à la disposition de l’État.

La production marchande des kolkhoz s’accroît en même temps que l’économie collective. La gestion planifiée de l’agriculture prévoit la nécessité d’une utilisation plus productive des terres cultivées. L’indice le plus important des résultats de l’activité économique des kolkhoz est l’obtention du maximum de production globale de l’agriculture et de l’élevage pour 100 hectares de terre (labours, prés, pâturages) et par journée-travail dépensée.

Le plan d’État de développement de l’économie rurale prévoit un accroissement des livraisons à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage au titre des stockages obligatoires d’État, du paiement en nature des S.M.T., du règlement des contrats et des achats. Les S.M.T. se voient fixer le volume des travaux à effectuer à l’aide de tracteurs dans les kolkhoz. Les kolkhoz doivent, avec le concours des S.M.T., prévoir dans leur plan un niveau de production qui assure l’exécution intégrale des tâches assignées par le plan d’État pour la livraison et la vente à l’État des produits de l’agriculture et de l’élevage, et l’entière satisfaction des besoins de l’économie collective et des kolkhoziens eux-mêmes. Ils déterminent à cet effet, comme ils l’entendent, la superficie des emblavures, le niveau des rendements, le cheptel par espèces et la productivité de l’élevage, le système des mesures agrotechniques et zootechniques. Les plans d’ensemencement et d’élevage sont discutés et ratifiés par les assemblées générales des kolkhoziens.

Ce mode de planification développe l’initiative des kolkhoz en vue d’obtenir le maximum de produits par hectare de terrain. Il renforce en même temps la responsabilité des kolkhoz et des S.M.T. quant à la livraison à l’État de la quantité nécessaire de produits de l’agriculture et de l’élevage.

Ce mode de planification est appelé à accroître chez les kolkhoziens et les travailleurs des S.M.T. l’intérêt pour un développement dans les kolkhoz d’une économie à branches multiples, compte tenu des conditions naturelles et économiques des diverses régions du pays, et à multiplier les initiatives en ce sens.

L’un des grands avantages des entreprises agricoles socialistes est qu’elles peuvent développer une économie à branches multiples qui permet d’associer rationnellement les différentes branches de la production rurale, avant tout l’agriculture et l’élevage et d’obtenir le maximum de production à l’hectare. Dans les kolkhoz qui combinent judicieusement, en conformité avec les conditions naturelles et économiques de la région, la production des céréales, des plantes industrielles, des fourrages et des légumes, ainsi que l’élevage, la main-d’œuvre est utilisée de façon plus complète et plus régulière au cours de l’année, les indices de productivité du travail et les revenus sont plus élevés. Les rentrées de fonds se font plus régulièrement tout au long de l’année, ce qui permet de financer en temps voulu les mesures économiques appliquées.

L’économie à branches multiples n’abolit pas, mais suppose au contraire la spécialisation des régions, des districts et des exploitations elles-mêmes par branche, par culture et par espèce de bétail. Une gestion rationnelle de l’exploitation rurale socialiste exclut aussi bien l’universalisme de la petite agriculture où l’on cultive de tout, principalement en vue de la consommation propre, que le développement unilatéral des exploitations capitalistes, qui se spécialisent généralement dans une culture déterminée (monoculture).

La spécialisation de l’économie rurale socialiste signifie, premièrement, l’utilisation la plus complète des conditions naturelles et économiques concrètes propres à chaque région et district pour obtenir méthodiquement un produit nécessaire à la société (tel le coton dans les républiques soviétiques d’Asie centrale) ; deuxièmement, une combinaison judicieuse des branches économiques d’activité fondamentales et complémentaires et avant tout de l’agriculture et de l’élevage, des cultures céréalières, industrielles et potagères ; troisièmement, selon les particularités régionales, un choix de cultures et de bétail tel qu’il assure le maximum de produits de haute qualité avec le minimum de dépenses en travail et en moyens par unité de produit.

La répartition planifiée de la production rurale dans le pays doit répondre, elle aussi, à ces exigences. Tout schématisme dans la répartition géographique des cultures et des variétés de bétail, toute application uniforme des assolements et de l’agrotechnique ne tenant pas compte des particularités naturelles et économiques de la région va à l’encontre des principes d’une gestion rationnelle de l’économie socialiste planifiée.

http://www.d-meeus.be/marxisme/manuel/chap35sect03.html  )

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« LES PROBLÈMES ÉCONOMIQUES DU SOCIALISME EN URSS »

Le texte intégral en PDF:

Les problèmes économiques du socialisme en URSS

Pages 7 à 10_

« On ne peut pas non plus considérer comme une réponse l’opinion d’autres pseudo marxistes qui pensent qu’il conviendrait peut-être de prendre le pouvoir, de procéder à l’expropriation des petits et moyens producteurs à la campagne et de socialiser leurs moyens de production. Les marxistes ne peuvent pas non plus s’engager dans cette voie insensée et criminelle qui enlèverait à la révolution prolétarienne toute possibilité de victoire et rejetterait pour longtemps la paysannerie dans le camp des ennemis du prolétariat.

Lénine a répondu à cette question dans ses ouvrages sur « l’impôt en nature » et dans son fameux « plan coopératif ». La réponse de Lénine se ramène brièvement à ceci :

a) ne pas laisser échapper les conditions favorables à la prise du pouvoir ; le prolétariat prendra le pouvoir sans attendre le moment où le capitalisme sera en mesure de ruiner les millions de petits et moyens producteurs individuels ;

b) exproprier les moyens de production dans l’industrie et les remettre en possession du peuple ;

c)pour les petits et moyens producteurs individuels, on les groupera progressivement en des coopératives de production, c’est-à-dire en de grosses entreprises agricoles, les kolkhozes ;

d)développer par tous les moyens l’industrie et assigner aux kolkhozes une base technique moderne, celle de la grande production ; ne pas les exproprier mais, au contraire, les fournir abondamment de tracteurs et autres machines de premier ordre ;

e) pour assurer l’alliance économique de la ville et des campagnes, de l’industrie et de l’agriculture, on maintiendra pour un temps la production marchande (échange par achat et vente), comme la forme la seule acceptable pour les paysans des relations économiques avec la ville, et on développera à fond le commerce soviétique, le commerce d’État et le commerce coopératif et kolkhozien, en éliminant du commerce tous les capitalistes.

L’histoire de notre édification socialiste montre que cette voie de développement, tracée par Lénine, s’est entièrement vérifiée.

Il ne peut faire de doute que pour tous les pays capitalistes qui possèdent une classe plus on moins nombreuse de petits et moyens producteurs, cette voie de développement est la seule possible et rationnelle pour la victoire du socialisme.

On dit que la production marchande doit néanmoins, en toutes circonstances, aboutir et aboutira absolument au capitalisme. Cela est faux. Pas toujours ni en toutes circonstances ! On ne peut identifier la production marchande à la production capitaliste. Ce sont deux choses différentes. La production capitaliste est la forme supérieure de la production marchande. La production marchande ne conduit au capitalisme que si la propriété privée des moyens de production existe ; que si la force de travail apparaît sur le marché comme une marchandise que le capitaliste peut acheter et exploiter pour la production ; que si, par conséquent, il existe au pays un système d’exploitation des ouvriers salariés par les capitalistes. La production capitaliste commence là où les moyens de production sont détenus par des particuliers, tandis que les ouvriers, dépourvus des moyens de production, sont obligés de vendre leur force de travail comme une marchandise. Sans cela, il n’y a pas de production capitaliste.

Et bien, si ces conditions ne sont pas réunies, qui transforment la production marchande en production capitaliste, si les moyens de production ne sont plus une propriété privée, mais la propriété socialiste, si le salariat n’existe pas et la force de travail n’est plus une marchandise, si le système d’exploitation a été depuis longtemps aboli, comment faire alors : peut-on considérer que la production marchande aboutira quand même au capitalisme ? Évidemment non. Or, notre société est précisément une société où la propriété privée des moyens de production, le salariat et l’exploitation n’existent plus depuis longtemps.

On ne peut pas considérer la production marchande comme une chose se suffisant à elle-même, indépendante de l’ambiance économique. La production marchande est plus vieille que la production capitaliste. Elle existait sous le régime d’esclavage et le servait, mais n’a pas abouti au capitalisme. Elle existait sous le féodalisme et le servait, sans toutefois aboutir au capitalisme, bien qu’elle ait préparé certaines conditions pour la production capitaliste. La question se pose : pourquoi la production marchande ne peut-elle pas de même, pour un temps, servir notre société socialiste sans aboutir au capitalisme, si l’on tient compte que la production marchande n’a pas chez nous une diffusion aussi illimitée et universelle que dans les conditions capitalistes ; qu’elle est placée chez nous dans un cadre rigoureux grâce à des conditions économiques décisives comme la propriété sociale des moyens de production, la liquidation du salariat et du système d’exploitation ?

On dit qu’après que la propriété sociale des moyens de production s’est installée dans notre pays et que le salariat et l’exploitation ont été liquidés, la production marchande n’a plus de sens, qu’il faudrait pas conséquent l’éliminer.

Cela est également faux. A l’heure actuelle, il existe chez nous deux formes essentielles de production socialiste : celle de l’État, c’est-à-dire du peuple entier, et la forme kolkhozienne, que l’on ne peut pas appeler commune au peuple entier. Dans les entreprises d’État, les moyens de production et les objets fabriqués constituent la propriété du peuple entier. Dans les entreprises kolkhoziennes, bien que les moyens de production (la terre, les machines) appartiennent à l’État, les produits obtenus sont la propriété des différents kolkhozes qui fournissent le travail de même que les semences ; les kolkhozes disposent pratiquement de la terre qui leur a été remise à perpétuité comme de leur bien propre, quoiqu’ils ne puissent pas la vendre, l’acheter, la donner à bail ou la mettre en gage.

L’État ne peut donc disposer que de la production des entreprises d’État, les kolkhozes bénéficiant de leur production comme de leur bien propre. Mais les kolkhozes ne veulent pas aliéner leurs produits autrement que sous la forme de marchandises, en échange de celles dont ils ont besoin. Les kolkhozes n’acceptent pas aujourd’hui d’autres relations économiques avec la ville que celles intervenant dans les échanges par achat et vente de marchandises. Aussi la production marchande et les échanges sont-ils chez nous, à l’heure actuelle, une nécessité pareille à celle d’il y a trente ans, par exemple, époque à laquelle Lénine proclamait la nécessité de développer par tous les moyens les échanges.

Certes, lorsqu’au lieu de deux principaux secteurs de production, État et kolkhozes, il se formera un seul secteur universel investi du droit de disposer de tous les produits de consommation du pays, la circulation des marchandises avec son « économie monétaire » aura disparu comme un élément inutile de l’économie nationale. D’ici là, aussi longtemps que les deux principaux secteurs de production existeront, la production marchande et la circulation des marchandises resteront en vigueur comme un élément nécessaire et très utile dans le système de notre économie nationale. Comment sera-t-il procédé à la formation d’un seul secteur universel ? Par simple absorption du secteur kolkhozien dans le secteur d’État, ce qui est peu probable (ceci pouvant être considéré comme une expropriation des kolkhozes), ou par la constitution d’un seul organisme économique national (avec des représentants de l’industrie d’État et des kolkhozes), ayant le droit d’abord de recenser tous les produits de consommation du pays et, avec le temps, de répartir la production, par exemple, sous forme d’échange des produits ? C’est là une autre question qui demande un examen à part.

Par conséquent, notre production marchande n’est pas une production marchande ordinaire, elle est d’un genre spécial, une production marchande sans capitalistes, qui se préoccupe pour l’essentiel des marchandises appartenant à des producteurs socialistes associés (État, kolkhozes, coopératives), et dont la sphère d’action est limitée à des articles de consommation personnelle, qui ne peut évidemment pas se développer pour devenir une production capitaliste et doit aider, avec son « économie monétaire », au développement et à l’affermissement de la production socialiste.

Aussi ont-ils absolument tort, ceux qui déclarent que, du moment que la société socialiste maintient les formes marchandes de la production, il y a lieu, soit-disant, de rétablir chez nous toutes les catégories économiques propres au capitalisme : la force de travail comme marchandise, la plus-value, le capital, le profit du capital, le taux moyen du profit, etc. Ces camarades confondent la production marchande avec la production capitaliste et estiment que, du moment qu’il y a production marchande, il doit y avoir aussi production capitaliste. Ils ne comprennent pas que notre production marchande se distingue foncièrement de la production marchande sous le capitalisme.

Bien plus, je pense qu’il faut renoncer à certaines autres notions empruntées au Capital , où Marx se livrait à l’analyse du capitalisme, et artificiellement accolées à nos rapports socialistes. Je veux parler entre autres de notions telles que le travail « nécessaire » et le « surtravail », le produit « nécessaire » et le « surproduit », le temps « nécessaire » et le « temps extra ». Marx a analysé le capitalisme afin d’établir l’origine de l’exploitation de la classe ouvrière, la plus-value, et de fournir à la classe ouvrière privée des moyens de production une arme spirituelle pour renverser le capitalisme. On comprend que Marx se sert ici de notions (catégories) qui répondent parfaitement aux rapports capitalistes. Mais il serait plus qu’étrange de se servir actuellement de ces notions, alors que la classe ouvrière, loin d’être privée du pouvoir et des moyens de production, détient au contraire le pouvoir et possède les moyens de production. Les propos sur la force de travail comme marchandise et sur le « salariat » des ouvriers sonnent d’une façon assez absurde sous notre régime : comme si la classe ouvrière, possédant les moyens de production, se salariait elle-même et se vendait à elle-même sa force de travail. Il n’est pas moins étrange de parler aujourd’hui de travail « nécessaire » et de « surtravail » : comme si dans nos conditions, le travail des ouvriers donné à la société en vue d’élargir la production, de développer l’instruction, la santé publique, d’organiser la défense nationale, etc., n’était pas aussi nécessaire à la classe ouvrière, aujourd’hui au pouvoir, que le travail dépensé pour subvenir aux besoins personnels de l’ouvrier et de sa famille.

Il est à noter que Marx dans sa Critique du programme de Gotha , où il analyse non plus le capitalisme, mais entre autres la première phase de la société communiste, reconnaît que le travail consacré à la société pour élargir la production, pour l’instruction, la santé publique, les frais d’administration, la constitution de réserves, etc., est aussi nécessaire que le travail dépensé pour subvenir aux besoins de consommation de la classe ouvrière.

Je pense que nos économistes doivent en finir avec ce défaut de concordance entre les vieilles notions et le nouvel état de choses dans notre pays socialiste, en substituant aux notions anciennes des notions appropriées à la nouvelle situation.

Nous avons pu tolérer ce défaut de concordance un certain temps. Mais l’heure est venue où nous devons enfin remédier à ce défaut. »

CONCLUSION DU LIVRE:


« La question se pose : qu’Est-ce donc que le kolkhoze possède en propre, où est la propriété kolkhozienne dont il peut disposer eu toute liberté, comme il l’entend ? Cette propriété, c’est la production du kolkhoze, le fruit de la production kolkhozienne : blé, viande, beurre, légumes, coton, betterave, lin, etc., sans compter les bâtiments et les exploitations personnelles des kolkhoziens dans leurs enclos. Le fait est qu’une partie considérable de cette production, les excédents de la production kolkhozienne arrivent sur le marché (*) et s’intègrent de cette façon au système de la circulation des marchandises. C’est ce qui empêcha actuellement d’élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale. C’est donc de ce côté là qu’il faut activer le travail pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale.

(* NDTML: Une précision utile: ici se trouve donc la seule et unique mention du « marché » en lien avec l’économie socialiste de l’URSS à cette époque!)

Pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale, il faut que les excédents de la production kolkhozienne soient éliminés de la circulation des marchandises et intégrés au système d’échange de produits entre l’industrie d’État et les kolkhozes. Là est l’essentiel.

Nous n’avons pas encore de système développé d’échange de produits, mais il existe des embryons de cet échange sous forme de « paiement en marchandises » pour les produits agricoles. On sait que la production des kolkhozes cultivant le coton, le lin, la betterave, etc., est depuis longtemps « payée en marchandises » ; il est vrai que cela ne se fait que partiellement, pas en totalité, mais cela se fait tout de même. Remarquons en passant que le terme « paiements en marchandises », n’est pas heureux, qu’il faudrait le remplacer par « échange de produits ». La tâche est d’organiser dans toutes les branches de l’agriculture ces embryons d’échanges de produits et de les développer pour en faire un vaste système d’échange, de façon que les kolkhozes reçoivent pour leur production de l’argent, mais surtout les articles dont ils ont besoin. Ce système nécessitera un accroissement considérable de la production livrée par la ville au village ; il faudra donc l’introduire sans trop de précipitation au fur et à mesure de l’accumulation des articles produits par la ville. Mais il faut l’introduire méthodiquement, sans hésiter, en restreignant pas à pas la sphère de la circulation des marchandises et en élargissant la sphère des échanges de produits.

Ce système, en restreignant la sphère de la circulation des marchandises, aidera à passer du socialisme au communisme. En outre, il permettra d’inclure la propriété essentielle des kolkhozes, la production kolkhozienne, dans le système d’ensemble de la planification nationale.

Ceci sera un moyen réel et décisif pour élever la propriété kolkhozienne au niveau de propriété nationale dans nos conditions actuelles.

Ce système est-il avantageux pour la paysannerie kolkhozienne ?

Il l’est incontestablement. Avantageux parce que la paysannerie kolkhozienne recevra de l’État des produits en quantité beaucoup plus grande et à des prix meilleur marché qu’avec le système de circulation des marchandises. Tout le monde sait que les kolkhozes qui ont passé des contrats avec le Gouvernement pour des échanges de produits (« paiement en marchandises ») bénéficient d’avantages infiniment plus grands que les kolkhozes qui n’en ont pas conclu. Si l’on étend le système d’échanges des produits à tous les kolkhozes du pays, toute notre paysannerie kolkhozienne bénéficiera de ces avantages.» 

28 septembre 1952. » 

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Monnaie, monnaie ! Capitalisme ou Socialisme ?

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Monnaie, monnaie !

Capitalisme

ou Socialisme ?

 

Une brève réponse, suite à la présentation, sur le blog VLR, d’un volumineux document, intéressant par le grand nombre d’informations qu’il contient, mais qui prétend proposer diverses alternatives au système monétaire actuel, sans toutefois en faire d’explications autre que purement empiriques, très compliquées malgré tout, et très peu convaincantes, en fin de compte. L’essentiel y est oublié, et pour cause…

http://mai68.org/spip2/spip.php?article1029

 

« Notre société est fondamentalement absurde et profondément injuste à cause d’un système monétaire qui est, de fait, une énorme supercherie. » C’est ce que nous dit Marc Jutier en présentation de son fort intéressant livre sur le sujet : « La monnaie pour les nuls »…  ( http://mai68.org/spip2/spip.php?article1029 ) Que le système monétaire actuel repose sur une escroquerie à grande échelle, on n’en doute pas, mais est-ce bien la cause fondamentale des maux que nous inflige le capitalisme ? Il réduit à très peu l’indépendance des nations et des États, nous explique-t-il, ce qui parait être une évidence à l’heure de la « mondialisation », mais est-ce là encore le bon fil de la réflexion ? Prenons le déjà par ce bout…

Il est évident qu’un état ne peut être indépendant que s’il contrôle complètement sa propre monnaie. Même si ce n’est pas non plus le seul critère d’indépendance, tout aussi évidemment.

Le contrôle de la création monétaire implique de contrôler les banques, c’est à dire, en pratique, de les nationaliser.

Mais cela ne suffit encore pas à déterminer la nature sociale ou non de la politique suivie, des choix de gestion.

Selon une règle économique de base, l’argent en circulation est censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La valeur globale des biens n’est jamais que la valeur du travail socialement nécessaire à leur production et accumulé en eux.

C’est la loi de l’offre et de la demande, ou loi du marché, qui provoque à la fois des déséquilibre et des crises, en permettant également aux capitalistes toutes les manœuvres de spéculation, de dumping, etc…

Ce n’est que très rarement que le marché permet un équilibre réel entre offre et demande, faisant coïncider valeur réelle et prix du marché.

De plus, sous le capitalisme, cela ne correspond qu’à un équilibre entre production et demande solvable, c’est à dire de la part de ceux qui ont les moyens financiers, indépendamment de leurs besoins sociaux réel, et sans rapport avec la mesure de leurs besoins vitaux.

L’équilibre du marché répond d’abord à des besoins solvables et non à des besoins sociaux.

Il n’est qu’un équilibre illusoire, entre deux crises, et qui laisse les plus démunis sur le carreau, quoi qu’il en soit.

Un état indépendant et réellement socialiste doit donc chercher à se libérer de la loi du marché.

C’est à dire faire correspondre, de manière nécessairement planifiée, la production aux besoins sociaux et aux besoins vitaux réels de sa population.

C’est l’élaboration démocratique du plan, avec la participation de tous, qui fait la différence entre socialisme réel, démocratique prolétarien, et pouvoir bureaucratique, régénérateur de capitalisme.

Avec les moyens modernes de communication et d’échange, à l’ère de l’internet, une élaboration interactive et démocratique du plan, faisant correspondre besoins sociaux et production, c’est devenu tout à fait possible.

La méthode simple d’échange que Marx proposait par les « bons de travail » dans la Critique du Programme de Gotha est aujourd’hui devenu possible à grande échelle, si l’on considère que ce « bon de travail » était la définition même d’une monnaie socialiste alternative indépendante du système capitaliste.

Pour un état réellement socialiste et indépendant, cela implique donc également le contrôle du commerce extérieur, selon la règle qui veut que l’argent en circulation soit censé représenter la valeur globale des biens en capacité d’être échangés.

La part et la nature des imports-exports doivent donc aussi être déterminées démocratiquement lors de l’établissement du plan, avec les secteurs économiques concernés.

Elle doit nécessairement être compatible avec l’équilibre budgétaire global.

Pas de libre échangisme international débridé, pas de mondialisation imposant la dictature d’un système : le capitalisme/impérialisme.

Par la suite s’imposeront des négociations bilatérales financièrement équilibrées entre états souverains, même si de natures sociales par forcément homogènes. Retour à la Charte de la Havane (1948)

https://fr.wikipedia.org/wiki/Charte_de_La_Havane

Tout ça n’est pas si compliqué, en fin de compte, même si résumé au plus court, ici.

Pour mieux comprendre, voici ce que Marx proposait, dans la Critique du Programme de Gotha, comme principe d’échange économique, pour la période de transition :

 » Ce à quoi nous avons affaire ici, c’est à une société communiste non pas telle qu’elle s’est développée sur les bases qui lui sont propres, mais au contraire, telle qu’elle vient de sortir de la société capitaliste  ; une société par conséquent, qui, sous tous les rapports, économique, moral, intellectuel, porte encore les stigmates de l’ancienne société des flancs de laquelle elle est issue  . Le producteur reçoit donc individuellement – les défalcations une fois faites – l’équivalent exact de ce qu’il a donné à la société. Ce qu’il lui a donné, c’est son quantum individuel de travail. Par exemple, la journée sociale de travail représente la somme des heures de travail individuel  ; le temps de travail individuel de chaque producteur est la portion qu’il a fournie de la journée sociale de travail, la part qu’il y a prise. Il reçoit de la société un bon constatant qu’il a fourni tant de travail (défalcation faite du travail effectué pour les fonds collectifs) et, avec ce bon, il retire des stocks sociaux d’objets de consommation autant que coûte une quantité égale de son travail. Le même quantum de travail qu’il a fourni à la société sous une forme, il le reçoit d’elle, en retour, sous une autre forme  .

 

C’est manifestement ici le même principe que celui qui règle l’échange des marchandises pour autant qu’il est échange de valeurs égales. Le fond et la forme diffèrent parce que, les conditions étant différentes, nul ne peut rien fournir d’autre que son travail et que, par ailleurs, rien ne peut entrer dans la propriété de l’individu que des objets de consommation individuelle. Mais pour ce qui est du partage de ces objets entre producteurs pris individuellement, le principe directeur est le même que pour l’échange de marchandises équivalentes  : une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme.

 

Le droit égal est donc toujours ici, dans son principe… le droit bourgeois, bien que principe et pratique ne s’y prennent plus aux cheveux, tandis que l’échange d’équivalents n’existe pour les marchandises qu’en moyenne et non dans le cas individuel.

 

En dépit de ce progrès, le droit égal reste toujours grevé d’une limite bourgeoise. Le droit du producteur est proportionnel au travail qu’il a fourni  ; l’égalité consiste ici dans l’emploi du travail comme unité de mesure commune. »

Pour comprendre en quoi ce système d’échange constitue néanmoins une rupture d’avec le capitalisme, il faut que l’on se remémore quelques aspects fondamentaux de la loi de la valeur. La notion de valeur est liée à la notion de quantité moyenne (Quantum) de travail socialement nécessaire à la production d’un bien ou d’un service.

Elle est d’abord liée à la valeur d’usage, même si elle n’est pas strictement déterminée par elle, et non pas au prix de marché.

En effet, l’échange commercial ne se produit jamais que pour des biens et services ayant une utilité sociale, une valeur d’usage (hors œuvres d’art et collections).

Le cas d’un service aux personnes dépendantes est exemplaire au sens où il est le plus souvent invendable à son coût de production sur le marché libre. Il a besoin, la plupart du temps, de subventions publiques pour être effectué, alors même qu’il répond à un besoin social et qu’il a donc une valeur d’usage évidente, à la base, au moment de sa conception comme service, à priori invendable.

Dans le système capitaliste les biens et services sont évidemment d’abord conçus pour rencontrer un besoin solvable, mais ils contiennent, dès leur production, un Quantum de travail socialement nécessaire,voire même dès leur conception, celle ci incluant généralement la conception du processus de production adapté, et cela indépendamment du fait qu’ils rencontrent ou non preneur sur le marché, en fin de compte, en fonction des aléas de celui-ci.

C’est pourquoi la conception marxiste de l’économie de transition est incompatible avec la conception trotskyste, que ce soit celle du « Programme de Transition » ou celle définie également par Trotsky lui-même, en 1939, dans son exposé de base prétendant résumer les principes du « marxisme », relus à sa manière :

« En acceptant ou en rejetant les marchan­dises, le marché, arène de l’échange, décide si elles contiennent ou ne contiennent pas de travail socialement nécessaire, détermine ainsi les quantités des différentes espèces de marchandises nécessaires à la société, et, par conséquent, aussi la distribution de la force de travail entre les différentes branches de la production. »

https://www.marxists.org/francais/trotsky/oeuvres/1939/04/lt19390418b.htm

On ne peut plus clairement se mettre à la remorque du marché ni carrément affirmer plus péremptoirement que le plan doit être établi en fonction du marché et non des besoins sociaux réels !!!

On ne peut réviser plus grossièrement les fondamentaux les plus basiques du marxisme !!!

Vue sous cet angle, avec l’aide d’un exemple concret, l’impasse que représente le trotskysme est encore plus évidente que dans l’approche théorique qui s’est dégagée du débat avec le camarade Viriato :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

Néanmoins, constater que le trotskysme est disqualifié pour prétendre au renouveau d’un marxisme révolutionnaire n’est qu’une étape parmi d’autres et non pas une fin en soi.

Nous avions déjà pu faire le même constat en faisant l’étude et le bilan du maoïsme, en éclaircissant les ambiguïtés apparentes de la très nébuleuse « Wertkritik », tout comme celles des théories de Boukharine et Preobrajensky, plus marquées par leur époque, mais dont il importait aussi de faire le bilan historique.

Ce que la confrontation du trotskysme avec les problèmes économiques de la période de transition met particulièrement en lumière, c’est l’articulation dialectique des deux lois incontournables qui gouvernent encore actuellement l’économie capitaliste, celle du marché et celle de la valeur, et comment la soumission à la loi du marché mène inévitablement à la soumission au capitalisme et à son rétablissement, au cours de la période de « transition », qui cesse ainsi d’être une voie ouverte vers le communisme.

Alors que le fait de s’en libérer permet de maitriser la survivance provisoirement nécessaire de la loi de la valeur, en maitrisant l’équilibre économique en valeur-travail, afin de subvenir aux besoins sociaux réels, sur la base d’un nouveau mode de répartition et d’échange, où, selon la formule de Marx :

« une même quantité de travail sous une forme s’échange contre une même quantité de travail sous une autre forme. »

 

Luniterre

 

« Monnaie ! Monnaie ! » : Quelques éléments nouveaux au débat sur Agoravox et VLR-Mai 68…:

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/14/monnaie-monnaie-quelques-elements-nouveaux-au-debat-sur-agoravox-et-vlr-mai-68/

 

+Liens utiles :

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/11/monnaie-monnaie-capitalisme-ou-socialisme/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/11/30/trotsky-contre-marx-le-round-final-sans-pic-a-glace-suite/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017/12/04/le-bloc-et-la-faille/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/2017-pour-sortir-de-limpasse-la-revolution-du-retour-au-reel/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/valeur-loi-de-la-valeur-plus-value-un-essai-de-breve-definition/

https://tribunemlreypa.wordpress.com/marx-marxisme-critique-du-programme-de-gotha-glose-marginale-1-les-fondamentaux-economiques-de-la-transition-socialiste-proletarienne/

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   « ♦ 49 ♦ Le spectacle est l’autre face de l’argent : l’équivalent général abstrait de toutes les marchandises. Mais si l’argent a dominé la société en tant que représentation de l’équivalence centrale, c’est-à-dire du caractère échangeable des biens multiples dont l’usage restait incomparable, le spectacle est son complément moderne développé où la totalité du monde marchand apparaît en bloc, comme une équivalence générale à ce que l’ensemble de la société peut être et faire. Le spectacle est l’argent que l’on regarde seulement, car en lui déjà c’est la totalité de l’usage qui s’est échangée contre la totalité de la représentation abstraite. Le spectacle n’est pas seulement le serviteur du pseudo-usage, il est déjà en lui-même le pseudo-usage de la vie. »

(Guy DEBORD)

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Palestine Capitale Jérusalem

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PaIestine

Nabil Inani – Palestine

9 décembre 2017

Assawra

https://i1.wp.com/mai68.org/spip2/IMG/png/Paris_manif-Palestine_9decembre2017.png

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi 9 décembre 2017 en France contre la reconnaissance de Jérusalem comme capitale d’Israël par les Etats-Unis et la venue du Premier ministre israélien Benyamin Netanyahu dimanche à Paris.

A Paris, ils étaient environ 400 place de la République à l’invitation des associations EuroPalestine et France Palestine Solidarité, a constaté une journaliste de l’AFP.

« Ce n’est pas Trump qui décide du droit international (…) Il n’y a pas de peuple élu ! », a lancé Olivia Zemor d’EuroPalestine devant un public brandissant des drapeaux palestiniens.

« Jérusalem, capitale palestinienne ! », ont répliqué les manifestants. « Honte, honte ! », ont-il ajouté à propos de la rencontre prévue dimanche entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre israélien à l’Elysée.

A Marseille, environ 500 personnes se sont rassemblées sur le Vieux Port en scandant les slogans « Israël, casse toi, la Palestine n’est pas à toi » ou « Nous sommes tous Palestiniens ».

« On part du principe que si les Etats-Unis ont pris cette décision, les autres vont suivre, et il faut réagir tout de suite », a expliqué à l’AFP Maud Sevestre, une des organisatrices de cette manifestation, en dénonçant « le génocide à ciel ouvert » à l’œuvre à Gaza.

Aux cris de « Palestine vivra, Palestine vaincra », ou de « Allahou Akbar », les manifestants, très jeunes pour la plupart, ont défilé dans le calme, en brandissant deux drapeaux géants de la Palestine.

A Lyon, quelque 300 personnes se sont rassemblées en bord de Rhône, brandissant des drapeaux palestiniens.

« La décision de Donald Trump met le feu à la poudrière », a déclaré à l’AFP Jérôme Faynel président du Collectif 69 Palestine et organisateur du rassemblement lyonnais.

« Il faut maintenant que l’Europe prenne l’initiative. Et la rencontre dimanche entre Emmanuel Macron et Benjamin Netanyahu pourrait être une bonne occasion d’élever la voix », a-t-il ajouté.

Une trentaine de personnes se sont rassemblées également à Lille à la mi-journée à l’appel de l’association France Palestine Solidarité du Nord-Pas-de-Calais.

La reconnaissance de Jérusalem comme capitale israélienne « vise à mettre le feu aux poudres », a dénoncé Mireille Gabrelle, trésorière de l’association, regrettant la « position hypocrite » d’Emmanuel Macron qui « dénonce la décision de Trump et reçoit en même temps Netanyahu ».

Demonstrators wave flags as they take part in a protest in Paris on December 9, 2017, against US President Donald Trump’s recognition of Jerusalem as Israel’s capital. / AFP PHOTO / Zakaria ABDELKAFI

Source:

https://assawra.blogspot.fr/2017/12/manifestations-en-france-contre-la.html

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Mais la solidarité des états arabes est limitée, en pratique:

A Alger-centre, la police a empêché une manifestation pour la Palestine:

http://www.huffpostmaghreb.com/2017/12/08/manifestation-palestine-e_n_18759906.html

https://i2.wp.com/i.huffpost.com/gen/5623490/images/n-ALGERIA-POLICE-large570.jpg

Publication: Mis à jour:
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Ce vendredi 8 décembre 2017, la police a interdit une manifestation pour la Palestine à Alger. La decision de Trump sur le statut d’El Qods, décriée par l’Algérie et partout dans le monde, n’a pas constitué aux yeux des autorités une raison pour faire une exception à la sacro-sainte interdiction des manifestations dans la capitale.

Les manifestants qui ont répondu à un appel lancé la veille sur les réseaux sociaux à une manifestation à la Grande Poste contre la décision de Donald Trump de déclarer El Qods capitale d’Israël, ont été surpris par un important dispositif policier, des barrières et des contrôles empêchant tout rassemblement.

Quelques minutes après la prière du vendredi, de nombreux manifestants se sont dirigés vers la place en face de la Grande Poste à Alger pour exprimer leur colère et leur soutien à la Palestine. Mais des dizaines de policiers en tenue et en civil étaient déjà là.

Certains ont encerclé un groupe d’une dizaine de personnes, kéfiés et drapeaux de la Palestine en mains, en face de l’entrée de la poste. D’autres rodaient autour de l’esplanade et scrutaient les passants à la recherche d’éventuels sympathisants de la Palestine passibles de rejoindre le premier groupe.

En quelques minutes, la police a conduit plusieurs groupes de jeunes loin du lieu du rassemblement, de force parfois. Ils ont empêché certains de s’asseoir sur des bancs publics et contrôlé des téléphones pour effacer des photos. Un policier a même demandé à un jeune d’enlever le kéfié autour de son cou. Un autre agent a interpellé un passant ceint d’un kéfié, et lui a indiqué un autre chemin à prendre, loin du lieu du rassemblement.

Puis la police a décidé d’éparpiller même le groupuscule “toléré” à l’entrée de la poste, les obligeant à emprunter la rue Didouche Mourad. Sur le chemin, d’autres policiers attendaient aux sorties du métro d’éventuels manifestants pour les disperser vers les ruelles adjacentes.

Le dispositif s’étendait jusqu’à la fac centrale où des agents, armés de bâtons, semblaient plus nerveux qu’ailleurs.

“Je n’ai rien fait, j’étais en train de marcher!”, crie, en larmes, un adolescent qui affirme avoir été frappé par un policier.

Malgré ce quadrillage du centre de la capitale, des Algérois ont quand-même exprimé leur soutien à leur façon. Des drapeaux palestiniens sur les vitres des voitures ou des kéfiés habillant des carcasses de motos. Certains ont même lancé des “Falastine Chouhada”.

En fin d’après-midi, des policiers étaient toujours sur l’esplanade de la Grande Poste, obligeant des “suspects” à circuler, à aller voir ailleurs.

Des manifestations ont eu lieu dans la majorité des capitales de la région et un nombre de villes européennes, mais ce vendredi à Alger, des Algériens n’ont pas pu exprimer librement leur solidarité aux Palestiniens.

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Palestine Solidarité – Le 9 décembre à Paris

Palestine

Solidarité

 

Le boucher de la Palestine à nouveau invité à Paris !

Par CAPJPO-EuroPalestine :

 

Alors que le « boucher des Balkans » Radko Mladic vient d’être condamné à la perpétuité pour le massacre des musulmans de Bosnie, Benjamin Netanyahou, le bourreau du peuple palestinien, est à nouveau invité par Macron à Paris. Appel à mobilisation ! Rassemblement Place de la République à Paris, le samedi 9 décembre à 14 H.

L’Elysée n’avait toujours pas commenté, jeudi, les informations du quotidien israélien The Israel Times, selon lequel Netanyahou sera reçu par Macron le dimanche 10 décembre, avant d’assister –faut-il dire présider ?- au Conseil des ministres des affaires étrangères de l’Union européenne le lundi 11 décembre à Bruxelles.

Macron, l’homme qui sitôt élu président s’est montré une digne successeur de Hollande et Valls en matière d’alignement sur le régime d’apartheid, avait déjà eu la scandaleuse idée, en juillet dernier, d’inviter celui qu’il appelle son « cher Bibi », à présider la commémoration de la « rafle du Vel d’Hiv . Autrement dit, de confier à ce criminel la mémoire des martyrs juifs du génocide nazi.

La presse israélienne indique par ailleurs que le président français, en laquais zélé, a pris le soin de téléphoner dimanche à Netanyahou pour lui rapporter en détail comment il s’y était pris pour aider l’Arabie Saoudite, nouvel allié n° 1 d’Israël dans la région, à se sortir du pétrin dans lequel cette kleptocratie pétrolière s’était mise avec la démission-téléguidée du premier ministre du Liban Saad Hariri (l’intéressé, rentré à Beyrouth mercredi soir, a piteusement annoncé qu’il reprenait sa « démission »).

La collaboration de nos dirigeants avec l’Etat raciste ne s’arrête pas à la France.

Pour la première fois depuis 22 ans, c’est-à-dire depuis l’époque trompeuse du « processus d’Oslo » où Israël s’était engagé à laisser les Palestiniens disposer d’un enfin d’un Etat, fût-il rabougri, le chef du gouvernement israélien est invité à s’adresser lundi 11 décembre aux 28 ministres des Affaires étrangères de l’Union européenne réunis à Bruxelles.

Nul doute qu’une fois de plus, Netanyahou leur donnera la fessée, les menaçant contre toute complaisance vis-à-vis de la campagne de boycott BDS, les sommant de dénoncer l’accord signé avec l’Iran sur le nucléaire, avec à la clé le rituel chantage à l’antisémitisme.

Cerise sur le gâteau : Netanyahou n’est pas gêné le moins du monde de devoir son déplacement à Bruxelles à l’invitation de la Lituanie, dont le gouvernement ne fait rien, au contraire, pour combattre un antisémitisme toujours virulent dans ce pays champion toutes catégories de la Shoah pendant la 2ème guerre mondiale.

Plus de 95% des 200.000 juifs lituaniens avaient en effet été exterminés par l’armée allemande et ses nombreux collaborateurs locaux à partir de 1941. Mais dans la Lituanie d’aujourd’hui, ce sont les rares résistants juifs encore en vie qui sont menacés de poursuites pour « crimes de guerre », pour avoir réussi, il y a 75 ans, à exécuter quelques collabos en représailles de leurs parents assassinés.

Netanyahou n’en a cure : tous ceux qui l’appuient dans sa destruction du peuple palestinien sont les bienvenus.

Nos gouvernements, à Paris ou à Bruxelles, sont criminels ; mais nous, femmes et hommes de conscience, ne pouvons pas les laisser faire.

Alors, mobilisons-nous, dès maintenant, en manifestant sous toutes les formes pour dénoncer ce scandale.

A PARIS : MANIFESTATION SAMEDI 9 DECEMBRE, A 14 HEURES, PLACE DE LA RÉPUBLIQUE

Premiers signataires } : CAPJPO-EuroPalestine, Droits Devant !! One Justice, Association des Femmes Plurielles, Enfants de Palestine, Avec Naplouse, Nanterre Palestine, PIR, ISM-France, Palestine Libre Haute Marne, Collectif pour la Libération de Georges Ibrahim Abdallah, Bezons West Bani Zaïd, Collectif Ni Guerre, Ni Etat de Guerre, Association de Palestiniens en Ile de France, Association Couserans Palestine, Collectif Palestine nord-Essonne, Campagne Européenne pour la Levée du Blocus de Gaza, Collectif Urgence Palestine (CUP) de Cergy , Comité Palestine Israël Châteaubriant, IJAN (Réseau International des Juifs Antisionistes), Collectif Justice pour la Palestine Annecy…

CAPJPO-EuroPalestine

http://www.europalestine.com/spip.php?article13639&lang=fr

https://solydairinfo.files.wordpress.com/2016/05/gaza-2-vlr.png?w=777&h=696