Que faire de la valeur-travail au 21ème siècle? Le cri d’un prolétaire insoumis !

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Que faire

de la valeur-travail

au 21ème siècle ?

Le cri d’un prolétaire insoumis !

L’argent, qui a tendance à disparaitre de nos poches, sous forme d’espèces et autres, n’en continue pas moins, et même plus que jamais, à dominer le monde. Tout s’achète et tout se vend. Une seule question semble, en dernier ressort, devoir trancher toutes les autres:


« Combien ça vaut? »


Mais l’argent lui-même, qui semble devoir signifier la valeur de toutes choses, des plus triviales jusqu’aux consciences que l’on croyait parfois si hautes, s’il disparait de nos poches, et généralement, plus vite qu’il n’y rentre, réapparait de façon mystérieuse, et sous la forme de chiffres astronomiques, sur les comptes des banques centrales, pour renflouer, en quelques conciliabules et quelques clics, les « valeurs financières » les plus artificiellement boursoufflées par les actifs pourtant reconnus « toxiques »… Une prime légale à l’escroquerie bancaire à grande échelle.

La « planche à billets » électronique est en fait devenue une méthode de gouvernance mondiale.

Dans ces conditions, vouloir simplement vivre décemment de son travail, est-ce encore un espoir raisonnable de nos jours?

La campagne médiatique de promotion du candidat Hamon, dans les premières phases de l’élection présidentielle, visait manifestement à introduire dans l’esprit du public, et notamment des travailleurs eux-mêmes, l’idée qu’il s’agissait là, avec cet espoir, d’une vision passéiste, et que, pour l’essentiel, le travail n’est plus créateur de valeur.

La robotique nous étant présentée aussi, dans ce domaine, comme l’équivalent de la « planche à billets » électronique des banques centrales: une sorte de génération spontanée de la valeur, déconnectée du travail humain.

Dans cette nouvelle « vision » du monde que l’on tente, comme un ballon d’essai, de nous imposer, le travailleur ne serait plus qu’un appendice résiduel et provisoire des machines en voie d’automatisation totale, et quasiment, d’autonomie autoreproductrice.

Le travailleur se trouverait ainsi dépourvu, en tant que tel, de toute fonction sociale valorisante, et réduit, selon cette « vision », à n’être qu’un consommateur appauvri destiné à absorber la production massive et essentiellement « bas de gamme » des dites machines.

En cours de route, le ballon d’essai s’est donc avéré n’être qu’une baudruche  gonflée de mensonges démagogiques grossiers et s’est fort réalistement dégonflé à peu près totalement, mais sans doute pas sans laisser de traces.


Il a concouru, et c’était sans aucun doute l’un de ses rôles, à l’idéologie dominante selon laquelle le travailleur, et notamment le prolétaire industriel, serait devenu une sorte d’accessoire superfétatoire dans l’économie moderne, disparaissant derrière les mirages de la société de consommation.


Faire disparaitre la réalité du travail derrière l’argent et la marchandise, ce n’est pas, en soi, une nouveauté. C’est même l’une des bases idéologiques essentielle sur laquelle a pu s’édifier le capitalisme moderne, plongeant lui-même ses racines dans les héritages multiples des rapports sociaux antérieurs.

Bref retour sur les origines du problème:


« Combien ça vaut? »


A première vue, la question ne laisse guère de place aux notions ésotériques de valeurs éthiques, morales ou philosophiques.
Pour le travailleur, il s’agit d’abord de comprendre la relation entre sa rémunération et la valeur marchande de ce qu’il crée, comme produits ou services.


Un produit n’existe que par ce qu’il correspond à un besoin, fut-il dans certains cas illusoire, mais dans une société un tant soit peu évoluée, le producteur n’en est qu’occasionnellement l’utilisateur, et même dans bien des cas, jamais.

Pour le consommateur ou l’utilisateur, le bien ou service n’a donc plus, en dernier ressort, on le voit bien, qu’une valeur d’usage.

La valeur marchande, elle, ayant été réalisée au moment de l’achat.

Mais en quoi cette valeur marchande est-elle ou non encore connectée avec le travail qui a permis de la produire?
Pour le comprendre, remontons carrément à l’origine du problème, à l’époque lointaine où quelques producteurs isolés pouvaient encore échanger directement entre-eux, et même le plus simplement du monde, sur la base du troc. Il n’est pas douteux que chacun tendait à valoriser au maximum, dans l’échange, ses propres efforts, son propre travail, pour produire et obtenir la marchandise à échanger. Le premier marchandage porte donc sur la comparaison directe des efforts et travaux respectifs des producteurs.


La valeur d’échange, ainsi définie, porte donc sur l’égalité supposée, ou du moins, considérée comme telle par les parties, entre les efforts et travaux des uns et des autres, même s’ils sont concrètement de nature pratique et technique, complètement différents, pour produire des biens tout à fait différents, mais des valeurs d’usage convenant aux uns et aux autres.


C’est donc l’évaluation, la mesure commune du travail fourni par les uns et par les autres qui devient, à travers l’échange, la substance de la valeur.


Le travail est donc, à la base, la substance de la valeur.


C’est par une suite d’échanges répétés entre marchandises diverses que se fixe cette évaluation, considérée comme valeur d’échange socialement acceptée entre toutes ces marchandises. C’est l’évaluation du temps de travail moyen socialement nécessaire à la production des diverses marchandises qui est, au départ, la mesure pratique de leur valeur.


C’est pourquoi on peut définir la valeur d’une marchandise, en dernier ressort, par la quantité de travail qui y est incorporée, considérée comme
temps de travail moyen socialement nécessaire à sa production.

 


Avec l’apparition d’économies plus complexes, l’apparition de l’ »argent », comme monnaie métallique, qui était d’abord « or », du reste, avant d’être argent ou autres métaux, n’échappe nullement, au départ,  à ce principe, n’étant utilisée que pour faci
liter les échanges, par des transactions différées dans le temps.


La monnaie métallique n’est donc elle-même, au départ, qu’une marchandise considérée à la fois comme telle et comme équivalent général de toutes les autres, dans les proportions respectives de leur valeurs d’échange.

Toutefois, il n’y a pas besoin d’être grand clerc pour comprendre que la fonction monétaire d’une telle marchandise ouvrait déjà la voie aux formes primitives de spéculation, et notamment, à l’usure, lointain ancêtre du crédit bancaire et donc du capitalisme du même nom, sinon, du « même métal », la monnaie tendant précisément à devenir aujourd’hui purement virtuelle…

Dans le développement du commerce antique, la limite reste floue, entre utilisation comme objet de troc ou utilisation véritablement monétaire des métaux, mais avec le moyen-âge et l’approche de l’époque moderne le développement des échanges commerciaux, grâce à la monnaie métallique, d’abord, puis scripturaire, ensuite, donnera naissance au capital commercial proprement dit, et au capital bancaire, qui permet son développement encore plus grand, et ensemble ils donnent naissance à la bourgeoisie moderne, pré-industrielle.

Avec le développement du commerce, l’échange se fait donc de moins en moins souvent directement entre producteurs.
Apparaissent alors l’influence plus importante de l’offre et de la demande, comme facteurs indépendants de la production, et, pourrait-on dire, la notion de marché, au sens moderne du terme, et les premières possibilités de dissociation entre valeur constituée par le travail et valeur marchande, finalisée par le prix du marché.

Mais si le profit commercial antique est principalement réalisé sur les aléas de cette dissociation prix du marché/valeur-travail,  une autre source de profit se développe, fortement encouragée par lui, et directement à la production, par le développement de différentes formes de production socialisée, d’abord sous des modes primitifs, depuis l’antiquité, avec l’esclavage, puis avec le servage et le compagnonnage, au moyen-âge, pour évoluer jusqu’à l’industrie moderne, via les premières manufactures.

De ces formes diverses de production socialisée, seule la forme industrielle moderne a donné lieu à une accumulation durable de capital. Les formes antiques et moyenâgeuses, pour brutales et féroces qu’elles furent, ayant été supplantées, en termes d’accumulation, notamment, par le capital commercial et bancaire.

En quoi le mode socialisé de production capitaliste se distingue-t-il du simple bénéfice commercial, pour le profit et l’accumulation du capital, c’est ce que nous allons tenter de résumer ici, avant d’aller plus loin.

On en revient ici au point essentiel concernant la notion de valeur-travail, comprise dans son sens premier de valeur réellement créée par le travailleur, et à la raison pour laquelle l’idéologie du système capitaliste s’acharne à la dissimuler derrière le spectacle de la « société de consommation » et tous ses écrans publicitaires, où n’existent plus de travailleurs, mais seulement des consommateurs.

Ce point fondamental a trait aux conditions dans lesquelles, au départ du processus de production capitaliste, le capitaliste achète la force de travail.


Il l’achète au prix correspondant aux conditions de survie du travailleur dans une société donnée, là où s’opère la transaction.
Pour ce qui concerne le prolétariat, et notamment, le prolétariat industriel, ces conditions correspondent généralement aux conditions minimum de survie dans la dite société.


Le salaire se négocie sur la base d’une durée de travail déterminée, mois, semaine ou journée, mais dont la valeur d’échange, fixée par le salaire, est sensée représenter la survie du prolétaire sur cette même durée déterminée.

C’est à dire, la valeur d’échange des biens et services nécessaires, permettant au prolétaire d’entretenir et de reproduire sa propre force de travail.

Comprendre la base du profit capitaliste moderne c’est simplement comprendre qu’ayant conclu l’achat de la force de travail via le contrat d’embauche à des conditions déterminées comme valeur d’échange, le capitaliste, devenu propriétaire de cette force de travail, en devient également le bénéficiaire en tant que valeur d’usage.

En tant que consommateur de cette force de travail, comme valeur d’usage, il reste donc propriétaire de tout ce qu’elle produit, sur cette durée contractuelle.

Or même si la valeur d’échange contractuelle permet au prolétaire de survivre sur la durée considérée, c’est à dire d’acquérir biens et services nécessaire à sa survie, la valeur d’échange totale des biens qu’il produit, sur cette même durée, et dont le capitaliste reste évidemment entièrement propriétaire, comme consommateur de la valeur d’usage « force de travail », cette valeur d’échange est largement supérieure à celle du salaire contractuel.

C’est donc la différence entre la valeur d’échange des biens et services nécessaires, consommables par le prolétaire pour sa survie, et la valeur d’échange apportée par son travail aux biens qu’il peut produire pendant la durée contractuelle de travail (valeur ajoutée) que l’on appelle plus-value .

Car en effet, au final, une partie de la production a permis au capitaliste d’amortir son investissement dans l’achat de cette force de travail, tandis qu’une autre est bien, simplement et purement, une survaleur ajoutée par le travail.
Il ne s’agit pas, ici, d’en analyser en détail tous les aspects, multiples et complexes, mais d’en comprendre le principe, pour pouvoir en analyser les conséquences et répondre, in fine, à la question de départ, que pouvons nous faire, au 21ème siècle, de la valeur-travail!

L’une des premières conséquences, la plus flagrante, et toujours d’actualité à notre époque, après plus d’un siècle et demi de luttes sociales, porte donc toujours sur la durée du travail.

On s’est rappelé, notamment à l’occasion du 1er Mai, que des prolétaires de Chicago, en 1886, on péri dans le combat pour la journée de huit heures, qui n’était pas encore acquise, loin de là. En France, malgré le massacre de Fourmies, en 1891, ce ne fut le cas qu’à partir de 1919, sur la base des 48 heures de la semaine de 6 jours, néanmoins.

On mesure évidemment la distance parcourue par les luttes sociales, mais on comprend mieux, également, pourquoi, encore aujourd’hui, un tel acharnement du capital et du patronat à vouloir faire tourner à rebours la roue de l’histoire, sur cette question de la durée du travail.


C’est bien de l’origine réelle de leur profit, qu’il s’agit, et cette origine, ce n’est autre que la valeur crée par le travail, ce qu’ils s’acharnent encore davantage à vouloir dissimuler, y compris avec l’aide de leurs séides idéologues « de gauche », sociaux-démocrates, le plus souvent, mais parfois prétendument « marxistes », également, comme le courant de la « wertkritik », et tous les « gauchistes » qu’elle influence . (*)

On comprend également mieux la propension qu’ont eu les capitalistes français à liquider l’industrie nationale pour investir leurs capitaux là où les conditions de travail sont proches ou parfois pire, même, que ce qu’elles étaient chez nous au XIXème siècle.

On comprend également pourquoi ils agissent pour recréer chez nous des rapports de force sociaux qui imposent des retours en arrière sur tous les acquis sociaux, et notamment sur la durée du travail, le travail du week-end, la rémunération des heures supplémentaires, etc…

Concernant les principes juridiques qui ont inspiré les véritables auteurs de la « loi-travail », dont notre potentiel futur président, Emmanuel Macron, on a pu constater, en dépit de leurs prétentions « modernistes », combien ils étaient plutôt alignés, en réalité, sur les pratiques sociales du XIXème siècle.

Et comme Emmanuel Macron vient de le réitérer, cela n’est pas encore suffisant, selon sa vision « futuriste », et il entend bien imposer rapidement un recul supplémentaire du droit du travail.

Au delà des discours « modernistes », le but est clairement, on le comprend bien, maintenant, de permettre au capital et au patronat de se réapproprier une part toujours plus importante de la valeur créée par le travail, au détriment des conditions de vie des travailleurs de toutes catégories, y compris et notamment, des prolétaires industriels.

Mais au delà des conditions de survie, déjà précaires, qu’il est nécessaire de sauvegarder, et même d’améliorer, si possible, on comprend bien, dans les conditions de crise chronique, depuis des décennies, et clairement sans issue, que l’avenir des luttes sociales est de construire  une alternative où la valeur réelle du travail est reconnue comme base de la vie en société et la rend possible sur une base équitable déterminée démocratiquement entre les travailleurs.

C’est pourquoi nous continuerons à étudier, sur TML et les blogs amis et associés, la nature réelle de la valeur-travail, le rôle qu’elle joue encore dans le système économique capitaliste actuel, et le rôle prépondérant qu’elle doit être amenée à remplir dans la construction d’une alternative réellement socialiste et prolétarienne.

Luniterre

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(*    Marx au banc d’essai de l’Histoire (Contre la « Wertkritik », trois articles sur l’économie politique du socialisme     )

Pour approfondir, un chapitre du Capital où Marx explique le principe de la plus-value:

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MARX___PLUS-VALUE

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Pour ceux qui veulent entreprendre une étude complète de la loi de la valeur, cela se trouve tout au début du Capital de Marx,

Livre 1, chapitre 1:

http://inventin.lautre.net/livres/MARX-Le-Capital-Livre-1.pdf

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(une bonne édition, d’où est extrait le chapitre édité en pdf séparé:  MARX___PLUS-VALUE     ) 

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Sur le même thème, voir également cet article, où l’approche est encore plus simple et plus directe, par rapport à la perspective politique:

2017, Pour sortir de l’impasse… La Révolution du retour au réel !

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