La Voix de son Maître

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Anti-loi El Khomri:

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Le point

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de la situation actuelle,

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après le 49-3!

 

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Les manifestations contre la loi El Khomri laissent apparaître la situation suivante :
Un rejet massif de cette loi de la part de l’ensemble de la population salarié. Cela signifie un rejet direct de la politique de Valls et d’Hollande.

La droite et le Front National ont beaucoup du mal a capitaliser ce refus massif de la population salariée contre la Loi du Travail . La « gauche de la gauche » tente d’occuper ce vide politique, mais en ordre dispersé et sans présenter la moindre perspective crédible.


Il y a un réveil syndical encore insuffisant mais constant d’une partie de la classe ouvrière, de ses secteurs les plus militants, se développant rapidement compte tenue du passé récent.


Il est apparu, pour disparaître presque aussitôt, une forme d’expression sous prolétaire, lumpen-prolétaire, ainsi que de toute petite bourgeoisie, politique (même s’ils se défendent d’en faire), les « Nuits Debout ». Sans aucune perspective réelle, elle a tout donnée, c’est à dire, rien, avant de disparaître pratiquement. Les « intellectuels » qui s’y sont joints, n’ont pas soulevé le moindre intérêt parmi les travailleurs qui manifestent. Leur public est composé des jeunes dans l’enfance de la prise de conscience, des militants gauchistes et/ou anarchistes les plus déboussolés, des intellectuels en mal de renommée. Leur action se limite à bavarder de tout et de rien, en se prenant pour la forme la plus démocratique d’organisation et d’action. Leur faible bilan, que le gouvernement encourage en sous main, est parfaitement nul. Ex nihilo nihil.
Les « casseurs » (dont on ne distingue plus les provocateurs de la Préfecture des ingénus ou détraqués, des enfants politiques) sont une expression constante à double caractère, d’un côté ils font fait le jeu du gouvernement, de l’autre ils apprennent les rudiments de la lutte des rues par la pratique. Il résulte presque toujours que cet apprentissage est le facteur le plus important.

Aujourd’hui les bagarres avec la police sont le fait des provocations de la police après la fin des manifestations et n’ont absolument aucune effet, ni sur les prochaines mobilisations (il y en a eu plusieurs après les « casseurs » et l’affluence augmente au lieu de diminuer comme l’escomptait le gouvernement. De même pour l’opinion publique qui affiche un rejet à 70% de la Loi du Travail et du gouvernement)

MATRAQUAGE


Le parti socialiste a perdu encore des voix ouvrières et même à l’intérieur de sa majorité parlementaire la dite « fronde » a trouvé des « inquiétudes » et des propositions pour changer les aspects le plus réactionnaires de la loi. Valls, le premier ministre a rejeté aussitôt ces propositions d’une « opposition » interne qui a fait preuve de couardise politique en se refusant à voter la censure avec la droite pour empêcher la loi de passer. Mais Valls parle maintenant des « améliorations » et des aménagements » à la Loi.
Ce gouvernement est un des plus faibles que la France bourgeoise ait connu et cela se voit. Il ne tient plus qu’à un fil et le mouvement ouvrier et étudiant est en train d’en approcher le couteau.


L’application du 49-3 a donné un regain à la combativité, jamais complètement éteinte, des travailleurs.

Le gouvernement a voulu profiter pour garder le mouvement sous une perspective parlementaire, à l’intérieur du système. Les directions syndicales l’ont suivi là dessus, ainsi que le PCF, qui a gardé une position mi figue mi raisin nécessaire à ses prochains accords avec le parti socialiste.
Mélenchon, le leader du Parti de Gauche, seule figure politique connue à la gauche du PS et du PCF semble jouer une partition facile, et tente de ramasser le bénéfice politique du mouvement. Et cela presque sans dire un mot et presque sans se montrer sauf de très brefs apparition devant les médias et dans les manifestations. Pourquoi ? Tout simplement parce que sans une plateforme politique il n’y a tout simplement pas de réelle « convergences des luttes ». La « convergence » qui est réclamée par la plupart des militants de gauche qui croient faire du marxisme, n’est actuellement qu’une des variantes de l’anarcho-syndicalisme, celle qui met tout sur l’action « apolitique » de la classe ouvrière, par les moyens de lutte de la classe, mais sans se « salir » de politique.


Il y a une « synergie » apparente entre les divers fonds anarcho-syndicalistes de toutes ces démarches « de gauche », celle des assemblées générales « citoyennes », des « nuits debout », du Front de Gauche, qui les noyaute fortement, et des multiples groupuscules anarchistes et anarcho-syndicalistes se proclamant tels eux-mêmes.
C’est une synergie qui a eut son côté positif au tout début du mouvement, pour en élargir la base dans les catégories sociales qui étaient en train d’exprimer leur révolte en premier.


Mais au fur et à mesure que le mouvement de masse se développe, cette « synergie » se retourne négativement en le maintenant à un niveau d’expression inférieur au niveau de conscience objectif qu’il a désormais atteint.


Rappelons nous qu’un des premiers slogans repris par la jeunesse révoltée, lors des premières manifestations, était:
« Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas! »


Depuis, le mouvement s’est enraciné dans toutes les couches sociales populaires, et même moyennes, sans que cette prise de conscience prenne une tournure concrète, par l’expression d’un projet politique alternatif. Et pourtant, la faillite du système actuel est patente aux yeux de tous.
Si Mélenchon, en candidat « incontournable » du Front de Gauche, parait ramasser la mise, c’est uniquement par défaut, et son seul « mérite » pourrait être de débarquer le candidat PS dès le premier tour, l’an prochain, sans pour autant constituer autre chose qu’une nouvelle alternative électoraliste, parlementariste, et illusoire!


Mélenchon deviendrait ainsi enfin ce qu’il rêvait d’être: un substitut « de gauche » à la démagogie populiste du FN, actuellement inopérante dans ce mouvement de masse.


Quel est cette problématique actuelle du FN ? Il « fait le mort » en attendant un éventuel triomphe à la Pyrrhus du gouvernement PS, et que le mouvement se « calme » par voie de démoralisation et qu’il puisse en profiter lors de prochaines élections. Et cela tout simplement parce qu’il est aussi l’expression de la démoralisation de la classe ouvrière et des travailleurs en général sans perspective politique propre.


Le Front National, s’il a tenté encore assez récemment, de mêler à sa démagogie populiste, nationaliste,  quelques mots d’ordre empruntés au lexique de la « gauche » sociale-chauvine, ne peut trouver à dire un mot devant une telle réaction prolétarienne contre une loi qui favorise les patrons. Il en a profité tout de même pour s’aligner
en sourdine, mais un peu plus ouvertement, sur une perspective d’ordre bourgeois. Il vise, hypocritement, le support du patronat. Pour le moment il a abandonné la scène publique sauf pour envoyer des deuxièmes couteaux réclamer « plus d’ordre ». Leur leader Marine Le Pen ne se montre pas.


Quelle est la problématique de la droite ? Voir surgir devant elle un puissant mouvement politique réellement prolétarien, soutenu par une lutte des travailleurs qui se développerait à partir de la lutte contre la Loi Travail. Il y a peu des chances que cela arrive rapidement, mais la force de la dynamique populaire est en train de créer les conditions pour l’éclosion d’un véritable mouvement politique prolétarien. Sa concrétisation dépendra des militants lucides capables de le réaliser.


Quel est la problématique de Hollande ? Survivre politiquement à la vague croissante, « subversive » comme il l’a fait dire par ses ministres, de la contestation ouvrière qui est en train de prendre une ampleur qui a surpris à tout le monde.
Cette vague, qui concentre non seulement le rejet ouvert, manifeste, massif contre la Loi Travail, mais aussi tout le ressentiment refoulé depuis des décennies après les innombrables assauts réussis de la bourgeoisie contre les droits, les acquis et les conditions de vie et de salaire des travailleurs.
Cette vague qui a commencé par un appel des étudiants, a été suivie par les organisations syndicales directement menacées par la Loi Travail et poussées par une base qui, par la force des choses, par les conséquences de la crise et par les attaques patronales, a été poussée vers la gauche. Cette vague, donc, qui a gardée une constance et une dimension à peu près égale pendant les deux premiers mois de lutte, pendant lesquels se sont succédées des manifestations dans tout le pays et qui après le passage de la Loi par un article de la Constitution, sans discussion au Parlement, a finalement augmenté encore le rejet de la loi El Khomri et le nombre des manifestants.


Avec l’entrée en grève des secteurs les plus militants des ouvriers, dans des entreprises stratégiques : distribution et production des carburants, électricité, ports, transports et avions, c’est l’entrée en lutte des bataillons les plus « protégés » et le mieux payés de la classe ouvrière (l’aristocratie ouvrière ), car les secteurs les plus précaires et les plus mal payés (un chiffre en augmentation en France) n’osent pas encore faire grève, risquer leur travail.

Et c’est là le point décisif pour le pouvoir PS, selon que les grèves avec blocage entrainent encore l’adhésion du plus grand nombre, ou se heurtent au désir de vouloir continuer le travail, malgré les difficultés, encore augmentées.
Comme d’habitude, faute d’organisation de masse idéologiquement structurée, et sans ordre ni direction politique, la classe ouvrière entre en bataille par divisions et donne, aujourd’hui, hélas, ses forces de manière échelonnée. C’est cela le manque que craignent le plus les militants politiques les plus conscients. Une défaite ou un compromis bancal par manque d’une perspective et d’une direction politique propre.


Le scénario actuel parait donc être le rêve doré des anarchistes : un puissant mouvement de masse qui pourrait balayer le gouvernement.
Mais actuellement, le seul mot d’ordre regroupant l’ensemble du mouvement de masse est le retrait de la Loi Travail. La chute éventuelle du gouvernement suite à l’aboutissement de cette revendication débouchera rapidement sur une séquence électoraliste qui servira à étouffer le mouvement de masse, en apparence « victorieux », et qui le sera réellement, on l’espère, sur le point de la loi El Khomri.


Actuellement, déjà, l’extension des grèves laisse le gouvernement à la merci des directions syndicales.
Celles-ci ne peuvent pas accepter l’article 2 de la loi qui les court-circuite complètement laissant le patron seul maître devant les ouvriers de chaque lieu de travail et faisant des organisations nationales syndicales des coquilles vides.
Mais elles ne passent pas encore aux mots d’ordre contre le gouvernement. Elles se cachent derrière leur « fonctions spécifique » purement syndicale.
En réalité elles se contentent de « surfer » sur la vague de luttes pour se refaire une santé, précédemment défaillante face à la CFDT ultra-réformiste, plus en phase avec le gouvernement social-démocrate.
Le radicalisme apparent de la CGT et FO dans cette lutte ne remet pas en cause le fond réformiste de leur démarche, même s’il favorise, provisoirement, l’expression des minorités anarcho-syndicalistes enkystées en leur sein depuis longtemps.


Les directions bureaucratiques syndicales, plutôt que d’impulser un travail éducatif de masse en direction des couches les plus défavorisées du prolétariat, qui ne se sont pas encore mises en mouvement, préfèrent également « surfer » sur l’agitation créée par ces minorités anarcho-syndicalistes, tout comme sur celle des « nuits debout » et autres groupuscules d' »assemblées citoyennes », ersatz des « indignados », « podemos » espagnols et autres « syriza » grecs.
D’une manière générale, il en va de même pour toutes les organisations, incluant le PCF, miné par ses divisions et ses contraintes électorales, et autres groupuscules situés à la « gauche de la gauche », incapables de la moindre initiative politique, et ne manifestant quasiment pas de volonté réelle dans ce sens, se contentant d’ânonner leur bréviaire dogmatique habituel et sans écho aucun. Il n’y a qu’un suivisme et un parasitisme généralisé à l’égard du mouvement de masse, en marge des manifestations syndicales.


Alors que les masses, plus intuitives que ces options sectaires, ont déjà compris le gouffre politique béant qui s’est ouvert dans la société française et restent dans l’attente de voir surgir une alternative crédible, et cherchent donc une option politique pour avancer, Alors qu’elle ne peut surgir qu’en leur sein même. Mais cela suppose que les militants les plus conscients soient capables d’analyse et cherchent à répondre à la question implicite que posait ce mot d’ordre:
« Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas! »

RETRAIT__VLR


Dans le contexte actuel, le mot d’ordre de retrait immédiat de la Loi Travail reste une base incontournable sur laquelle s’appuie le mouvement de masse, mais il est désormais insuffisant face au vide politique qui s’ouvre devant nous, et que la bourgeoisie s’efforcera de combler par une option encore plus réactionnaire, après une temporisation, avec un moment de prétendu « dialogue renoué », et, après, éventuellement, une séquence électorale!


Pour ne pas tomber dans ce piège, pour ne pas laisser les bureaucraties syndicales et politiques ramener le débat dans le giron du parlementarisme autour du49-3, il est d’abord nécessaire de remettre au premier plan ce mot d’ordre:
« Loi El Khomri, précarité à vie, cette société là, on n’en veut pas! », et de montrer qu’aucune des organisations actuellement en train de parasiter le mouvement n’y répond réellement, en ne posant pas clairement la question de l’organisation d’un mouvement de masse prolétarien anticapitaliste.

C’est à dire un mouvement capable de construire pas à pas une alternative réelle, sur la base de l’organisation de la résistance prolétarienne. Même s’il était totalement erroné dans sa démarche analytique, le seul précédent ayant amorcé une telle dynamique suite à un mouvement de masse, c’était la Gauche Prolétarienne, après Mai 68.

On sait aujourd’hui que l’option idéologique maoïste correspondait à une révolution nationale bourgeoise et paysanne et non à une révolution prolétarienne, et qu’à l’époque elle était déjà sur le point de basculer à nouveau dans le camp impérialiste, mais la dynamique de la GP, associée à un véritable ressourcement à l’idéologie Marxiste-Léniniste, aurait pu réellement ouvrir une voie politique prolétarienne nouvelle en France.


Il n’est pas question de revenir ici sur les raisons de la trahison et de la liquidation entreprise par la direction de ce mouvement, tout comme celle du groupe VLR peu avant, mais de comprendre que les circonstances actuelles permettent la renaissance d’une telle dynamique prolétarienne.

Ce n’est que dans une telle dynamique que la question de la reconstruction d’un parti prolétarien peut prendre un sens.

Pour renouer avec une telle dynamique prolétarienne, encore faut-il en avoir la volonté politique.


« Là où il y a une volonté, il y a un chemin » nous rappelle sans cesse la mémoire de Lénine, pour ceux qui veulent bien en voir l’actualité, plus brûlante que jamais.

Viriato/Luniterre

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( Cet article est le résumé d’une conversation que nous avons eue, avec le camarade Viriato, lors de la manifestation du 26 Mai, à Lyon. En matière de Résistance Prolétarienne, le camarade Viriato a l’expérience de son vécu dans le Chili d’Augusto Pinochet. )

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