COMMENT LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE ÉTAIT-ELLE ASSURÉE EN U.R.S.S. ?

– COMMENT LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE ÉTAIT-ELLE ASSURÉE EN U.R.S.S. ?

Par lesvraisamisdelurss dans Articles le 7 Novembre 2016 à 06:59

- COMMENT LA LIBERTÉ DE CONSCIENCE ÉTAIT-ELLE ASSURÉE EN U.R.S.S. ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Conformément à l’article 124 de la Constitution, l’Eglise est séparée de l’Etat et l’école de l’Eglise. L’Eglise n’a pas le droit de se mêler de l’activité politique de l’Etat. De son côté, l’Etat ne se mêle pas des affaires intérieures de l’Eglise. Aucune Eglise ne reçoit de fonds de l’Etat.

Toutes les organisations religieuses et leur clergé sont entretenus par les dons bénévoles des croyants. Toutes les religions et tous les cultes existants sont égaux en droits. Il n’existe pas en U.R.S.S. de religion d’Etat.

Tous les croyants fréquentent librement, selon leur religion, les églises, les mosquées, les temples, les synagogues, les maisons de prières, où se déroulent les rites religieux. Chaque croyant peut inviter un servant du culte à célébrer les rites religieux à son domicile.

Le droit des citoyens soviétiques d’appartenir à une religion quelconque ou d’être athées, d’exprimer librement leurs conceptions athées et de mener une propagande antireligieuse sans blesser le sentiment des croyants, est garanti par les lois de l’Etat soviétique.

L’Etat soviétique n’établit pas de distinction entre les citoyens selon leur religion. Dans les pièces officielles (carte d’identité, certificat de mariage, de naissance, etc.) la religion des citoyens n’est pas indiquée. Lors de l’embauche ou bien lors de l’admission dans un établissement d’enseignement, aucun employé ou fonctionnaire n’a le droit de s’enquérir de la religion d’un citoyen. La religion est l’affaire privée, personnelle, des citoyens, l’affaire de leur conscience, dont la liberté est rigoureusement protégée par les lois soviétiques. La moindre intolérance religieuse est interdite en U.R.S.S.

Pour célébrer en commun les rites religieux, les croyants s’unissent, par leur libre consentement, en associations religieuses. Pour organiser une telle association, il suffit qu’elle comprenne au moins 20 personnes. L’Etat accorde à ces associations la jouissance gratuite des édifices pour la célébration des rites. Elles peuvent édifier de nouveaux lieux de prière. Les organes centraux et locaux du pouvoir d’Etat affectent des édifices aux établissements d’enseignement religieux, octroient du papier et des imprimeries pour l’édition des ouvrages théologiques et des revues ecclésiastiques.

L’Eglise orthodoxe russe est la forme de religion qui compte le plus de fidèles. Elle est dirigée par le patriarche de Moscou et de toutes les Russies, Alexis, élu au cours du Concile de 1945. Le patriarche Alexis est à présent âgé de 75 ans. Il a reçu la tonsure de moine il y a un demi-siècle, en 1902. Le patriarche est secondé par un organe consultatif : le Saint Synode.

Vient en second lieu, par le nombre de ses adeptes, la communauté islamique. Les musulmans possèdent quatre centres religieux (directions spirituelles) sur le territoire de l’Union Soviétique : dans la ville de Bakou, capitale de la R.S.S. d’Azerbaïdjan, à Tachkent, capitale de la R.S.S. d’Ouzbékie, à Oufa, capitale de la R.S.S.A. de Bachkirie et à Bouïnaksk, dans la R.S.S.A. du Daguestan.

L’écrasante majorité des musulmans vivant en U.R.S.S. appartiennent à la tendance sunnite, mais dans la R.S.S. d’Azerbaïdjan, dans les républiques d’Asie centrale et dans d’autres régions de l’Union Soviétique vivent des musulmans appartenant à la tendance chiite. A la différence de l’époque prérévolutionnaire, l’hostilité entre les sunnites et les chiites a complètement disparu en U.R.S.S.

En 1952, parlant à Vienne du haut de la tribune du Congrès des peuples pour la paix, le représentant des musulmans de l’Union Soviétique, le cheik Oul-Islam Akhound Aga Ali Zadé a déclaré : « Mes contemporains et moi ont eu le grand bonheur, grâce à la volonté d’Allah, de vivre jusqu’au jour où j’ai pu voir de mes propres yeux les peuples de l’Union Soviétique multinationale — et les musulmans figurent aussi dans leur famille fraternelle — recevoir leur bonheur sur la terre… En Union Soviétique, tous les peuples sont égaux en droits, ils possèdent leurs Etats autonomes — les républiques soviétiques ; dans les administrations, les affaires sont réglées dans la langue nationale, tous les peuples ont une vie aisée, une amitié fraternelle s’est établie entre eux; ils ont conquis la culture, la science et l’art. Les musulmans jouissent de la liberté de religion la plus complète et l’Islam a reçu des droits identiques à ceux des autres religions. »

Les autres grandes associations religieuses de l’U.R.S.S. sont : 1° la religion bouddhique, dirigée par un célèbre ecclésiastique bouddhiste, le bandido khambo lama Lobsan Nima Darmaïev. Il est président de la Direction ecclésiastique centrale des bouddhistes de l’U.R.S.S. et son lieu de résidence se trouve sur le territoire de la R.S.S.A. de Bouriato-Mongolie à Ivolguinsk ; 2° l’Eglise catholique romaine, surtout répandue dans les régions occidentales de l’U.R.S.S., en Lettonie et en Lituanie ; 3° la secte religieuse des Vieux-Croyants ; 4° l’Eglise orthodoxe géorgienne ; 5° l’Eglise arménienne grégorienne ; 6° l’Eglise évangélique des chrétiens-baptistes ; 7° l’Eglise luthérienne ; 8° la religion judaïque.

Outre les grandes associations religieuses citées ci-dessus, il en existe d’autres, beaucoup moins importantes par le nombre de leurs fidèles : les « adventistes du septième jour », les réformistes, les molokanes, les caraïtes, les doukhobors, les méthodistes, etc.

Quel que soit le nombre de leurs fidèles, toutes ces associations religieuses jouissent des mêmes droits que les autres cultes plus importants. Seule est interdite l’activité des sectes fanatiques dont le dogme postule la mutilation physique (c’est le cas des skoptsy, qui castrent leurs fidèles).

Pour résoudre les questions concernant leur vie religieuse intérieure, les centres religieux convoquent des congrès, des conférences, des assemblées, auxquels assistent le clergé et les représentants des croyants.
Les associations religieuses ont leurs académies, leurs séminaires, leurs écoles, qui forment les cadres de serviteurs du culte. Les centres religieux entretiennent librement des relations avec leurs coreligionnaires étrangers, et certains d’entre eux, comme par exemple l’Eglise orthodoxe russe, l’Eglise arménienne, etc., y ont des diocèses et des représentants.

Les serviteurs du culte jouissent des mêmes droits politiques que les autres citoyens de l’U.R.S.S. Ils prennent part aux élections des organes du pouvoir et peuvent y être élus.

Les dirigeants de toutes les associations religieuses, le bas clergé et les croyants de l’U.R.S.S. sont des membres actifs du mouvement national des Partisans de la paix. Le métropolite (Eglise orthodoxe russe) de Kroutitsy et de Kolomna, Nicolas, l’archevêque Tours, chef de l’Eglise évangélique luthérienne de Lettonie (Riga), le mufti Ichan Babakhan ibn Abdul Medjidkhan, chef des musulmans de l’Asie centrale et du Kazakhstan, sont membres du Comité de défense de la paix de l’U.R.S.S.

Dans la vie des associations religieuses, des questions se posent qui doivent être tranchées par les organes gouvernementaux. Le gouvernement soviétique en a tenu compte. Un Conseil pour les affaires de l’Eglise orthodoxe russe et un Conseil pour les affaires des cultes religieux ont été créés. Ils aident les associations religieuses à résoudre les questions impliquant des relations avec les organes et institutions de l’Etat, veillent à l’application correcte des lois sur la liberté de conscience et la liberté des cultes, élaborent des projets de loi et des arrêtés concernant les questions soulevées par les associations religieuses.

(Cet article est un extraits du texte « Cent questions et réponses sur l’URSS » à télécharger ci-dessous)

Télécharger « Cent_questions_et_reponses_sur_l_URSS_1954.pdf »

Edition électronique réalisée par Vincent Gouysse à partir du supplément au n°81 de la revue Etudes Soviétiques de décembre 1954.

Editée après la mort de Staline, mais avant le 20ème Congrès du PCUS de 1956, cette brochure est juste dans ses grandes lignes. Elle comporte néanmoins déjà quelques révisions du marxisme-léninisme.

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